Note : Bonjour à toutes et à tous. Donc on va commencer par un petit couac organisationnel ; comme les deux premiers chapitres sont sortis mercredi dernier, je pensais publier chaque mercredi sans faute pour vous donner un rythme assez facile à suivre. Petit problème de taille : j'étais du matin toute la semaine, et du coup, quand est venu le temps de publier, je ronflais déjà depuis quatre heures au cours d'une sieste un peu ratée censée durer 1h30. Breffons (comme dirait Chupee Chan) ! Tant pis pour la ponctualité, voici le chapitre 3 de ce tome 1. J'essaierai de les poster chaque semaine, mais je ne peux rien vous promettre pour choisir un jour précis à chaque fois (un peu comme les réunions de l'AD, c'est classe, non ?)
Disclaimer : Le monde de la magie tel que vous le voyez ici appartient à JK Rowling, pour le reste (intrigue et personnages principaux, ils viennent de mon imaginaire personnel ^^
Défis : Bon, du coup, comme les quatre reviews ont été écrits par des personnes connaissant déjà l'univers d'Ohenfeld, aucune proposition n'a été soumise pour le moment. Tant pis, découvrez sans spoilers la nature d'une des quatre baguettes magiques qui vous ensorcellera pendant les sept tomes à venir. Je vous laisse en deviner le propriétaire tranquillement ^^. Bonne lecture ! ^^
Sans attendre l'habituelle liste des fournitures que les élèves recevaient chaque année, Eric se rendit en compagnie de ses sœurs, Constance, Océane et Flora, sur le Chemin de Traverse pour aller faire ses premiers achats scolaires. Constance, qui avait son permis de transplaner depuis longtemps, amena son frère et ses sœurs juste devant Gringotts, la banque des sorciers.
- Je vais chercher de l'or dans notre coffre, expliqua-t-elle en escaladant les marches de marbre du grand bâtiment blanc. Profitez-en pour repérer ce dont vous avez besoin, je vous rejoindrai tout à l'heure.
- D'accord, répondirent en même temps le frère et les sœurs.
Prétextant avoir une course à faire chez Madame Guipure, Océane et Flora, les troisième et quatrième sœurs de la famille, qui entraient en quatrième et cinquième année, se précipitèrent de rejoindre quelques amies à qui elles avaient donné rendez-vous, laissant une fois de plus Eric tout seul. Celui-ci, qui y était habitué, ne s'en formalisa pas et entreprit de vagabonder sur le chemin de Traverse. Mais il l'avait tellement emprunté ces dernières années qu'il le connaissait par cœur et ne prenait plus aucun plaisir à s'arrêter devant les vitrines des magasins pour voir les nouveautés.
Il décida donc d'aller tout de suite acheter ce dont il avait le plus besoin – ou du moins aller le réserver jusqu'à ce que Constance lui donne l'or nécessaire pour l'acheter.
Cependant, arrivé devant Ollivander's, la boutique de baguettes magiques, il ne put y entrer et resta immobile devant pendant plusieurs minutes.
- Qu'est-ce que tu fais, planté là ? lança une voix derrière lui.
Il se retourna, c'était Constance qui revenait de Gringotts, une maigre bourse à la main. Elle le regarda d'un air mécontent.
- Océane et Flora ont déjà presque fini leurs achats, elles ! Dépêche-toi, Maman nous attend pour 17h, il est 16h30 !
- Oui, répondit Eric d'un air rêveur en prenant la bourse que sa sœur lui tendait.
- Que se passe-t-il ? demanda Constance l'air inquiet devant le manque de réaction de son frère. Tu vas bien ?
- Oui, oui, tout va bien, répondit son frère d'un air absent, c'est juste que…
Mais il ne pouvait se résoudre à lui dire ce qu'il avait sur le cœur, il ne voulait pas l'embêter avec ça. Mais sa sœur était loin d'être idiote, elle avait très bien compris.
- Tu penses encore à ça ? lui lança-t-elle d'un air navré. Tu as reçu ta lettre ! Tu es un sorcier ! Tu n'es pas un cracmol !
- Qu'est-ce que tu en sais ? répliqua Eric beaucoup plus durement qu'il ne l'aurait voulu. Je n'ai jamais manifesté de capacités magiques jusque là, même toi tu pensais que j'étais un cracmol !
- Tout le monde peut se tromper, la preuve : tu as reçu ta lettre ! Peu importe ce que tu peux faire ou ne pas faire, du moment que tu l'as, tu es considéré comme un sorcier.
- Mais comment peuvent-ils savoir que j'ai des dons s'ils ne se sont jamais manifestés ? insista Eric. Peut-être qu'ils se trompent, peut-être qu'ils m'ont envoyé cette lettre simplement parce que je suis issu d'une longue famille de sorciers, rien de plus !
Sa grande sœur s'agenouilla près de lui, et posa la main sur son épaule pour le réconforter.
- Il y a une chose que tu dois savoir, dit-elle la voix douce mais ferme, les dirigeants de Poudlard ne se trompent jamais, s'ils te jugent capables d'étudier au sein de leur école, c'est que tu en es capable ! C'est tout ce que j'ai à dire…
Eric baissa la tête et ne trouvait rien à redire. Il se sentait même un peu mieux ; Constance était celle qui de ses quatre sœurs, était la plus attentionnée à son égard, elle trouvait toujours les mots pour le réconforter.
- Maintenant, ajouta-t-elle d'un ton énergique, va choisir ta baguette magique, ça te prouvera une bonne fois pour toutes que tu es bien un sorcier.
Eric ne se le fit pas répéter deux fois, quand il entra dans le petit magasin, la sonnette retentit et le vendeur apparut aussitôt entre deux piles de boîtes à baguettes.
oOoOo
- Première année, n'est-ce pas ? devina-t-il l'air amusé.
Eric, qui s'attendait à voir un petit sorcier boiteux et tout ridé fut passablement décontenancé d'être accueilli par un jeune homme blond au sourire charmeur. Il ne trouva rien d'autre à dire que :
- Vous n'êtes pas Grégory Ollivander ?
