Je m'excuse à l'avance de toutes les fautes qui auraient pu subsister, j'avoue que j'étais impatiente de vous présenter la suite qui a été longue à écrire - encore plus que la précédente. Plus qu'un chapitre et ce sera la fin de cette aventure. J'ai hâte autant que j'ai envie de faire durer le plaisir. Merci à tout ceux qui ont laissé un commentaire, je vous confesse un peu gênée que je les relisais pour trouver de la motivation et de la rigueur pour finir mon projet. Et merci à tout ceux qui sont là et j'espère que ce sera à la hauteur de vos attentes. Bonne lecture, Maneeya.
III. Tiraillé
Première partie
Naruto regardait sans vie les deux ninjas devant lui. À se demander s'il les entendait vraiment, s'il comprenait le sens de leurs mots. Miyabi et Metal expliquaient à leur supérieur comment leur mission avait été accomplie mais avait quand même tournée au désastre.
Le parchemin avait été livré en temps et en heure. Himawari avait été enlevée. Quand leur équipe s'était retrouvée encerclée par une vingtaine de personnes encagoulées, ils ne s'étaient pas inquiétés. Metal était parti devant car il était le plus rapide.
Miyabi et Himawari comptaient tenir compagnie à leurs ennemis jusqu'à ce qu'ils soient tous à terre. Ils n'avaient pas envisagé que ce groupe veille autre chose que le parchemin. Ils avaient réussi à les séparer et à assommer Miyabi. Metal avait fini la mission seul puis s'était mis à la recherche de ses camarades.
Il trouva l'Aburame. Impossible cependant de mettre la main sur leur coéquipière. Ils remontèrent son odeur jusqu'au lieu de combat. À partir de là, plus aucune trace. Ni la sienne, ni la leurs. Comme si ils s'étaient évaporés. C'était à coup sûr une opération bien préparée.
Paniqués, ils étaient rentrés en cinquième vitesse. Maintenant ils se tenaient debout, tête basse, devant leur Hokage. Celui-ci ne réagissait pas. Ce fut Shikamaru qui les congédia, il leur dit de passer à l'infirmerie puis de rédiger leur rapport une fois qu'ils seraient reposés.
— Maître Hokage, commença Metal hésitant, puisque c'est de notre faute, souhaitez-vous qu'on l'annonce à votre femme ?
Naruto secoua la tête. Les deux jeunes partirent tandis que Shikamaru regardait son ami. C'était la première fois que l'un de ses enfants étaient kidnappé. Cependant sa réaction n'était pas aussi alarmante que lorsque Hinata avait été enlevée.
Le Nara comprenait son désarroi. Lui aussi était père. Il ne lui était pas difficile d'imaginer. De plus il connaissait parfaitement les contraintes du statut d'Hokage. Il ne pouvait pas se lever et courir pour aller sauver sa fille. Il n'avait pas le droit.
Il décida de lui laisser vingt minutes de répit avant de l'obliger à reprendre pleinement ses fonctions. Au bout d'un quart d'heure, il se leva et lui dit qu'il allait annoncer la nouvelle à Hinata. Il revint cinq minutes plus tard et se mit au travail.
Ils dépêchèrent l'équipe de recherche de Kiba et Hanabi. Ils envoyèrent Ino interroger Metal et Miyabi. Puis ils reprirent leurs dossiers déjà entamés. Naruto était exaspéré quatre fois plus vite que d'habitude. Son acolyte devait le presser continuellement pour garder un rythme de travail correct. Ce n'était pas la partie de son boulot qu'il préférait. Ils ne s'octroyèrent aucun repos.
Boruto apprit la nouvelle par son grand-père alors qu'il cherchait sa tante. Il entra dans une rage folle. Son premier réflexe fut d'aller voir son père. Il ne savait pas exactement ce qu'il s'était passé mais il était sûr que c'était de sa faute à lui.
Tous les problèmes de leur vie auraient pu ne pas être juste grâce à un père différent. Ils avaient semble-t-il manqué de chance. Quoi que le jeune ANBU était convaincu que son père ne faisait aucun effort et n'était que très peu préoccupé par le rôle familiale qu'il était sensé jouer. Il défonça la porte d'un coup de pied et entra sans cérémonie.
— Pourquoi ça ne m'étonne pas que tu sois là ?
— C'est vraiment pas le moment, répondit l'Hokage en soupirant.
— J'ai jamais vu un père aussi mauvais. Au lieu de la chercher tu signes tes papiers de merde ! On voit bien où tu places tes priorités. Tu n'est pas un héro, finit-il, tu n'es qu'un putain d'enfoiré !
Il ponctua ce dernier mot par un coup de pied qui envoya le bureau contre le mur. Après un dernier regard noir, il disparut. Cela ne servait à rien qu'il s'éternise, cet homme avait les oreilles bouchées à propos de leurs problèmes et de leurs besoins.
