Je m'impressionne toute seule de la vitesse à laquelle j'écris cett fic. Bref, je suis pas du tout satisfaite du début du chapitre, mais j'ai pas réussi à faire mieux, et vu que ce n'est pas le plus important, je me suis dit tant pis ^^
Bonne lecture !
Chapitre 9
Trois mois s'étaient écoulés depuis qu'Arthur avait déjoué les plans d'Edwin, et beaucoup de choses s'étaient passées. Merlin ayant préféré s'éloigner du prince malgré tout, Arthur n'avait plus le cœur à chasser, et il n'avait ainsi pas rencontré Sophia et son père, qui n'avaient pas pour autant renoncé à leur plan de tuer Arthur pour retrouver leur immortalité. Mais des visions de Morgana les concernant l'avaient mise sur la voie, et Merlin et elle finirent par les empêcher d'atteindre Camelot, et Arthur.
Quelques semaines plus tard, les chevaliers avaient attaqué un village de druides sur ordre d'Uther, et seul Mordred avait rejoint Camelot. Merlin et Morgana l'avaient immédiatement pris sous leur aile, et s'étaient par conséquence encore un peu plus rapprochés, notamment après que Merlin ait choisi de lui parler de la manière dont Mordred l'appelait – Emrys -, ce qui n'avait pas échappé à Arthur. Ce dernier avait donc plus qu'insisté pour aider lui aussi le jeune druide, qu'il avait finit par sauver.
Il avait espéré qu'aider Mordred suffirait à faire revenir Merlin, mais s'il voyait bien qu'il n'était pas insensible à ses actions, Lancelot était encore trop présent dans son esprit pour qu'il revienne.
Puis, alors qu'Arthur commençait à réellement désespérer, un chevalier qui n'était autre que le beau-frère d'Uther –qui était décédé –avait ressurgi et tuait tous ses adversaires. Alors qu'Arthur était sensé être le prochain à le combattre, Merlin et Morgana, ne pouvant se résoudre à le regarder mourir sans rien faire, cherchaient une solution. Merlin finit par demander conseil à Kilgharrah, qui accepta de forger Excalibur. Mais lorsqu'Uther s'en servit à la place d'Arthur, Merlin dut se résoudre à jeter l'épée dans le lac d'Avalon afin que le roi ne puisse plus l'utiliser, tandis que Morgana inventait une excuse pour lui expliquer la disparition de l'épée.
Merlin savait qu'Arthur avait failli y laisser la vie, et il avait finalement décidé d'arrêter de le punir pour ce qu'il s'était passé. Si le prince était plus que soulagé de le voir le pardonner, il pouvait néanmoins toujours sentir l'ombre de Lancelot au-dessus de leur tête. Par ailleurs, il sentait ses sentiments grandir encore, et il commençait à étouffer. Faire semblant de ne rien ressentir l'épuisait. Mais il savait qu'il ne pouvait rien avouer, même si Morgana lui affirmait le contraire. Il ne voulait et ne pouvait pas prendre le risque que Merlin se braque et le rejette, il ne le supporterait pas. Par ailleurs, la complicité toujours plus grande entre sa sœur et son ancien serviteur le mettait mal à l'aise, et l'angoissait. Il voulait bien croire Morgana lorsqu'elle disait ne ressentir que de l'amitié envers Merlin, mais il ne pouvait pas être sûr du contraire. Et cette inquiétude grandissait à chaque fois qu'il les voyait ensemble –souvent donc.
Le prince avait ainsi l'impression d'être enfermé dans une boucle infernale, où rien ne bougeait. Du moins jusqu'à ce matin-là.
Uther l'avait convoqué pour prendre part à une audience. Une femme du peuple avait demandé à parler au roi. Si cela n'avait rien de très inhabituel, Arthur y vit sa chance de faire oublier à Merlin ce qu'il s'était passé avec Lancelot dès lors que la femme en question entra dans la pièce. Hunith.
La mère de Merlin venait demander à Uther de venir en aide au village d'Ealdor, qui vivait sous la pression d'un seigneur voisin qui leur prenait toutes leurs récoltes. Cependant, le roi déclara que le village se trouvait sur les terres de Cenred, et qu'il ne pouvait pas y envoyer une armée sans déclencher une guerre, ce qu'il se refusait à faire.
