III. Tiraillé
Seconde Partie
Tout va bien. A peine eut-elle formuler cette phrase dans sa tête, Sarada rit d'elle-même. Rien n'allait. Rien ne se déroulait comme prévu. Ces journées étaient des successions de pénibilités. Elle finit de se nettoyer le visage et se rendit à la cuisine.
Depuis un mois, elle avait l'impression de tourner dans une comédie. Les retours de son père lui laissaient toujours une sensation bizarre. Devait-elle en être heureuse ou pas ? Est-ce qu'ils partageaient plus qu'un lien du sang ?
— Bonjour ma grande, sourit sa mère.
Celle-ci avait commencé son tour de garde à cinq heures du matin mais était revenue pou passer sa pause avec sa famille.
— Salut, comment tu vas ?
— Génial.
— Le patient au poumon déchiré s'est remis ?
— Totalement, ça fait plaisir à voir.
Pour son père, la jeune fille se contenta de le saluer d'un signe de tête. Sa mère pouvait bien la fixer de son regard le plus réprobateur, cela ne changeait rien à son ressenti. Elle s'assit et se servit.
En les voyant ainsi, côte à côte mais sans toutefois s'adresser la parole, Sakura ne résista pas à une nouvelle tentative. Elle était en constante mission : empêcher sa famille de s'autodétruire. Elle s'assit à leur côté et initia la discussion.
Sarada voyait sa mère se démener pour faire le lien sans que Sasuke paraisse touché. Elle-même répondait mais il fallait avouer que l'enthousiasme manquait.
— Sarada.
La dénommée ne manqua pas de frissonner en entendant la voix de son père. Son prénom lui semblait tout à coup étrange. Elle ne se sentait pas exactement désignée. Elle se demanda un moment si lui aussi lui aurait donné ce nom-là. Est-ce qu'il aimait le nom qu'on avait donné à son enfant ?
— Quoi ?
— Je resterai plusieurs mois sur Konoha, assez pour te proposer un entraînement satisfaisant.
La jeune fille sentit son cœur se briser en voyant le sourire sur les lèvres de sa mère. Elle semblait si heureuse et elle allait détruire cela.
— Pourquoi je voudrais de toi pour m'entraîner ? Ne réponds pas, je m'en fiche. C'est Boruto que tu as choisi comme disciple, moi j'étais ta fille et ça tu l'as pas compris. Tu peux passer autant de mois que tu veux, cela ne réduira pas la durée de ton absence.
— Sarada, stop, prévint le médecin d'une voix blanche.
— J'arrive pas à croire que tu le soutiennes. Si il y a quelqu'un qui a manqué de son soutien, c'est toi.
Sur ces mots, elle partit directement à son travail tout en sachant que cette scène l'obséderait toute la journée. Elle travailla avec la boule au ventre, s'éloignant de ses collègues pour qu'ils n'aient pas à se plaindre de sa mauvaise humeur.
— Bon matin, murmura un homme à ses côtés.
Boruto s'était une fois de plus infiltrer dans le bâtiment et venait de lui déposer un baiser sur la joue.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que tu sois aussi énervée ?
— Mon paternel et toi, qu'est-ce qui te rend si joyeux ?
— J'ai eu un super idée : il faut que je prouve ma détermination, je vais traquer les kidnappeurs d'Himawari.
— Deux secondes, qu'est-ce que tu racontes ? À qui tu dois prouver ta détermination ?
— Je veux intégrer une unité où je pourrais protéger Konoha.
— Tu es déjà dans les services spéciaux, rappela sa petite-amie d'une voix blanche.
— Sarada j'ai vraiment besoin de ton soutien.
Avec colère, elle balaya cette main qui lui touchait le bras.
— Alors d'un tu veux devenir un meurtrier et de deux, tu veux que je t'applaudisse et peut-être même que je te prépare un en-cas pour la route. Mais t'es cinglé.
— Cinglé ? Non, justement non. Et je ne serai jamais un meurtrier, je serai un protecteur.
— Alors dis moi que tu ne pensais pas à l'unité de la Racine.
Le couple s'affronta du regard. La journée ne pouvait pas aller plus mal pour Sarada.
— J'ai pas envie de te mentir, souffla son copain.
— C'est officiel, tu es malade, souffla-t-elle en s'éloignant sur le champ. Je n'arrive pas à croire que tu puisses adhérer à des conneries pareilles.
— N'en fait pas tout un drame, ce ne pas si loin de ce que tu fais toi aussi.
— Là, tu m'insultes. Toi tu veux devenir un criminel, bête. Rappelle-toi nos cours, les membres de la Racine recevaient un nom, un lieu, et une manière de commettre le meurtre, et c'est tout.
— Arrête, comme tous les ninjas ils peuvent recevoir tout un tas de mission et...
— Ce sont des meurtriers, ils débarquent de nul part et tuent sans raison comme pendant les Grandes Guerres.
— On a des raisons, Sarada, ces bandeaux ont encore une signification pour toi ? On fait pas ça contre les gens mais pour eux.
