Bonjour à tous !
Je suis de retour avec le chapitre 3 pour lequel j'ai pris un peu de retard. Je travaille de temps à autre et, si vous saviez le nombre de fois que je l'ai refais... insatisfaite bonjour aha. Je ne vous fais pas attendre plus, bonne lecture !
hinatable: Merci beaucoup aha ! Voici la suite mademoiselle.
aredield: Ton commentaire m'a fait super plaisir, merci beaucoup ! Je suis contente de voir que le côté philo en a atteint certains aha, mais ne t'inquiètes pas, j'éviterais de bourrer la tête de la miss, sinon c'est à moi et vous, lecteurs, que je prend la tête. Je prends soin de garder en tête tes conseils et te remercie une fois de plus, c'est très plaisant ce genre de commentaire détaillés. Sans plus tarder je te laisse avec la suite, qui je l'espère, te plaira !
Nya: Merci beaucoup ! Et bien le voici, j'espère que ça te plaira.
_ Non mais essayes de comprendre..
J'étais renfrognée, une mine boudeuse à l'appuie. Je sais, vous vous dites " mais qu'est-ce qu'elle a encore celle-la..". Voila un peu plus d'une demi heure que nous marchions tout les deux au bord de la Seine, à discuter de tout et de rien. Bien sûr, nous en étions venus à la raison pour laquelle j'avais quitté mon domicile. Et vous savez quoi ? Law se foutait de ma gueule, depuis cinq bonne minutes au moins. Oui je le prenais mal. Essayer de comprendre ? Mais comprendre quoi, au juste ? Franchement. Le brun se calma un peu et me lança un regard en coin, histoire de vérifier ma réaction. Qui ne se fit pas prier.
_ J'déconne pas !
_ J'm'en doute bien. Mais les mariages arrangés.. bordel, c'est de l'ancien temps ça !
Vrai et faux. Cette pratique avait lieu couramment, autrefois. Mais certains continuaient d'appliquer ce genre de méthodes, et contrairement à ce que l'on pourrait croire, c'était bien plus fréquent que ça. Je ne pu réprimer un soupire, à la fois exaspéré qu'il s'amuse d'un fait pareil, mais aussi du dit fait en lui même. Je ne sais pas si à cet instant le jeune homme fut pris de compassion, mais sa grande main s'écrasa sur le haut de mon crâne, décoiffant mes cheveux roses au passage. Râlant quelque peu, je rompu le contact presque immédiatement, tandis qu'il poursuivit.
_ Dans tout les cas, te prend pas trop la tête avec ça. Le seul maître de ta vie c'est toi. T'es majeure et vaccinée, je crois, alors arrête de dépendre un peu des autres, ça t'feras du bien.
Grimaçant pour la énième fois, je restais silencieuse. Il est évident que, quoiqu'il arrive, je n'accepterais pas ces conditions imposées par ma classe sociale. Il est aussi évident qu'en venant à la rencontre de Law, j'acceptais en partie de m'ouvrir un peu l'esprit et de ne plus agir par obligations. Dès à présent, je me reprenais en main. Quitte à me mettre plusieurs personnes à dos, ou même tout le monde. Dans tout les cas, il était certains qu'avec ce nouveau 'mode de vie' que j'adopterais, je rencontrerais des individus divers et variés. Sans doute de beaux comme de très mauvais.
Une vision utopique cependant. Vous comme moi, ne soyons pas naïf. Que ce soit moi, ou même n'importe qui d'autre.. personne ne pouvait changer de mode de vie aussi facilement rien qu'en claquant des doigts. Il me faudrait un temps d'adaptation, peut-être long, peut-être court.. qui sait, peut-être même que cela n'aboutirait jamais à rien. Mais hors de question de me dégonfler maintenant. La situation était parfaite en plus de ça. L'absence de ma mère qui partait à l'étranger, et mon père qui s'y trouvait déjà. Je n'avais qu'à payer quiconque se trouverait être sur mon chemin pour acheter leur silence. Je sais, j'utiliserais une fois de plus mon argent injustement 'gagné', mais au vus du contexte, laissez moi en profiter et faire comme je le peux, au moins pour débuter dans ce genre de quête. Ensuite, j'aviserais. Je ne projetais pas non plus de lâcher complètement ma situation actuelle, précisons-le. Simplement de vivre une expérience supplémentaire. Nous verrons par la suite.
