Aramis n'avait posé aucune question quand Aurore s'était contentée de dire que Thomas reprenait la mer. Il avait simplement entouré Aurore de toute son attention, de toute sa tendresse, tout comme Anna le faisait aussi. Tous deux avaient compris l'importance du moment et avaient montré à Aurore qu'elle n'était pas seule.
Le retour à Paris avait été long et silencieux pour tous les trois. Aurore ne riait plus, ne parlait plus et semblait continuellement perdue dans ses pensées. Aramis savait ce qu'il se passait dans ce cœur brisé. Il avait connu, de façon bien plus violente, la perte de quelqu'un. Plus, d'un régiment... Il savait que la vie n'avait qu'un sens limité quand votre cœur ne cesse de vous rappeler à un ailleurs. Alors il essayait de la tirer de ses pensées, n'y parvenant que de courts instants, dans lesquels elle était toujours mélancolique. Quand il laissa Aurore et Anna au Louvre, Aramis était inquiet à l'idée de perdre Aurore dans l'état second qu'elle avait eu tant de peine à quitter. Il fit promettre à Anna de veiller sur Aurore avec attention et partit faire son rapport à Athos. Il savait que son ami l'attendait avec une grande impatience.
Aurore n'avait rien dit à personne quand elle était venu reprendre sa place, et, loin de se sentir heureuse et vivante, elle avait pourtant repris sa place et sa vie auprès de la reine, comme si de rien n'était. Elle essayait de n'inquiéter personne, mais elle ne se rendait pas compte qu'elle était entourée de personnes qui ne voulaient que son bien.
La Reine Anne essayait d'être agréable en tout à Aurore en lui réservant son amitié la plus proche et en l'entourant. Anne en avait fait sa Dame de compagnie, ce qui ne plaisait pas vraiment aux autres Filles, présentes depuis plus longtemps pour certaines. Mais Aurore ne voyait rien de cela, enfermée dans cette tristesse, et essayant de servir et d'aider au mieux sa reine qu'elle commençait vraiment à aimer fortement. En effet, la Reine lui confiait ses malheurs, ses douleurs, ses peines et Aurore essayait de l'aider comme elle le pouvait. Elle savait qu'elle n'avait pas grand pouvoir mais voulait faire tout ce qui était en ses capacités pour faire sourire cette femme qu'elle estimait réellement. Aurore en oubliait alors ses propres soucis, comme toujours, pour venir en aide à Anne. Cela leur permettait à toutes les deux d'avoir une relation douce et unique. Cela leur faisait du bien. Et Aramis, tout comme Athos, en était conscients, l'entourant tous les deux d'une affection fraternelle. Tous essayaient de reprendre une vie qui avait été chamboulée par un marin au grand cœur.
Thomas venait de finir d'aider au chargement des cales du navire. Il avait travaillé au ravitaillement, avec les autres marins, pendant deux semaines. Cela n'avait pas été facile mais au moins il avait cessé de réfléchir. C'était ce qu'il voulait absolument, ne plus penser. Car lorsqu'il pensait, il avait mal, très mal. Il était terriblement conscient qu'il avait fait du mal à Aurore, lui qui s'était juré de ne jamais lui en faire... Il se demandait sans cesse comment il avait fait pour en arriver là. Il se détestait...
Le navire était prêt à appareiller d'ici deux jours et il ne savait que faire du temps qu'il lui restait à terre. Ses camarades en profitaient pour jouer aux cartes, pour passer du temps avec des femmes et dans les tavernes, pour voir les familles qu'ils avaient dans ce port. Lui, ruminait et passait du temps dans le jardin qui avait abrité ses retrouvailles avec Aurore. Il n'avait que cela à faire. Et, pensant, encore et encore à Aurore, il sentait monter en lui l'amour qu'il voulait refouler. Comment faire pour oublier la personne qui vous rendait meilleure ? Comment oublier celle qui avait fait de vous un homme alors qu'on est encore un enfant ? Comme faire pour oublier celle que votre cœur n'avait oubliée pendant cinq années sur un navire ? Il n'avait aucune raison, pas plus qu'Aurore qui avait les mêmes questions dans son cœur. Thomas se sentait plus seul que jamais...
