II. Une fin
Seconde partie

Plusieurs heures plus tard, Naruto se réveilla. Il savait qu'il était en retard donc il n'était pas pressé de se rendre au bureau. D'autant qu'il pouvait compter sur Shikamaru et Sasuke. Dans les escaliers il entendit ses enfants s'enguirlandaient dans la cuisine.

Ils furent tous deux surpris de sa présence. Boruto ne manqua pas de lui rappeler les nombreux problèmes qu'il aurait à cause de son retard. Il passa un bon moment avec ses enfants qui s'étaient assagis. À moins que ce soit le fait qu'ils aient choisi des voies différentes qui ait facilité leur entente.

Son fils se dirigeait de plus en plus vers la défense. Aux dernières nouvelles, il hésitait à postuler pour être ANBU. Cela l'éloignerait définitivement de ses coéquipiers. Quant à Himawari, elle préférait de toute évidence l'espionnage et le repérage à la protection rapprochée. Tous les deux avaient deux jours de libre. Le nombre de missions ayant considérablement réduit, les ninjas pouvaient maintenant s'octroyaient des temps de repos plus ou moins longs.

Pour ses enfants c'était fini il avait une mission de la plus haute importance pour eux. Boruto grogna quelque chose au sujet de ses droits. Il avait toujours eu l'impression que son père ne les considérait pas totalement comme des ninjas. La façon qu'il avait de leur annoncer leur prochaine mission en plein petit-déjeuner renforçait cette sensation. Dès qu'ils eurent fini, ils se mirent en route.

— Fais un effort, ordonna Himawari à son frère en bougeant juste les lèvres.

Il répondit par un signe de tête indistinct. Sa sœur ressemblait de plus en plus à sa mère et cela l'inquiétait. Les frères et sœurs échangèrent un regard d'incompréhension quand ils entrèrent dans un hôtel. Quel genre de mission s'effectuait là-bas ?

Naruto franchit l'accueil et monta au troisième étage. Il trouva directement la chambre recherchée. Un jeune homme avec le bandeau frontal d'Iwa leur ouvrit. Ses cheveux cachés une partie de son visage. Une femme apparut, de la génération de ses parents, une partie de ses cheveux était lisse, l'autre ébouriffée. Et elle les fixait de manière totalement inconvenante.

— Je vous les confie. Expliquez-leur la mission et les bases. J'aimerais un rapport à la mi-journée. À plus.

Son père venait de les expédier en quelques minutes. Ils n'eurent pas assez de temps pour s'apitoyer, Karin leur dit de s'asseoir sur le lit. Elle commença de suite sa présentation :

— Vous savez certainement ce qu'est un don héréditaire. Cela est une avance redoutable qu'un ennemi inculte ne peut contrer voilà pourquoi les kekkei genkai sont jalousés voir convoités. Nous, on est ici pour créer un sceau permettant de sceller définitivement un don. Je vous explique les conditions : le sujet doit être le seul à pouvoir activer ce sceau et uniquement en pleine conscience, et une fois le sceau activé il ne faut qu'aucune cellule ne contienne encore le patrimoine génétique. Pour finir, ce serait bien que l'activation du sceau n'achève pas le sujet mais c'est un détail. Des questions ?

Les deux Uzumaki clignaient des yeux. Pas qu'elle leur ait appris quelque chose mais puisqu'ils cherchaient un sceau désormais, ils devaient y avoir eu un problème. Un déclencheur. Cela signifiait-il qu'ils étaient maintenant en danger ? Qui les menaçait ?

Bien que satisfaits d'être dans la confidence, ils se demandaient pourquoi eux. Ils n'avaient aucune formation particulière. Himawari ne manqua pas de poser la question, toute en jetant un coup d'œil inquisiteur au ninja d'Iwa qui regardait distraitement par la fenêtre.

— Vous portez le nom d'un clan spécialiste du fûinjustu, leur rappela-t-elle de sa voix monocorde.

Quand elle surprit leur tête incrédule, elle souffla tragiquement.

