Chapitre 8
Lorsque la flamme s'éteignit, Merlin se mordit la lèvre inférieure, attendant une réaction de la part de Morgana.
Cette dernière ne dit pas un mot, fixant le sorcier, choquée. Merlin eut soudain peur d'avoir commis une erreur.
- Ne…Ne le dites pas à Uther, s'il vous plaît.
Morgana sembla reprendre ses esprits.
-vQuoi ? Non, bien sûr que non ! Je ne lui dirai rien du tout. Je… Quand as-tu appris la magie ?
-vJe ne l'ai jamais apprise, Morgana. Elle fait partie de moi, comme vous.
- Et… Quand l'as-tu découvert ?
- Je suis né avec.
- Que… C'est impossible !
Merlin haussa les épaules. Il savait bien que tout le monde pensait cela impossible, mais il n'y pouvait rien.
- Qui d'autre est au courant ? S'enquit la pupille du roi.
- Gaius. Et…
- Arthur ? Supposa la jeune femme.
- Non, Lancelot !
- Oh…. Pourquoi ne l'as-tu pas dit à Arthur ?
- Pourquoi ne lui parlez-vous pas de votre magie ?
Morgana soupira, obligée de reconnaître que Merlin avait marqué un point.
- Non mais… J'ai du mal à comprendre, Merlin. Tu en as parlé à Lancelot que tu ne connais que depuis…
- Je ne lui en ai pas parlé, il l'a découvert !
- C'est toi qui as tué le griffon, n'est-ce pas ?
Merlin hocha la tête.
- Merci.
- De quoi ? D'avoir tué le griffon ?
- Non. De me l'avoir dit.
- Je ne voulais pas que vous vous sentiez seule, parce que vous ne l'êtes pas. Et vous n'avez pas à avoir honte d'être différente, Morgana. Il m'a fallu du temps –des années- pour le comprendre, mais avoir de la magie n'est pas une malédiction. C'est un don.
- J'aimerais voir les choses ainsi, mais Uther…
- Uther n'en saura rien du tout ! Depuis que je suis arrivé ici, j'ai utilisé mes pouvoirs au moins une dizaine de fois, et même plus ou moins en sa présence. Alors oui, vous devrez vous cacher quelques temps, mais une fois qu'Uther ne sera plus roi…
- Alors Arthur le sera, qu'est-ce qui te fait dire que ce sera différent ?
- Il est loin d'être comme son père, et je pense vraiment qu'il vous acceptera telle que vous êtes, il ne vous persécuterait jamais pour avoir de la magie !
- Alors pourquoi ne lui dis-tu pas que tu es un sorcier, si ce n'est parce que tu as peur de sa réaction ?
- C'est différent.
- En quoi ? En quoi est-ce différent ?
- Parce que de là où il vient, il me connait depuis huit ans, Morgana ! Huit ans et je ne lui ai jamais dit. Je vois difficilement comment il pourrait bien réagir !
- Est-ce que tu sais pourquoi tu, enfin l'autre Merlin, ne lui a jamais rien dit ?
- Comment voulez-vous que je le sache ? Je suppose que c'était d'abord parce qu'il était le prince, le fils d'Uther et que rien ne garantissait qu'il ne me dénoncerait pas. Puis une fois qu'il est devenu roi, j'imagine que c'était pour la même raison qui me fait garder le secret aujourd'hui : Il se sentirait trahi.
- Il ne t'exécuterait jamais.
- Peut-être, mais je ne veux pas lui dire. Et je veux que vous me promettiez de ne pas le faire à ma place. Si vous voulez lui parler de magie, parlez-lui de la votre. S'il vous plait.
- Bien, je ne lui dirai rien. Si tu acceptes de lui pardonner pour Lancelot.
Merlin soupira en levant les yeux au ciel.
- Hors de question.
- Mais pourquoi ? Je comprends que tu sois énervé, mais tu ne lui as même pas laissé l'opportunité de s'expliquer !
