Je veux croire en toi, juste cette fois.

-Ayato n'est pas là ?, remarqua-t-elle.

-Non. Il a séché.

-Comment va-t-il ?

-Il te cherche partout, sourit l'enfant.

Les deux premières heures de cours se finirent et la première pause arriva. Yui se leva et fit signe à Kanato de la suivre. Elle n'avait aucune confiance en Reiji et Laito, elle ne savait pas vraiment si elle pouvait espérer mieux de Kanato mais elle devait au moins essayer. Le gamin la suivit à contre cœur. En temps normal il ne se serait pas bougé mais cette fois-ci il y avait sa soif qui lui serrait plus que jamais la gorge. Elle l'amena jusqu'à une salle de cours de cuisine. Elle se précipita sur les couteaux et prit un flacon. Elle s'entailla un poignet et laissa le sang remplir le récipient.

-Kanato, tu vas donner ce flacon à Ayato et tu vas lui raconter la discussion que l'on a eu avec Reiji et Laito et cela sans lui mentir ou omettre quelques détails.

-Et pourquoi ferais-je cela ?

-Tu as soif, n'est-ce pas ?

Les yeux soudainement brillants de l'enfant firent sourire la jeune femme. Il était prévisible. Elle ferma la flacon et le lui donna. Elle le laissa ensuite l'allonger sur une table et la mordre.

-Vas-y vas-y, ne t'en fais pas pour moi. Ce que tu prends ils ne pourront pas l'avoir.

Ce genre d'idées plaisaient bien à Kanato. Il s'imaginait déjà les quatre frères gémir la gorge sèche. Il laissa à Yui tout juste assez de sang pour vivre.

Elle se réveilla dans la chambre que les Mukami lui avaient attribué. Ruki était là et se jeta presque sur elle.

-Ça fait deux jours que tu dors. Qui a osé boire ton sang ?

-Je ne me souviens pas bien. Je ne sais plus, gémit-elle en portant la main à sa tête qui lui faisait horriblement mal.

Elle faillit boire le verre d'eau que l'on lui porta mais se rappela à temps de ce qui s'était passé. Elle reposa le verre après avoir porté juste l'eau contre ses lèvres. Ruki la laissa se reposer et elle s'essuya immédiatement la bouche. Elle se leva avec peine, vida son verre dans une plante. Elle vit que le verre caché dans le lierre était plein alors elle le but. Ça lui faisait du bien. Elle resta quelque minutes à la fenêtre. Le grand air qui lui caressait le visage lui éclaircissait l'esprit.

Dans la baignoire elle réfléchit à ce qu'elle allait dire à Ruki lorsqu'il reviendrait lui demander ce qu'il s'était passé. L'entaille à son poignet s'était bien guérie. Oh mais la voilà sa solution ! Elle avait juste à dire qu'elle était tombée dans la salle de cuisine et que sa tête a heurté quelque chose puis qu'elle a perdu connaissance.

Sortie de la salle de bain elle se dirigea vers la salle à manger où allait bientôt être servit le repas. Cependant quelqu'un ou quelque chose l'attrapa par le bras et l'enferma dans une chambre si petite et si sombre qu'elle crut être dans un placard. Elle tenta à plusieurs reprises de défoncer la porte mais ses forces étant toujours assez faibles, elle ne réussit qu'à faire du bruit.

Plus tard Yuma vint lui amener à manger et à boire. Elle ne but pas mais mangea toute son assiette. Il l'allongea ensuite de force. Elle se débattit tout ce qu'elle put mais il réussit sans trop de peine à enfoncer ses crocs mal taillés dans son coup.

À son réveil Ruki la força à boire. Elle espérait qu'il n'y avait pas encore cette mixture qui lui faisait faire des rêves étranges. Ensuite il prit son sang. Cette cadence qui la rendait amorphe sur le lit dura une semaine. Puis finalement quelqu'un d'autre que les quatre frères ouvrit la porte.

-Yui !,s'écria-t-il.

-Ayato, sors moi d'ici. Je t'en supplie.

Il la prit dans ses bras et s'élança dans la nuit.

-Yui ! Hey ! Yui !

Ils s'étaient arrêté dans une forêt où il l'avait posé contre un arbre.

-Ayato, murmura-t-elle.

-Mais combien de sang t'ont-ils prit ?

-De l'eau. S'il te plaît. J'ai besoin d'eau.

En moins de temps qu'elle ne l'espérait, il la fit boire en passant l'eau de sa bouche à celle de la blonde.

-Depuis quand tu n'as pas but ?, s'inquiéta-t-il.

-Ils mettaient quelque chose dans l'eau alors je.. je.

-Tais toi. J'ai comprit. On va retourner chez nous. Ne gaspille pas tes forces.