— Le clan Uzumaki était réputé et craint pour ses sceaux, leur puissance et leur précision personne ne les égalait dans ce domaine. Voilà pourquoi ils furent envahis et décimés. Et maintenant, même en faisant des recherches, on ne peut déterminer si les Uzumaki ont vraiment un don, ou s'ils avaient simplement un entraînement spécial et pointu. Bon, le quart d'heure historique prend fin et...

La femme fut coupée par le jeune blond et son enthousiasme. Bien qu'il s'entende bien avec son grand-père et sa tante, il ne faisait pas parti du clan. Dès qu'ils évoquaient des techniques spéciales, il se sentait stupidement à l'écart. Lui ne correspondait pas au critère.

La perspective de pouvoir se retrouvait dans le clan de son paternel était plus que réjouissante. Il voulut absolument connaître les membres de son clan. Une des conseillères de la Tsuchikage avait officialisé son statut. Il y avait aussi un formateur à Kiri qui était des leurs. Plus les deux rejetons de l'Hokage, celui-ci ainsi qu'elle-même, ils étaient six reconnus.

Boruto ne voulut pas croire que cette femme devant lui était de sa famille. Un coup de poing plus tard, elle régla la question. Ils parlèrent ensuite des sceaux, enseignant aux plus jeunes les bases de ce domaine.

Les bases, c'était simple. Donc les premières minutes furent très agréables.

Ensuite ils découvrirent un monde plein d'exceptions. Karin levait les yeux au ciel en leur martelant que ce n'était que de la logique. Le simple fait que le sceau soit posé sur un être humain imposé d'énormes restrictions. Leurs premiers sceaux ne pouvaient servir que de tortures.

Rien était simple et chaque symbole utilisé devait l'être avec la plus grande précaution. Ils passèrent des heures à travailler, à essayer et à se prendre des coups de rouleau de la part de Karin. Celle-ci était intransigeante.

Elle ne supportait pas qu'il dise de telles âneries, peu importe que leur dernier cours sur les sceaux remontent à l'Académie. Une fois Boruto voulut se défendre, car les rouleaux étaient juste du bois recouvert, et cela faisait mal. Il haussa la voix sur cette femme au comportement anti-pédagogique et injuste.

Karine éclata de rire. C'était très vexant. Elle lui apprit qu'il n'était pas assez mignon pour la vexer et qu'elle se fichait qu'il l'apprécie ou pas. Et dire qu'elle pourrait être sa tante.

— Espèce de folle ! s'était-il écrié tu...

Avant qu'il puisse parler de nouveau, elle avait déjà saisi un rouleau et le lança avec force dans le ventre. Il n'eut pas d'autre choix que de se rasseoir. Et de se remettre au travail.

Shikadaï adorait son meilleur ami. Il était de bonne compagnie, à l'écoute, sa mère cuisinait super bien... Ils se tapaient de bons fou-rires et avaient toujours des idées de bêtises différentes qu'ils forçaient l'autre à essayer. Bref, il s'agissait d'une belle amitié.

Il n'empêche que là tout de suite, son ami était immensément dérangeant. D'accord il avait séché leur entraînement matinal mais était-ce une raison pour qu'il lui fasse passer un interrogatoire ? Le jeune Nara devait bien reconnaître que cet oubli n'était pas le premier – son absence était d'autant plus suspecte qu'il avait souvent protesté contre l'heure du rendez-vous qui empiétait sur ses heures de sommeil. Ses coéquipiers était tellement habitués que Chô était venue régler son réveil.

Inojin avait des circonstances atténuantes mais toujours pas de raison valable pour s'imposer dans son lieu de méditation privé et personnel.

Et puisque le beau brun ne répondait pas – hors de question de céder à l'envahisseur – Inojin s'était confortablement installé sur son lit. Il ne disait rien car il savait qu'il était presque impossible d'avoir un Nara à l'usure. Mais Shikadaï ne se faisait aucun soucis son ami avait fait plusieurs stages chez la troupe d'Ibiki (quelle jolie manière d'évoquer des quasi-tortionnaires).

— Est-ce que ça a un rapport avec ce soutien-gorge ? finit par lui demander le blond en désignant l'objet du menton.

