Bonjour/Bonsoir,

Chose promise, chose dûe, je suis de retour avec la suite de ma fiction Blood, Sweat and Tears.

Mais avant tout, merci aux lecteurs, lectrices et surtout à ceux et celles qui laissent des reviews, je vous aime. Avant, je ne comprenais pas l'attachement des auteurs aux reviews, mais maintenant, je commence à comprendre, c'est tellement motivant ... Merci ! D'ailleurs en parlant de reviews, voici les réponses !

- scorpon : Haha merci ! Honnêtement, l'idée n'est pas de moi, c'est un thème que j'ai vu dans de nombreuses fictions et je me suis dit, pourquoi pas, cela peut être intéressant à traiter. Mais ce ne sera pas la seule trame de l'histoire, j'ai quelques idées en tête... je n'en dis pas plus... mouahaha.

- Swangranger : Merci beaucoup pour le suivi ! J'espère que la suite te plaira et sera à la hauteur des espérances ;)

- plume pourpre : Merci ! Je posterai les liens pour les fictions que j'ai lu qui traitent du même thème si tu veux :)

- Maxine3482 : Contente que cela te plaise ! Merci pour la review et j'espère que tu resteras pour en savoir plus sur l'avenir des protagonistes :)

- Guest : Haha yessss, BTS, c'est tant cramé que ça ? Héhé. En tout cas, je suis super contente que mon prologue t'ai plus et j'espère te revoir par la suite ;) (PS : Kim Tae Hyung je t'aime.)

Bien, maintenant, comme d'habitude, enjoy et n'hésitez pas à reviewer, pour le meilleur comme pour le pire ! (Non, vraiment, j'ai sûrement fait quelques petites fautes ou quoi, je relis mes textes mais je fais ce que je peux.. ou sur le style, les caractères des personnages etc.).

AH OUI ! Si certains sont confus par la relation Blaise/Hermione, c'est normal, c'est VOULU ! Même si l'histoire reste un Dramione... enfin bref, j'en dis trop. Bonne lecture !


Chapitre 1

Azkaban, 18 Novembre 2005, étage Noir, cellule 8367, 10H15

Noir. Comme son étage, comme sa vie. Celle-ci n'était faite que d'angoisse, de peur et d'attente. Une attente interminable, lassante, épuisante. Au fond de sa cellule, accroché par une chaîne en acier magique à la cheville, le prisonnier restait, prostré contre le mur froid et humide. Un pantalon qui devait à l'origine être beige, rendu noir par la crasse, troué çà et là, une chemise, tirant plus sur la camisole, de la même couleur, celle-ci parsemée de petites croutes de sang séché à quelques endroits. Le détenu releva la tête en arrière et la posa contre la pierre grise. Ses cheveux, autrefois d'un blond anthracite salis par le manque d'hygiène et la fatigue et dont la longueur lui rappeler amèrement celle de son paternel, reposaient sur ses épaules saillantes.

Son regard morne balaya l'ensemble de la pièce pour s'arrêter sur l'imposante porte en fer grisâtre. Cette même porte qu'il voyait depuis bientôt sept ans. Celle-ci s'ouvrait de temps en temps, de plus en plus rarement d'ailleurs, pour laisser entrer les gardiens. Au début, il avait des visites régulières. Trois par jour pour les repas, deux pour les interrogatoires, qui consistaient généralement dans un premier temps par un passage à tabac, et une de son avocat.

Puis, les visites s'étaient estompées, se réduisant maintenant à deux visites pour deux repas quotidiens. Plus d'interrogatoires, plus d'avocats. Seul, avec son ragoût d'immondices et son verre d'eau sale.

En regardant la porte de sa cellule, Drago Malfoy essayait de penser un maximum, souvent à voix haute, pour essayer de ne pas sombrer dans la folie, même si des fois, il se disait que c'était trop tard. « Après tout, je parle tout seul. ». Il racontait à voix haute sa vie antérieure, ses souvenirs, ses regrets, ses victoires, son temps à Poudlard, ses petites guerres entre sa maison et celle des rouges et ors, ses parents, sa mère surtout. Il ne savait pas ce qu'elle était devenue. Son père lui, avait écopé du célèbre baiser du détraqueur, et végétait actuellement dans une cellule d'un étage inférieur. Il n'avait pas assisté au procès de sa mère, ayant été enfermé avant qu'il n'ait lieu, mais espérait de tout cœur que son action envers Harry Potter avant la bataille finale l'avait un peu aidé. Potter. Rien que ce nom suffisait à réveiller des sentiments toujours haineux, mais également empreins d'une jalousie évidente. « Ce mec est juste né du bon côté de la barrière », se disait le blond. « Moi non. ». Potter et sa bande, son Trio d'or, ses deux acolytes. Weasmoche et Dents de Castor, Weaslaid et la Princesse des Affreux, Traitre à son sang et Sang-de-Bourbe. Weasley et Granger. Ils devaient sûrement filer le parfait amour à l'heure qu'il est, mais pour ce que cela lui importait. Ah, Granger. Toute une histoire celle-là.