Le sourire du jeune homme s'accentua.
- Grégory est mon grand-oncle, il a pris sa retraite l'année dernière, expliqua-t-il d'un air joyeux, Je suis Damian Ollivander. Ce n'est pas la première fois que vous venez ici ?
- Non, répondit Eric, enfin… Je suis déjà venu avec mes sœurs quand elles sont entrées à Poudlard. Moi, je rentre cette année, et j'aurais besoin d'une baguette magique.
- Bien sûr, bien sûr, asseyez-vous ! dit Mr Ollivander la voix claironnante. Je vais chercher mon matériel.
Il s'éloigna et Eric alla s'asseoir sur la chaise en face du bureau rempli de baguettes magiques en désordre. Le vendeur de baguettes revint quelques minutes plus tard les bras chargés de boîtes de baguettes magiques ainsi que d'un mètre ruban. Il prit plusieurs mesures avant de commencer à faire essayer les baguettes à Eric.
- Bien, vous êtes gaucher ou droitier ? demanda Ollivander en prenant une dernière mesure pour vérifier l'écartement des narines.
- Euh… droitier, répondit Eric d'un ton mal assuré.
- Bien, tenez…
Il lui fourra dans la main une longue baguette de chêne, mais rien ne se passa.
- Aha ! s'exclama Ollivander. Je pensais pourtant que cet alliage marcherait… Tant pis, essayons celui-là…
Il lui tendit une autre baguette magique, mais cette fois encore, Eric ne ressentit rien qui pouvait lui prouver que cette baguette était la bonne. Le jeune vendeur parut contrarié…
- Tiens ! Celle-là ne va pas non plus ! Etrange… Pourtant cette combinaison aurait dû vous convenir… Ce n'est pas grave, essayons autre chose !
La troisième baguette n'allait pas non plus, ni la quatrième, la cinquième encore moins. Il eut un léger frisson en se saisissant de la sixième mais c'était simplement un client qui était rentré, provoquant un petit courant d'air.
- Je suis à vous tout de suite ! s'écria Ollivander au client qui commençait à s'impatienter.
Les baguettes se suivaient sans qu'aucune ne convienne, ce qui agaçait particulièrement le jeune Ollivander qui voyait sa clientèle quitter le magasin peu à peu alors qu'il était occupé avec Eric.
Celui-ci avait l'impression qu'Ollivander lui avait fait essayer les trois quarts de son stock quand il s'exclama :
- Mille gargouilles galopantes ! Comment se fait-il que je ne trouve pas de baguette qui vous corresponde ? C'est impossible, tout sorcier a, au moins, une baguette qui lui correspond !
C'était la situation qu'Eric craignait le plus : si le vendeur ne trouvait pas de baguette adaptée, cela ne pouvait signifier qu'une chose…
- Euh… je vous prie de m'excuser d'oser poser cette question, dit Damian Ollivander d'un ton mal-assuré, mais… Vous êtes sûr d'être vraiment un sorcier ? Je sais que c'est dur à envisager, mais il n'y a aucune honte à être un Cracmol…
Pendant un quart de seconde, il fut tenté de reconnaître qu'il y avait peut-être une erreur et que, finalement il se pouvait qu'il ne fût pas un sorcier. Mais les paroles de sa sœur lui revinrent en mémoire et, imaginant la réaction de celle-ci en le voyant revenir de chez Ollivander's sans baguette, il jugea préférable d'insister jusqu'au bout. Il tira le parchemin tout froissé de sa poche et l'agita devant le nez du jeune vendeur.
- Voici la lettre que j'ai reçue de Poudlard, annonça-t-il d'un ton décidé, je ne l'aurais pas reçue si je n'avais pas été un sorcier.
Ollivander pris délicatement le bout de parchemin et l'examina attentivement.
- En effet, veuillez pardonner mon erreur, reconnut-il en rendant sa lettre à Eric. Mais si aucune de ces baguettes ne vous convient, alors cela veut dire que seule une baguette spéciale serait adaptée à vous et à vos aptitudes…
- Qu'entendez-vous par spéciale ? interrogea Eric, l'air suspicieux.
- Oh, je ne sais pas trop, répondit Ollivander qui semblait dépassé, cela peut simplement être une question de taille de baguette : peut-être vous faut-il simplement une baguette très longue, ou très courte, ou très épaisse… Mais ça m'étonnerait, je pencherais plutôt pour une baguette avec une histoire particulière…
- Une histoire particulière ? répéta Eric sans comprendre. Je ne comprends pas…
Ollivander s'assit à son tour, il regarda Eric dans les yeux. Il n'avait plus du tout l'air charmeur à présent, il avait l'expression à la fois curieuse et prudente qu'ont les chercheurs quand ils sont sur le point de découvrir quelque chose de révolutionnaire.
- Comprenez-moi bien, jeune homme, je ne suis pas du tout sûr de ce que j'avance. Mais si, comme je le pense, aucune baguette normale ne pourrait vous convenir, alors c'est que vous n'êtes pas un sorcier normal…
Le jeune vendeur s'interrompit, laissant à Eric le temps d'assimiler toute l'ampleur de la phrase, puis reprit avant que celui-ci de puisse poser de question :
- Cela voudrait dire qu'une baguette ayant déjà vécu vous conviendrait mieux, une baguette dont le maître a été un grand sorcier en son temps j'imagine, sinon tout cela ne voudrait rien dire…
- Vous pensez que c'est possible ? demanda Eric très impressionné. Vous pensez vraiment que seule une baguette de sorcier célèbre pourrait me convenir ?
- Je ne peux pas en être sûr, admit Mr Ollivander avec humilité, mais si j'ai raison, cela veut dire que vous deviendrez – non, que vous êtes – un sorcier exceptionnel, Mr… Monsieur ?
- Hortshore, lâcha Eric dans un souffle, je m'appelle Eric Hortshore.
- Hortshore ? répéta le jeune sorcier. Cela me dit quelque chose… Vous êtes de Poufsouffle ?