Shikadaï ne répondit pas. Cette fois, il avait peur de la réaction de son ami. Celui-ci pouvait vraiment manquer de subtilité sur certains sujets.

— Je vois bien qu'il appartient pas à ta mère alors dis-moi à qui avant que je doive procéder par élimination.

— Peut-être que c'est à ta mère, sourit Shikadaï espérant l'énerver.

— Ma mère en a des plus gros Shika, sois logique. D'ailleurs ce soutien-gorge me paraît vraiment petit...si c'est le tien, tu peux me le dire. Je ne te jugerai pas, promit-il en souriant sans en croire un mot.

— Si je disais que cela appartient à Himawari...

Son ami fronça les sourcils avant de dire :

— Je te demanderais si pendant que Chô et moi galérions avec le genjustu de Miraï, tu étais vraiment en train de jouer à ouba-ouba avec le petit mec.

Voilà. Pour Inojin, et pour une bonne partie de tout ceux qu'il connaissait, Himawari était simple « le petit mec ». Elle n'était vraiment pas féminine. Elle n'avait pas non plus de forme. Et un de ses coéquipier paraissait même plus féminin qu'elle. On aurait facilement pu la prendre pour un garçon. Elle était habillée de cette façon, en mec.

— Personne n'a fait ouba-ouba, précisa-t-il dans un souffle en se laissant tourner sur sa chaise de bureau.

— C'est normal, tu as fêté tes seize ans, il y a trois semaines, cela aurait été du détournement de mineur. C'est pour cela que tu es tout triste ?

Shika ne prit même pas la peine de le fusiller du regard. De toute façon, cela ne l'aurait certainement pas empêché de continuer à déblatérer à son sujet :

— T'a-t-elle dit qu'elle voulait changer de sexe ? Si vous vous entendez bien, tu pourras lui donner des conseils pour quand elle se retrouvera avec son nouveau pénis dans les mains.

— Et si je disais que je l'aime.

— Shika, et je dis ça parce que je tiens à toi, tu mérites mieux que cette illuminée transsexuelle.

— Je ne suis pas sûr que transsexuel soit le terme approprié...

— Je sais que tu as compris mon idée, t'es mon coéquipier.

Finalement, au lieu d'un serment sur la ponctualité et l'engagement, il avait eu droit à une intéressante discussion sur l'amour. Un sujet auquel il ne connaissait et ne comprenait rien. Ce n'était pas assez raisonnable.

Par contre il avait bien vu le matin, quand la jeune fille s'était imposée pour le petit déjeuner, les regards qu'avaient échangés ses parents. Ils s'étaient crus en plein genjustu.

Tout le monde savait déjà avec quel genre de fille il allait faire sa vie. Ou bien il devait faire sa vie. Ce n'était plus très clair.

Par contre il était évident pour tous qu'Himawari ne correspondait pas aux critères. Elle était plus jeune que lui, aucunement féminine, ambitieuse, traditionnelle, exigeante et orgueilleuse. Ce n'était définitivement pas le genre de fille qui devait lui plaire. Qui allait, pardon.

Sasuke s'enfonçait dans les sous-sols. Différents ninjas lui ouvrèrent la porte à son passage. Tous savaient qui il était. Et à moins que Shikamaru n'ordonne ne lui interdire l'accès, il pouvait pénétrer partout. Il trouva ainsi facilement Ibiki qui le reçut d'un signe de tête.

— Tu es venu pour l'intru ? vérifia-t-il Sasuke hocha la tête. Il est passé à table dès qu'il a repris conscience, on a même pas eu le temps de... négocier. Son nom est Matisu Bera, formé par une dénommée Qu.

— Qu, répéta son interlocuteur en puisant dans ses souvenirs.

— Déjà condamnée il y a trois ans, espionnage commerciale. Cela n'a pas diminué son influence. Le but est bien de kidnapper des personnes ayant un don héréditaire, d'après ses propres mots « vifs c'est mieux mais morts c'est bien aussi ». Ce n'est qu'un petit bras, il n'en sait pas plus. Tous les détails sont dans le rapport.