— Cela n'a aucun sens si ces gens n'ont aucune emprise sur leur vie, s'ils peuvent se faire tuer sur une méprise, si les êtres qu'ils aiment disparaissent sans qu'ils ne puissent rien faire.
— Sarada,...
— Non, non je veux pas écouter ce que tu as à dire. J'ai raison, tu as tort. Tu bloques sur l'enlèvement de ta petite sœur comme si c'était une civile retrouvée aggressée dans une ruelle par des ninjas. C'est une kunoichi, et au lieu de te dire qu'elle s'est faite kidnapper, pense d'abord qu'elle s'est échappée. Pourquoi tu n'es pas fier d'elle ?
— Sarada, ma petite sœur est exceptionnelle, je suis d'accord. Et je suis fier d'elle. Mais je peux pas rester impuissant. Je veux empêcher tout ce mal d'arriver.
En même temps qu'il parlait, Boruto s'approchait d'elle. Il voulait la prendre dans ses bras, qu'elle s'apaise, qu'elle arrête de le regarder comme ça.
— Je vais pas être un meurtrier, je vais être un héro.
— J'aimerais bien... Mais tant que tu penseras que toi, tout seul avec un kunaï et du chakra, tu peux rendre la justice, tu ne feras pas la différence entre les deux.
Sarada récupéra les divers papiers et rouleaux sur le bureau et disparut dans les rangées. Elle avait le cœur lourd, comme une marmite gavée et pleine ébullition. Elle ne voulait plus qu'une chose : fermer les yeux et attendre que l'horreur cesse.
Le reste de la journée fut éprouvant. Dès qu'elle pensait à son père ou à son amoureux, sa gorge se serrait et sa respiration devenait laborieuse. Quand elle rentra enfin chez elle – elle avait déjeuné avec Chôchô – elle ne pensait qu'à dormir.
Son père n'était pas présent ce qui la soulagea grandement. Elle ne passa même pas par la cuisine, préférant s'étaler de suite sur son lit.
— Pas si vite toi.
— Maman pas maintenant, gémit-elle.
— Maintenant, assieds-toi. Cela ne prendra pas longtemps. Je peux concevoir que tu sois en colère contre ton père mais je t'interdis de te mêler de ce qui te regarde pas.
— Comment votre couple pourrait ne rien avoir à voir avec moi ?
— Je gère mon couple comme je le souhaite. Si j'avais envie de vivre une vie de couple fusionnel, je trouverai un homme qui répond à ce besoin.
— Donc je reste à ma place, conclut la jeune fille.
— Et je t'en remercie.
Sarada était bien trop fatiguée pour discuter et de toute façon, elle savait reconnaître quand sa mère avait raison. Elle s'allongea et prononça ses derniers mots de la journée : « bonne nuit ».
•
Naruto ne se souvenait plus de la dernière fois qu'il avait dormi. Il lui semblait qu'il avait envoyé un clone se reposer, deux heures, pour rester performant. Mais était-ce hier ou avant-hier ? Raaah, il n'arrivait plus à s'en souvenir.
Dormir peu lui était quotidien mais jamais il n'avait coupé aussi brutalement à ce rituel. Et c'était de nouveau la faute de Boruto. Avoir un enfant n'était vraiment pas bon pour la santé. Surtout vu celui qu'il se coltinait.
Le Hokage s'enfonça dans les couloirs sous-terrain. Avec beaucoup d'affections, on surnommait ce lieu, le Cirque. Il s'agissait du bâtiment principal de l'unité de renseignement. Un endroit que personne ne souhaitait fréquenter. Il marchait d'un pas rapide jusqu'à la salle U3. Il vit son équipe l'attendre. Shikamaru lisait un dossier dans un coin. Sasuke fixait la vitre teintée et surtout ceux qui étaient derrière. Quant à Ino, elle rédigeait sans cesse.
Sans rien dire, Naruto prit place à droite de Sasuke. Il voulait regarder les coupables, ceux qui avaient fait du mal à sa petite fille. Sa petite princesse. Il n'arrivait pas à rester calme devant eux. Eux, ils avaient essayé de détruire sa fille, de détruire son village. L'Hokage voulait juste les faire payer.
Et surtout, il en voulait à Boruto de les avoir emmenés ici.
Oui, son fils avait eu une idée sublime. D'un coup, il avait décidé de traquer les kidnappeurs. Il s'était infiltré chez les traqueurs pour voler les données de localisation. Il s'était précipité là-bas.
— Alors comme ça tu comptes faire une mission solo ? s'était moqué Chôchô.
Ses amis étaient embusqués, Chôchô, son équipe et sa propre équipe. Même Sarada. Quand il l'avait questionnée du regard, elle avait haussé les épaules. « Si je peux pas t'empêcher de faire une connerie, autant t'aider à bien la faire. »
Leur délégation avait disparue des radars, volatilisés. Ils avaient fait appel à des invocations pour se déplacer plus rapidement et enfin, après deux heures, ils étaient arrivés. Ces gens étaient bel et bien de petites mains. Ils étaient restés sur place, à jouer aux cartes, à faire du ménage... Tu m'étonnes qu'ils aient été surpris quand des ninjas leur sont tombés dessus.
