Chapitre 14
Trois jours plus tard, ils avaient finalement rejoint Camelot, et Arthur et Merlin n'avaient pas reparlé de ce qu'il s'était passé entre eux, malgré les tentatives de Gwaine de faire évoluer les choses.
Si Merlin avait tendance à apprécier ce silence, qui lui permettait d'éviter de se sentir trop mal à l'aise, ce n'était pas le cas d'Arthur, qui, lui, voulait en parler. Il s'était promis d'arrêter de harceler son serviteur avec leur relation, mais c'était au-dessus de ses forces. Il était incapable d'attendre que les choses évoluent d'elles-mêmes.
Alors que Merlin venait le réveiller, il le trouva déjà levé, assis à sa table.
- Tu es debout ? S'étonna le sorcier.
- Je t'attendais.
Merlin se mordit la lèvre, sentant que la période de silence concernant leurs sentiments touchait à sa fin, et qu'ils se dirigeaient vers une autre conversation douloureuse.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il faut qu'on parle.
- Arthur…
- Non, écoutes, j'ai besoin qu'on en parle.
- Pour dire quoi ? On a déjà fait le tour du sujet, il n'y a rien à ajouter.
- C'est uniquement parce que je suis roi, n'est-ce pas ?
- Oui.
- Et si je n'étais pas roi, on serait ensemble ?
- Tu es roi, d'accord ? Je ne vois vraiment pas l'intérêt de…
- Merlin. Si je n'étais pas roi, tu serais avec moi ?
- Je suppose, oui.
- Alors on a qu'à quitter Camelot.
Merlin ne put réprimer un sourire, et leva les yeux au ciel.
- Bien sûr, oui.
- Non, je suis sérieux. Si c'est ça que tu veux, on part. On ira quelque part où personne ne nous connaît, et on deviendra fermiers, ou… Ou rien du tout d'ailleurs, parce que tu pourras nous faire apparaître une maison et de la nourriture, donc on n'aura pas besoin de travailler.
- Et qu'est-ce que tu fais de Camelot ?
- Il y a de gens qui feraient de bons rois. Leon par exemple, peu importe.
Merlin sourit et serra brièvement la main d'Arthur.
- C'est un beau rêve, Arthur. Mais ce n'est qu'un rêve.
- Merlin…
- Je ne te laisserai pas quitter ton royaume, inutile d'insister.
- Alors restes avec moi.
- Je suis avec toi.
- Tu sais très bien ce que je veux dire.
Merlin baissa lentement les yeux, et avança vers l'armoire pour sortir des vêtements au roi.
- Chemise blanche ou rouge ?
- Celle qui te fera comprendre qu'on peut être ensemble.
Merlin leva les yeux au ciel et opta finalement pour la blanche.
- Comment va Gwen ? Demanda-t-il en commençant à habiller Arthur.
- Je n'en sais rien, je ne l'ai pas revue depuis que je lui ai dit que je la quittais.
- Je devrais peut-être aller la voir.
- Je doute qu'elle ait envie de te voir.
- Pourquoi ? s'étonna le sorcier avant de comprendre. Tu lui as dit ?!
- Elle voulait savoir pourquoi je ne l'aimais plus, je n'avais pas le choix !
- Tu sais, à vrai dire je ne comprends toujours pas comment tu t'es rendu compte de tes sentiments.
- Quand je suis allé dans le passé, Merlin, je te l'ai déjà dit.
- Je sais, mais tu ne m'as pas dit ce qu'il s'était passé là-bas.
- Tu me manquais. Et tu –enfin, l'autre toi –étais très proche de Morgana. J'ai réalisé que j'étais jaloux, et puis que c'était parce que je t'aimais.
- Qu'est-ce que tu as fait ?
- Disons qu'il ne donnait pas autant d'importance à cette histoire d'héritier que toi.
- Tu étais avec lui ?
- Oui.
- Alors tu vois, c'est ça. Tu ne m'aimes pas, c'est lui que tu aimes.
