Disclamer : L'univers et les personnages appartiennent à Thomas ASTRUC, merci à lui !
Chapitre 6
- C'est bon, viens ! Je dois aller de l'autre côté de la tour Eiffel. Mon père a dessiné un plan, dit-elle tout en continuant sa route.
Chat Noir retrouva son sourire et la rattrapa en trottinant. Décidément, Marinette était trop gentille.
- Et qu'est-ce qu'il y a, dans ces gros paquets ?
- Des pains aux raisins.
Elle put constater que Chat Noir avait eu comme un sursaut. Elle lui jeta un coup d'œil : il regardait le paquet qu'il tenait entre ses bras avec envie. Avec un peu d'imagination, elle pouvait apercevoir un filet de bave sortir de sa bouche.
- Si tu travailles bien, dit-elle, tu auras droit à un échantillon de ce qu'il y a dans le sac.
Il la regarda vivement, les oreilles dressées sur sa tête.
- Je travaillerai dur !
- Bien.
Durant le chemin, l'ambiance fut détendue, Chat Noir sortit quelques jeux de mots qui lui étaient fidèles et Marinette en rit de bon cœur. Arrivés sur le lieu de la livraison, les clients étaient ravis de voir Chat Noir en personne livrer leur commande. Et, en tout gentleman, le jeune homme proposa à la brunette de la ramener chez elle et, en toute demoiselle de ce nom, elle accepta. Elle ne pouvait pas refuser après avoir vu son visage se ternir. Marinette essaya d'entamer la conversation.
- Alors, vous vous entendez bien avec Ladybug, non ? se risqua la jeune fille.
- Oui, je crois qu'on peut dire ça. Nous sommes partenaires. Elle ne me voit pas autrement, il me semble. Les médias non plus.
- Parce que tu la vois autrement, toi ?
- Pour moi, Ladybug, c'est tout ! Je l'admire ! C'est mon rayon de soleil. Je pourrais faire n'importe quoi pour elle, mais je crois que je l'ennuie. Je suis pitoyable, n'est-ce pas ?
- Tu es loin d'être pitoyable ou même ennuyeux.
- Il s'avère que j'ai été inutile durant notre dernier combat. Je m'en veux. Si je n'avais pas été préoccupé à attirer son attention, j'aurais été plus efficace.
- Je ne pense pas que Ladybug t'en veuille. T'a-t-elle déjà dit une fois que tu étais inutile ?
- Mais c'est parce qu'elle est trop gentille.
- Tu sais, je suis à peu près dans le même cas, en ce moment.
- Ah bon ? s'étonna-t-il.
- Ce n'est pas tout à fait pareil, mais ça y ressemble. Moi, c'est plus un problème de cœur. J'ai toujours peur de décevoir, dire des bêtises ou ne pas être à la hauteur pour la personne que j'aime.
- Tu… Je ne comprends pas : tu aimes quelqu'un et tu penses ne pas être à la hauteur ? Pourquoi ça ?
- Parce que lui est parfait, et moi je suis juste une gaffeuse, dit-elle avec un sourire forcé.
- Je ne suis pas d'accord avec toi ! Tu sais, je pense que tu es une fille super. Tu as du talent et tu es imaginative, puis…
Chat Noir continua son monologue vantant les mérites de son amie durant de bonnes secondes.
- … Tu vois ?
Mais lorsqu'il se retourna pour faire face à la jeune fille, elle n'était plus là. Il la chercha rapidement des yeux. Il la vit en train de courir aussi vite qu'elle pouvait. Et pour cause : un enfant était au milieu de la route, seul, à chercher ses parents, alors qu'un camion arrivait à toute vitesse. Il se mit lui aussi à courir. Marinette arriva la première et poussa le petit garçon de l'autre côté de la route. Mais le camion menaçait à présent la jeune fille. Tout se passa très vite, elle ferma les yeux attendant le choc évident. Mais elle ne le sentit pas. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, le camion était déjà loin. À côté d'elle, un petit garçon pleurait et, dans ses bras, un Chat tremblait encore. Il la serrait tellement fort que, de ses griffes, il parvint à laissait des marques sur sa peau. La tête encore dans son cou, elle caressa les cheveux de son sauveur.
- Chat... tu me griffes. Je vais bien maintenant, chuchota tendrement Marinette.
