Chapitre 7

Quelques semaines avaient passées, et Uther semblait avoir finalement oublié Merlin, ayant même arrêté d'envoyer des regards noirs lorsqu'il croisait Arthur ou Morgana avec lui. Morgana, elle, était loin d'avoir oublié le jeune homme, pour le plus grand malheur d'Arthur. Il avait pensé que lui avouer qu'il venait du futur lui enlèverait de la tête l'idée qu'il soit amoureux de Merlin, mais il s'avérait que c'était pire qu'avant. Elle voulait toujours en savoir plus, et quand ce n'était pas à propos de Merlin, elle insistait pour savoir ce qu'il advenait d'elle.

Merlin, quant à lui, le poussait à lui avouer qu'il était son frère, et Arthur avait ainsi quasiment l'impression qu'ils s'étaient alliés pour lui rendre la vie impossible.

Un matin, alors que Merlin était parti à la recherche de champignons pour Gaius, il entendit un crissement étrange. En se retournant, il aperçut une bête géante fonçant vers lui. Il tenta de s'enfuir, mais trébucha et se retrouva à terre, la bête au-dessus de lui. Persuadé qu'il allait mourir, il ferma les yeux, puis les rouvrit en constatant que rien ne se passait. Un homme était en train de combattre la créature avec une épée, mais il ne s'agissait pas d'un chevalier si l'on en croyait ses vêtements. Il releva Merlin et tous deux se cachèrent derrière un tronc. Une fois la bête envolée, Merlin se tourna vers l'inconnu.

- Tu m'as sauvé la vie…Je suis Merlin.

- Lancelot.

Puis il s'évanouit, et Merlin remarqua une plaie béante au niveau de son flanc.

Il le porta jusque chez Gaius, qui lui annonça que la plaie était superficielle et qu'il devrait être remis d'ici le lendemain matin.


Le lendemain, Lancelot était en effet en pleine forme.

- J'ai toujours voulu venir ici, confia-t-il à Merlin. Depuis que je suis tout petit, c'est mon rêve de devenir un chevalier de Camelot. Je sais ce que tu vas me dire, j'en demande trop. Après tout, ils ont les meilleurs chevaliers qui existent, et moi…Qui suis-je ?

- Lancelot, ils vont t'adorer !

- Tu crois ?

- Bien sûr ! Je t'ai vu combattre, tu ferais de l'ombre à Arthur lui-même !

- J'en doute, déclara Lancelot en riant.

- D'ailleurs… Je vais aller lui en parler tout de suite !

Merlin se leva, suivi du regard par un Lancelot interloqué.

- Tu connais Arthur ?

- Oh oui.

Quelques instants plus tard, Merlin déboulait dans la chambre du prince, qui se préparait pour faire passer le dernier test aux hommes désirant devenir chevaliers de Camelot.

- Arthur !

- Merlin, je n'ai vraiment le temps là, je dois affronter un peut-être-futur-chevalier, s'il n'échoue pas comme tous les autres.

-Euh oui, à propos de chevalier, j'ai rencontré quelqu'un qui aimerait le devenir.

-Ah oui ? Et qui ça ?

- Il s'appelle Lancelot, il…

Arthur cessa d'écouter. Lancelot. Il avait presque oublié comment il l'avait rencontré pour la première fois.

- Lancelot ne peut pas être chevalier, Merlin. Il faut être noble.

- Mais peut-être qu'il l'est, vous n'en savez rien.

- Bien sûr que si, je le sais. Je m'en souviens.

- Oui, eh bien cette loi est stupide !

- Peut-être, mais c'est la loi. Donc tu diras à Lancelot qu'il ne peut pas être chevalier.

- Mais c'est injuste, il est vraiment doué ! Peut-être même plus que vous !

- Personne n'est meilleur que moi, Merlin. Et maintenant si tu veux bien m'excuser, je dois vraiment y aller.

- Vous n'allez même pas lui laisser une chance ?

- Merlin, je te le redis : c'est contre la loi. Il ne peut pas être chevalier, lui donner de faux espoirs serait cruel.

Arthur quitta sa chambre sans laisser à Merlin le temps de répondre. Il savait bien que Lancelot était un excellent chevalier, probablement le meilleur qu'il ait eu à ses ordres, mais il ne pouvait rien pour lui. Uther n'accepterait jamais de briser la première loi de Camelot. De plus, il devait reconnaître qu'il n'avait pas particulièrement envie de l'aider. Non pas qu'il ne l'aimait pas, mais ce qu'il s'était passé avec Guenièvre lui était toujours plus ou moins resté en travers de la gorge. Par ailleurs, il savait que Merlin et lui avaient été très proches, et, plus ou moins inconsciemment, il ne voulait pas se faire ravir la place de meilleur ami, ce qui avait des chances d'arriver si Lancelot restait à Camelot dès maintenant.