_ Qu'est ce que tu attends de moi ?
Sa question eu le dont de me sortir de mes rêveries. Ce que j'attendais de lui, précisément ? Moi même je n'en avais pas la moindres idées, ou ce n'était que très vague. Soyons réaliste, je ne le connaissais ni d'Eve, ni d'Adam, et je lui tombais entre les mains, comme ça. Je me mis doucement à réfléchir, une pointe d'incertitude dans la voix cependant.
_ Je ne sais pas exactement.. que vous me 'décoinciez' comme vous le dites si bien ? J'apprécierais aussi observer votre fonctionnement.
_ Le genre de vie qu'adoptent les mécréants comme moi ?
_ Oui.. enfin non ! Bref, vous m'avez comprise !
Le brun se mit à ricaner une fois de plus, devant mon air perdu. Il l'avait fait exprès, ça se sentait. Pour me dépayser de ma classe sociale, il y aurait sans doute pas mal de travail mais je me sentais prête. A la condition à ce qu'il ne me tende pas de pièges dans ce genre, évidemment. Un soupir amusé s'échappa d'entre ses lèvres, pour ensuite fixer mes iris des siennes.
_ Plus sérieusement. Avant de t'aider dans quoi que ce soit, je préfères que tu prennes conscience de mon " mode de vie " un peu particulier, je l'avoue. Ca pourrait te déplaire, tout comme ne pas te correspondre. Se serait plus sage, bien que ce mot ne fasse habituellement pas partit de mon vocabulaire.
Je ne sais pas pourquoi exactement, mais à ce moment là je sentais bien que je m'embarquais dans quelque chose de peut-être très gros. Rien qu'à sa façon d'être, de parler ou même de se comporter, ce sentiment de ... danger (?) ne me quittait pas. Il émanait de lui cette aura complexe à décrypter, qui toutefois ne m'intéressais guère pour le moment, mais prometteuse pour l'avenir. Prenons le risque. Cependant, une question me titillait le bout de la langue. On a rien sans rien, n'est-ce pas ? Quel serait le prix à payer pour moi dans toute cette histoire ?
_ Qu'est ce que je vous dois en échange de cette.. expérience ?
Son regard me jaugea pendant un certains moment. Comme s'il semblait réfléchir sur la question justement. Je ne m'en inquiétais pas pour le moment, j'avais tout l'argent possible à disposition en échange de ses services, bien que particulier. Malgré tout, j'aurais du comprendre qu'on ne discutait pas argent avec cet homme. Je l'apprendrais à mes dépends.
_ Rien.
_ Rien ?
_ Rien.
Mes sourcils se froncèrent. Comment ça rien ? Peut-être me trompais-je sur l'instant, mais il n'avait en rien l'allure d'un homme portant la charité dans son coeur. Une simple intuitions peut-être, mais ça ne tournais pas rond. Il y avait forcément quelque chose derrière tout ça..
_ Contrairement à ce que tu pourrais penser, t'es loin d'être le maître de la situation.
Je ne comprenais toujours pas. Il poursuivit.
_ Je t'explique. Tu te sers de moi à tes dépends, dans un certains sens. Et moi je m'ennuie. Alors je t'aide, et tu me diverties par la même occasion. D'une pierre deux coups.