- Parce que je me fiche de ses raisons ! Si je n'avais pas fait sortir Lancelot moi-même, il serait mort. Parce qu'Arthur a préféré le dénoncer et suivre ces foutus lois plutôt que de l'aider !
- Ce n'est pas pour suivre les lois qu'il l'a dénoncé. Arthur se fiche de ce genre de lois.
- Alors pourquoi, hein ? Qu'avait-il à y gagner ? Rien du tout. Il l'a fait parce qu'il n'aime pas Lancelot.
- Arrêtes de dire n'importe quoi ! Il l'a fait pour te protéger !
Merlin se stoppa un instant et leva les yeux vers Morgana, l'incompréhension se lisant dans son regard.
- En quoi dénoncer mon ami était un moyen de me protéger ?
Morgana soupira. Ce n'était pas à elle d'avoir cette discussion avec Merlin, et si elle disait quelque chose qu'il ne fallait pas, elle pouvait être sûre qu'Arthur allait la tuer. Mais Merlin venait de lui prouver à quel point il lui faisait confiance en lui dévoilant sa magie, et elle savait qu'il l'avait fait pour l'aider. Elle se devait donc de l'aider en retour. Et puisqu'elle ne pouvait pas l'aider par rapport à sa magie, elle l'aiderait dans sa relation avec Arthur, peu importe si le prince lui avait demandé de ne pas le faire.
- Lorsqu'Uther a voulu t'exécuter, on t'a dit que lui faire croire qu'Arthur était ensorcelé avait suffi.
Merlin hocha la tête.
- Ce n'était pas tout à fait vrai, il voulait toujours t'exécuter, « par précaution ». Arthur a dû lui jurer qu'il n'entendrait plus jamais parler de toi. Or le roi avait déjà des soupçons sur l'authenticité du titre de noblesse de Lancelot, et il aurait fini par le faire examiner dans tous les cas. Et… Arthur a pensé qu'Uther t'accuserait d'avoir aidé Lancelot, si tu ne t'accusais pas toi-même pour le protéger. Alors il s'est débrouillé pour dénoncer lui-même Lancelot, et t'occuper pendant qu'Uther le recevait, pour être sûr que rien ne t'arrives.
- Il aurait pu le libérer de prison.
- Et après ? Uther n'est pas aussi idiot qu'il en a l'air, Merlin. Il attend le moindre faux pas de la part d'Arthur pour lui faire payer ce qu'il s'est passé – je doute qu'il ait vraiment cru à cette histoire d'ensorcèlement. Et il a bien vu que Lancelot et toi étaient proches, si Arthur l'avait libéré, Uther l'aurait accusé de l'avoir fait non pas pour tuer la créature, mais pour toi ! Si Arthur voulait te garder en vie, il n'avait pas d'autre choix que de dénoncer Lancelot lui-même, et il te l'aurait dit si tu lui en avais laissé la chance !
Morgana se stoppa. Elle espérait que ses paroles avaient touché Merlin. D'autant plus qu'elle avait un peu arrangé la vérité. Tout ce qu'elle avait dit était vrai, mais elle avait volontairement omis le fait qu'Arthur n'avait pas tellement rechigné à dénoncer Lancelot, parce qu'il ne l'aimait pas. Elle doutait que cet argument pousse Merlin à le pardonner. Puisque son ami ne réagissait pas, elle décida d'en rajouter une couche.
- Il voulait seulement te protéger, et tu l'as rejeté. Ca l'a beaucoup fait souffrir, tu sais.
Merlin allait répondre lorsqu'un murmure le stoppa. Il plissa les yeux et tenta de mieux entendre. Son nom. C'était son nom qui était murmuré. Le dragon l'appelait, et si l'on en croyait son ton, il n'était pas de bonne humeur.
- Je… Je dois y aller ! S'exclama-t-il en se levant précipitamment.
- Merlin ! Attends !
- Quoi ? Écoutez, pour Arthur, je…Je vais y réfléchir, d'accord ?