Dépité, et quelque peu énervé contre Arthur qui avait l'air de ne pas du tout se préoccuper du sort de Lancelot, Merlin retourna chez Gaius, où son nouvel ami -l'attendait.

- Arthur dit qu'il faut être un noble pour devenir chevalier…

Lancelot s'assit sur une chaise, visiblement dépité.

- Je suis désolé, Lancelot, affirma Gaius.

- Pourquoi tenais-tu tant à devenir chevalier ?

-Quand j'étais petit, des pilleurs ont attaqué mon village. Tout le monde a été massacré, mon père, ma mère… J'étais le seul survivant. Ce jour-là, je me suis juré que je ne serai plus jamais impuissant face à la tyrannie. Le maniement de l'épée et le combat sont devenus ma raison de vivre. Lorsque je fus enfin prêt, je suis parti pour Camelot. Mais on dirait que le voyage est terminé. Tout ce pour quoi je me suis battu est perdu.

- Je te promets de faire ce qu'il faudra pour arranger cela.

- Merlin, tu l'as dit toi-même, Arthur…

- Ne t'inquiètes pas pour Arthur, je m'en occupe.

Merlin se précipita aux archives du palais, et transforma un sceau de noblesse en un pour Lancelot. Puis, il le lui ramena.

- Merlin, non.

- Bon très bien, tu ne veux pas être un chevalier.

- Bien sûr que si ! Seulement ce serait mentir, et mentir est contre les règles de la chevalerie, et..

- C'est contre les règles ? Au diable les règles ! Les règles ont tort, Lancelot, et tu as tout autant le droit et le mérite d'être chevalier que n'importe qui d'autre ! Et si tu deviens chevalier, si le roi t'adoubes, ce sera parce que tu l'auras mérité, noble ou pas !

Après quelques minutes, Lancelot avait finalement accepté, et Merlin, qui savait qu'Arthur ne le laisserait pas faire, avait demandé à Morgana d'obtenir une audience auprès d'Uther pour Lancelot, ce que la jeune femme avait accepté bien volontiers, ravie d'aider son ami.


Uther était donc installé sur son trône, attendant Lancelot, Arthur à ses côtés ne sachant évidemment pas de quel chevalier il s'agissait. Lorsque Lancelot entra dans la salle, suivi par Merlin, le prince se mordit la langue pour ne pas crier. Comment Merlin osait-il amener Lancelot ici alors qu'il lui avait très expressément dit qu'il ne pouvait pas être chevalier ? Il lui lança son regard le plus noir, mais loin de baisser les yeux, Merlin soutint son regard, lui montrant clairement qu'il se battrait pour que Lancelot devienne chevalier, quoiqu'il en coûte.

Arthur leva les yeux au ciel. De toute manière, Lancelot n'était pas un noble, le roi allait donc très vite mettre fin à cette entrevue. A moins que… Lancelot venait de lui présenter un titre de noblesse. Le visage d'Arthur se ferma. Il avait oublié cette histoire de faux titre, mais cela lui revenait maintenant. De toute évidence, l'idée venait de Merlin, qui n'avait pas apprécié sa réponse de la veille.

Arthur se mordit à nouveau la langue, se retenant de tout dévoiler. D'une part parce que son père l'accuserait d'avoir peur de la concurrence, et d'autre part parce qu'il savait que s'il faisait cela, Merlin ne le lui pardonnerait jamais. Or, il n'avait pas du tout envie de ça.

Uther s'étonna d'apprendre que le roi dont-Arthur-n'avait-pas-écouté-le-nom avait un cinquième fils, puis déclara que Lancelot passerait les tests de chevalerie avec lui. Arthur hocha la tête, puis quitta la salle du trône en agrippant Merlin par le bras.

- Je peux savoir ce que tu fais ?

- Bien sûr, je fais ce que vous refusez de faire, je donne une chance à Lancelot, qui la mérite amplement !

- Mais bon sang, qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « c'est contraire aux lois ! » ?

- Arrêtez, vous vous fichez pas mal des lois !

- Je te demande pardon ?

- Demander à votre père d'arrêter le tournoi, il y a quelques mois, c'était contre la loi. Essayer d'aider le père de Gwen ? Contre la loi. Lancer votre verre à la figure de votre père pour m'aider ? Bon je veux bien qu'il n'y ait pas vraiment de loi là-dessus, mais je doute que…

- Tout cela n'avait rien à voir, Merlin ! Dans tous tes exemples, il y avait un danger de mort, ce n'est pas le cas de Lancelot.

- Eh bien vous savez quoi ? Vous n'avez qu'à retourner voir votre père, lui dire que Lancelot n'est pas un noble, l'accuser ainsi de mensonge et de trahison envers les lois, et le faire exécuter. Et là, vous le voyez le danger de mort ?