- Non, Merlin, non. Même quand j'étais avec lui, tu me manquais toujours. C'est toi que j'aime, et personne d'autre. Je t'aime pour toutes les choses qu'on a vécues, pour tout ce que tu as fait pour moi, pour toutes les fois où tu m'as soutenu alors que je n'avais personne d'autre. Je t'aime pour cette lumière dans tes yeux quand tu dis que je suis un roi spécial, pour les fossettes qui creusent tes joues quand tu souris, pour…
Arthur n'eut pas l'opportunité de finir sa phrase avant que Merlin n'agrippe son cou et n'écrase ses lèvres sur les siennes dans un baiser passionné auquel Arthur répondit avec ferveur. Il passa ses mains dans le dos de son serviteur, le pressant un peu plus contre lui. Merlin passa une main dans ses cheveux, et Arthur recula légèrement, heurtant la table au passage. Il avait envie que ce moment ne cesse jamais, mais Merlin finit par se dégager de son étreinte.
- Désolé. Je… Ca n'aurait pas dû arriver.
- C'est toi qui m'as sauté dessus.
- Oui, eh bien je n'aurais pas dû.
- Tu l'as fait parce que tu en avais envie, Merlin. Parce qu'au fond tu sais très bien qu'on est fait pour…
- Non. Ecoutes je… Ce qui vient de se passer est ma faute, je te l'accorde, mais ça ne se reproduira pas.
- Bien sûr que si. Parce que tu ne peux pas vivre sans moi, juste comme je ne peux pas vivre sans toi !
Merlin leva les bras au ciel, exaspéré. N'ayant aucune envie de poursuivre la conversation, et sachant pertinemment qu'Arthur n'en démordrait pas, il ramassa les vêtements qui trainaient et se dirigea vers la sortie.
- Tu ne finis pas de m'habiller ?
- Non, débrouille-toi tout seul.
Arthur soupira en le regardant s'éloigner.
Le soir venu, Merlin retourna dans la chambre d'Arthur pour préparer le roi pour la nuit, avec la ferme intention de ne pas reparler de ce qu'il s'était passé. Il savait que cette fois, c'était de sa faute, mais il espérait pouvoir revenir à des relations normales avec Arthur. Il trouva ce dernier assis sur son lit, pensif.
- Tout va bien ?
Arthur marmonna vaguement un oui qui ne convainquit pas le sorcier, qui s'assit près de lui.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? Et s'il te plaît, ne réponds pas que c'est moi.
Arthur réprima un sourire, et leva les yeux pour les plonger dans ceux de Merlin.
- Rien. Je pensais juste…
- A Morgana ?
Arthur tenta de ne pas sourire en voyant à quel point Merlin lisait en lui, et acquiesça.
- J'espérais vraiment pouvoir la faire changer.
- C'est peut-être encore possible.
- Elle a essayé de nous tuer. Elle se fiche de ce que je peux dire, elle ne me croit même pas.
Merlin se mordit la lèvre.
- Je sais. Mais il ne fallait pas s'attendre à ce qu'elle te tombe dans les bras, de toute manière. Je dis simplement qu'il est peut-être possible de la faire réfléchir.
- Je pensais que tu essaierais de m'empêcher de la faire revenir.
- Je sais que c'est important pour toi. Et, même si je doute qu'elle puisse réellement revenir, j'ai vu son regard quand elle a compris que tu voulais vraiment légaliser la magie. Je ne sais pas ce qu'elle va faire, mais je ne pense pas qu'espérer qu'elle puisse abandonner en partie sa vengeance, sans pour autant revenir à Camelot, soit idiot.
Arthur lui sourit, et songea à le prendre dans ses bras avant de se rétracter, n'ayant pas envie que Merlin le prenne comme une tentative de rapprochement amoureux. Finalement, le sorcier le fit pour lui, ce qui surprit Arthur.
- Soyons clairs, c'est un câlin amical, prit soin de préciser Merlin.
Arthur ne put réprimer un rire, et resserra l'étreinte. Il savait que Merlin essayait de l'aider, et de lui montrer qu'il resterait près de lui-même s'ils n'étaient pas ensemble, mais à chaque fois qu'il le touchait, Arthur prenait un peu plus conscience qu'il ne serait jamais capable de se satisfaire de leur amitié. Il aurait certainement pu s'il n'avait pas connu de relation avec le Merlin du passé, mais le fait est qu'il savait ce que ça faisait d'être avec lui, et il n'était pas capable de l'oublier. Il ne voulait pas seulement être avec Merlin, il en avait besoin. Comme s'il était une partie de lui, une partie qui lui avait manqué pendant trop longtemps, et dont il ne pouvait plus se passer. Il se mit alors en tête de trouver une solution à ce problème d'héritier pour que Merlin cesse de le rejeter.
