- Ce sont des jeux pour la play pour les autres membres, et quelques nouveaux vêtements pour toi. Tu les essayeras quand on sera rentrés.

- Oooh ! Je peux les voir ? Demandai-je excité.

- Pas maintenant, que quand on sera à l'appartement, je t'ai dit, rit Baekhyun.

Je fis semblant de bouder et ça le fit rire. Je rigolai à mon tour tandis qu'on marcha vers l'appartement. Seulement j'avais un mauvais pressentiment. Non. Un très mauvais pressentiment. Plus on avançait, plus il grandissait. Quelques minutes après, on arriva devant le dortoir. Mon meilleur ami sortit sa clé de sa poche et ouvrit la porte. On entra et je la refermai derrière moi. On enleva chacun notre manteau. Nous allâmes au salon, où tout le monde se trouvait. Dès qu'ils me virent, leurs regards se durcirent. Qu'est-ce qui se passe ? La plupart des membres étaient horrifiés. J'hésite puis m'approchai doucement d'eux et Chen me lança :

- T'approche pas de nous sale monstre.

Je m'arrêtai, me figeai. J'écarquillai les yeux. Monstre ? Mais qu'est-ce que j'ai fait pour qu'il me dise ça… ? Baekhyun m'observa et je pus lire de l'incompréhension dans son regard. Soudain je compris, en voyant Mi-Hi qui s'approcha, un air de dégoût sur le visage, et… Une lueur de satisfaction dans ses yeux. Non… Elle n'avait pas fait ça… ? Si… ? Non… Non… Non… ! JongIn se rapprocha légèrement de nous et me toisa froidement.

- Dégage d'ici, assassin, me cracha-t-il à la figure.

J'eus comme la sensation qu'on me poignardait sauvagement et à plusieurs reprises. Je sentis les larmes me monter aux yeux. Pourquoi… ? Pourquoi avait-elle fait ça… ? Pourquoi JongIn l'a crue… ? Que je suis bête, il l'aime… Mes jambes se mirent à trembler, non, mon corps entier se mit à trembler.

- Je… Je ne suis pas un assassin… Soufflai-je.

- Si, intervint Mi-Hi. Tu as tué ce pauvre mec alors qu'il ne t'avait rien fait ! Et le pire, c'est que tu es sorti de prison et que la SM Entertainment t'as laissé intégrer un groupe alors que tu peux, non, que tu vas récidiver !

- Qu'est-ce que tu entends par récidiver ? Demanda Baekhyun, qui peinait à ne pas montrer qu'il était en colère, et qui savait très bien que je n'étais pas un assassin.

- Quand quelqu'un tue, le plus souvent, il commet un autre crime. Et j'ai trouvé deux tableaux représentant mon chéri dans sa chambre, répondit-elle en désignant Kai. Je suis certaine que c'est sa prochaine victime !

Quoi ? Elle a trouvé mes tableaux… ? Comment elle a eu l'idée de regarder sous mon lit… ? Et en plus… Elle en parle et s'en sert pour son « plan »… Elle voulait qu'ils me détestent… Mais surtout… Elle voulait sans aucun doute que je replonge…

- C'est faux ! M'exclamai-je, même si ma voix tremblait.

Mais je voyais bien que personne ne me croyait. Je ne pus empêcher mes larmes de couler sur mes joues. Me sentant mal et ne voulant plus rester ici, je me précipitai en dehors de l'appartement. Malgré le fait que mes jambes tremblaient de plus en plus, je courais le plus vite que je le pouvais. Je ne savais pas où j'allais. Dans mon élan je n'avais pas pris mon manteau et oublié le fait que j'étais malade, mais je n'en avais absolument rien à faire. Je voulais disparaître. Moi, le monstre qui n'avait jamais tué qui que ce soit, je voulais tellement ne plus exister… Je ne pouvais plus supporter cette situation. Surtout que maintenant… JongIn m'avait traité d'assassin et me détestait… Les autres aussi me haïssaient… Mais qu'est-ce que j'avais fait pour mériter ça… ? Je me sentais de moins en moins bien. Déjà que j'étais un peu fatigué physiquement parce que j'avais de la température, là c'était pire. Et puis mentalement ce n'était pas mieux… Au bout d'un moment, ma vue, qui était déjà trouble à cause de mes larmes, le devint encore plus et ma tête se mit à tourner. Je me sentis tomber dans la neige. J'entendis vaguement quelqu'un crier mon prénom, puis plus rien.