- Euh… je ne suis pas encore à Poudlard, rappela timidement Eric, mais la plupart des membres de ma famille y ont été…
- Dans ce cas, nous pourrions peut-être commencer par celle-ci.
Il lui tendit une très vieille baguette de taille respectable.
- Vingt-neuf centimètres et demi, annonça Mr Ollivander, bois de saule, crin de licorne. Cette baguette a appartenu au Moine Gras, le fantôme officiel de Poufsouffle, elle est la fierté de notre collection, c'est une vieille sorcière du nom d'Hepzibah Smith qui l'a vendue à mon arrière-grand-oncle il y a des années de cela.
Eric avait du mal à réaliser qu'une telle relique était entre ses mains. Il connaissait parfaitement l'histoire du moine gras : il avait été le directeur de Poudlard le plus apprécié et le plus loyal de l'histoire de l'école, il a d'ailleurs été le premier sorcier à diriger seul l'école en 1252. Tenir entre ses mains la baguette d'une telle légende de la sorcellerie était un honneur suprême ! Il ne sut pas si c'était un signe, ou seulement l'émotion, mais il commença à sentir des fourmis dans ses doigts. Mr Ollivander le remarqua et esquissa un large sourire.
- C'est déjà mieux ! s'exclama-t-il. Nous sommes sur la bonne voie ! Peut-être vous faut-il simplement une baguette plus récente, c'est vrai que celle-ci a plus de six siècles ! C'est énorme, même pour une baguette.
Il se baissa et prit dans le tiroir de son bureau une baguette une peu plus longue. Lorsqu'il se redressa, son teint était un peu plus pâle.
- Cette baguette était celle d'un ancien élève de Poufsouffle. Trente centimètres et demi, en frêne, avec un crin de licorne mâle à l'intérieur. C'était mon arrière-grand-oncle qui la lui avait vendue. C'était un élève extrêmement brillant d'après mon grand-oncle, préfet de Poufsouffle, capitaine de leur équipe de Quidditch, champion de Poudlard au tournoi des trois sorciers qui s'est déroulé il y a plus de cinquante ans…
Mais Ollivander n'avait pas besoin d'aller plus loin, Eric savait exactement à qui avait appartenu cette baguette ; son nom était connu et respecté de tous, il faisait la fierté de la maison des Poufsouffle, il en était d'ailleurs le meilleur exemple qu'on puisse trouver.
- Diggory, l'interrompit Eric, cette baguette était celle de Cedric Diggory.
- Effectivement, répondit Ollivander d'une voix sombre, il a eu un destin tellement tragique, je ne le souhaite à personne. Sa mère m'a confié sa vieille baguette récemment, comme elle n'a pas d'héritier à qui la confier, elle souhaitait qu'elle soit en devanture de mon magasin. Elle voulait faire honneur à son fils.
Il lui tendit la baguette et, avant même de l'avoir effleuré des doigts, Eric savait ce qui allait se passer…
Une chaleur l'envahit avec une telle intensité qu'il n'aurait pas été surpris de voir des flammes sortir de sa bouche, ses cheveux se dressèrent sur sa tête et Eric sentit une sorte d'aura de puissance émaner de la baguette, Mr Ollivander en fut enchanté.
- Eh bien ! Je crois que nous l'avons trouvé, cette capricieuse baguette ! Qui aurait pu croire que… Enfin bref, cette baguette est à vous ! Non, non ! ajouta-t-il en voyant Eric sortir des mornilles de sa maigre bourse. Je vous l'offre, je vais tout de suite en informer Mrs Diggory… Je vous souhaite de faire des merveilles avec cette baguette, Mr Hortshore, tenez-moi au courant !
Eric sortit de la boutique très bouleversé, il eut du mal à imaginer qu'il venait d'acquérir la baguette d'un des plus grands martyres de l'histoire des sorciers, un élève dont la mort gênante avait été honteusement cachée par le ministère. Lui qui doutait de son identité de sorcier, venait d'en avoir la meilleure preuve qui soit.
Il se dépêcha de finir ses achats et alla rejoindre ses sœurs pour rentrer chez lui.
oOoOo
Deux mois et demi plus tard, alors que le mois de juillet se terminait, quelqu'un frappa à la porte des Jones.
- Qui diable peut bien frapper chez nous un dimanche matin ? s'indigna Mr Jones d'une voix tonitruante.
- A ton avis Terence ? Qui est venu nous faire une petite visite surprise il y a quelques mois à 23h30, un lundi soir ?
Nathan, qui regardait d'un air vide ses œufs au plat, se reprit aussitôt et se tourna vers la porte. Ce ne pouvait pas être lui ! Ce n'était pas possible ! Cela aurait été trop beau ; pendant près de quatre mois, Nathan n'avait eu aucune nouvelle du professeur ou de cette mystérieuse école. Il s'était même mis à douter que la fabuleuse conversation qu'il avait eue avec Mr Londubat fût vraiment réelle. D'autant plus que ses parents n'avaient fait aucun effort pour la lui rappeler ; ils refusaient catégoriquement de parler de l'évènement qui – ils en étaient sûrs – allait ruiner leurs vies et celle de leur fils. Comment avaient-ils pu accepter une telle chose ? Leur précieux fils allait les quitter pour suivre des cours de sorcellerie dans une école loufoque avec des professeurs improbables. Comment avaient-ils pu lui donner la permission d'annuler son inscription dans le prestigieux collège d'Eton et ainsi de tourner le dos à son avenir prometteur ?
Voici maintenant que la cause de tous ces problèmes réapparaissait devant leur maison, Terence Jones n'allait sûrement pas l'accueillir à bras ouverts, ah ça non !
- Qu'est-ce que vous voulez ? demanda Mr Jones d'un ton brusque.
- Bonjour ! dit Mr Londubat d'un ton joyeux. Oui, je vais très bien, merci. Et vous ?
