Chapitre 12

Lorsqu'Arthur était revenu dans sa chambre, Merlin n'y était plus. Il savait pertinemment qu'il avait eu des mots durs, et peut-être un peu injustes, mais il avait explosé sous le coup de la colère. Il avait tellement voulu que Merlin lui avoue son secret qu'il avait explosé en comprenant qu'il ne le ferait pas.

Incapable de dormir, ni de retourner affronter Merlin –ou Gwen, il commença à faire son sac.

- Arthur ?

Arthur se retourna, ayant parfaitement reconnu la voix de Merlin.

- Quoi ?

- Je… Où est-ce que tu vas ? Demanda le sorcier en remarquant le sac.

- Chercher Morgana.

- Quoi ? Mais…

- Je ne changerai pas d'avis, pas la peine d'essayer.

- Je viens avec toi.

- Non, déclara fermement le roi. Retournes te coucher.

- Arth…

- J'ai dit « retournes te coucher ».

Le ton d'Arthur était froid, et Merlin comprit qu'il n'avait plutôt pas intérêt à lui tenir tête. Il quitta donc la chambre royale pour rejoindre la sienne, et prépara à son tour un sac, bien décidé à ne pas laisser Arthur seul, même si ce dernier lui en voulait.


Un peu plus tard, Arthur avait quitté Camelot et s'était installé un campement pour la nuit. Il n'avait aucune idée d'où chercher Morgana, ni de ce qu'il ferait s'il la trouvait, et il se rendait compte qu'il était parti sur un coup de tête, et que rien ne garantissait qu'elle n'allait pas simplement le tuer, mais au moins il faisait quelque chose. Il en avait plus qu'assez de rester sans rien faire, à attendre que les choses s'arrangent d'elles-mêmes.

Alors qu'il finissait de faire du feu, il entendit des craquements non loin. Il sortit son épée de son fourreau et s'avança lentement vers les buissons, avant de lever les yeux au ciel en reconnaissant Merlin.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je suis venu t'empêcher de faire tuer !

- Pourquoi ? Qu'est-ce que ça peut te faire si je meurs ?

Merlin soupira.

- Est-ce qu'on peut, s'il te plaît, en parler ?

- Tu ne me fais pas confiance, tu n'es pas mon ami, fin de l'histoire. Il n'y a rien d'autre à dire.

- Bien sûr que si ! Je suis ton ami.

- Non ! Si tu l'étais, tu m'aurais fait confiance. Si tu l'étais, tu aurais su que je ne le prendrai pas mal.

- Je ne t'ai rien dit parce que…

- Je me fiche de tes raisons. Rentre à Camelot.

- Arthur, s'il te plaît…

- Tu sais quoi ? Tu es égoïste. Je veux bien faire tous les efforts que tu veux, je veux bien comprendre pourquoi tu ne m'as rien dit, mais toi tu es incapable de te mettre à ma place, et d'imaginer ce que je peux ressentir.

- C'est faux. Je sais ce que tu ressens.

- Alors c'est simplement que tu t'en fiches.

- Bon, ça suffit. Tu m'en veux parce que je t'ai caché ma magie ? Très bien, j'ai compris. Mais tu n'as aucune idée de tout ce que j'ai fait pour toi, ni de tout ce que j'ai perdu en voulant te protéger, alors je t'interdis de dire que je ne suis pas ton ami, ou que je m'en fiche, parce que si c'était le cas, je serais parti il y a longtemps ! Et si je ne t'ai rien dit, c'est parce que la magie est interdite, et te le dire t'aurait forcé à faire un choix que je ne voulais pas que tu aies à faire !

- Je t'ai dit que je voulais légaliser la magie, ce qui réglait ce problème de choix, et pourtant tu as continué à ne rien dire.

- Parce que j'avais peur que tu prennes mal le fait que je t'ai menti ! Et je ne voulais pas te perdre.

Arthur soupira brièvement. A vrai dire, il pouvait comprendre les raisons de Merlin, et sans son voyage dans le passé, il aurait certainement été en colère à cause des mensonges, même si Merlin lui avait avoué sa magie de lui-même.

- Qu'est-ce que tu as perdu ?

- Quoi ?

- Tu as dit que tu avais perdu beaucoup de choses à cause de moi. Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Rien du tout. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. Ce n'est même pas ta faute.