Quand Drago relatait son vécu avec Granger, qui se résumait à des coups bas, des insultes et des regards haineux, il souriait. Cela lui rappelait le bon vieux temps.

Le garçon s'étira comme il put, faisant craquer ses articulations endolories et son sourire se fana en une grimace pensive. Granger et lui, ça avait toujours été simple. Je t'insulte, tu m'insultes. Cependant, un seul souvenir venait troubler ce beau tableau. Durant la Bataille Finale ayant opposé le Balafré et la Face de Serpent (Drago n'avait jamais aimé ce type-là), il se souvint, par il ne savait trop quel procédé, s'être retrouvé du côté de l'Ordre. Il revoyait parfaitement la scène. D'un côté, l'Ordre, tous ses petits loyaux soldats avec leurs idéaux pleins la tête, de l'autre les Mangemorts. Ses parents, ses amis, sa famille. Et au milieu, le Lord Noir qu'il l'appelait à les rejoindre. C'est là que son avenir bascula. Il se rappelait très clairement de son regard, balayant les membres de l'Ordre, presque à regret. Presque, parce que sa mère l'avait tenu au courant de l'état réel de Potter. Vivant. Et il était certain que le clan du Survivant allait vaincre Voldemort. Il se remémorait ce moment, son regard balayant ses camarades de classes, certains blessés, d'autres moins. Son regard s'arrêtant évidemment sur Weasley et sa copine qu'il tenait par la main. Et de son regard à elle, indéchiffrable. C'était la première fois que son regard n'était pas emplit de haine alors qu'elle le regardait. Il fronça les sourcils un instant avant de détourner ses yeux sur ses parents, le suppliant de venir les rejoindre. Il souffla doucement et entreprit de marcher vers eux. Rester du côté de l'Ordre aurait probablement poser un souci de crédibilité et aurait gâcher l'entrée surprise de Saint-Potter. Alors qu'il descendait des gravats, le jeune sorcier se retourna discrètement une dernière fois pour apercevoir Weasley qui tenait Granger par le bras, comme pour la retenir, elle, légèrement en avant. Leurs yeux se croisèrent et Drago y vit une déception sans nom mêlée d'une colère désespérée. Elle s'attendait à quoi ? Une preuve de courage ? Fallait pas rêver non plus.

Dans sa cellule, Drago Malefoy souffla en secouant la tête et sursauta en entendant la porte s'ouvrir.

Ministère de la Magie, 18 Novembre 2005, étage du BARCSCM, Bureau d'Hermione Granger, 8H36

La mine perplexe, les bras croisé sur la poitrine, un sourcil surélevé, Blaise Zabini cherchait à comprendre son amie.

- « Encore, une fois, peux-tu me répéter pourquoi tu as choisi Drago Malefoy pour la prochaine réinsertion ? » dit-il.

- « Mais je te l'ai déjà expliqué deux fois ! » s'énerva Hermione.

- « Oui mais mon cerveau met plus de temps à intégrer de telles conneries. » ricana-t-il.

La sorcière le fusilla du regard et repartir dans ses explications d'une voix doucereuse.

- « Alors, reprenons pour les cerveaux sous-développés, se moqua-t-elle, j'ai choisis Malefoy pour plusieurs raisons. Premièrement, c'est une des figures de la guerre de notre génération, ensuite, il a passé presque 7 ans en prison, j'estime qu'il a eu le temps de réfléchir à ses actes, de plus, si je réussis sa réinsertion, cela prouvera une bonne fois pour toute que mon travail est sérieux et pas une 'lubie complètement inappropriée et dangereuse pour la société', et aussi… » commença-t-elle avant d'être coupée par le sorcier.

