Le lendemain matin, Hermione eu du mal à se rappeler ce qu'elle faisait dans un lit aussi grand. Puis, se rappelant qu'elle était rentrée chez elle, elle sursauta. Les règles ici étaient bien différentes de chez les moldus! Elle se leva précipitamment, mais s'emmêla dans ses draps et tomba sur la moquette moelleuse. Frustrée, elle tira sur ces gênants bouts de tissus, fini par s'en extraire difficilement, et couru à la salle de bain en appelant son elfe. Qui apparu à la seconde, ouvrant des yeux ronds en voyant sa Maîtresse courir dans sa chambre.

La Maîtresse a appelé Silka Maîtresse? Que puis-je faire pour vous être utile?

Sors moi une robe noire, longue et jolie, j'ai pas le temps, je suis pressée!

Oui Maîtresse.

Hermione sauta dans la douche magique, ravie d'avoir cet avantage ce matin. En effet, une douche magique a la particularité de tout faire, ce qui est bien utile lorsqu'on est pressé et qu'on doit faire autre chose. Elle commença donc à se brosser les dents tout en laissant les jets d'eau la masser, puis des mains sortirent de cavités au fond de la cabine, et entreprirent de la savonner. Pendant ce temps, Hermione fit à son elfe une liste précise de ce qu'elle voulait manger ce matin.

Finalement, elle se laissa rincer et sécher, en songeant qu'il était très agréable d'être enfin à la maison.

Puis elle fit une grosse erreur. Elle demanda l'heure. 7H30! Elle avait déjà trente minutes de retard et savait pertinemment que cela se paierait. Elle voulu sortir en courant, glissa, chuta, jura, mais réussi tout de même à sortir de sa chambre, habillée et maquillée, pour 7h49. Ce qui était, en soi, un petit miracle. Mais elle savait qu'elle allait vite déchanter.

Arrivant dans son boudoir de réception, elle fut accueillie par une remarque acerbe:

La ponctualité est une vertu jeune fille, je vous attendais pour 7h.

J'en ai conscience, je vous prie de bien vouloir m'excuser, cela ne se reproduira plus.

Assurément. Commençons.

Et c'est ainsi qu'Hermione passa ses journées toute la semaine. Le matin, bienséance, elle apprenait les manières des nobles sang-purs, désespérant son professeur, qui pinçait les lèvres, et lui donnait des coups de canne sur les jambes, ou les mains, ou tout autre partie du corps qui ne serait pas parfaitement placé. Ensuite, elles mangeaient ensemble, continuant le cours de bienséance en pratique. L'après-midi, elle alternait danse et piano, selon son état de fatigue. Lorsque la danse devenait impossible du fait de son état physique, elle passait au piano.

Rien n'était assez bien pour le professeur, mais Hermione s'accrochait, elle devait être la meilleure pour que son père soit fier d'elle.

Le soir, elle mangeait avec son père, et Severus la plupart du temps. Un soir, elle était assise à la droite de son père, en face de Severus, comme toujours, et prenait bien soin de se tenir comme il convenait à une Lady.

Hermione, nous avons discuté de toi avec ton futur directeur. Lança son père.

Ah oui, par rapport à quoi? Demanda Hermione en lançant un regard à Severus, le dit-futur directeur.

Je veux que tu aies carte blanche à Poudlard, tu auras droit de vie et de mort sur tous les élèves, ainsi que les professeurs. Et tu auras bien entendu ta suite personnelle, il est hors de question que tu dormes avec des inférieurs.

Bien père, et ma cour?

Tu auras le temps, et la possibilité de choisir qui aura l'honneur de dormir dans ta suite. D'autres chambres seront aménagées en fonction de tes besoins.

Merci Père, cela me touche énormément. Je vous remercie d'avoir pensé à tout, je vois que mon bonheur vous importe.

En aurais-tu douté?

Non Père, vous me le prouvez chaque jour.

Bien. Puisque ce point a été abordé, tu devrais aller te préparer, ta couturière ne devrait plus tarder.

Ma couturière Père?

Bien sûr, ton bal d'intronisation a lieu ce samedi, et je veux que tu sois la plus belle de toute.

Sans vouloir vous offenser Père, je suis déjà la plus belle de toute.