Sur ce, Merlin se dégagea et laissa Arthur en plan. Ce dernier savait que Merlin avait raison, si Uther apprenait le mensonge de Lancelot, il serait exécuté. Sauf si Arthur le faisait sortir de prison pour qu'il l'aide à affronter la créature qui terrorisait les environs, puisque c'était exactement ce qu'il avait fait la dernière fois, et Lancelot s'en était tiré sain et sauf. Mais Arthur ne voulait rien devoir à Lancelot. Et puisque Merlin ignorait que le prince savait comment l'aider, il ne pourrait pas le lui reprocher.

Arthur fixa donc le rendez-vous de Lancelot à une semaine plus tard, décidant d'attendre de voir comment les choses allaient évoluer.


Les jours passèrent, et Merlin ne donnait quasiment plus signe de vie à Arthur. Par contre, il pouvait le voir passer tout son temps auprès de Lancelot, ces deux-là semblaient s'apprécier encore plus que dans ses souvenirs, et ça ne lui plaisait pas. Pas du tout. Il commençait d'ailleurs à se demander pourquoi les voir ensemble l'énervait tant, alors que ce n'était pas le cas lorsque Lancelot était l'un de ses chevaliers. Mais, en y réfléchissant, lorsque Lancelot était revenu, plusieurs années avaient passées et Arthur savait que Merlin l'aimait plus qu'il n'aimait Lancelot. Il n'avait donc aucune crainte à avoir concernant une éventuelle perte d'amitié de Merlin. Ce qui n'était pas le cas aujourd'hui. Leur relation, même si elle commençait à se renforcer, notamment depuis qu'Arthur et Morgana avaient sauvé la vie de Merlin, était toujours fragile. Merlin ne le connaissait que depuis quelques mois, et ils avaient eu des hauts et des bas, et beaucoup de bas.

Et l'idée que Merlin lui préfère Lancelot lui était insupportable. Assis sur les marches devant le palais, les regardant marcher à travers la cour, il fulminait. Cinq jours. Cela faisait cinq jours que Merlin ne lui avait pas adressé la parole, et, à en juger par son rire, il s'en fichait. Il n'avait pas l'air de lui manquait, et ça faisait mal. Très mal. Parce que Merlin lui manquait, lui.

Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas Morgana s'approcher.

- Action et réaction, Arthur, lança-t-elle, provoquant un sursaut chez le prince.

- Quoi ?

- Ce n'est pas en restant planté là que vous allez le récupérer.

- Mais de quoi est-ce que vous parlez ?

- Vous le savez très bien. Si vous ne voulez pas que Lancelot vous le pique, vous feriez mieux de bouger vos fesses.

- Mes fesses sont très bien là où elles sont, merci, et je n'ai absolument pas peur de Lancelot.

- Très bien, continuez à nier, mais vous n'avez pas intérêt à venir me voir en pleurant lorsque Merlin l'épousera.

- Quoi ? Mais enfin Morgana…Pourquoi diable Merlin épouserait-il Lancelot ? D'où vous sortez toutes ces idées stupides ?!

- Généralement elles me viennent quand je vois votre tête de désespéré ! Vous n'arrêtez pas de les fixer, et je vous ai entendu maudire Lancelot dans votre sommeil, alors ne venez pas me dire que vous n'êtes pas jaloux !

- Je ne…. Attendez, comment avez-vous pu m'entendre dans mon sommeil ?

- Vous vous êtes endormi la lumière allumée, j'ai cru que vous ne dormiez pas. Mais peu importe, l'important, c'est que vous êtes jaloux.

- Pas du tout. J'ai juste hâte qu'il s'en aille.

- Et pourquoi ça ?

- Parce que je ne l'aime pas !

- Et pourquoi vous ne l'aimez pas ?

- Parce qu'il me prend Merlin !

Alors qu'Arthur se mordait la lèvre en réalisant ce qu'il venait de dire, Morgana jubilait. Elle avait toujours été extrêmement douée pour faire avouer Arthur sans qu'il ne s'en aperçoive, et elle était ravie de constater qu'elle n'avait pas perdu ce talent.

Face à son sourire insistant, Arthur leva les yeux au ciel.

- Bon c'est bon, n'en faites pas trop non plus ! Et sachez que je vous hais, ajouta-t-il en la pointant du doigt.

- Pourquoi ? Pour vous faire avouer vos propres sentiments ?

- Soyons très clairs, Morgana. Je suis peut-être jaloux, mais il s'agit uniquement d'amitié, n'allez pas vous imaginer autre chose !

- Donc ça ne vous fait rien d'imaginer Lancelot embrasser Merlin ?

- Euh…N-non, déclara-t-il d'un air dégoûté.

- Oh, très convaincant !

- Morgana, pour la millième fois, je ne suis PAS amoureux, quand allez-vous enfin comprendre ça ?

- Bon, très bien. Dans ce cas ça ne vous dérange pas si je tente ma chance ?

- Faites bien ce que vous voulez.

- Parfait.

