Bonjour ! Tout d'abord, je m'excuse profondément pour ce petit retard, le chapitre aurait dû sortir hier soir... Mais les études, le concours, je vous en passe des belles et des pas mures, bref, c'est compliqué. Je ne sais pas trop quoi penser de ce chapitre. Je le trouve un peu décousu et honnêtement, je n'en suis pas vraiment satisfaite. J'espère que vous lui trouverez quand un même un petit intérêt car j'ai tout de même pris du plaisir à l'écrire...
Comme d'habitude, remerciements aux reviews, c'est un facteur de motivation !
Plume Pourpre : D'accord, j'ai pris note merci du conseil ! Ne t'en fais pas, on a tous des jours sans ! Et honnêtement, je suis un peu pareille, la fatigue me rend maussade... :)
Scorpon : Oui, pas gagné ! Quand j'ai lu ton commentaire, j'ai eu le petit "ting ting ting" des combats de boxe :D Merci beaucoup, oui je trouvais que cela pouvait être intéressant de faire une analogie entre les deux, surtout que ce cher Malfoy père n'a pas fini son rôle... mais je n'en dis pas plus !
Maxine3482 : Oui j'aime laisser mes lecteurs sur leur faim, je suis une sadique x) Merci pour tes jolis commentaires et j'espère que ce chapitre ne te décevra pas trop... (j'ai peeeeur). Et je ne t'en dis pas plus pour Drago et Blaise mais leur histoire n'est pas terminée, rassure-toi ! Gros bisous !
Swangranger : C'est moi qui te remercie de ta fidélité ! J'espère que ce chapitre te plaira, on assiste à un petit rapprochement entre les deux protagonistes, mais je n'en dis pas plus et je te laisse lire ;)
Yoko78 : merci beaucoup ! Je suis ravie que l'histoire te plaise et j'espère te revoir dans mes commentaires ! ;)
Bonne lecture !
Autrement, la scène aurait pu être cocasse. Dans le salon du petit appartement d'Hermione Granger, se tenait, sur un canapé, Blaise, les cheveux en pétard et deux boutons manquant à la chemise, sur un fauteuil faisant face, Drago Malfoy, la pommette rougit et les cheveux en pagaille lui aussi, et au milieu, Hermione Granger, tellement enragée que les cheveux se dressaient presque sur sa tête. Un ballet capillaire donc.
- « C'est pas bientôt fini oui ?! » Hurla-t-elle.
Drago se tendit dans son siège, toujours autant peu habitué au bruit, ce qu'Hermione sembla remarqué. Aussi, elle souffla et passant ses doigts sur ses temps, sa baguette coincée dans sa main droite. Les deux garçons, les bras croisés, se fixaient en chiens de faïence, l'air renfrogné.
- « Vous allez m'expliquer ce qui vous prend, par Merlin ? » lâcha-t-elle d'une voix étonnamment blasée.
- « C'est l'autre qui s'est jeté sur moi. » souffla le blond.
Hermione lui lança un regard tellement noir qu'il préféra regarder par la fenêtre, trouvant soudainement la fenêtre très intéressante et sujette à réflexion. La brune soupira et se tourna vers le métisse qui se redressa dans son siège.
- « Hermione, c'est … compliqué. » commença-t-il.
- « Je pense au contraire que c'est très simple. » rétorqua Drago tout en continuant de fixer la fenêtre.
Ceci dit, il se leva en grimaçant lorsqu'il porta ses doigts à sa joue et fusilla du regard son ancien ami avant de se diriger vers la porte de sa chambre qu'il claqua avec la délicatesse d'un dragon. La tension chuta dans le salon et Hermione se laissa tomber sur le fauteuil précédemment occupé. Elle toisa Blaise du regard.
- « Alors ? On m'explique où je dois faire une démonstration de mes souvenirs d'occlumancie ? » commença-t-telle, la voix légère.
- « T'as jamais été bonne dans cette matière … » dit Blaise, toujours sur la défensive.
- « Blaise, on va pas y passer la nuit et tu joues dangereusement avec mes nerfs ce soir. » dit-elle en faisant jongler sa baguette dans ses doigts.
Le métisse se leva d'un coup et saisit son manteau. Hermione l'observa faire, un sourcil levé.
- « On peut savoir ce que tu fais ? » demanda-t-elle, la voix déraillant vers les aigus.
- « Hermione, franchement je t'apprécie mais là, tu fais chier avec tes questions. Il y a des choses que tu n'as pas besoin de savoir. » trancha Blaise en fermant son manteau noir.