Un peu plus tard, Merlin retrouvait Arthur.
- Je retourne à Ealdor.
- Je sais, déclara Arthur. Et je viens avec toi.
- Quoi ?
- Je viens avec toi. Camelot devrait être capable d'aider les gens, et je ne vais pas rester là à attendre que tout ton village soit massacré.
- Arthur… Votre père…
- Je me fiche de ce que mon père dira. Je viens avec toi, et ce n'est pas négociable.
Sur ce, Arthur s'éloigna pour préparer son sac, et Merlin rejoignit Gwen chez elle, pour récupérer le sac qu'elle lui avait préparé. Alors qu'il s'en emparait, Morgana entra, vêtue de manière à pouvoir se battre.
- Qu'est-ce que vous faites là ?
- On vient avec toi.
- Quoi ? Mais… Vous ne pouvez pas…
- Si la situation était inversée, tu nous aiderais, intervint Gwen. Tu l'as déjà fait.
Un peu plus tard, tous étaient donc en route, Arthur et Morgana n'ayant évidemment pas prévenu Uther. La nuit tombée, ils installèrent un campement.
- Vous devriez mettre votre lit près de celui de Merlin, susurra Morgana à Arthur.
- Oh, taisez-vous donc !
La pupille du roi laissa échapper un rire et installa son propre lit près de celui de Gwen.
- Ils ne devraient pas être là, déclara Hunith à Merlin. Surtout Morgana et Arthur.
- Je sais. Mais je n'aurais pas pu les convaincre de ne pas venir.
Le lendemain matin, ils reprirent la route vers Ealdor, et atteignirent le village juste à temps pour intervenir alors que Kenan venait une nouvelle fois récupérer les récoltes. Il finit par battre en retraite, mais non sans promettre de revenir.
Alors qu'Arthur le regardait s'en aller, il aperçut Merlin enlacer Will en riant. Il savait bien qu'il s'agissait de son meilleur ami, mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir un pincement. Merlin ne l'avait jamais enlacé de la sorte, ni aussi longtemps. A part peut-être lorsqu'il l'avait retrouvé dans un marais boueux après l'avoir cru mort pendant plusieurs jours, mais ce Merlin là ne s'en souvenait de toute manière pas.
Il sentit la main de Morgana se poser sur son épaule, et détourna le regard.
Après avoir rassemblé les villageois pour leur parler de la suite des évènements, et avoir essuyé les critiques de Will, qui avait finit par s'en aller, suivit par Merlin qui voulait le raisonner, Arthur s'assit sur une pierre en soupirant.
- Ce n'est pas contre vous, il n'a jamais aimé les princes, déclara Merlin en le rejoignant.
- Il changera peut-être d'avis, répondit Arthur d'un ton las.
Merlin soupira à son tour. Il repensait aux mots qu'il avait échangés avec Will. Ce dernier affirmait que si Arthur était réellement son ami, il lui aurait dit pour ses pouvoirs. Et Morgana voulait également qu'il le lui dise. Peut-être que tout cela n'était pas une coincidence. Peut-être devrait-il réellement avouer la vérité à Arthur. Mais il ne pouvait pas surmonter la peur qu'il le prenne mal.
Soudainement, les paroles que le prince avait prononcées plusieurs mois auparavant lui revinrent en mémoire.
- C'est ici, n'est-ce pas ?
- De quoi parles-tu ?
- Will. Vous avez dit qu'il allait mourir.
- Oui…
- Quand ?
Devant le silence d'Arthur, le sorcier insista.
- Quand ?
- Lorsque Kenan reviendra, finit par avouer le prince.
- J'empêcherai cela.
- Merlin…
- Je ne le laisserai pas mourir.
Merlin se leva, résolu à sauver son ami, quoiqu'il en coûte. Alors qu'il rejoignait la maison, Morgana l'interpella.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Comment ça ?
- Tu pourrais nous débarrasser de Kenan et de ses hommes, n'est-ce pas ?