- Merlin…

- Disons juste qu'à chaque fois que j'ai eu l'impression d'avoir trouvé quelqu'un avec qui je pouvais être moi-même, il est mort. C'est peut-être aussi pour ça que je ne t'ai rien dit. A part Gaius, tout ceux qui savaient et qui comptaient pour moi sont morts.

Arthur pouvait voir les larmes monter aux yeux de Merlin, et il se sentit soudain coupable. Il devait bien avouer qu'il ne savait rien de ce par quoi Merlin était passé. Il lui fit alors signe de s'asseoir près du feu avec lui.

- Qui ?

- Will.

Arthur hocha la tête, préférant ne rien dire.

- Freya.

- Qui est-ce ?

- C'est… C'était une druidesse qui était maudite. Elle se transformait en panthère toutes les nuits, sans pouvoir se contrôler, et j'ai essayé de l'aider, mais elle est morte.

La voix de Merlin se brisait, et Arthur comprit rapidement pourquoi.

- Tu l'aimais ?

- C'était il y a longtemps, répondit le sorcier en haussant les épaules.

- Ca me rappelle quelque chose. Il y a quelques années, il y avait une panthère à Camelot, qui tuait les villageois, et… Est-ce que… Est-ce que j'ai tué la femme que tu aimais ?

Arthur sentit sa gorge se serrer. Il priait pour que ce soit une autre panthère. Il aurait du mal à supporter la culpabilité d'avoir détruit le bonheur de Merlin.

- Ce n'était pas ta faute. Tu ne pouvais pas savoir.

Arthur ferma les yeux quelques instants.

- Je suis désolé. Vraiment désolé.

Un bref silence s'installa, puis Arthur décida d'inciter Merlin à continuer. Il savait que la conversation était loin de rendre le sorcier heureux, lui non plus d'ailleurs, mais il avait d'en savoir plus

- Qui d'autre ?

- Mon père…

- Je croyais que tu ne le connaissais pas !

- Quand je te l'ai dit, c'était vrai. Je l'ai rencontré après.

- Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?

- Parce qu'il… C'était Balinor.

- Le seigneur des dragons ?!

- Oui. Il a rencontré ma mère en fuyant Camelot lors de la Grande Purge. Et il a quitté Ealdor parce qu'il savait qu'Uther ne cesserait pas de le traquer, et il ne voulait pas la mettre en danger. Il ne savait pas qu'elle était enceinte.

- Tu n'as pas connu ton père à cause du mien… Merlin, je…

- Je sais. Mais ce n'est pas ta faute.

- Les seigneurs des dragons le sont de père en fils… Donc tu…

Merlin hocha la tête.

- C'est comme ça que tu as battu le dragon, n'est-ce pas ?

- A vrai dire… Je ne l'ai pas battu.

- Comment ça ?

- Je l'ai laissé partir.

- Tu as quoi ?

- Il n'est jamais revenu ! Et… C'est devenu mon ami. Kilgharrah m'a sauvé la vie plusieurs fois, et la tienne aussi.

- Si tu le dis. Je suis désolé pour ce que je t'ai dit lorsque ton père est mort. Il méritait tes larmes.

Merlin tenta vaguement de sourire, les larmes perlant au coin de ses yeux.

- Lancelot aussi savait, n'est-ce pas ? C'est pour ça que vous étiez si proches.

- Oui.

- Et encore une fois, il est mort à cause de moi…

- Quoi ?

- Il s'est sacrifié à ma place. Parce que j'étais le roi, ou alors parce que Gwen lui avait demandé de me protéger, mais…

- Arthur, il ne l'a pas fait pour toi. Ni pour Gwen.

- Comment ça ?

- Il n'avait pas besoin de te sauver, tu n'allais pas mourir. Je… J'allais le faire. Me sacrifier. Je t'avais assommé pour que tu ne puisses pas m'en empêcher, et j'étais sur le point de le faire, mais il m'a devancé. Il est mort pour me sauver moi.

Cette fois, les larmes coulaient sur ses joues, et Arthur sentait que son cœur se brisait. Il ne supportait pas de voir Merlin pleurer. Il se rapprocha alors de lui et l'attira contre lui. Il sentit le sorcier passer ses bras autour de lui et enfouir son visage dans sa nuque. Il commença machinalement à tracer des cercles dans son dos pour le réconforter, ne comprenant que trop bien sa peine.