- D'accord. Et… Pour la magie ?
- Euh… ?
- Est-ce que tu serais d'accord pour m'aider ?
- Bien sûr ! Je vous ai déjà dit que je vous aiderais, je ne vais pas changer d'avis !
- Dans ce cas j'aimerais que tu m'apprennes à la maîtriser.
- Quoi ?
- Si je dois la cacher à Uther, il vaut mieux que je sache la maitriser, non ? Et personne ne peut m'aider à faire cela. Personne à part toi.
- D'accord, accepta Merlin après un bref moment de réflexion. Je dois vraiment y aller, vous… On pourrait peut-être en reparler demain ?
- Parfait, déclara Morgana en se levant à son tour. Merci Merlin, vraiment.
Le sorcier lui sourit, puis se précipita vers l'antre du dragon, curieux de savoir ce qui se passait.
Morgana, quant à elle, décida de trouver Arthur. Elle savait que Merlin n'était pas très rancunier, et que ce qu'elle lui avait dit le pousserait sûrement à pardonner rapidement au prince. Cependant, il ne fallait pas qu'Arthur fiche tout en l'air, ce qui avait l'air d'être devenu une habitude.
Elle se rendit donc dans sa chambre, qu'elle trouva vide. Elle s'assit alors sur le lit pour l'attendre. Il pénétra dans la pièce un quart d'heure plus tard, et semblait préoccupé.
- Morgana ? Que faites-vous ici ?
- Je voulais vous parler de Merlin.
- Non, s'il vous plait, je n'ai vraiment pas envie d'en parler.
- Donc vous comptez attendre gentiment qu'il daigne vous pardonner ?
- Je ne sais pas ce que je compte faire, d'accord ?
- Pourquoi êtes vous encore énervé ?
- Rien, c'est juste… J'ai croisé un homme en bas, et je n'arrive pas à me rappeler où je l'ai vu.
- Arthur, ce n'est rien du tout, calmez vous donc.
- Non, je… Je pense que je l'ai vu dans le futur, et j'ai le sentiment que c'est important, j'aimerais juste me rappeler, et je n'y arrive pas !
- Eh bien arrêtez de chercher, ça finira bien par vous revenir.
Arthur hocha la tête, peu convaincu.
-Bon, on peut parler de Merlin maintenant ?
- Non, mon père veut que j'assiste à une réunion.
Arthur quitta la pièce, et soupira, se demandant où il allait bien pouvoir aller. Il n'y avait en réalité aucune réunion, mais c'était la seule excuse qu'il avait trouvé pour ne pas parler de Merlin avec Morgana. Il voyait bien qu'elle essayait de l'aider, mais le fait est que parler sans cesse de son ancien serviteur ne l'aidait pas du tout. Il y pensait déjà bien trop lorsqu'il était seul, de toute manière, et ça ne menait à rien. Il n'avait aucune idée de ce qui pourrait convaincre Merlin de lui donner une autre chance. Il savait que s'excuser ne servirait à rien, et que seules des actions concrètes trouveraient grâce aux yeux de son ami, mais il ne savait pas quoi faire. Il avait bien pensé à retrouver Lancelot, mais s'il le ramenait à Camelot, Uther le tuerait. Ce qui ne ferait probablement pas très plaisir à Merlin.
Il secoua la tête et tenta de penser à autre chose, à savoir cet homme qu'il était persuadé de connaître sans pour autant pouvoir mettre un nom dessus. Il essayait de se rappeler tout ce qui était arrivé huit ans auparavant, sans y parvenir.
Après avoir quitté Morgana, Merlin se rendit dans l'antre du dragon. Il descendit prudemment les marches et s'avança vers le précipice pour faire face à Kilgharrah, posé sur son rocher.
- Pourquoi m'appelez-vous ?
- Tu n'aurais jamais dû révéler ta magie à la sorcière, jeune sorcier.
- Morgana ? Pourquoi cela ?
- Son destin est noir.