Quelques jours plus tard, Merlin retourna dans sa chambre à la fin de la journée avant d'aller préparer Arthur pour la nuit, et trouva ce dernier assis sur son lit.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Arthur se leva et lui tendit un papier.
- Je t'apporte ta solution.
- Quoi ?
Merlin attrapa le papier et le parcourut brièvement du regard, avant de lever les yeux vers le roi.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Ca, c'est un papier qui dit que si le roi choisit un hériter qui ne soit pas de son sang et ensuite meurt sans héritier naturel, celui préalablement choisi sera couronné sans possibilité de contestations, c'est écrit là, déclara Arthur en pointant un paragraphe du doigt.
- Je sais lire, merci. Pourquoi tu me donnes ça ?
Arthur leva les yeux au ciel.
- T'es idiot ou tu le fais exprès ? Ce papier règle ton obsession sur mon futur héritier, et te prouve qu'on peut être ensemble !
- Arthur… Tu n'abandonnes jamais ?
- Non.
Merlin lui rendit le papier en soupirant.
- Quoi ? C'est quoi le problème ? Tu me dis que tu ne veux pas être avec moi parce que je n'aurais pas d'héritier, je te trouve une solution, et tu n'es toujours pas content ! Qu'est-ce que tu veux que je fasse, bon sang ?
- Mais rien, Arthur, justement ! Tu… Tu ne comprends rien ! Il y a une différence majeure entre choisir un héritier par précaution, et en choisir un pour que tu puisses faire ce que tu veux !
- Oui, c'est différent, je te l'accorde. Mais je ne vois toujours pas le problème !
- Comment tu crois que le peuple et le conseil vont réagir, hein ?
Arthur laissa échapper un soupir.
- Ca, c'est mon problème, pas le tien.
- J'ai toujours réglé tes problèmes, Arthur.
- Eh bien justement ! Pour une fois, arrête. Pourquoi tu ne pense jamais à toi et à ce qui te rend heureux, hein ?!
A peine Arthur avait-il terminé sa phrase que Merlin s'approchait de lui d'un pas déterminé. Il agrippa sa taille et se jeta sur ses lèvres, lui donnant le meilleur baiser qu'il n'avait jamais eu. Le roi, qui ne s'était pas attendu à cette réaction, en perdit l'équilibre et tomba sur le lit, où Merlin se mit à cheval sur lui. Arthur se releva légèrement afin de se mettre en position assise, et plaqua une main dans le dos de son serviteur tandis qu'il passait l'autre dans ses cheveux.
Finalement, Merlin stoppa le baiser et se dégagea, au grand dam du roi.
- Voilà, ça c'était pour moi. Content ? Demanda le sorcier d'un ton plus agacé qu'autre chose.
- Si tu parles du baiser, définitivement, si tu parles de ton attitude, non.
Merlin leva les yeux au ciel et commença à s'éloigner.
- Attends !
- Quoi ?
Arthur leva les bras en le regardant comme si la réponse était évidente, et Merlin se rapprocha légèrement.
- Ca, c'est tout ce qu'on peut avoir, Arthur. Alors par pitié arrête de rendre la situation plus difficile que nécessaire.
Merlin quitta la pièce, plus par esprit de contradiction qu'autre chose puisqu'il s'agissait de sa propre chambre, et Arthur décida que c'en était assez. Il allait lui prouver que son raisonnement était stupide, qu'il le veuille ou non.
Il exigea donc de ses conseillers et de ses chevaliers qu'ils se réunissent dès le lendemain matin, et demanda également à Merlin de venir, ce que le sorcier fit, supposant qu'Arthur voulait faire avancer le débat sur la légalisation de la magie. Ce qui n'était pas faux, mais ce n'était pas le sujet du jour.
Une fois tout le monde arrivé, Arthur plaça un papier au centre de la table ronde, et une fois les chevaliers et conseillers l'ayant vu, tous se retournèrent vers lui avec un regard chargé de questions. Merlin, qui n'avait pas vu le papier, commençait à se demander ce qu'il se passait lorsque Leon prit la parole.
- Sire ? Qu'est-ce que c'est ?
- J'ai décidé de choisir un héritier, et je veux que vous m'aidiez à prendre la bonne décision.
Merlin manqua de s'étouffer et lui attrapa le bras.
- On peut savoir ce que tu fais ?!
- Ce que tu me forces à faire.