Voyant que Mr Jones ne réagissait pas, il décida d'en venir directement au fait :
- Je suis venu pour emmener Nathan, il est plus que temps qu'il…
- L'emmener ? s'écria Mrs Jones terrifiée. Mais vous aviez dit que l'année scolaire ne commençait qu'en septembre !
Elle alla se placer devant son fils de peur que le professeur le lui enlève.
- La rentrée des classes à Poudlard est bel et bien le premier septembre, expliqua Mr Londubat d'un ton un peu agacé, mais avant ça, il va falloir que votre fils se procure le matériel nécessaire pour étudier à Poudlard. Et ce matériel ne s'achète pas n'importe où.
- Mais… Il reviendra ce soir ? s'inquiéta Mrs Jones. Il… Nous sortons ce soir, il doit nous accompagner, nous avons déjà annoncé que nous serions trois !
- Bien sûr, la rassura le professeur, nous n'en aurons pas pour plus de deux heures, nous reviendrons même avant midi, si nous avons de la chance…
- Et où allons-nous ? demanda Nathan qui brûlait de savoir où l'on pouvait bien acheter de telles fournitures.
- A Londres, répondit Mr Londubat en consultant sa montre, sur Charing Cross Road.
- On peut trouver du matériel de sorcellerie sur Charing Cross Road ? s'étonna Mr Jones.
- Oui, à condition de savoir où chercher, répondit Mr Londubat avec un petit sourire complice.
- Vous… vous allez seul avec lui ? questionna Mrs Jones en essayant sans succès d'adopter un ton dégagé.
- En fait, j'espérais que l'un de vous pourriez nous accompagner, dit le professeur en regardant les deux parents de Nathan à tour de rôle. Il vaudrait mieux que vous vous accoutumiez au plus tôt au monde des sorciers : je ne serai pas toujours là, les prochaines années, vous devrez y aller seuls avec Nathan.
Mr et Mrs Jones se regardèrent pendant quelques instants sans savoir comment réagir. Eux ? S'habituer au monde des sorciers ? Comment pouvait-on leur demander un tel sacrifice ? C'était déjà un exploit qu'ils aient donné la permission à leur fils d'étudier dans cette école !
Puis, sentant le regard insistant du professeur fixé sur elle, Mrs Jones releva la tête et annonça sèchement :
- Très bien, j'irai avec vous ! Mais il va falloir vous ôter l'idée de revenir avant midi. Londres est à plus d'une heure de route d'ici, et je refuse de conduire comme une folle !
Elle alla chercher son sac et son manteau dans la penderie et tendit celui de Nathan à son propriétaire.
Le professeur Londubat la regarda un instant sans comprendre. Puis, en jetant un coup d'œil à la voiture de Mrs Jones qui était garée dans l'allée, il éclata de rire.
- Nous n'irons pas en voiture, Mrs Jones ! Ce serait une perte de temps !
- Alors comment pensez-vous aller jusqu'à Londres ? insista Mr Jones d'un ton agressif. Le train ne passe pas par ici.
Mr Londubat ne lui accorda aucune attention, il tendit un bras à Nathan, et l'autre à Mrs Jones.
- Agrippez-vous à mon bras, expliqua-t-il devant leurs visages perplexes. Ça risque d'être un peu désagréable la première fois…
- Qu'est-ce qui risque de… commença Nathan, mais il eut sa réponse l'instant d'après.
BANG ! Nathan n'avait jamais eu d'aussi désagréable sensation : il avait l'impression que quelqu'un lui plaquait un coussin invisible sur le visage, l'obligeant à retenir sa respiration pendant de trop longues secondes ; il ne savait plus si ses yeux étaient ouverts ou clos : tout était devenu complètement noir ; ses tympans semblaient vouloir s'échapper de ses oreilles et il avait l'impression que ses yeux s'enfonçaient dans leurs orbites pour atteindre le cerveau.
Puis soudain, la lumière était revenue, le coussin invisible qui bloquait sa respiration avait disparu, et il fut enfin capable de respirer à plein poumons de longues et agréables bouffées d'air frais. Il entendit un bruit sourd à côté de lui : sa mère n'avait pas supporté le voyage, ses jambes avaient lâché et elle se retrouvait à présent à genoux ; les mains crispées sur le sol de terre battue, elle se mit à vomir.
- Qu… Qu'est-ce que vous m'avez fait ? suffoqua Mrs Jones.
- C'est souvent ce qui arrive quand on n'est pas habitué à transplaner, expliqua Mr Londubat en tapotant gentiment le dos de la mère de Nathan. Vous vous y ferez. Récurvite ! ajouta-t-il en pointant sa baguette sur le sol.
La flaque de vomi disparut aussitôt.
- Venez, dit le professeur Londubat en aidant Mrs Jones à se relever. Vous ne sommes pas en avance.
En regardant autour de lui, Nathan prit conscience qu'il était en plein milieu d'une très longue rue en terre battue. De chaque côté s'étalait un nombre incalculable de magasins ; une multitude de gens y entraient et en sortaient continuellement. Ils portaient presque tous des chapeaux pointus et des longues capes de toutes les couleurs ; à leurs pieds gambadaient des chats, sur leurs épaules croassaient des crapauds, et au-dessus de leurs têtes planaient des hiboux et des chouettes de toutes tailles. Au milieu de cette foule pour le moins étrange, Nathan avait l'impression d'être lui-même insolite avec son jean, ses baskets et sa chemise à carreaux.
- Où sommes-nous ? demanda le jeune garçon qui contemplait à présent un bâtiment colossal, tout en marbre blanc, qui surplombait littéralement la rue.
- Bienvenue sur le Chemin de Traverse ! dit Mr Londubat avec un grand sourire. C'est ici que tous les sorciers de Grande Bretagne vont faire leurs courses. On y trouve tout ce dont on a besoin pour la préparation des potions, la pratique du Quidditch, et la littérature sorcière. On y déniche aussi les fournitures que chaque apprenti sorcier doit posséder pour étudier à Poudlard.
