Hey !
J'ai fait une plotline (ce qui est trèèèès rare chez moi donc applaudissez moi, merci XD), et je vous informe que cette fic comptera environ 15-16 chapitres.
Bonne lecture !
Chapitre 5
Merlin se retrouvait donc une nouvelle fois devant l'entrée de la grotte de Kilgharrah, suivi de très près par Arthur, qui avait catégoriquement refusé de le laisser y aller seul.
Les deux amis descendirent, et Merlin fut surpris de voir le dragon posé sur son rocher, les fixant comme s'il les attendait. Le sorcier voulut s'avancer vers le précipice, mais Arthur posa une main sur son torse pour l'en empêcher, geste qui eut pour conséquence de faire rire le dragon.
- Il n'y a nul besoin d'avoir peur de moi, jeune roi.
- Je n'ai pas peur de vous. Et je ne suis pas encore roi.
- Bien sûr que si, affirma Kilgharrah. Tu es roi, ou tout du moins tu l'étais il y a encore quelques jours, n'est-ce pas ? Et tu as peur de me voir attaquer Camelot, comme tu m'as déjà vu le faire. Tu as peur de ce que je pourrais t'apprendre, sur toi-même et sur les autres.
Arthur déglutit. Il n'avait pas pensé que le dragon pourrait connaître son futur.
- Savez-vous pourquoi je suis ici ? Qui m'y a envoyé ?
- Je le sais.
- Alors qui est-ce ?
- Il est des choses que l'on peut dévoiler, et d'autres qui ne doivent être découvertes qu'en temps et en heure.
- Mais vous savez comment le renvoyer ? Intervint Merlin
- Peut-être. Mais son futur et sa destinée ne dépendent que de lui. Et de toi.
- Attendez, quelle destinée ? Et qu'est-ce que Merlin vient faire là dedans ?
Le dragon se remit à rire, ce qui agaça légèrement Arthur, qui avait l'impression qu'il se moquait ouvertement de lui.
- Merlin a tout à voir dans cette histoire. Il est ta destinée et tu es la sienne. Albion ne sera jamais réunifié sans l'un de vous deux. Vous êtes les deux faces d'une même pièce.
Les dires du dragon commençaient à mettre Arthur mal à l'aise, sans qu'il ne sache réellement pourquoi. Il jeta un regard vers Merlin, qui fixait le dragon en plissant des yeux. Puis, il décida de se concentrer sur la raison première de leur visite, et donc d'interroger le dragon à propos de Morgana.
- Et Morgana ? Peut-elle être sauvée ?
- Rien n'est marqué dans le marbre à tout jamais, jeune roi. Le destin de la sorcière est noir, mais peut-être peut-elle en partie y échapper. J'ignore si cela est possible.
- Pourquoi ne vous êtes vous pas montré lorsqu'elle est venue vous voir avec moi ? demanda Merlin.
- Peut-être qu'elle peut être sauvée ne veut pas dire que je dois l'y aider. Je me refuse à intervenir plus que nécessaire dans le destin qui vous attend.
Sur ce, Kilgharrah s'envola, laissant Merlin et Arthur seuls.
- Tu vois, Merlin, j'avais raison.
- Que voulez-vous dire ?
- Aller voir ton stupide dragon n'a servi à rien. Ah si, à apprendre qu'il très exactement qui m'a envoyé ici et pourquoi, mais qu'il ne dira rien. C'est dingue ce qu'on a avancé !
- Pourquoi êtes-vous toujours aussi pessimiste ? Au moins maintenant vous savez que vous avez peut-être une chance de sauver Morgana.
Arthur haussa les épaules et laissa Merlin, lui expliquant que son père avait demandé à le voir. Ce qui était par ailleurs vrai, mais ce n'était pas la raison pour laquelle Arthur partait.
