Arf, ce chapitre est court. Mais tant pis.
Bonne lecture !
Chapitre 10
Six mois avaient passés depuis Ealdor, et Arthur se sentait enfin heureux. Bien sûr, Uther n'avait pas apprécié leur fuite, bien au contraire il était furieux, mais après un très gros accrochage, et qu'Arthur ait calmé Morgana avant qu'elle ne dise ses quatre vérités au roi, les choses s'étaient légèrement calmées. Morgana ne semblait pas trop en colère, tout du moins pas contre Arthur. Il voyait bien qu'elle abhorrait Uther, mais elle se contenait face au roi, et Arthur avait l'impression qu'ils s'étaient beaucoup rapprochés depuis qu'il lui avait avoué être son frère. Et il n'avait pas envie de se demander si elle ne jouait pas un double-jeu, il avait réellement envie de lui faire confiance, et de la croire.
Enfin, il passait la majorité de son temps avec Merlin, et rien n'aurait pu le rendre plus heureux. Le sorcier avait insisté pour qu'ils cessent les rapports d'autorité lorsqu'ils étaient seuls ou avec Morgana –qui s'incrustait beaucoup trop dans leur relation selon le prince, même si Merlin ne semblait pas gêné –et Arthur avait fini par accepter qu'il le tutoie, n'ayant absolument aucune envie de vouvoyer Merlin. S'il avait eu un peu de mal à s'habituer au départ, il avait fini par trouver ça plus naturel –après tout, les rapports de hiérarchie n'avaient jamais été le point de fort de leur relation, Merlin semblant constamment oublier le statut de prince puis de roi d'Arthur, ou tout du moins il s'en fichait.
Bien sûr, ils continuaient à se disputer continuellement, et notamment lors des parties de chasse, comme celle qu'ils étaient en train de faire.
Alors qu'Arthur s'apprêtait à tirer sur un cerf, Merlin déboula derrière lui et le bouscula, ce qui fit fuir la bête.
- Désolé !
- Merlin ! Mais qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le mot silence ?!
- Et toi, qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « je n'aime pas la chasse » ? Si monsieur ne me forçait pas à venir avec lui, ce genre de choses n'arriverait pas !
- De toute manière, tu ne comprends rien à la chasse, déclara Arthur en roulant des yeux.
- Parce que je ne vois pas l'intérêt de tuer des animaux pour le plaisir ! Ca te plairait, toi, qu'on te chasse ?
- Moi, je ne suis pas un animal.
- Ouais, ben ça on pourrait se demander…
- Tu sais que je t'entends, n'est-ce pas ?
- Oh pardon de vous avoir vexé, sire.
- Oh, mais tais-toi donc !
- Bien sûr, donne moi des ordres, je… mmph.
Arthur avait finalement décidé de faire taire Merlin de la manière la plus efficace qu'il connaissait –en l'embrassant. Chose qu'il avait tendance à faire pour mettre fin à un conflit, ce qui énervait encore plus le sorcier.
Alors qu'Arthur approfondissait le baiser, il put sentir Merlin se mettre à parler contre ses lèvres.
- Tu sais, déclara-t-il en se décollant du sorcier, le principe du baiser, c'est de ne pas parler.
- Il y a une biche derrière toi.
- Et ?
- Je me suis dit que tu voudrais la chasser.
- Non. Je m'en fiche.
- Tu ne sais pas ce que tu veux.
- Si. C'est toi que je veux, affirma le prince avant de se jeter à nouveau sur lui.
Un peu plus tard, Merlin et Arthur étaient rentrés de leur partie de chasse –et n'avaient pas ramené grand-chose avec eux -, et alors que le premier rejoignait Gaius afin de l'aider, Arthur se rendit dans sa chambre, dans laquelle il trouva Morgana.
- Morgana. Pour quelle raison êtes-vous ici, cette fois ?
- Aucune. Je vous ai vu rentrer par la fenêtre, et j'ai remarqué que vous ne rameniez pas grand-chose.
- Et ?
- Vous êtes partis plus de quatre heures. C'est à se demander ce que vous faisiez, déclara-t-elle d'un air appuyé.
- Pas ce que vous insinuez, en tout cas, répondit Arthur en lui offrant un large sourire.
- Oh, voyons, vous pouvez tout dire à votre grande sœur chérie.
- Très bien, dans ce cas je vais vous dire. Ca ne vous regarde pas. Alors merci et au revoir.
- Vous n'êtes pas drôle, bougonna la fille d'Uther.
- Oui, je sais. Trouvez-vous donc quelqu'un au lieu de vivre par procuration. Je sais que ma vie est passionnante, mais quand même.
- Votre vie est ennuyante au possible, cher frère. Merlin, lui, est beaucoup plus intéressant.