Sasuke s'en saisit et rangea tranquillement le rouleau. Il leur été excessivement compliqué d'arrêter la prolifération des ninjas non-étatiques.

Certains formateurs n'étaient que des théoriciens, cela n'empêchait pas leurs élèves doivent être considérés comme des nukenins. Il y avait aussi d'anciens ninjas ou enfants de ninja qui en formaient « par inadvertance ». Et combien de professionnels du spectacle, n'utilisant leur maîtrise du chakra qu'à des fins esthétiquement extraordinaires, n'étaient en fait que des criminels ? Ils en attrapaient beaucoup mais il y en avait beaucoup plus.

Sasuke parcourut le village. Ils s'écartaient tous comme s'il était maudit. Ce qui était peut-être le cas. En tout cas, ils le respectaient. Il rejoignit Karin et son équipe temporaire et leur apporta leur déjeuner. Le but était surtout de surveiller leur progression.

Ce fut avec sa froideur habituelle qu'il dénigra Karin, incapable de faire travailler correctement son équipe. Quand il la vit se colorer sans pourtant prendre la peine de répliquer, Boruto sentit la rage l'envahir.

Même s'il était proche du statut d'homme, elle le considérait comme un gamin. Il aurait voulu hurler mais il se sentait toujours ridicule quand il criait devant son senseï. Sasuke repartit ainsi très rapidement, avec un second rapport pour l'Hokage.

Dans la chambre d'hôtel, ils avaient mangé rapidement puis s'étaient remis au travail. Même durant le repas, le quatuor n'avait parlé que de sceaux. Leur travail était vraiment prenant mais à force d'essai et de comparaison, ils en venaient peu à peu à bout.

Heure après heure, ils avançaient peu à peu. En milieu d'après-midi, Karin les autorisa à prendre une pause. Boruto se rendit sur le balcon pour prendre l'air. Il détestait être confiné ainsi, cela faisait plusieurs heures qu'il était en intense réflexion. Il était pour ainsi dire arrivé à saturation.

Il s'assit, la position était parfaite pour qu'il observe les rues grouillantes de Konoha. Il inspira fortement. Il fut surpris que l'envie de devenir ANBU soit aussi forte. C'était inhabituel pour lui de désirer quelque chose aussi ardemment.

L'examen pour devenir ANBU était extrêmement difficile mais il n'y avait rien de plus gratifiant que de protéger les gens en secret. Il ne les sauverait pas de la mort imminente mais empêcherait carrément de la mort de se pointer.

Il sentit au bout de quelques minutes un autre chakra se dirigeait faire lui. C'était celui de Sarada. Il s'assit un peu plus correctement pour la recevoir avec le sourire. Elle avait même pensé à lui prendre des amuses-bouches.

Ils échangèrent un bon moment en discutant de tout et de rien. Sarada avait passé sa matinée à donner un coup de main à sa mère qui travaillait en ce moment à l'hôpital.

Il lui parla de ce qu'il avait découvert sur le clan de sa grand-mère et même des sceaux même si c'était interdit. Mais puisqu'il s'agissait de sa coéquipière, cela ne comptait pas. Et puis elle lui proposa de lui rapporter des bouquins sur les kekkei genkai alors elle contribuait à la mission.

Ils discutèrent encore de tout ce qui leur passait par la tête, leur géniteur, leur mère, leur projet, leur dernière découverte...

Pendant ce temps, Himawari était sortie se balader un peu. Elle n'aimait pas du tout les surprises et se retrouver à faire des sceaux alors que rien ne l'y avait préparé était pour le moins déstabilisant. Elle aurait préféré retrouver ses coéquipiers et passait une journée banale mais plaisante avec elle.

Ça faisait d'ailleurs longtemps qu'ils ne s'étaient pas fait le circuit du lion, une après-midi à courir sans interruption. Leurs entraînements intensifs lui manquaient. Ce n'était pas humain de simplement s'asseoir et réfléchir.

Himawari cessa de se plaindre mentalement quand quelqu'un lui boucha la vue. Shikadaï. Il arrivait droit sur elle. À sa droite se tenait son meilleur ami. Ils étaient tout les deux morts de rire. Évidement, ils ne l'avaient pas encore vue.

