Salut tout le monde !

Bon sang, je le poste enfin celui-là ! Ça fait des mois qu'il traine sur mon ordi, que je le modifie encore et encore…Pas fâchée de m'en débarrasser, pour le coup.

Vu que ça commence à pas mal partir en vrille pour tous les chevaliers, et que me connaissant (moi, sadique en repos ^^) ça ne va pas aller en s'arrangeant, je pense passer la fic en T ou en M. Personne ne va mourir (ou probablement juste ma dignité ^^), mais les sujets traités vont être des sujets lourds. Enfin bon, là-dessus, c'est plus à vous de juger, donc n'hésitez pas à me donner un avis en review.

Revenons à nos moutons ! Je me permets de ne pas faire de réponses aux commentaires, vu que ça fait un max de temps que j'ai posté des mails de réponse. Je suis absolument désolée pour le retard…Faut croire que celui-là voulait vraiment pas sortir !

Je ne suis toujours pas la propriétaire de Saint Seiya…Si je l'étais, ils seraient tous en couple et Athéna serait morte depuis longtemps ^^


Chapitre 1: Little brother need a savior

-Tout le monde est là ? Bien ! On va pouvoir commencer.

L'ambiance est morose, aujourd'hui, malgré un soleil rayonnant et la paix qui règne à présent en maitresse absolue sur la Terre. Une paix méritée, mais surtout bien ennuyeuse, pour des soldats qui, comme eux, sont habitués à se battre à chaque seconde, dans le seul but de se sentir vivant.

La salle du Palais de Star Hill, ce palais où tant de gens sont morts, pour qu'une jeune dame puisse vivre, résonne encore de ces échos passés. Peut-être est-ce pour cela que tous ont du mal à se tenir ici, aujourd'hui. Ce palais, c'est le symbole de l'échec de certains, celui du deuil pour d'autres…Et bien peu se souviennent encore des rares moments de bonheur qui se sont déroulés ici l'espace d'un instant.

Peut-être est-ce pour cela que tous ont du mal à se tenir ici, aujourd'hui, sans penser au passé. C'est leur première vraie réunion tous ensemble depuis leur résurrection…Il y a eu tellement de choses à faire, tellement à reconstruire, qu'ils n'ont pas eu le temps de vraiment se concentrer sur ce passé qui les rongent. Et puis, c'est toujours plus simple à supporter, la haine, lorsque l'objet de celle-ci ne se trouve pas juste en face de nous dans une pièce close.

Malgré toute cette rage, pourtant, ils sont tous là. Répondant comme toujours présents à l'appel de leur Pope.

Cette coutume, presque une tradition, s'appliquait bien avant Shion. Elle a continué avec Saga, se poursuit aujourd'hui, et se poursuivra encore pendant longtemps. C'est tout ce qui leurs reste, aujourd'hui…De soldats fidèles, ils sont aujourd'hui des plaies béantes sur lesquelles on aurait vulgairement posé un bandage, et qui font semblant que tout va pour le mieux alors qu'au fond elles s'infectent peu à peu en silence. Cette situation peut-elle encore durer longtemps sans qu'un jour l'un d'entre eux explose ? Leur déesse semble le penser, elle qui n'est jamais là, occupée à vadrouiller on ne sait où avec des chevaliers de bronzes dont leurs ainés ne peuvent que reconnaitre la patience.

Debout dans son coin, Mu ignore complétement son ancien maître, qui continue à parler paisiblement, comme oublieux des conflits qui font encore rage ici-bas, tandis que les différents chevaliers font mine d'être attentif, par respect pour le vieux, même si chacun préférerait être ailleurs.