Nathan ne savait plus où regarder, il aurait voulu disposer de plusieurs paires d'yeux supplémentaires pour pouvoir tout voir : ce petit homme dodu qui lisait son journal à la terrasse du glacier, cette vieille dame qui sortait de chez l'apothicaire les bras remplis de plantes et d'ingrédients que Nathan n'avait jamais vu, ce tonneau rempli d'yeux de scarabées qui venait de se renverser, l'homme qui venait justement le renverser, brandissant sa baguette magique d'un geste négligent. Le tonneau se redressa immédiatement, et son contenu reprit sa place.
Nathan tournait la tête dans tous les sens pour ne rien perdre du fabuleux spectacle qui se déroulait devant lui. Et il n'était pas le seul : en jetant un coup d'œil en direction de sa mère, il s'aperçut qu'elle était aussi fascinée que lui par l'extraordinaire Chemin de Traverse. Elle s'intéressait tout particulièrement à une conversation entre deux femmes d'un âge avancé qui portaient toutes deux une sacoche semblable à celle que Mrs Jones emportait quand elle plaidait. A ceci près qu'un grand « M » en violet était brodé sur chacune d'elles.
L'une de ces dames portait une longue natte blanche qui lui tombait dans le dos, tandis que l'autre avait les cheveux gris les plus touffus et mal coiffés que Nathan avait jamais vu. Curieux de savoir pourquoi ses deux femmes attisaient l'intérêt de sa mère, Nathan tendit l'oreille pour pouvoir entendre leur conversation.
- Cette Pretoria McAllister est une calamité ! s'exclamait la dame à la natte. C'est la quatrième fois en deux mois qu'elle demande la peine capitale pour des petits délits mineurs ! Tout ça parce qu'ils sont d'origine moldue !
- Je sais Susan, soupira la dame aux cheveux touffus, mais je ne peux malheureusement rien faire. Ce n'est pas de mon ressors de désigner ou renvoyer un membre du Magenmagot. Sinon, tu penses bien que j'aurais déjà remercié cette folle de Pansy Parkinson.
- Hernie et Padma ne peuvent rien faire non plus, commenta la sorcière à la natte d'un air dépité. Ils disent que Prétoria bénéficie de l'appui de familles de sorciers trop influentes pour oser les démettre de leurs fonctions.
- Bien sûr ! répondit la femme aux cheveux touffus. Les Mordox, les Malefoy, les Parkinson, les McAllister, ces familles sont trop influentes et trop fortunées pour que le ministère puisse s'y attaquer ouvertement.
- La situation n'a pas beaucoup changé depuis cinquante ans, reconnut la femme à la natte. Si ça continue comme ça, dans quelques années, il faudra faire face à un gouvernement de Serpentard, et on risque de se confronter au même problème qu'on a eu il y a cinquante ans : une immonde chasse aux moldus aussi répugnante que brutale !
- Nous n'en sommes pas encore là Susan, répondit l'autre d'un ton rassurant. Nous aussi, les anciens de l'AD, avons un grande influence. Et puis, il n'y a pas de nouveau Voldemort à l'horizon, je pense qu'on peut être tranquille pour le moment.
La sorcière à la natte sursauta lorsque l'autre avait prononcé ce drôle de mot, « Voldemort », Nathan se demandait bien pourquoi…
Mais il fut vite tiré de sa rêverie quand le professeur Londubat l'appela :
- Nathan, qu'est-ce que tu fais ? Tu viens ou pas ? Il nous reste beaucoup de choses à faire et nous n'avons pas toute la journée ! En plus, les autres doivent nous attendre.
Mr Londubat et Mrs Jones étaient déjà devant le portail de bronze qui précédait le bâtiment blanc. Il s'empressa donc de les rejoindre et lorsqu'il arriva à leur hauteur, il s'aperçut que le professeur était en pleine conversation avec un petit être très étrange qui ne ressemblait en rien à ce que Nathan avait pu voir dans sa vie : ses oreilles pointues n'arrivaient même pas à la hauteur de la ceinture de Mr Londubat qui n'était pourtant pas très grand, son nez était crochu et sa peau au teint parcheminé était toute flétrie, comme celle d'un vieillard ; son air grincheux lui donnait une apparence plutôt déplaisante.
- Quand vous déciderez-vous à rapporter l'épée à ses possesseurs légitimes professeur Londubat ? demanda le petit être d'un ton qu'on pouvait juger d'agressif. Cela fait plus de cinquante ans qu'elle pourrit dans votre stupide salle des trophées alors qu'elle devrait être en sécurité dans nos coffres.
- Vous savez très bien qu'il n'existe pas de lieu plus sûr que Poudlard, répliqua le professeur d'un ton irrité, et tant que je resterai en vie, cette épée restera là où elle est. Maintenant si vous voulez bien me laisser passer Bardruk, je suis un peu pressé.
Il emmena Mrs Jones et son fils jusqu'à la grande porte d'argent de l'immense bâtiment blanc sans prêter aucune attention aux yeux du dénommé Bardruk qui semblaient lui envoyer des éclairs.
- Nous avons fabriqué cette épée sainte ! lança Bardruk d'un ton haineux. Elle nous revient de droit. Ce n'est pas parce qu'elle est sortie de cet immonde chapeau qu'elle vous appartient !
Le professeur s'arrêta tout net, il ferma les yeux, comme pour prier dieu de se voir accorder une infinie patience. Nathan comprit que Bardruk avait été trop loin.
- Peut-être voudriez-vous essayer cet immonde chapeau lors de votre prochain voyage à Poudlard. Et vous verrez que rien n'en sortira : pour posséder cette arme, il faut la mériter. Harry et moi l'avons utilisée pour combattre Voldemort, si elle était restée entre vos mains cupides et griffues, le seigneur noir n'aurait peut-être jamais été vaincu !
Il avait dit cela d'un ton si dur et tranchant que Nathan n'aurait pas été étonné de voir la petite créature se couper en deux. Celle-ci n'osa rien dire et se contenta de grommeler quelques mots incompréhensibles auxquels Mr Londubat ne prêta aucune attention.