A cet instant précis, Lancelot et Merlin passèrent près d'eux, et Morgana agrippa la manche de Merlin, avant de l'attirer contre elle et d'écraser ses lèvres sur les siennes. Arthur resta quelques secondes bouche-bée, puis, sentant une colère noire s'emparer de lui, il se leva et tira violemment Morgana vers lui, la forçant ainsi à se décoller de Merlin.

- Ca va, c'est bon, j'ai compris !

Morgana leva les yeux vers lui, un air satisfait sur le visage. Puis elle se tourna vers Merlin, qui était de toute évidence en train de buguer, et vit Lancelot l'entraîner par le bras en riant.

- On peut savoir ce qui vous a pris ? S'énerva Arthur.

- Quoi ? Vous avez dit que je pouvais faire ce que je voulais.

- Oui mais je ne pensais pas que vous alliez vraiment

- Donc ça vous a gêné ?

- N-non..Je… Rah vous êtes insupportable !

Arthur rentra à nouveau dans le palais, et s'enferma dans sa chambre. Il avait besoin de réfléchir. Seul.

Il était forcé de reconnaitre qu'il ne savait plus où il en était. Il n'aimait plus Gwen, il en était à peu près certain. D'ailleurs, si elle venait à se mettre en couple avec Lancelot, il savait que ça ne lui ferait rien. A l'inverse, voir Morgana embrasser Merlin avait déclenché en lui toute une vague d'émotions, de la colère à la tristesse, en passant par… La jalousie. Il ne voulait pas l'avouer, mais il avait reconnu le sentiment. Morgana avait réussi à semer le doute dans son esprit, et désormais il ne savait même plus ce qu'il ressentait.

Il se retourna en entendant la porte s'ouvrir.

- Morgana, que voulez-vous encore ?

- Simplement vous prévenir que j'ai parlé à Merlin, je lui ai dit que c'était un pari.

- Et en quoi ça me concerne ?

- Je vous le dis juste pour que vous puissiez corroborer ma version s'il vous demande, maintenant vous en faites ce que vous en voulez !

- Etes-vous réellement intéressée par lui ?

- Non. Je l'aime beaucoup en tant qu'ami, rien de plus. J'ai fait ça uniquement pour vous prouver que ça ne vous plaisait pas de le voir avec quelqu'un d'autre. Parce que si vous ne le réalisez pas, et que vous n'agissez pas, il ne faudra pas vous étonner le jour où il se trouvera quelqu'un et où vous aurez le cœur brisé. D'ailleurs, il pense que vous lui en voulez.

- Quoi ?

- C'est ce qu'il m'a dit. Il m'a demandé si vous étiez encore énervé contre lui, répondit-elle en haussant les épaules avant de sortir.

Arthur soupira. Il ne pouvait s'agir que de Lancelot. Merlin pensait qu'il lui en voulait pour avoir fabriqué un faux titre de noblesse. Ce qui était d'ailleurs vrai, mais Arthur était plus énervé parce qu'il s'était mis en danger que parce qu'il avait voulu aider Lancelot. Si Uther découvrait que Merlin avait aidé Lancelot à trafiquer sa candidature, cette fois il serait exécuté.


Sachant pertinemment que son père avait des doutes sur l'identité de Lancelot, et à la fois par crainte de voir Merlin se dénoncer et de le voir devenir plus proche de Lancelot que de lui, Arthur décida d'écouter Morgana et d'agir. Il se rendit à la salle du trône, et demanda à parler à son père.

- Arthur, que se passe-t-il ?

- Je veux vous parler de Lancelot.

- Un souci ? Je croyais que tu ne lui faisais passer les tests que dans deux jours.

- C'est le cas, mais j'ai des raisons de croire qu'il ment sur son identité.

Uther se redressa sur son siège.

- Comment cela ?

- Je sais que vous avez des doutes sur l'existence d'un cinquième fils. Et je pense que vous avez raison, je serais donc d'avis de demander une expertise du document.

- Excellente idée, nous serons fixés. Et bien sûr, puisque tout cela est ton idée, s'il s'avérait que ce Lancelot soit légitime, tu lui devras des excuses publiques.

- Bien père.

Arthur quitta son père, récupéra le titre de noblesse de Lancelot et descendit aux archives pour le faire expertiser. Il était conscient que ce qu'il faisait n'était pas juste, et que Lancelot ne le méritait pas, mais lorsqu'il croisa Merlin riant aux éclats avec lui, la jalousie prit à nouveau le dessus, et il pressa le pas.

L'expert confirma la contrefaçon, sans surprise, et Arthur le ramena à son père, qui fit immédiatement demander Lancelot. Sachant que si Merlin assistait à l'entretien, il y avait des chances pour qu'il avoue être l'auteur de la tricherie, ce qui lui vaudrait à coup sûr d'être tué puisqu'Uther ne l'aimait déjà pas, Arthur décida de s'assurer que cela n'arriverait pas. Il trouva donc Merlin avant que les gardes n'atteignent Lancelot.

- Merlin ! Je peux te parler ?

- Bien sûr, répondit le sorcier en s'éloignant avec le prince.