Les deux jours étaient passés bien trop vite pour Thomas qui avançait d'un pas lourd, son baluchon sur l'épaule, les cheveux pour une fois au vent. Il n'avait pas envie de partir, cela se voyait et les femmes qui venaient dire adieu aux marins ne s'y trompaient pas en lui lançant des piques ou des encouragements. Le marin aguerri se sentait vide et n'avait aucun plaisir à prendre la mer. Non, aucun. Et pourtant. Pourtant ses pas le menaient vers la passerelle afin qu'il puisse embarquer. Le navire devait sortir du port pour prendre la mer dans quelques heures, pour aller chasser l'espagnol et l'anglais, selon les occasions et les lettres patentes. Poussant un long soupir, il mit le pied sur la marche de bois qui allait le conduire à bord quand il entendit une voie familière l'appeler, ce qui le fit sursauter.
Thomas n'en croyait pas ses oreilles et il restait figé, un pied encore sur le quai. Il n'osait se retourner, voir la vérité en face. Il sentait sur lui, dans son dos, la brûlure de son regard, et malgré lui, il se mit à frissonner. Pourquoi maintenant ? Pourquoi en cet instant ? Une bourrasque venue de la mer lui fit retrouver ses esprits. Il savait exactement pourquoi il était là. Pourquoi il se tenait derrière lui en cet instant. La raison tenait en un mot, ou plutôt en un prénom... Aurore. Alors, doucement, il prit une inspiration et fit volte-face pour regarder dans les yeux celui qu'il n'avait pas besoin de détailler pour connaître... Devant lui se tenait un homme dont il connaissait parfaitement l'age, trente-trois ans. Il connaissait également la couleur des ses yeux, un bleu vert unique, la couleur des ses cheveux, bruns, frisés, sa haute taille, sa carrure... Thomas connaissait tout ou presque de cet homme, l'ancien Olivier de la Fère... Son frère. Thomas trouvait qu'il avait changé alors qu'il le détaillait de haut en bas, s'arrêtant un instant sur sa spalière. Il était donc bien devenu mousquetaire. S'il le savait par Athos et Aurore, le voir de ses yeux était autre chose. Il y avait un sentiment de jalousie et de contentement mêlés. Athos vivait la vie que lui aurait dû vivre et cela lui faisait mal. Cependant Thomas avait été élevé en homme de la noblesse et il savait quand ce n'était pas le moment d'avoir de mauvais sentiments. Cela lui avait sauvé la vie plus d'une fois sur le navire. Alors il se força à faire de même cette fois, et, revenant sur le quai, faire face à son frère.
Athos avait du mal à reconnaître son petit frère. Il avait beaucoup changé et pourtant il n'avait pas hésité une seconde en le voyant de loin. Certes il n'était plus le petit garçon qu'il avait connu, il était devenu un homme accompli, mais c'était ce qui émanait de lui qui avait changé. Il était devenu confiant, sûr de lui, fort. Cela faisait plaisir à Athos qui s'était fait énormément de soucis pour son cadet. Seulement, en homme trop longtemps blessé par ses sentiments, il n'en montrait rien, se contentant de le regarder dans les yeux. Un rapport de force s'était établi entre eux, comme si deux loups se faisaient face. C'était un peu ça pour les passants et les marins. Athos fut le premier à réagir. Habitué au commandement, il se devait de prendre les devants et le fit avec d'autant plus de plaisir qu'il savait qu'il n'avait pas beaucoup de temps pour faire ce qu'il avait à faire. Alors, se forçant à être calme et serein, deux sentiments qu'il était loin de ressentir, il prit la parole.
« Thomas, je suis content de savoir que tu vas bien... Il faut qu'on parle.
- Aurore, fit tomber Thomas.
- Oui. Aurore. »
Et ce fut tout. Thomas hocha la tête et suivit son frère le long des quais. Il ne disait pas un mot, attendant que son aîné lui crache le morceau. Malgré lui, Thomas lui en voulait toujours...