Il avait simplement voulu partir avant que Merlin ne lui parle de ce que le dragon avait dit à propos d'eux, avant qu'il ne lui demande ce qu'il en pensait. D'abord parce qu'Arthur lui-même n'avait pas très bien compris, mais surtout parce qu'entendre le dragon les désigner comme les deux faces d'une même pièce lui avait rappelé à quel point il avait besoin de Merlin, à quel point il tenait à lui, mais surtout à quel point son Merlin lui manquait. Et il n'avait certainement pas besoin d'une autre discussion au cours de laquelle Merlin lui dirait encore une fois qu'il n'était pas lui. Arthur savait qu'il devait faire son deuil d'un Merlin qui partagerait ses souvenirs, mais il en était incapable.
A l'autre bout du palais, Morgana était assise sur son lit, Gwen à ses côtés. Elle était déçue de ne pas avoir vu le dragon, mais elle était reconnaissante envers Merlin pour avoir essayé. Elle appréciait l'apprenti de Gaius, et elle commençait à comprendre ce qu'il avait de spécial aux yeux d'Arthur.
- Vous allez bien ? lui demanda Gwen.
- Oui, oui je vais bien. Je pensais à Arthur.
- Arthur ? Pourquoi donc ?
- Ne trouves-tu pas qu'il est…Différent, ces temps-ci ?
- Vous savez, je ne le connais pas très bien, donc je ne peux pas vraiment savoir s'il a changé.
- Mais tu connais Merlin, n'est-ce pas ?
- Oui, il m'aide parfois, lorsqu'il ne peut rien faire pour aider Gaius et qu'il n'est pas avec Arthur.
- Ah, donc tu as remarqué qu'ils passaient beaucoup de temps ensemble !
- Je ne vois pas où vous voulez en venir, Morgana, avoua Gwen en souriant.
- Eh bien, je trouve simplement qu'Arthur a changé depuis que Merlin est arrivé. Il est beaucoup plus agréable, et surtout il semble beaucoup tenir à lui. Tu aurais dû le voir lorsque Merlin a refusé d'être son serviteur, j'aurais presque cru qu'on l'avait ensorcelé. Non, je crois qu'il tient vraiment beaucoup à lui.
- Sans doute, oui. Vous devez être heureuse de le voir enfin s'attacher à quelqu'un, non ?
-Oh, Gwen, ne comprends-tu pas ? Arthur est amoureux !
- Vous pensez qu'Arthur est amoureux de Merlin ?
- Oui, c'est évident ! Enfin, sauf pour lui évidemment, il est tellement aveugle. C'est pour ça qu'il faut qu'on l'aide ! Tu acceptes de m'aider, n'est-ce pas ?
- Bien sûr, répondit Gwen en souriant.
Elle ne savait pas si Morgan avait raison à propos des sentiments d'Arthur, mais il y avait longtemps qu'elle n'avait pas vu Morgana aussi enthousiaste, et cela la réjouissait.
Arthur sortit de la salle du trône en soupirant. Son père l'avait fait venir pour lui rappeler que le tournoi commençait le lendemain. Il avait fallu un moment à Arthur pour se souvenir de ce tournoi, mais ça avait fini par lui revenir. Il s'agissait du tournoi au cours duquel l'un des chevaliers dont il ne parvenait pas à se rappeler le nom avait failli le tuer, et avait tué plusieurs autres chevaliers, grâce à des serpents qui sortaient de son bouclier.
Il fallait absolument qu'il parvienne à empêcher le tournoi, ou tout du moins à prouver la tricherie avant que qui que ce soit ne meure. Cependant, il savait pertinemment que son père n'écouterait que si les serpents sortaient du bouclier devant ses yeux.
Il se tourna donc vers Merlin, qu'il trouva en train de discuter avec Morgana.
- Merlin !
Tandis que Merlin se retournait vers lui, Morgana sourit et dit quelque chose qu'Arthur ne parvint pas à entendre, mais qui devait être drôle à en juger par le rire de Merlin, ce qui ne manqua pas d'énerver le prince. Puis elle tourna les talons et Merlin s'avança vers lui.
- Arthur.
- Qu'est-ce que Morgana te disait ?
- Rien d'important, répondit Merlin en haussant les épaules.
- Mais encore ?
- Rien d'important, je vous dis. Vous ne voulez pas non plus que je vous fasse une transcription écrite de toutes les conversations que j'ai eu dans ma vie ?
Arthur leva les yeux au ciel et poursuivit.
- Peu importe, nous avons un problème.