La bouche d'Hermione s'ouvrit dans un « O » parfait, choquée de la brutalité de ses paroles. Elle se leva mais le temps qu'elle n'atteigne la porte, Blaise l'avait déjà claqué. Elle souffla. Puis, elle s'appuya sur la porte et étouffa un cri de frustration. La jeune femme se dirigea en cuisine et se servit un verre d'eau pour se calmer et se rafraîchir les idées. Puis, elle se dirigea vers sa chambre. En passant devant le salon, elle agita sa baguette et la nourriture non-entamée se rangea tranquillement. Une fois dans sa chambre, elle enfila son pyjama, à savoir un simple short et un tee-shirt à l'effigie de sa maison du temps de Poudlard. Elle se dirigea ensuite à la salle de bain où elle fit couler l'eau pour se rincer le visage et se laver les dents. Une fois assise dans son lit, alors qu'elle allait ouvrir son livre du moment, une biographie de la sorcière Morgane, elle le reposa et se leva. Elle avait complètement oublié Malfoy. Elle soupira et se leva du lit.
Hermione se dirigea vers la chambre de l'ancien serpentard et entra, ne prenant pas la peine de toquer. Après tout, il n'était pas tout blanc non plus dans l'histoire, d'après le peu qu'avait compris Hermione. Elle entra sans bruit. La chambre étant plongée dans le noir, elle se dit qu'il dormait sûrement mais voyant le lit impeccablement fait, elle fronça les sourcils. La sorcière s'aventura dans la petite chambre, jetant un coup d'œil à la salle de bain, vide. Elle croisa les bras sur la poitrine, sentant l'angoisse et la colère monter. Si l'affreux s'était barré, il allait voir de quel bois elle se chauffait ! Cependant, sa tension redescendit d'un coup quand elle aperçut une touffe blonde qui dépassait du lit. Elle s'avança et resta interdite en découvrant la scène qui se déroulait devant ses yeux.
Drago Malfoy, dans toute sa splendeur, ou presque, se tenait, assit au sol en position fœtale, les genoux ramenés sous ses coudes et la tête entre ses bras. La jeune femme s'avança doucement et s'agenouilla en face de lui sans faire de bruit, ne voulant pas le vexer. Elle avait vu ce genre de situation avant. Cela faisait partit du processus de réintégration. Elle posa doucement sa main sur l'avant-bras du jeune homme, prenant soin de le faire sur le bras vierge de toute marque. En effet, depuis la chute du Lord Noir, la Marque des Ténèbres avait, sur ceux qui la portait, tout simplement cessé de bouger. Elle n'était maintenant qu'un vulgaire tatouage témoin des horreurs passées mais n'exerçait plus cette espèce d'aura sombre comme avant.
Lorsque Malfoy sentit un contact sur son bras, il sursauta violemment.
- « Putain Granger. » souffla-t-il, une fois remis du choc.
Un silence s'installa qu'Hermione s'empressa de briser.
- « Tout… tout va bien ? » demanda-t-elle doucement en retirant sa main.
Elle l'observa un instant. Il avait sûrement pleuré, ou alors il s'était retenu mais ses yeux étaient rouges et bouffis.
- « Oui, tout va magnifiquement bien, ma vie est géniale. Maintenant, si tu veux bien me laisser le peu d'intimité que ma misérable existence me permet, j'apprécierai. » lâcha-t-il en se redressant et étendant les jambes à côté de la sorcière. Celle-ci se redressa, intimidée de cette proximité. Elle s'empourpra d'autant plus quand elle remarqua le regard de Malfoy qui courait sur ses jambes à elle, et elle se sentit idiote d'avoir mis un short. Celui-ci dû prendre conscience de ce qu'il était en train de faire et détourna les yeux.
- « Je suis désolée pour Blaise ce soir, je sais que cela peut être difficile les premiers jours mais je voulais que tu aies une compagnie connue et … » commença-t-elle.
- « Oui, la preuve, c'était une excellente idée. » la coupa-t-il en se relevant à l'aide du mur. Il grimaça et passa la main dans ses cheveux maintenant courts.
- « Je te signale que si je savais qu'il y avait autant d'amour entre vous, je ne lui aurai pas demander de venir. » répliqua-t-elle, ironique.
- « C'est pas à moi de t'en parler. Vous êtes assez proches pourtant, cela m'étonne qu'il ne t'en ai jamais parlé. » dit-il.
