Elle fit le chemin inverse d'un pas plus rapide, et plus sûr. Elle arriva enfin à l'escalier, qu'elle monta encore pour accéder au second étage: le sien.

Arrivée en haut des marches, elle sourit enfin, d'un vrai sourire. Que c'était bon de rentrer à la maison!

Elle enleva avec bonheur ses chaussures pour sentir la moquette si douce sous ses pieds. Elle prit à droite, et, s'arrêtant après avoir dépassé une porte, fit quelques pas en arrière pour l'ouvrir. Elle failli éclater de rire. Sa chambre d'enfant n'avait pas bougé non plus! Tous ses jouets, et toutes ses peluches étaient toujours là, bien rangées par taille sur son lit, qu'elle remarqua plus grand que celui qu'elle avait chez les Granger.

- Heureusement que je suis rentrée, j'aurais vraiment fini par me suicider! Marmonna-t-elle tout bas.

Laissant la porte ouverte, et continua dans le couloir, passant devant sa cambre d'adolescente qu'elle aurait bien le temps d'aller voir plus tard, pour aller directement dans sa chambre d'adulte.

Elle n'avait jamais eu le droit d'y mettre les pieds, et attendait avec impatience ce moment, sachant que sa mère, qui la connaissait bien, l'avait faite à son image.

Elle ouvrit la porte, et failli éclater de rire en reconnaissant son doudou préféré, trônant sur un immense lit. Le lit devait faire dix mètres carré, et elle sourit en se rappelant sa mère lui dire un jour « Rien n'est trop beau ni trop grand pour toi Princesse, tu mérite le meilleur ». Et elle l'avait eu. Sa chambre, immense, avait été décorée avec goût sur des tons froids et sombres, tout ce qu'elle aimait. Ce que ça lui avait manqué! Elle sourit en voyant une photo agrandie de sa famille, où son père, assis sur un fauteuil, tentait de lui faire regarder l'appareil alors qu'elle préférait regarder son doigt, tentant de l'attraper en riant, et sa mère, debout à côté, qui riait aux éclats en caressant la joue de Tom. Oui, contrairement à ce que tous pensaient, ils avaient été heureux, tous. Et Tom n'était pas fou. Non, il voulait simplement se venger. Bon, se venger en conquérant le monde, mais se venger. Et il avait toujours eu pour ambition de conquérir le monde, aucun changement de ce côté là. Sauf qu'avant, il voulait le conquérir pour le mettre aux pieds de sa femme. Maintenant, il serait pour sa fille, ce n'était pas une grosse différence.

Finissant rapidement le tour de sa chambre, Hermione découvrit un bureau finement ouvragé avec un fauteuil pour ses correspondances, ou ses devoirs, un meuble où ranger ses cours, et deux portes. L'une, en bois sombre, avec une poignée dorée, cachait forcément sa salle de bain, Hermione avait toujours voulu la même porte que celle de sa mère, et l'autre, composée de deux battants sur lesquelles se mouvaient des serpents, emblèmes de la famille, qu'elle poussa sans états d'âmes, sachant qu'elle allait tomber sur son dressing.

Elle écarquilla les yeux. Elle était vraiment chez elle. Et dire qu'elle avait dû s'habiller en moldu aussi longtemps! Quel gâchis! Elle papillonna quelques temps devant les parures, les robes, les capes, les chaussures, sachant qu'elle avait enfin le droit d'être elle-même, et donc de se faire belle, miracle! Elle allait s'en donner à cœur joie, pour le plus grand bonheur de son père, pensa -t-elle ironiquement.

Délaissant cette pièce, elle retourna dans sa chambre, et claqua des doigts. Aussitôt, une elfe apeurée apparut.

- Vous avez demandé Silka Maîtresse?

- Silka, tu es dorénavant à mon entier service, tu quittes celui de mon père. Vas me faire couler un bain, et brûles immédiatement ces vêtements, dit-elle en se déshabillant entièrement, ainsi que la serpillère que j'ai laissé dans le hall.

- Oui Maîtresse, fit l'elfe en s'inclinant plus bas que terre. Et elle disparut dans la salle de bain.

Hermione se dirigea vers sa maquilleuse, et s'installa. Le miroir miroita et dit d'une voix enjôleuse:

- Encore plus belle que votre mère, encore plus intelligente et puissante que votre père. Vous allez faire des ravages cette année Princesse.

- Cesse tes simagrées, et dis moi plutôt quelles potions je dois prendre pour être parfaite, tes flatteries ne me touchent pas.

- Oui Princesse, vous pourriez appliquer de cette crème sur les yeux, ainsi que celle là sur vos lèvres, répondit la voix, tandis qu'un pot en cristal rempli d'une crème rose apparaissait sur la table, suivi d'un pot blanc plein d'une gelée vert pomme.

