- On est désolé KyungSoo, dit le panda. On n'aurait pas dû croire l'autre.

- L'autre elle a un nom ! S'exclama Mi-Hi.

- Alors toi ta gueule, fit Baekhyun en revenant dans la pièce, une boîte de biscuits au chocolat à la main.

- Je t'interdis de t'adresser à moi de cette façon !

- Je m'adresse à toi comme je veux. Tiens KyungSoo.

Chanyeol me lâcha et mon meilleur ami me tendit la boîte, que je refusai en secouant la tête. Baek soupira.

- Putain ça fait deux jours que tu n'as pas mangé ! Et en plus, tu es malade ! S'exclama-t-il en regardant JongIn du coin de l'œil.

J'essuyai mes larmes du revers la main et me levai. La douleur en bas de mon dos me fit souffrir et je grimaçai de douleur. Puis ce fut au tour de mon ventre. Je courus jusqu'à ma chambre et m'enfermai à l'intérieur. Je me figeai.

Les murs étaient tagués. Des insultes avaient été inscrites en rouge dessus. Certains meubles étaient cassés. En bref, ma chambre avait été saccagée. Alors elle les manipulait au point de massacrer ma pièce à moi ? Eh bah… Je m'assis sur mon lit, cassé aussi et baissai la tête. Je sentis les larmes me monter aux yeux. Mais qu'est-ce que j'avais fait, à part vivre, pour mériter tout ça ? Je me pris la tête dans les mains et fermai les yeux tendis qu'une première goutte salée commença à couler puis à tomber sur une de mes mains. J'essuyai rapidement mes yeux et je sortis de cette chambre où il était maintenant impossible de se reposer ou même de dormir. Je traversai le salon et aperçus les yeux de Mi-Hi. Elle avait cette lueur mauvaise et ce sourire en coin que je haïssais. Elle allait sans doute faire quelque chose pour me détruire un peu plus… Elle alla vers JongIn et ce dernier enroula ses bras autour de sa taille. Ce simple geste suffit à m'achever, à briser mon cœur. Ne pouvant plus supporter ce genre de visions, je me dirigeai vers l'entrée en courant et j'enfilai mon manteau. Baekhyun me rattrapa et me retint par le bras.

- Où tu vas ?

- Quelque part où je ne les verrai pas… Répondis-je.

Je n'avais pas besoin de préciser qui, vu que mon meilleur ami était assez intelligent pour comprendre de qui je voulais parler. J'essayai de me dégager, en vain. On ne dirait pas, mais Baekhyun avait une sacrée force. Alors je décidai d'utiliser la manière forte. Désolé Baek. J'envoyai rapidement mon pied cogner son entrejambe et il poussa un cri de douleur, me lâchant aussitôt. Il tomba par terre, le visage crispé. Et je m'enfuis en courant.

Je marchais dans les rues de Seoul sans but précis. Je voulais juste penser à autre chose, mais je n'y arrivais pas. C'était beaucoup trop dur. Sans que je ne m'en rende compte, des larmes se mirent à couler sur mes joues assez pâles tandis que je m'engageai dans une ruelle sombre. Peut-être que j'étais en danger ici, peut-être que cette ruelle n'était pas très fréquentable, mais je me fichais de tout ça. Je sentis une main se poser sur mon épaule. Je sursautai et me retournai précipitamment.

Je soupirai de soulagement en voyant que cette main appartenait à Chin-Ho. Mais la surprise prit vite la place du soulagement.

- Chin-Ho ! Qu'est-ce que tu fais là ? Demandai-je alors que j'essuyai mes larmes du revers de la main.

- Je pourrais te poser la même question, Kyungie, dit-il. Bon, en fait j'avais juste envie de faire un tour. Et toi, j'imagine que tu t'es encore enfui de l'appart' que tu partages avec les autres, non ?

Je n'aimais pas les termes « encore enfui ». Ces mots ne me plaisaient pas et ça m'étonnais qu'il dise ça comme ça.

- C'est ça, répondis-je tout de même.

- Tu veux venir chez moi ?

J'allais répondre, mais il ne m'en laissa pas le temps.

- Allez, viens, fit-il en souriant.