- Je sais, Morgana. Mais… Je ne peux pas prendre le risque de dévoiler ma magie à tout le village, et à Arthur. Vous plus n'importe qui devriez comprendre cela.
- Je comprends, mais nous sommes beaucoup moins nombreux, et définitivement moins expérimentés. Si cela tourne mal…
- Si cela tourne mal, je ferai ce qu'il faudra.
Sans laisser à Morgana le temps de répondre, Merlin continua sa route, et trouva rapidement Will.
- Pourquoi es-tu parti ? lui demanda ce dernier.
- Ce n'était pas mon choix, mais ma mère était inquiète. Quand elle a appris que tu savais, elle…
- Je n'aurais rien dit à personne.
- Je sais.
Après un bref silence, Merlin poursuivit.
- Pourquoi est-ce que tu te comportes ainsi ?
- Tu sais pourquoi.
- Ce qui est arrivé à ton père n'a rien à voir avec Arthur, Will.
- Et alors ? Ils sont tous pareil ! Et s'il envoie quelqu'un à la mort, je peux te garantir que ce ne sera pas lui.
Merlin soupira.
- Tu serais capable de battre Kenan tout seul, n'est-ce pas ?
- Peut-être. Mais je ne peux pas.
- Pourquoi pas ? Qu'est-ce que ça fait si Arthur le découvre ? Tu préfères le ménager lui plutôt que de sauver tes amis et ta famille ?
- Ce n'est pas ça.
- Alors qu'est-ce que c'est ?
- C'est… Je n'attends pas de toi que tu comprennes.
- Très bien, déclara Will avant de partir.
Merlin ne savait plus où il en était. Peut-être devrait-il utiliser sa magie, mais il avait peur des conséquences qui pourraient en découler.
Le soir venu, et après avoir passé la journée à entraîner les villageois, Arthur était inquiet. Il voyait bien que, malgré l'enthousiasme et la volonté qu'ils y mettaient, ils étaient tout sauf des soldats. Il savait également qu'ils perdraient si Will n'utilisait pas la magie. Or il ne pouvait pas être certain qu'il le ferait, puisque rien ne semblait se passer comme il l'avait vécu auparavant. Il décida donc de parler avec lui, pour essayer de le convaincre d'utiliser ses dons avant même que la bataille ne commence, ce qui éviterait ainsi de nombreuses morts.
Lorsque Will le vit arriver, il leva les yeux au ciel, visiblement peu ravi de le voir.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- Juste te parler. Je sais que tu penses que je ne suis ici que pour la gloire, mais c'est faux. Je suis ici parce que je veux aider ces gens.
- Vous espérez que je vais croire ça ? Ealdor ne dépend même pas de Camelot, alors pourquoi vous vous y intéresseriez, hein ?
- Parce que Merlin tient à ce village. Et que je tiens à lui.
- Bien sûr. C'est bien tenté, le coup du prince qui s'attache à son serviteur, mais ça ne prend pas.
- Will, je ne suis pas en train d'essayer de t'amadouer. Je me fiche pas mal de ce que tu penses de moi, mais ce village a besoin de toi. Tes amis ont besoin de toi, et tu ne devrais pas les abandonner. Tu devrais te battre et utiliser tes capacités pour les sauver !
Will fronça les sourcils, et daigna enfin regarder Arthur.
- De quelles capacités vous parlez ? Je ne suis pas meilleur soldat qu'un autre ici.
- Je ne te parle pas de capacités physiques.
- Alors je ne vois pas de quoi vous parlez.
- Je pense que si. Je sais ce que tu es, et… Je veux juste que tu comprennes que tu pourrais tous les sauver, si tu le voulais. Je me fiche que tu aies de la magie, je ne m'intéresse qu'à l'avenir de ces gens, et sans toi ils sont fichus !
Cette fois, Will sembla perplexe.
- De la magie ?
- Ce n'est pas la peine de nier, je ne te ferai rien.
Will quitta la pièce d'un pas déterminé sans prendre la peine de répondre. Il se précipita chez Hunith, qui se trouvait avec Merlin.
- Tu as dit à Arthur que j'avais de la magie ?
Merlin sursauta, puis, en comprenant de quoi il s'agissait, maudit Arthur. Il entraina Will dans un coin plus isolé.