Oh. Je comprend mieux. Du moins, le terme 'divertir' me parut simple à comprendre dans ce genre de contexte. Je ne connais rien de la vie. Je devine avoir à l'avenir des réactions propre à moi même et mon éducation qu'il se fera un plaisir à critiquer. Assez malsain, dans un certains sens. Mais à quoi bon, je ne devais pas faire marche arrière, et même si je venais à le faire, que ferais-je ensuite ? Demander la même requête à un parfait inconnu dans la rue au risque de me faire passer pour une folle ? Non, merci.
Je ne sais pas comment d'écrire ce que j'éprouvais pour cet homme. Je parle présentement du ressentit, je précise. Je n'avais pas confiance en lui, mais quelque chose d'indescriptible lui donnait ce charisme incroyable. Grand brun ténébreux aux allures invincible, prétendant tout connaître et tout savoir. Le genre de type qui m'agace, mais qui par la même occasion m'intrigue. Alors je m'abandonnerais à lui, pour un temps au moins. Si cela s'avérait être une erreur, sans doute serais-je assez intelligente pour le remarquer assez tôt et en compter une supplémentaire parmi ma grande liste. Law me fixa, attendant sans aucun doute un signe d'acceptation de ma part, auquel je répondis par un hochement de tête positif. Les dés sont jetés.
_ T'es quand même tordue, comme nana. J'apprécie assez.
_ Je suis supposée vous remercier ?
Son sourire moqueur à cet instant me fit lever les yeux au ciel. Au fond, je pense que tout ce bordel ne serait hélas pas qu'une simple partie de plaisir, bien au contraire. Pour mon propre bien et pour le bon déroulement de mes projets, je me devais de bien m'entendre avec cet individu. Je ne sais pas vous, mais quelque chose me disais que ce ne serait pas chose simple. Une tape derrière ma tête me fit grogner, lançant des éclairs à mon compagnon de balade au bord de la Seine.
_ Arrêtes de me vouvoyer, j'supportes vraiment pas ça.
_ Mais .. vous avez quel âge ?
J'ai toujours eu cet automatisme de vouvoyer ceux qui d'apparence semblaient bien plus vieux que moi. Et à voir Law, ses tatouages, ses cernes et sa barbichette.. je lui aurais bien donné la trentaine. Au moins ça. A croire que je me trompais.
_ J'ai vingt-quatre ans, petite insolente. Me regardes pas avec tes yeux ronds, je n'ai aucun intérêt à te mentir sur ce sujet.
Vingt-quatre piges. Soit trois ans de plus que moi seulement. Pour tomber sur le cul, je peux vous dire que l'atterrissage s'avérait un peu douloureux. Il était plutôt jeune au final. Je devrais donc me contenter de le tutoyer, comme monsieur le désirait. Au moins le point positif restait que, je pouvais potentiellement le contrarier assez facilement à l'avenir. Au vus de sa réaction, on pouvait aisément deviner que je n'étais pas la seule à le vieillir d'autant d'années, et qu'il ne semblait pas non plus apprécier ce fait. Je m'apprêtais à renchérir, mais se fut sans compter son téléphone qui se mit à sonner, appel auquel il répondit.
_ Oui. Non Monet, je ne viendrais pas ce soir. Non. Demain non plus. Effaces mon numéro, je ne viendrais plus tout court, finalement.
Il raccrocha sur ces quelques mots dénués de sens pour moi. Bien, je ne me mêlerais pas de ce qui ne me regarderais pas, dans tout les cas. A en déduire son air agacé, ce n'était pas une bonne idée de toute façon. Il prit alors un pas se faisant plus pressé, m'intimant de le suivre d'un signe de main.
_ Il se fait tard, j'ai pas envie de continuer à glander dehors au risque de faire quelques rencontres désagréable.
Je ne sais pas si à cet instant précis il faisait allusion à son appel surprise, ou tout simplement aux genre de personnes que nous pourrions potentiellement croiser, à savoir des hommes saouls, et un certains nombre de petit groupe de merdeux. L'un ou l'autre ne donnait pas envie, de toute façon. Trottinant pour le rattraper, je le questionnais sur notre prochaine destination.
_ Il y a encore des commerces ouvert à cette heure-ci ?