Son père, fatigué, se leva pour récupérer son dossier en cours et reprit son travail. Les mots de Boruto étaient blessants mais pas plus que l'impuissance qui le paralysait. Cette toge le ligotait férocement. Il n'était plus sûr que le jeu en vaille la chandelle. Sasuke et Shikamari entrèrent à ce moment dans son bureau.
— Que s'est-il passé ?
— Boruto.
Ce simple nom était suffisant pour expliquer l'état de la pièce. Bien que la vieillesse est peu à peu calmée son aîné, celui-ci restait impulsif. D'autant plus quand cela concernait Himawari.
— Et bien on voit qu'il a vingt ans, soupira le conseiller en s'asseyant. J'ai été voir Ino, rien qui pourrait indiqué la provenance ou le QG potentiel des ravisseurs.
— Kiba est rentré bredouille lui aussi. Son équipe repartira à onze heures pour une nouvelle fouille.
Naruto bailla mais hocha la tête.
— Avec un peu de chance, tu recevras une lettre de menace qui nous permettra de les identifier.
— Ton optimisme va me tuer Sasuke. Je vais prendre l'air.
•
Boruto était assis en tailleur sur le lit de son ancienne coéquipière. Celle-ci était assise devant son bureau et rédigeait son rapport de mission. Elle l'écoutait d'une oreille. Boruto était enragé, toujours à deux doigts de claquer la porte. Il aurait voulu s'élancer dans la forêt et se mettre à la recherche de sa jeune sœur.
Malheureusement il n'avait aucune capacité qui pourrait lui permettre de la retrouver. Alors il se levait d'un coup et faisait les cents pas. Il soufflait, insultait son père, se laissait tomber sur le lit de sa petite-amie. Il ne pouvait pas accepter que son abruti de père reste assis derrière son bureau et continue son train-train comme si la vie de sa fille n'était pas en danger.
— Calme-toi s'il te plaît. Il est responsable de tout le pays, il ne peut pas disparaître dès qu'il le souhaite.
Boruto s'écarta vivement de la jeune femme.
— Il s'agit de sa fille, c'est exactement ce qu'il devrait faire.
Sarada le regarda partir quelque peu inquiète. Boruto avait toujours été un impulsif aussi son ancienne coéquipière avait peur qu l'enlèvement de sa sœur soit un mauvais déclencheur pour lui. Il l'adorait au point qu'elle aurait pu en être jalouse. Cet enlèvement tombait vraiment mal. Sarada prit son gilet et partit en direction du bureau de l'Hokage. S'il y avait quoi que ce soit de nouveau, l'information atterrirait là-bas.
Elle revint bredouille, comme tous ceux qui avaient fait ce déplacement avec la même idée qu'elle. Sa mère fut déçue de l'entendre rentrée et qu'elle ne dise que bonsoir. Même si leur attachement restait discret, les deux familles étaient très proches.
Sarada se souvenait avec attendrissement de Naruto qui lui proposait de partager ses gâteaux avec elle. Cela ne servait à rien objectivement. Et cela ne leur permettait même pas de discuter. Ce n'était qu'une attention, comme ça. Parfois elle s'en voulait de profiter ainsi de l'Hokage – même si ce n'était qu'une minute – alors que Boruto n'y avait pas le droit.
Peut-être était-il plus simple de montrer son amour à ceux qu'on ne pouvait blesser. Comme son père et elle, Boruto et Naruto ne cessaient de se repousser l'un l'autre. Se donnant l'impression de haine constante ce qui ne pouvait être plus faux.
Alors que Sarada se rendait dans sa chambre, sa mère l'apostropha :
— Ne t'enfermes, nous mangeons ensemble ce soir.
— Oh, nous avons un invité, s'exclama Sarada en comprenant que son père participerait au repas.
— Je n'apprécie pas ton humour.
Sa fille ne répondit pas et partit poser son sac. Elle s'assit à la table du salon sans un mot alors que ses parents apportaient les derniers plats. La jeune femme se saisit en silence de son bol et commença à le remplir comme à son habitude.
Son père ne semblait pas s'offusquer de ce silence gênant. Peut-être n'avait-il pas compris qu'elle n'était plus une enfant à se satisfaire des miettes qu'il lui laissait. Peut-être n'avait-il pas compris qu'il était le seul sujet de discorde entre elles. Il ne comprenait rien. Et même lorsqu'il faisait acte de présence, cela ne s'arrangeait pas.
Oui, comme Naruto et Boruto.
•
La nuit passa lentement. Naruto finit par s'endormir mort de honte sur l'épaule de sa femme. Les heures passèrent lentement. Le soleil se leva. Le temps n'avait aucune pitié pour eux et laissait leurs tourments s'aggravaient.
Le deuxième jour, tout le monde avait appris l'enlèvement de la fille de Nanadaime. Les shinobis avaient témoigné leur soutien à leur chef de file par une obéissance complète. C'était rare à Konoha. Naruto le remarqua à peine. La journée prit fin trop rapidement il n'avait eu aucune nouvelle de Himawari.
Puis un autre jour, une routine sordide, une douleur lancinante, les murmures de la foule, le silence de sa femme, l'incompréhension de son fils, la lettre cachetée de sang. Himawari était trop jolie pour que l'on s'en prenne à elle.
