Le lendemain, Hermione fit une grasse matinée bien méritée. Elle était bien, elle avait chaud, et son oreiller la berçait doucement en lui caressant les cheveux. Wait, en lui caressant les cheveux? Hermione, réveillée en sursaut et complètement paniquée, s'assit dans son lit, croisant les visages souriant de Blaise et Megan, et celui un peu plus narquois de Laura, assit chacun d'un côté de l'immense lit. Comprenant immédiatement qui lui caressait les cheveux, elle baissa les yeux, puis les releva et salua ses amis. Elle prit congé, et alla s'enfermer dans sa salle de bain. Mais s'était sans compter sur Laura, qui la suivit, accompagnée de Megan.

Pendant qu'Hermione donnait des ordres à son elfe, Laura la regardait fixement avec un petit sourire, et Megan tentait de la supplier des yeux.

Hermione rentra finalement dans la baignoire et regarda Laura, sachant qu'elle voulait parler.

Oui?

T'es amoureuse de mon cousin?

Pardon?

Quand on est arrivés dans la chambre, tu marmonnait quelque chose à propos de ton dragon.

Je rêvais peut-être simplement du dragon que mon père va m'offrir pour mes 17 ans. Il n'oublie jamais rien, et il me l'avait promis.

Mais bien sûr. Tes 17 ans sont passés Princesse. D'ailleurs, c'est vrai qu'il n'y a pas eu de fête pour ton anniversaire, on pourra en donner une? Tu crois que ton père accepterait?

Je ne sais pas Laura, je lui demanderais. Mais que faîtes-vous là?

Bah, on vient passer notre dimanche avec toi!

Bien sûr. Megan?

Cette dernière sourit, elle se sentait bien, avec de vraies amies finalement.

Nous avons quelque chose à te dire Hermione, mais avec les garçons plutôt.

D'accord. Alors, allez me chercher quelque chose à mettre les filles s'il vous plait, je ne vais pas sortir devant les garçons en serviette.

Ce que tu peux être prude!

Laura, je crois qu'elle veut se réveiller tranquillement.

Ah. A toute!

Les filles sortirent de la salle de bain. Hermione soupira de bien être en s'enfonçant un petit peu plus dans le bain, et se mit à penser à Drago. Serait-elle amoureuse? C'est vrai qu'elle se sentait bien toute à l'heure quand il lui caressait les cheveux, mais elle serait aussi bien avec Blaise, non? C'est juste agréable de se faire masser le crâne. Oui, c'était ça. Et puis, tant que son père ne lui aurait pas parlé de mariage, il lui serait évidemment interdit de fréquenter des garçons, la question ne se posait pas.

Elle se releva, moins perdue qu'une minute avant, et entreprit de se faire un maquillage discret tandis que la douche magique la séchait. Quelle invention géniale!

Les filles lui rapportèrent une jolie robe bustier en soie vert émeraude, avec de léger talons et un fin châle de fils d'arachne pour compléter la tenue. Simple, mais sexy, c'était très bien!

Hermione sorti de la salle de bain, flanquée de ses deux amies, et elles se rassirent sur le lit. Le petit déjeuner avait été servi pour les cinq compagnons, et ils se mirent à manger.

Voyant que personne ne parlait, Hermione décida de briser le silence.

Alors, c'était quoi cette nouvelle que vous vouliez m'annoncer?

Les filles se regardèrent, Drago la regarda, et même Blaise arrêta de manger pour lever les yeux sur elle. Hermione commença à s'inquiéter.

Oui?

Hum... Commença brillamment Blaise.

Eh bien... Continua Drago.

Bon, fini par dire Megan, le Professeur Rogue nous a parlé de son enfance avec votre mère pour que nous ayons une idée de ce dans quoi nous nous engageons.

Et on va te protéger jusqu'à la mort Hermione, promis! Soutins Laura, on est ravis de pouvoir t'aider.

Hermione, assaillie par des souvenirs qu'elle cherchait tant bien que mal à refouler, n'arriva pas à parler. Les larmes aux yeux, elle revit sa mère la border dans son lit, s'énerver contre son père pour lui offrir de la liberté, passer de longues heures à parler avec elle pour lui expliquer pourquoi son père était aussi protecteur... Elle revit beaucoup de souvenirs, jusqu'à tomber sur le pire.

Lyra, tenant sa fille par la main, courait de toutes ses forces pour échapper à ses agresseurs. Mais ils étaient sur leur talons, elles pouvaient les entendre rires, et les appeler, en promettant à Lyra ce qu'ils leur feraient lorsqu'ils l'auraient attrapée.

On va te tenir, ta majesté. On va t'obliger à regarder ce qu'on fera à ta fille, elle nous est moins utile que toi, son sang est souillé par celui de ton mari. Donc on va d'abord s'amuser un peu avec elle, tu verras, on est capables d'avoir beaucoup d'imagination. Et quand on se sera occupés d'elle, tu verras ton mari mourir. Oui ta majesté, il va mourir, parce qu'il n'a pas pu te protéger. Ensuite, ta fille ira vivre chez moi et considèrera mon fils comme son frère, et je t'attacherai dans la cave, et je me servirais de toi comme je le voudrais! Et ta fille te regardera avec dégout! Viens ma belle, on va s'amuser!

Hermione ne comprenait pas, évidemment, mais elle voyait la terreur dans les yeux de sa mère, qui n'avait jamais peur de rien, et tremblait, et pouvait de moins en moins courir... Finalement, sa mère la prit dans ses bras, et couru vers sa chambre, qu'elle ferma à clé. Leurs poursuivants tambourinèrent à la porte, faisant des blagues qu'Hermione ne comprenait pas, et riant, de leurs rires gras et rauques d'avoir trop couru.

