« Alors je vous ai installées dans la chambre du petit singe !Elle est telle que tu l'as laissée mon bébé ! » Il ouvre la porte de la chambre de Lexa et nous laisse entrer. « Je vous laisse vous installer, si vous avez besoin de moi je serai dans la cuisine ! »
Une fois seules, je voyage dans la chambre et observe l'univers de l'adolescence de Lexa. C'est bien différent de son style actuel qui tend vers le minimaliste, car ses murs sont recouverts de dessins, de peintures et d'étagères prêtes à céder sous le poids des livres. Il y a des poteries posées à peu près partout dans la pièce, certaines contenant des plantes et d'autres vides. Tous les meubles sont en bois massif et sur une petite estrade se trouve son lit double sur lequel des figures sont sculptées minutieusement.
Cette pièce est spacieuse, harmonieuse et très naturelle. Je suis agréablement surprise que cette chambre appartienne à Lexa.
Je m'affale lourdement sur le matelas, le dos posé contre la tête du lit, et observe le plafond décoré lui aussi de peintures. Lexa vient s'asseoir à côté de moi et m'embrasse sur la joue.
« Alors, tu aimes ? » Me demande-t-elle joyeusement.
« J'adore ! Surtout les poteries et les peintures. C'est toi qui les a faites ? »
« Les vases c'est moi et les peintures c'est papa. »
« C'est magnifique ! Vous êtes vraiment doués. »
« C'est lui qui m'a tout appris… Je suis certaine que tu vas bien t'entendre avec lui ! »
« Je n'en doute pas Lex… »
Honnêtement j'en doute. Cet homme est vraiment trop bizarre. Mais en même temps c'est mon beau-père et une part de moi veut qu'il m'apprécie.
Lexa se blottie contre moi et colle un bisou dans mon cou. Je l'enveloppe dans mes bras et la fait basculer au dessus de moi. A califourchon sur mes cuisses, elle pose ses deux mains contre le mur derrière moi, m'emprisonnant entre ses griffes. Elle m'embrasse tendrement sur les lèvres, puis continue ses attentions dans mon cou, laissant une traînée humide et brûlante sur ma joue. Je l'attrape par la taille et la rapproche de moi, ravie de la retrouver aussi proche de mon corps après une semaine de froid. Ce break se passe vraiment bien jusqu'à présent !
Je sursaute lorsque je sens que mon assaillante aspire ma peau, espérant y laisser une jolie marque violacée.
« Hé ! » Je la repousse gentiment et me masse le cou. « J'ai envie de faire bonne impressiondevant tes parents ! Surtout que je n'ai pas encore rencontré ta mère.. »
« Elle va t'adorer, crois moi. » Elle replonge son visage dans mon cou mais cette fois-ci plus bas. J'ai très envie de la laisser faire mais je veux aussi être correct sous le toit de ses parents, même si c'est plutôt mal parti à en juger par notre position.
« Lexa... »
« Mhhh ? »
« Il faut que tu arrêtes… de faire ça… On vient à peine d'arriver. Si ton père nous surprend... »
« Ça le fera rire, t'inquiète pas. »
« Mais... »
« De toute manière, c'est juste un petit câlin, rien de choquant... » Elle me coupe puis m'embrasse langoureusement en dessous du menton. Malgré mes efforts et mon envie de protester, je cède et baisse la tête vers l'arrière, lui donnant accès total à tout ce qu'elle veut. Je la sens sourire contre ma peau, apparemment fière d'avoir couper court à mes protestations.
Mes mains descendent et vont se poser sur ses fesses, les agrippant sans ménagement.
« Est-ce que Lexa Woods faisait la même chose lorsqu'elle avait 15 ans ? »
« C'est à dire ? » Elle chuchote contre ma gorge même si elle sait que je suis extrêmement chatouilleuse à cet endroit.
« Est-ce qu'elle ramenait des filles pour les peloter dans son lit ? »
« Non, jamais. Je n'étais pas vraiment comme ça avant.. »
« Ha oui ? Et tu étais comment alors ? Je suis sûre que tu étais du genre première de classe, avec des lunettes rondes et une mini jupe plissée... » Elle arrête ses administrations câlines et éclate de rire. Un peu vexée qu'elle se moque de moi et aussi déçue qu'elle ne me touche plus, j'attends patiemment qu'elle se ressaisisse et me réponde.