- Quel problème ?
- Le tournoi.
- Ah oui, j'ai entendu dire qu'il commençait demain. Je n'ai jamais assisté à un vrai tournoi, j'ai tellement hâte de…
- Merlin…
- Combien il y aura de chevaliers ? Non parce que..
- Merlin !
- Oui ?
- Pourrais-tu te taire et m'écouter ?
- Puisque vous le demandez si gentiment…
- Lors du tournoi, l'un des chevaliers va tricher. Il a un bouclier ensorcelé duquel sortent des serpents. C'est comme ça qu'il tue ses adversaires.
- Oh. Et vous le savez parce que… ?
- Oh, je ne sais pas, peut-être parce que je l'ai déjà vécu ?
- Bien vu. Et comment l'avez-vous battu ?
- Hum…De ce que je me souviens, les serpents sont sortis du bouclier lors du combat.
- De ce que vous vous souvenez ? C'est bien, vous semblez certain.
- C'était il y a des années, Merlin !
- Bon, bon d'accord. Comment avez-vous découvert qu'il trichait ?
- Euh… Tu me l'as dit.
- Et comment est-ce que je l'ai découvert ?
- Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ?
- Vous êtes en train de dire que je vous explique qu'un de vos concurrents triche, et vous ne me demandez pas comment je le sais ?
- Non. Si. Peut-être, je ne sais plus ! L'important n'est pas de savoir comment tu l'as su, Merlin, c'est de l'empêcher de tuer.
- Vous en avez parlé à votre père ? demanda Merlin avant de se raviser devant l'expression d'Arthur. Oui, mauvaise idée. Bon ben euh…Je réfléchis et je vous tiens au courant.
- Où est-ce que tu vas ? Demanda Arthur alors que Merlin commençait à s'en aller.
- Euh… Aider Gaius, c'est légèrement pour ça que je suis venu à Camelot !
Merlin se rendit effectivement chez Gaius, mais se dirigea directement dans sa chambre, où il sortit le livre de magie que le médecin lui avait donné le jour de son arrivée à Camelot. Selon Arthur, les serpents étaient sortis tous seuls du bouclier en plein combat. Ce qui était quand même hautement improbable, surtout si le sortilège fonctionnait parfaitement avant cela. Merlin soupçonnait son double d'être responsable de la sortie des serpents, et s'il avait raison, le sortilège qu'il avait utilisé était sûrement dans ce livre.
Il feuilleta le livre pendant des heures, en vain, puis finit par s'endormir. Lorsqu'il se réveilla, il réalisa que c'était déjà le matin. Il regarda par la fenêtre, et vit que tout était en place pour le tournoi. Les chevaliers étaient tous en train de se préparer pour combattre, et, sachant qu'Arthur n'avait engagé personne pour le servir, il décida de se rendre dans sa tente.
- Ah, Merlin ! As-tu trouvé quelque chose ?
- Non.
Arthur soupira. Il n'avait rien trouvé non plus, et cela signifiait que l'adversaire de ce maudit chevalier allait mourir. Et il ne pouvait rien faire pour empêcher cela.
- Alors que fais-tu ici ?
- Je suis venu voir si vous aviez besoin d'aide.
Arthur haussa un sourcil.
- Je croyais que tu ne voulais pas être mon serviteur.
- Vous savez, je peux m'en aller si vous ne voulez pas de moi ! lança Merlin en faisant demi-tour.
- Passe-moi ma côte de maille.
Merlin attrapa ladite côte en souriant. Il commençait à vraiment cerner Arthur.
- Qu'allez-vous faire ?
- Me battre, Merlin. Que veux-tu que je fasse d'autre ?
- Je parlais du chevalier.
- Rien. Il n'y a rien que je puisse faire pour l'instant.
- Alors on va le laisser tuer un innocent ?
- Je crains qu'on n'ait pas vraiment le choix, Merlin ! On ne peut pas prouver que son bouclier est enchanté, et mon père n'accepterait pour rien au monde d'annuler le tournoi. Ca ne me réjouit pas plus que toi, mais on ne peut rien faire.
