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Chapitre 3

- A qui tu parlais ?

Tout en tentant de se remettre de l'attaque qu'il avait failli faire, Merlin chercha quelque chose à répondre à Arthur, n'importe quoi. Si Arthur lui avait dit la vérité, et c'était ce que le dragon avait laissé sous-entendre, bien que Merlin n'était sûr de n'avoir compris qu'un dixième de ses paroles, rien ne disait pour autant qu'il était au courant pour sa magie.

Pressé par le temps, il répondit la première chose qui lui passait par la tête – une chose stupide, bien évidemment.

- Personne. Je ne parlais à personne.

- Ne me prends pas pour un idiot, Merlin, répondit Arthur en levant les yeux au ciel. J'ai entendu des voix. Et d'ailleurs, qu'est-ce que tu fais ici ?

Plus que suspicieux, Arthur poussa Merlin sur le côté et s'avança vers les escaliers qui menaient vers ce qui ressemblait à une grotte. De ce qu'il pouvait voir, ce qui ne représentait pas grand-chose au vu de la noirceur de l'endroit, il ne semblait pas y avoir âme qui vive. Pour en avoir le cœur sûr, il commença à descendre, et n'était plus très loin du sol lorsque la voix de Merlin lui parvint.

- Je vous crois.

Surpris, Arthur se retourna et remonta quelques marches afin de faire entrer Merlin dans son champ de vision.

- Quoi ?

- Je vous crois, répéta le sorcier. Pour cette histoire de futur. Je n'ai pas tout compris, mais je veux bien vous croire.

- Si c'est une blague, elle n'est pas drôle.

- Si c'était une blague, je l'aurais gardée pour moi, je ne tiens pas vraiment à subir le même sort que le pauvre tableau de tout à l'heure.

Arthur finit de remonter l'escalier, et se planta à quelques centimètres de son ami.

- Alors…Tu me crois vraiment ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- Pourquoi ?

- Oui, pourquoi ?

- Une intuition. Disons que si vous dites la vérité, eh bien j'ai raison, et sinon…. C'est que vous êtes fou, auquel cas il ne vaut mieux pas vous contredire, vous pourriez vous énerver et m'égorger sinon.

Arthur leva les yeux au ciel, cherchant à cacher le soulagement et la joie qui l'avait envahi, et repris sa descente vers l'antre de Kilgharrah.

Merlin savait qu'il ne pouvait pas se permettre de le laisser découvrir le dragon. Tout du moins tant qu'il ne savait pas si le prince connaissait la vérité, ce dont il doutait. Après tout, si cela avait été lui, il n'aurait rien dit, et il était donc légitime de supposer que son double avait également gardé le silence. Pour autant, empêcher Arthur de descendre ces marches n'allait pas être une mince affaire.

- Arthur !

- Oui ?

-N'y allez pas.

Ledit Arthur se retourna une nouvelle fois, perplexe. Il ne comprenait pas pourquoi Merlin voulait à tout prix l'empêcher de descendre, et cela lui donnait à vrai dire encore plus envie d'y aller.

- Quoi ?

- Ne descendez pas. S'il vous plaît.

Le prince ne l'écouta évidemment pas, et repris sa route.

- Je vous crois. Je vous fais confiance, alors faites-moi confiance également.

Cette fois, Arthur remonta toutes les marches pour se trouver face à Merlin. Il n'appréciait pas les insinuations de ce dernier, et il avait surtout peur de mettre la pagaille dans leur nouvelle relation.

- Je te fais confiance, Merlin, je pensais qu'on avait dépassé ça.

Dans ce cas, ne descendez pas.

- Bon, très bien ! capitula Arthur en bougeant les bras.

Son désir d'arranger les choses avec Merlin et de créer une relation fixe l'avait emporté sur l'envie de savoir ce qui se cachait en bas. Arthur avait bien senti que son ami le prendrait très mal s'il ne l'écoutait pas et s'obstinait à descendre, et une autre dispute était la dernière chose dont il avait envie ce soir là. De plus, il pourrait toujours revenir et descendre ces fichus escaliers plus tard, sans que Merlin ne le sache.


Les deux hommes finirent donc par se séparer et retourner dans leurs chambres respectives jusqu'au matin, où Arthur, qui ne parvenait pas à s'enlever cette grotte de la tête, décida de s'y rendre discrètement.

Il était encore tôt, et le risque de croiser Merlin était faible.

