Le bourgmestre de Carnoval, soumis comme tout un chacun aux ordres du prince de la ville, avait pour tâche de gérer l'administration de la cité et d'y faire régner l'ordre. Il était plutôt fier d'avoir créé ce que, pompeusement, il nommait : "l'Institution". Orphelinat ou prison pour enfants ? L'établissement tenait des deux, mais plus particulièrement de la seconde. Cependant, officiellement il s'agissait d'une œuvre de bienfaisance. Une "institution charitable", en somme : y enfermer les jeunes vagabonds et les orphelins, les voleurs et autres criminels en devenir afin de les soustraire aux multiples tentations du vice, du vol, de la mendicité et de la violence qui, inexorablement, finit par prendre dans ses filets tous ces laissés pour compte, c'était une belle œuvre, non ? Entre les hauts murs de l'Institution, aux soins d'un personnel rétribué par le bourgmestre lui-même (qui de fait avait à sa charge tous les frais afférents à l'établissement), ces enfants seraient éduqués et pourraient apprendre un métier pour ainsi devenir plus tard des hommes et des femmes honnêtes.
Le bourgmestre lui-même n'avait jamais mis les pieds sur place mais il ne détestait pas qu'on lui adresse des félicitations concernant son initiative. Il estimait en effet qu'il les méritait amplement et, pour lui, il allait de soi que les enfants et adolescents, garçons et filles (les deux étant cependant séparés, l'Institution comportant deux corps de bâtiments qui ne communiquaient pas entre eux) ainsi mis à l'abri du besoin qui conduit au crime, ces enfants jeunes ou un peu moins jeunes auxquels on offrait une perspective d'avenir devaient lui être reconnaissants leur vie durant. A moins de faire preuve de la plus noire ingratitude. Ne serait-ce que parce qu'ils étaient à l'abri de la faim. Ce qui n'était pas rien, tout de même. Oh naturellement, les conditions de vie à l'intérieur étaient très simples, mais il ne fallait tout de même pas oublier que c'était lui qui payait et que c'était, après tout, un fort beau geste de sa part ! Il ne fallait tout de même pas demander plus, il en faisait déjà beaucoup. C'était là, du moins, son opinion. Et il restait persuadé que même si certains de ces enfants, en raison de leur jeunesse, de comprenaient pas tout de suite la chance qu'ils avaient, un jour viendrait forcément où ils le reconnaîtraient.
Pour Fili et Kili, cet endroit devint un véritable enfer dès les premières heures. Des années plus tard, ils y penseraient encore en frissonnant et, leur vie durant, ils devaient estimer l'un et l'autre que ç'avait été leur pire épreuve. Cela commença tout de suite. Après qu'on les ait poussés à l'intérieur, qu'on leur ait fait monter des escaliers et parcourir des couloirs, aussi sinistres les uns que les autres, ils atterrirent dans une sorte de bureau où un homme lugubre, long comme un jour de pluie, au visage chevalin et aux yeux ternes les regarda avec un dégoût non dissimulé.
- Des nains ! laissa-t-il tomber ensuite.
Et le seul ton dont il avait prononcé ces mots voulait déjà tout dire. Fili et Kili savaient depuis toujours que les gens de Carnoval n'aimaient guère leurs semblables. Pour leur malheur, ils allaient découvrir, durant tout le temps que durerait leur séjour à l'Institution, à quel point cette animosité était forte et tenace, en un lieu qui de toute manière n'avait rien de folichon pour personne. L'homme s'approcha des deux nouveaux venus, sans cesser de les toiser comme si leur seule vue lui répugnait.
- Faut-il vraiment les garder ici ? demanda-t-il enfin.
- Apparemment, répliqua le chef des gardes, laconique.
- Ils empestent le charnier et l'ordure. Et si j'en juge par leurs visages, ce sont des fauteurs de trouble, des bagarreurs. Comme tous les nains.
- Ce n'est plus mon problème, grogna le soldat. A vous de les prendre en charge.
