- Tu vas où ? Me demanda-t-il en fronçant les sourcils.

- Je sors. D'ailleurs si tu veux bien m'excuser, j'ai une porte à aller ouvrir, lui répondis-je en dégageant mon bras.

Je me précipitai vers l'entrée et fis ce que j'avais dit au leader coréen quelques secondes plus tôt ; j'ouvris la porte d'entrée. Chin-Ho se tenait devant moi et souriait. Je sentis plusieurs regards sur moi et quelle ne fut pas ma surprise de voir tout le groupe, y compris « le couple » derrière moi. Eh, pourquoi m'avaient-ils tous suivis ? Je n'eus pas le temps de leur demander. Chin-Ho passa ses bras autour de ma taille, me rapprocha de lui et finit par coller nos deux corps l'un contre l'autre. Il approcha lentement son visage du mien et posa délicatement ses lèvres sur les miennes.

Devant eux. Devant lui. Je ne l'aurais jamais cru. Mais je ne comprenais pas pourquoi il faisait ça. Malgré ma surprise et mon incompréhension, je répondis au baiser. Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que les lèvres du blond sont encore plus douces qu'hier… Je me surprenais à apprécier ce baiser.

- Vous ne pourriez pas faire ça ailleurs ? Fit une voix que je reconnaîtrais entre mille.

Chin-Ho se sépara de moi, à contrecœur me semble-il. Je regardai celui qui avait parlé ; JongIn. Il avait l'air agacé, ce qui me surprit beaucoup tandis que les autres nous observaient, estomaqués. Bizarrement, je sentis une douleur indescriptible dans ma poitrine.

Celui qui m'avait embrassé me chuchota à l'oreille :

- On y va ?

- Oui, murmurai-je.

Il me prit par la main et m'entraîna en dehors du dortoir. J'eus juste le temps de fermer la porte.

- Euh en fait… On va où ? Lui demandai-je pendant qu'il m'emmenait je ne sais où.

- Chez moi. Enfin si tu veux qu'on aille autre part, tu me le dis, me répondit-il en s'arrêtant.

- Nan nan, chez toi ça me va, dis-je en souriant.

Je crus voir ses joues se teinter en rouge puis je reportai mon attention sur nos mains liées et nos doigts que nous avions entrelacés sans nous en rendre compte tandis qu'on avançait. Je ne pus m'empêcher de sourire. C'était… C'était la première fois que quelqu'un était comme ça avec moi… Que quelqu'un s'intéressait autant à moi et ne me lâchai pas… J'aurais tellement aimé que JongIn se comporte de la même façon avec moi… Yah… Faut que j'arrête de rêver… Et de penser à lui ! Je vais continuer de déprimer sinon… Je sursautai lorsque Chin-Ho posa sa main sur mon épaule.

- Hey Kyungie ! Ca ne va pas ?

- Si, si… J'étais juste perdu dans mes pensées.

- Ah… Au fait, on est arrivés.

Nous nous trouvions devant un appartement qui semblait avoir été construit récemment. Chin-Ho sortit une clé de sa poche, l'enfonça et la tourna dans la serrure, pour ensuite finir par la porte et m'inviter à entrer, ce que je fis. Il rentra à son tour sans plus attendre. Nous nous installâmes sur le canapé et il me caressa le dos avec douceur.

- Dis-moi ce qu'il y a, Kyungie, fit-il.

- De quoi ?

- Tu ne vas pas bien, tu n'as pas l'air heureux.

- … Ca se voit tant que ça ?

- Oh ça oui. Aller dis-moi ce qu'il se passe.

Je baissai la tête et pris une longue inspiration, avant de dire :

- Je n'en peux plus… Là c'est sûr je n'en peux vraiment plus… A peine je l'aperçois, à peine j'entends quelqu'un prononcer son prénom… Je chiale et je déprime. Et le pire, c'est que je pense à lui quasiment tout le temps…

- Eh bah… Essaye de ne plus penser à lui, je sais pas moi… Essaye de faire comme s'il n'existait pas…

- C'est trop dur vu que je le vois tous les jours… Toujours en compagnie de l'autre pétasse…

Mes yeux s'embuèrent et de nombreuses larmes coulèrent sur mes joues, pour pas changer. Je me trouvais tellement faible, pitoyable… J'en avais marre d'être un pleurnichard… Non… J'en avais plutôt assez d'être moi en fait…

Chin-Ho sécha mes larmes et m'embrassa tendrement. Ce baiser me faisait du bien, beaucoup de bien. Le blond passa un bras autour de ma taille et passa une main dans mes cheveux, qu'il caressa. La sensation que me procurait ce baiser était vraiment très agréable. Néanmoins, cela pourrait paraître égoïste, mais… J'en voulais plus. C'est pour ça que je me séparai lentement de lui et chuchotai, après avoir repris mon souffle :

- Chin-Ho… Fais-le-moi oublier une nouvelle fois… S'il te plaît… J'en ai vraiment besoin…

- Avec grand plaisir Kyungie, murmura-t-il.