« Elle t'aime. »
Toujours aussi avare de paroles, se dit Thomas. Cela lui fit secouer la tête tout en soupirant. Parfois Athos l'agaçait au plus haut point. Pourquoi ne parlait-il pas ? Pourquoi attendait-il toujours qu'il soit trop tard ? Thomas alors, serrant sa main autour de son baluchon pour se calmer, se mit à parler, comme lorsqu'ils étaient encore des enfants et qu'Olivier n'osait parler et que lui devait le faire pour deux, même quand il venait de recevoir une correction à nulle autre pareille.
« Je le sais. Et je l'aime aussi de tout mon cœur, de toute mon âme, depuis la première fois où elle est venue chez nous. Mais je ne peux pas céder. Je lui ai fait du mal, je l'ai blessé. Je vais partir Olivier, encore une fois. Je vais fuir. C'est bien ce qu'on fait chez les La Fère non ? »
Thomas voyait qu'il blessait et qu'il touchait son frère. Et il n'avait pas idée à quel point. Athos savait que Thomas avait raison, mais l'entendre parler de lui de cette façon... Il avait l'impression d'être redevenu l'adolescent soumis à un père tyrannique qui avait été forcé de fouetter son cadet en punition d'un instant de bonheur et de liberté. Refusant de penser à ces choses horribles, Athos prit sur lui et lui répondit d'une voix calme, se forçant à garder l'esprit clair.
« Je suis tellement désolé... J'aurai dû agir avant et ne pas te laisser partir mais... Il est trop tard. On ne revient pas en arrière... On doit simplement essayer de faire avec ce qu'on est devenu et vivre... Mon dieu, je parle comme Aramis maintenant, ne put s'empêcher de dire Athos. On doit parler. Je t'en prie. Pas pour moi. Pour Aurore. »
Athos savait que son frère était prêt à tout pour Aurore et il usait de cela, contre sa propre volonté. Cela lui faisait du mal, mais il avait promis de rendre Aurore heureuse et cela passait par une vie avec Thomas et il en était persuadé. Alors il se devait de lui faire prendre conscience de certaines choses. Cela blesserait sans doute son petit frère, mais il devait le faire. Maintenant. Il n'aurait pas d'autre occasion, il le savait. Alors il n'arrêta pas de parler.
« Thomas, Aurore a besoin de toi. Elle est éteinte, triste. Elle ne s'anime qu'en parlant de toi ou de tes aventures. Oh, elle n'est pas aussi renfermée que lorsque je l'ai trouvée, mais j'ai peur pour elle. Peur qu'elle ne sombre dans une mélancolie sans nom à force de penser à toi. Depuis deux semaines, la Reine ne cesse de l'entourer et de l'aider. Aurore est devenue Dame de compagnie de la Reine et Aramis et moi ne la laissons pas seule. On veut l'aider tu sais, mais il est dur de la faire penser à autre chose et ses sourires sincères ne sont que trop rares. Crois-moi, ce que m'a dit Aramis est vrai. Elle t'aime et cela se voit, mais elle a peur. Cela est normal... Je sais qu'elle t'en a parlé... Et cette peur la ronge et vous sépare. Ne prends pas la mer. Reviens à Paris avec moi. Thomas, Aurore a besoin de toi et tu as besoin d'elle, ne dis pas le contraire. Aramis était avec vous et il est le mieux placé pour connaître les sentiments des jeunes gens. Thomas... ? »
Thomas s'était arrêté de marcher et attendait que son frère vienne lui faire face. Alors, d'une voix calme, trop calme pour Athos, il prit la parole. Il ne comprenait pas où voulait en venir son frère, mais sa colère était un guide bien trop mauvais qu'il ne pouvait s'empêcher d'écouter !
« Que veux-tu que je fasse Athos ? Que je reprenne ma vie ? Non. Je suis marin maintenant. Et je vais faire du mal à Aurore, même si je l'aime. On ne sait pas aimer sans détruire chez nous. Tu le sais mieux que les autres Athos. Je t'aimais... Je t'aime. Et regarde où nous en sommes... »
Thomas tremblait de rage et de peur tout en espérant que Athos fasse demi-tour et s'en aille tout simplement. Mais il n'agissait pas ainsi et il lui répondit même avec un certain aplomb. Athos avait pensé à tout durant ses quinze heures de chevauchée.