Puis il tourna les talons et s'en alla. Bien qu'il ne leur inspire absolument aucune sympathie, les deux frères auraient donné cher pour pouvoir le suivre et sortir de cet endroit. L'homme long, qui était le responsable de l'Institution, ne parut pas très content.
- Ecoutez moi bien, vous deux, dit-il en regardant à nouveau Fili et Kili de tout son haut. Je ne veux pas d'histoire avec vous. Vous avez intérêt à vous tenir tranquilles. J'espère que vous êtes conscients de la chance que vous avez d'être ici plutôt que dehors à crever de faim et de vermine, alors j'attends de vous un minimum de reconnaissance et de respect.
Il disait la même chose à tous ceux qui entraient. Il n'attendit pas de réponse et ajouta :
- Et pas de bagarre ici, c'est compris ? Ou vous en subirez les conséquences. Sachez-le et gardez-le bien en mémoire, dans votre propre intérêt.
Puis il se dirigea vers la porte et l'ouvrit :
- Borlas ! Deth ! cria-t-il.
Fili et Kili entendirent des portes qui s'ouvraient, des pas qui approchaient, puis un autre homme, ainsi qu'une femme firent leur entrée. Kili se cacha instinctivement derrière son frère, qui lui-même sentit son appréhension monter en flèche.
- Nous avons deux nouveaux, laissa tomber "l'homme long" (son nom était Saélon, mais les deux jeunes nains l'ignoraient et ne l'apprendraient pas avant un certain temps).
- Débarrassez-les de ces vêtements puants, reprit-il. Je ne veux pas de toute cette crasse ici, ça attire les épidémies.
Il regarda Fili et Kili qui étaient de plus en plus effrayés et laissa tomber, l'expression douloureuse et de l'affliction plein la voix :
- Ce sont des frais, vous le savez ? D'ordinaire, nos garçons n'ont pas besoin de nouveaux vêtements tout de suite.
Son regard tomba sur les pieds nus de Kili, de là passa à ceux de son frère qui, de son côté, ne portait plus qu'une seule chaussure : il avait perdu la seconde, celle qui ne tenait presque plus, lors de leur fuite précipitée de la maison de passe.
- Il faut leur donner aussi quelque chose à se mettre aux pieds, soupira-t-il comme si cette perspective lui fendait le cœur.
Il agita un index vindicatif en direction des deux enfants et ajouta :
- J'espère que vous réalisez tout ce que vous coûtez à peine arrivés ! Mais à quoi faut-il s'attendre venant de nains, je vous le demande ? ajouta-t-il entre ses dents. Quoi qu'il en soit, poursuivit-il un peu plus haut, je compte sur vous pour prendre soin de ce qu'on vous donnera. Compris ? J'espère que vous êtes capables de vous montrer soigneux et respectueux du matériel… (il paraissait être certain, tout en prononçant ces paroles, qu'il n'en était rien). Heureusement, ajouta-t-il cette fois pour les deux autres adultes, ils ne grandissent pas très vite, à ce qu'on prétend. Espérons que ça fera de l'usage.
Il reporta son attention sur les deux frères, parut attendre une réaction qui ne vint pas, enfin se détourna et, tandis que Borlas et Deth s'avançaient, Saélon ajouta brusquement :
- Et que quelqu'un trouve le courage de leur couper les cheveux, bien qu'ils soient bourrés de vermine. Mettez des gants mais coupez-moi ça.
Fili pâlit brusquement tandis que son frère, le souffle soudain court, ouvrait des yeux épouvantés et levait le nez vers lui, comme s'il espérait que son aîné allait trouver le moyen d'empêcher une chose aussi abominable d'arriver. Bien qu'ils n'aient pas été élevés parmi les nains, les deux frères savaient que les leurs ne se coupaient jamais les cheveux. Leur mère le leur avait appris, ainsi que toutes les croyances et les coutumes de leur peuple. Couper les cheveux d'un nain était un signe de déshonneur. Le soir, avant de tomber malade, la naine peignait longuement les mèches brunes et les mèches blondes de ses enfants avant de les tresser, en leur expliquant toutes les subtilités de ces codes capillaires. Avant son décès, les garçons avaient continué à entretenir leurs chevelures ainsi qu'elle leur avait appris à le faire et, s'ils ne le faisaient plus depuis, c'était encore une fois à Frégor qu'ils le devaient, ce dernier ayant vendu le seul peigne qu'ils possédaient. Quoi qu'il en soit, se couper les cheveux était pour eux la pire des perspectives. Bien pire encore que d'être battus ou affamés.