Dès que ce fut fait, le beau blond afficha un sourire moqueur alors que son acolyte regardait tout sauf elle. Ils s'arrêtèrent tous quand ils se retrouvèrent face à face. Dans une ambiance tendue, ils échangèrent des civilités. Shikadaï évitait toujours son regard.

— Tu nous excuseras, on est pressé, expliqua Inojin avec un sourire poli.

— Bien entendu, bonne fin de journée.

Rapidement, elle se retrouva seule. Elle se demanda pourquoi elle ne pouvait pas juste l'oublier. Ce serait tellement simple. Puis une autre idée lui vint, un idée qui ne lui donnerait pas une sensation d'échec. Si l'idée de sortir avec le « petit mec » le répugnait, il suffisait qu'elle modifie la vision qu'ils avaient d'elle.

Elle était parfaitement consciente de son apparence un peu androgyne et cela l'amusait même beaucoup. Mais elle ne laisserait pas ce détail dérangeait sa vie sentimentale.

Sarada était déjà revue de sa course avec les deux livres dont elle lui avait parlé. Son coéquipier l'accueillit avec le sourire. Sourire qu'il perdit quand elle se pencha vers lui.

Dans leur équipe, ils n'étaient pas exactement tactiles. Aussi Boruto faillit mourir quand elle posa ses mains sur ses cuisses, se pencha vers lui et lui déposa un baiser sur la joue. Heureusement, il faisait assez sombre pour que ses rougeurs ne se voient pas trop.

— Bon courage, dit-elle avant de partir.

Himawari remonta au bout de dix minutes. Boruto était en train de questionner Karin au sujet de ses parents alors elle en conclut que la pause n'était pas finie. Elle en profita pour rejoindre Lwin, le discret ninja d'Iwa.

Bien qu'il ait travaillé avec eux sur les sceaux, il avait servi à rien. Himawari n'était pas méchante mais simplement réaliste. Ils étaient censés être entourés de spécialiste et se retrouvaient avec quelqu'un qui s'y connaissait moins bien qu'eux concernant les sceaux.

La jeune fille s'approcha tout en surveillant que Karin était bien occupée, elle ne méfiait quand même un peu d'elle et de son tempérament explosif qui cachait certainement quelque chose. Le ninja lui sourit amicalement, lui n'était pas dérangé par son allure « originale ».

— Tu es vraiment spécialiste en fûinjustu ?

Il sourit du bout des lèvres.

— D'habitude je travaille avec Ibiki, avoua-t-il.

La gorge d'Himawari devint brusquement sec. Aussitôt elle se demanda qui allait être analysé par ce charmant personne. Elle avait eu raison de se méfier de Karin.

Alors qu'il n'y avait plus personne dans les rues, chacun dormait paisiblement, deux ninjas marchaient rapidement à travers les rues. Ils avaient fait deux fois le tour de l'horloge sans dormir. Ils étaient bien trop occupés.

Ils pénétrèrent rapidement dans le bureau de l'Hokage qui était toujours en plein travail. Un de ses clones dormait dans un hamac dans la pièce. À moins que ce soit l'original, ils n'étaient pas sûrs.

Karin lui donna de suite le sceau final, qu'ils avaient trouvé il y a une heure. Naruto l'observa en silence pendant une dizaine de minutes. D'une main il invoqua deux petites grenouilles messagères à qui il distribua ses ordres.

— Impressionnant, vous avez vraiment fait du bon travail. Félicitations.

La jeune femme se contenta d'hocher la tête pour recevoir le compliment. Elle annonça rapidement son départ puisqu'elle commençait sérieusement à fatiguer.

Seul avec Lwin, Nanadaime attendit qu'il lui donne son rapport. Lwin n'était pas chargé d'analyser Karin, son rapport portait sur Boruto. Comme tout ceux qui souhaitaient devenir ANBU, il devait passer une série de test. Ils ne pouvaient se permettre d'engager des tarés qui pourraient se transformer en machine à tuer.

Le père de famille fut rassuré de voir que le rapport était globalement positif. Cela faisait toujours du bien d'entendre que son enfant était équilibré. Lwin partit quand Sasuke, Konohamaru et Hinata arrivèrent.