« Non haha ! Non je n'étais pas du tout ainsi ! Désolée de ruiner ton fantasme Clarke.. »
« Oh mince… A quoi je vais penser maintenant lors de mes bains solos ? »
Elle reprend son sérieux puis se saisit de mes mains et entrelace nos doigts.
« Tu pourras penser à moi… Telle que je suis aujourd'hui. »
« C'est déjà ce que je fais.. »
Alors qu'elle sourit timidement face à ma confession, je me redresse doucement et embrasse son front. « Et elle était comment alors, la Lexa du passé ? »
« Elle était... » Elle soupire puis reprend « tellement à côté de ses pompes que tu ne l'aurais même pas remarquée. »
« Alors là je dois t'avouer que j'ai un peu de mal à te croire. » En même temps elle est sûre d'elle, a du caractère et pour couronner le tout, est d'une beauté à couper le souffle.
« Pourtant c'est la vérité. »
« Hé bien, je suis sûre que je t'aurais remarquée en tout cas ! Et je suis fière d'être la première fille à baptiser ta chambre ! »
Elle me sourit puis m'embrasse « Et il n'y en aura pas d'autres, crois moi...»
Je cesse de rire et recule ma tête pour croiser le regard de Lexa. Je n'y vois que de l'adoration et de la sincérité. Ce moment est parfait. J'ai envie qu'il reste gravé à jamais dans ma mémoire car c'est rare que ce soit aussi mignon et tendre entre nous. Je passe mon pouce sur ses lèvres et m'approche doucement vers celles-ci. Alors que je m'apprête à lui voler un petit baiser, j'entends la voix de Marthy qui nous appelle depuis la cuisine.
« Les filles ?! Venez m'aider à préparer le repas ! »
Nous soupirons toutes les deux puis descendons du lit, un peu frustrées par cet affreux timing.
« C'est un clafoutis aux topinambours et aux carottes. J'ai inventé moi-même la recette et tous les légumes viennent du potager ! Est-ce que tu aimes les légumes Clarke ? »
« Oui. Ça a l'air bon en tout cas... » Mensonge ! Je regarde le plat de Marthy avec une moue plutôt mitigée. Je ne sais pas ce qui me dégoûte le plus : l'odeur de fiente de poule ou la substance blanchâtre qui coule sur le côté.
« Ha petite gourmande ! Je suis sûre que tu meurs d'envie d'y goûter avant le souper ! »
« Non, je peux attendre jusque là. » Erg, je n'avalerai jamais ce truc.
« Tu es une jeune femme raisonnable ! Bon on en attendant vous pouvez m'aider à préparer la suite du repas. »
Il se baisse, attrape une caisse en carton puis la pose sur la table. Il passe sa main à l'intérieur et en sort deux lapins… vivants.
« Je les ai attrapés ce matin même ! » Tout sourire, il les tend à Lexa et nous indique de le suivre dans le jardin.
Il attache les lapins par les pattes arrières avec des cordes accrochées à une vieille balançoire.
« Voilà ! Alors je vous laisse vous en occuper pendant que je vais préparer les petits fours ! »
Il nous donne des couteaux et des tabliers puis retourne dans la maison. Je me retourne et vois que Lexa brise déjà la nuque du petit animal. Elle retire ensuite sa fourrure puis la jette au sol.
« Alors ce n'était pas une blague quand tu disais que tu étais une chasseuse ? » Je repense furtivement à notre première fois, lorsqu'elle avait suivi mes traces à travers les bois.
« Oui. Mais nous n'utilisons pas de fusils. Que des pièges. Ce n'est cependant pas simple, il faut suivre,écouter, observer, être discret… C'est plus facile d'attraper du gros gibier dans ton genre ! »
« Hé ! Continue comme ça et tu vas pouvoir retourner dormir dans la chambre de tes parents ! »
« Ok j'arrête, je préfère dormir avec mon petit lapin blond. » Elle me fait un clin d'œil puis continue à dépouiller sa bête.
« J'espère que tu ne comptes pas m'attacher par les pieds.. »
« Non, par contre par les mains... »
Je ris mais m'arrête lorsque je vois que Lexa a fini sa tâche alors que mon animal est toujours vivant. Je ne suis pas une chochotte. Je vois du sang et toutes autres sortes de blessures tous les jours. Mais j'ai plus l'habitude de soigner que de tuer. Et ma bouffe je la préfère cuite et servie au Burger King.