- Je sais cela, c'est la raison pour laquelle je lui ai parlé de ma magie ! Vous avez dit qu'elle pourrait peut-être être sauvée, et la préserver de la solitude me semble être un bon moyen.
- Tu n'as aucune idée de ce que tu as fait, jeune sorcier. Les conséquences à long terme pourraient être terribles.
- Pourraient ? Vous n'en êtes donc pas sûr ! Il se peut que j'aie pris la bonne décision, n'est-ce pas ?
- Il y a une infime possibilité pour que ton aveu ne se retourne pas contre toi, et des centaines pour que ce soit le cas.
- Je ne vous crois pas. Morgana a un bon cœur, je sais que je peux l'empêcher de se tourner vers la magie noire.
- Très bien, mais ne revient pas me voir en me suppliant de t'aider lorsque la sorcière t'aura trahi, déclara Kilgharrah d'un ton sec.
Agacé, le dragon s'envola, laissant Merlin seul. Ce dernier inspira profondément avant de quitter la grotte. Il nota mentalement de ne plus jamais aller voir le dragon lorsqu'il l'appelait, puisqu'il ressortait à chaque fois de la conversation avec un millier de questions, des doutes, et généralement un mal de tête.
Le soir venu, Arthur retourna dans sa chambre, et, alors qu'il était sur le point de s'endormir, la mémoire lui revint. Il savait pourquoi l'homme lui semblait familier. Il se jeta hors du lit et se précipita dans la chambre de Morgana. Cette dernière ne dormait pas encore, et sursauta en se redressant sur le lit en le voyant arriver.
- Arthur ? Qu'est-ce que… ?
- Sortez du lit !
- Quoi ?
Arthur tira sa sœur hors du lit, et commença à retourner les draps.
- Mais enfin qu'est-ce que vous cherchez ?
- Un… Cafard..Ou quelque chose du genre. Une bête, quoi !
- Arthur…
Morgana attrapa le prince par le bras, le forçant à stopper ses recherches.
- Arthur ! Mais enfin… Vous allez m'expliquer, oui ?
- Je sais où j'ai vu l'homme de ce matin !
- Et ?
- C'est un sorcier, je crois, et il vous avait empoisonnée à l'aide d'une bestiole afin de vous soigner et de prendre la place de Gaius pour pouvoir tuer mon père.
- Oh, je suppose que je devrais vous remercier alors.
- Pas la peine, mais aidez moi à trouver cette fichue bête !
Arthur et Morgana se mirent donc à fouiller la pièce pendant plusieurs minutes, sans succès.
- Les fleurs ! S'exclama soudain la pupille du roi.
- Quoi ?
- J'ai reçu des fleurs aujourd'hui, j'ai d'abord pensé qu'elles venaient de Merlin, mais…
- Pourquoi diable Merlin vous offrirait-il des fleurs ?
- Hum… Pour rien, mais… Peu importe, les fleurs étaient peut-être le moyen de faire entrer la bête ?
Arthur la regarda fixement pendant une seconde, étant resté bloqué sur Merlin, puis il réagit et se pencha sur le bouquet.
Il en sortit une petite bête noire, et se tourna vers Morgana avec un sourire victorieux.
- Vous n'auriez pas une boite, ou quelque chose pour l'y enfermer ?
Morgana fouilla la pièce du regard, puis vida une petite boite à bijoux qu'elle tendit à Arthur.
- Qu'allez-vous faire ?
- L'amener à mon père, je ne peux pas faire grand-chose d'autre.
- Vous pensez qu'il vous croira ?
- Je l'espère.
Le lendemain matin, Arthur alla donc voir le roi, la boite en main.
- Cette bête était dans les fleurs que Morgana a reçu ?
- Oui père.
- Et tu dis qu'elle est magique ? Comment le sais-tu ?
- Hum.. Eh bien il y avait cet homme devant le palais hier, et…
- Ce ne sont donc des présomptions, n'est-ce pas ? Tu n'as aucune preuve ?