Merlin finit d'aider Arthur à se préparer, tant bien que mal, n'étant pas vraiment habitué aux équipements de chevaliers, ce qui ne manqua pas de faire rire le prince.
Lorsqu'ils sortirent finalement de la tente, les autres chevaliers étaient déjà prêts.
- Lequel est-ce ? Demanda Merlin.
Arthur lui désigna le chevalier Valiant.
- Il a l'air d'un tricheur, de toute manière.
Le ton dédaigneux de Merlin fit rire Arthur, qui lui tapa gentiment l'épaule.
- Le tournoi va commencer, tu ne devrais pas rester là.
Merlin hocha la tête. Puisqu'il ne pouvait rien faire d'autre, il allait profiter du temps que durerait le tournoi pour trouver le sortilège qui lui permettrait de sauver les autres victimes du chevalier.
Il remonta donc dans sa chambre et repris sa lecture. Après environ une heure, il tomba finalement sur un sortilège qui l'interpella. Il permettait, s'il on en croyait le livre, d'animer les objets. Il devrait donc permettre au bouclier de s'animer, et aux serpents de prendre vie sans qu'ils en aient reçu l'ordre.
Cependant, le sorcier savait qu'il ne pouvait pas se permettre de se rater, et il lui fallait donc être sûr de maîtriser le sort. Il fouilla sa chambre, puis la pièce principale, mais ne trouva rien d'intéressant. Puisque tout le monde était hors du château pour assister au tournoi, il s'autorisa à chercher dans la chambre d'Arthur. Sans grande surprise, il ne trouva rien, si ce n'est une pile immense de vêtements sales qui prouvait que le prince avait vraiment besoin d'un valet.
Quelque peu dépité de ne rien trouver, et donc de perdre un temps précieux, Merlin s'achemina vers la chambre de Morgana. Peut-être aurait-elle un bijou représentant un animal, ou quoi que ce soit de ce genre. Merlin sourit en apercevant enfin un cobaye potentiel. Une petite figurine représentant une chouette était posée sur une étagère.
Le sorcier s'en empara, et repris le chemin de sa chambre en espérant qu'il aurait le temps de s'entraîner et de reposer l'objet à sa place avant que Morgana ne s'aperçoive de sa disparition.
Il commença à réciter le sort, sans succès. Il recommença, encore et encore, ne voyant plus le temps passer. Ce n'est que lorsqu'il entendit les trompettes annonçant la fin du tournoi –pour aujourd'hui en tout cas- qu'il réalisa qu'il y avait passé sa journée entière. Sans résultat.
Il tenta encore une fois d'animer la chouette, mais eut à peine le temps de finir son incantation avant de la jeter sous son drap en entendant la porte s'ouvrir.
- Tu sais Merlin, quand je t'ai dit de ne pas rester là, ça ne voulait pas dire que tu ne pouvais pas regarder le tournoi, ni que tu devais passer ta journée dans ta chambre.
- Euh..Oui, non, je…
Arthur haussa un sourcil, avant d'éclater de rire.
- Je vois que tu es toujours aussi doué pour faire des phrases.
- Vous avez gagné ? Demanda Merlin en espérant changer de sujet.
- Bien sûr que j'ai gagné, quelle question. Mais lui aussi. Il a utilisé son bouclier, et je pense que Gaius est en train de ramener le corps ici. On ne peut pas laisser cela se produire encore demain.
- Que comptez-vous faire ?
- Je ne sais pas. Peut-être parler à mon père.
- Il ne vous écoutera pas Arthur, vous l'avez dit vous-même.
- Je sais bien, mais je ne peux rien faire d'autre ! Je devrais peut-être essayer, on ne sait jamais.
- Attendez au moins demain soir.
- Merlin, si on ne fait rien, quelqu'un d'autre va mourir demain. Je ne tiens pas à avoir une mort de plus sur la conscience.
Merlin allait argumenter lorsqu'un léger hululement se fit entendre.
- Qu'est-ce que c'était ? Demanda Arthur en fouillant la pièce du regard.
- Quoi donc ?
Merlin rabattit un deuxième coussin sur son oreiller, priant pour que la chouette – s'il avait raison et qu'il s'agissait bien d'elle- se taise, ou tout du moins que le bruit serait camouflé.