Elle voit mon hésitation et se décide à tuer mon lapin à ma place. Je la remercie silencieusement et vais m'asseoir sur un tronc d'arbre. Une fois cela fini, nous retournons à la cuisine avec la viande. Dès que je passe la porte, une forte odeur bien trop familière m'envahit les narines. Ça me rappelle ma colocataire de fac et aussi la chambre de Raven. Lorsque je vois Marthy avec une pipe au bec, je comprends mieux.
Il coupe des champignons qu'il a sûrement cueillis lui-même tout en fumant de l'herbe. C'est assez original comme façon de cuisiner. Il lève les yeux de son travail et nous sourit.
« C'est bien les filles ! Vous pouvez les couper en morceaux et les mettre dans la casserole. »
Voyant que je fixe sa pipe, il la retire de sa bouche et me sourit.
« C'est médicinal, j'espère que ça ne te dérange pas ! »
Mouais, ça m'étonnerait que ce soit vraiment ''médicinal'' mais après tout il fait ce qu'il veut, il est chez lui.
« Non, ça ne me dérange pas. »
« Tant mieux ! J'en fait pousser un peu dans ma serre, si tu veux je peux t'en donner un peu ! »
« Non merci, ça ira. »
Il me sourit encore puis reprend sa tâche là où il l'a laissée. J'espère sincèrement que ces champignons ne sont pas hallucinogènes…
Je coupe les lapins avec Lexa lorsque le téléphone sonne. Marthy va décrocher, échange quelques mots puis revient dans la cuisine. Il a l'air beaucoup moins joyeux qu'il y a quelques instants.
« Ta mère arrive dans 15 minutes ! »
Lexa blêmit puis lâche la viande. Elle m'attrape le bras et m'entraîne hors de la pièce.
« Va te laver dans la salle de bain du premier étage, maquille-toi légèrement et met quelque chose de beau. » Je veux lui demander la raison de son stress mais elle a déjà fuit vers la salle de bain du rez de chaussée. Elle se retourne puis me crie « 14 minutes Clarke !14 minutes ! »
Tout ça ne me rassure pas du tout, mais je file me doucher et me préparer. Vu leurs réactions, j'imagine que ma belle-mère est une horrible personne coincée et hautaine. J'opte donc pour une chemise à fleur que je ferme presque jusqu'en haut. Je l'agrémente d'une jupe de longueur plus qu'appropriée et d'un chignon presque ordonnée. Je finis de me préparer une minute avant l'arrivée de la matrone tant redoutée. Je descends et rejoins Lexa sur le canapé. Elle porte une robe blanche qui lui va à ravir mais qui la rajeunit un peu.
« Ça doit bien être la première fois que je te vois dans une jupe aussi longue, Clarke. » Elle check ma tenue et s'arrête sur mes boutons fermés, une moue boudeuse sur le visage. « Je les préfère libérés moi.. » Reprend-t-elle avec la voix d'un enfant capricieux.
« Tu les verras ce soir. »
« J'ai vraiment hâte... »
Les yeux de Lexa pétillent jusqu'à ce qu'on entende la porte d'entrée claquer. A présent elle serre la mâchoire et triture le petit coussin qu'elle tient entre ses mains. Je tourne la tête et aperçoit trois nouvelles personnes dans le salon. Un homme et deux femmes. Nous nous levons et saluons la plus grande et la plus âgée qui est apparemment la mère de Lexa et Roan.
« Lexa. Quel plaisir de te revoir. »
« De même maman. Je te présente Clarke, ma compagne. »
Sa mère est vraiment très intimidante. Elle baisse les yeux vers moi et me jauge. Son regard passe de mes chaussures à ma jupe, puis de ma taille à mon visage. Elle semble satisfaite de mon apparence puisqu'elle me serre la main de manière très solennelle.
« Enchantée Clarke. »
« Moi aussi Madame Woods. Vous avez une charmante maison. »
« Merci. Je vous présente Roan, mon fils aîné, et sa fiancée, Niylah. »
Je salue les nouveaux venus puis vais me repositionner à côté de Lexa. Son frère me fixe également, cherchant sûrement à savoir si je suis assez bien pour leur famille. Ses yeux sont bleus mais inexpressifs, comme Lexa lors de notre rencontre. Je déteste ce regard, il me rappelle chacune de nos disputes. Je commence presque à préférer Marthy au reste de sa famille…
Ce dernier rentre dans la pièce est accueille son fils et sa belle-fille. Au vu du regard que lui lance sa femme, je peux deviner qu'elle compte bien lui passer un savon.