Son sourire, je ne l'aimais pas. Il était différent de d'habitude. Mon « amant » me prit par la main et m'entraîna de force jusqu'à chez lui. Là, il n'y avait pas que son sourire qui était différent de d'habitude. L'attitude même de Chin-Ho était bizarre. Il semblait… Moins doux. Une fois arrivé devant sa maison, il ouvrit la porte, sans lâcher ma main. Le blond m'emmena directement dans sa chambre. Je fronçai les sourcils. Il voulait le faire maintenant ? Bah, après tout pourquoi pas. Il me plaqua contre un des murs de la pièce, assez brutalement, ce qui me surprit. Chin-Ho posa, non écrasa ses lèvres contre les miennes. Je répondis au baiser. Il n'y avait pas une once de douceur dans ce baiser, mené par lui. C'était seulement bestial. Il passa une de ses mains sous mon t-shirt et caressa mon torse. Je passai une des miennes dans ses cheveux, soulevant une de ses mèches, découvrant ainsi son oreille droite. Mes yeux s'écarquillèrent et je me figeai. Non, c'était impossible… J'étais sans doute en train de rêver… Oui, c'est ça, je rêve… Mais une douleur au niveau de ma lèvre inférieure me fit me rendre compte que c'était la réalité. Chin-Ho venait de me la mordre assez fort. A bout de souffle, on se sépara et je me mis à trembler. Il me regarda. On aurait dit une bête prête à dévorer sa proie.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Me demanda-t-il d'une voix particulièrement grave et suave.

- T-tu…

- Je ?

Ce petit tatouage en forme d'étoile noire avec un « x » rouge à l'intérieur… Oui, ça ne pouvait être que ça… Il faisait parti de la bande de toutous de Mi-Hi au collège… Comment avais-je fait pour ne pas le reconnaître… ? Remarque, il avait teint ses cheveux, qui avaient bien poussés, sa peau était plus foncée qu'avant, il avait grandi… Un sentiment de colère s'empara de moi.

- Tu… Tu t'es servi de moi…

- Ah, alors tu l'as remarqué ? Fit-il d'un ton menaçant, en parlant bien sûr de son tatouage.

- Oui… Pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ?!

- Devine. Ce que veut ma tendre Mi-Hi, je le veux aussi.

Ce qu'elle veut… ? A part me détruire, je ne vois pas… Chin-Ho sourit sadiquement. Il me prit par les poignets et me balança, comme si je n'étais qu'un déchet, sur son lit. La peur reprit sa place tandis que ma colère disparut soudainement. Le blond était maintenant sur moi. Il me surplombait et me regardait. Je pouvais lire du désir, de la cruauté et du sadisme. Sa langue vint lécher sa lèvre inférieure. J'étais terrifié. D'un coup, mon « amant » arracha mes vêtements, les déchirant au passage. Je me mis à trembler. J'étais maintenant nu comme un ver devant ce prédateur car oui, maintenant pour moi c'était un prédateur.

- Non… Non… Non… Murmurai-je.

- Oh que si, dit-il, son sourire s'élargissant.

Il déboutonna son pantalon et le retira rapidement. Il enleva aussi son haut. J'essayai de m'enfuir, en vain. Chin-Ho attrapa mes poignets et les maintint fermement au-dessus de ma tête à l'aide de sa main droite. Je fermai les yeux, ne voulant pas voir ce qui allait se passer même si on l'avait déjà fait. Enfin pas comme ça. Je l'entendis ricaner. Aussitôt, il me pénétra violemment, sans aucune préparation. J'hurlai de douleur et je ne pus empêcher quelques larmes de couler sur mes joues. Entre deux gémissements montrant ma souffrance, je parvins à souffler :

- Arrête… Je t'en supplie…

- Hors de question !

Il bougea sans attendre que je m'habitue et ses coups de reins se transformèrent, en quelques secondes, en des coups de butoir. Je me sentais déchiré, brûlé de l'intérieur. C'était horrible. Je crois que je n'avais jamais eu aussi mal de toute ma vie… Je voulais que ça s'arrête, maintenant… Je voulais mourir… Mais bien sûr, c'était trop demandé… Chin-Ho continuait ses coups de butoir et j'entendais ses gémissements de plaisir. Il ne se gênait pas pour montrer son plaisir dis donc. Ces gémissements… Ils me dégoûtaient… Les miens, eux, montraient seulement ma grande souffrance.