- Tu n'as rien entendu ?
- Non.
- Là ! S'écria Arthur lorsque le même bruit retentit. Ne me dis pas que tu ne l'as pas entendu !
- Arthur, je n'entends rien du tout. Vous êtes sûrement très fatigué par votre journée, voilà tout. Vous devriez aller vous coucher.
Le prince cligna rapidement des yeux, suspicieux.
- Je dois parler à mon père avant…
- Vous entendez des bruits que personne d'autre n'entend, je ne crois pas que ce soit une bonne idée d'aller voir votre père maintenant. Allez vous coucher, je vous dis.
- Je suis le roi, Merlin, tu ne peux pas me dire ce que je dois faire.
- Vous n'êtes plus roi. Vous voyez, vous êtes fatigué, déclara Merlin en le poussant vers la sortie. Imaginez si vous faites un lapsus de ce genre devant Uther, mmh ?
- Tu as peut-être raison…Finit par admettre Arthur, qui se pencha pour voir une dernière fois à l'intérieur de la chambre avant de se résigner et d'aller se coucher, estimant qu'il pourrait parler à son père le lendemain matin.
Une fois sûr qu'Arthur était suffisamment loin, Merlin se précipita vers son lit, et souleva l'oreiller, pour y découvrir une petite chouette qui hululait encore. Il avait réussi ! Il ne lui restait plus qu'à attendre l'opportunité de faire de même avec les serpents. Il savait qu'il ne pourrait pas le faire devant Uther, et il lui fallait donc à tout prix convaincre Arthur d'attendre une journée de plus avant de parler au roi.
Il se leva donc de bonne heure le lendemain, et après une nuit très courte puisqu'il avait aidé Gaius à tenter d'y voir plus clair sur la mort du chevalier. Sortant en essayant de ne pas réveiller le médecin, il se rendit vers la chambre d'Arthur, pour ne trouver qu'un lit défait. Il l'avait raté.
Il se précipita alors vers la salle du trône, où Uther se rendait chaque matin. Sans réfléchir, il poussa les portes, et le regard glacial du roi se posa sur lui. Arthur était également présent, et laissa échapper un soupir en le voyant.
- Que fais-tu là ? Demanda Uther d'un ton peu amical.
Tandis que Merlin tentait de bafouiller une quelconque réponse, Arthur se déplaça de manière à recouvrir le champ de vision de son père, espérant que cela suffirait pour que le roi se reconcentre sur lui et non sur son ami.
- Père, je vous affirme que…
- As-tu une preuve de ce que tu avances ?
- Non, mais..
- Dans ce cas, je ne veux plus rien entendre.
- Mais père…
- Arthur. J'ai dit : cela suffit. Tu ne peux pas accuser un autre chevalier de tricherie – et encore moins de magie- sans preuve, et il est absolument hors de question que j'annule ce tournoi parce que tu as peur de perdre !
- Cela n'a rien à voir avec…
- Il suffit, Arthur. Va te préparer pour le tournoi. Et emmènes…Euh…., déclara Uther en désignant Merlin de la main.
- Merlin, il s'appelle Merlin, siffla Arthur entre ses dents, agacé.
- Oui, certes.
- Vous n'allez même pas le convoquer ?
- Bien sûr que non. Disparais maintenant.
Se retenant de dire quelque chose qu'il pourrait regretter – ou plutôt qui pourrait l'envoyer dans les cachots-, Arthur fit demi-tour et quitta la salle du trône en claquant la porte, attrapant Merlin par le bras au passage.
Ce dernier tenta de le calmer, mais en vain. Arthur fulminait. Bien sûr, la réponse de son père n'était pas une surprise, mais il n'avait pu s'empêcher d'espérer obtenir ne serait-ce qu'une confrontation. Si quelqu'un d'autre mourrait ce jour-là, et il savait que ce serait le cas, son père serait le seul responsable.
Merlin l'aida à se préparer, puis Arthur partit combattre en premier. Lorsqu'il eut fini –et gagné, il revint se poser aux côtés de son ami, ce qui n'était pas pour arranger le sorcier, qui savait qu'il ne pouvait pas utiliser sa magie devant Arthur.