- Je suis désolé d'avoir été un si mauvais ami. Tu as toujours été là pour moi, et je… Je n'ai jamais été là pour toi. Mais je te promets que ça va changer. Je te le promets.

Arthur resserra sa prise autour de Merlin, hésitant une nouvelle fois à lui parler de ses sentiments. Il sentait que quelque chose se passait entre eux à ce moment précis, mais il avait peur de se tromper. Le cours de ses pensées s'interrompit lorsqu'il entendit une voix.

- Merlin ?

Ce dernier se dégagea des bras d'Arthur en entendant son nom.

- Gwaine ?

Le chevalier apparut bientôt dans leur champ de vision.

- Mais qu'est-ce que vous fichez là ? S'agaça Arthur, qui aurait largement préféré rester seul avec Merlin.

- J'ai vu Merlin partir en pleine nuit, alors je me suis inquiété. Qu'est-ce que vous faites en dehors de Camelot ?

- Arthur veut retrouver Morgana.

- Pardon ? Vous êtes suicidaire, princesse ?

- Je veux lui parler. Je suis sûr que je peux réussir à la convaincre d'abandonner sa vengeance. Mais rien ne vous force à rester, vous pouvez rentrer à Camelot.

- Vous réalisez que vous partez à la recherche d'une sorcière qui peut vous tuer en quelques secondes, n'est-ce pas ?

- On a déjà croisé Morgana plusieurs fois, et je suis toujours vivant, non ?

- Vous êtes complètement fou.

- Vous n'avez qu'à rentrer à Camelot, Gwaine.

- Vous rigolez ? Bon d'accord je hais Morgana, mais je ne peux pas résister à l'appel d'une bonne aventure ! Et puis si jamais je vous sauve la vie, je pourrais vous forcer à payer toutes mes tournées à la taverne, le jeu en vaut la chandelle.

Arthur soupira et lui lança une couverture. Il se retourna ensuite vers Merlin, mais ce dernier s'était endormi. Il prit alors sa propre couverture en réalisant que c'était celle de Merlin qu'il avait donné à Gwaine, et l'enveloppa dedans en prenant soin de ne pas le réveiller.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé entre vous et Gwen ?

- Pardon ?

- Le fait qu'elle ait quitté votre chambre n'est pas vraiment passé inaperçu, vous savez, déclara le chevalier en s'asseyant près du feu.

- Disons simplement que Camelot n'a plus de reine.

- Oui mais pourquoi ?

Arthur jeta un coup d'œil vers Merlin avant de répondre.

- Ca ne vous regarde en rien, Gwaine.

- C'est à cause de Merlin ?

- Quoi ?

- Lorsque j'ai demandé « pourquoi », vous avez regardé Merlin.

- Et alors ?

- Vous n'avez jamais entendu parler du langage corporel ?

- Mais bon sang de quoi vous parlez ?

- Eh bien, si vous avez regardé Merlin quand je vous ai demandé pourquoi vous avez quitté Gwen, c'est parce que vous l'avez quittée à cause de lui.

- Vous dites vraiment n'importe quoi.

- Bien sûr.

Gwaine leva les yeux au ciel et s'enveloppa dans la couverture qu'Arthur lui avait donnée.

Arthur finit lui aussi par s'endormir, sans couverture puisque Gwaine n'en avait pas apporté et qu'il avait donné la sienne à Merlin.

Pourtant, lorsqu'il se réveilla, alors qu'il faisait encore nuit, il remarqua vite la chaleur qui l'enveloppait. Il ouvrit alors les yeux, et remarqua que Merlin s'était rapproché de lui, juste assez pour que le tissu couvre leurs deux corps. Le sorcier avait du se réveiller et voir qu'il dormait sans rien. Encore à moitié endormi, il se tourna sans réfléchir pour venir coller son corps contre celui de son serviteur, et passer son bras autour de son torse, avant de se rendormir.


Au petit matin, il constata que Merlin et Gwaine étaient déjà levés, et il s'angoissa brièvement à l'idée que Merlin se soit réveillé alors qu'il le serrait encore contre lui.

Il fut vite soulagé lorsque le sorcier se tourna vers en souriant pour lui demander s'il avait faim, ce qui indiquait au roi que, s'il s'était rendu compte de ses agissements, il ne lui ferait pas remarquer.