Il y avait clairement que les hommes de sa famille pour penser ainsi. Elle n'était pas jolie. Il lui arrivait d'être attirante, rien de plus. Elle ne paraissait même pas gentille au premier abord. Une vraie kunoichi.
Inojin fut donc à peine surpris de la croiser, au petit matin, ensanglantée, dans la forêt. Elle avançait difficilement mais faisait attention à ne laisser aucune trace d'elle. Elle avait bandé ses blessures pour qu'aucune d'elles ne goutte. De plus, Himawari avait invoqué plusieurs insectes pour qu'ils masquent son odeur.
Il n'alla pas lui apporter son aide car il la connaissait elle était à cinq cents mètres du village et trop fière pour accepter maintenant son soutien. Elle avait fait le plus dure, il pouvait la laisser finir sans risque.
À la place, il parcourut les alentours à la recherche des ninjas qui poursuivaient certainement sa sœur d'arme. Il ne trouva personne et cela l'inquiéta d'avantage. Il invoqua quelques chiens ninjas dans l'espoir qu'ils seraient plus efficaces que lui. Le résultat ne fut pas plus concluant malheureusement.
Les portes de Konoha virent passer les jambes faibles de la fille de l'Hokage. Tout le monde avait suivi sa croissance avec un intérêt presque familiale. Des inconnus l'avaient félicitée lorsqu'elle avait entamé ses premiers pas pour se saisir d'un gâteau.
Aujourd'hui la jeune femme était pleine de blessures et de tissus de raccommodage. Elle ressemblait à une poupée maltraitée. Ses jambes faibles la tenaient par intermittence, elle devait sans cesse se rappeler comment marcher. La force dont elle avait besoin pour lever les pieds. La tension nécessaire pour maintenir son corps à la verticale.
Même respirer lui semblait plus difficile. Laborieux. Elle avançait ainsi, sans prendre conscience de tous les regards qui la dévisageaient. Les gens s'arrêtaient en plein chemin. Ils cessaient de manger. Ils cessaient de parler. Ils cessaient de vivre pour la regarder elle, presque venue de l'au-delà, tanguer jusqu'à une destination inconnue.
Son frère, sur ses gardes depuis l'annonce, était dans un bar. Il fut surpris du silence qui se diffusait dans les rues et les boutiques. Les différents clients s'étaient levés, ils étaient partis dans la rue ou se pressaient aux fenêtres.
Boruto se précipita dehors, il n'eut pas besoin de bousculer la foule amassé car les différents personnes s'écartaient d'elles-même. Le fils de l'Hokage était suivi de deux de ses amis, Shikadaï et Mitsuki. Les villageois avaient formé une allée où sa petite sœur avançait vaillamment.
Son frère faillit pleurer. Il voulait pleurer. Sa petite sœur était capable de marcher constatait-il après des heures d'angoisse où il s'était demandé comment vivre sans elle. Sa simple existence rendait tout plus supportable à ses yeux.
Il courut vers elle mais n'osa pas la prendre dans ses bras de peur de raviver sa douleur. Il s'approcha le plus près possible et lui proposa doucement de la porter jusqu'à l'hôpital. En souhaitant s'écarter de lui, elle chuta. Il lui fallut une bonne minute pour retrouver un semblant d'équilibre.
— Petite sœur, laisse-moi t'aider.
— Pas, besoin.
Chacun de ses mots était suivi par un silence de récupération. Elle discutait mieux durant l'un de ses marathons. Elle continua à avancer, sans réellement voir le chemin qu'elle empruntait. Boruto la secondait, avançant près d'elle et au même rythme pour prévenir d'une éventuelle chute.
Shikadaï s'inquiétait tout autant mais il n'avait jamais eu pour habitude de la ménager. Il se contenta donc d'apparaître accroupi à ses pieds ce qui la fit trébucher. Son corps petit et abîmé tomba sur l'épaule du Nara qui se releva avec beaucoup de naturel. Il commença à marcher d'un pas vif en direction du centre de soins.
La jeune Uzumaki n'était pas en état de protester. Du sang coulait de sa bouche et commençait à imprégner le gilet de jônin de son ami. Non ce n'était pas son ami. Elle commençait à perdre de sa lucidité. Ses yeux se fermaient. Elle se sentait bien trop en sécurité pour pouvoir continué à lutter contre ce corps qui réclamait à grand cris du repos.
•
Sakura détourna ses yeux de sa patiente endormie pour observer les résultats des différents examens. Elle fronçait les sourcils. Les mots qui semblaient obscures à tous ceux qui ne travaillaient guère ici s'étalaient sur les papiers blancs.
Son corps avait repoussé ses limites. Sa captivité avait été rude, les marques sur sa chair ne partiraient peut-être pas. Quand à celles de son âme, elle ne pouvait rien faire pour les guérir. Ensuite, elle avait vu une ouverture pour mettre fin à cet enfer qu'elle avait exploitée.