Même si Sarada trouvait toujours cette idée stupide, il fallait qu'elle soit honnête. Qu'est-ce que c'était drôle de se battre contre des nuls. C'était tellement facile. Jouissif. Elle avait activé le sharingan juste pour profiter de leur regard apeuré.
Les trois dizaines de gardes étaient tombés les uns après les autres. Ils les avaient scellé sur un parchemin pour éviter d'avoir à les empiler les uns au dessus des autres. Et à leur retour, Mitsuki, Sarada, Inojin, Shikadaï et Chôchô l'avaient laissé assumer seul cet acte. Cela lui allait parfaitement.
Il avait défoncé la porte du bureau de l'Hokage d'un coup de bien et était rentré comme un héro de guerre. D'un grand geste il avait manipulé le parchemin et fait ressortir tous les hommes meurtris. « Viens pas me dire que c'était compliqué ! Et surtout, ne dis pas merci. »
Naruto savait que c'était son fils. Naruto savait qu'ils s'aimaient même si ce n'était pas facile tous les jours. Mais à ce moment-là, il était persuadé qu'il pourrait bien finir par haïr son fils.
Non ce n'était pas compliqué d'attraper ces imbéciles, et c'était surtout inutile.
Oui ces gens avaient touché sa petite fille, ils lui avaient fait du mal et pourtant ils n'avaient fait qu'obéir. Très bêtement ils avaient obéi. Ces hommes ne servaient à rien. Et la voix d'Ino ne contredisait pas cela :
— Aucun d'eux n'est à l'origine de la lettre de menace. Tous des petits bras. J'ai retrouvé l'identité officielle de quelques uns, des paysans ou des désœuvrés. Enseignement ninja peu poussé au point que je suspecte que ce ne soit même pas eux qui aient posé le piège dont a été victime Himawari.
— Rien d'autre ? N'importe quoi.
— Ils n'ont fait que confirmer toutes les informations qu'a fournies Himawari. Je les garde pour déterminer s'ils sont vraiment ignorants ou s'ils ont subi un ninjustu qui garantirait leur obéissance. Je te tiens au courant si je trouve quelque chose d'utile mais j'y crois pas vraiment.
— Je te remercie.
Ino hocha la tête, elle récupéra ses affaires et sortit pour finir son travail. Les trois hommes restèrent silencieux tandis que Naruto fixaient le dortoir où les suspects jouaient au carte ou se reposaient.
— Je veux un interrogatoire de Qu.
— Naruto, soupira Shikamaru en fermant le dossier, on a déjà suspecté cette femme et on a déjà du la relâcher faute de preuve. Ce serait ridicule.
— Nous n'avons vraiment rien pour lui faire pression ? Je sais qu'elle a des informations sur les véritables auteurs de ce crime. Si ce n'est pas elle la responsable... Fais la venir, conclut-il, je m'en occuperai.
Après le départ de leur supérieur, les deux hommes échangèrent un regard. Il était rare que Naruto apparaisse aussi catégorique. Et surtout qu'il décide ainsi de faire cavalier seul. Ils étaient inquiets à l'idée qu'il se laisse dominer par ses émotions.
•
L'Hokage n'arrivait plus à se concentrer sur autre chose il avait hâte qu'elle arrive. Il s'enfonçait dans son fauteuil, il regardait longuement le plafond et réfléchissait à toutes les manières de la faire parler. Il fallait qu'il respecte les lois – cela allait de soi. Mais...
Qu était un personnage qu'il détestait. Il détestait son visage lisse et ses sourcils qu'elle haussait comme si chacune des paroles qu'il prononçait n'étaient que fabulations. Il détestait son mépris pour la justice, son innocence feinte, son ignorance feinte. Tout chez elle était ainsi. Feint, feint, vain.
Oui c'était bien ainsi qu'il l'aurait qualifée car malgré les connaissances qu'il avait de ses méfaits, prouvés ou non, il ne trouvait pas le motif de ceux-ci. Quel était l'objectif de cette femme ? En avait-elle même un ?
Naruto se laissa tourner sur son grand fauteuil. Sasuke surveillait la ville en laissant son regard parcourrir les étendus sombres. Les lampadaires n'étaient pas tous allumés, il y avait quelques défaillances. Naruto appréciait beaucoup sa présence. Il se sentait moins coupable de sécher une fois de plus le lit conjugal.
— Sauras-tu te tenir face à elle ? Ne vas-tu pas céder à la vengeance ?
— Pourquoi me venger ? Elle ne vient pas en tant que coupable, lui rappela Naruto d'un air vague. Dis moi plutôt pourquoi tu ne profites pas de ton cher et tendre foyer.