_ Sans doute. Mais je n'ais pas l'intention de m'arrêter dans un pub ou quoi que ce soit. On va chez moi, là.
_ Chez toi ?
_ Chez moi.
Mon silence paru l'agacer. Il me le fit comprendre bien rapidement d'ailleurs, peut-être un peu plus sèchement que souhaité.
_ Désolé de te décevoir mais oui, j'ai ce qu'on peut appeler un "chez moi", ça te dérange ? Tu t'attendais peut-être à coucher dehors ?
Je ne sais pas d'où lui venait cette soudaine agressivité, mais ce dont il était certains, c'est que ça montait en crescendo. J'aurais presque pu avoir l'impression d'être une enfant en train de se faire disputer par un de ses deux parents pour X raison injustifiée. Law sembla s'en rendre compte, et se passa une main lassée sur le visage.
_ Viens, c'est tout.
S'excuser lui écorcherait très certainement la gorge, ma foi. Je me fis muette tout au long de la route. Provoquer une petite crise de colère supplémentaire ne figurait pas dans mes plans, et je m'en passerais bien. Il n'ajouta rien de plus non plus pendant tout le long. Malgré ça, le silence n'avait rien de pesant, de gênant ou quoi que ce soit d'autre. Un calme appréciateur. Je partais également du principe où je n'avais aucun mot à dire, c'était suffisamment aimable à lui de me faire dormir chez lui alors que je n'avais rien demandé. Alors comme ça, laisser quelqu'un dehors, même en étant une simple connaissance, ne serait-ce qu'une nuit lui déplaisait. Peut-être pas si mauvais que ça dans le fond.
Nous étions tout deux face à un genre d'immeuble comportant des résidences. Ca me faisait fortement penser aux résidences universitaire que j'ai pu voir à plusieurs reprise, mais il était certains que l'interieur était beaucoup plus spacieux qu'un simple logement pour étudiant. Tant mieux, je ne supportais pas les endroits trop étroit.
Peut-être que j'aurais du garder cette réflexion, pour le coup. Nous étions maintenant à l'intérieur et comment vous dire... l'espace était raisonnable. Mais complètement gâché par l'artillerie étendue au sol. Des vêtements - propre ou sale ne me le demandez pas, je l'ignorais totalement- jonchaient à même le sol, tout comme un tas de paquet de chips et autre aliments peu gratifiant pour la santé. Des livres de toutes sortes étaient empilés ça et là, faute d'avoir une bibliothèque. Oh, il y en avait une ! Mais... laissez moi vous dire qu'elle tenait à peine debout et les étagères n'étaient pas droites. La cuisine, -qui faisait partie du salon, seulement séparée par un comptoir- laissait une vue sur de la vaisselle empilée depuis... peut-être deux semaines, ou plus. Heureusement, oui, HEUREUSEMENT que les fenêtres étaient ouvertes. Je ne veux même pas savoir l'odeur qu'aurait contenu cet appartement, sinon. La seule satisfaction que j'éprouvais envers cet environnement, n'était que ces posters et affiches de groupes divers et variés, donnant une certaine chaleur à la pièce. Au moins, il aimait quelque chose. Plongée dans ma contemplation de ce foutoir phénoménal, j'en avais presque oublié la présence du propriétaire des lieux, Law lui même.
_ C'est pas tout à fait rangé.
_ J'aurais plutôt remplacé le 'pas tout à fait' par 'pas du tout' mais je vais faire avec.
Le jeune homme balaya du pieds les cadavres de biens personnels au sol, pestant silencieusement. A en voir certains motif et certaines couleurs, tout ceci n'était pas qu'à lui. Je vois mal Law porter des sous-vêtements féminin, vraiment. Ma curiosité n'en fit que plus piquée à vif, me permettant un questionnement.
_ Tu vis seul ?
_ Ca dépend des jours.
_ Et.. vous êtes beaucoup ?