Mais j'ai entendu dire qu'Astoria Greegrass aurait une robe somptueuse. Et il est hors de question que tu te fasses voler la vedette par une de tes inférieures.

C'est à dire Père, que je pensais avoir la permission de porter une des robes de mère pour le bal...

Endoloris!

Hermione tomba de sa chaise, et dû se faire violence pour ne pas hurler. Des millions de pics de douleurs transperçait toutes les fibres de son être, et sa tête semblait sur le point d'exploser. Mais elle savait que reparler de sa mère avait toujours eu cet effet sur son père.

Il est absolument hors de question que quiconque, toi comprise, ne reparle d'elle devant moi, et ne rentre dans cette partie du manoir. Elle est interdite! Tu m'as bien compris?

Ou... Oui Père, je ferais tout ce que que vous m'ordonnez. Répondit Hermione en serrant les dents, le sortilège faisant toujours effet.

Bien. Répondit son père, en levant le sort. Maintenant vas te préparer, et ne me fais pas honte. Comportes toi en Jedusor.

Bien Père.

Les larmes aux yeux, Hermione les retint tant bien que mal en se relevant, fit un signe de tête à Severus, une légère révérence à son père, et quitta la salle.

Arrivée dans la salle de bal, elle ne pu se retenir et une larme traîtresse roula sur sa joue. Elle la chassa d'un rapide coup de main, et accéléra en direction des escaliers, ne voulant pas être en retard pour sa couturière.

Arrivée dans sa chambre, elle se déshabilla rapidement, jetant ses affaires un peu partout dans sa chambre, et se précipita dans sa douche, se laissant laver en pleurant toutes les larmes de son corps.

Une fois sèche, elle sortit, se passa un coup d'eau froide sur le visage et s'installa devant sa maquilleuse, appelant Silka.

Madame a demandé Silka Madame? Répondit l'elfe, craintive en voyant ses yeux rouges. Elle savait que les sang purs avaient pour habitude de passer leurs nerfs sur les elfes, en particulier les Jedusor.

Mais Hermione ne fit rien, elle lui demanda simplement de la maquiller.

Silka lui passa un baume sur les yeux pour effacer toutes les traces de pleurs, et lui fit un maquillage discret, mettant ses yeux en valeur.

Une fois prête, Hermione se fit un chignon lâche, pour que ses cheveux ne gênent pas la couturière, et passa une robe simple, courte, qu'elle pourrait enlever facilement.

Puis elle s'assit sur le lit, demandant à Silka de faire entrer la couturière dans le boudoir dès qu'elle arriverait, et de la prévenir immédiatement. Silka s'inclina en disparaissant.

Soupirant, Hermione se leva, étirant ses muscles martyrisés par l'endoloris, et sorti de sa chambre pour aller dans sa bibliothèque.

C'était une pièce très confortable, dotée d'une multitude de gros coussins verts et argents jetés pêle-mêle sur la moquette d'un mauve très sombre, éclairée uniquement par un lustre royal, en cristal et la cheminée dans un coin, qui jetait sur la pièce une impression réconfortante, qu'Hermione trouva bienvenue à ce moment.

Elle s'égara un instant parmi ces livres, qu'elle avait tous lus, puis se décida pour un ouvrage traitant sur la magie noire, qu'elle n'avait pas pu vraiment approfondir jusque là à cause de sa mission.

Elle s'allongea sur l'un des gros coussins, juste sous le lustre et devant la cheminée, à sa place préférée, et commença à lire.

Elle ne put aller très loin dans sa lecture, car l'elfe apparu quelques minutes après, lui indiquant que la couturière l'attendait dans le petit boudoir.

Hermione soupira, sentant que ce ne serait pas une partie de plaisir, mais se leva et, gardant son livre à la main, elle se dirigea d'un pas tranquille vers le petit boudoir, la seule pièce de son étage que n'avait pas les couleurs de Serpentard.

Elle entra, s'arrêtant à l'entrée et se demandant, une fois de plus, ce qui avait prit à sa mère de lui faire faire une pièce de ces couleurs.

En effet, la pièce était décorée uniquement de couleurs chaudes, variant entre le mauve clair, le parme, l'orangé, le jaune clair et l'or. Les plafonds étaient décorées d'arabesques d'or, et les murs se mouvaient, faisant penser à des nuages cachant un soleil couchant. Le sol était entièrement recouvert d'une moquette beige clair, réfléchissant par endroit quelques rayons d'or du plafond.

