Et voilà, le chapitre 4 enfin terminé, il est un peu plus long que les 3 premiers,
sur ce, bonne lecture ;)
Ce matin-là, le réveille fut très douloureux. Tous les muscles de mon corps me faisaient atrocement souffrir. C'est donc avec une grande difficulté que je me levais de ce sol humide et froid car oui, mon père n'avais pas prit la peine de me ramener dans ma chambre. J'ignorais encore comment j'arrivais à tenir correctement sur mes deux jambes et après de longues minutes, je réussis à me hisser dans l'escalier trop étroit. Je ne savais pas quelle heure il était et entre nous, je m'en foutais pas mal.
Je me dirigeai donc vers la salle de bain, non sans difficulté, afin de prendre un bon bain chaud, et de détendre un peu tous mes muscles contractés par la douleur. Je laissai donc l'eau couler pendant que je me plaçais devant le grand miroir. Je pus constater l'ampleur des dégâts : mon visage était gonflé, couvert de bleus en tout genre, l'arcade sourcilière était ouverte, signe de quelques points de sutures et ma lèvre inférieure avait éclaté, sous l'effet d'un coup de poing particulièrement puissant. Je continuais de contempler ce corps que je haïssais tant en regardant mon torse, celui-ci s'en sortait pas trop mal, avec seulement quelques hématomes. Je décidai, pour finir de me retourner et de jeter un œil à mon dos qui me faisait souffrir le martyr. Ce soir-là, mon père n'y était pas allé de mains mortes. Les coups de ceintures que j'ai reçu étaient si violent que ma peau à cédé à quelques endroits laissant au passage, quelques coulées de sang séché. Après un instant resté impassible devant cette image qui m'horrifiait, je coupais l'eau qui s'apprêtait à déborder. Une fois dans mon bain, j'essayai de me détendre au maximum et de faire impasse sur la douleur.
Puis je plongeais dans mes souvenirs datant d'à peine un jour et me remémorais cette fameuse journée où j'ai pus goûter à un bonheur interdit. Oui, j'ai vraiment apprécié cette petite sortie avec tous les autres. J'ai pus apprendre à les connaitre et je dois dire que je commence à m'attacher à certains d'entre eux. Mais je ne dois pas. Les vagues souvenirs de la veille au soir me revinrent en mémoire comme un coup de poing en pleine face et je revoyais ce corps, si faible, si laid qu'est le mien. En réalité, je n'avais pas le droit de détester mon père, pas après ce que je lui ai pris alors je m'en prenais à la seule personne qui restait : moi. Lorsque je me regardais dans ce miroir, tout ce que je voyais, c'était du dégoût. Je me méprisais autant qu'il me méprisait. En faite, quand je regardais mon corps, je voyais de la pitié. J'étais pathétique, tout simplement. J'ai souvent pensé à mettre fin à mes jours mais à quoi bon ? Je rendrais sûrement service à beaucoup de monde, en premier à mon père mais j'avais peur. Je ne voulais pas mourir et surtout je me devais de vivre, pour elles. C'est sur ces douloureuses pensées que je me décidai à m'habiller et à préparer le petit déjeuner.
L'horloge de la cuisine indiquait 8h09. Et merde, non seulement je venais de louper mon bus mais en plus de ça, je devais prendre le prochain bus qui ne passait pas avant 8h32. Génial. Je me dépêchai donc de préparer mon repas pour midi, monta dans ma chambre, pris mon sac à la volée et sortis en prenant soin de ne pas claquer la porte pour ne pas réveiller le vieux. J'arrivais donc au lycée avec pas moins de 30 minutes de retard, ce qui m'a fallu un passage chez les surveillants. Sans motif valable. Ben voyons, comme si je ne le savais pas. Je me dirigeai d'un pas lent vers ma salle et entrepris de toquer à la porte. Je fus reçu et le professeur d'anglais, Mme Kokoro me fit signe de m'assoir en silence. Je pouvais apercevoir Luffy en train de me faire de grand signe pour capter mon attention. Déjà à 9h00 du matin, il était au taquet. C'est en l'observant plus attentivement que je compris qu'il me demandait ce qu'il m'était arrivé. Ah oui, c'est vrai qu'à cet instant, j'en avais presque oublié l'état de mon visage, presque. Il était légèrement dégonflé depuis ce matin mais avait tout de même le don d'attirer les regards sur moi, et je pouvais entendre quelques élèves chuchotés entre eux. Cela avait vraiment le don de m'agacer. D'habitude, ça ne me gène pas plus que ça d'être le centre d'attention, surtout au près des filles, j'adorais. Mais dans ce cas-là, je pouvais les entendre se demander ce qu'il m'était arrivé, si j'étais du genre mauvais garçon, à arriver en retard dès le deuxième jour et à me battre dès le matin. Je ne le supportais pas. Alors oui, en guise d'excuse, je ne pouvais qu'affirmer que je m'étais battu, au moins ça dissiperait les soupçons sur la vie que je menais avec mon père qui me battait,… Je ne voulais pas être perçu comme un délinquant, ça non. Qui plus est, je détestais la violence. Alors c'était vraiment ironique comme situation. Je prétendais être quelqu'un qui se battait souvent, pour un rien alors que je n'ai jamais frappé quelqu'un. Il m'est déjà arrivé, lorsque j'étais plus jeune, de me battre une ou deux fois avec d'autres enfants mais ce n'était jamais de la pure violence. C'était de vulgaires bagarres d'enfants, rien de plus. Je fus tiré de mes réflexions par la sonnerie.