Mu, lui, fait justement partie de ceux qui ont des choses plus importantes à penser. Il lui reste des armures à terminer, l'entrainement de Kiki à poursuivre, et tellement de blessés à soigner qu'il a parfois l'impression d'être en train de relever à bout de bras l'ensemble des chevaliers du Sanctuaire…Tous, sauf ceux qui ont le plus souffert de cette guerre. Et à en juger par le cosmos erratique qui émane à présent en vagues si diffuses que seul un guérisseur ou une personne très attentive pourrait les percevoir, l'un d'entre eux souffre même un peu plus que les autres. Mais même un guérisseur aussi averti que Mu ne peut pas savoir avec exactitude de qui il peut s'agir.

Ses yeux se posent soudain sur Kanon, en retrait, à côté de Saga, celui-ci occupé à parler avec un Deathmask qui commence progressivement à s'assoupir sur place, sans vraiment chercher à le cacher. Le Gémeau cadet tremble comme une feuille, des gouttes de transpiration sur sa peau pâlie par la fatigue. Étrange...Il ne fait pourtant pas froid, par ici. Shion doit d'ailleurs avoir des gènes de chat, il faudra lui dire de baisser le chauffage.

Un autre regard pèse sur Kanon et Saga, et Mu a la surprise, en en remontant la piste, de voir Aioros, assis à côté de son petit frère, fusiller littéralement l'aîné des Gémeaux du regard, alors que Saga l'ignore royalement. Et pendant ce temps, Shura et Aiolia, quant à eux, évitent soigneusement de se regarder, l'un visiblement très en colère tandis que l'autre semble presque embarrassé.

Shaka, lui, flotte paisiblement, un bon mètre au-dessus du sol, et ceci malgré le regard glacé de Shion. De tous, c'est probablement le moins affecté par l'aura de noirceur qui semble embaumé l'ensemble des chevaliers d'or, ces derniers temps. Bon, en même temps, ce n'est pas comme s'il n'était pas connu pour être un flegmatique légendaire…Il faut croire que pour lui aussi, tout est réglé.

Dommage que ce ne soit pas le cas pour tout le monde.

A cette pensée, le jeune bélier ne peut s'empêcher de soupirer, probablement un peu trop bruyamment pour que cela passe inaperçu. Quel climat pénible…

- Mu, si tu t'ennuies, n'hésite pas à nous prévenir, hein ? Histoire que je te colle des corvées de garde pour t'occuper…

Un gémissement coupe soudainement la parole à un Shion plus qu'agacé. Et Mu ne fait même plus attention au reste de la phrase, tous ses sens de médecin du sanctuaire étant concentrés sur une unique personne…

Kanon.

Le cadet des jumeaux a cessé de simplement frissonner, tremblant à présent violement. C'est comme si, pour lui, toute la grande salle de réunion s'était transformée en une immense banquise glaciale, digne des pires colères de Camus.

-Kanon ?

Alerté par l'inquiétude qu'il peut sentir dans la voix de Mu, Saga, qui jusqu'ici faisait mine d'ignorer jusqu'à l'existence même de son cadet, se retourne vers celui-ci, de la surprise et de l'inquiétude peintes sur le visage.

-Kanon ? Tout va bien ?

Hésitant, Saga tend une main vers son petit frère…Et se fait repousser à l'autre bout de la pièce par une vague violente de cosmos émanant de celui-ci, qui observe son ainé comme un animal apeuré contemplerait un prédateur. Ses yeux, d'ordinaire remplis de vie, se sont comme éteints, à cause de la terreur abjecte qui y règne.

-Kanon ? Tu me fais peur, répond !

-Je...Oui. Ne me touche pas. S'il te plaît, Saga, laisse-moi, recule et va-t'en…

- Kanon...

- Dégage !

Désarçonné par la sècheresse dans la voix de son frère, Saga recule encore d'un pas, puis de deux. Mu jette un regard stupéfait à Shion, qui vient de retirer son masque de Pope, et s'approche lentement du plus jeune, les yeux baissés, tentant de se rendre le moins menaçant possible.

Et l'image frappe soudain Mu, tant elle est réaliste.

C'est comme si Shion et Saga, chacun à leur manière, tentaient d'apprivoiser un animal sauvage et blessé. Un animal doté de dents aiguisées, pourtant. Et il suffit d'un contact pour que la situation bascule.