- Allons-y ! lança le professeur d'un ton plus brusque. Nous sommes attendus.
Il sortit sa baguette magique et ouvrit les lourdes portes d'argent, laissant voir un spectacle auquel on ne pouvait assister nulle part ailleurs : Nathan se retrouva devant un immense hall tout en marbre abritant une centaine de petits êtres semblables à Bardruk qui s'affairaient derrière un long comptoir de chêne. Certains examinaient des grosses pièces d'or avec des instruments que Nathan n'avait jamais vus, d'autres consultaient des longs registres imprimés sur des parchemins jaunis. Et enfin, quelques-uns s'occupaient de différents sorciers plus étranges les uns que les autres. Seul un petit groupe d'adultes et d'enfants semblait être aussi désorienté que Nathan et sa mère par cet environnement inhabituel.
Ils se tenaient tous devant un petit être qui semblait extraordinairement vieux tant sa peau était fripée, ses yeux plissés, et ses ongles crochus abîmés. Mr Londubat invita Nathan et Mrs Jones à rejoindre le petit groupe et alla parler à la petite créature.
- Voici les derniers, Gripsec, nous pouvons y aller.
- Où va-t-il nous emmener, maman ? demanda une petite fille de l'âge de Nathan à sa mère qui semblait aussi apeurée qu'elle.
- Je ne sais pas, chérie, lui répondit sa mère d'une voix douce mais tremblante. Mais tout va bien se passer, ne t'inquiète pas. Rappelle-toi, le professeur Londubat est une bonne personne.
- Oui, répondit la fillette en esquissant un faible sourire.
Ils commencèrent à avancer et Nathan comprit enfin :
- Vous êtes des moldus ? demanda-t-il à la fillette et sa mère.
- Je vous demande pardon ? dit la mère d'un air méfiant.
- Vous n'êtes pas des sorciers ?
- Non, répondit la mère qui se sentit offensée. Pourquoi cette question ?
- Tout s'explique ! lança alors Mrs Jones. Mr Londubat fait la visite du Chemin de Traverse aux familles «normales». Tous les autres du groupe sont des personnes comme vous et moi, ils ne connaissent rien non plus du monde des sorciers, voilà pourquoi le professeur nous a réunis ici, c'est une sorte de visite guidée. La prochaine fois, il faudra sûrement s'attendre à ce que nous devions faire nos achats tout seuls.
- Vous avez sûrement raison, répondit la dame alors que le petit groupe se dirigeait à présent en direction d'une des multiples portes en or qui peuplaient les murs du gigantesque hall. Mais pourquoi nous amener ici ? Je ne vois aucun commerce…
Mrs Jones examina le hall d'un œil expert.
- Une banque, dit-elle alors.
- Pardon ? répéta l'autre dame.
- Tout à l'heure, sur le Chemin de Traverse, j'ai remarqué deux sorcières qui payaient leurs achats avec des pièces d'or et d'argent. J'imagine que l'argent des sorciers est différent des livres anglaises. Il faut sûrement aller ici pour échanger notre argent.
- Mais, je n'ai pas d'argent sur moi ! s'exclama l'autre affolée.
- Moi non plus, répondit Mrs Jones préoccupée, Mr Londubat est arrivé alors que nous étions en train de prendre notre petit déjeuner.
- Vous avez de la chance, nous étions encore couchés quand il a frappé à la porte.
Mrs Jones ne répondit rien, mais n'en pensa pas moins : son fils aurait tout intérêt d'éviter de fréquenter la fille d'une femme comme ça. Elle partait du principe qu'une famille qui se levait tard n'était bonne à rien.
- Je trouve ça quand même osé de frapper à notre porte à sept heures du matin ! ajouta la dame d'un ton furieux. Cet homme n'a pas l'air de respecter le sommeil des autres, je travaille tard, moi. Même le samedi !
Mrs Jones retira aussitôt ce qu'elle avait pensé et se contenta de suivre silencieusement le petit groupe d'adultes et d'enfants endormis.
- Au fait, dit-elle d'un ton aimable la dame, je n'ai pas l'honneur de connaître votre nom.
- Oh, c'est Roberta, Roberta Greenhouse, répondit cette dernière, visiblement étonnée par tant de manières. Et voici ma fille Mathilda.
- Enchanté, je m'appelle Felicity Jones, dit Mrs en serrant la main de Mrs Greenhouse.
- Nathan Jones, ajouta Nathan en serrant à son tour la main de la mère de Mathilda.
Les deux mères commencèrent à discuter alors que le petit groupe s'enfonçait à présent dans des passages obscurs, faiblement éclairés par des torches sur le point de s'éteindre. A plusieurs reprises, Nathan marcha sur ce qui semblait être des ossements humains. Préférant ne pas regarder par terre, il se tourna vers la jeune fille qui se nommait Mathilda et s'aperçut qu'elle tremblait.
- Tu as peur, lui demanda-t-il d'une voix douce.
Elle sursauta lorsqu'elle entendit Nathan lui parler, comme si elle venait de s'apercevoir de sa présence.
- Un peu, admit-elle avec un faible sourire. Je me demande où ils nous emmènent.
- Moi aussi, reconnut Nathan, mais comme l'a dit ta mère, Mr Londubat est une bonne personne, il ne nous emmènerait jamais dans un endroit dangereux.
Mais à ce moment-là, un rugissement aussi horrible qu'assourdissant se fit entendre, faisant se hérisser chaque poil présent sur le jeune corps de Nathan.
Plusieurs enfants poussèrent des hurlements de terreur et se ruèrent sur leurs parents en quête de protection. Nathan, en revanche, resta silencieux ; il n'en n'était pas moins en alerte, serrant ses maigres poings, prêt à faire face à n'importe quel danger. Il s'était posté inconsciemment entre Mathilda et la source du bruit, dans une attitude proche de celle d'un chevalier protégeant une princesse.
- Qu'est-ce que c'est ? s'écria Mrs Jones une fois que l'instant de terreur fût passé et qu'elle pût à nouveau produire des sons.