- On peut savoir que ça veut dire ?
- Ca veut simplement dire que lui au moins me raconte plein de choses.
Les yeux d'Arthur s'agrandirent.
- Pardon ?
Morgana haussa les épaules, et s'éloigna en faisant un clin d'œil. Elle pourrait passer sa vie entière à charrier Arthur, qui ne voyait jamais qu'elle se fichait de lui, peu importe à quel point c'était évident. Bien sûr, elle avait dû lui jurer de se contenir face à Uther, et de ne pas lui envoyer la vérité à la figure, ce qui lui avait arraché la bouche compte tenu qu'elle haïssait le roi de tout son cœur, mais finalement cela valait le coup. Il valait mieux devoir supporter Uther mais avoir Merlin qui l'aidait avec sa magie, et Arthur qu'elle pouvait embêter à vie, plutôt de balancer qu'elle savait la vérité au roi, mais de se retrouver seule.
De plus, avec un peu de chance, Uther mourrait rapidement, ce qui rendrait tout plus simple. A vrai dire, elle espérait qu'il mourrait le plus rapidement possible. Arthur serait un bien meilleur roi, et elle n'aurait plus à supporter sa vue, ni ses simulations d'affection envers elle.
Et puis, elle avait promis à Arthur de ne pas dire la vérité. Elle n'avait jamais promis d'aider Uther si sa vie se trouvait en danger, ni même qu'elle ne mettrait pas elle-même sa vie en danger pour tous les libérer du fardeau qu'était le roi. La seule raison pour laquelle elle n'avait rien attenté contre lui était qu'elle savait qu'Arthur ne lui pardonnerait jamais, et par extension Merlin, qui se rangerait très certainement aux côtés de son frère même s'il comprendrait probablement les raisons de Morgana.
Or, elle avait besoin d'eux. Arthur était toujours là pour elle si quelque chose n'allait pas, et Merlin faisait tout ce qu'il pouvait pour l'aider à maitriser ses dons.
D'ailleurs, depuis qu'elle lui avait sauvé la vie, réveillant ainsi prématurément sa magie, le jeune homme lui avait proposé de la voir régulièrement pour essayer de canaliser ses pouvoirs, ce qu'elle avait encore du mal à faire. Deux jours auparavant, elle avait accidentellement mis le feu à ses rideaux lorsqu'Arthur avait ouvert la porte brusquement, ce qui l'avait surprise.
Elle décida finalement de se rendre chez Gaius pour aller voir Merlin, mais, lorsqu'elle ouvrit la porte, le médecin ne s'y trouvait pas. Elle s'approcha alors de la porte de la chambre de Merlin, mais se stoppa en entendant des voix. Elle reconnut rapidement Arthur, et s'éloigna, préférant les laisser tranquille.
- Mon père veut à tout prix que j'assiste à une autre de ses réunions.
- Bah vas-y, déclara Merlin comme s'il s'agissait de la chose la plus logique au monde.
- Je n'ai pas envie d'y aller, Merlin.
- Désolé de te l'apprendre, mais tu es prince. Ce qui signifie que tu es obligé d'assister à toutes ces réunions.
- C'était plus drôle quand j'étais roi, marmonna Arthur.
Merlin se mordit brièvement la lèvre.
- Ca te manque, n'est-ce pas ?
- Un peu. Au moins je n'étais pas obligé d'obéir à quelqu'un.
Arthur laissa son regard se perdre dans le vide quelques instants, dans ses pensées. Il devait bien avouer que son monde lui manquait parfois. Certains aspects de son monde en tout cas. Etre roi, ses chevaliers… Avoir un Merlin qui partageait ses souvenirs. Il aimait le Merlin avec lequel il était désormais, il l'aimait vraiment. Après tout, c'était Merlin. Mais parfois, il pensait à cet autre Merlin. Celui dont il était tombé amoureux. Celui qui aurait compris pourquoi il était tombé amoureux. Celui qui se souvenait de tout ce par quoi ils étaient passés.
Merlin remarqua bien vite l'absence d'Arthur, et il savait pertinemment ce à quoi elle était due. Il n'était pas complètement stupide après tout. Soudainement, certaines paroles que le dragon avait eu lors de leur première rencontre lui revinrent en mémoire, et il fut comme frappé par une révélation. « Cela ne signifie pas qu'il s'agit de son passé ».
Merlin se rendit alors un peu plus tard dans l'antre de Kilgharrah, espérant bien obtenir une réponse claire.
- Que me vaut l'honneur de ta visite, jeune sorcier ?
- Arthur. Vous avez dit que vous saviez pourquoi il était ici.
- C'est le cas.
- Vous avez également dit quelque chose à propos de ce monde, comme quoi ce n'était pas exactement son passé.
- En effet.