Il parvint jusqu'aux fameux escaliers sans encombres, et le descendit enfin, appréhendant malgré tout ce qu'il allait y trouver. L'endroit était sombre, mais Arthur pouvait distinguer un précipice, au bord duquel il s'approcha. Mais il ne vit rien d'autre que le vide, et, après plusieurs minutes d'attente, se résigna et tourna les talons. La grotte semblait vide, mais cela ne pouvait décemment pas être le cas, sinon Merlin ne l'aurait pas empêché d'y aller.

C'est pourquoi Arthur finit par se retrouver en face de son père, cherchant à lui faire avouer ce qu'il cachait dans cet endroit.

- Cela ne te regarde en rien, Arthur.

- Un jour, je deviendrai roi, vous me le répétez suffisamment. Et j'estime que j'ai le droit de savoir ce qui se trouve dans mon propre château !

- Ce n'est pas encore ton château, et la chose qui se trouve là n'a aucun moyen de sévir, alors cesse de m'importuner !

- La chose ? Quelle chose ?

- Bon, très bien ! Le dernier des dragons se trouve là, il y fut enfermé lors de la Grande Purge, tu es satisfait ?

Arthur marmonna vaguement quelque chose puis quitta son père. Un dragon. Qu'est-ce que Merlin pouvait bien faire avec une telle créature ? Et…Il ne pouvait s'agir que du Grand Dragon qui avait attaqué Camelot toutes ces années auparavant, et qui avait forcé Arthur et Merlin à chercher un seigneur des Dragons. De plus, si ce Merlin était en contact avec le Dragon, alors son Merlin aussi…Non, Arthur ne pouvait pas se laisser aller à se perdre dans des suppositions. Après tout, beaucoup de choses différaient entre le passé dont il se souvenait et celui-ci, alors rien ne prouvait que Merlin avait connu le Grand Dragon avant qu'il n'attaque la ville.

Mais, quoiqu'il en soit, puisqu'il ne pouvait pas savoir ce qu'il en était concernant « son » Merlin, il décida d'en découdre avec le seul Merlin à sa disposition, qui lui avait probablement parlé au dragon.


Arthur se rendit donc immédiatement chez Gaius, et demanda à voir Merlin. Un Gaius mal réveillé lui indiqua la porte, et le prince pénétra dans la pièce sans même toquer ni se soucier de savoir si Merlin dormait ou non.

Par chance, ce dernier venait de se lever, et leva un sourcil en reconnaissant Arthur.

- Qu'est-ce que faites là ?

- Un Dragon, Merlin ? Sérieusement ?

Merlin, qui était jusqu'alors encore assis sur son lit, se leva d'un bond, fusillant Arthur du regard.

- Merci pour la confiance, heureusement que je vous ai demandé de laisser tomber, sinon je me demande ce que ça aurait été !

- C'est de ta faute, tu m'as intrigué avec tes fichus escaliers ! Un Dragon, je n'arrive pas à y croire ! Es-tu complètement stupide, Merlin ?

- Eh bien je suis peut-être stupide, mais moi au moins je tiens mes promesses !

- Je ne t'avais rien promis du tout.

- Vous êtes vraiment sûr que nous sommes amis ? Parce que je me demande bien comment ce peut être le cas, étant donné que vous êtes celui à qui on doit obéir, mais qui ne fait jamais rien en retour ! Vous savez quoi, je m'en fiche. Je veux que vous vous en alliez. Maintenant !

- Merlin, je suis le prince et tu ne peux pas m….

- Dégagez !

Merlin avait hurlé plus qu'il n'avait parlé, et il poussa Arthur dans l'embrasure de la porte.

- Ne revenez pas me parler, à moins d'être mourant ! Et encore !

Après avoir jeté le prince hors de sa chambre, Merlin se laissa tomber sur le sol. Il voulait bien faire des efforts, mais il y avait des limites. Après tout, il ne connaissait pas Arthur, et ne lui devait rien. Alors certes, il avait bien voulu essayer d'être son ami et de lui faire confiance, principalement parce que l'était d'esprit du prince la veille l'avait touché, mais il n'allait pas se laisser marcher sur les pieds pour autant. Il avait fait confiance à Arthur, et ce dernier l'avait trahi. Il ne voulait donc plus rien avoir à faire avec lui. D'autant plus qu'il était désormais à peu près sûr qu'Arthur n'était pas au courant pour sa magie, et il ne savait pas quelle réaction cela pourrait déclencher.

Il espérait simplement ne pas avoir définitivement tourné Arthur contre lui, car même s'il était un abruti, il restait le prince de Camelot et pouvait très bien décider de l'enfermer, ou même de l'exécuter.

Par ailleurs, les paroles du dragon lui restaient en mémoire, et il ne parvenait pas à s'en défaire. Merlin décida finalement d'aller chercher des plantes pour Gaius, histoire de s'aérer l'esprit.