- « Parler de quoi ? Bon sang mais vous aller cracher le morceau à la fin ? »
- « Pas ce soir, Granger… j'ai eu ma dose de cris et de coups. »
Hermione se radoucit et s'approcha de Malfoy en levant sa baguette vers son visage. Il eut un mouvement de recul mais se détendit en sentant la douleur lancinante de sa joue due à un coup que Blaise lui avait porté, s'évaporer comme par enchantement. « Magie informulée, bien joué Granger. » Pensa Drago. Puis, il se recula, se sentant mieux et profita de l'ai gêné qu'arborait son interlocutrice qui se dirigeait maintenant vers la porte.
- « Et Granger, tu devrais éviter de te balader dans une telle tenue. » dit-il, un trait d'humour dans la voix. Elle se retourna vers lui, interrogatrice. Il reprit.
- « Eh bien, cela fait longtemps que je n'ai pas joué au chat et à la souris, si tu vois ce que je veux dire. » ricana-t-il.
Hermione le regarda, confuse pendant un instant avant qu'elle ne percute l'allusion. Elle prit un air en colère.
- « Pervers. Pense au fait que je sois une sang-de-bourbe, ça devrait calmer tes ardeurs malsaines. » lâcha-t-elle avant de fermer la porte derrière elle, entendant un rire moqueur de la part du blond.
Elle sourit nerveusement. N'importe quoi ce Malfoy. « Qu'il essaye seulement et il se frottera à ma baguette ! ». Pensa-t-elle avant de rejoindre sa chambre et de jeter un sort de répulsion sur sa porte « Ne sait-on jamais. » pour dormir d'un sommeil bien mérité.
Le lendemain, le même rituel que la veille s'installa. Hermione prépara un petit déjeuner et le servit, Drago mangea sans dire un mot. Ils passèrent la journée chacun de leur côté à vaquer à leurs occupations respectives. Et tout ce manège se répéta pendant une petite semaine. Hermione travaillait dans le salon ou son bureau, Drago passait le plus clair de son temps dans sa chambre à lire ou à se déprimer. La sorcière recevait souvent des hiboux d'Harry et Ron, voulant s'assurer qu'elle était encore en vie que Malfoy ne lui avait pas fait de mal, ce à quoi elle répondait qu'elle était une grande fille armée et que de toutes les manières, assassiner Hermione Granger ne semblait pas faire partie de ses préoccupations premières. Blaise aussi prenait de ses nouvelles, s'excusant pour son comportement lors de la précédente soirée. Hermione répondait que c'était bien de s'excuser avec des mots, mais c'était encore mieux avec des actions, en l'occurrence, lever le voile sur l'affaire reliant le métisse et le blond.
Une après-midi de fin de Novembre, alors que la neige était tombée la veille et qu'un vent glacial soufflait au-dehors, Drago Malfoy sortit de sa chambre, chaudement habillé. Hermione leva l nez de son dossier actuel et le regarda, étonnée.
- « Tu vas quelque part ? »
- « J'en ai marre d'être enfermé ici. Je veux sortir. » lâcha-t-il de but en blanc.
Elle ouvrit grand les yeux et ravala un rire nerveux.
- « Malfoy, je vois que tu n'as toujours pas saisit le concept d'une liberté conditionnelle. » dit-elle calmement en replongeant dans les parchemins étalés sur la table du salon.
Elle entendit un soupir et pensa qu'il abandonnait. Ce qui était étonnant connaissant Malfoy. Trop étonnant d'ailleurs, car il tira la chaise en face d'elle et s'assit brutalement, en posant les mains à plats sur la table avec fracas. Elle sursauta et le regarda, l'œil mauvais.
- « Ecoute-moi bien Granger, j'ai lu ton stupide contrat, il n'est nulle part stipulé que tu dois me séquestrer dans cet appartement miteux pendant le restant de mes jours. Il est aussi écrit que lorsque le détenu sera prêt et n'aura pas causé de problèmes aussi minimes soient-ils, il pourra sortir, sous la surveillance exclusive de son tuteur. » récita-t-il.
Hermione fut surprise, c'était mot à mot le contrat. Il l'avait effectivement lu. Et même appris apparemment.
- « Tu as appris le contrat par cœur ? »
- « Tu n'as que des livres à l'eau de rose où historiques franchement barbants, il fallait bien que je m'occupe le cerveau. »
Elle soupira et posa la plume qu'elle avait dans la main dans son encrier. Puis, elle s'adossa au dossier de sa chaise en croisant les bras sur sa poitrine.