Konohamaru observa le sceau, presque ébahi. Puis ce fut au tour de Sasuke. Et enfin Hinata, qu'il n'avait pas vu depuis la veille.

— Il ne reste plus qu'à l'essayer, dit le Saturobi.

Les quatre ninjas ne prononcèrent pas un mot. Le seul problème que posait le sceau était sa réaction sur un individu. Ils avaient essayé de minimiser les risques mais il fallait quand même un cobaye.

— Je vais l'essayer, annonça Hinata, cela ne mérite pas de discussion.

Naruto serra la mâchoire mais démontra son accord. Il se prépara mentalement pour lui imposer le sceau. Ils faisaient tous pour ne pas croiser le regard de l'autre. Leurs deux amis les quittèrent quand Hinata commença à se déshabiller pour découvrir son épaule.

Sasuke leur dit qu'il informerait Sakura de la situation pour qu'elle surveille régulièrement la santé d'Hinata et comment son corps réagissait au sceau. Konohamaru prit juste le temps de les remercier de protéger son bébé.

Le couple écarquilla les yeux en comprenant les paroles de l'homme. Pour eux, il était comme un petit frère. Ils le félicitèrent, heureux de voir la famille s'agrandir. Ils furent encore plus motivés pour essayer le sceau.

— Tu te souviens quand on a appris que Boruto était là.

Les deux parents sourirent. Ils étaient ensemble depuis longtemps. Bien plus que trois ou sept ans. Et ils étaient toujours ensemble, partageant leur vie et leurs souvenirs. Ils avaient appris que Boruto était là à Noël. Et pour le nouvel an, Sakura leur avait annoncé un autre nouvelle venue. L'été suivant, les deux enfants étaient nés à un mois d'intervalle.

— Et dire qu'on pensait qu'avoir un deuxième enfant, ce serait plus facile que quand c'était le premier, qu'on aurait la main.

Malheureusement pour eux, Himawari étant née en septembre, elle avait connu les choix des maladies hivernales à quatre mois. Ils n'avaient pas du tout la main pour ça.

Quand Hinata sentit les mains de son mari sur ses hanches, elle sourit sans pouvoir s'en empêcher. Ses mains n'avaient rien à faire là mais ce ne serait pas elle qui le lui dirait. Elle savourait trop le moment. Ses lèvres sur sa clavicule. La pression contrôlée qui lui paraissait lascive.

— Il faut que je me concentre, soupira Naruto en s'écartant.

Avec un mètre de distance entre eux, l'Hokage put se pencher de nouveau sur le sceau. Il fit une série de signes puis ouvrit sa main, en direction de l'omoplate gauche de sa femme. Un cercle craquelé apparut doucement.

— Comment tu te sens ?

— Ça brûle mais c'est supportable.

— La douleur ne diminue pas ?

Hinata répondit d'un signe de tête, tant que la douleur était supportable ça devrait aller. Son mari lui apporta un petit carnet où il faudrait noter tous les changements qu'elle percevait.

— Et si j'ai envie de mon mari, à qui dois-je en faire part ?

Naruto sourit. Il était heureux de retrouver sa femme après de si grandes tensions. Ils refaisaient équipe aujourd'hui, tout rentrait dans l'ordre.

— Tu te sens comment ? murmura le patriarche Hyûga tandis qu'ils marchaient dans les couloirs sombres.

— Bien, pourquoi ?

— Tu t'es si bien apprêtée...

— J'ai un objectif.

Son grand-père hocha la tête. Il avait confiance en sa petite-fille elle était organisée et c'était cela qui lui permettait de réussir.

Tous les deux entrèrent dans la pièce où leurs convives étaient rassemblés. Cette fête était sensée être une réunion de famille informelle. Les membres de leur famille (certains éparpillés dans d'autres villages) avaient souhaité invités des amis, des membres de leur belle-famille. Et sans qu'il ne sache comment, les cinq Kages passaient leur soirée ici.