- Non, je…
- Ah bon ? Parce qu'il est persuadé que c'est le cas ! Alors quoi, tu as voulu tester comment il réagirait s'il apprenait pour toi en m'utilisant comme cobaye et en m'inventant des pouvoirs ?
- Non, bien sûr que non ! Juste…. Calmes-toi, d'accord ?
Merlin inspira profondément.
- Arthur… Il n'est pas de cette époque, il vient du futur.
- Mais enfin de quoi tu parles ?
- Je ne te dis que la vérité, il s'est réveillé dans le passé, et depuis… enfin, peu importe, le fait est qu'il était déjà persuadé que tu étais un sorcier quand je l'ai rencontré, il a même utilisé cet argument pour me convaincre qu'il venait du futur. D'après ce que j'ai compris, il tenait ça de toi.
- Je lui aurais dit que j'étais un sorcier ? Ton histoire n'a aucun sens, je ne vois vraiment pas pourquoi je ferai une telle chose.
En voyant l'air défait de son ami, Will sut que quelque chose n'allait pas.
- Quoi ?
- Rien.
- Merlin, je ne suis pas stupide.
- Il a dit que tu étais mort…
- Je savais bien que se battre contre les hommes de Kenan était une mauvaise idée, tu vois. Alors qu'est-ce que tu vas faire ? Révéler tes pouvoirs à Arthur ou me laisser mourir ?
- Will !
- Je suppose que ça ne dépend que de toi, maintenant.
Sur ce, Will s'éloigna, laissant Merlin perdu dans ses pensées.
Le lendemain matin, Arthur avait disposé les villageois de manière à prendre leurs assaillants par surprise lorsqu'ils arriveraient.
- As-tu décidé de ce que tu allais faire ? Demanda Morgana à Merlin.
Le sorcier n'eut pas le temps de répondre, ayant été entrainé par Arthur pour se mettre en place. Alors que Kenan et ses hommes arrivaient, le feu que Morgana devait faire ne démarrait pas, ce qui inquiétait fortement Arthur. Merlin fit alors demi-tour pour aller l'aider, et alluma la flamme par magie.
Alors qu'il s'apprêtait à utiliser la magie pour anéantir les attaquants, Arthur donna le signal aux villageois et la bataille débuta instantanément, si bien qu'il ne pouvait plus distinguer les habitants des pilleurs.
Alors qu'il tentait de trouver une solution, il fut rejoint par Will, qui avait finalement décidé de se joindre à la bataille.
- Je ne pensais pas que tu viendrais.
- Moi non plus, lança Will en souriant.
Merlin inspira profondément, puis se résigna à créer une tornade de poussière, qui fit fuir les chevaux et les hommes de Kenan. Ce dernier cependant resta, et engagea un combat avec Arthur, qui parvint à lui porter un coup mortel, le laissant au sol. Alors qu'il s'avançait vers Merlin, il entendit Will lui crier de faire attention, et tomba par terre, poussé par ce dernier.
Merlin, qui avait également vu Kenan attraper son arbalète, se précipita à son tour sur Will pour le pousser sur le côté.
Lorsqu'il se releva, Arthur vit Will faire de même, et comprit que Merlin avait réussi à sauver son ami. Alors qu'il soupirait de soulagement, pensant que tout était fini, il entendit un cri.
- Merlin !
Will se précipita vers le sorcier, et Arthur remarqua la flèche plantée dans son flanc. Il sentit alors une vive panique l'envahir, et il se jeta à son tour à ses côtés.
- Merlin ! Merlin, est-ce que tu m'entends ?
Voyant que ses tentatives de ranimer Merlin ne menaient à rien, il prit son pouls, qu'il trouva à peine, puis se tourna vers Will.
- Fais quelque chose !
- Je ne peux rien faire !
- Bien sûr que si !
Arthur commençait à s'énerver, la peur de perdre Merlin prenant le pas sur ses émotions. Morgana s'avança vers lui, et posa sa main sur son bras
- Arthur, il ne peut rien faire…
- Si, il peut utiliser…
- Il n'a pas de magie, le coupa la pupille du roi.