Après s'être fait jeté par Merlin et avoir quitté les appartements de Gaius, Arthur s'était quant à lui assis quelques instants contre la porte. Il avait besoin de respirer. Il était vraiment stupide, et avait encore une fois tout gâché. Le pire étant qu'il savait pertinemment que cela allait arriver s'il s'obstinait à vouloir découvrir ce qui se cachait dans la grotte et que Merlin l'apprenait. Et, comme d'habitude, il n'avait pas pu se contrôler et avait carrément lui-même révélé à son ami qu'il avait trahi sa confiance. On pouvait décidément difficilement faire plus stupide. Il n'avait même pas tenu vingt-quatre heures avant de re-déclencher une dispute.

Appuyé contre la porte, il regardait les gens passer tout en se demandant comment il allait bien pouvoir se défaire d'une telle situation. Le fait est qu'il avait réfléchi et agi comme s'il s'agissait du Merlin qui le connaissait depuis des années, et il n'avait donc pas pris en compte le fait que fouiller derrière son dos pourrait fortement énerver ce Merlin. Oh, bien sûr cela aurait également énervé son Merlin, mais il était habitué, et il se serait calmé après quelques heures. Or, il doutait que quelques heures suffisent cette fois.

Après plusieurs minutes, Arthur s'apprêtait à se relever lorsqu'il aperçut Gwen et Morgana au loin.

Gwen. Cela faisait maintenant plusieurs jours qu'il ne lui avait pas parlé, ni même vue. A vrai dire, il ne lui avait parlé qu'une seule fois depuis son arrivée, et il n'avait pas cherché à la revoir. Ce qu'il savait être étrange, parce qu'elle devrait lui manquer. Il devrait avoir envie de la voir, d'être avec elle, et de s'assurer que leur amour naisse. Et pourtant, il n'en faisait rien. Trop occupé à penser à Merlin, à chercher sa compagnie et son amitié, il en avait oublié sa femme. Même là, alors que l'occasion se présentait, qu'elle allait passer près de lui dans quelques secondes et qu'il lui suffirait alors d'entamer une conversation, il savait déjà que cela n'arriverait pas. Il n'avait pas envie de parler à Gwen. Il avait envie de parler à Merlin, mais puisque cela était impossible, de parler à Morgana. Parce qu'elle pourrait peut-être l'aider à sauver les meubles.

Ainsi, chassant les questions qui avaient envahi son esprit quant à pourquoi il ne voulait pas voir Gwen, Arthur se leva lorsque les deux femmes arrivèrent à son niveau, et interpella sa sœur.

- Morgana ! Je peux vous parler ?

Comprenant de quoi il s'agissait, la pupille du roi demanda d'un mouvement de tête à sa servante de les laisser. Une fois Gwen suffisamment loin, Morgana se rapprochant d'Arthur en sautillant à moitié et en joignant ses mains, ce qui rappelait au prince un enfant sur le point d'ouvrir un cadeau.

- Alors ? Vous lui avez parlé ? Ouh, vu votre tête, vous avez encore fait quelque chose qu'il ne fallait pas, n'est-ce pas ?

- Disons que j'ai réussi à arranger les choses, avant d'en remettre une couche.

- Mon Dieu, Arthur, rappelez-moi de ne jamais vous demander conseil en ce qui concerne les relations humaines ! Bon, dites-moi, qu'avez-vous fait ?

- Il est sorti d'une grotte, et m'a demandé de ne pas y aller.

- Vous y êtes allé ?

Arthur hocha la tête, las.

- Et il l'a appris, devina-t-elle avant de se reprendre devant la mine du prince. Oh non, ne me dites que vous le lui avez avoué vous-même ? J'ose espérer que vous le lui avez dit en lui demandant pardon d'avoir trahi sa confiance.

- C'était un dragon, Morgana, un foutu dragon !

- Donc vous l'avez agressé. Non vraiment, super idée ! Venez me voir la prochaine fois, je vous dirai à quelle point vos idées sont stupides et alors peut-être que vous arriverez à avoir des amis, voir même des gens qui vous aiment, un jour.

Le ton sarcastique de Morgana ne fit pas sourire Arthur, qui se contenta de soupirer lourdement, lui signifiant qu'il n'avait pas voulu lui parler pour se faire laminer.

- Bon, comment il a réagi ?

- A votre avis ?

- Ouais, il vous a jeté.

- Et comment vouliez-vous que je réagisse ? un Dragon, Morgana !

- J'avais entendu la première fois, vous savez.

- Vu votre manque de réaction, on aurait pu en douter.

