« Lexa, je suis désolée, je ne sais pas ce qu'il m'a pris ! » Niylah se jette presque aux pieds de Lexa, implorant son pardon. Je dois avouer que je suis soulagée qu'elle ne m'accuse pas d'adultère.
« C'était sûrement un moment d'égarement. » Lexa s'avance doucement dans la pièce et va s'appuyer contre le lavabo. Je ne dis rien, mais je croise son regard et y vois de la colère. Ce calme qu'elle nous montre n'est qu'une facette, et je sais qu'elle va être sans merci avec sa belle-sœur. Depuis que nous sommes en couple, j'ai eu l'occasion de voir les différents visages de Lexa à de nombreuses reprises : le grincheux quand elle a faim, le joyeux quand elle boit de la sangria, le coquin quand elle essaie de m'attirer dans le lit pour prolonger nos grasses matinées, le boudeur quand elle ne réussit pas à faire quelque chose, le rêveur quand elle s'adonne à ses passions,… Mais celui là, bien qu'occasionnel, est le plus redoutable. C'est le visage jaloux. Lexa n'est pas une petite-amie jalouse, en tout cas moins que moi, mais lorsqu'elle voit quelqu'un me toucher, elle entre dans une colère noire et rappelle à l'ennemi qu'il doit se tenir éloigné de sa propriété s'il ne veut pas mourir dans d'atroces souffrances.
Cette scène me rappelle l'affront entre elle et Finn lors du camp.
« Exactement ! Je suis vraiment désolée, ne dis rien à Roan s'il-te-plaît. »
« Tu ne comptes quand même pas commencer cette union avec des mensonges Niylah ? »
« Je.. C'était une erreur Lexa. J'ai consommé beaucoup trop d'alcool. »
« Bien sûr… Tu penses mériter quelqu'un de mieux que mon frère, quelqu'un comme Clarke… Mais je vais t'ouvrir un peu les yeux : ils sont tous les deux trop biens pour toi. Tu me répugnes... Mais je ne vais rien dire à Roan car ce n'est pas trop mon affaire s'il a choisi d'épouser une traînée. Par contre, si tu touches encore à un seul cheveu de ma Clarke, je te promets de briser tes os un à un. Ensuite je te dépècerais et je donnerais ta peau à Luna qui en fera un superbe tapis sur lequel je pourrais essuyer mes pieds lorsque je marcherais dans une merde. Je pense aussi faire un sceau avec ton crâne dans lequel je pourrais vomir quand je repenserait à la scène à laquelle je viens d'assister. »
Niylah est extrêmement pâle et effrayée suite au monologue de Lexa. Celle-ci est d'ailleurs très fière de sa menace, et comme avec Finn, elle la congédie ''gentiment''.
« Tu peux partir maintenant. Tu ne vois pas que tu gênes ? »
La future mariée tourne le dos et se dirige vers la porte. On peut l'entendre murmurer entre ses dents : « Pire que sa mère. »
En une fraction de seconde, Lexa a perdu son calme et s'est jetée sur sa belle-sœur. Elle l'attrape par les cheveux et la plaque contre le mur. Niylah crie et se débat mais son assaillante est beaucoup trop forte.
« Je ne suis pas comme elle ! Ose répéter ça et on repeint le mur en rouge ! » Lexa crie dans les oreilles de Niylah et colle son visage contre le mur. Je saute sur elle, saisis un des ses bras et l'implore d'arrêter.
« Lexa ! Mais t'es folle ?! Arrêtes, tu vas la blesser ! »
« C'est le but ! » Elle claque la tête de sa victime contre le mur, la faisant crier de douleur. Je ne l'ai jamais vu être aussi violente, c'est d'ailleurs elle la plus calme de nous deux, mais là et pour la première fois elle me fait réellement peur. Les bruits ont dû parvenir jusqu'à l'extérieur des toilettes puisque je vois Anya et Luna débarquer en courant dans la pièce. Bien que choquée devant la scène, Anya garde son sang froid et attrape Lexa rapidement mais efficacement, utilisant une prise de je ne sais qu'elle art martial pour l'immobiliser. Lexa se débat au début puis laisse tomber et se calme, devenant toute molle dans la poigne de fer de sa meilleure amie.