Cependant la fuite requerrait une rigueur et une grande maîtrise de soi. Avec étonnement, la kunoichi découvrit que sa presque nièce avait ouvert les deux premières portes. Le rétablissement ne serait que plus long.
La jolie rose sortit de la chambre et ceux qui attendaient se levèrent d'un coup. Boruto s'avança le premier vers elle, il mourrait d'impatience et cela se voyait. Shikadaï était entouré de ses deux coéquipiers qui avaient débarqué dès qu'ils avaient appris la nouvelle.
Les coéquipiers d'Himawari et de Boruto étaient aussi présents cependant ils essayaient de se faire discrets. Tous attendaient son diagnostique.
— Himawari est hors de danger mais elle aura besoin de beaucoup de repos dans tous les sens du terme.
Après avoir vu leur amie errer dans les rues telle une mort-vivante, ils attendaient un discours du genre. Cependant les derniers mots de la directrice de l'hôpital les inquiétaient fortement.
— Maman, qu'est-ce qu'ils lui ont fait ?
Sarada avait pris les devants, elle qui connaissait par cœur Boruto savait qu'il accordait beaucoup d'importance à ces faits. Il aurait voulu la protéger de tout.
— Il n'y a qu'elle qui le sait. Mais elle a clairement des marques de tortures.
Sakura était quelque peu gênée de manquer de tact et de douceur mais l'expérience lui avait appris que les ninjas préféraient une certaine franchise. Ils y étaient habitués. Ils arrivaient à gérer. À peu près.
Le fils de Nanadaime vit sa vision se brouiller. Son coéquipier l'aida à s'asseoir. La directrice hospitalière pinça les lèvres et passa en lui pressant l'épaule en signe de soutien. En la voyant partir, Boruto se redressa subitement et lui demanda s'il pouvait aller la voir.
— Pas avant demain Boruto, elle est en sommeil artificiel et cela ne cessera pas avant dix heures ce soir.
Le frère inquiet hocha la tête vivement et se rassit. Ses amis lui livrèrent quelques mots encourageants avant de repartir. Ils ne pouvaient guère rester plus longtemps. Il pensa amèrement à son père, responsable et pourtant bien à l'abri dans son bureau certainement occupé à sa paperasse inutile. Sa mère avait au moins l'excuse d'être loin.
Le jeune homme prit conscience que quelqu'un lui faisait saisir un gobelet fumant. Sa petite-amie était partie lui chercher un grand et épicé chocolat chaud. Elle essayait tant bien que mal de capter son attention.
— Écoute, je sais que c'est pas le moment mais il faut vraiment que j'y aille.
Boruto la regarda sans rien dire, ses yeux vides pouvaient paraître fatigués.
— Tu sais que je dois retourner à mon poste mais je passerai te voir toutes les heures, d'accord ?
Avant qu'elle n'ait prononcé son dernier mot, le jeune homme avait détourné son regard d'elle. Il fixait le vide devant lui, le visage impassible. Renonçant, Sarada déposa un baiser sur sa joue et disparut.
L'esprit de Boruto était bien trop loin pour se soucier de ces faits triviaux. Il tremblait en pensant à ce que sa sœur avait subi lors de cet enlèvement. Que lui avait-il fait ? Il n'était pas sûr de l'étendue de ses connaissances à propos des dossiers classifiés.
Qu'elle ait parlé ou non, cela n'avait que peu d'importances. Si elle ne se pliait pas à leurs exigences, ils la ferait souffrir jusqu'à ce qu'elle cède. Si elle ne leur était plus utile... Foutaises, il s'agissait de la fille de l'Hokage Septième du nom, certainement le ninja le plus puissant depuis l'ermite Rikudo. Elle serait toujours utile.
Sa sœur était la perfection. Et pourtant il était seul au chevet de sa petite sœur. Incapable de rester plus longtemps dans ce couloir sinistre, il échangea sa place avec un clone d'ombre et pénétra illégalement dans la chambre de sa jeune sœur.
Himawari était allongée sur le dos. Ses cheveux avait poussé et ils caressait ses épaules. Ses traits étaient totalement détendus du fait des médicaments. Sa peau faisait de la peine à voir. Les plaies fusaient comme les couleurs d'une toile, vives et soudaines. La couleur blanche des bandages n'était guère rassurante, Boruto savait ce que cela signifiait : il y avait pire que la partie visible.
Pire que le marbre violacé s'étendant sur sa cuisse droite. Pire que le sourire effrayant fait de fils médical qui brisait son épaule. Pire que la sangle usée maintenant l'articulation de son genou gauche.
De plus, la jeune femme était couverte de la poitrine au haut de ses cuisses. Elle n'était pas sur un lit mais sur une table d'opération. Et jamais elle ne dormait sur le dos, le visage droit. En fait, cette jeune femme avait tout simplement l'air morte.
•
Ino observait ses notes. Elle faisait rouler son stylet dans ses doigts en se demandant comment écrire son rapport. Il était rare qu'elle hésite autant pour rédiger un rapport de mission. Elle était bien trop expérimentée et rigoureuse pour cela.