Le choc de cosmos qui s'en suis les fais tous sursauter, tandis que Kanon se précipite vers la porte, la respiration hachée et le teint blafard. Mais à peine a-t 'il posé sa main sur la lourde poignée de cuivre que ses jambes le lâchent et qu'il s'effondre brusquement sur le sol.

-Kanon !

-Ne me touche pas, Saga ! Je...Je...Non

- Par la Déesse, mais qu'est-ce qui vient de se passer ?

- Kanon ?

C'est Shaka qui s'est avancé, doucement, ses grands yeux clairs fixés sur ceux, brillants de larmes, du cadet prostré sur le sol de granit. Les autres sont restés figés, stupéfaits. Le spectacle est presque pathétique. Kanon, épuisé, tente de se lever, encore et encore, pour toujours retombé, tandis que Shaka s'approche, encore plus doucement que Shion, pour laisser le temps au cadet de le rejeter, s'il le faut.

- Kanon, s'il te plait, calme-toi. Personne ne va te faire de mal, mais Saga est terrifié, et Shion et Mu le sont aussi, alors je t'en prie, calme-toi. Personne ne va t'approcher si tu ne le souhaite pas.

Et la voix de Kanon est tremblante, elle-aussi, tandis qu'il se redresse avec difficulté, les yeux baissés.

- Dit-leur de reculer. Tous.

D'un commun accord, tous refluent vers l'arrière de la salle, sauf Saga, qui semble perdu, sans trop savoir s'il doit passer outre la demande de son frère, ou faire comme les autres et laisser Shaka gérer la situation, lui qui n'a pas de lien particulier avec Kanon, et qui n'est même pas guérisseur.

S'avancer ? Reculer ?

Agenouillé près de Kanon, Shaka, trop occupé à analyser la situation pour déterminer la meilleure marche à suivre, ne lui prête qu'une attention discrète. Il ignore ce qui l'a décidé à agir, et pour tout dire il s'en moque. Lui qui n'est pas guérisseur nage actuellement dans des eaux profondes et inconnues. Et c'est dans ce genre de situation qu'il faut être prudent. Kanon est suffisamment mal en point comme ça, sans avoir besoin que quelqu'un en rajoute une couche…

Le toucher.

C'est le toucher de Saga, puis celui de Shion qui ont fait paniquer Kanon. Il doit donc trouver un moyen d'apaiser celui-ci sans contact physique direct.

Mais comment faire ?

« Tu as besoin d'aide, Ishan ? »

« Mon ami souffre, Achan. Je ne sais pas comment l'apaiser sans qu'il ne sombre encore plus profondément dans la peur qui est la sienne »

« La dame que tu as choisie t'a dotée d'un outil que tu sais parfaitement utiliser, il me semble, mon Ishan. Tu n'as pas besoin de moi pour rassurer ton ami. »

« Le cosmos ne me servira à rien dans cette situation. »

« Alors je ne peux rien faire de plus, mon Ishan. »

De dépit, Shaka soupire. Et c'est alors qu'une voix se fait entendre, très douce, et pourtant venue d'un chevalier dont beaucoup pensent qu'il a un cœur de glace.

- Doucement s'endort la terre

Dans le soir tombant

Ferme vite tes paupières

Dors petit enfant.

Dors en paix près de ta mère

Fais des rêves bleus

Au matin dans la lumière

Tu t'élanceras joyeux

Sur ton lit la lune pose

Ses rayons d'argent

Quand s'apaisent gens et choses

Dors mon tout petit enfant

Mais ton père est brave et rude

C'est un vieux soldat

Fais dodo sans inquiétude

Mais ne tremble pas

Surpris par la douceur qu'il peut lire dans les yeux de Camus, Mu jette un regard interrogateur à Milo, qui lui rend un sourire entendu. On oublie souvent que Camus est l'un des rares d'entre eux à avoir dû dresser des enfants pour en faire des adultes.