Je me précipite vers une Niylah sanglotante et examine son visage. Je le vois direct : son nez est cassé. Je ne pense pas que les photos du mariage vont être très belles…
« Ton nez est cassé... » Ses larmes doublent en quantité, comme le sang qui coule sur sa robe. Luna (qui racle le sang contre le mur avec son doigt puis le renifle) vient prendre Niylah par le bras et se propose d'aller la conduire aux urgences.
Une fois qu'elles ont quitté la pièce, Anya lâche Lexa qui a déjà retrouvé son petit sourire narquois, comme si rien ne s'était passé.
« Je peux savoir pourquoi tu as défiguré la future mariée à son propre enterrement de vie de jeune fille ? » Demande Anya, les mains sur les hanches et un sourcil levé.
« Elle a embrassé Clarke et m'a insultée de la pire manière possible. Elle le méritait. » Anya lève les yeux aux ciel en entendant sa réponse. Même elle trouve sa réaction exagérée.
Lexa s'approche de moi et essaie de toucher mon visage, sûrement pour mettre une de mes mèches rebelles derrière mon oreille. Sauf qu'elle ne s'attendait apparemment pas à ce que je recule brutalement tout en lui offrant un regard empli de dégoût de déception.
« Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?! Tu ne peux pas l'agresser ainsi ! »
« Si je peux. » Répond-t-elle du tac au tac. Je la fixe en silence, fatiguée de cette semaine et de cette famille de fou.
« Peut-être que je mérite effectivement mieux... » Je m'entends parler de l'extérieur, comme si je vivais une out-body expérience. C'est dit sans trop de conviction, mais assez pour faire réagir Lexa. Voyant venir la dispute, Anya se racle la gorge puis s'éclipse sans un mot.
« Quoi ?! Tu voulais te la taper c'est ça ? »
« Non ! Tu penses vraiment que je serais capable de te tromper ? »
« Hé bien laisse moi en douter ! Tu me repousses à notre anniversaire, tu me fais des crises pour rien et maintenant… et maintenant tu penses mériter mieux ? » Sa voix se brise à la fin de sa phrase.
« Non, je sais que c'est toi que je veux. »
« Alors pourquoi tu dis ça ? Ça n'a pas de sens... » Elle fait une pause puis relève la tête, comme si elle venait de trouver elle-même la réponse. « Ne me dis pas que tu t'es laissée influencer par ma mère ? »
« ... »
« J'aurais dû m'en douter. Je t'avais dit qu'elle allait t'adorer. » Elle rit amèrement.
« Je ne sais pas c'est quoi le problème avec ta mère, mais ça te rend parano. Elle ne m'a pas influencer. Tu sais bien que ça allait mal avant la trêve. »
« Qu'est-ce que tu veux Clake. Dis-moi. » Souffle-t-elle, défaite et au bord des larmes.
Je réfléchis à une réponse juste mais efficace, qui réglera tous nos problèmes, mais qui sera sincère.
« J'ai envie de t'avoir en entière. Avec tes défauts et tes qualités. Je ne veuxpas que tu portes un masque avec moi. J'ai envie de vivre avec toi, de te tenir dans mes bras tous les soirs, de construire un avenir… J'ai aussi envie que tu t'entendes bien avec mon chien. Mais surtout je veux que tu me fasses confiance. »
« Je te fais confiance ! Je te donne tout ce que j'ai, et si ce que je suis n'est pas assez pour toi hé bien… il vaut mieux que l'on arrête là. »
« Tu plaisantes j'espère ? »
Sortir de la pièce sans même m'adresser un dernier mot ou un regard doit être un non je suppose…
« En voiture ! »
Marthy monte dans sa VW combi verte et mauve, puis réussit à la faire démarrer après sept essais. Je regarde par la fenêtre et vois Lexa debout à côté de la boîte aux lettres. Elle est enveloppée dans le gros châle gris que je lui ai offert lors de notre premier Noël ensemble. Elle s'est enfermée dans la chambre d'ami depuis hier soir et n'est même pas sortie pour me dire au revoir. Sa mère avait presque l'air déçue que je parte. Elle m'a donnée son numéro et sa carte et m'a dit de ne pas hésiter à l'appeler à l'avenir. Tu peux rêver connasse.
