Premier OS/chapitre de cette série. Je l'aime bien mais j'ai l'impression d'avoir à la fois pas été jusqu'au bout et en meme temps que c'est super confus. Don't know, dans tout les cas bonne lecture.
La fois ou je me suis attaché et la fois ou je te l'ai fait payer
(Ou l'on se rends compte que Mickey Milkovich ne connait pas 36 façons d'exprimer ses sentiments)
"J'ai fait mon coming-out pour toi espèce de merde"
Ça il l'avait dit en tabassant quelqu'un. Un type qui travaillait dans ce bar de tapettes, ça aurait pu être le gérant comme un serveur il n'en aurait eu rien à foutre. Il n'en avait jamais eut rien à foutre de à qui étaient les os qui craquait sous ses phalanges. Et puis il n'avait pas pu faire autrement sur le coup. Sa gueule et sa voix lui revenait pas, son mec s'était visiblement barré avec quelqu'un d'autre, la suite logique était de bourrer un connard de coups de pied. Du moins ça l'était pour lui, c'était comme ça et ça remontait à trop loin pour s'en défaire.
-Maman il revient quand papa?
Papa. Il était très jeune à l'époque et ce mot lui écorchait déjà la bouche. A coté de sa mère, assis sur un canapés, fixant une émission qu'ils ne suivaient même pas, les pieds posés sur une table basse envahie de guns, cela laissait prévoir que la question n'avait pas vraiment le même sous-entendu que ceux des autres enfants.
-Qu'est-ce que tu veux que j'en sache?
-Ils t'ont pas dit à la police?
-Suis pas allé, moi j'en sais mieux je me porte
Il aimait bien sa mère. Disons que c'était la moins pire, presque une sainte à coté de son père. Elle lui disait bonne nuit le soir, lui faisait à manger, elle était même allée aux réunions des parents pour une connerie de l'école. Elle était préparatrice en pharmacie et son taff ressemblait à quelque chose de légal tant qu'on ne fouillait pas jusqu'au trafics internes avec les junkies. Elle fumait tranquillement sa beuh et buvait paisiblement. Même lorsqu'elle se piquait elle ne dérangeait personne. Elle le faisait dans la discrétion qu'était la sienne, intégrant à la perfection un décors sombre et bordélique qui puait la bière et la transpiration. Elle avait dans ses gènes cet instinct de survie qui lui hurlait continuellement de ne pas faire de bruit, comme si à la naissance une fée lui avait donner le don de savoir fermer sa gueule au bon moment. Lorsqu'elle est morte dans son bain, nue dans l'eau chaude et sous une mousse à l'odeur écœurante de fruits de la passion, elle n'avait pas fait un bruit. Mais il ne savait pas tellement si on gueulait lors d'une overdose de toute façon. C'était il y a une dizaine d'années ou un truc comme ça, son père lui disait parfois qu'il ressemblait à cette femme.
-Tu es faible Mickey, tu ne sais pas prendre de décisions, porte un peu tes couilles putain, sois pas comme ta mère! Reste pas là à attendre!
Mandy lui avait dit aussi.
-Va lui dire. Fait pas comme maman, pense pas que tout le monde peut comprendre le silence
Sur le coup il n'avait pas été d'accord. Il ne se taisait pas pour qu'on le comprenne ou qu'on essaye...
Ce qu'il faut dégager c'est l'impression de quelqu'un de sec, nerveux, sanguin tout en étant autoritaire. Il fallait guetter les regards de travers, il fallait répondre à la moindre attaque. Il fallait s'imposer par une sorte de crainte malsaine, il fallait déclencher ce putain de réflexe qui s'active lorsque tu cognes (trop) fort, tu veux survivre? Reste loin de Mickey Milkovich. Instaurer une sorte de respect factice, une peur qu'il fantasmait tandis qu'on crachait voir complotait derrière son dos. Fallait qu'il soit comme son père, qu'il entretienne sa filiation avec l'ex-taulard en conditionnelle qui vendait des flingues sous le manteau. Ça l'arrangeait de vivre dans cette ombre, ça construisait sa réputation qui se disloquait ou se durcissait selon les points de vues. Loi de la jungle, les plus forts survivront, profite de chaque choses qui te protégera dans ce ghetto. Même si ça inclue une éducation foireuse et un avenir lapidé. Faute à la haine, sentiment presque inné chez les Milkovich.