« Thomas, tu es différent de moi. Différent de notre père. Tu sais aimer, sinon tu n'aurais pas risqué la mort pour me délivrer de Anne. Tu n'aurais pas pris tous ces risques pour partir et ne pas nous détruire... Thomas, ton cœur est grand et tu peux tout abandonner, repartir de zéro. Tréville saura t'accueillir et tu seras un cadet parfait. Tu pourras aimer Aurore. Tu n'es pas obligé de revenir en La Fère. Aurore porte notre nom et notre titre tu sais. J'ai fait le nécessaire, alors si vous vous épousez, tu deviendras le comte de la Fère. Et... »
Athos fut interrompu par le rire froid de son frère qui laissa tomber son baluchon. Thomas ne quittait pas des yeux Athos et ce dernier pouvait sentir monter en lui une étrange colère qu'il avait du mal à comprendre. Quelle que soit la raison de sa colère, celle-ci explosa au grand jour, comme une tempête d'hiver : froide et mordante.
« Tu veux que je devienne ce que tu as toujours essayé de fuir ? Que je m'enferme dans un rôle qui n'est pas le mien ? Je ne suis pas fait pour être comte, c'était toi. Mais tu as tout gâché. Nous aurions dû avoir des vies fantastiques et regarde où nous en sommes ! Tu ne supporteras pas de me voir tous les jours à tes côtés. Tu me détestes pour ce que j'ai fait. Je t'ai fait tuer Anne. Olivier, tu peux me pardonner cela ? »
Athos ne savait que répondre. Son frère avait raison au delà de tous les mots, c'était la clarté de son jugement qui le prenait à dépourvu. Le mousquetaire se demandait depuis quand son petit frère était devenu un homme si sage. Cependant il n'était pas d'accord et il devait lui le lui dire. Alors il posa sa main sur son bras et serra un instant sa main. Il voulait, il devait, lui faire comprendre que lui aussi avait changé.
« Non seulement je te l'ai pardonné depuis des années Thomas, mais en plus, je dois te remercier. Cet amour m'aurait détruit. Et... Je préfère savoir mon petit frère en vie, crois-moi. Les liens du sang son les plus forts, quoi que tu en dises. Thomas, je ne pourrais supporter de savoir que tu t'es sacrifié à tord une nouvelle fois. Tu ne comprends pas que je veux ton bonheur, votre bonheur. Thomas, je t'aime. Tu es mon frère. Comment tu peux ne pas croire en cela ? J'ai... pleuré quand tu es parti... »
Thomas l'écoutait sans dire un mot et avait envie de le croire. Mais comment oublier tout ce qui les séparait ? Comment faire en sorte de passer au dessus d'une vie qui n'avait pas été facile ? Thomas commençait à se poser des questions et sa fermeté disparaissait lentement. Athos le sentait mais ne voulait pas crier victoire trop vite. Il savait que Thomas pouvait faire volte-face et partir sur l'instant. Il connaissait son petit frère, plus calme peut-être mais parfois plus définitif dans ses jugements. Après de longues minutes de silence, Thomas prit la parole plus calmement.