Le van démarre et m'éloigne de la demeure ainsi que de celle dont je suis amoureuse. J'essuie les quelques larmes qui coulent sur mes joues, ne voulant pas que Marthy me voit pleurnicher.
« C'est vraiment dommage que tu partes.. Tu es sûre de ne pas vouloir rester et de voir si les choses peuvent s'améliorer ? » Marthy prend la parole après seulement deux minutes de route, n'ayant visiblement pas compris que je n'ai pas envie du tout de parler.
« Ça ne s'arrangera pas… C'est elle qui veut arrêter, pas moi. Je ne vais pas la forcer... »
« Haaaa… Vous les jeunes êtes si dramatiques et faibles ! Vous vous séparez au moindre petit échauffement. Être en couple, c'est affronter les difficultés à deux, pas se défiler lâchement. J'aurais dû apprendre cela à ma fille au lieu de lui donner des cours sur toutes les plantes hallucinogènes... »
Il ne peut pas se contenter de conduire au lieu d'enfoncer le couteau dans la plaie ? En plus je ne vois pas pourquoi il me donne des conseils matrimoniaux alors que sa propre femme lui hurle dessus et le bat sûrement.
« Tu te dis ''mais pourquoi ce vieux con essaie de me conseiller alors qu'il est soumis à sa femme'', n'est-ce pas ? » me demande-t-il tout en essayant d'imiter ma voix (pourquoi est-ce qu'il prend une voix grave ? Je ne parle pas ainsi quand même ?!).
« A peu près... » je lui réponds tout en rougissant un peu, gênée qu'il sache m'analyser de la sorte.
« Tu ne te demandes pas pourquoi sommes nous mariés depuis si longtemps ? Pourquoi elle reste avec moi si elle prétend ne pas m'aimer ? Sûrement pas pour mon argent. Pas pour mon humour et encore moins pour mon physique car même si j'étais plutôt beau gosse avant, je suis à présent vieux et chauve. » Il ricane et me fait un clin d'œil. Barjot…
« Pourquoi alors ? »
« Car nous nous aimons, à notre façon. Nous sommes opposés mais nous nous complétons. Nia est une femme très exigeante mais même si elle n'obtient pas ce qu'elle désire et qu'elle crie au et fort son désenchantement, elle reste car elle sait ce qu'elle veut vraiment au fond. Cela a toujours été conflictuel entre nous, dès notre rencontre en fait, mais on fait avec depuis trente-deux ans. »
« Sans vouloir être indiscrète, comment vous vous êtes rencontrés au fait ? Vous êtes si différents et puis cette différence d'âge... » Ce couple pique ma curiosité à vif, et j'écoute sagement le vieux Woods.
« J'étais professeur d'Histoire à l'université lorsque j'ai rencontré une élève plutôt butée qui se plaisait à contredire tout ce que je disais. On se disputait toujours après les cours sur tel ou tel sujet. L'arrogance de cette femme qui était de 16 ans ma cadette m'énervait grandement mais m'attirait également. Je me souviendrais toujours de ce jour où elle à crevé mes pneus car je lui avait mis un B à un de ses travaux… De là a commencé une magnifique histoire d'amour ! »
« Waw c'est assez atypique mais très beau comme rencontre... » Cela me rappelle un peu notre propre rencontre à Lexa et moi. Se détester puis se faire des coups bas pour finalement s'aimer…
« Merci Clarke ! Nous sommes arrivés ! » Il descends du van puis va prendre mes affaires à l'arrière. Nous nous dirigeons vers l'aéroport tout en discutant légèrement. C'est effectivement un homme intéressant et je regrette un peu de ne pas avoir passé plus de temps que ça avec lui. Discuter avec lui m'aurait peut-être aider à mieux comprendre Lexa puisqu'il est après tout une grande part d'elle. Une part colorée, amusante et brillante quoiqu'un peu étrange.