Après le rapport, que j'aurais plutôt pu qualifier de viol, Chin-Ho m'avait laissé là, en plan sur son lit. Il était parti je ne sais où. Je me levai, avec énormément de difficultés, une douleur atroce parcourant le bas de mon dos. J'eus du mal à attraper mon manteau, qui se trouvait par terre. Je fouillai dans une des poches et finis par trouver mon portable. Je composai le numéro de mon meilleur ami et attendis quelques secondes, qui me parurent très longues. J'entendis enfin sa voix.

- Allo ? Fit-il.

- Baek… Viens vite chez Chin-Ho… Apporte-moi un boxer, un pantalon et au moins un t-shirt aussi s'il te plaît…

Je n'avais pas pu m'empêcher de dire ça d'une voix faible et tremblante.

- Qu'est-ce qui se passe KyungSoo ? Me demanda-t-il soudain inquiet. Il t'a fait quelque chose ?!

- Je t'expliquerai tout à l'heure…

Sur ce, je raccrochai. Je m'assis, toujours nu, contre un des murs de la pièce, avec beaucoup de peine. J'avais froid. Je me sentais si faible et si naïf… Comment, mais vraiment comment j'avais fait pour ne pas me méfier de lui ? Comment avais-je fait pour être aussi naïf ? Aussi con… ?

Je ne savais pas combien de temps s'était écoulé depuis l'appel, mais j'entendis la sonnerie provenant de l'entrée retentir. J'essayai de me lever et j'y arrivai avec beaucoup de mal. Seulement, au moment de me diriger vers la porte de la chambre, je m'écroulai. J'avais vraiment trop mal… Heureusement, la porte permettant de rentrer dans l'appartement n'était pas verrouillée. Mon meilleur ami débarqua dans la chambre et ses yeux devinrent énormes lorsqu'il me vit, nu comme un ver, par terre. Il avait un sac à la main, qu'il laissa tomber par terre. Baekhyun m'aida à me lever et à m'assoir sur le lit. Voyant que j'allais assez mal, il me prit dans ses bras et me serra fort contre lui. Il ne me lâcha que quelques secondes après pour attraper le sac et en sortir un boxer, un pantalon et un t-shirt. Baek m'aida à les enfiler et me regarda, horriblement inquiet. De sa main droite, il caressa ma joue tandis que je lui fis, enfin j'essayai de lui faire un beau sourire pour le rassurer. Mais ça ne marcha pas vu qu'il posa sa main gauche sur la mienne, sans arrêter ses caresses sur ma joue.

- Alors dis-moi, qu'est-ce qui s'est passé, déjà pour que je te retrouve nu par terre ? Me demanda-t-il d'une voix douce.

- Je… Je t'expliquerai… Mais avant, je veux rentrer au dortoir…

- Monte sur mon dos.

- Hein ?

- Je t'ai dis de monter sur mon dos.

Malgré ma surprise, je m'exécutai, certes avec un peu de mal. Je passai mes bras autour de son cou et resserrai mes jambes autour de sa taille. Je posai ma tête sur son épaule et on sortit de l'appartement de l'autre. Le trajet jusqu'au dortoir se fit dans le silence. Ce silence n'était pas gênant, au contraire. Il était particulièrement apaisant. Intérieurement, je remerciai Baekhyun. Il était toujours là pour moi… C'était vraiment un très bon ami. J'arrivai à esquisser un très léger sourire. Mais je pestai à nouveau contre moi-même et me demandai encore une fois comment j'avais fait pour être aussi naïf.

Quelques minutes s'écoulèrent avant que l'on arrive devant l'appartement du groupe. On entra et traversa le salon. Tout le monde, sauf Mi-Hi, s'y trouvait. Je relevai la tête et vis qu'ils nous regardaient, étonnés. Certains, comme Tao et Chanyeol, poussèrent des petits cris de surprise. Je devais sans doute ressembler à un zombie. Je dis à Baekhyun de me déposer sur le canapé, ce qu'il fit. Il s'installa à côté de moi, à ma gauche plus précisément et posa sa main sur la mienne.

- Alors, tu m'expliques ? Fit-il.

Je pensai soudain à quelque chose, que j'avais compris après le… Rapport de tout à l'heure. Enfin je ne l'ai pas vraiment compris en fait, je l'ai surtout deviné.

- Attends Baek.