Lorsque le tour de Valiant fut arrivé, et qu'Arthur commençait à sérieusement s'agacer, il prétendit une envie pressante pour s'éclipser.
- Maintenant ? Ne peux-tu donc pas attendre ?
- Vous arrivez à contrôler ce genre d'envies, vous, peut-être ?
- Non mais…
Merlin savait ce qu'Arthur avait dans la tête. Il ne voulait pas être seul pour regarder le combat en sachant que le chevalier allait mourir.
- Je reviens aussi vite que possible.
Sans laisser au prince la chance de protester, Merlin s'éloigna et chercha un endroit d'où il pourrait voir l'arène sans être vu. Il se cacha donc derrières les gradins, et lança le sort qu'il avait mémorisé, priant pour qu'il fonctionne. Puis, il retourna rapidement aux côtés d'Arthur, qui avait le visage fermé, inquiet.
A peine était-il revenu que les serpents sortirent du bouclier. Alors que Valiant tentait de les rappeler discrètement, Arthur se leva d'un bond et attrapa son épée.
- Ne bouge pas ! Intima-t-il à Merlin.
Il se précipita dans l'arène et se plaça devant le chevalier qui combattait Valiant, et qui était tombé à terre. Il parvint à décapiter les serpents, et s'engagea dans un combat à mort avec Valiant, qu'il gagna de justesse.
Laissant tomber son épée au sol, il releva la tête vers son père, qui s'était levé, ainsi que Morgana.
- Peut-être feriez-vous mieux de m'écouter la prochaine fois, déclara-t-il sans se soucier de la colère que cette mise au point publique déclencherait chez le roi.
Quelques heures plus tard, tout était redevenu calme. La cohue qui s'était emparée de Camelot après le combat s'était tue, et Arthur regagnait sa chambre.
Il y trouva Morgana, assise sur son lit.
- Morgana. Que faites-vous là ?
- Je venais voir comment vous alliez.
- Bien, merci.
- Qu'a dit Uther ?
- A votre avis ? Il m'a intimé de ne plus jamais le provoquer en public comme je l'ai fait, bien sûr.
Morgana secoua la tête en soupirant.
- Et comment va Merlin ?
- Merlin ? Pourquoi ?
- Je ne sais pas, la dernière fois que je l'ai vu, il avait l'air anxieux.
- Quand était-ce ?
- Le premier jour du tournoi.
Arthur soupira. Merlin devait simplement s'inquiéter de la manière dont les choses tourneraient. Rien d'alarmant, donc.
- Il va bien.
- Tant mieux.
- Vous avez l'air proches tous les deux, fit remarquer Arthur.
- Oui, on est de bons amis je pense. Je lui demande parfois de m'aider lorsque Gwen est occupée.
Arthur releva la tête d'un geste. Merlin aidait Morgana alors qu'il refusait d'être son serviteur à lui ? Cette révélation lui noua l'estomac, et il essaya d'oublier ce sentiment de… Jalousie ? Non, bien sûr que non, il n'était pas jaloux de Morgana.
Cette dernière détailla attentivement les réactions d'Arthur. Elle savait que mentir n'était pas une bonne idée, et qu'Arthur l'apprendrait un jour ou l'autre, mais elle voulait vraiment savoir s'il était jaloux du temps qu'elle passait avec Merlin. Et si elle en croyait l'air abattu que le prince tenait tant bien que mal de cacher, la réponse était oui.
- Oh, vous…Vous n'êtes quand même pas jaloux ?
- Quoi ? Non ! Bien sûr que non. D'où cette idée stupide vous vient-elle ?
L'empressement avec lequel Arthur avait répondu avait fini de confirmer le peu de doutes qu'il restait à la jeune femme. Oui, Arthur était définitivement amoureux. Il ne lui restait plus qu'à le lui faire comprendre, et ensuite avouer. Ce qui n'allait probablement pas être facile, mais elle aimait les challenges.
Ils parlèrent encore quelques instants, puis Morgana quitta la pièce pour retourner dans sa propre chambre. A peine avait-elle ouvrit la porte qu'elle tomba sur Merlin, qui se rendait de toute évidence dans celle d'Arthur.