-Non, avoua le prince. Mais je suis sûr que si vous demandez à Gaius, il pourra vous confirmer qu'il s'agit d'une bête magique.
-Bien, nous demanderons donc son avis à Gaius.
Le médecin confirma qu'il s'agissait d'une espèce magique, qui ne pouvait prendre vie que grâce à un sorcier. Comprenant qu'un sorcier avait tenté de tuer sa pupille, Uther fit convoquer Arthur.
- Comment savais-tu que la bête était magique ?
- Une intuition, père, répondit le prince, qui ne pouvait décemment pas dire la vérité.
- Je veux que tu trouves le responsable, et aussi vite que possible.
Arthur hésita pendant un instant entre acquiescer et attendre de voir ce qui allait se passer, ou parler du sorcier à son père dès maintenant. Mais, étant donné que le roi avait déjà du mal à comprendre comment il avait su que l'insecte était magique, il se dit qu'il valait mieux ne pas lui donner encore plus de soupçons.
Il hocha donc la tête, et pria pour avoir pris la bonne décision.
Quelques heures plus tard, alors qu'Arthur s'était assis sur les marches devant le palais pour réfléchir –notamment à propos de Merlin –il aperçut le fameux sorcier. Il se précipita alors vers lui.
- Qu'est ce que vous faites là ?
- Je m'appelle Edwin, et je possède un remède qui guérit…
- Tous les maux ? Merci, je suis au courant. Mais la cour a déjà un médecin, et, même si ce n'était pas le cas, je peux vous assurer que jamais vous n'approcherez Morgana, ou mon père. Alors rappelez toutes vos bestioles et dégagez de Camelot.
- Sire, je vous assure que je ne comprends pas…
- J'ai dit : Dégagez ! Je sais qui vous êtes, je sais ce que vous voulez, et je vous assure que vous feriez mieux de quitter Camelot et de ne jamais revenir avant que je ne change d'avis et ne vous tue !
Le visage d'Edwin se ferma, et Arthur le vit mettre la main dans sa poche, comme s'il cherchait quelque chose. Sans réfléchir, le prince attrapa son épée et la passa au travers du sorcier. Il n'avait jamais vraiment aimé tuer, mais son instinct avait pris le dessus, et il ne voulait ni ne pouvait risquer de mettre en danger la vie de Morgana, de son père, de Gaius ou de qui que ce soit d'autre.
Alors que le corps d'Edwin gisait au sol, Arthur remarqua une petite boite, probablement tombée de sa poche. Il l'attrapa et l'ouvrit, pour y découvrir une multitude de petites bêtes, les mêmes que celle trouvée dans la chambre de Morgana.
Il ramena la boite à Uther, qui fut pour ainsi dire soulagé d'apprendre que le sorcier était mort.
Le lendemain, Merlin alla trouver Morgana dans sa chambre.
Je suis désolé de ne pas être venu avant, mais avec cette histoire de bête, Gaius a insisté pour que je l'aide.
- Ce n'est rien, assura Morgana.
- Comment vous sentez-vous ?
- Bien, pour l'instant. Tu sais, je te remercie vraiment d'être un aussi bon ami pour moi, et je veux que tu saches que je protègerai toujours ton secret.
Merlin sourit, oubliant les paroles du dragon.
- Vous m'avez demandé de vous apprendre à maîtriser la magie, mais…
- Tu ne veux pas ?
- Non, ce n'est pas ça, c'est juste que je ne suis pas sûr de savoir comment faire… Je n'ai jamais appris la magie, Morgana, et je ne sais pas si je serais capable de vous l'apprendre…
- Oh, je vois. De toute manière, mes pouvoirs ne se manifestent qu'à travers des visions pour l'instant, alors je suppose que ça peut attendre.
- En tout cas, sachez que je serai toujours là si vous avez besoin d'en parler, ou s'il arrive quelque chose.
- Merci Merlin.
Morgana hésita un instant, avant de reprendre la parole.