La kunoichi avait été une des premières à voir Himawari suite à son réveil. Sakura avait écourté son sommeil artificiel afin qu'elle puisse être interrogée. Après une rapide auscultation ainsi qu'une série de questions visant à s'assurer qu'elle était bien consciente, Ino avait pris sa place.
Après un enlèvement, il était de coutume que la victime se fasse interroger. Ino était la meilleure dans ce domaine. Malheureusement ce qu'elle avait appris l'avait laissée bien trop perplexe.
Après un soupire résigné, Ino traça les kanjis. Cela lui prit bien plusieurs heures pour synthétiser les informations acquises sans pour autant négliger des détails qui pourraient potentiellement s'avérer importants.
Alors qu'elle était en pleine relecture, Sasuke s'approcha. Malgré son impassibilité caractéristique, elle savait qu'il était pressé de connaître son rapport. De prime abord, celui-ci ne s'annonçait pas passionnant. Mis à part que des ninjas inconnus ont prémédité l'enlèvement d'une kunoichi de Konoha.
Le survivant Uchiha lut par dessus son épaule.
— Es-tu sûre de toi ?
Ino ferma les yeux pour encaisser l'insulte. Elle se leva en silence et récupéra les papiers.
— Chacun son travail, sourit-elle avec une politesse toute feinte.
Elle se rendit directement au bureau de l'Hokage. Sasuke fit de même mais emprunta un autre chemin. Naruto et Shikamaru l'écoutèrent en silence, ils étaient surpris mais n'osèrent pas remettre en question son rapport.
Le soir même, l'Hokage réunit les chefs d'unité. Une quinzaine de jônins – les meilleurs – patientaient dans une salle de conférence. Ils tentaient de s'occuper puisque l'Hokage était en retard. Ces personnes n'avaient pas l'habitude de perdre ainsi leur temps.
Nanadaime pénétra enfin dans la pièce. Il s'assit avec décontraction sur le bureau central. Il ne savait trop comment aborder le sujet.
— Le rapport d'Ino nous a signalé un nouveau groupuscule qui semble... se foutre de notre gueule.
Face à lui, ces légendes vivantes l'observaient en fronçant les sourcils. Ils attendaient des détails, du concret.
— Nous ne connaissons pas le nom de l'organisation qui a prémédité l'enlèvement d'Himwari, cependant ses membres utilisent comme patronymes les surnoms de différents héros de guerre.
— Que devons-nous faire ?
— Ouvrir l'œil, répondit Shikamaru. Nous avons dressé un profil type ainsi que les caractéristiques de ces membres. Si quoi que ce soit transparaît, il faudra le signaler voir faire une enquête. Il est impensable qu'ils nous échappent de nouveau.
Les différents jônins reçurent leur dossier avec sérieux. Ils commençaient déjà à lire ceux-ci dans l'espoir de déceler un déjà-vu.
Les ninjas dont ils parlaient avaient de toute évidence reçu une éducation et les surnoms qu'ils s'étaient appropriés témoignaient de leur connaissance de l'histoire shinobi. Il semblait également que cette organisation ait une hiérarchie aboutie, donc le cœur de celle-ci devait être bien ancrée. Himawari avait aussi noté un équipement de qualité alors les jônins réfléchissaient déjà aux financements possibles.
Qui qu'ils soient, ils venaient de s'attaquer à plus gros qu'ils ne pouvaient imaginer. Et cela les perdrait.
•
Boruto serrait sa petite-amie dans ses bras. Il l'avait négligée toute la journée et se sentait coupable. Mais maintenant que sa petite sœur avait été déplacée dans un vraie lit, avec une literie immaculée et un coussin moelleux, et qu'il avait été autorisé à assister à son réveil, il était rassuré.
Sarada lui avait apporté deux coussins et une couverture après le départ d'Ino. Elle savait qu'il ne quitterait pas le chevet de sa jeune sœur. Ils avaient mangé ensemble dans la petite chambre tandis que la journée se finissait.
Hinata débarqua à deux heures du matin, une fois qu'elle eut fini son travail au pénitencier. Cette réunion l'avait mise en retard. Une jeune infirmière l'avait surprise dans les couloirs silencieux et vides et lui avait expliqué qu'il y avait des heures de visite pour voir les patients. La chef de famille l'avait ignorée.
Sans autre interruption, la femme avait pénétré dans la chambre de sa fille pour découvrir ces deux enfants assoupis. Elle savait sa fille dans un coma artificiel car ses blessures ne lui permettaient pas de bénéficier d'un sommeil réparateur. Boruto lui était installé n'importe comment, et à son réveil il s'étonnerait d'avoir mal à la nuque ou aux côtes.
Très fatiguée, la mère embrassa sa fille sur le front et vérifia qu'elle était bien couverte. Ensuite elle s'installa près de son fils et rectifia sa position. Elle prit le dernier coussin et s'endormit très rapidement.
Boruto se réveilla à l'aube. Il sourit en constatant que sa mère s'était occupé de lui même s'il n'avait plus vraiment l'âge. Il resta dans la même position observant sa jeune sœur. Depuis que son père était devenu Hokage, il considérait qu'elle était sous sa protection.