-Tu te fous de ma gueule?
La vérité, c'était qu'il ne savait plus pourquoi il s'était pris un énième poing dans la gueule de la part du géniteur. Peut-être que c'était une bière apportée pas assez vite, que l'enfant qu'il était s'était fait avoir lors une transaction d'herbe mal gérée ou bien que sa mère n'était pas là et que son expression faciale devait suffisamment lui déplaire pour qu'il soit pris comme punching-ball. Allez savoir, de toute façon ce n'était ni la première ni la dernière fois. C'était un œil au beurrer noir de plus dont il pourrait se vanter à l'école, une lèvre fendue et gonflée de plus, une pommette aux nuances trop bleues de plus. C'était pas comme s'il allait s'en plaindre auprès de quiconque, tout le monde marchait comme ça, c'était comme ça ici. On a pas le luxe de pas etre content, et puis "ce qui ne nous tue pas nous rends plus fort" était l'un des dictons favoris du paternel. Alors on encaisse, on survit, parce qu'on va pas en crever. Du moins pas au sens littéral du terme. Y'a que les faibles pour dire qu'ils sont "mort de l'intérieur", ils se justifient leurs vies de merde et la déprime qui en était du. Lui aussi il avait pas envie de se réveiller ici tout les matins, lui aussi il savait pas trop s'il voulait que quelqu'un l'étouffe dans son sommeil ou pas. Il savait juste que c'était la réalité et que pour l'instant il respirait encore.
Essayer de vivre. Entre deux montées d'adrénaline qui une fois sur deux aurait pu lui couter la vie. Mais qu'est-ce qu'on peut faire d'autre? C'était pas pour lui la petite vie tranquille, il aurait jamais assez de thunes, jamais une assez bonne gueule pour qu'on lui fasse confiance et il rencontrerait jamais personne pour la vivre avec lui, il avait meme pas son bac de toutes façons. Fallait vivre de ce qui lui était accessible, même si c'était pas très cool au premier abord. C'était souvent répétitif, casser des gueules, servir d'intermédiaire pour les affaires du padre, préparer une arnaque quelconque ça pouvait être pas mal des fois. Il y a quelques années c'était tout ce qui était à sa disposition. Il a fallu d'une répétition qui a tourné différemment pour tout changer.
Il devait juste aller tabasser un type qui s'était tapé sa sœur et qui était selon ses dires un connard. Il n'avait pris son affirmation au sérieux qu'a moitié, Mandy avait pour habitude de choisir les pires et comme on le disait si bien, qui se ressemble s'assemble. Il se disait donc qu'un gros connard pour la fille Milkovich était ou un gars trop bien éduqué qu'elle n'avait pas su comment atteindre ou quelqu'un d'encore pire. Quand il avait vu la gueule du type, il avait compris que la première option était la bonne. Sérieusement, une carrure trop fine, des vrais cheveux roux qui tombaient sur son front, des taches de rousseurs qui constellait les pommettes d'un visage blanc, des yeux verts aux longs cils émanant encore un peu d'innocence, presque de la candeur. C'était un gamin, le visage fermé propre aux habitants de la rive sud mais qui malheureusement pour lui ne dégageait qu'une vulnérabilité certaine, c'était drôle de voir vers quel genre de personne allait les frustrations de Mandy. C'était l'époque ou à aucun moment il ne s'était dit qu'il aurait pu être dangereux, à vrai dire il s'était moqué auprès de sa sœur de son apparente faiblesse.