Arthur se tourna vers elle, les yeux remplis de larmes.
- Mais si, il….
- Non, insista la jeune femme.
- C'est lui qui me l'a dit, pourquoi aurait-il menti ?
- Pour protéger Merlin, je suppose.
- Quoi ? De quoi…
Soudain, Arthur comprit. Tout s'emboitait. Le mensonge de Will, le dragon, et toutes les fois où Merlin lui avait sauvé la vie, ou comprenait inexplicablement ce qu'il se passait, comme avec le chevalier Valiant.
- Merlin…
Morgana le prit dans ses bras, le forçant ainsi à lâcher Merlin.
- Il avait peur de votre réaction si vous l'appreniez.
Laissant cette révélation et ses sentiments de côté, Arthur se dégagea de l'emprise de Morgana pour retourner près de Merlin.
- On doit pouvoir faire quelque chose, il ne peut pas mourir !
Will, qui s'était laissé tomber sur le sol, et tenait Hunith, releva la tête, et lui lança un regard indiquant clairement qu'il ne voyait rien à faire.
Alors qu'Arthur avait de plus en plus de mal à retenir ses larmes, Morgana sécha les siennes, déterminée à agir.
- Vous ne pouvez rien faire, mais peut-être que moi je peux.
Elle poussa Arthur pour se mettre face à Merlin. Le prince, lui, ne savait plus où il en était. Beaucoup trop d'informations se battaient dans sa tête, et il ne comprenait pas où Morgana voulait en venir. Bien sûr, la Morgana de son époque aurait été capable de soigner Merlin, mais de ses souvenirs, celle-là savait à peine qu'elle possédait de la magie. Cependant, il était prêt à tout essayer pour ne pas perdre Merlin. Il savait qu'il ne pourrait pas vivre sans lui.
Il lança néanmoins un regard chargé d'incompréhension à Morgana, et put lire la peur dans le sien.
- J'ai passé beaucoup de temps avec Merlin, et il… Il m'a montré deux ou trois choses.
La jeune femme tenta de se concentrer, et de se rappeler tout ce que Merlin lui avait dit lorsqu'ils parlaient de magie. Elle n'était jamais parvenue à utiliser ses pouvoirs en dehors des visions, qu'elle ne contrôlait pas, mais elle se devait d'essayer. Selon Merlin, sa magie était là, en elle, seulement endormie. Il lui fallait donc l'activer, par n'importe quel moyen.
Elle posa une main sur la plaie, et prit la main de Merlin dans l'autre, puis ferma les yeux. Lorsqu'elle les rouvrit, rien n'avait bougé. Alors que la panique commençait à l'envahir, elle réessaya, plusieurs fois, sans succès.
Voyant que ses efforts ne servaient à rien, et que chaque seconde qui s'écoulait rapprochait son ami de la mort, elle perdit le contrôle, et laissa la douleur l'envahir. Alors qu'elle poussait un hurlement de rage, en colère contre elle-même de ne pas être capable de le sauver, ses yeux virèrent au doré et les bottes de foin derrière elle explosèrent. Comprenant qu'elle venait de réussir à activer ses pouvoirs, elle plaqua à nouveau sa main contre la blessure de Merlin.
Lorsque ce dernier se releva d'un coup, haletant, elle voulut le prendre dans ses bras, soulagée, mais fut très vite évincée par Arthur, qui s'était littéralement jeté sur Merlin, et le serrait tellement qu'elle crut qu'il allait l'étouffer. Elle se laissa retomber sur le sol, et inspira profondément en essayant de se remettre de ses émotions.
Quelques heures plus tard, après avoir laissé suffisamment de temps à Merlin pour se reposer et passer du temps avec sa mère, Arthur décida qu'il était temps pour lui d'aller lui parler.
- Je sais que vous êtes au courant, déclara Merlin avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit.
Arthur s'assit sur le lit en soupirant. Il ne savait même plus ce qu'il ressentait. Il devrait être en colère, mais il n'y parvenait pas. Il avait eu tellement peur de le perdre, et était tellement soulagé qu'il aille bien qu'il se fichait presque qu'il soit un sorcier. A vrai dire, il s'en fichait. Il en était déjà arrivé à la conclusion que la magie n'était pas forcément mauvaise. Ce qui faisait mal, c'était le fait qu'il ne le lui ait jamais dit. Parce que ça prouvait qu'il ne lui faisait pas totalement confiance.