Arthur dégagea son bras et se tourna à nouveau vers les membres de sa table, tandis que Merlin se passait une main sur le visage en se retenant de faire tomber le lustre afin de couper court à la réunion.
- Mais… Pourquoi ? Je veux dire, pardonnez-moi Sire, mais vous êtes jeune et même si vos relations avec la Reine se sont dégradées, vous devriez…
- Je n'aurais pas d'héritier par le sang, le coupa Arthur d'un ton sec.
Gwaine, qui venait de comprendre le but de tout cela, ouvrit des yeux ronds avant de se mettre à rire tout seul.
- On peut savoir ce qui vous fait rire ?
- Rien, rien, laissez tomber !
Agacé, Merlin fit discrètement en sorte que le chevalier s'étouffe, mais ce dernier ne manqua pas de comprendre et lui jeta un regard noir.
- Pourquoi n'auriez-vous pas d'héritier naturel ? Demanda l'un des conseillers.
Arthur jeta rapidement un regard vers Merlin, qui lui fit clairement comprendre qu'il n'avait pas intérêt à dire la vérité.
- Vous n'êtes pas sans savoir que j'ai toujours refusé de sacrifier mes valeurs en épousant quelqu'un pour qui je n'éprouverais rien.
Les membres de la table ronde acquiescèrent, et Merlin lui donna un coup de pied, auquel le roi ne réagit pas, sachant pertinemment que le sorcier ne créerait jamais de scandale public, et ne ferait jamais rien qui puisse lui nuire.
- Eh bien… Vous savez également, je suppose, que Guenièvre et moi ne sommes plus ensemble, et cela parce qu'éprouve désormais des sentiments pour quelqu'un d'autre.
Les conseillers et chevaliers se raidirent sur leur siège, attendant la suite, alors que Merlin s'enfonçait dans le sien en maudissant Arthur de toute son âme.
- Il y a donc quelqu'un que j'aime, plus que tout. Quelqu'un avec qui je veux passer le reste de ma vie. Quelqu'un que j'aime depuis longtemps et que je sais que je ne cesserai jamais d'aimer.
Arthur tentait de parler à Merlin à travers son discours aux chevaliers, en espérant que s'il parvenait à le toucher, il ne lui en voudrait pas trop. Leon, Perceval et Elyan, qui étaient assis près de Gwaine, semblèrent soudain frappés par une révélation et se tournèrent d'un même geste vers Merlin, qui se mordait la langue pour ne pas frapper Arthur.
- Sire, j'ai du mal à voir le rapport avec votre héritier, intervint un membre du Conseil. Au contraire, cela devrait vous permettre d'en avoir un.
- Non. C'est justement ça, le… Problème. Je…
Arthur se passa la main sur le visage, ne sachant pas comment annoncer à ses conseillers qu'il était amoureux de son serviteur, qui était donc un homme et se révélait également être un sorcier et la raison pour laquelle il avait lancé les négociations sur la légalisation de la magie.
Finalement, il opta pour le silence, et se pencha vers Merlin, l'embrassant par surprise. Le sorcier le repoussa assez rapidement, puis ouvrit la bouche pour lui reprocher toutes sortes de choses, avant de réaliser qu'il n'avait aucune envie que les membres de la table ronde assistent à quoi que ce soit de plus.
Ils avaient d'ailleurs tous les yeux écarquillés autant qu'il leur était possible, bouches-bée, leur regard passant de Merlin à Arthur.
Arthur se mordit brièvement la lèvre, et pria pour que les retours ne soient pas majoritairement négatifs, sans quoi il pouvait être sûr que Merlin allait le déchirer en petits morceaux pour l'offrir à son dragon.
Devant le silence de plomb qui régnait sur la pièce, Gwaine décida qu'il était temps d'intervenir et se leva.
- Au moins ça, c'était inattendu ! Enfin, pas vos sentiments hein, mais le fait que vous les déballiez publiquement. Je ne pensais pas que vous en étiez capable !
Leon se leva à son tour, fixant son roi dans les yeux.
- Je vous resterai fidèle quoiqu'il arrive, Sire. Et, si je puis me permettre, je pense que vous devriez suivre votre cœur.