Et une petite pause de 10 minutes. Immédiatement, Luffy se précipita vers moi, très vite rejoint par la belle Vivi et ils me bombardèrent de questions.
« Sannnnnjiii, pourquoi t'es arrivé en retard ? Je t'ai attendu moi, tu m'avais promis de me ramener à manger ! Se lamentais Luffy en me regardant d'un air triste.
- Sanji, est-ce que tout va bien ? Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Ça va ?
- Oui ma Vivi, tout va bien, ce n'est rien du tout, juste une petite bagarre avec des crétins qui m'ont cherché des noises.
- Et ben ils t'ont pas loupé, tu ne sais pas te défendre ou quoi ?
Et voilà l'autre tronche d'algue qui rapplique, ce qui peut m'énerver ce type !
- Un problème marimo ? Tu voudrais peut être que je te montre comment je leurs ai éclaté la face ?
- Quand tu veux, je t'attends, du sourcil !
- Arrêtez les garçons, dois-je vous rappelez qu'on est en classe ?
- Oh pardon, Vivi de mon cœur mais c'est cette algue pourrie qui n'arrête pas de polluer l'air, fis-je les yeux en cœur.
- Pff, c'est d'un ennui, te voir te pavaner devant toutes ces filles, ça me fout la gerbe.
- Répète un peu, sale marimo !
/ DING DONG /
- Ah enfin, sauvés par le gong ! J'ai bien cru que vous alliez vous entretuez ! », Déclara Vivi, d'un ton presque soulagé.
Le professeur entra et le cours de littérature allait débuter. Ce cours était gérer par Mr Aokiji, un homme très grand, à vu d'œil je dirais qu'il mesure au moins 2 mètres. Je n'aimais pas vraiment ses manières de grand philosophe, à tout savoir sur tout, ça m'énervait. Et dire que je l'avais 2 heures sans interruption, ça allait être très, très long.
Une fois le cours finit, c'était l'heure de la pause déjeuné. Très vite, je fus rejoint par Luffy, Vivi et à mon plus grand désespoir, Zoro. Nous avions décidé de se retrouver tous ensemble sur le toit du lycée pour manger, enfin ils avaient décidés, moi je me contentais de les suivre, sans avis personnel. De toute façon même si je ne voulais pas, Luffy s'était déjà emparé de mon bras pour me trainer dans les couloirs afin de rejoindre le toit. Là, je pus revoir tous le monde et, en étant plus attentif, remarquer deux nouvelles têtes que je n'avais pas vues la veille.
« Salut Sanji, contente de revoir mais que t'es t-il arrivé ? me demanda Robin, un sourire toujours énigmatique aux lèvres.
- Oh ça, c'est rien, ne vous inquiétez pas, juste une bagarre ! Lui répondis-je, un sourire qui sonnait faux, malgré moi.
- Sanji, permet-moi de te présenter Ace, mon petit ami et Chopper, mon petit frère ! déclara Nami, toute contente de pouvoir enfin me présenter l'homme qu'elle aimait.
- Salut mec !
- Bon-… Bonjour, me fit Chopper, en tentant de se cacher (du mauvais côté) derrière Nami, apeuré.
- Bonjour, enchanté ! Dis-je en tendant une main amicale vers eux.
Ace la prit et s'en suivait une poignée de main solennelle mais Chopper resta figé derrière sa grande sœur.