Sans surprise Sasuke ne répondit pas. Il détestait s'épencher sur sa vie. Cela lui rappelait ce qu'il lui avait dit il y a des années de cela, lorsqu'ils n'étaient que deux orphelins avec un excès de fierté. Sous cet air constemment renfrogné ou presque, sa famille lui manquait cruellement. Ce que Naruto n'avait qu'imaginé, Sasuke en avait été privé.
Il se demandait comment Sasuke organisait son cœur aujourd'hui. Comment il aimait sa nouvelle famille. Quel souvenir il gardait de l'ancienne.
— Il y a qeuelque chose de terrible à avoir tant de capacités, mais aucune qui nous permet de comprendre nos enfants.
Naruto s'approcha de lui.
— Ça semble tellement simple avec ces mots. Il suffit qu'on crée cette capacité et on sera invinsible pour de vrai, rigola Naruto.
Ses éclats de rire résonnèrent contre les murs, dans le silence de la nuit, avec la tendresse d'un géant qui marcherait sur la pointe des pieds.
— Est-ce que tu t'inquiètes ? Pour Sarada ?
— Ce serait stupide de s'inquiéter, elle semble être une femme très capable.
À son tour Naruto fixa l'horizon. Le ciel commençait à s'éclaircir et cela le rendait joyeux.
— C'est bien vrai ! Peut-être même que nos filles n'ont plus besoin de nous, ces vieillards en cape !
— C'est avec de telles pensées que tu te convaincs de ne pas aller voir ta fille à l'hôpital.
Naruto souffla tragiquement et se retourna. Il mit ses mains dans ses poches et entreprit de faire quelques pas la tête basse. Il semblait rejouer une scène qui lui était familière.
— Je ne peux pas, je ne peux vraiment pas.
— Sasuke, tu as eu une fille toi aussi. Est-ce que tu l'as ressenti comme moi la première fois qu'on l'a déposée dans tes bras ? Himawari était tellement minuscule, en plus elle était un peu prématurée donc t'imagines. Elle disparaissait dans sa couverture. Hanabi me frapperait si elle entendait ça mon petit bébé, ma toute petite fille, mon tout premier désir, c'était de la protéger. Comme je me suis senti stupide quand elle était dans mes bras et que je savais même pas comment la tenir. Le plus grand ninja du monde – mon cul ! C'était comme se battre dans une ville : à la fois tu as envie de déchaîner ta puissance pour assurer sa protection, à la fois tu dois te retenir sinon ce combat même n'a plus de sens. La tenir dans mes bras me faisait exactement le même effet. Je peux pas aller la voir alors qu'elle est alité et lui dire que j'ai tout merdé, que j'ai trahi ma promesse, que je suis un incapable.
— Je te fais confiance pour Qu.
Son ami eut un sursaut pendant lequel il ricana. Il repartit dans la contemplation du plafond.
— Et j'irai voir ta fille puisque je suis son parrain.
Shikamaru arriva de bon matin et fut surpris de constater que leur Hokage s'était remis à travailler avec un enthousiasme rare. Sasuke le secondait, il lisait d'autres dossiers en parralèle et lui faisait signer ce qui nécessitait son approbation.
Le second se joigna à eux et ils travaillèrent en concert pendant plusieurs heures. Naruto reçut quelques étudiants qui avaient complètement foiré la première mission qu'ils exécutaient sans leur sensaï. Heureusement l'Hokage réussit à les remotiver si bien qu'ils repartirent avec le sourire.
Cette bonne humeur était contagieuse Shikamaru ne savait pas d'où elle sortait mais il comptait en profiter tant qu'il le pouvait. Ce n'était pas une situation commune pour ce bureau. Il en oublia même la sinistre rencontre qui devait avoir lieu le jour même.
Ino avait une mission de routine et ne put donc les accompagner. Sasuke avait aussi décliné l'offre et était parti de son côté. Il n'y avait que Shikamaru, Naruto, une vitre teintée et elle, la fameuse Qu.
— Alors tu sais quoi lui dire ? Tu sauras te contrôler ?
Naruto lui offrit un grand sourire.
— J'ai pas dormi depuis plusieurs jours, j'ai l'esprit embrumé et je commence à avoir la dalle. Mais j'ai un bon pressentiment Shikamaru, ça va bien se passer.
Celui-ci leva les yeux au ciel. Il ne pouvait plus souper des pressentiments de son ami. Néanmoins, il lui retourna son merveilleux souvenir et lui promit qu'ils passeraient acheter quelque chose à manger.
Naruto entra dans la salle et salua poliement leur invité. Les formules de politesse n'étaient pas innées chez lui mais quand il avait épousé Hinata, il avait du se mettre au diapason. Il ferma doucement la porte derrière lui et évita de racler la chaise en s'asseyant.
— Je suis ravi que vous ayez pu vous libérer, votre voyage s'est bien passé ?
— Vos émissaires se sont montrés quelques peu pressants si je puis me permettre.
— Je m'en excuse. Êtes-vous au courant des derniers événements au sujet de ma fille ?