_ Ca peut varier. Je peux être seul, tout comme me retrouver à pas loin de dix.
Dix.. dans un si petit espace ? Bon certes, ce n'était pas si petit que ça mais ça le devenait bien vite avec autant de personnes. Soudainement, je comprenais mieux l'origine de tout se désordre, bien que j'eu l'infime impression que Law n'était pas quelqu'un de très ordonné de base. Pour un dépaysement, j'étais gâtée. Je tentais de m'aventurer dans tout ce foutoir, évitant de marcher sur quoi que ce soit, tandis que le brun n'en avait que faire, ne prenant pas la peine d'enjamber toutes ces pauvres affaires froissées au possible. Puis un crack sonore se fit entendre, attirant mon regard traduisant un 'oh merde' vers sa personne. Il venait de marcher sur quelque chose qui s'était sans doute brisé sous son poids. Il haussa simplement les épaules, indifférent.
_ J'ai du écraser une souris.
_ Sérieusement ?!
_ C'est une blague. Y'a pas le moindres animal chez moi, ne serait-ce que les détraqués qui me servent de coloc de temps à autre.
Très drôle. Je ne sais pas vous, mais j'étais quelque peu réticente à faire la rencontre de tout ce petit monde, si jamais je devais le faire un jour. L'heure n'était pas à la question, très vite coupée par un vacarme produit une fois de plus par ce cher brun. Il cherchait quelque chose, avec certitude, mais au point de presque défoncer ses meubles, c'était plutôt hard.
_ Elle est où putain..
_ Qu'est ce que tu cherches ?
Il me jaugea un instant, comme s'il avait presque oublié ma présence. Déjà ? Devais-je me sentir vexée ou bien ? Il ne me répondit pas et se contenta de continuer ses recherches en me laissant planter en plein milieu de ce qu'il appelait 'salon'. Dans la fonction inutile, je répondais haut la main. Il revint après quelques minutes, se jetant sur le canapé que je devinais clic-clac, plusieurs sachets en main. J'avais peur de savoir ce que c'était.
_ Tu.. te drogues ?
Son regard noir parvint jusqu'à moi, me donnant une réponse muette. Je vois. Ses cernes n'étaient sans doute pas présente uniquement par le manque de sommeil, tout compte fait. Puis tout me parvins plus clair dans mon esprit. Son attitude presque agressive par moment au bord de la Seine, et son empressement à fouiller son appartement.. monsieur était en manque de son précieux carburant. A voir comme ça, ça ne me choquais pas tellement finalement. Il avait bien une gueule à consommer, quand on regardait bien. Mais ce qui m'inquiétais d'avantage c'était la contenance de tout ce petit bordel. De la poudre blanche, des stick et des pilules. Un large choix me direz-vous. Sans demander, je pris place à ses côtés tout en prenant soin encore une fois à ne rien écraser, pour l'observer muettement s'enfiler un rail.
_ Tu veux tester ?
_ Non, ça iras.
Il m'offrit un léger sourire amusé, me lançant un bref 'miss à peur?' qui m'agaça plus qu'autre chose. N'étais-je pas censée être observatrice avant d'être actrice ? Hors de question que je touche à ça. Même pour plus tard, ce n'était pas dans mes plans. Il balaya la table basse sur laquelle était disposée toute l'artillerie en un coup de main, s'installant confortablement dans le canapé ensuite. Il m'observa longuement, beaucoup plus calme que tout à l'heure.
_ Qu'est-ce qu'il y a ?
_ Tu préfères dormir seule ou avec la chaleur d'un corps à tes côtés ?
Pardon ? C'était quoi cette question ? Il prit compte de mon air désemparée, lachant un ricanement amusé par ma réaction et sans doute par la tête de poisson que je devais tirer.
_ Je reformule ma phrase. Je suis épileptique, et rester seul après consommation n'est pas forcément une très bonne idée. Si j'claque, j'aimerais que tu ais au moins le privilège d'avoir une vue sur mon corps sans vie au réveil.