- Pourquoi ne me l'as-tu jamais dit ?
Merlin se redressa sur le lit.
- Je ne vous connais que depuis moins d'un an…
- Pourtant tu l'as dit à Morgana.
- Je lui ai dit parce que je ne voulais pas qu'elle devienne celle dont vous m'avez parlé. J'ai pensé que si elle savait qu'elle n'était pas seule, cela pourrait l'aider.
Arthur hocha lentement la tête. Il avait besoin de comprendre pourquoi Merlin ne lui avait pas fait confiance.
- Pensais-tu vraiment que j'allais te dénoncer ?
- Non, bien sûr que non. Mais… Vous venez de huit ans dans le futur, et vous ne le saviez toujours pas… J'avais peur que vous ne le preniez mal.
- Est-ce que tu aurais fini par me le dire ?
- Je suppose oui. Probablement le jour où j'en aurais eu marre d'entendre Morgana me demander de vous le dire, tenta-t-il de plaisanter, sans réelle conviction.
- Je ne comprends pas pourquoi il ne m'a rien dit, pourquoi il ne me faisait pas confiance.
- Je ne pense pas que ce soit un problème de confiance.
- Alors quoi ? Tu viens de dire que tu aurais fini par me m'avouer, et il… En huit ans, il ne l'a pas fait.
- Arthur… Lorsque je vous ai rencontré, vous étiez déjà attaché à moi. Ce n'était pas le cas lorsque lui vous a rencontré, et… La magie est interdite à Camelot, et vous êtes le prince. S'il vous l'avait dit et qu'il s'était trompé sur vous, et que vous l'aviez dénoncé…
- Je peux comprendre ça, mais après ? Lorsque mon père est mort, que je suis devenu roi… Comment pouvait-il penser que je lui ferais quoi que ce soit ?
- Je pense qu'il savait que vous ne l'auriez pas tué. Mais… Il vous le cachait déjà depuis des années, et il ne savait pas comment vous réagiriez si vous appreniez qu'il vous avait menti. C'est pour ça que je ne voulais rien vous dire non plus.
Arthur secoua la tête, tentant de garder le contrôle de ses larmes. Il savait qu'il n'aurait de toute manière jamais la réponse qu'il attendait, puisque le Merlin qui lui avait caché la vérité pendant toutes ces années n'existait plus. Il se dit alors qu'en vouloir au Merlin qui lui faisait face ne servirait à rien.
Quelques instants plus tard, Will entra à son tour dans la pièce, et Arthur proposa à Merlin d'aller lui chercher de l'eau, ce qui laisserait aux deux amis le temps de parler.
Lorsqu'il sortit, il croisa Morgana, qui avait pris soin de l'éviter depuis qu'elle avait soigné Merlin.
- Vous n'allez rien dire à Uther, n'est-ce pas ?
- Comment pouvez-vous penser que je dénoncerai Merlin ?!
- Je ne parlais pas de lui..
- Morgana… Je viens de huit ans dans le futur, vous pensez réellement que je n'étais pas au courant pour votre magie ?
- Eh bien, vous ne saviez pas pour Merlin.
- Vous n'avez rien à craindre, je ne laisserai jamais mon père vous faire de mal. Ni à vous, et ni à Merlin.
- Vous n'êtes même pas fâché ?
- Je suis trop soulagé que tout le monde aille bien pour être fâché.
Morgana sourit, et Arthur lui rendit son sourire avant de reprendre.
- Cependant, il y a une chose que je vais faire.
- Avouer vos sentiments à Merlin ?
- Non, répondit-il en levant les yeux au ciel. Lorsque je serai roi, je lèverai l'interdiction de pratiquer la magie.
- Vraiment ?
- Oui. Je sais que la magie n'est pas mauvaise, et les gens comme vous ou Merlin ne méritent pas d'être persécutés ou d'avoir peur de qui ils sont à cause de dons qu'ils n'ont pas choisi.