— Elle est revenue à ce qu'on m'a dit. Une fin peu commune pour un kidnapping mais il ne faut jamais sous-estimer les ninjas.
— Exact. Et puisque je sais que votre réseau est très étendu j'espérai que vous auriez quelques informations pour nous à ce propos.
— Je n'ai rien.
— Allons ce n'est que de l'entre-aide. Ce passage en prison a fait ressortir la citoyenne qui est en vous.
Son interlocutrice sourit et réarrangea une mèche récalcitrante et invisible de sa chevelure.
— D'autant plus que vous n'être pas tellement à l'abris.
Elle resta muette. Il choisit de respecter cela et n'ajouta rien pendant plusieurs minutes. Il espérait, un peu naivement – il était le premier à le reconnaître – qu'elle change d'avis, qu'elle se montre raisonnable. Il oberva ce visage sans âge qui aurait aussi bien pu appartenir à sa génération qu'à celle de ses parents. Il n'y avait aucun signe de colère, de peur, de mépris. Il n'y avait rien.
— Je ne sais rie.
Emporté, Naruto se saisit d'une de ses mains bien en évidence sur la table qui les séparait. Elle était un peu froide. Il se pencha et reprit :
— Je ne vous veux aucun mal, mais si vous savez quelque chose et que j'apprends que vous vous êtes gardé de me livrer des informations sur les ravisseurs d'Himawari, …
— Papa sera très en colère, finit la femme en lui coupant la parole d'une voix plate.
Naruto se figea.
— Que voulez-vous dire ?
— Je ne dis rien, j'explicite ce que vous dites.
— Il y a méprise, les ninjas ne sont pas là pour exécuter des vengeances. Comme je l'ai plusieurs fois expliquer notre objectif est la justice.
— Allez dire ça à la femme Niau. Les ninjas n'ont que la force, pure et brute et les vainqueurs de leur combats sont évidemment les plus forts. Êtes-vous en train de me dire que les plus forts sont aussi les plus sages ?
— Ne prenez pas un cas particulier pour une généralité.
— Alors je peux partir ?
N'entendant aucune réponse, elle se leva et sortit. Il resta un moment aussi à repenser à l'Affaire Niau. Il y a deux ans, une femme avait été inculquée car elle aurait fourni des informations à un petit gang qui leur avait plusieurs fois échappé. La famille de cette femme n'y avait pas cru et avait oconvaincu des ninjas de rouvrir l'enquête. Celle-ci conclut qu'il ne s'agissait que d'une machination organisée par un mari possessif qui s'était servi de son statut de ninja pour fabriquer des faux.
Niau Tô aurait du être inculpé, jugé puis condamné. Mais il fut simplement assassiné – enfin c'est ce que tout le monde supposait puisque ce avait été déguisé en suicide. Naruto doutait aussi de la version officielle mais il n'avait pas pris en charge personnellement ce dossier. Et quand c'était devenu une affaire publique, Shikamaru lui avait expliqué qu'il était dangereux de trop s'impliquer. Il valait mieux laisser décanter et ensuite mettre l'affaire au clair.
Le bon pressentiment de Naruto l'avait complètement quitté. Il était persuadé que Qu n'était pas la seule à penser encore à cette affaire qui avait fait trop de bruit, à être persuadé que les ninjas abusaient de leur pouvoir et ne défendait pas si bien les grandes valeurs qu'ils pronnaient.
Shikamaru arriva peu après, un peu inquiet de l'attitude de son ami.
— Sortons manger un bout dehors.
Les deux hommes sortirent dans les rues de Konoha en pleine matinée. Ils y avaient peu de personnes dehors à cette heure. Quelques desoeuvrés, des retraités, des nouveaux parents. Ils se rendirent chez Ichiraku qui les accueillit avec le sourire comme toujours.
Devant leur mine sérieuse, il s'éclipsa dès qu'il les eut servi pour qu'ils puissent discuter. Avec des gestes bien trop mesurés, Naruto entama son bol. Les nouilles disparurent vite ainsi que quelques morceaux de viandes et d'algues.
— Alors, tu estimes que c'est vrai à quel point ?
Shikamaru soupira en grignotant les gateaux qu'il avait commandé.
— Je sais pas. On essaie de prévenir tous les risques mais il y en a toujours qui nous échappe.
— Alors le système n'est pas bon, il faut encore le changer.
— Naruto ont fait le maximum, vraiment et...
— Tu es en train de me dire que faire le maximum ce n'est pas suffisant ?
— Pas toujours, se résigna son ami.
Naruto finit son repas dans un silence pesant.
•
De son côté Sasuke se demandait ce qui lui avait pris de promettre à Naruto qu'il allait voir sa fille. Il n'en avait aucune envie il n'était pas très proche de cette gamine et il n'aimait pas les hôpitaux. Et les gens de l'hôpital ne l'aimaient pas. Ils le regardaient comme un extraterrestre qui ne serait pas au courant que son coustume n'était plus efficient.