- C'était un dragon, expliqua la petite créature nommée Gripsec qui brandissait à présent un petit poignard d'argent et l'orienta face aux torches de manière à produire une sorte de signal lumineux. Ils gardent les coffres les plus importants. Mais habituellement, ils ne devraient pas rôder par ici, j'ai prévenu la sécurité.
Il reprit son chemin en compagnie de Mr Londubat et les visiteurs les suivaient, mais la plupart semblait penser que cela avait été une erreur de venir ici.
Ils marchèrent ainsi pendant de longues minutes et Nathan commençait à se demander si ce Gripsec ne cherchait pas à les égarer pour leur tendre un piège. Puis soudain, ils stoppèrent leur avancée ! Ce fut si brusque que Nathan manqua de percuter Mathilda.
- Désolé, marmonna-t-il, rouge comme une pivoine.
- Ce n'est pas grave, lui répondit celle-ci en esquissant un grand sourire qui le fit se sentir encore plus mal à l'aise.
Mais à ce moment-là, tout le monde se tut, le petit Gripsec venait de prendre la parole :
- Nous n'avons pas assez de wagons pour pouvoir tous vous emmener d'un coup. Vous allez vous regrouper par groupe de quatre ou cinq familles, et quand ce sera votre tour, vous monterez dans un wagon.
Le groupe de Nathan et Felicity Jones était le dernier à passer ; il se composait de Mathilda et Roberta Greenhouse, d'un homme de fière stature accompagné de son fils (un adolescent grand et mince aux allures hautaines), d'une énorme dame blonde et de son fils non moins imposant ; quant à la dernière famille de cet équipage d'infortune, elle était composée d'une unique fillette d'aspect misérable aux cheveux blond sale et au regard triste.
Nathan trouvait le temps long, il ne se sentait pas à l'aise dans cet endroit sombre et sinistre. Il faisait de son mieux pour adopter une attitude protectrice avec Mathilda, mais il n'en était pas moins très effrayé, comme la plupart des autres futurs élèves de Poudlard qui l'entouraient.
Gripsec emmenait les différents groupes dans des wagons métalliques qui démarraient ensuite à la vitesse d'une balle de fusil devant les autres qui les voyaient disparaître avec une appréhension extrême. Le professeur Londubat, qui restait avec les groupes qui n'étaient pas encore passés, n'arrangeait rien : il ne cessait de consulter une énorme montre en or et paraissait soucieux, comme s'il craignait de ne plus revoir chaque groupe qui partait. Mais il ne semblait pas pour autant soulagé quand ils revenaient, le teint verdâtre et la démarche maladroite.
Quand arriva le tour du groupe de Nathan, Mathilda, qui pourtant ne le connaissait que depuis quelques minutes seulement, lui agrippa le bras avec une telle force qu'il eut l'impression que des milliers de fourmis lui parcouraient l'avant-bras.
- Les parents sur le premier wagon, les enfants sur le deuxième ! ordonna Gripsec d'une voix sèche. Vous pouvez ramener les autres dans le hall, Londubat, ajouta-t-il à l'attention du professeur. Vous n'aurez qu'à suivre les traces…
Il sortit son poignard d'argent de sa poche intérieur et, d'un mouvement trop rapide pour l'œil de Nathan, il enfonça l'arme dans la terre !
- Qu'est-ce que c'est ? murmura Roberta Greenhouse.
Le poignard se mit à briller d'une intense lueur bleutée et un fin trait de cette lumière se dessina sur le sol et se perdit dans l'obscurité au loin.
- Je crois que c'est pour montrer le chemin à Mr Londubat, devina la mère de Nathan, Gripsec nous a fait passer par de nombreux chemins obscurs, j'imagine que le professeur ne peut pas sortir sans son aide.
Nathan ne put qu'admirer l'extraordinaire faculté que sa mère avait pour réfléchir et deviner les choses, même celles issues d'un environnement inconnu.
Mais Neville Londubat ne bougea pas, il regardait Gripsec avec une expression de profond scepticisme sur le visage. Le petit être s'en rendit compte et lui adressa un sourire mauvais.
- Cela fait bientôt vingt ans que vous êtes au poste de directeur adjoint et que vous vous occupez de guider les élèves au Chemin de Traverse, dit-il d'un ton légèrement sournois. Il serait peut-être temps de commencer à nous faire confiance, professeur Londubat.
- Je ne vous ferai jamais confiance, à vous, les gobelins ! Surtout vous, Gripsec, je sais que vous vous êtes opposé à Harry, il y a cinquante ans…
- Harry Potter voulait me trahir ! s'écria Gripsec, piqué au vif.
- Harry Potter ne trahirait personne ! rugit Mr Londubat. Personne digne de confiance, en tout cas, ajouta-t-il à l'adresse de Gripsec qui devenait violet de rage.
Il amorça un mouvement pour suivre le trait lumineux, accompagné des familles déjà passées, mais s'arrêta après avoir parcouru deux mètres.
- Si jamais j'apprends qu'une seule de ces personnes a, ne serait-ce, qu'un ongle cassé, dit-il d'un ton menaçant sans même regarder son interlocuteur, vous aurez à faire à moi, Gripsec.
Et il s'enfonça dans les chemins obscurs en compagnie des autres familles pour les mener à la lumière du hall de Gringotts, loin de l'obscurité oppressante de ces grottes, loin du dragon au rugissement à faire glacer le sang, loin de cette petite créature aux allures déplaisantes…
Nathan aurait préféré suivre Mr Londubat ; il n'aimait pas beaucoup cet endroit, et il aimait encore moins la créature qui les guidait.
Celle-ci se retourna vers eux :
- Qu'attendez-vous ? leur demanda-t-il d'un ton féroce. Je vous ai dit de monter dans les wagons, on n'a pas toute la journée !
Devant l'insistance de Gripsec, Nathan ne se le fit pas répéter deux fois, il s'empressa de monter dans le deuxième wagon en compagnie de Mathilda, de la fillette au regard triste, du gros garçon blond et du jeune homme hautain. Gripsec se tenait à l'avant du wagon et murmura quelque chose dans une langue inconnue.