- Oh, Merlin ! S'exclama-t-elle avant de lancer un clin d'œil à Arthur, qui leva les yeux au ciel.
Merlin sourit à la pupille du roi, et pénétra dans la pièce.
- Merlin . Que se passe-t-il ?
- Rien, je voulais juste savoir comment vous alliez.
- Pourquoi voulez-vous tous savoir comment je vais !?
- D'accord, pardon, je m'en vais !
- Non mais…Commença Arthur en lui attrapant le bras.
- Tout s'est bien fini finalement. Vous devez être content ?
- Plutôt, oui. J'aurais aimé pouvoir sauver le premier chevalier.
- Vous ne pouvez pas sauver tout le monde, Arthur.
- Tu sais ce que je viens de remarquer ? Tu ne m'appelles jamais « Sire » ou quoi que ce soit dans le genre.
- Vous n'êtes pas d'ici, donc vous n'êtes pas mon prince, donc je ne vois pas pourquoi je devrais vous appeler comme si vous l'étiez, répondit Merlin avec un sourire qui se voulait provocateur.
Arthur laissa échapper un rire avant de se fermer.
- Merci de me le rappeler, j'en avais vraiment besoin..
- Désolé. Ca vous manque, n'est-ce pas ?
- Quoi donc ?
- Votre époque. Etre roi, tout ça.
- Ca dépend quoi. A vrai dire, mes chevaliers me manquent, et même – je n'aurais jamais cru dire ça un jour- même Gwaine.
- Qui est Gwaine ?
- Le plus agaçant des chevaliers agaçants. Il est même pire que toi. Passer une journée seul avec lui suffirait à faire avouer nos prisonniers, même les plus endurcis.
- J'ai hâte de le connaître, déclara Merlin en riant.
- Oui, on en reparlera.
- Je ne l'aime pas ?
- Oh si. C'est d'ailleurs là que c'est incompréhensible, vous êtes tous les deux tellement agaçants que je ne comprends toujours pas comment vous pouvez vous entendre.
- Et les choses qui ne vous manquent pas ?
- Morgana. Je ne comprends toujours pas comment ma sœur a pu…
- Attendez…Morgana est votre sœur ?
Arthur soupira. Et un lapsus de plus, un !
- Demi-sœur. Elle est la fille d'Uther.
- Est-ce qu'elle le sait ?
- Ici ? Non. Enfin je ne pense pas, à vrai dire j'ignore quand et comment elle l'a appris.
- Et vous ? Quand l'avez-vous appris ?
- Quand elle a avoué à mon père qu'elle le savait, quand elle nous a tous trahi et s'est emparée du trône.
- Vous comptez le lui dire ?
- Non. Si elle l'apprend, elle se retournera contre nous encore plus vite.
- Non. Elle se retournera peut-être contre Uther, mais pas contre vous. Vous n'avez jamais pensé que, peut-être, Morgana pensait que vous le saviez ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Eh bien, en apprenant qu'Uther était son père, elle a pu penser que vous étiez déjà au courant, et que vous ne lui avez rien dit. C'est peut-être l'une des raisons qui l'ont poussée à vous haïr.
- Tu crois ?
- Je ne sais pas, mais ça me parait logique. Si vous voulez avoir une chance de sauver votre sœur, je pense que vous devez être sincère avec elle.
- Je ne sais pas. Je vais y réfléchir.
Une fois Merlin partit, Arthur s'allongea sur le lit, en pleine réflexion. Peut-être avait-il raison, peut-être devrait-il tout avouer à Morgana. Mais d'un autre côté, qu'allait-il faire si cela ne faisait que la pousser loin de lui ?
Un autre évènement le perturbait tout autant. Ce qu'il avait ressenti lorsque Morgana avait déclaré que Merlin l'aidait parfois. Il avait beau se convaincre du contraire, il savait ce que c'était. La jalousie. Sans doute était-il jaloux parce qu'il avait l'habitude que son ami ne le serve que lui, et uniquement lui, et qu'il n'était donc pas habitué à le voir servir quelqu'un d'autre. Oui, c'était sûrement cela. Ca ne pouvait pas être autre chose.