Elle s'avança vers le canapé d'un parme très clair, où était assise la couturière, une jeune femme blonde d'à peu près son âge, au visage rond comme une poupée, se tenant bien droite, les mains posées sur les genoux, visiblement pas très à l'aise.

Bonsoir Mademoiselle Jedusor, je suis ici pour vous habiller.

Ce sera Princesse, pour vous, et manquez moi encore une seule fois de respect en insinuant que je suis stupide et je vous châtie.

Bien Princesse, je vois que vos leçons ont portés leurs fruits, vous semblez parfaite pour votre intronisation de samedi. Il ne me reste plus qu'à y mettre les artifices. A quoi pensiez vous pour votre robe?

Je pensais à une robe longue, près du corps, en soie, fendue sur le côté, avec un décolleté en V pas trop pigeonnant.

Quelle merveilleuse idée Princesse. Si je puis me permettre, que pensez-vous d'une robe de ce style?

De quelques coups de baguette, la jeune fille déshabilla Hermione, puis la vêtit d'un long bout de tissu violet foncé en soie. Un autre coup de baguette, et le bout de tissu se transforma en une longue robe, tenue par une seule épaule, serrée sur tout le haut du corps, et s'évasant un tout petit peu à partir des hanches, tombant en un drapé majestueux, et fendue sur toute la hauteur de sa jambe. D'un dernier coup de baguette, elle fit apparaître des diamants sur le décolleté, puis en fit une rivière qui descendait sur le côté en direction de la fente de la robe, sur les hanches d'Hermione. Elle se tapota quelques temps la bouche de la baguette, cherchant probablement ce qu'elle pouvait rajouter, puis fit apparaître sur le bras d'Hermione un fin voile, attaché à son unique bretelle, et tombant jusqu'à son poignet, bouffant légèrement grâce à l'élastique qui le retenait. La robe était somptueuse. Assurément, Astoria pourrait avoir la robe qu'elle voulait, elle ne détrônerait jamais la jeune femme. Mais Hermione ne pouvait pas le lui dire de cette façon, un sang pur ne réagit pas comme ça. Aussi, elle choisi une approche différente.

Moui, celle là n'est pas mal, même si ce n'est pas celle que j'avais imaginée. Enfin, je suppose que cela suffira.

Vous jouez parfaitement bien votre rôle Princesse. Votre père sera fier de vous. Et si nous allions dans votre chambre, choisir les accessoires qui l'accompagneront?

C'est bien aimable, mais j'irais tout acheter plus tard, je ne porterais sûrement pas des bijoux que j'ai déjà. Et je pensais avoir été claire, pourquoi continues-tu à me parler comme si je n'avais aucun secret pour toi, et que tu m'avais déjà percée à jour?

Vous m'avez demander de ne pas insinuer que étiez stupide Princesse, j'ai pensé que faire comme si je ne voyais rien serait aussi un manque de respect.

Tu as raison. Tu me plais. Répondit Hermione, un imperceptible sourire sur le visage, se regardant dans la glace que la couturière avait fait apparaître en face d'elle.

Un sourire franc scotché au visage, la femme s'inclina, et quitta la pièce, allant sûrement faire son rapport à son père.

Hermione sourit encore, pensant que, décidément, certaines personnes seraient vraiment plus à leur place que d'autres dans sa cour. Mais elle ne pourrait sûrement pas choisir sa couturière, elle ne faisait probablement pas partie des sang purs. Elle soupira en secouant la tête, en profita pour lâcher ses cheveux, puis tourna quelques temps sur elle-même, appréciant les mouvements de la robe, et reconnaissant de bonne grâce que jamais elle n'aurait pu penser porter un jour une merveille pareille. Elle avait hâte d'y être! Souriante, elle sortit de la pièce pour rejoindre sa chambre.

Elle enleva sa nouvelle robe avec l'aide de son elfe, qui la rangea, puis, après s'être démaquillée et brossé les dents, elle enfila rapidement une petite nuisette en soie verte, et s'allongea sur son lit, poursuivant sa lecture de toute à l'heure.