-A ton tour tu vas connaître

L'amitié des guerriers

Mais seulement tu devras mettre

Pied à l'étrier

En tout cas, le stratagème semble marcher : Kanon a cessé de trembler, et ses yeux semblent se fermer tout seul, tandis que la voix douce d'un Camus au regard indéchiffrable le berce lentement vers un sommeil salvateur.

Et tandis que la chanson ne cesse de résonner, telle une étoile brillante au milieu des murs froids et blancs du Sanctuaire, la vague de cosmos agressif que dégageait Kanon s'éteint brusquement, tandis que celui s'effondre littéralement sur le sol, le front trempé de sueur.

-L'air martial et l'âme digne

Loin tu partiras

De la main me faisant signe

Passant devant moi

Fais dodo paupières closes

Comme un vrai enfant

Sur ton lit la lune pose

Son regard apaisant.


Il flotte…

Il est seul, enveloppé d'un cocon de ténèbres glaciales, tandis qu'il s'enfonce passivement dans l'immensité de la nuit qui l'entoure, sans même chercher à lutter contre le torrent de noirceur qui l'entraine, toujours plus profondément au cœur de la nuit noire.

Si les choses doivent être ainsi, pourquoi lutter ? Il n'est qu'un déchet, issu d'un autre âge, qu'on laisse pourrir dans un coin. S'il n'était jamais né, tout aurait été plus simple pour tout le monde.

« Tout est de ta faute… »

Est-ce toi que je ressens ? Tes ténèbres ? Pourquoi me persécute-tu ?

« Parce que toutes ces souffrances que je peux ressentir, toute cette rage, sont de ton fait. C'est toi qui as trahi celle que tu avais choisi de protéger, toi qui as poussé ton frère à t'enfermer, toi qui as mentis à Poséidon et faillis provoquer l'effondrement de notre monde »

C'est faux…J'ai sauvé notre monde d'Hadès. S'il est vrai que j'ai poussé Saga à la démence, j'ai sauvé Athéna de Poséidon, et elle m'a pardonné. Je ne suis plus un traitre. Je suis un chevalier d'or…

« Mens-toi donc à toi-même si c'est ce que tu souhaites, Kanon. Je suis toi, et tu es moi. Je suis ta vérité. Et la vérité, c'est que tu dois payer pour tes crimes »

Il ne cesse de s'enfoncer, les ténèbres se refermant autour de lui comme un linceul étouffant. Et dans sa conscience, tout devient noir.


Trois jours.

Cela fait trois longs jours que Saga attend, assis au chevet de son frère. Trois jours que celui-ci ne s'est pas réveillé, malgré tous leurs efforts, sans que ni Shion, ni Mu ne puissent lui en expliquer la raison.

Trois jours d'angoisse, à espérer un signe, juste un… Trois jours à redouter que la poitrine qui se soulève au rythme de respirations lentes et endormies, sous des draps blancs d'hôpital, ne s'affaisse définitivement. Trois jours d'agonie.

Kanon est relativement stable, malgré tout. Mu lui dit et répète que son frère va bien, qu'il ne s'agit pas d'une éventuelle séquelle physique du combat de titan que Saga sait qu'il a dû mener contre le juge, que Kanon est d'ailleurs en pleine forme à ce niveau-là, et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Mais si tout va si bien, pourquoi ne se réveille-t'il pas, alors ?

-Il y a quelqu'un ?

-Mu, c'est toi ? Désolé si je t'ai fait peur. Je sais qu'il est tard, mais…

-C'est rien. Je monte.

D'un commun accord, ils ont décidé d'installer Kanon dans le premier temple, afin de simplifier les déplacements pour Mu, Shion faisant face à une surcharge de travail trop intense pour être vraiment présent. Même si le cadet possède sa chambre au troisième temple, il est mieux pour lui être proche d'un médecin, si jamais sa situation s'aggravait. Les chevaliers d'or peuvent survivre des semaines sans eau ni nourriture, mais mieux vaut ne pas tenter le diable, non ?