Elle, elle n'avait aucun souvenir du temps béni où leur père n'était pas le chef du village. Aujourd'hui ce n'était plus que des brides. Mais lorsqu'il avait de longues et ennuyeuses missions, Naruto les emmenait tous avec lui. Le soir, une fois qu'il avait fini son travail quotidien, il les rejoignait. Ils passaient des heures à jouer.
Une fois ils avaient transformé une promenade en un camping en plein air. Ces quelques heures avaient été magiques.
Il avait un vague souvenir d'eux quatre à table. Himawari était minuscule dans une chaise haute, elle avait mangé avant eux. Et leur père cessait de manger toutes les secondes pour jouer avec sa petite fille. Ensuite il se tournait vers son fils et échangeait des blagues avec lui. Les parents échangeaient un regard attendri.
Tout cela n'était que fumée. Et leur père n'avait toujours pas rendu visite à sa petite fille. La colère de Boruto était retombée comme un soufflé. Ce n'était plus qu'un condensé de rage sourde. Himawari méritait ce qu'il y avait de mieux et lui était incapable d'y subvenir.
Leur Hokage était un bonhomme débonnaire. Tout gentil, tout mignon, ses ambitions étaient cependant trop grandes. Cela était sûrement nécessaire car autrement comment expliquer que tous les Hokage jusqu'alors aient le sourire aux lèvres.
Mais il était bien plus nécessaire de contrebalance un tel axiome. La transparence mise en place par l'ancêtre lui avait permis d'apprendre chaque rouage des mécanismes mis en place au fil du temps. Chaque changement. Chaque part d'ombre.
Ces dernières furent nombreuses, particulièrement durant les guérillas qu'entretenaient les clans. Mais une fut plus résiliente que toutes les autres. La Racine.
Composée de ce qu'il y a de plus sombre, elle œuvrait dans l'ombre pour la paix du plus grand nombre. Boruto avait mis du temps à comprendre en quoi ses membres différaient des forces spéciales. Ceux de la Racine était hors du système, hors des sentiers, « hors de contrôle » avait dit Saï.
Et alors ? Cela n'était-il pas nécessaire ? Hors de contrôle. C'étaient les mots qui correspondaient à la mort, à la sécurité, à la croissance, aux ninjas et à son état quand il constatait ce que tous avaient laissé faire à sa sœur. Pour Boruto, il était clair que-
Ses pensées s'évaporèrent quand il entendit un vagissement en provenance du lit. Sa sœur, les yeux mi-clos, tentait de tourner la tête vers lui ou la carafe d'eau. Il imaginait bien les jurons exploser dans sa petite tête elle qui détestait les réveils mous.
— Bonjour ma princesse. T'inquiètes pas, je vais te servir un verre d'eau.
Il s'accroupit devant la table basse pour remplir le récipient. Sans savoir précisément comment la soutenir, Boruto passa son bras dans son dos et la redressa avec douceur. Elle ne but que deux petites gorgées sans cesser de grimacer.
Le regard fixe de son frère était inquiétant. Elle se demandait de quoi elle avait l'air. Avaient-ils prolongé son sommeil artificiel plus de temps qu'elle ne le soupçonnait ? C'était bien hier qu'Ino l'avait interrogée ?
Quand elle voulut poser la question un bruit ignoble sortit de sa bouche, pareil à celui d'une goule grasse et lourde aspirée par un espace trop petit. Elle referma aussitôt les lèvres. Elle aurait voulu dire à son frère d'arrêter de la regarder comme une extra-terrestre et de se mettre au travail.
Ce fut au tour de la mère de s'éveiller. Elle regarda l'heure et fut rassurée de constater qu'il était même pas six heures. Elle sourit à sa fille en même temps que celle-ci grimaçait.
— Je vais devoir y aller mais ne t'inquiètes pas ma chérie, je repasse bientôt. Tu vas avoir du mal à parler, une infirmière t'a laissé un bloc-note au cas où. Pour tes autres blessures...il te faudra un peu de temps, considère cela comme des vacances, d'accord ?
Himawari se retint de lever les yeux au ciel le même, exactement le même ton que quand sa mère lui avait demandé de ne pas aller jouer avec sa robe jaune pâle. La jeune femme remua la tête pour signifier qu'elle avait compris.
Elle inspira longuement et fut secouée par un violent soubresaut. Son corps défaillant avait abandonné son poste et laissé l'air s'infiltrer là où il ne fallait pas. Elle fit un geste pour s'allonger et son frère plongea pour l'assister. Comme berceuse, une prière de mort pour ses persécuteurs.
•
— Tu as du nouveau ? demanda Naruto en voyant sa femme pénétrer dans son bureau.
— J'espère que tu parles de ta fille.
Alors qu'il avait entamé un geste pour aller l'accueillir, le Hokage se laissa mollement retombé sur son fauteuil. « S'il te plaît » souffla-t-il avec la même attitude. Cela attendrit presque sa compagne. Elle s'avança et s'assit sur son bureau sans égard pour ses dossiers.