Le wagon démarra dans un bruit de ferraille et à une vitesse telle, que quatre des cinq enfants basculèrent en arrière et Nathan, qui manqua de passer par-dessus le wagon, fut rattrapé in-extrémis par le grand mince et le gros blond.
- Merci, haleta-t-il alors que les deux autres reprenaient leur souffle.
Il n'imaginait même pas combien de temps aurait duré sa chute avant de heurter le sol plusieurs centaines de mètres plus bas.
- Tu devrais faire attention, lui dit le grand mince avec une lueur narquoise dans les yeux, si tu n'es pas capable de rester debout, comment veux-tu devenir un sorcier ?
Nathan n'aimait pas du tout le ton de sa voix et s'apprêta à répliquer mais au même moment, le wagon s'arrêta dans un crissement suraigu qui malmena fortement les oreilles des élèves. Le petit Gobelin descendit du wagon et invita ses protégés à le suivre. Au bout de quelques minutes de marche, il s'arrêta à l'entrée d'une sorte de petit hall entouré par cinq portes, chacune portant un numéro à trois chiffres.
- Nous y sommes, expliqua Gripsec, ce sont les chambres fortes qui renfermeront votre argent sorcier pendant toute la durée de la scolarité de vos enfants. Lorsque ceux-ci auront atteint la majorité, ils en hériteront.
Alors que les enfants semblaient désintéressés par les explications de Gripsec et commençaient à se regarder les uns les autres l'air intrigué, les parents – en revanche – accordaient une très grande attention au petit gobelin qui semblait y prendre un certain plaisir.
- Nous n'avons pas d'argent sur nous, expliqua Roberta Greenhouse d'un ton prudent – comme si elle avait peur que la petite créature se mette en colère.
Les autres parents acquiescèrent d'un signe de tête ; à en juger par leurs allures endormies et échevelées, tous avaient été tirés du lit ce matin-là. En voyant leurs mines gênées, Gripsec éclata d'un rire puissant et sournois qui fit dresser les poils sur la nuque de Nathan.
- Vous n'avez pas à vous occuper de ça, leur dit-il en esquissant un sourire édenté, nous travaillons en étroite collaboration avec les banques moldues, nous avons fait en sorte de récupérer les économies que vous avez faites pour financer les études de vos enfants.
- Comment ? s'indigna la mère de Nathan. Mais de quel droit…
Gripsec la fit taire d'un geste agressif, puis, le sourire aux lèvres, il dit :
- Dois-je comprendre là qu'étant donné que votre fils ne fréquente pas l'école que vous espériez, vous ne comptiez pas investir autant dans ses études, Mrs Jones ?
A en juger par l'attitude embarrassée de Felicity, les autres parents purent voir que Gripsec avait touché juste, mais ils n'osèrent pas faire de commentaires de peur que le gobelin ne les mette mal à l'aise eux aussi.
Chaque famille pénétra dans la chambre forte qui lui était désignée – celle de Nathan étant la 415 – et récupéra la somme que Gripsec leur avait conseillée : une vingtaine de pièces de bronze accompagnée de quelques pièces d'argent. D'une curiosité maladive, Felicity essaya de distinguer ce qu'il y avait dans les autres chambres, mais les portes se refermèrent avant qu'elle ne pût voir quoi que ce soit. Ses joues rosirent légèrement quand elle croisa le regard désapprobateur de l'homme de grande taille, et elle préféra s'intéresser à cette monnaie qui semblait archaïque.
- Comment se fait-il que je possède une telle somme ? demanda la fillette à l'air triste en contemplant une petite pièce d'argent. La famille d'accueil qui me loge n'est pas riche du tout, et ils ne savent même pas que je suis ici.
- Poudlard offre une bourse aux élèves qui ne peuvent pas se permettre de payer leurs sept ans d'études, expliqua Gripsec d'un ton dédaigneux. Maintenant, veuillez tous monter dans les wagons, nous sommes en retard !
Note de fin : Alors ? Qu'en avez-vous pensé ? Cette baguette sied-t-elle à Eric ? Vous attendiez-vous à une autre ? Déçus ? Surpris ? Agréablement ? Et cette première incursion de Nathan dans le monde magique ? Crédible ? Un peu trop du réchauffé par rapport à l'histoire de Harry ? Vous a-t-elle plu ? Avez-vous hâte de lire la suite ? Vite ! Vite ! Dites-moi tout !
RàR :
Ravi de vous retrouver là Invictus et Melu! J'espère que cette redécouverte du Cycle d'Ohenfeld vous plaira autant que lors de la première lecture. A la semaine prochaine pour la rencontre explosive entre deux protagonistes bien connus de la saga.
Enchanté Simpson31! Ravi de te lire enfin (il ne me semble pas avoir lu de com de ta part lors des premières publications, j'ai hâte de découvrir ce que tu penseras de mes chapitres ^^).
Dans les prochains épisodes ^^ : Comme je vous l'ai dit, le chapitre prochain verra la rencontre inopportune et bien dynamique entre deux protagonistes au caractère bien trempé. A vous de deviner lesquels ! Comme précédemment, celui ou celle qui trouve bon du premier coup aura droit à son OS sur le perso qui lui convient (du canon ou du cycle, comme il/elle veut).
De même, on découvrira les trois dernières baguettes achetées chez Ollivander. Le défi précédent est toujours d'actualité (la baguette d'Eric en moins, bien entendu :-). Celui ou celle qui sera le plus proche de la vérité, aura également l'occasion de choisir un personnage de la saga de JK Rowling pour lequel j'écris la jeunesse ou un bout de l'enfance. A vos claviers !
Et sinon, pour celles et ceux qui connaissent l'histoire, ou n'ont simplement pas d'idée. Je vous invite à apprécier la découverte de ces cinq petits nés-moldus dans ce monde si merveilleux et si mystérieux qu'est celui de Harry Potter !
A la semaine prochaine ! ;)