- Eh bah voilà, quand tu veux! Répondit Hermione, en appliquant ces deux produits.

Lorsqu'elle eut fini, l'elfe réapparu, lui indiquant que le bain était prêt.

La sorcière se leva, et rentra pour la première fois dans sa salle de bain. Elle y découvrit une douche magique au fond de la pièce, une baignoire aux proportions tellement impressionnantes que la famille Weasley y serait rentrée au complet sans problème, et deux lavabos, supportant toutes sortes de crèmes, soins, et des parchemins remplis de sorts de beauté.

Soupirant de bien-être, elle pénétra dans le bain, et s'immergea totalement, tentant d'oublier, pendant un court instant, les problèmes qu'elle aurait en rentrant à Poudlard. Et oui, car même si vivre chez ses moldus n'avait pas toujours été une partie de plaisir, même si les Weasley étaient des traîtres, et même si le père de Harry avait tué sa mère, elle s'était attachée à eux, et se sentait mal de les trahir. Elle le faisait sans regrets, car sa famille passerait toujours avant le reste, mais comment allait se passer sa dernière année, maintenant qu'elle savait ce qu'était l'amitié sincère? Car à Serpentard, la maison où elle irait cette année, il n'y avait pas de place pour l'amitié. Tout était calculé, et seuls les plus riches, les plus prometteurs, ou les plus rusés pourraient désormais faire partie de sa cour. Ce qui sous-entendait qu'elle devrait surveiller le moindre de ses faits et gestes, et que le moindre de ses écarts serait aussitôt rapportés à son père...

Oui, elle avait eu une vie de misérable jusqu'ici, mais il y avait aussi des inconvénients à être une reine, Hermione ne pouvait se permettre de l'oublier.

Se redressant, elle se regarda dans le miroir quelques secondes pour se remettre les idées en place. Sa vraie vie était ici, et ce qu'elle avait vécu jusqu'ici était une utopie, rien de plus, on ne peut être au pouvoir en étant aussi sentimental, elle le savait.

Elle sortit de la salle de bain, et se dirigea à nouveau vers son dressing, son sourire réapparaissant sur son visage. « Et puis, se dit-elle, il me reste quand même une personne sur laquelle j'ai toujours pu compter, et qui me connait mieux que personne: mon père. »

Elle entra dans son dressing, et se choisi une robe longue, en soie vert foncé, qui la mettait suffisamment en valeur sans trop en faire, et des escarpins noirs.

Elle sortit, s'assit à nouveau devant sa maquilleuse, et appela Silka, pour qu'elle la maquille.

Fin prête, elle prit une grande respiration pour se redonner du courage, et sortit de sa chambre, l'esprit plus clair. Sa vie était ici.

Elle descendit rapidement le grand escalier, et revint dans la salle de bal, où il ne restait que Bellatrix, Lucius, Severus et son père.

Tom, qui était en face, fut le premier à l'apercevoir, et lui fit un signe de la main pour qu'elle les rejoigne.

Elle fini sa descente, et fut rejointe en bas des escaliers par Lucius, qui lui proposa son bras.

- Princesse, je suis réellement peiné de vous avoir dit autant de mal, vous êtes magnifique, et je ne saurais comment me faire pardonner ces insultes mal placées.

- Mon cher, vous vous fustigez pour rien. J'aurais probablement fait pire à votre place. Rit Hermione, qui comprenait parfaitement qu'on puisse insulter les sang de bourbes. Et puis, rajouta-t-elle, vous n'y êtes pour rien, nous l'avions prévu, moi et père, n'est-ce pas?

- C'est exact, répondit Tom, nous étions conscients des risques de la mission, celui-ci n'étant pas le pire, n'est-ce pas chère enfant?

- Rassurez-moi, père, vous n'avez tout de même pas lu mes pensées, n'est-ce pas? Vous savez que cela me blesserait.

- Suffit! Je n'ai que faire de te blesser ma fille, et nous auront une discussion sur cela toute à l'heure. Bella, Lucius, Severus, bonne soirée, je vous appellerais lorsque j'aurais besoin de vous.

Les trois Mangemorts s'inclinèrent devant leur maître, puis Lucius revint vers Hermione lui faire un baise-main, rapidement suivi de Severus qui lui fit un clin d'oeil rapide, mais rassurant. Bellatrix, en revanche, ne lui fit qu'une sèche révérence, puis commença à aller vers la porte d'un pas raide, sans lui lancer un regard.

- Bellatrix! Appela Tom. Il me semble que tu viens tout juste de manquer de respect à ta Princesse.

Bellatrixe, raide comme un piquet, se retourna, et regarda Hermione droit dans les yeux en répondant.