J'avais chaud… Non, froid… Non non non, chaud… Ou froid en fait… Je ne savais pas trop… Mais ce que je savais, c'était que je ne me trouvais plus dans la rue. La chose sur quoi j'étais était tout simplement douce. Comme des draps… Des draps ? J'ouvris soudainement les yeux et m'assis, d'un coup. Cette pièce… Ce lit… Cette couette… En gros cette chambre… Chin-Ho entra soudainement dans la pièce et me sauta dessus dès qu'il vit que je m'étais réveillé. Il me serra fort contre lui et posa sa tête sur mon épaule. J'enroulai mes bras autour de sa taille et lui caressa le dos. Il tremblait mais semblait tout de même soulagé de voir que j'étais encore vivant. Lui passa une de ses mains dans mes cheveux. Il descendit son visage dans mon cou et y fit quelques petits baisers. Je le laissai faire, ayant besoin de réconfort. Un très léger sourire étira mes lèvres. Au bout d'un moment, après m'avoir serré un peu plus contre lui et après m'avoir fait un bon paquet de bisous, il prit la parole :

- Salut toi~. Dis-moi, qu'est-ce qui s'est passé hier ?

- Hier ? Demandai-je, stupéfait.

- Oui. Je t'ai vu courir dans la rue, tu pleurais et puis tu t'es effondré d'un coup. En plus quand je t'ai ramené chez moi, j'ai remarqué que tu étais malade. Donc je réitère ma question, qu'est-ce qui s'est passé ?

- Bah… Déjà pour commencer, je suis tombé malade à cause de l'autre pétasse qui m'a balancé des seaux d'eau à la gueule, et ensuite… Mi-Hi a… Enfin… Tous les autres me détestent maintenant… A cause d'elle…

- Elle n'a quand même pas osé !

- Osé quoi ?

- Montrer les photos ! S'exclama-t-il.

Je m'écarte de lui d'un seul coup et le regarde, à la fois sérieux et surpris. Mais comment ? Comment était-il au courant pour les photos ? Il connaissait Mi-Hi… ? Je ne comprends pas… Le regard de Chin-Ho se fit plus froid et je pus lire de la colère dans ses yeux.

- Alors elle a osé… Murmura-t-il.

- Attends, attends, attends… Comment ça se fait que tu sois au courant pour les photos ? L'interrogeai-je.

- Tu veux vraiment que je t'explique ?

- Oui.

Il me regarda. Je n'arrivais plus à déchiffrer son regard. Le blond ne se décida à me répondre que quelques secondes après :

- On était dans le même collège, dans le même lycée et surtout dans la même classe chaque année. J'étais toujours très discret, personne ne me parlait. J'étais faible, physiquement, alors je faisais tout pour me faire oublier. C'est pour ça que Mi-Hi et sa bande ne m'ont jamais remarqué. Ma discrétion faisait que je pouvais être au courant de tout et personne ne me remarquait du coup. Et tous les jours… Je voyais cette pétasse te faire du mal. Mais à cause de ma faible corpulence, je ne pouvais pas t'aider. Bien sûr, j'ai été au courant pour toutes les photos et le meurtre. Mais je sais que ce n'est pas toi, vu que je l'ai vu l'assassiner tandis que les autres te transportaient vers le lieu du crime.

Un mélange d'étonnement, de tristesse et de colère. Voilà ce que je ressentis à ce moment-là.

- Si… Si tu l'as vraiment vue le tuer… Pourquoi tu n'es pas allé voir les flics et pourquoi tu ne leur as pas parlé de ce que tu as vu ?! M'énervai-je. Tu sais que j'ai dû payer pour ce crime que je n'ai pas commis ? Tu sais combien de temps j'ai passé en prison ?!

- Oui, deux ans…

- Mais pourquoi tu n'as rien dit ? Pourquoi merde ?!

Un torrent de larmes commençait à couler sur mes joues. J'avais de plus en plus envie de disparaître. Et dire que j'aurais peut-être pu ne pas aller en prison… J'essuyai mes larmes du revers de la main.

- Je ne pouvais pas parler, répondit Chin-Ho.

- Comment ça ?!

- A l'époque j'étais assez peureux, et puis j'étais muet.

- Muet ? Pff, mais bien sûr.

- C'est vrai, je te le jure. Je n'arrivais pas à parler.

- Et tu vas me dire qu'un jour, t'as réussit à parler, pouf, comme par magie ?

- C'est presque ça. J'ai eu du mal au début.

- Arrête un peu de dire des conneries.

- Ce ne sont pas des conneries.

- Tss.