- Son monde existe toujours, n'est-ce pas ? Il ne l'a pas changé en arrivant ici.
Kilgharrah laissa échapper un rire.
- Tu auras mis le temps à comprendre, mais c'est exact. Le monde d'origine du roi n'a pas disparu.
- Savez-vous s'il lui est possible d'y retourner ?
- Pourquoi me demandes-tu cela ?
Merlin soupira brièvement avant de répondre.
- Parce que je ne suis pas stupide. Il est ici depuis plus d'un an, et il lui arrive encore souvent d'être ailleurs, le regard lointain. Et je sais que c'est parce qu'il pense à lui. Le Merlin de son monde. Et… C'est de lui dont il est tombé amoureux, et je sais qu'il lui manque toujours. Je veux juste qu'il soit heureux.
Kilgharrah sembla pensif un instant.
- S'il partait, que se passerait-il ?
- Arthur n'appartient pas à ce monde, jeune sorcier. S'il venait à partir, le vrai Arthur, celui dont il a pris la place, reviendrait.
- Est-ce qu'il se souviendrait ?
- Nul ne peut le dire.
- Mais vous savez comment le renvoyer, n'est-ce pas ?
- Si l'on veut, oui.
Plus tard dans la soirée, Merlin avait rejoint Arthur dans sa chambre.
- Tu n'as toujours pas de serviteur, n'est-ce pas ? Demanda-t-il en désignant une pile de vêtements sales qui devait être là depuis un moment.
- C'est de ta faute. Tu n'avais qu'à accepter.
- Comme s'il n'y avait aucun serviteur de libre dans tout le palais.
- Si. Des tas. Mais je n'en veux pas. Je ne veux personne d'autre que toi, déclara Arthur avec un sourire qui se voulait ravageant.
Merlin leva les yeux au ciel, et poursuivit.
- Tu pourrais au moins éviter de laisser tes vêtements pourrir.
Il posa brièvement ses lèvres sur la tempe d'Arthur avant de le dépasser pour se diriger vers la pile.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je nettoie. Ca va rester là des années sinon.
- On s'en fiche, soupira le prince en l'attrapant par la taille pour l'attirer contre lui.
- Tu rigoles ? Si tu tombes malade à cause de la poussière, tu vas être encore plus imbuvable que d'habitude.
- Je ne suis pas imbuvable ! S'écria Arthur d'un air outré.
- Non, bien sûr que non…
Arthur le fixa d'un air mauvais, et Merlin répondit par un sourire éclatant, avant de changer de sujet.
- Comment s'est passé ta réunion avec ton père ?
- Horrible. Je crois qu'il me hait.
- Les rapports sont vraiment bons dans cette famille, ça fait peur.
Arthur haussa les épaules.
- Cela dit, je ne pense pas qu'il te hait.
- Mmh. Il ne s'est toujours pas remis d'Ealdor en tout cas. Mais peu importe. Je n'ai pas envie de perdre du temps à parler de ça.
- Alors quoi ?
- J'ai faim.
Merlin fit rouler ses yeux.
- Comme c'est étonnant. J'ai compris, je vais chercher à manger.
- Non, déclara Arthur en forçant le sorcier à s'asseoir avec lui sur la chaise. Je ne te laisse pas partir.
- Je te préviens, je ne reste pas si tu as faim. C'est encore pire que quand tu es malade.
- Je peux te manger toi si tu veux, dit le prince en embrassant sa nuque.
Merlin laissa échapper un rire et poussa gentiment le font d'Arthur pour l'éloigner.
- Non, merci, je préfère la vraie nourriture.
- Tu n'es pas drôle.
- Moi aussi je t'aime.
Merlin embrassa brièvement les lèvres d'Arthur avant de se dégager de son étreinte pour aller chercher quelque chose à manger.
- C'est froid, râla Arthur lorsqu'il enfourna une bouchée. Qu'est-ce que tu as fichu pour que ce soit froid ?
Merlin soupira puis fixa le plat tandis que ses yeux viraient au doré.
- Content ? Demanda-t-ironiquement lorsque de la fumée commença à s'élever de l'assiette.
Arthur resta figé un moment, ne s'étant pas attendu à ce que Merlin utilise la magie, puis il haussa les épaules et reprit sa fourchette. Cela lui faisait encore bizarre de le voir utiliser ses pouvoirs, mais il s'abstenait de faire des commentaires auquel Merlin pourrait mal réagir –comme lui demander de ne pas l'utiliser, ce à quoi il avait brièvement pensé. Après tout, la magie était interdite, et s'il se faisait prendre, il n'osait pas imaginer ce qu'Uther ferait. Mais il avait vite renoncé à cette idée, sachant pertinemment que Merlin s'y refuserait. Et puis, si le Merlin de son époque ne s'était jamais fait prendre alors qu'il n'avait que Gaius pour l'aider, il y avait de bonnes chances pour que tout se passe bien cette fois encore –pour Merlin comme pour Morgana d'ailleurs.