Il m'allongea sur le canapé, mordilla doucement le lobe de mon oreille et me caressa. Il me fit plein de baisers papillon dans mon cou. Il me fit retirer ma veste, mon t-shirt puis titilla mes boutons de chair en les mordillant, puis les léchant. Je gémis. Il me faisait du bien, vraiment beaucoup de bien. Peu à peu, le visage de JongIn disparut de mon esprit. Celui de Chin-Ho le remplaça instantanément. Le blond allait passer à l'étape supérieure lorsqu'une sonnerie de téléphone se fit entendre. Aish, c'était elle provenait du mien, qui se trouvait dans la poche arrière de mon pantalon… Je pris mon portable et décrochai.

- KyungSoo ? M'appela une voix qui me fit me rappeler celui que Chin-Ho me faisait oublier.

Ma gorge commença ça me piquer et des larmes apparurent au coin de mes yeux.

- Quoi ? Fis-je en essayant de me contrôler de faire en sorte que ma voix ne soit pas trop tremblante.

- Tu rentres, ce soir ?

- Pourquoi tu veux savoir ça ?

- Parce que… Il s'arrêta.

- Tu n'as pas vraiment de raison valable pour me poser cette question, hein ? Alors dans ce cas je ne te répondrai pas. D'ailleurs même si tu en avais une, je ne te dirais rien. Je suis majeur et je fais ce que je veux, merde à la fin ! M'emportai-je.

- Oui, mais…

- Stop JongIn, stop. J'en ai ras le bol. Ah, et tu diras à Baekhyun d'arrêter de vouloir savoir où je suis, ce que je fais, et avec qui, parce que là, je n'en peux plus. Ma voix tremblait beaucoup à la fin de ma phrase.

Et je raccrochai. Je posai mon portable sur la table de nuit. Je savais que Baekhyun l'avait obligé à m'appeler. Il ne l'aurait jamais fait sinon. J'éclatai en sanglots.

- C'était lui, pas vrai ? Dit Chin-Ho.

J'hochai lentement la tête. Le blond s'empressa d'essuyer mes larmes et de me câliner, de me caresser… Jusqu'à ce que mes larmes arrêtent de couler. Il se pencha et me chuchota à l'oreille :

- Ne t'en fais pas, je vais te le faire oublier… Et te rendre heureux.

Je ne savais pas quelle heure il était, ni combien de temps avait pris l'acte, mais en tout cas ce qui était sûr, c'est que je me sentais mieux, beaucoup mieux. Chin-Ho était doué, très doué. A la fois pour faire ce qu'il m'a fait, mais aussi pour me consoler, simplement. Il était si gentil… Mais je ne connaissais pas la raison de toute cette gentillesse.

On était allongés sur le lit du blond. Seul un drap bleu recouvrait nos deux corps épuisés. Chin-Ho me prit dans ses bras et je souris.

- Tu es tellement beau quand tu souris… Me dit-il.

- A-ah euh m-merci, bégayai-je en rougissant, gêné par ses paroles.

Il rit et me caressa la tête. Au bout d'un moment, j'osai poser la question qui me trottait dans la tête depuis déjà quelques minutes :

- Dis, Chin-Ho… Pourquoi tu es… Aussi sympa avec moi ?

- Parce que t'es un mec en or et tu mérites d'être heureux, fit-il en souriant et en me câlinant.

Je devins rouge comme une tomate et même encore plus, je pense. Il se mit à rire en voyant mon visage cramoisi. J'entendis soudain son ventre gargouiller et je ris légèrement. Je pris mon portable qui se trouvait sur la table de nuit et regardai l'heure. Hum… Vingt heures trente, il serait temps qu'on mange. Je m'assis sur le lit et regardai Chin-Ho.

- Ca te dérange si c'est moi qui prépare le repas ? Lui demandai-je.