Chat Noir releva sa tête pour plonger ses yeux encore sous le choc dans ceux de la jeune fille.
- Tu vois, je te l'ai dit : qu'une gaffeuse, sourit-elle.
Ses oreilles se baissèrent. Il se releva pour constater les dégâts. Lui n'avait pratiquement rien. Il se dépoussiéra avant de tendre une main généreuse vers Marinette, toujours à terre.
- Tu as mal quelque part ? lui demanda-t-il en la relevant.
- Je suis juste un peu écorchée à la jambe, rien de grave, grâce à toi… Merci, Chat Noir.
- Ne me remercie pas : tu es blessée, ça n'aurait pas dû arriver.
- C'est de ma faute si c'est arrivé, mais le petit garçon étant en danger…
- TU AURAIS PU MOURIR ! cria Chat Noir
- Mais ce n'est pas arrivé. Personne n'est mort. Chat Noir, tout va bien, regarde-moi.
Elle prit son visage entre ses mains. Il avait eu peur. Marinette sut qu'il ne criait pas sur elle par colère, mais par peur.
- Regarde, je vais bien, le rassura-t-elle.
Il la prit une dernière fois dans ses bras, plus pour se rassurer. Marinette lui rendit son étreinte tout en le remerciant et en lui caressant la tête, tandis qu'elle sentit son épaule s'humidifier. Ils restèrent de longues minutes comme ça, attendant que Chat Noir reprenne ses esprits.
Quand ils se séparèrent, les joues légèrement rosies, ils s'observèrent une dernière fois. Les parents du petit garçon apparurent un peu plus tard, affolés et à la fois rassurés de le voir sain et sauf. Ils les remercièrent avant de les quitter.
- Tu vois, dit-elle en faisant toujours un signe de la main aux parents, ça valait le coup, non ?
- Ne me refais plus jamais un coup comme ça !
- C'est d'accord. Mais seulement s'il n'y a pas des vies en jeu, dit-elle en lui tirant la langue.
Il fronça les sourcils d'un air défiant la jeune fille.
- Bon, rentrons ! Mon père va se poser des questions, proposa-t-elle.
- Je vais te porter !
- Quoi ? Non, c'est bon, je peux marcher !
- Pas question de discuter, ça ira plus vite si je te porte ! Puis il se peut que tu aies mal autre part, mais que tu ne le sentes pas encore. S'il te plait, laisse-moi faire ça pour toi…
- Ca va, fais pas cette tête, j'accepte. Mais c'est la dernière fois que tu me fais du chantage avec ces yeux. J'ai toujours été faible face à ces yeux de chat.
Il se rapprocha d'elle et lui fit signe de monter sur son dos. Il sortit son bâton et l'agrandit avant de l'enfourcher.
- Tu fais quoi, là ? lui demanda-t-elle, curieuse.
- Tu ne croyais quand même pas qu'on rentrerait à pied, Princesse ? Ton carrosse est arrivé !
Il s'élança et ils arrivèrent à destination en quelques minutes. Il s'arrêta dans une rue adjacente à la boulangerie pour que Marinette puisse confirmer la livraison.
- Que vas-tu dire à tes parents ? demanda-t-il, inquiet.
- Je vais leur dire que je suis une nouvelle fois tombée. Ça devrait passer.
- Fais attention dans les escaliers, ne force pas trop sur ta jambe.
- Ne t'inquiète… Attends, comment sais-tu que j'ai des escaliers à monter ?
- Euh… Je… Je suis venu plusieurs fois pour des Akumas, notamment avec la Marionnettiste qui était venue te voler tes poupées !
- Oui, c'est vrai. Bon, j'y vais ! On se rejoint en haut ? lui sourit-elle
- Oui !
Il lui rendit son plus beau sourire.
- À tout de suite !
Elle lui fit signe de la main avant de s'éloigner. Il grimpa rapidement sur la terrasse et s'accroupit au-dessus de la trappe en attendant que la chambre s'éclaire. Après quelques minutes, il vit la lumière réchauffer la salle. Une petite tête brune se pressa d'ouvrir le fenestron. Chat Noir pénétra dans la pièce en tant qu'invité, pour la première fois. Il suivit Marinette pour descendre de la mezzanine, et il se retrouva dans un appartement imprégné de l'odeur de son amie. Cette chambre était bien à son image.