- Peux-tu me montrer quelque chose ?
- Bien sûr, quoi ?
- Je ne sais pas, quelque chose de magique.
Merlin ferma les yeux, murmura quelques mots et lorsqu'il les rouvrit, un petit dragon en argile s'était matérialisé dans sa main. Il le tendit à Morgana, qui lui offrit son plus beau sourire.
Ils parlèrent encore un moment, puis Merlin quitta la chambre de Morgana pour rejoindre celle d'Arthur. Ce dernier se retourna en entendant la porte, avant de se figer en reconnaissant Merlin.
Il sentit la panique l'envahir, ignorant la raison de sa présence, et ne l'ayant quasiment pas revu depuis qu'il avait réalisé ses sentiments. Il sentit son cœur s'emballer, et déglutit difficilement.
- Merlin…
- Morgana dit que vous avez sauvé Gaius, que le sorcier entendait prendre sa place.
- C'est vrai. Mais je pense que Gaius…
- Merci.
Arthur en perdit le fil de sa phrase, peu habitué à ce que Merlin lui dise quelque chose de gentil depuis que Lancelot était parti.
Seulement, cela ne dura pas, et Arthur sentit son cœur se briser en voyant Merlin se tourner vers la sortie. De toute évidence, il était venu uniquement pour Gaius, et ne comptait pas se réconcilier avec lui.
- Merlin, attends. S'il te plaît.
- S'il te plaît ? Vous êtes malade ?
Arthur esquissa un sourire avant de continuer.
- Je suis vraiment désolé, pour Lancelot. Je… Si je pouvais revenir en arrière, je ferai différemment.
- Vous ne pouvez pas revenir en arrière. Enfin, vous venez du futur, donc je suppose que vous êtes déjà revenu en arrière, mais peu importe. Lancelot est parti, et vous ne pouvez pas le ramener.
- Qu'est-ce que je peux faire pour que tu me pardonnes ? Je partirai immédiatement à la recherche de Lancelot pour te le ramener si je ne pensais pas que mon père le tuerait. Je ne l'ai pas dénoncé pour lui nuire, et encore moins pour te faire du mal, mais je…
- Je sais. Morgana m'a dit pourquoi vous l'avez fait.
Arthur se raidit. Qu'est-ce que Morgana avait bien pu lui dire ? Une chose était sûre, si elle lui avait parlé de ses sentiments, il irait lui-même rechercher les petites bestioles pour qu'elle s'étouffe avec.
- Et je veux bien comprendre que vous ayez fait cela pour me protéger de votre père, mais… J'aimais beaucoup Lancelot, et je n'arrive pas à ne pas vous en vouloir. Je suis désolé.
- Est-ce que ça veut dire que nous ne serons plus jamais amis ?
Arthur sentit une boule se former au creux de son ventre, tandis que Merlin se passait une main sur le visage en soupirant.
- Non, finit par dire Merlin. Ce n'est pas ce que je dis.
- Alors quoi ? Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
- Rien… Ecoutez je… Vous avez aidé Gaius, et je pense que vous savez ce que ça représente pour moi. Vous m'avez également sauvé la vie, et… Je n'oublie pas ce que vous avez fait pour moi, mais je crois qu'il est juste un peu trop tôt pour que tout redevienne comme avant.
Arthur hocha lentement la tête.
- Donc tu ne me déteste pas ?
- Non, bien sûr que non. Mais agissez encore une fois comme vous l'avez fait avec Lancelot et je peux vous assurer que vous ne me verrez plus jamais franchir cette porte.
- Est-ce que tu me menaces ? Demanda Arthur en prenant un air outré.
Merlin haussa les épaules, sourit, et se dirigea à nouveau vers la porte.
- Morgana m'a dit qu'elle pensait que les fleurs qu'elle avait reçu étaient de toi. Pourquoi pense-t-elle que tu pourrais lui offrir des fleurs ?