Même le magasin auquel il travaillait était vulnérable, sérieusement c'était un distributeur à grailler défendu par un gosse à l'allure ridicule et une tapette orientale. Il leurs faisait peur et laisser libre cours à son insolence avec chips gratos en supplément était presque jouissif, le seul hic fut quand le gérant sortit un un gun, mais ça en fut presque comique. Il avait juste eut à lui arracher des mains avec son aplomb naturel et un sourire moqueur en coin qu'il n'avait pas décroché, il n'avait pas hésiter, il avait appris à se défaire des conséquences de ses actes il y a longtemps, prendre un flingue d'entre les mains d'un type pas assuré qui avait été assez con pour hésitez c'était pas quelque chose qu'il faisait tout les jours, mais il pouvait totalement gérer ça. Il était rentré chez lui sourire aux lèvres, avait bu une bière et avait mis l'arme quelque part dans sa chambre, satisfait que pour une fois il y en avait enfin une à lui dans cette baraque. Il avait pas envisagé qu'on vienne la reprendre le lendemain et que l'envoyé de cette opération suicide était le rouquin dont il avait toujours pas compris la relation avec sa petite sœur.
Il avait pas non plus compris ce qui avait déconner dans sa façon de penser.
Il était prêt à le rouer de coups, il avait déjà une entaille sur les lèvres et sur le nez, mais il redonnait mieux les coups qu'il l'aurait penser, il y avait une précision à laquelle il ne s'attendait pas. Il avait trouvé ça tellement sexy.
Sexy.
Un mot qui ne sonnait ni réellement ni agressif mais qui n'était pas vraiment doux non plus, ça glissait entre les lèvres et ça pouvait avoir l'air sensuel selon l'intonation. Mais les rares fois ou il l'entendait c'était perdu dans les voix braillardes des soiffards de l'Alibi, le mot devenait obscène, et les ¾ du temps il était adressé à une femme bien trop alcoolisée au physique de camionneur qui s'était mis en tête de danser sur une table. Sexy devenait une appellation grasse qui ne servait à rien d'autres que de donner un semblant de valorisation à des seins tombant dans un débardeur maculé de transpiration. Il avait longtemps assimilé sexy à cela, c'était toujours cette essence un peu lourde et faussement flatteuse qui s'en était dégagé. Mais face au rouquin c'était différent, c'était pas sensuel, c'était pas obscène. C'était un genre de connexion établit pendant un fraction de seconde dont le message était soudainement devenu explicite.
Pas "baise moi" et encore moins "faisons l'amour", juste..."viens".
Et il l'avait fait, il avait enlevé ses fringues sur un coup de tête insensé, envahie d'une excitation qui ne faisait que s'intensifier tandis qu'il voyait l'autre se dénuder à la même vitesse. Curieusement, celui qu'il ne considérait plus tellement comme un gamin était passé au dessus , sans qu'il y ait eu même un accord visuel entre eux. Mais ça l'arrangeait, il avait toujours préféré ça, mais il ne le précisa pas, réduisant leur rapport au strict minimum de communication. C'est-à-dire un simple regard noir quand il s'approchait trop de sa bouche et des gestes brusques lorsqu'il essayait d'enlacer ses mains avec les siennes. Mais elle était pas si mal que ça cette première fois, c'était tout ce qu'il pouvait faire de mieux à ce moment-là. Il avait réussit à faire comprendre qu'il n'avait pas envie d'une baise passionnée, il touchait à peine l'autre, il s'accrochait à ses draps et enfouissait sa tête dans son oreiller, les yeux fermés, essayant de se concentrer sur sa sensation plutôt que sur le fait qu'il y avait un autre homme au-dessus de lui. Il se focalisait sur les millions d'aiguilles qui piquaient sa peau, sur les frissons qui se répandaient dans ses muscles, sur la chaleur dans son bas-ventre. Il essayait de rendre le bien-être sien, de percevoir le rouquin comme un moyen plutôt que comme une fin. Il ne parlait pas, retenait ses cris, intériorisant les élancements dans sa gorge en même temps que ceux de son corps entier, laissant échapper quelques respirations bruyantes lorsque se mordre les lèvres le faisait suffoquer. Seul un cri rauque et étouffé avait franchit ses lèvres, à la fin, tandis qu'il envoyait regard assassin et un fleuri "casse toi" au mec derrière lui qui osait lui caresser les hanches, celui-ci avait levé les mains, sourire aux lèvres, mimant un "je me rends" qui ne faisait rire que lui. Il s'était affalé à coté de lui sur le lit, un air de profonde satisfaction au visage.