« Nia ! Tu rentres plus tôt que prévu... »
« Ça ne prend pas tout une journée pour choisir des fleurs, Marthy. »
Elle le laisse en plan puis va dans la cuisine. Elle revient quelques instants plus tard, un verre de scotch à la main, et s'assied dans le plus gros fauteuil de la pièce qui lui est apparemment réservé. Son regard bleu et perçant va à nouveau se poser sur son mari qui se tient maladroitement à côté de son siège.
« Marthy, je peux savoir ce qu'il y a dans les casseroles ? »
« Le repas de ce soir, chérie. »
« Jette moi cette chose que tu appelles nourriture. Je t'avais dit que je passais chez le traiteur. »
« Mais... »
« Tu ne comptes quand même pas servir cette horreur à nos invités ? »
« ...Non. »
« C'est bien ce que je me disais. »
Le père de Lexa retourne tout penaud dans la cuisine. Je suis vraiment peinée pour lui mais je n'avais pas du tout envie de manger ce qu'il avait concocté. Je suis donc soulagée mais apeurée par ma belle-mère qui semble sans pitié.
« Hé bien, nous pouvons passer à table maintenant ! » Annonce-t-elle froidement.
« Dites-moi Clarke, que faites vous dans la vie ? » C'est la première fois que la mère de Lexa prend la parole depuis le début du repas, et bien sûr il faut que ce soit à moi qu'elle s'adresse.
« Je suis interne dans un hôpital. J'aimerais me spécialiser par la suite en pédiatrie. »
« Voilà qui est intéressant. Et comment avez-vous rencontré ma fille ? »
« Nous travaillions toutes les deux dans le même camp de vacances. »
« Vous faites donc partie de ces rares personnes qui ont vu Lexa travailler. » Elle rit à sa propre blague et se ressert du vin. J'observe Lexa du coin de l'œil, elle se force à sourire puis replonge dans son assiette.
« Et vous dépendez encore de vos parents, financièrement parlant ? » Reprend-t-elle.
« Non, plus vraiment. »
« Mais c'est merveilleux ! Lexa, tu devrais prendre exemple sur ta partenaire. » Un sourire mauvais grimpe sur ses lèvres alors que tout le monde se tait et attend la réponse de l'intéressée.
« J'aimerais bien maman, mais avec mes cours ce n'est pas possible. »
« Si tu n'avais pas raté ta première année universitaire, tu aurais déjà un travail. Mais apparemment tu préfères continuer à paresser et à profiter de l'argent de tes parents. Que dis-je, de l'argent de ta mère plutôt. »
Lexa et Marthy baissent la tête et ne répondent pas. C'est incroyable comment ils se font marcher dessus. Je me sens vraiment mal à cette table, et un seul coup d'œil suffit à confirmer que c'est le cas de tout le monde, sauf de madame Woods bien sûr.
« Hé bien, ces retrouvailles m'ont épuisée. Je vais me coucher. Je vous souhaite à tous et à toutes une bonne soirée. » Nia se lève royalement et quitte la table puis la pièce.
Après son départ, j'ai l'impression que tout le monde recommence à respirer, libérés de cette ambiance plus que lourde. Cette femme est vraiment sèche et froide, voire glacée.
Marthy prend sa pipe puis nous souhaite également une bonne soirée. Nous nous retrouvons donc à quatre à table.
Lexa finit son plat puis me prend doucement la main. Elle a l'air achevée et pose sa tête sur mon épaule. Alors que son frère nous observe de manière neutre quoiqu'un peu hostile, sa fiancée ouvre la bouche pour la première fois depuis qu'elle est entrée dans la maison.
« Vous êtes vraiment belles à deux ! Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ? »
Voyant que Lexa a les yeux fermés, je réponds à la question. « Deux ans cette semaine ! »
« Oh comme nous ! Nous avons d'ailleurs décider de nous marier le jour de notre anniversaire. C'était l'idée de Roan. »
« C'est une excellente idée ! » Sa joie est transmissible et je me surprends à lui répondre sur le même ton guilleret.
« La demande était parfaite ! Il avait carrément privatisé un restaurant ! C'était magique. »
« N'exagère pas Niylah. » La grosse voix de Roan résonne, elle est autoritaire et mais suave à la fois.
« Je n'exagère pas, c'est juste que tu sais ce que tu veux et comment tu le veux. Et j'adore ça ! »
Elle l'embrasse sur la joue même s'il ne bouge pas d'un poil. Cet homme sait ce qu'il veut. Dommage que sa sœur ne sache pas prendre exemple sur lui.