Et puis, ce n'est pas comme si Saga ne passait pas déjà le plus clair de son temps au premier temple avec le bélier d'or.

L'ainé s'en veux, et c'est une douleur aigue qui ne cesse de le hanter, le privant même de sommeil. Une multitude de « et si ? » ne cessent de trotter dans sa tête. Et s'il n'avait pas crié sur Kanon la veille de la réunion ? Et s'il avait fait plus d'effort pour aller vers son cadet, depuis cette deuxième chance qu'ils ont, et qu'ils ont commencé à laisser se flétrir ? Et si ?

- Ce n'est pas de ta faute, Saga.

Saga sourit. Tendre Mu, avec une mentalité digne de celle d'un vrai guérisseur et une manie de vouloir sauver tout le monde, les bons comme les mauvais, mais aussi bien plus sage que la plupart d'entre eux. Et pourtant, même toutes la tendresse du bélier ne peut l'aider dans son tourment. Il est le grand frère de Kanon. C'est à lui de le protéger, de prendre les coups à sa place. Une responsabilité qu'il a passé des années à fuir, une lâcheté qui pourrait aujourd'hui lui coûter son cadet. Ce petit frère qu'il vient à peine de retrouver.

- Saga…Il est tard, tu sais. Tu devrais être au lit. Et puis ce n'est pas…

- Je sais. Tu ne devrais vraiment pas écouter mes pensées quand je rumine. J'ai tendance à me transformer en petit garçon pleurnichard, dans des situations pareilles.

Le sourire que lui renvoie Mu est amer.

- C'est ton frère. Si c'était Kiki sur ce lit, moi aussi je pleurerais. Mais y passer toutes tes journées, Saga, ça ne va pas ni l'aider ni faire qu'il revienne plus vite. Alors s'il te plait, rentre te reposer. Kiki t'a préparé le diner au troisième temple.

Saga ne peut pas lui donner tort. Déjà, il peut sentir ses yeux de fermer tout seul. Alors, comme un automate, il se lève, se dirige vers la sortie sans même saluer Mu, tentant d'ignorer ce qu'il sait être une grimace crispée par la tristesse et l'impuissance sur le visage que l'homme qu'il aime, alors qu'il monte les marches, titubant comme un homme malade, sans but, vide de tout espoir.

« Et si ? Et si j'avais été là, tout simplement ? »

Il ne lui a même pas dit au revoir en partant…Et pourtant, Saga aurait tellement aimé pouvoir lui embrasser le front en partant, comme il le faisait avant de dormir, lorsqu'ils n'étaient encore que des enfants. Mais il ne peut pas. Il a déjà bien assez souillé son frère. Il est inutile d'abaisser Kanon à son niveau à lui, de le limiter à des envies dont il sait pertinemment qu'elles ne vont que dans un sens. Kanon est loyal, et parfois trop honnête. Lui n'est qu'un lâche hypocrite, incapable de protéger celui qui aurait dû être la personne la plus importante au monde pour lui.

Et tandis qu'il monte les marches, marionnette sans but auquel on aurait coupé les fils, Saga sent quelque chose d'humide et de salé se mettre à couler sur son visage, qu'il essuie machinalement, sans vraiment y prêter attention…

Plus rien n'a vraiment d'importance, à présent. Son petit frère est mort, et tout est de sa faute.


-Fait trop chaud...

Camus relève juste à temps le nez de son livre pour voir Milo claquer la porte, avant de s'effondrer sur le sol, sa tête glissant sur les genoux du Verseau avec un gémissement sonore. Celui-ci ne peut s'empêcher de sourire doucement. Son compagnon est un véritable enfant, parfois…

-Re-bonjour à toi aussi. Tout va bien ?

-Fait trop chaud...

Camus ne peut s'empêcher de laisser échapper un petit rire, bien camouflé sous un toussotement salvateur devant le regard faussement blessé que lui lance le scorpion.