Morgana sourit faiblement, puis se jeta au cou d'Arthur pour l'enlacer. Ce dernier lui rendit son étreinte.
- Merci, lui souffla-t-il.
- De quoi ?
- De ne pas avoir eu peur de moi, de m'avoir avoué votre magie.
- Je n'allais pas laisser Merlin mourir, c'est aussi mon ami.
- Je sais, mais… Je sais que vous aviez peur de ma réaction. Je veux que vous sachiez à quel point je suis heureux que vous me fassiez confiance. Et… Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit, parce que j'avais moi aussi peur de votre réaction. Mais je veux vous faire confiance.
- Que se passe-t-il ?
- Je… Tout d'abord je veux que vous sachiez que je ne le sais que parce que je viens du futur. Je l'ai appris environ trois ans après aujourd'hui, je n'en avais aucune idée avant cela.
- Arthur, vous me faites peur, qu'est ce qu'il y a ?
- Je… Uther… Uther est votre père.
- Que… C'est une blague, n'est-ce pas ?
Arthur fit non de la tête, appréhendant grandement ce qui allait suivre. Morgana fit un pas en arrière, le choc se lisant clairement sur son visage. Il tendit lentement la main vers elle.
- Morgana…
- Vous en êtes sûr ?
- Oui.
Morgana déglutit difficilement, essayant de gérer ce qui lui tombait dessus. Elle n'aimait pas beaucoup Uther, qui était selon beaucoup trop dur et sans-cœur. A l'inverse, elle avait toujours vu Gorlois comme le père parfait. Apprendre que son père n'était autre que le premier lui donnait envie de vomir.
- Uther ne sera jamais mon père. Gorlois l'était. Et ce que vous venez de m'apprendre ne change rien à cela.
Elle commença à s'en aller, puis se stoppa et se tourna à nouveau vers Arthur.
- A vrai dire, ça change quelque chose.
- Quoi donc ?
- Ca fait de moi votre grande sœur, ce qui vous oblige à m'obéir. Et le premier ordre que je vous donne est de retourner dans cette maison et de parler à Merlin.
Arthur esquissa un sourire, lui déposa un baiser sur la joue et retourna vers Merlin, croisant au passage Will qui sortait de la maison.
- On reste amis alors ? Lui demanda Merlin alors qu'il entrait.
- Bien sûr.
Un court silence s'installa, durant lequel Arthur décida qu'il était temps de lever les non-dits, et de régler une fois pour toutes le problème Lancelot.
- Tu sais, quand j'ai dit que je ferai de Lancelot un chevalier, je le pensais vraiment.
- Pourquoi me parlez-vous de Lancelot ?
- Parce que je sais bien que tu m'en veux encore, je le vois dans tes yeux.
- Je ne vous en veux plus. J'aurais aimé qu'il reste, bien sûr, mais… Je vous en ai voulu pendant des mois, je suppose que ça suffit. Surtout si vous le faites revenir.
Arthur hocha la tête.
- Et… Je sais que je vous ai dit des choses qui vous ont blessé également. Lorsque j'ai dit que vous m'aviez forcé à être votre ami, je ne le pensais pas vraiment. Je suis heureux de vous avoir.
Les paroles du sorcier réchauffèrent le cœur d'Arthur, qui ne savait plus comment gérer la situation. Les récents évènements, la peur de perdre Merlin, et apprendre qu'il était un sorcier, ce qui lui avait fait prendre conscience de tout ce qu'il avait fait pour lui depuis huit ans, de toutes les fois où il l'avait aidé –même s'il était sûr de ne voir que la moitié de ce que Merlin avait réellement fait pour lui -, n'avaient fait que de renforcer ses sentiments, si bien qu'il ne pouvait plus les retenir. Il se pencha alors vers lui, et posa doucement ses lèvres sur les siennes. En moins d'une seconde, Merlin avait posé sa main derrière la tête d'Arthur et répondait au baiser, tandis qu'Arthur sentait son cœur exploser.
C'est ce moment que choisit Morgana pour passer sa tête dans l'embrasure, et, après avoir contemplé le spectacle pendant quelques secondes, s'éloigna en souriant.