- Attendez, articula Fili, dont le cœur battait soudain très vite. On ne peut pas...
- Tu te tais ! grogna alors le nommé Borlas en le saisissant par le bras. Tu ne discutes pas. Il y a des règles ici, je te conseille de les apprendre tout de suite. La première la voilà : tu ne répliques pas et tu te tais quand un adulte parle, à moins qu'il te pose une question.
- Mais...
L'enfant reçut dans l'épaule une bourrade qui le fit gémir de douleur, car il avait toujours aussi mal depuis la volée de bois vert de Frégor :
- J'ai dit : "silence" !
- Fili ! s'écria Kili, épouvanté. Fili, ils vont pas nous couper les cheveux, dis ?
- Vous ne pouvez pas faire ça, s'écria encore l'aîné, tout aussi terrifié que son frère. Les nains ne...
- Tu es sourd ?! Qu'est-ce que je viens de dire ?
- Non, écoutez-moi !
Cette fois, Fili reçut une bonne claque à l'arrière de la tête.
- Si je dois encore te dire de te taire, tu le regretteras, menaça l'homme.
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Recroquevillé dans les bras de son frère, Kili sanglotait désespérément, sans pouvoir s'arrêter.
- Chut, Kili, chut...
A voix basse, Fili répétait en boucle les mêmes mots depuis un bon moment, totalement en vain. Il fallait dire aussi que lui-même n'en menait pas large, loin de là. Alors il lui manquait sans doute la conviction nécessaire.
- Les cheveux repoussent, Kili. Chut. Ne pleure pas.
Facile à dire. En vérité, Fili lui aussi avait bonne envie de pleurer, même si cette fois encore il savait que ça ne viendrait pas. En revanche, il tremblait convulsivement, sans pouvoir s'en empêcher. Il se doutait bien que cela n'avait rien pour rassurer Kili, mais que pouvait-il y faire ? "Tu veilleras sur lui" avait dit leur mère. Fili essayait, vraiment. A tout moment. Il voulait vraiment veiller sur son frère, le protéger, le nourrir si possible, le consoler quand ça n'allait pas... Mais Fili n'était lui-même qu'un enfant, un enfant soumis à de terribles conditions d'existence, à une terrible pression et qui, en outre, en ce soir maudit, aurait lui-même eu terriblement besoin d'être soutenu et consolé... Au lieu de quoi, il sentait le cercle ennemi se resserrer lentement autour de lui, autour d'eux, pareil à une meute de wargs ayant encerclé ses proies. Il affectait de ne pas les voir, mais chaque cellule de son corps était en alerte et il savait que le signal de la curée ne tarderait pas à être donné... que le cauchemar ne faisait que commencer.
Rien n'y avait fait. Sans se soucier ni des avertissements ni des taloches, Fili et Kili avaient protesté tant et plus et s'étaient débattus, en vain. Borlas les avait tour à tour immobilisés, sans difficulté ni douceur, tandis que Deth s'armait d'une gigantesque paire de ciseaux et leur taillait les cheveux au ras du crâne. Les garçons n'avaient même pas entendu les commentaires acrimonieux des trois humains. Oui, trois : ils avaient opposé une telle résistance que les deux premiers avaient appelé du renfort. Un autre homme était venu leur prêter main forte, pour maintenir celui des garçons qui ne se démenait pas sous la poigne de son comparse. Ni Fili ni Kili n'aurait été capable de dire ce qui avait été le pire : sentir les ciseaux trancher ses mèches l'une après l'autre et les voir tomber sur le sol ou devoir supporter d'assister au supplice de son frère. Ils avaient l'un et l'autre quelques entailles au visage, au cou ou aux oreilles, dues aux ciseaux, mais il fallait avouer que c'était à eux-mêmes qu'il le devait, à force de gigoter de toutes leurs forces pour tenter d'échapper à ce qui pour eux était un sacrilège. Pour les mêmes raisons, leurs coupes de cheveux (hélas !) n'étaient pas très esthétiques (même pour quelqu'un qui, au contraire d'eux, n'aurait pas été révulsé par des cheveux aussi courts) : difficile de couper droit quand celui que vous essayer de tondre se débat comme un forcené. Pour Fili et Kili de toute façon, ce détail n'avait pas d'importance : bien coupés ou pas, le seul fait qu'on ait touché à leurs cheveux les rendait malades. Ils ne ressemblaient plus à rien. Ils n'étaient plus des nains. C'était comme si on les avait déchu de leur propre identité, sans même parler de leur fierté.