Environ une heure plus tard, Merlin avait décrété qu'il était fatigué. Alors qu'il s'apprêtait à retourner dans sa chambre, Arthur le stoppa.
- Pourquoi ne restes-tu pas ?
- Quoi ?
- Restes avec moi ce soir.
- Très bien, céda le sorcier en s'asseyant aux côtés du prince sur le lit.
Arthur l'attira conte lui et se pencha pour l'embrasser, ce à quoi Merlin répondit instinctivement avant de l'arrêter.
- Si tu pouvais rentrer dans ton monde, est-ce que tu le ferais ?
- Mon monde n'existe plus.
- Mais s'il existait ? Si tu pouvais choisir entre rester ici ou repartir ?
- Je ne t'ai pas demandé de rester pour que tu te poses des questions existentielles, tu sais.
- Je suis sérieux.
- Bon très bien, capitula Arthur en soupirant. Je ne sais pas, d'accord.
Devant le regard insistant de Merlin, le prince se sentit obligé de poursuivre.
- Il est clair que je préfère la Morgana de ce monde, mais… J'avoue que certaines choses me manquent. A commencer par mes chevaliers, et…
- L'autre Merlin ?
- Merlin… râla Arthur.
- Quoi ? C'est une vraie question ? Si tu pouvais choisir entre lui et moi, qu'est-ce que…
- Bon écoutes, de toute manière, je ne peux pas choisir, d'accord. Et je te rappelle que tu es lui. Je t'aime, alors arrêtes de me prendre la tête et embrasses-moi.
Sur ce, Arthur plaça ses mains autour de cou de Merlin, le forçant à se rapprocher pour l'embrasser. Merlin se laissa faire, sans pour autant cesser de réfléchir.
Quelques heures plus tard, alors qu'Arthur s'était endormi depuis déjà un moment, Merlin restait éveillé, ne pouvant s'empêcher de débattre tout seul. Finalement, il prit une décision et inspira profondément avant de déposer un baiser sur la joue d'Arthur, en prenant soin de ne pas le réveiller.
Lorsque ce dernier se réveilla le lendemain matin, il se sentait fatigué. Il bougea instinctivement le bras pour le passer autour de la taille de Merlin, sans pour autant ouvrir les yeux. Il caressa brièvement le tissu avant de se rappeler que son amoureux n'était pas sensé porter de T-shirt, à moins de s'être rhabillé après qu'Arthur se soit endormi.
Il ouvrit alors les yeux, et manqua de faire une attaque en réalisant que la personne qu'il tenait contre lui n'était pas Merlin, mais Gwen. Alors qu'il se redressait sur le lit en paniquant, ce qui fit tomber la jeune femme, la réveillant sur le coup, la porte s'ouvrit, laissant apparaître Merlin.
Ce dernier était bien plus vieux que d'habitude, et Arthur eut peur de comprendre.
- Vous êtes déjà réveillé ? S'étonna le sorcier.
- Tout va bien ? Demanda Gwen en se relevant.
Incapable de prononcer le moindre mot, Arthur se leva, enjamba Gwen sans prendre la peine de lui répondre, et se planta devant Merlin, qui le fixait comme s'il était devenu fou. Ce qui risquait d'arriver s'il continuait à se balader dans le temps sans raisons.
- Est-ce que tu te souviens du jour de notre rencontre ? Lui demanda-t-il hâtivement, pour couper court à tout doute.
- Vous parlez du jour où vous avez essayé de m'arracher la tête avec une masse ? C'est difficile à oublier.
Arthur vacilla en arrière, et se laissa tomber sur le lit, interdit.
- Vous êtes encore plus bizarre que d'habitude, déclara Merlin. Je savais bien que laisser Gwaine vous emmener à la taverne était une mauvaise idée !
- Arthur ? Tout va bien ? S'enquit Gwen.
Leur voix parvint à peine aux oreilles du roi, qui avait l'impression qu'il allait s'évanouir. Il était de retour. Il était de retour et rien n'avait changé. Il était marié à Gwen, pour qui il n'avait plus aucun sentiment, Morgana le haïssait à nouveau, et Merlin… Merlin partageait à nouveau ses souvenirs, mais il ne l'aimait plus.
Arthur sentait sa tête tourner, et avait l'impression qu'elle allait exploser. Finalement, il se sentit partir et sa vision se brouilla alors que son corps inconscient heurtait le lit.
*court se cacher*
Merci de ne pas frapper l'auteur, ou tout du moins d'attendre que la fic soit finie avant de le faire.