- Morgana dit que tu penses que je t'en veux.

- Eh bien, j'ai aidé Lancelot à falsifier un titre de noblesse, je doute que ça vous plaise.

- Pas du tout, en effet.

- Pourquoi n'avez-vous rien dit ?

- Quoi ?

- Lorsque Lancelot a présenté le titre à votre père, vous n'avez rien dit. Pourtant vous saviez qu'il était faux.

- Je n'ai rien dit parce que si mon père apprend que tu l'as aidé à tricher, il te tuera. Je ne me suis pas donné autant de mal pour te sauver la vie pour t'envoyer te faire exécuter trois semaines après !

- A vrai dire, c'est Morgana qui s'est donné du mal, vous l'avez dit vous-même, déclara Merlin en souriant avant de reprendre son sérieux. Quand allez-vous lui dire la vérité, d'ailleurs ?

-Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

- Donc lui dire que vous venez du futur, oui, mais que vous êtes son frère, ça non ?

- Que…Comment sais-tu que je lui ai dit que je venais du futur ?

- Elle m'en a parlé.

- Elle..Je vais la tuer.

- Pourquoi ? Ce n'est pas comme si je n'étais pas déjà au courant, déclara Merlin en haussant les épaules. Et donc… Vous allez laisser Lancelot passer les tests ?

Arthur déglutit. Il savait que Merlin allait lui en vouloir d'avoir dénoncé Lancelot, c'était évident. Mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Cependant, cela ne servait à rien d'empirer les choses en lui faisant croire qu'il allait laisser Lancelot devenir chevalier.

Ne sachant pas quoi répondre, il fut presque soulagé en voyant deux gardes arriver vers eux pour se rendre aux cachots, tenant fermement Lancelot. Presque.

- Lancelot ! Qu'est-ce que…

- Ne t'inquiète pas pour moi, Merlin !

Merlin tenta de suivre les gardes, d'exiger de savoir ce qu'il se passait, mais Arthur le retint en le saisissant par la taille.

- Merlin ! Merlin, arrêtes.

- Mais qu'est-ce que…Commença Merlin en se tournant vers Arthur, avant de se stopper. Oh non… Dites-moi que vous n'avez pas fait ça…

- Merlin…

- Non, ne… Ne me parlez pas ! Ne me parlez plus jamais !

Merlin se dégagea et, après avoir lancé un regard plein de haine à Arthur, tourna les talons.

- Merlin, attends !

Le sorcier ne se retourna pas, et s'excusa à peine lorsqu'il bouscula Morgana.

Cette dernière s'approcha d'Arthur.

- Que se passe-t-il ? Je viens de voir Lancelot être emmené aux cachots, et Merlin vient de… Oh mon dieu, vous l'avez dénoncé, n'est-ce pas ?

- Vous saviez que Lancelot n'était pas un noble ?

- Bien sûr, Merlin me l'a dit lorsqu'il m'a demandé d'obtenir une audience auprès d'Uther.

- Et vous l'avez fait ?!

- Cette loi est la plus stupide que je n'ai jamais entendue ! Je ne vois pas en quoi un noble ferait un meilleur chevalier qu'un autre, alors oui, j'ai décidé d'aider Lancelot. Et je n'arrive pas à croire que vous ayez fait cela !

- Mon père avait des doutes, de toute manière ! Il aurait fini par faire expertiser le titre, avec ou sans mon intervention !

- Alors pourquoi ne l'avez-vous pas laissé faire ? Pourquoi prendre le risque que Merlin vous en veuille, si vous pouviez arriver au même résultat sans vous en mêler ?

Arthur ne répondit pas.

- Parce que vous n'êtes absolument pas sûr qu'Uther aurait fait expertiser le document. Ou alors était-ce parce que vous ne supportiez déjà plus de voir Merlin si proche de Lancelot et si loin de vous ?

- Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Cela ne vous regarde en rien, de toute manière !

- J'essaie simplement de vous aider, mais soit. Débrouillez vous tout seul !

Morgana s'éloigna à son tour, laissant Arthur seul. Ce dernier se rendit dans sa chambre, non sans claquer la porte de colère au passage.


Il était en colère. Contre Merlin, qui ne voulait pas comprendre. Contre Morgana, qui avait embrumé son esprit avec toutes ses histoires. Mais surtout contre lui-même. Après tout, il savait que tout cela n'était ni la faute de Merlin, ni celle de Morgana. C'était lui qui n'avait pas été capable de contrôler cette stupide jalousie. C'était lui qui avait prit la décision de trahir Merlin et de dénoncer Lancelot. Parce qu'il ne supportait pas de voir Merlin plus proche de Lancelot que de lui. Parce qu'il le voulait en exclusivité. Parce qu'il ne supportait pas de devoir le partager. C'était lui qui…Qui avait fini par tomber amoureux. Il était bien obligé de se l'avouer. Il le savait depuis un moment déjà, bien avant qu'il n'arrive dans le passé, mais il avait refoulé ce sentiment et s'était convaincu qu'il n'existait pas. Mais il ne pouvait plus se mentir désormais. Morgana avait raison, la voir embrasser Merlin lui avait fait prendre conscience de la vérité. Il avait ressenti un tel sentiment de jalousie qu'il ne pouvait l'ignorer. Si Morgana avait réellement été intéressée par Merlin, il savait que son cœur se serait brisé. Il savait qu'il ne l'aurait pas supporté. Et cela ne pouvait pas être de l'amitié. Non, il était bel et bien amoureux. Et désormais, à cause de sa stupidité, Merlin ne lui adresserait plus jamais la parole. En voulant le garder près de lui, il l'avait poussé tellement loin qu'il ne le voyait plus.