- « Attends une minute ! C'est l'article de Skeeter ça ! Tu fais ça pour donner du tort à cette folle ? Mais Hermione je te pensais plus intelligente … »

- « C'est en partie vraie, mais elle n'a pas tort, beaucoup de sorciers doutent de ce Bureau et d'une possible cohésion… J'ai vraiment envie de rapprocher le peuple sorcier et cette réinsertion aiderait beaucoup… Et puis, c'est ton meilleur ami non ? Tu devrais me soutenir à la fin ! » souffla-t-elle.

Blaise l'observa un instant avant de lâcher :

- « C'était mon meilleur ami, je ne l'ai pas vu depuis 7 ans et même avant, on ne peut pas dire que je le voyais beaucoup non plus… Je connaissais le Drago de 11 ans, pas le mangemort confirmé qu'il était devenu… » dit-il en baissant la tête, nostalgique. Hermione posa une main sur son bras.

- « Je vais le ramener Blaise, ma décision est prise et j'ai les autorisations nécessaires. » dit-elle doucement.

- « Shacklebolt t'a donné l'autorisation ? » demanda le noir en relavant la tête.

- « Je ne lui ai pas vraiment laissé le choix, comme je te l'ai expliqué, l'honneur de mon travail en dépend, et tu sais que je suis très attachée à ce genre de choses. »

Blaise souffla et dit : « Un conseil, quand Drago sera là, ne lui dit pas que tu l'as sorti de cet enfer pour ton ego, hein ? ».

Hermione acquiesça et saisit le dossier puis d'autres papiers importants qu'elle fourra dans son sac avant de le poser sur son épaule.

- « Bon, j'y vais, je pense que tu es au courant du temps nécessaire afin de passer les innombrables barrages magiques, bureaux et autorisations avant de pénétrer dans la prison. » expliqua-t-elle devant le regard interrogateur du sorcier.

- « Je… tu y vas maintenant ? Seule ? » dit-il, surpris.

- « Non, deux aurors m'accompagnent. Puis ils nous escorteront d'Azkaban jusqu'à chez moi. »

- « Hm. Je peux venir avec toi ? » lâcha Blaise soudainement.

La jeune femme releva les yeux vers lui, surprise. Il lui demandait de revenir là-bas, où il avait été incarcéré et avait sûrement les pires souvenirs de sa vie. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais il la coupa.

- « Je pense que cela me serait bénéfique, tu sais, mon psychomage m'a dit que si j'avais une occasion, ce serait bien d'y retourner, histoire d'affronter mon passé etc. Et je pourrais le revoir. » murmura-t-il.

- « Eh bien, je pense que oui, ce sera un peu plus long si nous sommes deux, on devrait y aller maintenant. Mais je ne sais pas si … Enfin bref, nous verrons. » éluda-t-elle avant de sortir du Bureau, Blaise à sa suite, pour rejoindre le Département en relation avec la prison d'Azkaban, d'où ils pourraient prendre un portoloin.

Le Département dans lequel ils se rendirent se distinguait clairement de celui d'Hermione. En effet, contrairement à l'ambiance chaleureuse et fouillis du lieu de travail de la jeune sorcière, celui-ci était fait d'un carrelage sombre qui rappelait étrangement à Hermione le Département des Mystères. Ils entrèrent après avoir été signalés magiquement. A l'intérieur, l'ambiance était glaciale. Littéralement, la température était fraîche, comme pour amorcer la température de la prison. Hermione frissonna. Alors que Blaise se tendit légèrement, la sorcière avança et se présenta.

- « Hermione Granger, j'ai un portoloin qui m'attend. » dit-elle professionnellement.

Une femme d'un certain âge dénommée Génonie Price (sérieusement, qui étaient ses parents ?) daigna relever la tête et la regarda de haut en bas en soupirant.

- « Ah oui, le Bureau de la réinsertion des malades mentaux. » lâcha-t-elle avant de porter son regard sur Blaise. « Et celui-là, vous le ramenez ? » dit-elle ironiquement.

Hermione serra les poings puis souffla doucement histoire de ne pas enfoncer sa baguette dans l'œil de la détestable femme.

- « Non, il m'accompagne. Je souhaiterai un papier supplémentaire d'autorisation d'accès à la prison. » dit-elle sèchement avant de rajouter : « Et nous sommes pressés. »

L'agréable Génonie pinça les lèvres et tendit un parchemin à Blaise qui saisit une plume et compléta les renseignements demandés avant de le rendre à la femme qui apposa un tampon.