Je tournai la tête vers la personne qui faisait battre mon cœur. Son regard n'était plus vraiment haineux ni horrifié. Baekhyun et les autres avaient réussi à le résonner ? Bizarrement, je n'en étais pas vraiment sûr. Je n'étais pas non plus sûr qu'il me croie, mais tant pis.

- JongIn ? L'appelai-je timidement.

- Quoi ?

Son ton était légèrement cassant. Je décidai ne pas trop y faire attention et me lançai :

- JongIn, ta… Ta petite amie te trompe.

- Tu dis n'importe quoi.

- Non mais je te le jure. Et je peux même te dire avec qui… J'allais continuer mais il me coupa.

- La ferme ! Tu veux me faire casser avec elle ou quoi ?!

J'aimerais qu'il casse. Mais je n'ai jamais pensé à le faire casser avec Mi-Hi. Je ne suis pas assez méchant pour ça. Enfin je pense…

- Mais non ! M'exclamai-je. S'il te plaît, crois-moi…

- Je n'ai aucune raison de te croire.

Et il s'assit sur un fauteuil non loin du canapé. Il regarda le plafond, l'air en colère. Il ne voulait pas me croire, hein ? Pourtant, il allait sans doute être obligé de me croire, bientôt… Parce que oui, j'étais sûr qu'elle allait bientôt lui apprendre. Mais le voir comme ça me faisait mal. Le fait qu'il me dise qu'il n'a aucune raison de me croire ne faisait que briser mon cœur un peu plus. Lui qui était déjà si meurtri… Je baissai la tête. Je sentis la main de mon meilleur ami relever ma tête et caresser ma joue pour m'encourager à lui parler. Même si JongIn n'était pas sorti du salon… Mais je n'osais pas.

- Bon, tu vas finir par m'expliquer oui ? Je veux t'aider, KyungSoo, fit mon meilleur ami, sous les regards étonnés des autres.

- Ben… je me triturai nerveusement les doigts.

- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Demanda soudain Baek avec énormément de sérieux.

Alors il avait deviné que c'était à cause de Chin-Ho que j'étais comme ça… Je baissai à nouveau la tête.

- Il faisait et fait encore partie de la bande de toutous de l'autre pétasse… Commençai-je. Il s'est servi de moi, il a joué avec moi…

- Sérieusement ?! S'énerva Baekhyun.

- Oui. Mais ce n'est pas tout…

Mes yeux commencèrent à s'embuer tandis que je relevai la tête vers lui. Je n'avais pas envie de le dire ici, devant tout le monde… Enfin surtout le dire, tout simplement. J'espérais de tout cœur qu'il comprenne, du regard, ce que j'essayais de lui « dire ». Les seuls mots que je réussis à prononcer furent :

- Cette fois, je ne le voulais pas…

Aussitôt, je vis JongIn me regarder. Il avait l'air… Inquiet ? Soudain, je vis une sorte de lueur de colère dans les yeux de Baek. Ses traits se durcirent et il serra les poings.

- Il t'a vraiment fait ça…

Ouf, il avait compris…

- Oui… Chuchotai-je.

- Il n'avait pas le droit de te faire ça ! Explosa-t-il. Je vais le tuer !

- C-calme-toi…

- Non je ne me calmerai pas ! Ce type est un enfoiré ! Tu ne méritais pas ça !

- Bah tu sais, ce n'est pas si grave…

- Si c'est grave ! Putain KyungSoo…

Les autres, qui auparavant, discutaient en chuchotant pour nous laisser parler de ce qu'on voulait, se turent. Il posa ses mains sur mes épaules et les tint fermement. Il me regarda, toujours sérieux.

- Promets-moi que tu n'iras plus jamais le revoir, me dit-il.

J'hochai la tête. Ca non je n'irai plus jamais le revoir... Je ne reverrai plus jamais personne de toute façon. Les larmes avaient commencé à couler sur mes joues. Complètement détruit, je me dirigeai vers la cuisine. J'avais horriblement mal en bas du dos. Je n'en pouvais plus. C'en était trop. Je ne pouvais plus supporter tout ça. Malgré la présence apaisante et rassurante de Baekhyun, je voulais en finir. Malgré son soutien, son amitié… Mon désir de me libérer de tout ça se faisait toujours plus grand.

Je me dirigeai vers le tiroir où Xiumin rangeait les couverts et en sortis un couteau. Je l'approchai lentement de mon poignet. Il ne fallait pas que je me rate…