Quelques heures plus tard, Uther avait fait appeler Arthur. La bête qui terrorisait les villages alentours, et qui avait attaqué Merlin, se rapprochait dangereusement de Camelot, et il fallait agir.

Arthur déclara donc qu'il attaquerait avec ses chevaliers à la nuit tombée.

Il savait pertinemment que c'était Lancelot qui avait défait la créature huit ans auparavant, et que la bonne solution était de le libérer pour qu'il l'aide. Mais il en était incapable. La seule idée de devoir sa vie à Lancelot, qui avait tenté de lui prendre Gwen, et qui désormais essayait de lui voler Merlin – même si Arthur savait que ce point-là n'était pas totalement vrai -, le rebutait.

Complètement perdu, il décida néanmoins de se tourner vers Morgana, et entra donc dans sa chambre.

- Arthur, si vous venez pour encore me crier dessus, je ne suis pas intéressée.

- Non, je… Ecoutez, je suis désolé, d'accord. Je n'aurais pas dû vous rabrouer alors que vous ne tentiez que de m'aider, et…

- Vous voulez mon aide, n'est-ce pas ?

- C'est tellement évident ?

- Limpide. Bon, dites-moi.

- La créature se rapproche de Camelot.

- Je ne vois pas très bien en quoi je peux vous aider avec ça.

- La dernière fois, dans mon passé je veux dire, c'est Lancelot qui l'avait battue.

- Oh, là je vois. Vous hésitez donc à faire sortir Lancelot de sa cellule.

- Plus ou moins.

- De mon point de vue, vous avez tout intérêt à le faire sortir. D'une part votre bête sera battue, et d'autre part, Merlin vous pardonnera bien plus facilement si vous aidez son ami.

- Je sais cela, Morgana. Mais je ne sais pas si j'en suis capable.

- Voyons, vous avez lancé un verre à la figure d'Uther, je pense que vous êtes parfaitement capable de faire sortir quelqu'un de prison !

- Je ne parlais d'être physiquement capable !

- Oh. Vous le haïssez à ce point ?

- Non ! Enfin… Je ne sais pas. Je ne sais plus où j'en suis. Je crois que…

- Que ?

- Vous me jurez de ne pas utiliser cette conversation pour me persécuter à l'avenir ?

Morgana soupira, visiblement déçue de devoir renoncer à un potentiel moyen de pression.

- Très bien… Je vous le jure, céda-t-elle.

- Il-est-peut-être-possible-que-vous-ayez-raison, dit Arthur le plus rapidement possible.

Morgana plissa les yeux.

- A propos de quoi exactement ? Parce qu'il y a des centaines de choses sur lesquelles j'ai raison.

Arthur inspira profondément. Morgana n'avait vraiment pas intérêt à se moquer de lui.

- Je…Peut-être que mes sentiments ne sont pas qu'amicaux.

- Oh, Arthur je suis flattée, mais…

Arthur frappa sa sœur avec l'oreiller en levant les yeux au ciel.

- Je savais bien que venir vous voir était une mauvaise idée.

- C'est la seule bonne idée que vous ayez eu depuis des années, vous voulez dire. Bon, maintenant que vous admettez enfin que vous brûlez de..

- Wow eh, personne ne brûle ici ! Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, j'ai dit qu'il était possible que mes sentiments aient évolués, c'est tout.

- Oui mais dans votre bouche, ça revient au même.

- Absolument pas !

- Bien sûr que si. Bon, qu'allez-vous faire ?

- Si je le savais, vous pensez vraiment que serais venu vous voir ?

- Commencez par le lui dire.

- QUOI ? Non mais vous avez perdu l'esprit !

- Oh vous comptez donc rester dans cette situation jusqu'à la fin de votre vie ?

- Pour commencer, je vous rappelle qu'il me déteste.

- Très juste. Libérez Lancelot.

- Je ne veux rien devoir à Lancelot, Morgana.

- Oui, eh bien dans ce cas dites au revoir à Merlin.

- Je ne libérerai pas Lancelot, insister ne sert à rien.

- Pourquoi ? Bon d'accord, vous êtes jaloux et tout ça, mais…

- Parce que libérer Lancelot pour avoir le pardon de Merlin revient à dire que Lancelot est plus important pour lui que moi !