- « Bien, votre portoloin vous attend, salle 72, il part dans trois minutes. » dit-elle de sa voix aigrie.

Hermione, cette fois-ci, souffla franchement avant d'empoigner les parchemins et Blaise par la même occasion et se précipiter dans le dédale du département afin de trouver la salle 72, se trouvant évidemment au fond d'un couloir. De mauvaise grâce, la sorcière se dit que Génonie avait fait exprès. Sale vieille acariâtre.

A peine arrivés dans la salle, le portoloin, un vulgaire pot de fleur, se mit à trembler et les deux protagonistes eurent à peine de temps de poser un doigt dessus qu'ils se sentirent aspirés par le nombril.

Ils arrivèrent dans une salle semblable à celle qu'ils venaient de quitter. Un Auror s'avança vers eux, souriant, ce qui était rare dans cet endroit.

- « Miss Granger, vous êtes de retour ! » dit-il aimablement.

Elle hocha la tête. Bizarrement, depuis qu'elle était arrivée, elle sentait son ventre se contracter nerveusement. Au début, elle pensait que cela devait être dû au portoloin prit in extremis mais maintenant qu'ils avaient passés les contrôles nécessaires, plus nombreux du fait de la présence de Blaise, la sensation aurait dû disparaître. Elle fronça les sourcils. Hermione Granger était stressée. La réalité la frappa. Non, ce n'était pas le fait de se trouver dans une des prisons les plus imposantes de monde, aux côtés d'un ancien mangemort et entourés de sorciers plus tarés les uns que les autres mais bien qu'elle allait revoir son ancien ennemi. Sept ans plus tard. Sûrement transformé et par la guerre, et par Azkaban. « Cette prison te change un homme. » pensa-t-elle en se remémorant les paroles de Blaise. Elle risqua un coup d'œil vers lui, qui se tenait bien droit, tendu. « Cet endroit a une réelle influence sur les sorciers » éluda-t-elle. Les paroles d'Harry lui revinrent en tête, ses disputes avec Ron, avec Ginny et Blaise autour du sujet « Libération de Malefoy ». Pour la première fois depuis le début de cette affaire, Hermione se demandait si elle avait réellement pris la bonne décision. Après tout, il allait sûrement essayer de la tuer. Plusieurs fois. Voire de la torturer. Ou bien les deux. Sans s'en rendre compte, elle s'arrêta. Blaise se retourna vers elle, soucieux.

- « Tout… tout va bien Hermione ? » demanda-t-il doucement,

- « Euh, oui, désolée, j'étais dans mes pensées. » répondit-elle la voix mal-assurée.

L'Auror la regarda, cherchant une lueur de regret dans le regard de la jeune femme mais elle lui répondit avec un timide sourire qu'elle voulait décidé. L'action dut avoir l'effet escompté car ils reprirent leur route à travers les étages, cachots et salles d'interrogatoire. Alors qu'ils montaient d'étages en étages, beaucoup plus haut que celui où Blaise était gardé, Hermione risqua un coup d'œil au travers des archères. Son sang se glaça quand elle aperçut les Détraqueurs au dehors, flottant tels de réels mort-vivants, sans but. La plupart des personnes pensaient que le Ministère les avait chassés après la guerre et c'est ce qu'ils avaient fait. Mais ils étaient revenus et erraient maintenant autour des étages les plus hauts de la prison. Elle détourna le regard et le fixa droit devant elle. Soudain, l'Auror s'arrêta.

- « Bon, on y est. » dit-il avant de poser sa baguette sur l'épaisse porte blindée qui se mit à cliqueter, comme si un mécanisme complexe se déliait à l'intérieur. Puis, la porte s'ouvrit.

L'Auror s'avança et ouvrit la porte complètement puis prononça un Lumos afin d'éclairer la cellule du bout de sa baguette. Il se retourna vers les deux sorciers. « Attendez-moi ici, s'il-vous-plait. ». Hermione et Blaise restèrent donc en retrait, ne sachant que faire. Hermione se rappelait dans sa tête la procédure. Le détenu sortait, puis, ils étaient conduits dans une salle d'interrogatoire pour discuter de l'affaire. Généralement, tout cela, la lecture du contrat, les conditions de réinsertion, ainsi que l'état dans lequel se trouvait le détenu prenait environ trois heures. La sorcière se remémorait à voix basse les arguments qu'elle avait préparé quand soudain, une voix rocailleuse la tira de ses pensées, la faisant sursauter.