- « Tu saisis ce que sortir veut dire ? Ce n'est pas simplement franchir la porte de mon appartement. Tu vas sortir de l'immeuble, sortir dans la rue. Les gens vont te fixer, t'insulter voire même essayer de te frapper. Je suis là pour les en empêcher mais il faut que tu sois préparé à tout ça. Les gens ne sont pas aussi indulgents que moi avec les meurtriers, Malfoy. »
Etrangement, elle sentit qu'elle n'aurait pas dû dire cette dernière phrase. Touché. Malfoy la fixa d'un regard hargneux.
- « Je sais ce que j'ai fait Granger, et crois-le ou non, je n'en suis pas fier. J'ai eu tout le loisir de réfléchir à mes actions pendant mes années à Azkaban mais là n'est pas le sujet. Je suis resté enfermé pendant sept ans. Et maintenant, je suis enfermé dans un appartement. Désolé mais je ne vois pas où se situe la notion de liberté dans cette « liberté conditionnelle. ». ».
Il dit ces derniers mots avec un dégoût peu caché et se leva en soupirant lourdement. Alors qu'il allait franchir le seuil de la porte, il entendit la voix d'Hermione derrière lui.
- « J'irai t'acheter des livres. »
Il dut se faire violence pour ne pas se retourner, traverser le petit salon et l'étrangler jusqu'à ce que mort s'en suive. Puis, il entra dans sa chambre et en claqua la porte.
Ce fut le dernier échange qu'ils eurent en trois jours. La routine continuait, les bribes de conversations en moins. Drago ne tenait plus, il était rendu fou par l'enfermement. D'un autre côté, la perspective de sortir et de devoir affronter le monde le terrorisait. Souvent, la nuit, il en cauchemardait au point de s'en réveiller. Alors, la sorcière brune arrivait, lui tendait une potion de sommeil qu'il buvait et se rendormait à poings fermés. C'était facile pour elle, pensait-il avec amertume, elle pouvait sortir quand bon lui semblait, même s'il savait qu'elle passait le plus clair de son temps dans l'appartement.
Un matin, il se leva de bonne heure et trouva sa tutrice dans la cuisine, préparant un repas composé de bacon et d'une omelette. Elle ne s'attendait pas à le voir si tôt mais fit comme si de rien n'était. Alors que la sorcière amenait les repas à table d'un coup de baguette magique, il prit la parole.
- « Je veux sortir Granger. Je suis prêt. »
Elle stoppa ses mouvements et se tourna vers lui, surprise.
- « Tu n'as pas l'air vraiment prêt, la nuit, quand je t'amène une potion. » dit-elle calmement, ne souhaitant pas entrer à nouveau en conflit avec son interlocuteur.
- « Je veux essayer. »
Il semblait décidé et Hermione réfléchit vivement.
- « Tu es sûr ? »
- « Ne le prend pas personnellement, mais je ne supporte plus cet endroit. »
Elle sentit les coins de ses lèvres s'étirer en un sourire jaune.
- « D'accord. »
Drago sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Enfin. Il allait sortir. Sentir le vent frais, le soleil sur ses joues et … il se renfrogna, avisant le ciel gris au dehors. Pas de soleil pour aujourd'hui donc. Merci Londres. Alors qu'il était toujours plongé dans ses pensées, Hermione s'approcha, baguette brandie.
- « Donne-moi ton bras. » dit-elle.
- « Qu... Lequel ? »
La question n'était pas innocente et faisait bien sûr référence au bras marqué. Elle haussa les épaules.
- « Celui que tu veux. »
Il lui tendit machinalement son bras tatoué, quoi que la sorcière s'apprêtât à faire, il désirait tout de même garder un bras vierge. L'autre était de toute façon déjà abimé. Il remarqua qu'elle n'eut pas la moindre réaction quand la marque fut exposée à ses yeux. Aussi, elle posa la baguette sur le poignet du jeune homme et murmura un « Collomora ». Sous le regard inquisiteur du jeune-homme, Hermione répondit.
- « Sort de confinement. Tu ne peux pas aller bien loin de moi sans que tu souffres atrocement, c'est une mesure de précautions. » dit-elle pour expliquer son geste.
- « Il y a un manteau et une écharpe dans ton armoire. » Reprit-elle simplement, tendue.
Ils s'habillèrent donc en silence. Puis, Hermione se dirigea presque à reculons vers la porte d'entrée de l'appartement. Malfoy trouva qu'elle était franchement de mauvaise foi. Lorsqu'il franchit la porte en bois, il sentit son cœur s'accélérer. Il souffla comme pour calmer son angoisse montante. La jeune femme le regarda un instant, comme pour s'assurer qu'il voulait toujours sortir, regard auquel il répondit par un hochement de tête qu'il voulut assuré.