Il essaya de me reprendre dans ses bras, mais je l'évitai, toujours énervé et me levai. Ma tête se mit à tourner et je dus prendre appui sur le mur pour ne pas tomber. Mes jambes se mirent à trembler. Chin-Ho passa ses bras autour de ma taille et m'entraîna vers le lit. N'étant pas très en forme, voire pas du tout, je le laissai faire. Il m'allongea dessus et la sonnerie de la porte d'entrée se fit entendre. Il remonta la couette jusqu'à mon menton et sortit de la chambre en oubliant de fermer la porte derrière lui. Quelques secondes après, j'entendis deux voix. Je reconnus nettement la première, celle de Chin-Ho, mais j'eus un peu plus de mal pour la deuxième, qui était moins forte mais qui m'était familière. Puis, la voix augmenta de volume et je l'entendis clairement dire :

- Laisse-moi le voir !

Baekhyun. C'était Baekhyun. Mais qu'est-ce qu'il faisait ici… ? Et comment se faisait-il qu'il sache où mon « amant » habitait ? Mon meilleur ami pénétra soudain dans la pièce. Ses traits, durs à son entrée, se radoucirent lorsqu'il me vit. Il s'assit au bord du lit et me caressa les cheveux. Je baisse aussitôt les yeux. Après quelques secondes d'hésitation, je lui demandai :

- Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Je suis venu prendre de tes nouvelles, me répondit-il. Comment tu te sens ?

- Mal. Dis, tu pourrais me rendre un service ?

- Euh oui si tu veux, lequel ?

- Tu… Tu pourrais dire aux autres, même si je pense qu'ils le souhaitaient tous au fond d'eux, que je quitte le groupe et qu'ils ne me verront plus jamais s'il te plaît ?

Baek écarquilla les yeux.

- Non je ne leur dirai pas ! Et qu'est-ce que tu entends par le fait qu'ils ne te verront plus jamais ? Me demanda-t-il. Je perçus une lueur d'inquiétude dans sa voix.

- Je veux disparaître… Soufflai-je. Je n'en peux plus… J'ai envie d'en finir…

Je mis ma main sur mes yeux pour qu'il ne voie pas les larmes qui embuaient mes yeux.

- … KyungSoo ! Ne dis pas ça ! Ne dis plus jamais une chose pareille ! S'exclama mon meilleur ami.

Il me prit par les épaules, me fit m'assoir, enleva ma main de sur mes yeux et ancra son regard dans le mien.

- Je t'interdis de dire ça, fit-il d'un ton dur. KyungSoo, tu es une personne formidable et je ne veux pas que tu disparaisses, ça me ferait beaucoup de peine. En fait, ça en ferait aussi aux autres.

- Aux autres ? Dis-je en souriant tristement. Ils me détestent. Je suis un monstre pour eux. Comment ma mort pourrait leur faire de la peine ?

M'entendre dire « ma mort » eut l'air de choquer Baekhyun.

- Primo, tu ne vas pas mourir. Secundo, ils ne te détestent pas vraiment. C'est juste que l'autre folle les manipulait et leur a fait croire ce qu'elle voulait. Hier, après que tu sois parti, j'ai essayé de les raisonner en leur disant une partie de ce que tu m'avais révélé, ce qui a eu l'air de les faire réfléchir. Peu de temps après Tao est venu me voir et m'a demandé des détails. Il est aussi sûr que moi que ce n'est pas toi qui as commis le meurtre dont la pétasse leur a montré des photos. Avant de venir te voir je l'ai chargé de continuer à raisonner les autres. Ce n'est qu'une question de temps avant que les autres ne se rendent compte que Mi-Hi est une salope. Donc je te le répète, ils ne te détestent pas vraiment.

Je soupirai, pas très convaincu. Puis je remarquai que Chin-Ho était debout, à l'entrée de la pièce. Baekhyun se rendit compte à son tour de la présence de « mon amant » et le regarda. Mon meilleur ami laisse échapper un petit soupir de sa bouche avant de s'adresser au blond :

- Ca me dérange de te demander ça à toi parce que je ne te fais pas tellement confiance, mais veille sur lui. Ne le laisse pas disparaître, comme il dit. Je reviendrai le voir demain.

Baek se leva Chin-Ho vint s'assoir près de moi et me prit dans ses bras. Il me fit quelques baisers sur chacune de mes joues, puis il descendit lentement vers le cou. Je le laissai faire, soumis à lui. Il passa lentement une de ses mains sous le haut que je portais et il caressa mon torse. Je vis que Baekhyun, qui était encore dans la chambre, à l'entrée de la pièce plus précisément, regardait ce que le blond me faisait en se mordant la lèvre inférieure. Mon meilleur ami avait l'air de regretter de me laisser avec mon « amant ». Je lançai un regard vide d'expression à Baek.