« Parce qu'on s'est rapprochés depuis que je lui ai avoué être un sorcier ? » Pensa Merlin tout en sachant que cette réponse n'était pas une option. N'ayant rien de très intelligent à répondre, il préféra utiliser l'humour.
- Pourquoi ? Vous êtes jaloux ?
- Pas du tout ! Je me demande juste pourquoi moi je n'ai pas droit à des fleurs.
- De un, je ne lui ai pas offert de fleurs. Et de deux, vous en aurez le jour où je reverrai Lancelot.
- Tu le reverras.
- Vous n'en savez rien.
- Je te le promets. Quand je serai roi, je ferai en sorte qu'il revienne, et je le nommerai chevalier.
Arthur avait mis toute sa sincérité dans cette promesse, et il voyait dans les yeux de Merlin que ce dernier le savait, et qu'il en était touché. Il hocha la tête, et posa la main sur la poignée.
- Puisque je n'ai pas de fleurs, est-ce que je peux au moins avoir un câlin ?
Merlin ouvrit des yeux ronds, et Arthur voulut attraper les mots pour les ravaler en réalisant ce qu'il venait de dire. Il ne savait pas ce qui lui avait pris –ou plutôt si, il le savait, il mourrait d'envie de prendre Merlin dans ses bras. Seulement il n'avait pas voulu le dire à voix haute, et encore moins lorsque Merlin était encore à moitié énervé contre lui.
Cependant, Merlin finit par reprendre ses esprits, et en deux enjambées il fut sur Arthur, qu'il entoura de ses bras. Arthur se figea un instant, étonné, puis resserra ses bras autour de Merlin, et posa sa tête sur son épaule en fermant les yeux. Il aurait aimé que cet instant dure plus longtemps, mais au bout d'à peine quelques secondes, le sorcier se dégagea de son étreinte, et quitta finalement la pièce après lui avoir lancé un « Vous êtes vraiment bizarre parfois ».
Arthur se laissa tomber sur son lit, perturbé. Il était plutôt heureux, au moins la réconciliation était en bonne voie. D'après l'attitude de Merlin, il devinait qu'il allait revenir vers lui petit à petit, et que d'ici quelques jours –semaines peut-être, son ami serait de nouveau à ses côtés. Mais il était également perturbé par l'étreinte échangée avec Merlin. Il venait de réaliser qu'être son ami ne pourrait pas lui suffire. Il avait besoin de plus, un besoin quasiment vital. Il ne s'était jamais senti aussi bien que dans ses bras, et il avait déjà envie d'y retourner. Il avait compris qu'il ne pourrait pas faire semblant pendant longtemps, et que tôt ou tard, il devrait avouer la vérité à Merlin. Seulement, il avait peur de sa réaction. S'il le rejetait, il ne s'en remettrait pas.
Il songea un instant à retourner voir Morgana, mais se ravisa très vite. Il savait que sa sœur essayait de l'aider, mais il ne pouvait s'empêcher de penser à cette histoire de fleurs. Morgana semblait sûre qu'elles venaient de Merlin, et cela n'avait pas semblé choquer ce dernier plus que ça. Au contraire, Arthur avait eu l'impression que Merlin savait pertinemment ce qui avait poussé Morgana à penser cela, et qu'il n'avait pas voulu le lui dire. Et plus Arthur y pensait, plus il sentait la jalousie monter. Il voyait bien que sa sœur était très proche de Merlin, et il n'aimait pas ça. Non pas qu'il ait peur qu'elle le lui vole, mais il voulait être le premier dans le cœur de Merlin, pas le second.
Les prochaines semaines allaient probablement être épuisantes.
Vous noterez mon incroyable productivité, deux chapitres en une semaine (oui je m'auto lance des fleurs, et alors ? :D )
Je tiens à tous vous remercier pour vos adorables reviews, vos follows, et tout ce qui s'ensuit, et parce que je vous aime, je vous annonce que nous partons pour Ealdor dans le prochain chapitre ! (Enfin, normalement XD)