- Bon, très bien ! Ne libérez pas Lancelot ! Tenez, gardez l'oreiller pour pouvoir pleurer lorsque vous le regretterez.

- Je dois partir avec les chevaliers affronter la bête de toute manière. Si nous n'arrivons à rien, peut-être que je considérerai cette option.

En sortant de la chambre de Morgana pour revenir dans sa propre chambre récupérer son armure, Arthur croisa Merlin. Il se mordit la lèvre en inspirant profondément tandis que son ami semblait pensif.

- Lancelot a déjà affronté le griffon, déclara Merlin. Vous aurez besoin de lui si vous voulez gagner.

- Lancelot est en cellule, Merlin.

- Oui, merci, je m'en souviens, on se demande grâce à qui d'ailleurs.

- Laisse-moi au moins…

- Je voulais juste vous prévenir que Lancelot pourrait être une aide précieuse. Maintenant vous faites ce que vous voulez, ce n'est pas mon problème.

Merlin tourna les talons tandis qu'Arthur entrait dans sa chambre en soupirant.


Quelques instants plus tard, Merlin le vit sortir avec ses chevaliers, tous plus armées les uns que les autres, pour aller affronter le griffon. Aucune trace de Lancelot, Arthur ne l'avait donc pas emmené.

Merlin savait que seule une arme imbibée de magie pourrait tuer le griffon, Gaius et lui en étaient arrivés à cette conclusion. Il lui fallait donc aller sur le terrain pour affronter la bête, et il avait décidé d'emmener lui-même Lancelot, puisqu'Arthur n'avait pas daigné le libérer.

Il se rendit alors aux cachots, et, après avoir endormi les gardes, récupéra la clé et libéra son ami.

- Merlin, qu'est-ce que tu fais ?

- Je te fais sortir ! Ils n'arriveront jamais à tuer le griffon sans toi. De plus, tu ne mérites pas d'être là.

Lancelot finit par suivre Merlin, et, lorsqu'ils s'enfoncèrent dans la forêt, un triste spectacle les attendait. Les chevaliers étaient tous au sol, la plupart étant morts. Merlin repéra rapidement Arthur, gisant contre une pierre.

- Arthur !

Il s'approcha du prince, pris son pouls et soupira. Il était vivant, simplement inconscient.

Le griffon revenait déjà, et Lancelot récupéra une lance et monta sur un cheval, avant de reculer pour prendre de l'élan. Merlin, sur le côté, récita une formule pour enflammer la lance avec de la magie. Il échoua une fois, deux fois… Lancelot et le griffon se rapprochaient l'un de l'autre, et le sorcier tenta encore une fois d'enflammer la lance. Cette fois, il y parvint, et des flammes bleues s'enroulèrent autour de la lance avec laquelle Lancelot frappa le griffon, le mettant instantanément hors d'état de nuire.

Lancelot descendit de son cheval, et s'approcha de Merlin.

- Tu as réussi ! S'exclama Merlin. Tu as sauvé Camelot, Uther te fera certainement libérer, peut-être même que…

- Merlin, je n'ai rien fait du tout, et je ne prendrai pas la gloire à la place de quelqu'un d'autre, encore moins lorsque c'est à toi qu'elle revient.

- De quoi tu parles ?

- Je ne suis pas stupide. Je t'ai vu, je t'ai entendu faire de la magie. Mais ne t'inquiètes pas, ton secret est en sécurité avec moi. Simplement je refuse d'être libéré pour un exploit qui n'est pas le mien.

- Tu ne vas quand même pas retourner en cellule ?

- Non. Je vais m'en aller, quitter Camelot. Peut-être nous reverrons nous un jour, déclara Lancelot en souriant.

Merlin tenta de le raisonner pour qu'il reste, mais Lancelot avait prit sa décision. Il partit sur son cheval à travers la forêt, et Merlin resta un moment sans bouger, les larmes aux yeux. Puis, il regagna le palais avant qu'Arthur ou un autre chevalier ne se réveille et ne remarque sa présence.


Le lendemain matin, l'alarme avait été donnée suite à la fuite du prisonnier, mais Merlin savait que Lancelot était déjà loin. Alors qu'il s'habillait pour la journée, Arthur frappa à sa porte.

- Qu'est-ce que vous voulez ? Lui demanda-t-il d'un ton peu aimable.

- J'ai appris que Lancelot s'était enfui.

- Et ? Vous venez m'arrêter pour complicité ?

- Bien sûr que non. C'est lui qui a battu le griffon, n'est-ce pas ?

Merlin haussa les épaules.

- Merlin, j'espérais qu'on pourrait parler…

- Ne pensez pas que le fait qu'il soit libre change quelque chose. Il n'est certainement pas libre grâce à vous, et croyez bien que je ne suis pas prêt de vous pardonner le fait d'avoir perdu le seul vrai ami que je m'étais fait ici.