Il avait l'air d'avoir aimer. Il priait intérieurement pour qu'il continue à ne rien dire et qu'il ne lui demande pas un putain de compte rendu ou ses impressions sur leur baise. Mais lorsqu'il entendit les pas de son père se dirigeant vers sa chambre, il se dit qu'il aurait préféré mille fois cette discussion. Son premier reflexe, aussi stupide soit-il, fut de saisir les bords de la couverture qui reposait sur son torse et de s'y accrocher comme si elle allait être le bouclier de son inexorable tabassage. Mais il était passé sans les voir, clope entre les lèvres, se dirigeant vers la salle de bain en faisant rouler les muscles de son dos, mettant en valeur un tatouage d'aigle impérial surplombant une croix gammée. Pendant ce laps de temps ou la présence du padre était perceptible à plusieurs kilomètres à la ronde, aucun n'avait bougé. Il avait échangé un regard paniqué, partageant le même air béat en essayant désespérément de récupérer leurs sens de l'initiative ou au moins de trouver quelque chose à dire. C'était étrange, c'était stupide et inutile en fait mais il avait envie de lui dire quelque chose. De s'excuser d'avance du fait qu'il allait finir aux urgences dans quelques secondes, de lui dire que c'était pas mal pour adoucir le fait qu'il allait prochainement pisser le sang. Peut-être que son père allait le crever, ce serait extrême mais ça ne l'étonnerait qu'a moitié, et devant cette éventualité il pourrait bien faire l'effort de dire à Ian qu'il avait été un bon coup, même s'il avait essayé de l'oublier pendant tout l'acte. Ian. Il s'appelait Ian, il venait de s'en souvenir. Le paternel avait fait chemin inverse, leur avait jeté un regard nonchalant avant de s'en aller puis de se retourner brusquement. Devant son fils, torse nu, partageant son lit avec un jeune homme qui avait cessé de respirer lorsque leurs regards se sont croisé.
-Habillez vous, on dirait des putains de pédales, avait-il marmonner avant de s'en allez
Le jeune homme s'était relevé brusquement et avait remis ses vêtements à la même vitesse qu'il y a quelques minutes. Ça lui avait fait bizarre lorsque le rouquin s'était approché, une lueur dans les yeux, les joues encore empourprés. Et lorsque sa main s'était approché de son visage, pas encore empreinte de l'assurance qui allait devenir la sienne.
-Si t'essayes de m'embrasser je te coupe la langue
Il avait donner la mauvaise concrétisation aux trucs qui tapaient dans sa poitrine, c'était bien partit, mais la situation lui avait échappé. Il savait qu'il ne devait pas avoir l'air trop perdu et que pour l'instant il devait même avoir l'air d'assumer, chose bien ironique. Mais maintenant il fallait qu'il rétablisse un semblant de contrôle, sur la situation et sur lui-même. Il n'avait fallu que quelques secondes pour que sa défensive perpétuelle refasse surface, que l'agressivité et la menace redevienne la base de ses interactions. Ça en était devenus naturel, mais cette fois-ci il sentait qu'il y avait autre chose. Mais il n'avouerait jamais qu'il avait essayer d'ériger une barrière entre lui et le gamin, qu'il avait eut peur. Il n'avait jamais eut l'impression d'une telle lutte intérieure avant. Surtout lorsqu'il partit avec le flingue. Il avait été quasi-sur d'avoir entendu deux voix distinctes à ce moment-là, lui donnant des indications totalement différentes.
Il ne sut pas trop s'il avait écouter l'ange et le démon lorsqu'il est revenus le voir et qu'il avait baisé immédiatement après dans l'arrière-boutique de Kash and Grab's.
