J'ai peur. Très peur.

Après l'épisode des spaghettis, j'étais obligée de répliquer: Lexa devait payer pour ses crimes. Ma fierté était complètement bafouée.

Et je me suis donc vengée.

Toute la matinée j'avais comploté pour trouver un plan. Wells me reprochait de ne plus me concentrer sur mon travail, et se disait même ''inquiet pour ma santé mentale''. En tant que bon ami, il ne veut que mon bien, mais il ne peut pas comprendre cette guerre avec l'équipe verte car il est tout simplement trop gentil.

Moi aussi je le suis, mais en moi sommeille aussi une vraie combattante.

Ainsi j'ai eu une idée de génie. Un poil malveillante, certes, mais très originale.

Après l'épreuve de cyclisme, Lexa et Raven ont vidé entièrement leurs gourdes. J'ai attendu que leur soif soit étanchée pour leur envoyer la mignonne petite Lily, avec une enveloppe qui leur était destinée.

Sa curiosité piquée à vif, Raven l'a prise et l'a ouverte. Son visage a pâli lorsqu'elle a découvert mon ''cadeau''. Le visage de Lexa a fait de même lorsqu'elle a regardé au dessus de l'épaule de Raven. Cette dernière a lâché la photo et s'est précipité en direction des toilettes.

Je riais devant la réussite qu'était mon plan. Qu'est ce qu'il y avait sur la photo ? Moi occupée de faire des choses infâmes à leurs gourdes. C'est à dire occupée de les tremper dans la cuvette de la toilette la plus crasseuse du camp.

Et ce ne fut pas une mince affaire. J'ai dû convaincre Indra, la cuisinière, de me laisser prendre les gourdes pour les ramener plus tard. J'ai dû la soudoyer en lui promettant de faire la vaisselle du soir et dieu sait que j'ai horreur de ça.

Mais ça valait la peine ! Le regard de Lexa était meurtrier jusqu'à ce qu'elle soit prise d'un violent haut le cœur. C'était vraiment trop bon de la voir se précipiter à la suite de Raven.

Mais maintenant j'ai peur. En grande partie car son lit est à 3 mètres du mien et que je sais qu'elle n'aura aucun scrupule à m'attaquer pendant la nuit.

J'ai passé tout le reste de la journée à sursauter et à raser les murs dès que je me retrouvais seule. Le souper fut un cauchemar, je n'ai pas osé avaler un seul bout de peur qu'elle ait empoisonné mon plat et apparemment ça lui donnait un malin plaisir.

Donc ce soir, après ma vaisselle d'une heure, je me rends aux douches en collant mon dos aux murs de peur de la croiser. J'ai vraiment un mauvais pressentiment lorsque j'attache ma serviette au crochet et ouvre le robinet. Je finis de rincer mes cheveux et passe ma main au-delà du rideau pour attraper ma serviette. Je touche un tissus qui ne ressemble pas à un essuie de bain. Je tire dessus et me rends compte avec effroi que c'est en réalité un t-shirt... portée par Lexa.

« C'est ça que tu cheches ? » Elle tient dans sa main ma serviette rose, de telle sorte que je ne puisse l'atteindre.

Je cache rapidement ma modestie avec mes mains mais trop tard, ses yeux sont déjà descendus plus bas, et un peu trop longtemps si vous voulait mon avis.

« Mais t'es folle ! C'est petit ce que tu fais, rends la moi ! »

« Pas après ce que tu m'a fait aujourd'hui Clarke… »

« Lexa ! Je suis nue ! C'est carrément du voyeurisme ! »

« Bon ok… Je veux bien te la rendre... » Je soupire de soulagement mais me crispe directement après. « Mais à une seule condition: que tu m'appelles ''commandante'' jusqu'à la fin du tournoi. »

« Non. Jamais. Je préfère retourner jusqu'à la chambre à poil, plutôt que d'assouvir tes délires pervers. »

« Et bien je t'en pris alors. »

A bout de nerf, je lâche ma poitrine et tends ma main pour attraper le tissu rose. Lexa baisse les yeux sur mes seins et est soudainement déstabilisée. J'arrive à attraper ma serviette mais elle reste coincée dans la poigne de fer de la perverse. Je tire dessus d'abord fort puis avec de moins en moins de ferveur lorsque je me rends compte que je suis entièrement collée contre mon agresseuse, le bras droit levé, la main gauche devant mon entrejambe et ma poitrine nue pressée contre la sienne. Quelque chose a changé… L'atmosphère est beaucoup plus lourde ainsi que le regard de Lexa qui se fige dans le mien. Ma respiration devient un peu plus rapide… Je ne sais pas depuis combien de temps nous sommes dans cette position mais il faut prendre une décision: récupérer ma dignité ou succomber aux appels hormonaux… Je m'entends prononcer entre mes dents:

« Rends moi ma serviette… Commandante. »

Surprise, elle la lâche et rougis furieusement. J'ai l'impression qu'elle ne sait même plus pourquoi elle est venue ici et pour la première fois je la sens… gênée. Le moment intense est passé et j'ai à présent besoin de cacher ma honte. Je m'enroule dans ma serviette et cours jusqu'à la chambre.