Son Milo. Aussi agité qu'une pile électrique ou qu'un chien fou, et l'instant d'après, complètement vide de toute énergie. Son air de gamin est par contre assez...désarmant, il faut bien l'avouer.

C'est toujours aussi bon de sentir sa chaleur. Camus a cru, à leur réveil, l'avoir perdu. Ils sont restés longtemps à se regarder, si longtemps que le Verseau a pensé, pendant cette courte période, que le gouffre qui les séparaient et qu'il avait lui-même créé était bien trop immense pour être franchi. Et puis il y a eu ce mouvement, de la part de l'autre. Un simple effleurement, déposé au coin de sa joue avec hésitation, une paire de grands yeux clairs le contemplant comme s'il était Dieu sur Terre. Et alors, comme toujours lorsqu'on parle de Milo, Camus n'a pas pu résister.

D'abord un baiser dans les boucles sauvages, puis sur les lèvres, avant d'oublier définitivement le monde autour d'eux, comme si le sien ne tournait pas déjà autour de ce drôle de gamin pourtant adulte. Et toujours son odeur, l'odeur de Milo, qu'il ne saurait pas décrire mais qui, à elle-seule, porte toute les merveilles de l'Univers. Juste son odeur, et la douceur de sa peau. C'est la seule chose qu'à jamais demandé Camus, et la seule chose qui lui manquait vraiment, lorsqu'il pourrissait aux Enfers.

-Tu fait quoi ?

-Je lit.

Les doigts froids du Chevalier de Glace se sont glissés dans les cheveux bleu sombre, effleurant les boucles en diffusant une bienfaisante vague de froid, s'écartant de temps à autre pour tourner les pages de son livre, son univers lové contre lui. Un grognement soulagé le fait sourire.

-Camus ?

-Oui ?

-Tu lit quoi ?

-Des poèmes.

Un silence. Depuis ces quelques jours, après la réunion désastreuse qu'ils ont tenus à Star Hill, ceux-ci sont légions. Milo est inquiet, il le sait…

Inquiet pour Kanon, mais aussi pour Saga, Mu, et tous les autres chevaliers d'or. Sauf que, comme tout ce qui chiffonne le Scorpion, celui-ci refuse d'en parler, et se contente donc de silences.

Alors Camus attend. La patience est la meilleure des armes, face aux pensées de quelqu'un comme Milo. Et le Verseau sait pertinemment que ce n'est qu'une question de temps avant que son compagnon ne craque et se décide à parler.

Il faut juste être patient…


-Tu es inquiet.

Adossé à l'une des colonnes du Palais, les yeux dans le vague, Shion ne répond pas, poussant brièvement un léger soupir lorsque Dokho se glisse derrière lui pour l'enlacer gentiment. Oui, il est inquiet...Entre les murs mentaux qu'il peut sentir érigés chez certains chevaliers d'or, l'état déplorable de Kanon et la détresse grandissante de Saga qui a décidé de rester enfermé dans la troisième maison en attendant que la tempête passe, il faut dire que les raisons de s'en faire sont nombreuses.

Des lèvres joueuses se posent sur sa nuque, le faisant sursauter, et Shion relève la tête pour croiser une paire de perles couleurs émeraude, où brille tout l'amour que Dokho ressent pour lui, ponctué d'un peu de malice et d'un minuscule soupçon d'appréhension, qu'il efface d'un baiser, tandis que l'autre resserre son étreinte, silencieux mais présent, comme toujours.

Dokho... En plus de 250 années de vie commune, son compagnon n'a presque pas changé. Il est toujours aussi chaud qu'une braise incandescente et doux comme un ourson, tantôt sérieux, surtout lorsqu'il s'agit de remettre l'un des jeunes à sa place ou d'enseigner à Shiryu, par exemple, mais parfois aussi gamin que peut l'être un enfant, se comportant comme un chiot un peu fou, très maladroit et franchement attendrissant. Dokho est multiple, à ses yeux, et c'est aussi le seul être, avec les autres Ors, qu'il aime réellement, de tout son cœur de vieillard dans un corps de bambin de même pas 20 ans.