Il ne sut pas trop comment définir le fait qu'il était revenus le lendemain, puis le surlendemain avant d'espacer ses visites d'un jour sur deux.
Il ne sut pas trop pourquoi il avait cesser de retirer sa main de la sienne et pourquoi il sentait sa respiration aussi près dans sa nuque, et pourquoi il voulait qu'elle se rapproche encore plus qu'elle ne l'était déjà.
Il ne sut pourquoi il allait le voir lui au lieu d'aller payer un mec différent chaque soir dans des rues qu'il avait arpenter quelques fois, surement parce que c'était moins cher.
Il ne sut pourquoi il avait du refréner un sourire lorsqu'il était venus sonner à sa porte, les larmes aux yeux. "J'ai besoin de toi...je n'ai nulle part ou aller...". Pourquoi il avait pressentit qu'il s'en serait voulu s'il l'avait laissé seul sur le palier. Et pourquoi il s'était sentit touché, s'il avait définit correctement ce qu'il ressentait comme être touché par des paroles.
Il ne sut pourquoi il aimait bien partager le canapé avec lui et Mandy, l'obligeant à se serrer et à faire semblant de n'avoir pas exprès de coller sa jambe contre la sienne. Pourquoi il appréciait le sourire en coin qu'esquissait l'ami de sa sœur.
Trop de choses qu'il ne savait pas, ou qu'il essayait de ne pas savoir. Une fois, Ian avait essayé de lui faire comprendre.
Il avait encore le visage décoré de cicatrices, et la sensation de mensonge qui lui emplissait les veines qui le poursuivait encore. Il se souvenait à peine du visage de sa future femme, rencontrée dans des conditions qui l'empêcherait de s'attacher à elle pendant tout le temps ou il allait la connaitre. Il faisait beau pour la saison, curieusement sec, la poussière volait autour d'eux. Entre deux immeubles abandonnés, surement regardé par quelques squatteurs trop alcoolisés, le soleil était apparu mais ne réchauffait rien. Ian avait perdu son équilibre et était en train de se relever, se massant la mâchoire suite au coup qu'il venait de se prendre de sa part. Il avait grandit pendant sa détention ce gamin. Ses cheveux avait gardés cette même couleur étrange mais il les avait coupés très court, comme on avait du lui demander chez ces cons de soldats. Il le dépassait maintenant, ses épaules s'étaient élargis et son torse avait gonflés, ses anciens bras frêles s'étaient musclés avec l'entrainement. Il commençait enfin a ressembler à quelque chose, c'était pas trop mal. Mais maintenant fallait vraiment qu'il dégage. Parce qu'il en pouvait plus, il ne savait pas depuis combien de temps il zonait dans cet endroit, mais quand il est arrivé il faisait nuit. Et il avait occuper l'obscurité à essayer de dormir sur le sol crasseux et à boire, il avait du pleurer à un moment. Fumer aussi, il n'avait plus d'herbe sur lui, a moins qu'un clodo l'ait dépouillé, il ne se souvenait pas tellement de l'agonie, il avait du réussir à la noyer dans tout le liquide qui était passé dans son sang. Il avait envie de gerber et de cogner sa tête contre les murs. Il reprit une gorgée d'un liquide ambré dont il n'arrivait même plus à déterminer le nom et déporta son regard de l'autre chieur. Depuis qu'il était arrivé il se sentait imploser. Il avait envie de se mettre à chialer dans ses bras, ou bien de juste lui éclater la gueule, faire n'importe quoi qui ferait dégager cette intensité qui lui faisait presque mal quand il était là. Il lui faisait mal, fallait qu'il se casse, parce qu'il allait pas le laisser atténuer la douleur, il pouvait pas faire ça. Il marmonna un "fait chier", fermant les yeux quelques secondes, manifestant le peu d'énergie qui lui restait pour tenir debout, même si a vrai dire il n'arrivait pas à distinguer s'il en avait trop ou pas assez. Mais ce con s'était rapproché, avec toujours ce même air implorant qui faisait putain de pitié au visage, comme un chien qui vient réclamer des caresses. Il lui avait dit de le frapper, pour qu'il se sente homme, et c'est que qu'avait fait Mickey bourré-premier degré qui aurait tout aussi bien pu l'embrasser s'il l'avait forcé. Le pire c'est qu'il avait du frapper fort, il était resté par terre ce con. Et il l'avait regardé, son regard avait changé. Il se souvenait pas s'il était redevenus comme avant entre eux après ça, comme si sur le coup il avait compris quelque chose.