A présent, tous deux se trouvaient dans un vaste dortoir comportant une dizaine de lits étroits (l'Institution abritait à cette époque une vingtaine de garçons, âgés de sept à quinze ans, répartis la nuit dans deux dortoirs). Chaque lit était garni d'un matelas creusé par l'usage, d'un oreiller plat et d'une couverture râpeuse. Les deux jeunes nains étaient assis sur le même, Fili serrant son petit frère contre lui. Et tout autour d'eux, il y avait les autres. Les autres garçons qui partageaient ce dortoir. Tous des humains, dont l'hostilité latente ne pouvait plus tarder à se manifester.
- Ça pue le nain, ici, vous trouvez pas ? lança une voix.
- Non, renvoya aussitôt quelqu'un d'autre, ça sent la fillette pleureuse ! Je crois qu'ils se sont trompés, ils nous ont amenés une fille.
Pour Fili, tous ces garçons se ressemblaient, hormis leurs tailles, certains étant plus grands que d'autres (et tous sans exception étaient plus grands que lui). Tous avaient les cheveux ras : c'était une règle à l'Institution, de manière à éviter la prolifération des parasites.
- Tu crois que c'est une fille ? gloussa l'un d'eux.
- Y'a qu'à vérifier ! proposa aussitôt un quatrième compère.
Et ce fut la ruée.
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- Naturellement ! Encore occupés à se faire remarquer, les nains !
Le ton sec et la voix acerbe de Deth évoquait à Fili la bise hivernale. Elle venait d'entrer dans le dortoir, qui avait miraculeusement retrouvé son calme dès que le bruit de ses pas s'était fait entendre. Mais quelle importance ? songeait Fili, plus meurtri que jamais. Le mal était fait. Il avait lutté de son mieux pour préserver Kili d'une seconde humiliation dans la même soirée mais vainement : seul contre neuf, il n'avait pas l'avantage. Et son corps déjà meurtri auparavant le lui rappelait maintenant avec acuité.
Totalement désespéré, anéanti, il regarda la femme se planter devant le lit sur lequel il s'était péniblement rassis, Kili à nouveau blotti dans ses bras, se demandant ce qui allait leur arriver cette fois.
- Toi ! fit la femme de sa voix coupante. File dans ton lit. On a dû en rajouter un exprès pour toi, ce n'est pas pour rien. Et couchez-vous tous les deux, en vitesse !
Kili ne bougea pas. Fili avala sa salive et dut se forcer pour murmurer :
- Il ne peut pas dormir avec moi ? Il est bouleversé et nous avons l'habitude de...
Il entendit des ricanements s'élever des autres lits. Quant à Deth, elle porta lentement sa main à sa bouche, l'air tout simplement scandalisée. Horrifiée. Fili se demanda ce qui la mettait dans cet état jusqu'au moment où, dans un souffle consterné, la femme laissa fuser, avec l'expression douloureuse de celle qui a confirmation d'un fait pendable :
- Je m'en doutais... je le savais, que les nains sont possédés par le vice ! Habités de pensées impures. Et qu'ils ont des mœurs... REPUGNANTES ! acheva-t-elle dans un sifflement furieux.