- Shion ?

- Tu as raison...Je suis inquiet.

- Tu ne devrais pas. Ce sont des adultes raiso... Responsables, quand ils veulent.

- C'est juste. Je sais, c'est simplement difficile de m'y faire, tu sais. Surtout concernant Kanon...Je l'avais sous le nez depuis le début, par la Déesse ! Je n'arrive pas à croire que j'ai pu louper quelque chose d'aussi gros. Mais, non, l'un des chevaliers dont j'ai la charge déprime à en mourir et moi je ne vois rien !

- Personne n'est infaillible, tu sais ? Et puis, je pense que Kanon ne nous as pas tout dit. Il ne se bat avec personne, ni dans le Sanctuaire, ni au Palais, et se contente d'assister aux entraînements sans rien faire, dans les Arènes. Pourtant, il a des traces de bleus partout sur le corps

- Je n vois pas trop où tu veux en venir, Amour. Kanon est une forte tête. Il s'est probablement bagarré avec quelqu'un du village, non ?

-Je veut en venir au fait que cet après-midi, j'ai croisé notre ami Kanon en montant vous rejoindre pour la réunion. Apparemment, il était parti chercher de la glace chez les deux Roméos de la huitième maison...avec deux charmants bleus de plus au niveau du cou, des griffures et une tête qui ferait peur à un spectre !

-C'est absolument impossible. Hormis Aioros, qui ne lui ferait jamais le moindre mal, et Shaka, qui ne s'abaisserait absolument pas à frapper quelqu'un qui serait déjà affaiblit, Kanon n'a vu personne depuis hier.

- Tu es donc certain que ces blessures ont été infligés par quelqu'un d'extérieur ?

-C'est forcément cela ! Kanon ne…Oh non, je vois où tu veux en venir. C'est impossible.

-Je crois bien que si, Shion. Ces blessures, c'est Kanon qui se les ait infligées. Tout seul. Et comme lorsque Saga s'est transformé en psychopathe à tendance meurtrières, je pense que quelque chose a dû l'y pousser.

Shion est stupéfait. C'est tout simplement impensable, même si la théorie se tient...Et puis, cela expliquerait du coup l'étrange hostilité du cadet envers Saga, de même qu'une partie de sa fascination pour Aioros. Ça ne peut être que cela, en effet. Mais comment ?

-Dokho...Il faut qu'on en parle à Saga.

- Pour lui dire quoi ? « Salut, chevalier, il semblerait que ton cher frère adoré ait hérité de ton double, mais bizarrement, ce n'est pas la même personnalité, donc on aurait besoin d'un coup de pouce. Pas la même ? Bah oui, apparemment, elle pousse ton frère au suicide, c'est marrant, non ? Tient, et puis pendant que tu es là, profite-en aussi pour nous amener l'armure des Gémeaux, vu qu'à première vue, c'est elle la responsable » ?

-Dokho...

- Comment je le sais ? Parce que deux de nos anciens compagnons, j'ai nommé Aspros et Defteros, se sont retrouvés dans la même situation que vous, trouvant en plus le moyen de tomber respectivement amoureux l'un de l'autre avant de s'étriper joyeusement !

-Dokho !

-Quoi ? C'est la vérité !

-Ferme-la et laisse-moi réfléchir... Même si pour l'instant ni toi ni moi ne savons vraiment quoi faire, il ne faut pas s'énerver. Tachons de trouver une solution.


Ah, Shion ! Je ne sais pas pourquoi, mais je peux pas ne pas l'imaginer en monsieur Optimisme ^^

Sinon, oui, je suis méchante ^^ Ceux qui ont déjà lu mes précédentes fics vous le confirmerons, je mange des bébés et je brûle les petits chatons (ou c'est l'inverse ?) quand on me met pas de review

En vrai, soyons fou ^^ Sauvez un chaton, poster une review !