Sakura lui offrit un grand sourire quand elle le croisa au détour d'un couloir. Elle déposa un baiser sur sa joue et le salua avec entrain. Elle distribua quelques indications aux deux stagiaires qu'elle se coltinait et se tourna vers lui.
— Laisse-moi deviner la flamme qui brule en toi était impatiente de me voir.
Son mari fronça les sourcils.
— Je viens voir Himawari, pour Naruto.
Cette fois c'est sa femme qui fronça les sourcils.
— Chambre 83, c'est curieux ce que tu me racontes. Tu me donneras les détails ce soir et pas d'école buissonnière.
Elle disparut sur ces mots et lui envoya un dernier baiser. Sasuke poursuivit son chemin et arriva à ladite chambre. Il frappa deux coups sur la portre et quand il entendit une voix répondre, entra. Himawari était assise la chaise contre le mur. Ses jambes couvertes de bandage étaient immobiles. Les marques sur sa joue témoignaient de son intense activité.
— Bonjour Himawari.
— Salut.
Elle n'osait pas le regarder franchement parce qu'elle se doutait que ses yeux étaient encore un peu rouges. Oui elle avait tenté de s'en empêcher mais elle ne luttait pas à armes égales avec les larmes. Elle aurait du le renvoyer de suite.
Cette matinée avait été merdique d'un bout à l'autre.
D'abord elle s'était réveillée très tôt tout engourdie. Alors elle avait commencé à faire quelques étirements tout en doucement pour se réveiller. Elle s'était assises par terre et avait commencé ses mouvements. Une fois à l'aise elle a pensé qu'il été oportun de reprendre ses séries de pompes et de tractions. Toujours très doucement, elle sentait bien qu'elle n'était pas en forme.
Très optimiste, elle s'était mise debout. D'accord ça faisait un peu mal mais rien de grave. D'un coup, son corps avait arrêté de la soutenir et elle était tombée lamentablement au sol. Elle avait rampée jusqu'à la télécommande près de son lit pour appeler une infirmière.
Celle-ci avait débarqué avec ses gros sabots pour l'engueuler. Elle avait eu du mal à la mettre sur son lit. Ensuite elle s'était fait sermoné comme une gosse qui pique des bonbons. « Quelle inconscience ! » « Vous allez finir par ne plus pouvoir marcher. » « Et après ça se dit intelligente... » Quel soulagement quand elle partit.
Il fallait qu'elle avoue que la perspective de perdre l'usage de ses jambes la paralysait. Elle avait peur de tout perdre. Elle n'avait vraiment pas l'habitude d'atteindre son objectif en ne faisant strictement rien. Elle mourait d'envie de s'entrainer peu importe comment. Elle ne se sentait pas bien du tout allongé là comme la dernière des retraités.
Ensuite Shikadaï était venu la voir. Comment dire. L'intention était bonne mais elle s'en serait passée volontiers.
Il était toujours aussi beau – qu'est-ce que c'était rageant. Elle aurait pu faire des chichis et montait un plan pour le récupérer. Mais non, elle n'était pas prête à faire ça. Elle trouva ça bien trop humiliant. Et puis s'il n'était pas capable de voir qu'elle était la meilleur, il ne valait pas le coup.
Il était rentré avec son air revêche sans autorisation. Il avait évidemment décidé d'oublier leur précédente discussion.
— Tu boudes encore ? Qu'est-ce que t'as ?
— La ferme, je suis alitée que une petite vieille.
Le Nara fronça les sourcils comprenant peu à peu ce qu'elle voulait dire.
— Viens je vais te changer les idées.
Il lui tendit la main, comme pour l'inviter. Himawari regarda sa main. Elle avait quelques cicatrices qui s'effaçaient peu à peu mais elle savait qu'elle était douce. Des souvenirs lui revenaient, des souvenirs doux qu'il lui arrivait de regretter.
Si elle la prenait, cela n'engageait à rien. Ils avaient toujours le droit d'être innocents, même ensemble. Elle avait tellement envie de penser à autre chose que sa futur mort par ennui. C'était juste la promesse d'un bon moment, rien de plus dans cette main.
Il l'attrapa par la taille et la souleva avec facilité. Sans son équipement ninja, elle était vraiment légère. Elle avait toujours été une sorte de format poche. Il posa ses deux pieds sur les siens et continua à la maintenir contre lui pour pas qu'elle utilise ses jambes. Son bras gauche la maintenait contre lui.
Himawari se rendit compte trop tard qu'elle était gênée.
Il murmurait un air de valse, doux et vif sur lequel il la faisait danser. Leur cœur s'entrechoquait l'un contre l'autre. Le peu de tissu qu'il y avait entre eux n'était guère isolant. Leur corps réagissait de façon autonome.
Elle se souvenait de tout comme si elle était toujours en train de le vivre. Tous ces souvenirs. Quand ils se retrouvaient après leur mission. Quand il la serrait dans les bras. Quand bizarrement elle avait envie de lui faire plaisir et lui faisait à manger. Comment il la veillait quand elle était fatiguée, sale après son entrainement, et qu'elle n'était même pas capable d'assurer une discussion.