Leur entrée fut remarquée, la plupart des personnes ne reconnaissait pas sa cavalière. Ils étaient tous habitués à voir la cadette Uzumaki dans des kimonos d'hommes, sans formes, sans parure avec son air neutre qui la caractérisait. Himawari n'était pas coquette. Elle n'était pas jolie. Elle n'était pas vraiment une femme mais plutôt une sorte d'androgyne que personne ne pouvait désirer.

Mais une personne la désirait. Et maintenant, tout le monde savait qu'il était possible et même normal de la désirer. Ce soir, elle portait un kimono magnifique. Il était chic et classe. Il s'agissait d'une nouvelle coupe qui laisser voir ses épaules et ainsi soulignait sa poitrine. Le tissu était noir et les motifs s'étendaient en arabesque sur tout son kimono dont les manches. Ses cheveux étaient aussi parés d'accessoires et son obi était d'une soie aussi somptueuse que rare. Un collier, un ancien bijou de famille, où pendait un joyaux évoquait sa détentrice.

Quand elle arriva dans le cercle que formait son père et plusieurs de ses collègues. Ils la saluèrent et elle croula bientôt sous les compliments. Seul son père et son parrain (à savoir le meilleur ami de celui-ci) ne dirent rien.

— Étiez-vous en train de parler affaire un soir de festivités ?

Ils rirent face à la question.

— On ne se refait pas, sourit Darui.

— Vous devriez profiter de ces quelques heures de repos, je suis sûre que vous ne manquerez pas de travail le lendemain.

Ce n'était bien la première fois qu'on leur disait de profiter. Ils avaient tellement l'habitude de discuter entre eux et forcément, du fait de leur fonction, leurs sujets étaient toujours ou presque d'ordre politique et quelque fois idéologique.

— C'est une bonne idée, je pense que je vais en profiter pour inviter ma fille à danser.

Naruto présenta son bras à sa petite fille qui le saisit dans un état second. Si Himawari avait l'habitude de passer du temps avec Hiashi, Hanabi, Kakashi ou Tenten, elle n'avait jamais passé beaucoup de temps avec ses parents. Et elle n'avait jamais dansé avec son père.

Il profita de cette danse pour la complimenter, aussi bien sur son physique que sur la personne qu'elle était devenue. Elle se sentait bien même si elle était mal à l'aise à cause de tous les regards qui étaient braqués sur elle.

Elle avait l'habitude qu'on l'observe, mais pas avec de l'admiration ou de la jalousie. Elle ne savait pas comment réagir. Ce brusque changement de comportement à son égard la mettait très mal à l'aise.

Quand elle quitta la piste de danse, elle partit à la recherche de Shikadaï. Beaucoup de gens la saluèrent et la complimentèrent. Puisqu'elle ne connaissait pas la moitié, cela ne lui fit ni chaud ni froid.

Comme la veille, elle se retrouva face à Shikadaï et son meilleur ami. Mais cette fois, son amoureux n'arrivait pas à la quitter des yeux.

— Je ne pensais pas que des sous-vêtements autant rembourrés existaient, heureusement pour toi « petit mec ».

La jeune fille le regarda en clignant des yeux. Venant de lui, ces mots étaient presque un compliment. Il les laissa seul après avoir fait un clin d'œil à son meilleur ami.

— Tu es magnifique, osa dire le Nara.

— Tu ne pensais pas ça avant ?

Himawari le taquinait. Elle n'avait jamais eu besoin de compliments, elle ne manquait pas de confiance en elle.

— Si, je l'ai toujours pensé.

— Alors tu as toujours honte ?

— J'ai jamais eu honte, rétorqua vivement Shikadaï.

— Bien entendu.

Le jônin voulait effacer cette moue moqueuse qui avait élu domicile sur le doux visage de celle qu'il aimait. Il avait honte de sa réaction. Mais maintenant, il n'écouterait plus les soit-disant traditions. Il les ferait tous mentir.

Il s'avança d'un bon pas et l'embrassa doucement. Il savait que les gens ne regardaient qu'eux. Leur baiser prit fin quand un bruit sourd les fit sursauter. Boruto, qui avait crié au scandale, avait été assommé par sa tante et sa mère.