- Je ne vois ici que la meilleure amie de votre pire ennemi Maître, et si vous avez gagné ma confiance et mon respect, je refuse de m'incliner et de servir une fille qui a vécu tant d'année chez des sangs de bourbe.

Lord Voldemort leva sa baguette et...

- Endoloris! Cracha Hermione. Saches, très chère, que si tu n'es pas prête à te salir pour servir la cause de mon père, je peux tout aussi bien te tuer maintenant, tu ne nous sers à rien. Et j'ai vu clair dans ton jeu, même ce pitoyable ordre du phénix sait que tu es amoureuse de mon père. Mais jamais tu ne l'auras, jamais! Alors saches, chose répugnante, que si le seul moyen pour que tu me respecte est de te tuer, je n'hésiterai pas une seconde! Est-ce clair? Demanda-t-elle en levant le sortilège.

- Très clair, Maîtresse. Susurra Bellatrix d'une voix rauque, cherchant sa respiration qu'elle avait stoppée pour ne pas hurler de douleur.

- Princesse!

- Très clair, Princesse.

- Pars maintenant. Et fais vite!

Tom, amusé, regarda Bellatrix partir, puis se tourna vers sa fille.

- C'est vrai que maintenant que tu es majeure, tu peux torturer toute seule, j'avais oublié. C'est rafraichissant. Maintenant jeune fille, viens dans le boudoir, nous avons à parler.

Et Tom partit, sous les yeux sidérés de sa fille, qui pensait se faire torturer pour avoir osé lui couper la parole devant ses serviteurs. Son père était vraiment heureux de la revoir! Voyons si elle pouvait tourner cela à son avantage...

Arrivée dans le petit boudoir aux tentures bleu nuit et à la moquette gris sombre, elle fut gagnée par les souvenirs de sa mère. C'était sa pièce préférée.

Elle eut un sourire triste, puis s'assit aux côtés de son père, laissant le silence s'installer.

- Penses-tu vraiment que personne n'est digne de ta confiance parmi les serpents?

- Oui père, répondit Hermione, sachant que mentir à son père ne servirait à rien. Tout ici n'est qu'apparence, et personne ne pourra m'approcher sans avoir une idée derrière la tête.

- Tu as raison sur ce point, mais figures-toi que j'y avais pensé. Que dirais-tu d'avoir tes propres fidèles?

- Je vous demande pardon père?

- Oui, je sais, le concept peut paraître étrange, mais j'ai conscience que la plupart des gens qui vont t'approcher le feront pour moi, et non pour toi. Alors j'ai eu une idée. Si tu menais tes propres missions, avec un groupe de fidèles qui te serait entièrement dévoué? Dans ce cas, tu seras sur le terrain avec eux, et tu pourras te faire de vrais liens d'amitié en missions diplomatiques.

- … Je ne sais pas quoi dire, je n'y avais pas pensé seule, mais père, c'est brillant! Mais comment choisir?

- Il suffit de demander des volontaires au bal de la semaine prochaine.

- Il y aura un bal?

- Oui Hermione, pour fêter le retour de ma fille chérie, et la présenter dans la société en bonne et due forme, puisque tu as raté le bal des aspirantes.

- De toute façon père, le bal des aspirantes n'aurait pas été pour moi non plus, je ne suis pas une aspirante Mangemort. Sourit-elle, heureuse de voir les choses s'améliorer.

- Vrai, mais aucune importance, il y aura un bal et c'est tout. Et ton professeur arrivera demain à la première heure, je n'ose même pas imaginer toutes les leçons de bienséance, de piano et de danse que tu as raté.

- Bien père. Je vous remercie de tout mon coeur. Je suis heureuse de vous avoir retrouvé.

- Je sais mon enfant, moi aussi. Vas maintenant, j'ai encore à faire, et il est tard.

Pensant avoir gagné, Hermione se dépêcha de rejoindre la porte quand la voix de son père l'arrêta.

- Et je passe pour cette fois, parce que tu as raison, je suis content de te revoir. Mais la chambre rouge t'est toujours interdite, ainsi que toute cette partie du manoir.

La chambre de sa mère s'appelait ainsi depuis sa mort, Tom ne supportait plus de prononcer son prénom.

- Oui père, merci de votre gentillesse.

- Lord Voldemort n'est pas gentil gamine, il lui arrive de fermer les yeux sur la bêtise humaine. Tu as mené à bien ta mission et je suis fier de toi, alors je passe cette légère erreur, mais ne la commets pas à nouveau! Sans quoi je sévirais. Tu te dois d'être parfaite en tout point, tu es ma fille.

- Oui père, j'en ai conscience.

- Bien, vas.

Soufflant de soulagement, Hermione rejoignit sa chambre.

Elle se laissa démaquiller par son elfe, se brossa rapidement les dents, et tomba littéralement de sommeil sur son immense lit si douillet.