« Ça a été dur pour moi aussi. Mais j'ai vu que tu l'aimais et... J'aurais voulu que ce soit plus simple entre nous. Mais ça ne l'a jamais été. Tu n'as jamais vu qu'un gamin qui voulait sa liberté au mépris de tout le reste et des règles. Mais tu n'as jamais compris pourquoi, enfant, j'agissais ainsi... Ce n'était pas pour énerver père... Quoi que... C'était pour te protéger. Car tant qu'il me battait, il ne pensait pas à le faire sur toi... Tu ne l'as jamais vu... Tu l'as aperçu ce jour où il t'a forcé à le faire... Je l'avais forcé à ce que ce soit moi qui reçoive les coups... Car ça fait bien moins mal qu'en donner... Tu n'as jamais vu que le cadet bagarreur qui ne veut pas assumer sa vie... Mais avant tout cela, j'avais dit oui pour Catherine, alors que j'étais fiancé à une fille de Paris que j'aimais tendrement. Mais j'ai refusé pour ton bonheur Athos. Parce que tu l'aimais... Et quand j'ai... décidé de parler et qu'elle a voulu me tuer... Je me suis détesté et j'ai réfléchides heures à comment te dire tout cela... Je le savais depuis le jour où j'ai trouvé Aurore... Athos, tu n'as pas idée de ce que je suis, de qui je suis... »
Les mots de Thomas n'étaient pas fait pour faire mal. C'était une simple constatation. Thomas avait besoin de lui dire tout cela, car il l'avait sur le cœur depuis trop longtemps. Parler lui faisait du bien. Tout dire était quelque chose de plus qu'un simple besoin, au contraire. C'était sa façon de s'excuser et de réfléchir à quoi faire. Car il était perdu. Voir Athos le retournait plus qu'il n'osait le dire et savoir qu'Aurore avait besoin de lui plus encore.
Athos lui était non seulement étonné mais aussi touché par ce que lui disait Thomas. Il n'avait pas de mot pour répondre à ce qui lui était reproché. Il comprenait cependant que toute sa vie il avait reproché des choses à Thomas alors qu'il avait fait énormément pour lui. Athos s'en voulait plus encore d'avoir gâché la vie de son cadet et il n'avait d'autre mot qu'un pardonne-moi, à peine murmuré. C'était plus fort que lui. Il prit alors doucement son frère contre lui, le serrant doucement comme pour le protéger, comme il le faisait enfant. Il avait besoin de ce contact et Thomas se laissait faire, trop étonné de ce qu'il se passait pour réagir. Quand Athos relâcha enfin son étreinte, Thomas fit un pas en arrière, regardant son aîné en silence. Puis, au bout de quelques minutes, il poussa un soupir à fendre l'âme. Sa décision était prise... Il savait qu'il allait le regretter, mais il était trop tard. Un La Fère ne revient jamais sur sa décision...
« Je vais passer pour un déserteur. »
Ce fut tout. Athos compris que Thomas venait de prendre sa décision. Une décision qu'il était heureux de connaître pour une fois. Il savait qu'ils allaient rentrer ensemble à Paris. Aurore en serait heureuse. La vie le réunissait de nouveau. La vie réunissait deux frères et deux amants. Rien n'était pour lui plus important.
« Ne t'en fais pas... Les mousquetaires fuient toujours quelque chose. Tréville fera en sorte que tu ne sois pas vu en tant que tel. Une nouvelle vie nous attend mon frère... Allons. On t'attend au Palais. »
Après une bourrade sur l'épaule de son frère, Athos entraîna Thomas avec lui. Ils avaient de la route à faire jusqu'à Paris...
Leur chevauchée avait duré longtemps car ils en avaient profité. Les deux frères avaient besoin de se parler et le fait d'être à cheval facilitait leurs échanges. Chacun eut le temps de raconter sa vie à l'autre. Tout deux s'en voulaient pour la vie de l'autre et leur besoin de se rassurer, de se parler était d'autant plus palpable qu'ils avaient l'impression de retrouver un frère, un nouveau frère. Ils s'étaient quittés enfants et se retrouvaient adultes. Cela leur fit du mal mais également beaucoup de bien. Ils avaient besoin de cela, sachant que jamais plus ils ne seraient vraiment aussi soudés qu'autrefois. Les malheurs et les épreuves changent les hommes, c'est ainsi, mais cela les fait également grandir. Et ils avaient beaucoup grandit tout les deux.
Quand ils arrivèrent à Paris, poussiéreux et fatigués, Athos emmena son frère se rafraîchir chez lui. Puis, une fois présentable...
« Thomas, il y a quelqu'un à qui tu dois faire une surprise... Elle ne sait pas que je suis parti te chercher mais... Aurore va être heureuse. »