Il la reprit dans ses bras et se remit à courir.

Au manoir les vampires étaient assez surpris de la retrouver dans cet état. Reiji ne rechigna pas pour une fois à sortir ses médicaments et à vraiment l'aider. Au réveil de l'humaine Ayato expira fortement de soulagement. Il n'avait pas quitté son chevet pendant trois jours. Il la fit manger et la fit boire encore et encore puis elle se rendormit.

-Comment va-t-elle ?, demanda Shu.

-Elle reprend des forces petit à petit, lui répondu le vampire protecteur. Elle s'est bien défendue même si elle n'aurait jamais dût écouter Reiji et rentrer il y a une semaine.

-Elle a changé depuis son arrivée ici.

Une journée plus tard eu lieu une petite réunion de famille avec Yui dans le salon.

-Premièrement ils sont devenus vampires, autrefois ils étaient humains, commença la blonde assise à côté du roux. Les frères Mukami n'ont aucun lien de sang, ils se sont rencontré via une personne et je pense que c'est cette personne qui les a rendu vampires et qui aujourd'hui leur demande de devenir Adam.

-C'est tout ce que tu as comme information, demanda sèchement Reiji.

-Si t'es pas content t'avais qu'à aller toi même, rouspéta-t-elle. Mais si tu veux je peux te décrire les quatre personnages.

-Vas-y, aquiesça Shu.

-Ruki est comme l'aîné. Il parraine tout le monde et tout le monde lui obéit. Il s'occupe de la cuisine de la maison, ce qui est assez surprenant quand on sait qu'il est un ancien aristocrate. Yuma, un affreux troll qui ne contrôle que mal sa force. Il s'occupe de son jardin pour pouvoir manger dans toutes les situations. Ça ne leur est pas vital mais comme il était humain il aime toujours ça. Il vivait dans les taudis. Sa vie humaine l'a tellement marqué qu'il considère encore les morceaux de sucres comme précieux. Kou, j'ai cru comprendre qu'il travaillait dans le monde de la scène mais j'ai put voir de grosses cicatrices dans son dos qui me feraient penser à des coups de fouet. De plus il fait des cauchemars la nuit. Azusa, le dernier. C'est un masochiste comme je n'en ai jamais vu. Pour lui la douleur est une expression d'affection qui lui démontre le fait qu'il est en vie. Donc il peut se montrer sadique s'il se met à vouloir vous faire plaisir mais je crois l'avoir un peu perturbé parce qu'après une petite discussion il ne semblait plus sûr de ses gestes.

Yui reprit sa respiration. Sa tête commençait à lui tourner à nouveau. Les vampires re étudiaient le flot d'information qu'ils venaient d'ingérer.

-Reiji, lança Yui en coupant le silence. Qui a intérêt à devenir Adam ?

-Tu n'as pas à..

-Si, le coupa-t-elle. Après le sale coup que tu, vous m'avez fait je pense que je peux savoir qui est, ou du moins qui pourrait-être cette personne qui souhaite tant avoir un Adam sous la main.

-Une personne qui ne peut pas devenir Adam elle même donc probablement un démon, lui répondit Shu.

-Des démons, des vampires, des rêves d'arbre dans des roues, Alice me revoilà, murmura-t-elle en s'endormant peu à peu.

-Des rêves d'arbre ?, reprit Reiji. Il était comment cet arbre ?

Il secoua les épaules de la jeune femme pour la réveiller.

-Hey, réveille toi !, s'énerva-t-il en la soulevant.

Elle rouvrit peu à peu les yeux et fût presque paniquée de se voir si près de l'intellectuel tortionnaire.

-Comment il était cet arbre ?, reprit-il.

-Mais ce n'est qu'un rêve à cause de leur mixture.

-Il était comment ?!, insista-t-il.

-Gros et tout gris. Il semblait presque mort mais quand je voulais m'en aller il me ligotait avec ses racines.

-Pas de feuilles ou de fleurs ou de fruits ?

-Non, on aurait dit qu'il était mort. Mais pourquoi ces questions débiles ? Et repose moi.

Ce dernier sembla quelque peu soulagé et la reposa devant Ayato qui la retint avant qu'elle ne tombe.

-C'est pour ça qu'elle est si faible alors, lança Shu en direction de son petit frère.

-Elle a luté contre l'éveil, confirma Reiji.

Ayato la ramena à sa chambre et voulu s'en aller quand la main de la jeune femme agrippa sa chemise.

-Ne les laisse plus jamais me reprendre. Je t'en supplie.

Il se coucha à côté d'elle et passa son bras sur ses épaules. Comme ça, dans ses bras elle pourrait peut être se sentir en sécurité.

-Tu es à moi, je ne vais pas te laisser filer une seconde fois.