- Excuse le Sanji, il est très timide ! Et Chopper arrête de te cacher derrière moi, t'as plus 4 ans ! Il ne va pas te manger, c'est un ami ! »
Ce qu'ils pouvaient être mignon ces deux-là. Oh je ne parle pas d'Ace et Nami, mais plutôt de cette relation fraternelle qui lie Chopper à sa sœur. En les regardant, je ne pouvais m'empêcher de penser à Mia. C'est vrai, elle était d'une timidité maladive mais pourtant, elle n'en restait pas moins adorable. Je l'aimais plus que tout mais je n'ai pas su la protéger comme l'aurais fait un grand frère respectable. Mais je n'en étais pas un. J'ai foiré et à cause de moi, ma sœur n'a pas pu vivre sa vie, au contraire, elle la débutait à peine. Elle n'avait que 6 ans. Nami me sortit de mes douloureux souvenirs, un air inquiet sur le visage. Je lui fis un sourire presque sincère et lui dis que tout allais bien. Mentir était l'une de mes spécialité, c'était tellement facile et pourtant je sentais mon cœur se serré à chaque fois que j'utilisais le mensonge.
Quelques minutes plus tard, nous étions tous installés en rond pour manger. Ce fut le repas le plus bruyants et mouvementé que je n'avais jamais vu. Entre Luffy qui volait la nourriture d'à peu près tout le monde, Ussop qui nous racontait encore l'une de ses fameuses aventures imaginaires, Franky nous montrant l'une de ses dernières danses « super sexy », sous les yeux émerveillés de Chopper et Luffy, et Nami qui distribuait des coups de poing à tous ces imbéciles pour qu'ils se taisent un peu. Il n'y avait pas à dire, ce joyeux groupe d'amis ressemblait ni plus ni moins à une grande famille. Je les enviais au plus profond de mon être. Ce que j'aimerais pouvoir être comme eux, insouciant, profitant de la vie à fond. Un peu plus loin se tenaient le marimo et Ace, riant comme deux enfants dans leur monde. C'était la première fois que je voyais l'autre face de brocoli sourire, et même rire. C'était la fête ou quoi ? Il allait neiger, en plein mois de septembre ? Je me surpris à sourire en les regardant tous, à ce moment-là, j'étais vraiment heureux. Jamais je n'avais ressenti pareille émotion.
La cloche sonna le début des cours de l'après-midi et il était temps pour nous de nous disperser. Moi, étant dans la classe de Luffy, Vivi et de la pelouse ambulante, tandis que les autres se séparèrent encore en petits groupes. Nami, Ussop, Franky et Robin d'un côté, Chopper n'étant qu'en première année, se retrouvait seul et Ace, qui malheureusement pour lui, ne s'était retrouvé avec aucun de ses amis. La poisse.
Les cours de sciences, de géographies et de mathématiques se sont passés tranquillement. Il était 17h30 quand je sortis du lycée. Ce fut une journée vraiment chargé et elle n'était pas prête de se terminer. Ce soir, je bossais. Rien qu'à l'idée que j'allais terminer mon service à 22h00 me fatiguait davantage. Mon corps n'en pouvait plus. Après avoir tenu toute la journée en essayant de paraître le plus normal possible et de ne pas montrer une once de faiblesse, je devais encore tenir toute la soirée pour mon travail. À cet instant, je ne rêvais plus que d'une chose : mon lit. Je me dirigeai donc vers l'arrêt de bus pour rentrer chez moi et me préparer pour ce soir. Je devais me présenter au restaurant à 19h00 précise. Arrivé à la maison, je ne trouvai pas mon père. Bah, il a dû sortir acheter des bouteilles et autres cochonneries. Profitant de son absence, j'entrepris de sortir mon paquet de cigarettes de mon tiroir de bureau et de m'en griller une. Cela faisait un petit moment que je n'avais pas fumé. Lorsque je pris une première bouffée, je pus me détendre un peu, le goût de tabac venant s'ajouter à tout cela. Si mon père me voyait, bien qu'il fume lui aussi, je pense que je finirais en pâté pour chien. Après avoir pris soin de mettre mon mégot dans l'un des nombreux cendriers de la baraque, je regardais l'heure : 18h24. Il était temps pour moi de partir prendre mon bus. Au moment où j'allais franchir le seuil de la porte, celle-ci s'ouvrit pour laisser passer mon vieux, des sacs de courses au bras.
« Qu'est ce que t'attends pour t'écarter du chemin, tu veux peut-être que je t'apprenne, espèce de bon à rien ? » cria mon père en me jetant un regard noir avant de disparaître dans le salon et d'allumer la télé.
Je fis mine de n'avoir rien n'entendu et continua ma route, direction le Baratie.
A suivre…
J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez,
A la prochaine, ciao! :)