-Tu m'aimes. Et t'es gay. Avait-il dit, se relevant. Admets-le juste cette fois...
Il s'était trop rapproché, avec ce geste implorant de la main qui était à deux doigts de lui agripper le bras comme s'il allait lui prendre la main et qu'ils pourraient aller courir ensemble après ça. Mais ça marchait pas comme ça, il pouvait pas s'accrocher à lui et aller faire l'amour sur le toit de l'immeuble, parce que bordel ça fonctionne pas comme ça. On vit de ce qui nous est accessible, et cette décision l'était pas, ça faisait un moment qu'il avait pas remis un peu d'ordre, qu'il avait tout ré-organisé. Poing dans la gueule, dans le ventre, sur l'estomac, il allait arrêter de se relever.
-Tu te sens mieux maintenant?
Coup de pied. Du sang avait giclé de sa bouche et s'écoulait en ruisseaux sur son visage maintenant plus pale que d'habitude. Sa respiration haletante et difficile le cisaillait, mais comme c'étaitpaspourluibordel, il ne s'agenouillait pas pour lui dire compulsivement qu'il était désolé et que ça va aller. Parce que ça n'allait pas putain. Parce que ça n'allait pas mieux, que c'était pire. Il foulait juste...putain. Les trucs qu'il avait dit. C'était faux, et il était sur les nerfs parce qu'il supportait pas que quelqu'un prétende savoir mieux que lui ce qu'il ressent. Il était pas à sa place, c'était facile pour lui, il croyait que tout était simple. Fuck c'est quoi ce truc dans sa gorge? Ca grossit trop vite.
-Je me sens mieux maintenant
Des années d'entrainement pour que sa voix et aucune partie de son corps ne tremblent malgré la tonne de trucs en train de craquer en lui. Il avait prit une gorgée d'alcool et était partit bouteille en main. Il l'entendait respirer derrière mais pas se relever, il faisait comme si ça l'inquiétait pas et il continuait sa démarche lourde loin des immeubles abandonnés. Quand il est sortit un haut le cœur brutal la saisit, il s'est mis à gerber contre un mur. C'était acide et y'avait du sang. Ses yeux étaient mouillés mais il mit ça sur le compte de ses tripes qui se vidaient sur le sol et qui giclaient sur ses pompes. Il se sentait faible, il avait l'impression que son corps n'était qu'une enveloppe creuse qui avait perdu tout ce qui la remplissait. Normal, c'était maintenant en flaque à ses pieds. Il avait allumer une cigarette et était rentré chez lui. Sur le coup, le tabac l'avait dégouté.
Après tout, la haine, l'amour c'est la même intensité. C'est ça qu'on recherche, l'intensité, la flamme dans les yeux et la peur de perdre. Parce qu'on est tous des junkies en puissance des battements dans la poitrine.
Mais cette haine-là, il ne s'en sentait vraiment pas accro. C'était comme avoir pris volontairement du shit coupé au pneu alors qu'il avait de la beuh fraiche et pure. Il voyait pas d'autres comparaison. Ça lui permettait d'un peu mieux comprendre tout ce qui lui échappait continuellement et qu'il ne saisissait volontairement pas.
Dear lecteur, n'oublie pas que le review est le pain de l'auteur, tu sais ce qu'il te reste à faire! (Et puis comme ça j'irai plus vite pour la suite, peut-etre un sorte de 3+1 un peu fluff...)
Love sur toi!