— J'ai pris sur ma pause déjeuné pour venir te voir alors sois coopérant mon cœur.
— Bien entendu. Et puisque tu es là, nous pouvons déjeuner ensemble.
Tous les deux se partagèrent un bento, le fait qu'ils n'aient qu'un jeu de baguettes ne rendait pas la tâche aisée. Mais pour Naruto, c'était avant tout une formidable occasion de se rapprocher de sa femme.
La vérité c'était qu'il avait fui la maison et que cela lui manquait. Son fils lui avait assez souvent rabâché qu'il était un mauvais père. Il n'empêche qu'il aimait sa famille. Il aimait quand quelqu'un pensait aux autres et cuisinait quatre portions. Peut-être qu'ils ne faisaient que se croiser.
Mais cette maison, leur maison, était pleine de bonne intention. Des jeux de mots, des devinettes, des attentions. Naruto adorait rentrer chez lui et sentir cet amour ambiant. Tous les soirs ils pouvaient se dire sereinement j'aime les gens ici et ils m'aiment chacun à leur façon.
— Elle t'attend tu sais ?
La voix de sa femme lui parut brutale, intrusive. Il délirait, son ton était toujours le même. Il ne délirait pas quand il se rendit compte que sans Himawari à la maison, celle-ci perdait tout ce qui la rendait attrayante. Ce n'était plus que la cellule où il dormait.
— Chambre 314.
— J'ai demandé à Sakura de lui donner celle d'au dessus, on peut voir la cascade et avec le levé de soleil c'est magnifique. Mais elle a refusé au nom de l'égalité de son hôpital.
Hinata en rit, ce genre de détail ressemblait bien à son mari, à l'homme qu'elle aimait.
— Ta fille piquerait une crise de savoir que tu as ce genre d'attention mais pas celle d'aller la voir en personne.
— Et pour lui dire quoi ? « Désolé d'avoir mis ta vie en danger. » ? « Tu mériterais un autre père. » ?
Naruto avait fui près d'une des grandes fenêtres. Il fixait l'horizon sans regarder à ses pieds.
— Tu veux quoi ? Le pouvoir de remonter le temps ? C'est impossible tu es son père et c'est tout ce qu'elle voudrait que tu sois, son père.
— Les parents protègent leur enfant.
Sa femme était déjà prête à répliquer mais l'apparition d'une invocation lui coupa la parole. « Je me suis absentée trop longtemps » murmura-t-elle en se levant.
— Je dois partir. Naruto va la voir, tu as tout intérêt à le faire.
•
Himawari reprit conscience sur les coups de treize heures. Elle avait dormi d'un coup, sans rêve et sans douleur. A son réveil, deux kunoichis jouaient aux cartes en murmurant.
Sarada fut la première à s'apercevoir du changement. Avec des gestes d'experts, elle vérifia ses divers indicateurs. Elle lui offrit un beau sourire et lui demanda :
— Ta voix va mieux ? Ton frère m'a dit que tu ressemblais à un zombie ce matin.
— Je crois, souffla doucement la concernée, tu passes trop de temps avec Boruto.
— Ah, une crise de jalousie, rigola Chôchô en venant s'asseoir au pied de son lit.
Sarada l'aida à se redresser et se glissa à côté d'elle. Elles reprirent leur jeu de cartes avec enthousiasme. Himawari accueillit ce moment avec un intense plaisir. L'Akimichi était parfaite pour qui voulait un instant d'insouciance et de détente.
Durant deux heures, les voisins purent bénéficier des rires bruyants des trois femmes, entrecoupées de blagues salaces, d'anecdotes dérangeantes et autres joyeusetés. Himawari finit avec les joues rouges. Elle avait de nouveau mal au ventre et à la gorge mais cela valait le coup.
Elle ressentit un peu de tristesse en se retrouvant de nouveau seule dans cette chambre. Elle avait l'impression d'être dans un cercueil avant l'heure. Elle se trouva un peu de lecture mais cela l'ennuya très vite. Et sur cette constatation apparut l'homme de ses cauchemars : Shikadaï Nara.
Elle se sentit comme la première fois qu'elle avait pris un kunaï dans les mains, ri-di-cule. Elle eut l'horrible impression que ses organes se déplaçaient à l'intérieur de son corps. Elle serra les poings d'en l'espoir de s'empêcher de trembler.
Il avança avec sa nonchalance habituelle.
Il avait quitté sa veste de jônin pour une autre plus sombre et plus douillette. La rescapée se rendit compte qu'elle adorait cette veste. Quand ils sortaient ensemble... Cela remontait à pas si longtemps n'est-ce pas ? Elle s'en souvenait si bien.
Elle se glissait dans ce bout de tissu. Il la protégeait de tout. Il sentait comme Shikadaï. C'était comme le câliner sauf qu'elle n'était pas contrainte de s'arrêter à cause de la faim ou de n'importe quel devoir. Malheureusement il ne quittait sa veste que pour se doucher cela lui laissait une plage d'à peine dix minutes.