Sa mère regarda Hermione, et mit un doigt sur ses lèvres, lui faisant signe de se taire.

Elle entra dans son dressing, et écarta des robes, dénudant un mur qui ressemblait en tout point aux autres. Elle appuya sur un point précis qu'Hermione n'oublierait jamais, et une dalle pivota, faisant apparaître un escalier qui descendait en piqué. Lyra mit dans les mains d'Hermione une torche allumée, et lui fit signe de se dépêcher d'y aller. La petite fille fronça les yeux, et lui demanda par la pensée, un don qu'elle avait reçu de son père, si elle venait avec elle.

La grande brune soupira, remettant ses cheveux du même côté, un geste qui était un tic pour les deux filles lorsqu'elles étaient concentrées, et acquiesça.

Promis, chuchota-t-elle. Vas!

Hermione s'engouffra dans le tunnel, et attendit sa maman.

Lyra entra à sa suite, se pencha dans l'ouverture pour remettre les vêtements en place, et referma la dalle doucement, pour ne pas faire de bruit. Puis elle prit la main de sa fille, lui prit la torche, et l'entraîna à sa suite dans le dédale d'escaliers. C'était un endroit que peu de personnes connaissait, et qui devait leur offrir la chance de pouvoir survivre.

Arrivées en bas, Hermione senti la main de sa mère, dans la sienne, se contracter. Elle voulu parler, mais Lyra l'en empêcha. Elle s'agenouilla devant sa fille, la prit par les épaules, et la regarda droit dans les yeux. Sur le front, elle lui dessina une rune bizarre, qui disait vaguement quelque chose à Hermione, et l'embrassa sur le front, les joues, le nez, les yeux, les cheveux... Elle la serra longuement dans ses bras, puis la porta et la déposa dans un trou contre la paroi. Elle fit signe de ne pas bouger, et s'éloigna.

La petite, ayant un pressentiment bizarre, se mit à pleurer silencieusement, comme ses parents le lui avait apprit. Puis, elle entendit des éclats de voix. Apeurée, elle releva la tête, et essaya de comprendre ce que ces voix disait, mais ne parvint qu'à entendre des voix lointaines, et ne put comprendre leur sens. Alors elle sorti de la corniche, et se dirigea vers la source des voix.

Elle fini par se heurter à un mur, et y plaqua l'oreille, essayant d'entendre. Ne pouvant toujours pas comprendre ce qu'elles disait, elle envoya ses pensées vers celles de sa mère, comme elle le faisait quand elle avait peur, pour qu'elle la réconforte. Et elle entendit.

J'avais confiance en toi! Tu n'aurais jamais du faire ça!

Tais-toi, tu ne sais rien! Tu avais trop changé Lyra, tu ne m'écoutait plus, parce que je n'étais pas une sang pure!

C'est faux! Je n'ai jamais eu ce genre de préjugés!

Tous tes amis l'avaient, et il te l'ont transmise!

Arrête, tu dis n'importe quoi! Sev est le bras droit de Tom!

Sev est à moitié sorcier, alors que je ne le suis pas du tout.

Tu as des pouvoirs et tu es la meilleure en sortilège Lily. Tu es une sorcière.

Pardon Lyra, mais je n'ai pas le choix.

Non! Ne fais pas ça! Ma fille a le même âge que ta fille, tu veux qu'elle grandisse sans mère?

Je ne veux pas que mon fils grandisse sans père. Pardonne moi Lyra. Avada...

Noooooon!

Kedavra.

Le cri continua à s'élever longtemps, très longtemps. Ce n'est qu'en se retrouvant dans les bras protecteurs de son père qu'Hermione comprit. C'était elle qui criait et qui pleurait. Son père venait de la rejoindre, et l'avait trouvée, tambourinant contre la roche, à hurler des mots incompréhensibles et à pleurer toutes les larmes de son corps. Ce n'est qu'au bout d'un long moment passé dans les bras de son père qu'elle arrêta de crier, et ne réussi pas à s'endormir avant plusieurs jours. Pendant un moios, elle était restée enfermée dans sa chambre, ne parlant à personne, et ne semblant voir personne. Alors, son Parrain s'était énervé, et l'avait traîté d'égoiste en lui rappelant que lui avait perdu une soeur et que son père avait perdu sa femme, et qu'aucun des deux ne réagissait comme elle. S'en était suivi leur première dispute, qui s'était muée en fausse, comme ils continuait désormais à le faire à chaque fois qu'ils se voyaient.

Et Orlando avait enfin compris, et commença à ce moment à lui rapporter toutes sortes d'objets de magie noire, des objets de défenses d'abord, puis d'attaques. Et il lui en ramena tous les jours pendant un an, jusqu'à de qu'elle accepte de sortir de sa chambre, et de revoir son père. Lui aussi s'était renfermé, et il se concentrait sur une seule tâche: la destruction totale de la famille qui avait brisée la sienne. C'est dans cet état d'esprit qu'elle le trouva, et s'ensuivit de longues journées, où ils s'attelaient tous les deux à cette tâche. Un soir, il reçu seul la visite d'un homme, et se précipita chez l'homme qui avait tué sa femme.

Hermione le retrouva sous forme d'ombre, errant à Godric's Hollow.

Aidée de Severus, ils cherchèrent un moyen de lui faire reprendre forme humaine, et réussirent à implanter son âme dans le corps d'un autre homme. Puis ils montèrent ce plan, qui avait fait perdre à Hermione six longues années de sa vie. Mais qui marcherait.

Hermione releva la tête, les yeux remplit d'une détermination qui fit froid dans le dos à ses amis.

- Je ne veux pas de votre protection. Je ne veux qu'une chose: Tuer Harry Potter.