- Merlin a vu un dragon, et après ? Après tout, ce n'est pas lui qui a amené ce dragon ici, alors je ne vois où est le problème.

- Le problème ? Le problème ? Mais enfin, un dragon, vous ne comprenez donc pas ? C'est une créature magique et donc…

- Et donc dangereuse ? Vous dites être différent d'Uther quant à la magie, mais vous vous trompez. Pour vous comme pour lui, dès qu'une créature est magique, elle est forcément dangereuse ! Vous ne vous êtes pas dit que peut-être Merlin pense différemment, que peut-être il n'a pas une peur bleue de la magie et est capable de voir au-delà, et que peut-être ce fichu dragon n'est pas aussi dangereux que vous le dites ? Quel effet vous a –t-il fait lorsque vous l'avez vu, hein ?

- Qui ? Merlin ?

- Le dragon, Arthur.

-Je…Je ne l'ai pas vu.

- Comment ça vous ne l'avez pas vu ?

- Quand je suis descendu dans la grotte, je n'ai rien vu. C'est mon père qui m'a avoué y avoir enfermé le dernier dragon.

- Donc vous vous basez sur les dires d'Uther. Merveilleux.

-Morgana…

- Non, taisez-vous. Vous êtes vraiment stupide, vous savez. Vous auriez bien de la chance si Merlin décide de vous redonner une chance, alors s'il le fait, ne la gâchez pas encore.

Sur ce, Morgana tourna les talons, laissant Arthur en plan. Puisque ce dernier était trop stupide pour agir correctement, elle décida qu'une intervention était hautement nécessaire. De plus, elle avait très envie d'apprendre à connaitre Merlin, pour essayer de comprendre ce qui était si spécial chez lui pour qu'Arthur, d'ordinaire tellement arrogant et sans attaches, ait développé un tel attachement envers lui, et surtout en si peu de temps.


Elle partit donc à la recherche de l'apprenti de Gaius, mais ne réussit pas à le trouver. Lorsque le soir commença à tomber, et qu'elle n'avait toujours aucun signe de Merlin, qu'elle savait désormais être parti chercher des plantes d'après ce que Gaius lui avait dit, elle commença à s'inquiéter, et décida d'en faire part à Arthur. Non pas qu'elle ait besoin de quiconque pour retrouver Merlin dans les bois, mais elle n'avait pas d'épée, et se retrouverait donc mal en point si elle tombait sur des bandits, ou autre menace du genre.

Comme elle le pensait, Arthur réagit au quart de tour, et avant même qu'elle n'ait eu le temps d'ajouter quoi que ce soit, il l'avait entrainée hors de Camelot.

Les deux Pendragon arpentaient les bois depuis près d'une heure lorsque Morgana décida de finalement briser le silence qui s'était installé depuis qu'ils étaient sortis de la chambre d'Arthur.

- Vous savez, si jamais il lui est arrivé quelque chose…Ce n'est pas votre faute, même si vous pensez que ça l'est.

Seul le vent lui répondit, Arthur ne daignant même tourner la tête vers elle.

- Finalement vous avez raison, le silence c'est bien. Au moins je n'entends pas votre voix insupportable.

Devant l'inefficacité flagrante de ses tentatives pour déclencher une réaction chez le prince, Morgana capitula en soupirant. Parfois, elle se demandait pourquoi elle s'obstinait à vouloir aider Arthur.

Un peu moins d'une heure s'écoula encore avant qu'ils ne rencontrent enfin du mouvement. Une ombre se dessinait au loin, et Arthur fit signe à Morgana de ne pas bouger pendant qu'il vérifiait de quoi il s'agissait, ce qu'elle fit, plus par lassitude que pour écouter le prince.

Arthur s'avança donc lentement vers l'ombre, la main sur son fourreau, prêt à se battre, jusqu'à ce qu'il reconnaisse Merlin. Soulagé, il lâcha son fourreau et se précipita vers son ami avant de le serrer dans ses bras. Ce n'est qu'après plusieurs secondes qu'il réalisa ce qu'il était en train de faire, et recula rapidement. Merlin le fixait, visiblement peu touché par l'élan d'amitié du prince.

- Euh…

- Qu'est-ce que tu fichais ? On t'a cherché partout !

- Je n'ai pas vu le temps passer, et puis je me suis perdu.

Arthur leva les yeux au ciel. C'était tellement…Tellement Merlin.

Puisque personne ne bougeait, Morgana, qui avait fini par s'approcher, et se remettait à peine du choc causé par la vue d'Arthur enlaçant quelqu'un –puisqu'il va sans dire que cela n'arrivait jamais, elle prit les devants, et tira Merlin par le bras, l'éloignant d'Arthur.