Possédés de quoi, pensées de... hein ? Fili n'avait rien compris de ce dont on lui parlait. Kili et lui avaient toujours dormi ensemble, leur maison ne possédant que deux lits, ou plutôt deux grabats. Cela lui paraissait tout ce qu'il y avait de plus naturel, que voulait donc dire cette mégère, de quoi parlait-elle ? Arborant toujours un air indigné, Deth tendit le bras, empoigna Kili par le sien et le tira vers elle :
- Ouste ! reprit-elle, toujours de sa voix sifflante et froide. Va te coucher. TOUT DE SUITE !
Mais l'enfant résista.
- Je veux rester avec Fili, répondit-il d'une voix à peine audible.
- Dépêche-toi ! glapit la femme en lui assénant une taloche. Si je dois le répéter, je te préviens : c'est dans la souillarde que tu passeras la nuit, et tout seul, misérable ! Et si vous faites des histoires tous les deux, c'est bien simple : on vous séparera la nuit et l'un de vous ira dormir dans le second dortoir. Compris ?
Fili déglutit avec peine et, tout en encourageant son frère du regard, il demanda :
- C'est quoi, la souillarde ?
- Oh, ricana Deth avec méchanceté, vous le saurez tous les deux très vite, j'en suis sûre. C'est une pièce pour les récalcitrants. Certains ici pourront t'en parler.
Là-dessus, elle poussa sèchement Kili en avant. Le petit nain cette fois ne protesta plus et, toujours bousculé par la femme, gagna le dernier lit vide, que l'on avait posé près de la porte.
Il s'y glissa sans un mot et tira la couverture très haut, par-dessus sa tête aux cheveux bien trop courts.
- Et je vous préviens, lança encore Deth, je fais des rondes toute la nuit. Gare à vous si vous ne restez pas à vos places. Vous vous en repentirez, vous pouvez me croire.
Elle s'en alla sur ces mots. Aussitôt, partout dans le dortoir les garçons commencèrent à remuer et à se redresser.
- Dommage, lança à Fili l'occupant du lit voisin du sien. Pour un peu, on aurait été débarrassé de votre odeur, nains ! Vous auriez pu passer votre première nuit dans la souillarde.
- Ils pueraient encore plus ! persifla un autre garçon, invisible dans la demi pénombre.
- Ça ne tardera pas, riposta un troisième. Vous avez bien la gueule à y aller souvent, tous les deux.
- Mais c'est quoi ? se décida à redemander Fili, non sans réticence.
Adresser la parole à ces garçons brutaux et détestables, après ce qui était arrivé, lui répugnait, mais il préférait savoir exactement à quoi s'en tenir. L'un d'eux frappa de son poing droit dans sa main gauche ouverte et répondit d'un ton méprisant :
- Un endroit pour les souillons, vu que le baquet est jamais lavé et le reste pas davantage. Pire que des chiottes. Et celui qui traîne dans les chiottes, c'est une pute. Et les putes, ici, ça dure pas longtemps.
Il regarda Fili un instant en silence et ajouta avec brusquerie :
- T'es prévenu, le nain. Vous ferez pas de vieux os ici. On supportera pas longtemps votre odeur et vos têtes de bouffeurs de pierre.
Sur ce, il se recoucha et les autres l'imitèrent. Lentement, Fili fit de même. Peu à peu le silence s'installa, les respirations se firent plus profondes à mesure que tous s'endormaient. Les yeux grands ouverts dans le noir, Fili avait la respiration saccadée et le cœur aux abois. Et dire que cela ne faisait que quelques heures qu'ils étaient ici ! Ils avaient été insultés, humiliés, maltraités et menacés en quelques heures seulement... que serait l'avenir ? Longtemps, très longtemps plus tard, Fili enfouit son visage dans son oreiller et se laissa enfin aller au désespoir qui l'étreignait. Quand les hoquets convulsifs qui le soulevaient devinrent trop bruyants, il s'enfonça sa couverture dans la bouche pour les étouffer. Il se fichait de déranger quelqu'un mais il ne voulait pas faire le plaisir à ces humains cruels de le voir craquer.
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