Je règle mon ticket puis me dirige vers la porte d'embarquement. Marthy sort un papier de sa poche puis me le tend. Il me sourit puis me prend dans ses bras malgré qu'il est visible que je ne suis pas vraiment tactile.
« Lexa t'aime, j'espère que tu le sais. Je suis sûr que ça va s'arranger, on oublie pas aussi vite quelqu'un comme toi ! En tout cas je te souhaite tout le bonheur du monde et je te dis à la prochaine car je suis convaincu de te revoir ! »
« Merci pour tout Marthy ! »
Une fois seule dans l'avion, je déplie le papier qui est en fait un polaroid, et découvre une photo de Lexa et moi. On nous voit rire tenddrement à côté des lapins accrochés à la balançoire. Une envie pressante de descendre de l'avion et de retourner chez les Woods me prend mais il est trop tard.
Je jette mes clés puis m'affale dans le fauteuil et vide toutes les larmes de mon corps. J'attendais d'être chez moi pour enfin me lâcher et ça fait du bien. Ontari me saute dessus et lèche mon visage. Je la serre fort et pleure plus fort. Il n'y a qu'elle qui peut vraiment me comprendre.
« Comment ça se fait que tu rentres aussi tôt ? » me demande Raven alors qu'elle se tient timidement contre la porte. J'avais presque oublié notre conversation au téléphone.
« Je… C'est fini avec Lexa. »
« Oh Clarke… Je suis vraiment désolée ! » Elle se précipite vers moi et m'entoure de ses bras. J'accepte volontiers cette accolade et me laisse consoler. Après quelques instants je me ressaisis et m'éloigne de Raven. Je la remercie tacitement d'être de là pour moi, surtout après ce que j'ai fait. Elle m'embrasse sur le front puis va nous chercher des bières et de la glace, histoire qu'on déprime bien comme il faut.
« Je suis désolée, je n'aurais pas du te forcer à voir Octavia... »
« C'est pas grave, ça m'a permis de réfléchir un peu sur moi-même. »
Deux mois. Cela fait deux mois que je n'ai plus vu Lexa. Je surveillais tous les jours son profil facebook, je voyais les photos du mariage de son frère (Niylah avait un gros pansement sur le nez), de ses sorties avec Anya et ses amis… Jusqu'au jour où j'ai vu une photo d'elle et d'une autre fille, une pimbêche blonde aux yeux bleus (vive l'originalité quoi) (et même pas belle en plus). Je n'ai pas pu m'empêcher de laisser un commentaire qui exprimait tout ce que je ressentais : j'ai écrit ''Beurk''. Malheureusement, cela a convaincu Lexa de me retirer de ses amis ce qui fait que je n'ai à présent plus aucun lien avec elle. C'est dur. Je travaille plus qu'avant, je dors moins, je ne sors presque plus avec mes amies… Je sais que O et Lincoln ont vu plusieurs fois Lexa depuis, mais ils ne cessent de nier et de dire qu'elle a tout simplement disparu de la circulation.
Raven a repris le boulot, a un nouveau petit-ami et régule sa consommation d'alcool. Elle se limite à quelques verres par semaine lorsqu'elle sort avec ses amis ingénieurs. Par contre elle fume toujours de l'herbe dans l'appartement tout en affirmant que cela lui permet de mieux se concentrer pour ses projets. Comme en ce moment même alors que nous regardons Orphan Black ensemble.
« Je suis sûre que Delphine n'est pas morte. » dit Raven tout en faisant des ronds de fumée.
« C'est clair qu'elle est morte. Je sais bien que tu fantasmes sur elle mais remets-en toi! »
« C'est pas ma faute si son accent me rend toute fofolle. »
La sonnette nous interrompt et raven se lève pour aller ouvrir.
« Heyyy ! Salut toi. » J'entends Raven mais ne voit pas la personne à qui elle parle. J'entends une voix familière puis me fige lorsque je vois l'hôte mystère rentrer dans mon salon.
« Anya ? »
Je suis dans une humeur un peu spéciale et c'est peut-être pour ça que ce chapitre est bizarre, mais j'adore quand il y a de la fight gnark gnark ! Promis ça va s'arranger ^^