Elle n'était pas la seule à avoir pris autant de plaisir à être avec lui. Il avait apprécié aussi – c'était ce qui lui avait semblé. Il la regardait comme il l'avait regardée auparavant. Il avait un regard doux, un regard qui la faisait sourire, un regard qui lui faisait deviner que lui aussi sourier.
Elle s'était alors approché de son visage, de sa bouche, de ses lèvres, certaine qu'il lui répondrait. Oh il avait répondu. Il s'était figé. Son regard avait brutalement changé à présent il semblait fixé une extraterrestre. Il se questionnait sur ses propriétés.
Elle comprit avec bien trop de retard. Pourquoi avait-elle baissé sa garde ? Quelle conne faisait-elle. Pourquoi cela la blessait encore ? Encore, encore et encore. Elle voulait en finir avec ça, avec lui. Elle voulait avancer et ne plus jamais le laisser presser son cœur. À chaque fois qu'elle pensait qu'il ne lui restait plus rien, il réapparaissait et lui prouvait le contraire. C'était comme aller de façon répétée à l'abattoir.
— Je veux pas de ton amitié. Qu'est-ce que tu fais ?
Il fuya rapidement. Il la posa sur la première chaise qu'il vit avant de partir aussi vite qu'il put. Elle avait bien essayé de le maudire mais le pire pour elle ce serait qu'il soit heureux et sans elle.
En somme, cette matinée avait été bien merdique. Et Himawari ne voyait pas en quoi la présence de son parrain pouvait arranger quoique ce soit. Il s'approcha et s'assit sur la chaise libre à côté d'elle. De son bras valide, il lui sortit un sachet. Comprenant qu'il s'agissait de tout autre chose que les plats de l'hôpital, elle ouvrit et se régala aussitôt.
Bon, elle avait émis quelques préjugés dont elle devrait se repentir. Uchiha-san pouvait être utile. Cependant ça lui semblait paranormal qu'il soit venu dans le seul but de lui fournir un repas.
— Tu as quelque chose à me demander ? Des informations manquent ?
— Non, ce n'est pas le cas.
Les deux individus retombèrent dans le silence. Que dire ? Himawari mangeait tranquillement. Elle était un peu gênée qu'il soit venu sans avoir songé à ce qu'il pourrait lui dire.
— Un problème ?
Il avait prononcé ces mots d'une voix basse puis avait clos ses lèvres si bien qu'elle se demanda un instant si ce n'était pas le fruit de son imagination. Elle se demanda pourquoi il s'intéressait soudainement à elle.
— Ça m'énerve d'être ici avec ce corps bidon qui m'abandonne.
— Ton corps n'est pas « bidon », il t'indique les limites que ton esprit rejette.
— Alors c'est moi qui suis bidon, sourit-elle se moquant d'elle-même.
Il l'observa un bon moment. Il se questionnait beaucoup plus sur elle depuis qu'Orochimaru était devenu son maître. Il avait choisi d'en entrainer une seule et il avait choisi la fille de l'Hokage. Cela avait bien fait jazzer. Est-ce que cette petite avait elle aussi un mauvais fond ?
— Je me résigne ne t'inquiètes pas. Et mes coéquipiers m'ont proposé un programme de révision théorique pour me faire passer le temps.
— C'est bien.
Himawari le regarda, se rapprocha de lui en fronçant les sourcils.
— Alors pourquoi tu ne souris pas Oji ? s'exclama-t-elle avec l'enthousiasme d'une enfant.
— Du calme.
— Merci d'être venu.
Elle disait ça comme si elle savait qu'il allait disparaître aussi vite qu'il était arrivé. C'était un peu sa réputation. Mais ça lui faisait néanmoins quelque chose d'entendre ses mots. Alors qu'il était venu en pestant, certain que ce ne serait d'aucune utilité, et elle lui affirmait le contraire. Cela lui faisait indéniablement plaisir.
— Si je te demande pourquoi mon père ne vient pas, tu me répondras ?
— Sois patiente, il attend le bon moment.
Himawari fut muette un moment. Est-ce qu'elle devait le croire ? Elle hésitait encore en finissant sa boite de nouilles sautées. Elle lui demanda s'il pouvait la ramener sur son lit. Il le fit sans difficulté malgré son bras manquant.
Il resta encore une bonne heure. Himawari ne savait pas pourquoi ni ce que cela lui apportait. Parfois elle lui posait des questions. Il ne rechignait pas à répondre.
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Boruto était en survêtement sur son canapé comme le plus heureux des hommes. Il tripotait sa manette avec concentration. Mitsuki, habillé par contre, jouait avec lui. Il connaissait ce jeu depuis bien plus longtemps que Boruto et était beaucoup plus à l'aise que lui.
— Alors, nouvelle dispute avec Sarada ? Elle m'a dit que tu était un idiot sans borne et sans âme.
— C'est vraiment la douce femme de mes rêves celle-là.