- Par où devrait-on aller selon toi ? Lui demanda Merlin lorsqu'ils eurent fini de manger.

- Je n'en sais rien.

- On a qu'à partir par là puisque personne ne sait où on va, proposa Gwaine en désignant un chemin sur la droite.

Il ouvrit donc la marche, suivit par Arthur et Merlin.

- Comment as-tu su ? Demanda discrètement Merlin au roi.

- De quoi ?

- Pour moi. Comment tu l'as su ?

- Quand j'étais dans le passé. On est allées à Ealdor, et… Tu étais blessé, et j'ai pensé que Will pourrait te sauver, mais Morgana t'a vendu.

- Morgana ? Morgana savait ?

- Tu le lui avais dit. Et ensuite elle me l'a dit.

- Tu dis que tu veux lui parler parce que tu avais vu qu'elle pouvait être sauvée. Si j'avais agi différemment, j'aurais pu éviter tout ça, n'est-ce pas ?

- Ce n'est pas ta faute, Merlin. Tu ne pouvais pas savoir ce qui allait arriver, et rien ne dit que tu aurais pu l'éviter.

Merlin soupira, peu convaincu. Il se sentait déjà coupable de ce qu'était devenue Morgana, mais jusqu'à présent il n'avait pas la certitude qu'il aurait pu l'aider, beaucoup plus que ce qu'il n'avait fait. Certitude qu'il avait désormais.

- Merci, finit-il par glisser à Arthur.

- De quoi ?

- De ne pas m'en vouloir. Pour la magie, je veux dire. Je sais que je n'ai pas été très correct avec toi, et j'en suis désolé.

- Tu sais quoi, déclara Arthur en souriant, c'est une affaire classée.

Merlin lui sourit en retour, et allait ajouter quelque chose lorsque Gwaine se retourna vers eux, agacé.

- Bon, vous voulez bien arrêter de vous faire les yeux doux et vous dépêcher ? C'est déjà suffisamment pénible de voyager avec vous deux pour aller se faire tuer, alors soyez mignons et rappelez-vous que je suis là !

Merlin leva les yeux au ciel et pressa le pas pour rejoindre Gwaine en souriant, tandis qu'Arthur se maudissait d'avoir accepté que le chevalier vienne avec eux.


Après plusieurs heures de voyage, ils arrivèrent au bord d'une falaise.

- Votre chemin ne mène nulle part !

- Si vous saviez où vous allez, ça ne serait pas arrivé, princesse !

- Si vous aviez le sens de l'orientation aussi…

- Je l'ai. Je peux vous trouver une taverne à des kilomètres.

- Ca ne m'étonne pas de vous ça, toujours bourré !

- Vous faites celui qui est énervé, mais si je n'étais pas là, je vous manquerai.

- Vous et vos bavardages intempestifs ? Ha ! C'est que vous êtes drôle finalement !

En voyant ses amis se disputer comme des enfants –encore pire que lorsque c'était lui qui se disputait avec Arthur –Merlin soupira lourdement. Il s'approcha du bord de la falaise pour essayer de distinguer un chemin qu'ils pourraient rejoindre, ou, avec un peu de chance, un endroit de la forêt dans lequel Morgana pourrait se terrer.

- Je pense qu'on devr-aaaah !

- Merlin ?

Arthur se retourna vers l'endroit où était supposé se tenir son serviteur, mais il n'y avait nulle trace de lui. Pris de panique, il se précipita vers le bord de la falaise, et sentit son cœur rater un battement lorsqu'il vit Merlin, inconscient, en bas.

- MERLIN !

Arthur jeta ses affaires à terre et se prépara à descendre, avant de se stopper en voyant Gwaine faire de même.

- Non, vous restez là.

- Mais…

- Restez là. Si vous vous blessez aussi, je ne pourrais pas vous porter vous et Merlin, et croyez bien que si l'un d'entre vous doit rester en bas, ce sera vous.

- Je ne vais pas me blesser !

- De plus, il faut quelqu'un qui puisse aller chercher de l'aide si on ne peut pas remonter. Or qui va le faire si on est tous les trois coincés en bas ?

- Bon, très bien, mais faites attention. Car moi aussi c'est vous que je laisserai en bas si je dois choisir entre Merlin et vous.