- « Dites-moi que je rêve. »

Elle releva la tête et eut un choc. Blaise semblait dans le même état en voyant son ancien meilleur ami. Face à eux se tenait Drago Malefoy, ou plutôt, ce qu'il en restait. Le corps sec, marqué, la peau grisâtre, ses épaules que l'on devinait larges dans un passé lointain, maintenant affaissées, il la toisait d'un regard indescriptible. Son visage avait réellement changé. Sa mâchoire, devenue anguleuse, était mal-rasée, laissant une sorte de barbe courte blonde courir sur son visage. Ses cheveux était long, sales, et tâchés de boue par endroit. Mais le plus impressionnant était ses yeux. De plusieurs nuances de gris, ils exprimaient un sentiment complexe, entre le désespoir, la rage et la folie.

L'Auror, mal à l'aise devant ces retrouvailles plus qu'originales, se racla la gorge et resserra sa prises sur les menottes magiques nouées autour des poignets du jeune homme. Blaise cligna des yeux tandis qu'Hermione reprenait contenance.

- « On…on ferait bien de passer en salle. » dit-elle avant de prendre la tête de la marche jusqu'à la salle d'interrogatoire. Le trajet ne fut pas long, et heureusement, car le silence qui régnait était dérangeant. En effet, la jeune sorcière ne s'était pas attendu à autant de … dégâts chez l'ancien Serpentard. Avait-elle vraiment bien fait d'insister sur sa réinsertion ? En tout cas, c'était trop tard, elle ne pouvait plus reculer. La guerre serait longue.

Arrivés dans la salle d'interrogatoire, l'Auror fit asseoir le détenu sur une chaise en bois bancale et Hermione prit place face à lui, une simple table en bois elle aussi les séparait. Cette situation la mettait mal à l'aise, plus qu'avec les autres détenus, et elle se tortilla sur sa chaise.

- « Veuillez nous laisser seuls. » Dit-elle doucement. L'Auror, habitué, se retourna et sortit alors que Blaise regardait avec insistance son ami qui lui, regardait fixement le mur, l'air nonchalant. « Blaise. » le rappela Hermione. Il la regarda une dernière fois puis quitta la salle.

Hermione souffla discrètement avant de reporter son regard sur l'homme qui lui faisait face et manqua de s'étrangler avec sa propre salive quand elle croisa son regard, fixé sur elle.

- « Bien… On va ... On va commencer. » murmura-t-elle avant de reprendre, sous l'air surpris et curieux du blond, « Drago Malefoy, je suis Hermione Granger, du Bureau d'Aide à la Réinsertion en Communauté Sorcière et de la Cohésion Magique, et je suis donc ici pour te proposer un contrat de réinsertion. Je… Voici les termes du contrat ». Récita-t-elle tel un automate avant de lui mettre sous le nez deux parchemins énonçant les clauses. Elle risqua un coup d'œil vers lui et fut à nouveau surprise. Il la regardait encore.

- « Malefoy, il faut que tu li… » commença-t-elle avant d'être coupée.

- « Tu vas me faire sortir d'ici ? » la coupa-t-il brusquement de sa voix abîmée.

Prise au dépourvu, elle replaça une mèche rebelle évadée de son chignon derrière son oreille.

- « Euh… Oui, mais il faut que lises les termes du contr… » reprit-t-elle avant d'être à nouveau coupée par son interlocuteur.

- « J'accepte. » lâcha Drago.

Elle le regarda en fronçant les sourcils et il reprit.

- « Peu importe les conditions, on va dire que je les ai lus. Donne-moi une plume. »

Déboussolée, la sorcière fouilla dans son sac avant se sortir quelques affaires dont sa baguette qu'elle posa sur la table qui les séparait et une plume. En relevant la tête, elle surprit le regard du blond sur sa baguette magique et se racla la gorge.

- « C'est interdit dans le contrat Malefoy, si tu prenais la peine de… ». Essaya-t-elle. Il posa ses poignets noués sur la table et la regarda.