- Le seul ? Et Morgana ? Et moi ?

- Vous m'avez pratiquement forcé à être votre ami, et Morgana –bien que je l'aime beaucoup- aussi. C'est vous qui avez décidé qu'on devrait être amis, pas moi. Lancelot est le seul ami que je m'étais choisi, et grâce à vous il est parti, merci beaucoup.

Merlin savait que ses mots étaient durs. Plus dur que ce qu'il ne pensait réellement. Mais il n'avait pas envie de faire d'efforts pour ménager Arthur. Il aurait tellement voulu que Lancelot reste, d'autant plus maintenant qu'il connaissait son secret. Et si Arthur avait fait un effort, s'il avait accepté de lui donner une chance, Lancelot serait encore avec lui, et il se sentirait tellement moins seul.

Arthur hocha la tête et quitta la pièce, blessé comme jamais auparavant. Il espérait vraiment que Merlin finirait par le pardonner, mais il en doutait.

Il croisa Morgana, qui remarqua très vite que quelque chose n'allait pas.

- Il vous en veut toujours, n'est-ce pas ?

- A votre avis ?

- Je vais essayer de lui parler.

- Laissez tomber, ça ne sert à rien…

N'ayant aucune envie de parler, Arthur la dépassa et repris sa route. Morgana soupira, et se rendit chez Gaius pour parler à Merlin, peu importe ce qu'Arthur en pensait.

- Morgana, un problème ? S'enquit Gaius en la voyant arriver.

- Aucun Gaius, je viens juste voir Merlin.

Ce dernier ouvrit la porte de sa chambre et la fit entrer.

- J'ai appris que Lancelot s'était échappé, tu dois être content.

- Content qu'il soit libre, oui. Content qu'il soit loin d'ici, non.

- Je sais que tu tenais beaucoup à lui, mais je ne pense pas qu'en vouloir à Arthur…

- Si vous êtes venue pour me faire changer d'avis sur Arthur, vous pouvez vous en aller.

- Merlin… Je sais qu'Arthur est loin –très loin même –d'être parfait, mais il tient à toi.

- Morgana, je n'ai vraiment aucune envie de parler d'Arthur maintenant. Peut-être que quand je me serai fait à l'idée que Lancelot soit parti, je pourrai lui pardonner. Mais pas maintenant. Pas quand tout ce qui me vient à l'esprit quand j'entends son nom, c'est que Lancelot serait encore là s'il n'avait pas dénoncé sa tricherie à Uther.

- Il n'avait pas vraiment le choix, tu sais.

- Bien sûr que si. Et, s'il vous plait, j'aimerais vraiment parler d'autre chose.

- Comme tu veux. De quoi veux-tu parler ?

- Vous faites toujours des cauchemars ?

- De plus en plus fréquemment. Et… Ils sont de plus en plus réels…

- Comment ça ?

- Il y a deux nuits, j'ai rêvé du griffon. Il attaquait Camelot, et..Tous les chevaliers étaient à terre, morts ou inconscients. Et ensuite ça s'est produit, avoua-t-elle, apeurée. Ca ressemble de plus en plus à de la magie, Merlin. Tu n'as pas idée d'à quel point ça me terrifie.

Merlin soupira. Il comprenait ce que Morgana ressentait, il le comprenait vraiment. Après tout, il l'avait lui-même vécu. Mais il savait qu'elle pensait qu'il ne comprenait pas. Avoir un ami qui possède de la magie et en avoir soi-même était complètement différent, et il savait que l'histoire qu'il avait inventé avec Will ne lui permettrait pas de se rapprocher complètement de Morgana. Et il voulait mettre toutes les chances de son coté pour empêcher Morgana de devenir celle qu'Arthur lui avait décrite. Il se doutait bien que sa peur d'avoir de la magie et d'être différente avait joué un grand rôle, et il voulait l'aider. Il voulait la sauver.

- Croyez-moi, je le sais.

- Je sais que tu avais un ami qui avait de la magie, mais ce n'est pas pareil, tu ne peux pas savoir ce que ça fait exactement.

- A vrai dire… Je vous ai menti.

- Comment cela ?

- Quand je vous ai parlé de Will, je vous ai menti… Il n'a pas de magie.

- Alors tu m'as dit ça uniquement pour que je me sente mieux…

- Non ! Je…

Merlin soupira, appréhendant ce qui allait arriver. Il prit le bras de Morgana dans une main, pour qu'elle tourne la tête vers lui. Puis, il murmura quelques mots, et une flamme apparut au creux de sa paume tandis que ses yeux viraient au doré, et que Morgana ouvrait des yeux plus ronds que jamais.


Je regarde la série en anglais, donc je ne sais pas trop si Merlin tutoie ou vouvoie Lancelot dans la VF, mais ça me paraissait plus naturel qu'il le tutoie, puisqu'il n'y a pas de différence de rangs. En tout les cas, j'espère que ce choix n'a gêné personne ^^