J'enfile vite mon pyjama et vais me blottir dans ma couette.

Ce n'est que réfugiée sous mes draps que je me rends compte que je viens d'interrompres les… activités de mes amies.

« Qu'est ce que vous faites ? »

Octavia, qui est en pyjama, est assise sur les fesses de Raven et lui masse son dos nu.

La masseuse improvisée rougit et bafouille

« Euh...Bah des massages… Et toi ? Pourquoi tu as l'air aussi stressée ? »

« Euh pour rien. »

C'est vraiment bizarre, comme si on était on s'était fait prendre toutes les deux la main dans la sac. Raven, elle est totalement à l'aise car elle gémit

« Continue... »

« Raven, j'en ai marre de te masser, ça fait au moins trois quarts d'heure là... »

« S'il te plaaaaîîîîttt ! J'ai mal partout et puis… J'ai besoin de consolation après le coup de pute que m'a fait Griffin. » Elle ondule son bassin pour accentuer ses propos.

Octavia saute du postérieur de Raven comme si elle s'était brûlée ou avait un ressort collée aux fesses. Alors que Raven râle comme un enfant et remet son t-shirt, elle va se laver les mains pour cacher sa gêne, mais je n'ai pas raté une miette de sa réaction. C'est clair qu'il va se passer quelque chose entre ces deux-là et je prends note de leur en parler séparément plus tard.

« Je n'ai rien à voir avec ça moi ! D'ailleurs votre petite gueguerre devient fatigante. »

Je commence à ouvrir la bouche pour protester et me justifier mais la referme immédiatement lorsque Lexa entre dans la pièce. Je mets ma tête sous la couette et fais semblant de dormir. Il est hors de question que je croise son regard après ce qu'il vient de se passer.


J'ai eu énormément de mal à m'endormir et quand j'ai réussi c'était pour rêver de Lexa. Pleins de petits rêves différents classés NC-17…

C'est horrible. Je me déteste pour ça.

Au petit déjeuner je me fais beaucoup plus silencieuse alors que Lexa fait semblant de rien. Aujourd'hui c'est le dernier jour du tournoi il y a l'épreuve du kayak et enfin la finale. Je sais déjà que la bataille va continuer. Alors que je serai occupée de baver devant Lexa en maillot de bain, elle, elle sera sûrement occupée d'essayer de me noyer…

Et j'ai visé juste, car je suis dans mon kayak et guide mon équipe vers la victoire quand je reçois un coup de pagaie dans le dos. Je me retourne et vois mon pire ennemi de tous les temps, avec un sourire carnassier accroché aux lèvres.

« Oups ! Désolée Clarke ! »

Non Clarke, tu ne dois pas rentrer dans son jeu… tu dois faire ton job et veiller sur ces enfants dont tu es la gardienne. J'écoute ma raison et me retourne. C'est dangereux, et il vaut mieux montrer l'exemple aux gosses.

Je reçois un nouveau coup de pagaie et cette fois je ne sais contenir ma colère.

« Oh ! Excuse moi encore Cla... »

Elle n'a pas le temps de finir ses ''excuses'' car je lui ai collé ma pagaie dans la tronche, renversant son kayak. Je suis tellement satisfaite et morte de rire que je ne fais pas attention à ma victime, qui nage jusqu'à moi et qui, d'un coup sec, renverse mon canot.

Une fois dans l'eau, elle vient enrouler ses jambes autour de ma taille et met ses mains sur ma tête. Je panique complètement et commence à hurler. J'ai vraiment très peur.

« Non Lexa ! S'il te plait arrête ! »

« Quoi ? Il me semble que tu dois m'appeler autrement... »

Elle pousse un peu plus fort et c'est désespérée que je crie:

« Commandante ! Arrête s'il te plaît commandante ! »

« Ha je préfère nettement ça, bonne fille va ! Tu sais que tu ne peux pas me bat... »

Elle est coupée par le sifflet qui annonce la victoire… de l'équipe rouge. Nous sommes toutes les deux dépitées. On a était totalement aveuglées par notre querelle que l'on a oublié de s'occuper de nos équipes.

Une fois les pieds sur terre, je me sens très honteuse devant Wells.

« Clarke, c'est les enfants qui participent à ce jeu, pas toi ! Tu était juste censée les mener. »

« Désolée Wells, je me suis emportée... »

« Peu importe… C'était irréfléchi et dangereux. Tu es monitrice, tu dois seulement faire en sorte que les enfants passent de bonnes vacances. »

Je me sens comme une petite fille prise en faute. J'ai envie de lui promettre que je vais arrêter mais lorsque je croise le regard provoquant de Lexa, je sais que j'en suis incapable.