Mais c'est que c'était très joyeux tout ça dit donc. Presque comme dans un rêve. Plus sérieusement, ce gars avait un putain de problème. Les crises d'épilepsies étaient pour la plupart causées par un état d'anxiété important, ou par des moments de fatigues inhabituel. Et il osait consommer autant, au point de mettre sa vie en jeu. Quel genre de plaisir pouvait-il bien ressentir à se détruire la santé de la sorte ? Je sais, j'ai moi même dit ne pas échapper à mon joint quotidien. Mais ça n'a rien à voir. Je ne suis pas malade, moi. M'avouant vaincue, je grimaçais quelque peu.
_ A la seule condition que tu t'endormes et te réveil dans la même position. Comment tu fais d'habitude quand tu es seul ?
_ Habituellement je n'suis pas tout seul. J'me débrouilles pour ramener une compagnie féminine pour la nuit. Ah j'te rassure, j'te toucherais pas.
_ Il vaudrait mieux pour toi, oui.
Sans prévenir, le métis se releva pour disparaître dans une autre pièce. Quelques instant plus tard, je l'entendis m'appeler pour venir le rejoindre. Il s'agissait là d'une chambre, probablement la sienne. Je peux vous assurer que si le salon avait pu paraître sans dessus dessous.. je n'avais donc aucun mots en bouche pour décrire cet endroit où il dormait. Le même schéma s'appliquait au sol, y ajoutant quelques chaussures ayant perdues leur jumelle. Des guitares de toutes sortes, dont la plupart étaient cassées, étaient disposées de part et d'autre de la pièce. Des tableaux étaient quand à eux empilés dans un petit coin, laissant grandement penser qu'il s'agissait là de ses propres oeuvres. Monsieur était donc un peintre amateur en plus de photographe. Charmant mélange. En parlant de photo, son plaond en était innondé. Pas les murs, mais vraiment le plafond. Les clichés représentaient toutes sortes de choses, à commencer par des selfies de lui même, pour divaguer sur des objets et des animaux. Aucune autre personnes autre que lui n'y figuraient. Souffrait-il d'un problème de narcissime ?
_ Mets ça pour dormir.
Rabaissant ma tête jusqu'ici levée au plafond, je me pris un t-shirt noir en pleine figure. Heureusement pour moi, il sentait la lessive. Dieu soit loué. Je regardais le jeune homme, en papillonnant des paupières. C'était à lui je suppose. A en juger la taille, il me ferait presque une robe. Sans doute plus agréable que de dormir en jupe et chemisier. Je retirais donc mes chaussures pour les caler toute deux dans un petit coin, pour ensuite déboutonner mon haut. Mais je m'arrêtais bien vite.
_ Y'a moyen que tu ...
_ Ah, ouais.
Il se retourna donc, afin de me laisser me dévêtir tranquillement sans sentir un regard pesant. Je ne suis pas forcément très pudique... mais envers ceux que je ne connais pas, j'aimerais éviter, je suis sûr que vous comprendrez. Je mis alors rapidement le haut bien trop grand -je ne m'étais pas trompée- pour ensuite donner la permission à mon hébergeur de reprendre sa position initiale. Il afficha un rictus moqueur, me faisant soupirer.
_ Quoi encore ?
_ On va dire que.. ça change.
Oh, pour changer oui c'était sûr. Moi, habillée sans cesse avec des pièces de plus de cent euros pour certaines, me voila portant un fringue à dix euros à tout casser. Mais je ne m'en plaindrais pas, si j'étais ici, c'était bien pour éviter ce genre de chose. Je pris donc place dans son lit deux places, fait avec paresse. La couverture était toute froissée, et le drap à moitié défait. En tant normal, j'aurais tout retapé mais la fatigue pour cause de l'heure tardive me rappela à l'ordre. Maintenant couchée, je baillais ouvertement après avoir plaquée ma main devant ma bouche.