Ce dernier voulu les suivre, mais la jeune femme lui lança un regard qui aurait fait se raviser n'importe qui, même Uther.


Morgana entraina donc un Merlin qui commençait sérieusement à se demander s'il n'aurait pas mieux fait de rester à Ealdor suffisamment loin pour qu'Arthur ne puisse pas entendre, mais suffisamment près pour qu'elle puisse le surveiller.

- Merlin, c'est ça ? Je suis…

- La pupille du roi, compléta Merlin. Je sais qui vous êtes.

- Tu peux m'appeler Morgana. J'ai entendu dire que toi et Arthur…

- Ah oui d'accord. Ecoutez, avec tout le respect que je vous dois, si c'est lui qui…

- Arthur ne m'a pas envoyée te parler. A vrai dire, je voulais le faire dans son dos, mais peu importe.

- Qu'est-ce que vous voulez dans ce cas ?

- Je sais ce qu'il a fait, pour cette histoire de dragon et tout ça, mais… Loin de moi l'idée de le défendre pour le plaisir, à vrai dire je déteste ça, mais je suis sûre qu'il ne l'a pas fait méchamment. Il tient beaucoup à toi, j'en suis sûre.

- Oui, et il le montre en trahissant ma confiance, logique.

- C'est…Arthur. Il est comme ça. Stupide je veux dire, ce n'est pas un traitre, il est juste incapable de réfléchir avant d'agir.

- Ca je veux bien vous croire, répondit Merlin en souriant.

Sentant que Merlin s'adoucissait à son contact, Morgana décida de tenter le tout pour le tout.

- Et donc hum, un dragon ? Commença-t-elle à dire, avant de se reprendre devant l'air quelque peu blasé du jeune homme. Oh, ne t'en fais pas, je ne vais pas te demander ce que tu faisais avec un dragon, je ne suis pas Arthur

- Alors qu'est-ce que vous voulez savoir ?

- Eh bien, Arthur dit que le dragon ne s'est pas montré à lui. Pourtant, toi tu l'as vu, n'est-ce pas ?

- Oui. Je l'ai vu.

- Pourquoi ? Je veux dire, pourquoi est-ce que tu as pu le voir, et pas Arthur ?

- Je n'en sais rien, c'est au dragon qu'il faut demander ça, répondit Merlin en riant.

- Tu sais, si Arthur s'est emporté, c'est parce que les dragons sont des créatures magiques, et….

- Et une créature magique est forcément une menace, c'est ça ?

- C'est loin d'être ce que je pense. La magie n'est pas forcément mauvaise. Mais Arthur a été élevé par Uther, et… Je suppose que c'est difficile pour lui de se défaire des idées de son père, mais je crois qu'il essaie. Et puis, si tu veux mon avis, il a surtout eu peur. Je veux dire, n'importe quoi aurait pu t'arriver en présence du dragon.

- Vous essayez de me dire que je devrais lui laisser une autre chance, c'est ça ?

- Disons que tout le monde a droit à une deuxième chance, non ?

- Si on continue comme ça, il en sera à sa quarantième chance à la fin du mois !

-Eh oui, bienvenue dans l'entourage du terrible prince Arthur, plaisanta Morgana.

Merlin et Morgana discutèrent pendant encore quelques minutes, puis un grognement d'Arthur leur rappela sa présence. Ils s'avancèrent alors vers lui, mais Morgana ralentit Merlin en lui attrapant le bras.

- Dis, tu crois que je pourrais venir avec toi ?

- Quoi ?

- Le dragon. Si j'y vais seule, je suis sure qu'il ne viendra pas. Mais si j'y vais avec toi, je pourrais peut-être le voir.

- Hum, je ne suis pas sûr que…

- Oh, s'il te plait Merlin ! J'ai tellement envie de voir un vrai dragon !

- Bon, d'accord. Mais n'en parlez à Arthur.

- Oh merci !

On peut savoir ce que vous faisiez ? Je m'ennuie, moi ! Grogna Arthur en interrompant leur conversation.

- En quoi cela vous regarde –t-il ? Répondit Morgana d'un air narquois, arrachant au passage un sourire à Merlin.

Tandis qu'Arthur bougonnait de plus belle en rejoignant Camelot, Morgana interpréta ses réactions à sa manière, persuadée que le prince n'était pas de mauvaise humeur juste parce qu'il était resté tout seul, et décida qu'il ne s'en sortirait jamais tout seul. Elle allait donc devoir elle-même faire en sorte qu'il ouvre son cœur, sans faire fuir tout le monde de préférence, et des centaines d'idées envahissaient déjà son esprit.