Perceval et Elyan suivirent le mouvement, ainsi que pratiquement tous les chevaliers. Les membres du Conseil restèrent quant à eux plus mitigés, ne connaissant pas Merlin aussi bien que les chevaliers, et la plupart ayant connu le règne d'Uther, et lui ayant voué une allégeance sans pareil. Une partie d'entre eux se leva néanmoins, montrant leur soutien au roi, tandis que beaucoup d'autres clamèrent avoir besoin d'y réfléchir. Finalement, seule une minorité avoua être clairement contre leur relation, et ces résultats satisfirent largement Arthur, puisque l'opposition était minime et se soumettrait facilement si les conseillers qui voulaient réfléchir se rangeaient de son côté. Et si certains refusaient toujours d'accepter sa relation avec Merlin, il les renverrait, après tout, une dizaine de conseillers était facilement remplaçable. Par ailleurs, il savait très bien que les chevaliers et conseillers étaient généralement représentatifs du peuple, et s'ils acceptaient la situation, il y a avait de grandes chances pour que le peuple en fasse de même, surtout qu'Arthur savait qu'il appréciait Merlin.
Le roi proposa alors de faire un point dans deux jours, pour laisser le temps à ceux qui en avaient besoin de réfléchir. Une fois tous les chevaliers et conseillers sortis de la salle, Arthur se rassit sur son siège, à côté de Merlin qui n'avait pas quitté le sien, et tenta de se pencher vers lui.
-Ne t'avise pas de m'approcher.
- Donc tu es énervé.
- Enervé ? Non. Je suis furieux !
- Mais pourquoi ? Tu vois bien, la plupart accepte notre relation, on va pouvoir être ensemble !
- Tu te fous de moi ? Est-ce que tu m'as seulement demandé mon avis avant de révéler publiquement notre relation ?
- Non mais…
- Tu n'avais aucun droit de me forcer à révéler mes sentiments, Arthur !
- Très bien, je suis désolé ! Mais je l'ai fait pour toi ! Pour nous.
- Non, tu l'as fait pour toi.
- Mais bon sang Merlin, vois le résultat !
- Je t'ai dit que je ne voulais pas.
- Tu peux m'en vouloir parce que je n'ai pas pris en compte tes sentiments, mais tu fais exactement la même chose !
- Pardon ?
- Quand est-ce que tu m'as demandé si je vivais bien le fait que tu passes ton temps à me sauter dessus pour ensuite me balancer que tu ne veux pas être avec moi ? Jamais ! Eh bien tu sais quoi ? Je ne supportais pas cette situation ! C'est soit tu es pleinement avec moi, soit tu t'en tiens à une relation strictement professionnelle, mais tu n'as aucun droit de jouer entre les deux, et de jouer avec mes sentiments !
- Très bien ! On aura une relation strictement professionnelle alors !
Merlin s'était levé, et se dirigea fermement vers la porte.
- Mais c'est pas possible d'être aussi buté !
Arthur le rattrapa et le força à lui faire face. Il songea d'abord à ajouter quelque chose, puis se ravisa sans réellement comprendre pourquoi. Il plongea son regard dans celui de Merlin, et il savait que le sorcier pouvait lire dans ses yeux tout l'amour qu'il ressentait pour lui, et à quel point il avait besoin de lui. Il tenta à son tour de déchiffrer le regard de celui qu'il aimait, et s'il y voyait la trahison que Merlin avait ressentie en comprenant qu'Arthur allait rendre publique leur relation, il pouvait aussi y lire à quel point Merlin l'aimait.
Finalement, Merlin se rapprocha de lui et l'embrassa, bien plus tendrement qu'il ne l'avait jamais fait. Lorsqu'ils se séparèrent, Arthur lui saisit la main.
- Je te jure que si tu me dis que ça n'aurait pas du arriver, je…
Merlin sourit, et le fit taire en l'embrassant à nouveau. Arthur enroula ses bras autour de sa taille, de manière à ne pas le laisser s'éloigner lorsqu'ils se sépareraient à nouveau.
- Je ne le dirai pas… murmura Merlin en passant les bras autour de son cou pour l'enlacer.
Arthur resserra l'étreinte, et posa brièvement ses lèvres contre sa tempe.
- …Si tu me donnes un jour de repos.
- Tu peux toujours rêver !
Arthur leva le bras pour lui frapper l'arrière du crâne, et Merlin se mit à rire tandis qu'Arthur posait son front contre le sien, en priant pour que rien d'autre ne se mette en travers de leur route.
Et voilà, plus qu'un seul chapitre ! J'espère que celui-là vous aura plu, et je vous poste la fin la semaine prochaine en priant pour qu'elle ne déçoive personne 8D