Arthur commença à descendre lentement le long des pierres, et soupira de soulagement lorsque ses pieds touchèrent le sol sans encombre. Il se précipita aux côtés de Merlin, et remarqua rapidement le sang qui s'écoulait de sa tête. Il le souleva légèrement afin d'obtenir un angle de vue sur la blessure, et se sentit légèrement soulagé en constatant que la plaie semblait superficielle.

Il le reposa alors sur le sol, et tenta de le faire revenir à lui.

- Merlin. Merlin ! Allez, réveilles-toi bon sang !

- Comment va-t-il ? Cria Gwaine du haut de la falaise, mais Arthur ne prit pas le temps de lui répondre, trop préoccupé par l'état de Merlin.

Le sorcier était inconscient depuis plusieurs minutes déjà, et il savait que ce n'était pas bon signe. Il commençait à avoir peur qu'il n'ait des blessures internes, ou quoi que ce soit de dangereux. Il tenta alors de plus belle de le ranimer, cédant peu à peu à la panique en voyant que rien ne se passait. S'il perdait Merlin sans avoir eu le temps de lui avouer ses sentiments, il ne se le pardonnerait jamais. Il ne se pardonnerait jamais d'avoir perdu Merlin tout court, d'ailleurs.

Puis Merlin ouvrit les yeux et se releva d'un seul coup.

- Arthur ? Qu'est-ce que…

Il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit avant que le roi ne se jette à son cou, le serrant de toutes ses forces.

- Arthur.. Tu…Me fais mal..

- Pardon, s'excusa Arthur en se reculant légèrement.

Il planta son regard dans celui de son serviteur quelques instants, relâchant toute la pression. Il tenta de faire passer dans ce regard toute la peur qu'il avait ressentie. Puis, sans se rendre réellement compte de ce qu'il faisait, il positionna ses mains autour du visage de Merlin, et l'attira à lui avant de poser ses lèvres sur les siennes. Ils restèrent quelques secondes sans bouger, donnant à Arthur l'impression que le temps s'était arrêté, avant que Merlin ne pose les mains sur son torse pour l'éloigner, ce qui le fit légèrement tomber.

- Mais qu'est-ce que tu fais ?!

Arthur tenta de balbutier quelque chose, mais rien ne venait. Il venait d'embrasser Merlin, qui l'avait repoussé. Il avait l'impression que son pire cauchemar se réalisait.

- Je… Je ne sais pas ce qui m'a pris, désolé, tu… J'ai eu peur que… Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça.

Arthur était complètement paniqué, et un lourd silence s'abattit sur eux pendant plusieurs secondes, avant que Merlin ne se relève et ne commence à essayer de voir comment ils pourraient remonter jusqu'à Gwaine, ignorant délibérément ce qu'il venait de se passer.

Le roi prit une longue inspiration, et décida qu'il était grand temps d'arrêter cette situation qui en devenait presque malsaine à son goût.

- Non, tu sais quoi ? Je ne suis pas désolé.

Merlin se retourna pour lui faire face, perdu.

- Quoi ?

- Je ne suis pas désolé. Je t'ai embrassé parce que j'en avais envie. Parce que je t'aime. C'est pour toi que j'ai quitté Gwen. Je t'aime, et je ne veux plus le cacher. Je…

- Mais de quoi est-ce que tu parles ?

- … J'essaie juste de t'expliquer que je t'…

- Non ! Arrêtes de dire ça.

Merlin déglutit et lui tourna le dos pour faire à nouveau face à la falaise.

- Merlin…

- Je pense qu'on peut remonter par là.

- Merlin !

- Tu ne m'aimes pas !

- Si. Je t'assure que si.

- Non, c'est… Je ne sais pas ce que c'est, mais tu ne m'aimes pas. Tu ne peux pas.

- Je sais ce que je ressens, Merlin ! Et… Je sais bien que je suis le roi, et que ce sera probablement critiqué, mais je m'en fiche. Je veux être avec toi, je sais qu'on peut être heureux !

- Non, on ne peut pas !

- Et pourquoi pas ?

- Parce que je ne t'aime pas.

Arthur eut l'impression qu'on venait de réduire son cœur en cendres, et recula d'un pas, sentant quasiment sa respiration se couper. Il avait si mal qu'il ne remarqua pas la larme qui s'échappa de l'œil de Merlin, ni ne le vit déglutir difficilement avant de poser sa main sur la roche, le cœur également brisé.