_ J'reviens tout de suite, je vais acheter un truc à l'épicerie d'en bas. Si t'as besoin de quoi que ce soit, fais comme chez toi. Ah, et si un violeur entre par mégarde, ne cris pas. Y'en a qui dorme dans cet immeuble.
_ Je ferais abstraction de ce commentaire.
Rieur, il s'eclipsa ensuite pour disparaître acheter ce dont il avait besoin. Je ne sais pas de quoi et je m'en souciais peu, bien trop occupée à tenter de trouver le sommeil. Plus tard, alors que je comatais, je le sentis s'imminscer dans le lit à mes côtés. J'entrouvris légèrement les yeux en sentant une odeur désagréable me piquer les narines. Tient donc. Ce dont monsieur avait eu besoin n'était autre que de l'alcool, visiblement.
_ Mais vas t'faire foutre connard !
Je sursautais avec violence après m'être faite réveiller par cette gueulante poussée. Une voix féminine.. tient donc ? Je mis quelques secondes avant de me rappeler que je n'étais pas chez moi, mais bien chez Law. Mec qui n'était pas à mes côtés, d'ailleurs. Sans doute était-il déjà debout, et en train de s'engueuler dans le salon. Me levant doucement, je passais une main dans mes cheveux que je devinais dans tout les sens. Tant pis, pour un minimum d'aspect esthétique, nous repasserons plus tard.
_ Mais vous êtes vraiment con putain ! J'vous dis qu'c'est très bien !
Grommelant, je pris mon courage à deux main pour passer ma tête dans l'entrebaïllement de la porte. J'haussais donc un sourcil à la vue qui s'offrait maintenant à moi.
Une femme aux cheveux rose identique aux miens, était assise en tailleur sur la table basse de la veille. Ca aurait pu paraître normal si cette dernière n'avait pas été en sous-vêtements devant Law lui-même, et un autre gars aux cheveux vert relevés en crête. Ce dernier arborait un septum, et des caninnes étrangement pointues. Il riait aux éclats, à en faire mal aux oreilles.
_ Très bien ?! Se faire tatouer une part de pizza sur le ventre, j'ai connu mieux Jewel' !
Ah, je comprends mieux. Cette fille s'était donc fait tatouer quelque chose de plus ou moins atypique sur son ventre. Voila qui me retirais une épine du pieds. Non pas que leur présence me dérangeait, je n'étais pas chez moi après tout, mais s'il aurait été question de dépravés sexuels.. ça aurait été très différent.
_ Enfin réveillée ? Marmotte.
J'eu un hoquet de surprise, rencontrant le regard de mon hébergeur qui esquissait un sourire amusé. J'étais grillée, bien que me faire discrète n'était pas non plus mon objectif. L'air de rien, je fis un hochement de tête polie aux deux autres qui me lancèrent un sourire. Ils semblaient au courant de ma présence, un bon point sans doute. Ni vus ni connus, je pris place sur une chaise au niveau du comptoir, ne souhaitant pas non plus me mêler à ce petit monde. Visiblement, cela ne sembla pas les déranger puisqu'ils continuèrent leur débat sur l'acte voulu comme idiot de la rose. Prenant appuie sur le bar à l'aide de mon coude, je déposais mon menton dans la paume de ma main, très attentive sur leur petite scène de ménage. Ca gueulait. Ca gueulait dès le matin. Etrangement, un petit sourire discret se dessina sur mon visage.
Je ne sais pas trop encore dans quoi je me suis embarquée cette nuit là. Mais contre toute attente, ça me plaisait bien.
Ainsi ce termine le chapitre. Je n'en suis pas vraiment satisfaite mais j'ai fait ce que j'ai pu. J'ignora quand sortira la suite, car je suis assez prise en ce moment mais je tenterais de ne pas traîner. J'aimerais avoir votre avis concernant la longueur de mes chapitres, si c'est trop ou bien pas assez justement. Vos reviews sont les bienvenues, en espérant vous voir la prochaine fois. See ya !