- « Laisse-moi juste signer ces maudits papiers. ». Dit-il en appuyant son dos endolori sur le dossier de la chaise, ce qui le fit grimacer. Elle se pencha légèrement au-dessus de la table et posa la plume magique à côté des mains du jeune homme avant de s'atteler à délier les menottes à l'aide de sa baguette magique qu'elle rangea ensuite dans son sac. En face d'elle, Drago Malefoy se frottait les poignets et saisit la plume, fébrile. Il approcha les parchemins et posa la plume sur le papier. La plume accrocha le papier puis glissa dans la main tremblante du jeune homme qui grimaça. La prison avait fait de lui un infirme. Il recommença l'opération sous les yeux d'une Hermione gênée, hésitant à proposer son aide sachant très bien que Malefoy lui refuserait. Au bout de quelques minutes, il lui tendit les parchemins.

- « J'espère que ça suffira. »

Elle les prit en main en évitant son regard et inspecta les signatures. Deux simples « D.M. » ornait le bas de chaque page. Les lettres n'étaient pas droites mais on sentait dans la calligraphie que le détenu avait essayé de reproduire une écriture fine et noble. C'était un peu raté, mais Hermione se contenta d'hocher la tête en signe d'approbation. Elle se pencha pour refaire les liens magiques autour du jeune homme mais celui-ci eut un mouvement de recul qui troubla la jeune femme.

- « C'est juste le temps qu'on arrive chez moi. Simple mesure de sécurité. » Dit-elle avant de saisir sa baguette et de refaire les liens. Puis elle se leva et ramassa son sac en se tournant vers lui. « Suis-moi. » l'informa Hermione avant d'ouvrir la porte de la salle et de sortir.

Dans le couloir, un nouvel Auror avait rejoint l'ancien comme le voulait la procédure pour accompagner Hermione et Drago en dehors de la prison jusqu'à l'appartement de la jeune-femme. Blaise, adossé contre un mur, se releva et risqua un œil vers le blond. Celui-ci le toisa avant de regarder Hermione, attendant la suite des évènements. Celle-ci, qui n'avait rien raté de l'échange entre les deux hommes, fronça les sourcils un instant puis fit signe de la tête aux Aurors qu'ils pouvaient y aller. Drago regarda une dernière fois autour de lui ce lieu destructeur qui l'avait miné pendant six longues années. Puis, il ferma les yeux et souffla. La sorcière l'observa puis ils se rendirent dans la salle qui contenait le portoloin de retour. Alors que tout le groupe s'apprêtait à voyager, Drago, pensa, amère, que ce fichu pot serait l'objet le plus magique auquel il aurait le droit. Il posa un doigt sur l'objet et se sentit aspiré par le nombril, appréciant presque la sensation. Presque, parce que quand ils arrivèrent au ministère, il régurgita l'intégralité du maigre repas qu'il avait reçu à Azkaban ce matin-même. Le reste du groupe le regarda et un Auror dit avec un maigre sourire :

- « Et bien, ça secoue un peu depuis le temps ? » dit-il moqueur.

Drago lui lança un regard noir et se redressa avec le peu de dignité qu'il lui restait en ce moment-même. Un dame d'un certain âge le regardait par-dessus ces lunettes. Il se souvenait d'elle. Quand il avait été transféré. Elle avait un nom à coucher dehors. Elle le jaugea un instant, ne cherchant même pas à masquer son dégoût. Puis, Hermione, pressée d'en finir avec cette situation, tendit quelques papiers à la femme, et se retourna vers les Aurors.

- « On va transplaner directement. Allons-y. » dit-elle d'un ton très professionnel avant de se tourner vers Blaise et de le prendre à part.

- « Je préfère être seule ce soir, je te tiendrais au courant. ». Le métisse regarda un instant le blond qui semblait de plus en plus fébrile et souffla :

- « Ouais, seule avec … Drago. » railla-il, soudainement mal à l'aise de prononcer le nom de son ami.

La jeune-femme inspira profondément puis fit une bise à son ami avant que celui-ci en quitte la pièce, non sans un regard pour l'assemblée qui n'avait pas perdu une miette de l'échange.

Hermione se retourna vers le groupe. « Allons-y », lâcha-t-elle, peu d'humeur diplomate. Le même Auror qui s'était moqué quelques instants auparavant saisit Drago par le bras fermement et lui dit : « Essaie de pas dégueuler cette fois. ». Puis, ils transplanèrent à l'appartement de la jeune-femme.

Tous arrivèrent sans encombre. Drago se mordit violemment pour ne pas une nouvelle fois vider ses tripes sur le sol. Il s'appuya sur un mur, épuisé, puis prit le temps de reprendre son souffle. Il releva la tête et n'eut le temps de voir que le visage de la sorcière qui lui faisait face. Puis, ce fut le noir.