Il approcha la première chaise qu'il vit du lit pour s'y asseoir. Il serrait ses mains l'une contre l'autre. Il était mal à l'aise devant le regard perçant de la jeune femme. Son sourcil droit tressaillait par moment. Et il ne lui semblait pas qu'elle ait cligné des yeux depuis son arrivée.
Ce qu'il ressentait ressemblait étrangement à de la peur. Et n'ayant personne à impressionner, il pouvait avouer que depuis qu'il avait mis un terme à sa relation avec elle, il l'évitait autant qu'il pouvait. L'impression d'avoir mal agi n'était pas très agréable selon lui.
Il lui offrit un sourire artificiel qu'il s'était promis pourtant de ranger au placard des reliques.
— Tu nous as fait peur dis donc.
Sa voix prenait de l'assurance à mesure qu'il parlait. À moins que ce ne soit que du théâtre.
— T'es une vraie résistante, tu m'as de nouveau impressionné ! Est-ce que ton rétablissement sera long ?
Sa tête pencha lentement sur sa gauche. Elle ouvrit à peine les lèvres, il espéra plus d'une minute que quelque chose en sortit. Il attendit avec patience, il la regardait froncer les sourcils. Ses sourcils étaient fins et formaient une ligne qui disparaissait facilement.
— Mais qu'est-ce que tu fous ? cracha-t-elle avec tout le ressentit qu'elle avait pu éprouvé.
Son ancien petit-ami se lança dans une explication vaseuse. Une rupture ne signifiait pas la fin de tout sentiment. Ils se connaissaient depuis tellement longtemps, il y avait évidemment de la tendresse entre eux à défaut d'amour. Et cela ressemblait à de l'amitié. Après tout ce qu'ils avaient vécu, ils étaient au moins amis.
— Stop, tu dis que de la merde. Je ne veux pas de toi comme ami.
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Boruto avait d'abord questionner Inojin pour avoir une idée d'où était le père de celui-ci. Une chance pour lui, il était censé rentrer dans la nuit. Les portes étaient grandes ouvertes et deux ninjas jouaient aux cartes avec un grand-mère. Boruto s'installa à l'abri des regards pour attendre Saï. Les kidnappeurs auraient tout à fait pu venir chercher Himawari en passant par la porte principale.
Durant les quelques heures où il patienta, Boruto chercha comment amadouer l'ancien ambu. Il ne pourrait jamais être assez fin pour berner cet ambu. Il devrait être sincère. Il n'était pas sûre d'arriver à trouver la bonne approche. Il aurait préférer avoir des heures pour y réfléchir, pondre un discours mais l'heure avait sonné.
— Attends-tu quelqu'un ?
Saï était apparu comme à son habitude. Sorti de nul part, il lui faisait à présent face. Il portait son attirail habituel et gardait cet habitude dérangeante de fixer les gens.
— Bonjour, je t'attendais effectivement. Je souhaite faire partie de la Racine.
— Cette unité a été démanteler depuis des dizaines d'années.
— Même lorsqu'elle était active elle n'était pas exactement déclarée. Cela me pousse à croire qu'il y a pu avoir une résilience.
Le ninja d'élite n'avait pas sourcillé, aucune de ses émotions n'avait transparu. Il garda la même expression pour lui demander les raisons de son choix.
Ce n'était pas un choix, il s'agit plus exactement d'une prise de conscience. Il y avait une faille dans leur système de défense et il fallait le résoudre. Le laisser-aller des années de paix étaient en train de les couler, doucement mais sûrement.
Depuis quand pouvait-on procéder à un kidnapping aussi facilement. En plein conflit, les meilleures unités auraient été chargé de retrouver cette personne, surtout si c'était une Hyuga, de la branche principale et fille de l'Hokage.
Tout cela ne rimait à rien. Des ninjas arrêtaient des conjoints adultères mais leurs véritables ennemis leur échappaient continuellement. Tous ces gens qui apprenaient le ninjustu dans une forêt, une cuisine, ou un cirque combien étaient-ils ?
Pire qu'une maladie ils proliféraient et se répendaient partout. Voilà le résultat : des crimes dont ils ne pouvaient arrêter les auteurs. Cela était intolérable dans leur nation. Les criminels ne devraient jamais être autorisé à déambuler, à comploter, à recommencer sans s'inquiéter d'eux.
C'était ça, exactement ça. Boruto voulait faire partie de ce « eux » inquiétants. Eux qui frappent sans prévenir. Eux qui surgissent de nul part. Eux qui se tiennent aux aguets.
— Tout cela est certes très touchant mais tu oublies quelque chose.
— Quoi ? Je suis prêt à tout pour te prouver ma détermination.
— D'une part la Racine n'existe plus,...
— Ça j'y crois pas !
— ...et d'autre part, il y a des larmes dans tes yeux. Tu n'es qu'un grand frère qui veut protéger sa petite sœur. Tu n'es pas un soldat et tu n'aurais jamais pu être un membre de la Racine.