Ils descendirent donc les escaliers en silence, le craquement des lattes de l'escalier les accompagnant jusqu'en bas. Quand Hermione poussa la poignée, Drago recula légèrement. La sorcière se tourna vers lui puis sortit. Il la suivit. Dehors. Il était dehors. Certes, avec un sort qui l'empêchait de s'écarter de la sorcière d'une distance raisonnable mais dehors quand même. Ils se mirent en route et Drago se mordait vivement la joue pour ne pas sourire comme un benêt. Il restait un Malfoy après tout. Mais, cette envie irrépressible de sourire se fana peu à peu, constatant les expressions sur le visage des sorciers qui l'observaient. La jeune femme qui l'accompagnait l'avait prévenu que le monde sorcier était au courant de la liberté conditionnelle, que certains étaient choqués, d'autres voulaient simplement le faire souffrir. Mais voir tant de haine et de dégoût dans ces regards braqués sur lui le firent redescendre de son petit nuage. Il sentit sa main trembler quand une petite fille se serra contre sa mère et enfouit son visage dans la jupe de celle-ci. Ses yeux se posèrent sur le sol et il s'immobilisa quand un vieil homme à la voix bourrue s'adressa à lui.
- « Mangemort. »
Drago releva la tête vers l'homme et l'émotion qui barrait son visage lui coupa le souffle. Pas de haine, ni de colère, ni de dégoût. Juste de la tristesse. Non, en fait de la pitié. Il sentit Hermione se rapprocher de lui et inconsciemment, cela le rassura. D'autant plus que l'instant d'après, une femme, aux alentours de la quarantaine, lui brandit la photo d'un petit garçon. Il souriait, ses cheveux blonds en bataille et un air mutin collé au visage.
- « C'était mon fils ! Tu te rappelles de lui ? Un simple enfant, qui ne voulait aucun mal à une mouche ! Tué ! Pourquoi ? » La voix de la femme se brisa sur ce dernier mot et elle leva la main dans la direction du blond pour le frapper. Au même moment, il sentit qu'on lui saisissait le bras et il se sentit tiré dans tous les sens. Puis, une porte claqua et il réalisa que Granger les avait ramenés à l'intérieur de son immeuble.
Drago avisa la brunette d'un hochement de tête, n'arrivant pas à se résoudre à la remercier. Hermione l'avait remarqué, elle aussi. Malfoy redevenait Malfoy. Peu à peu, étape par étape, pierre après pierre, il se reconstruisait. Il avait pris un peu de poids, sa peau un peu de rougeurs et il se tenait plus droit. Sauf en cet instant. Il était assis sur l'escalier, le dos courbé, la tête entre les mains.
- « Malfoy, tu pleures. » murmura Hermione en se positionnant à sa hauteur.
C'était plus une constatation qu'une moquerie. En cet instant, Drago remercia le ciel qu'aucune trace d'ironie ne teintait la voix de sa tutrice. Il ne l'aurait pas supporté. Il sursauta quand il sentit le contact de la main d'Hermione sur la sienne et releva ses yeux embués vers elle.
- « C'est pour cela que je ne voulais pas te faire sortir, si toi tu es prêt, les gens ne le sont toujours pas. Avec le temps, ils ont fait leurs deuils mais ils voient en toi un moyen de décharger toute leur colère. Pour eux, quoi que tu ais fait ou pas fait, tu es la représentation de ce qui leur à causer tant de peine… » dit-elle doucement.
Il essuya ses yeux honteusement de sa main libre et souffla pour se calmer. Puis, il plongea ses yeux gris dans les yeux bruns d'Hermione. Cette fille était vraiment étonnante et il n'arrivait pas, même après toutes ces années, à la sonder. Un coup en colère, une minute froide comme la pierre, la seconde d'après, aussi altruiste que Sœur Marie-Thérèse. Gênée par ce regard insistant, elle se releva et lâcha la main du jeune homme par la même occasion. Celui-ci se releva derrière elle et ils montèrent les escaliers en silence. Ils entrèrent dans l'appartement et Hermione poussa un petit cri de surprise. Drago se tendit immédiatement.
- « Harry, Ron, ne me faites plus jamais ça, j'ai cru que mon cœur s'était arrêté ! » s'écria-t-elle, une main posée sur le cœur.
Dans le salon, Potter et Weasley se tenaient en face d'eux. Il manquait vraiment plus ça.