Mitsuki rigola. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'inquiétait plus des scènes de ménage de ses deux amis.
— Tu veux toujours trouvé la Racine ?
Boruto était un peu gêné de discuter de cela avec Mitsuki. Il y avait moins de risques qu'il s'énerve et le traite de tous les noms mais il ne se gênerait pas pour poser des questions horriblement gênantes. Mitsuki avait le don de relever les incohérences de son esprit.
— Je suis un peu contrarié dans mes projets.
Son amie hocha la tête mais resta silencieux. Il savait qu'il ne servait à rien de presser Boruto pour avoir des informations. Il livrerait ce qu'il souhaitait, ce qu'il pouvait.
— Ma colère s'est calmée, je veux dire par rapport à ma sœur. Elle va de mieux en mieux. Mais quelque chose reste enragé, j'ai l'impression qu'on est tellement loin de la justice, il faudrait faire encore plus.
— Tu ne trouves pas que Sarada à de bons arguments pour s'opposer ainsi à toi ?
— Tu penses qu'elle a raison ?
Le regard de Mitsuki se perdit sur le labyrinthe dans lequel son personnage évoluait avec agilité. Il se demandait quoi répondre. Il ne pouvait répondre sans se questionner sur son rôle ici en tant que ninja. Au départ les ninjas étaient des soldats, leur mantra : « obéir, combattre ». Mais les études qu'il avait faites, l'esprit critique que ses enseignants lui présentaient comme si précieux, l'avaient éloignés de ce poste d'acteur inconscient.
— Tu sais comment est Sarada, elle voit tout comme une grande famille. Et parfois c'est bien, d'autres fois ça merde.
— Alors si je continue tu ne vas pas me renier, ni me tabasser ?
— Jamais mais je n'ai aucun contrôle sur Sarada.
Boruto éclata de rire retrouvant ses intonations de jeunesse. Il semblait avoir oublier les problèmes, les interrogations, les doutes, il profitait d'un moment. Son acolyte n'était toujours pas habitué à ces souffles de vie qui l'habitaient dans d'insolites situations.
— Tuer par celle que j'aime, ça me convient !
Himawari dans sa chambre d'hôpital a quelques lieux d'ici battait la mesure contre son lit. La ferraille lui retournait un son désagréable mais elle ne s'arrêtait pas. Elle était à deux doigts d'arracher sa perfusion et de se casser de cette prison. Ou de demander à l'infirmière une dose de somnifère pour pachydermes.
Quand son père franchit enfin la porte de sa chambre, elle était prête à lui faire exploser un membre. Ça faisait plus de 96 heures qu'elle était dans ce lit et c'était la première fois qu'il venait. Il s'approcha doucement du lit comme s'il était conscient du risque. Sa fille avait toujours l'idée de lui ôter un membre mais ignorait à quel point cela se voyait.
Lorsqu'il la prit dans ses bras, elle réagit immédiatement. Quelque chose prit le dessus sur tout le reste, la déposséda d'une partie de ses capacités. La chaleur de ses bras lui avait manqué. Elle fut surprise quand cela s'imposa à elle, elle n'était pas très expansive, ni chaleur, et cela lui avait déjà valu des remarques. Elle prolongea cette étreinte autant qu'elle put.
— Tu m'as manqué papa, murmura-t-elle.
Après ça, ils furent tous les deux gênés de ces démonstrations si inhabituelles. Naruto posa quelques questions à sa fille sur son rétablissement, quand est-ce qu'il serait complet, si elle ne s'ennuyait pas trop. Himawari y répondait mécaniquement, un peu lassée de toujours répondre aux mêmes questions.
— Viens on s'en va.
— Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? souffla-t-elle avec un peu de désespoir.
Naruto lui enleva sa perfusion, la couvrit d'un gilet et de chaussures puis il la prit dans ses bras et cette fois la souleva carrément. Avant qu'elle n'ait pu lui demander une explication, ils étaient déjà sortis du bâtiment. Pourquoi ?
Son père lui offrit un sourire chaleureux. Il avait rêvé de ce moment en famille, il était simplement en train de le réaliser après l'avoir soigneusement préparé aux côtés de cette femme qu'il chérissait. Vu la discrétion dont son paternel faisait preuve, elle eut la preuve qu'il n'était pas exactement autorisé à prendre sa pause.
— Boruto et maman seront là ?
— Bien sûr.
— Super ! Maman et moi pourront vous remettre les pendules à l'heure.
Naruto perdit instantanément son sourire.
— Parce que vous avez beau vous rentrer dedans dès que vous pouvez vous vous ressemblez beaucoup – cette façon de s'entêter dans une idée stupide, est-ce que un gêne des mâles de ta famille ?
Au fur et à mesure que sa petite fille assenait ses vérités, le visage de Naruto se décomposait. Il finit par se tordre en grimace mi-blessé, mi-buté, genre je suis en pleine capacité de me rendre compte seul de mes erreurs. Boruto aura exactement la même tête.