- Ah non, pas du tout. Vas-y, j'ai hâte de goûter ce que tu vas faire.

Je lui souris, fis de mon mieux pour enfiler mon boxer qui traînait par là et me levai. Je dus prendre appui sur le mur pour ne pas tomber. Il n'y est pas allé de main morte aujourd'hui non plus… Mais bon. Je sentis deux bras entourer ma taille et me coller contre un torse.

- Tu veux que je te porte jusqu'à la cuisine ? Me proposa-t-il en posant sa tête sur mon épaule.

- Hum… Oui je veux bien, acceptai-je en caressant ses cheveux.

Il me porta comme la veille, c'est-à-dire comme une princesse, me faisant rougir une nouvelle fois. Une fois arrivés à l'endroit voulu, Chin-Ho me déposa et je regardai ce qu'il y a avait dans le frigo et dans les placards. J'eus soudain une idée de ce que j'allais cuisiner. Je me retournai vers le blond et lui dis :

- Va t'occuper, ce que je vais faire risque d'être un peu long à préparer.

- D'accord.

Et il sortit de la pièce. Je sélectionnai quelques ingrédients et commençai à cuisiner.

- C'est délicieux ! Franchement Kyungie, je n'ai jamais mangé quelque chose d'aussi bon ! S'exclama mon ami.

Je souris, très content que ça lui plaise à ce point. Il n'arrêtait pas de se resservir, ce qui me faisait vraiment très plaisir. Mais moi, de mon côté, je mangeais très peu, ce qui sembla inquiéter le blond, qui finit par me demander, quelques minutes après :

- Ca ne va pas ?

- Si, je n'ai juste pas très faim, c'est tout.

Il fronça légèrement les sourcils et n'avait pas vraiment l'air de me croire mais il ne dit rien de plus. Une fois repu, il débarrassa la table et m'aida à marcher jusqu'au salon. On s'installa sur le canapé et il alluma la télé. On se mit d'accord sur un film et on commença à en regarder un qui était un d'horreur. Je rigolais presque à chaque scène gore, tandis que Chin-Ho, lui, criait comme une fille, ce qui ne faisait qu'accentuer mon hilarité. Je m'endormis avant la fin du film, après avoir posé ma tête sur l'épaule de mon ami.

Lorsque je me réveillai, je me rendis compte que je n'étais plus sur le canapé, mais dans le lit de Chin-Ho. J'étais dans ses bras et il me serrait contre lui. Il dormait profondément. Je me dégageai doucement de son étreinte, me levai, prit mes affaires et sortit de sa chambre, le tout sans faire de bruit. Je n'oubliai bien sûr pas de fermer la porte. Je cherchai la salle de bain et finit par la trouver au bout de quelques minutes. Je rentrai à l'intérieur, posai mes vêtements à côté du lavabo et enlevai tant bien que mal mon boxer, que je mis près de mes habits. J'entrai avec difficulté dans la douche. L'eau chaude coulait lentement sur mon corps, ce qui me faisait un bien fou. Je laissai échapper un petit soupir d'aise. Je me détendis pendant quelques minutes puis finit par me laver, me rincer et sortir de la douche. Je me séchai et m'habillai avec mes vêtements de la veille. Je marchai, difficilement, vers la cuisine. Sérieusement, une fois par jour, c'est dur…

Je décidai de préparer un bon petit-déjeuner à Chin-Ho. Je mis seulement quelques minutes à le faire. Mon portable vibra dans ma poche. Je le pris et vis que j'avais reçu une bonne trentaine de messages de tous les membres du groupe, sauf de JongIn. J'eus un pincement au cœur en remarquant cela. Je m'assis sur une chaise et les lus tous. Ils disaient tous le même genre de choses : « T'es où ? » ou « Réponds, on s'inquiète beaucoup, tu sais ? » ou encore « Ramène ton cul au dortoir ! Faut qu'on discute ! Tu nous dois des explications ! ». Enfin bref, c'était vraiment tous les mêmes.

Je me levai, prit un papier et un stylo qui traînaient par là et écris un mot pur Chin-Ho, lui disant que j'étais rentré au dortoir parce que les autres m'harcelaient, n'arrêtaient pas de m'envoyer des SMS. Et à la fin je lui souhaitai bon appétit.

Je sortis de son appartement et marchai en direction du dortoir. Je sens que je vais morfler… Et subir un long, mais alors très long interrogatoire…