Hestia Carrow s'approcha lentement de Drago, les yeux plissés avec animosité, lui donnant l'air d'un chien sur le point de mordre. Elle se planta devant lui, les mains sur les hanches, et le jaugea de la tête aux pieds, avant de lui lancer d'une voix hargneuse :

« Je ne sais pas à quoi tu joues, mais tu vas arrêter ça tout de suite. »

Il se leva du fauteuil dans lequel il s'était installé quelques minutes plus tôt pour discuter avec Zabini des récents évènements, et la toisa de toute sa hauteur, un sourcil relevé.

« De quoi tu parles, Carrow ? »

« Tes petites menaces, sur les murs. Tu crois pas que c'est déjà assez compliqué pour nous, comme ça ? On a tout perdu ! La plupart de nos parents vont finir à Azkaban, nous sommes les fils et filles de Mangemorts, nous sommes des parias ! », aboya-t-elle d'une voix sonore qui fit se retourner plusieurs Serpentard. « Mais toi, ça te va pas, hein ? Tu ne supportes pas de ne pas être le centre de l'attention ! Ah, mais j'oubliais, tu es comme ton père, ça ne te dérange pas de condamner tes petits camarades tant que t'y gagnes au change ! »

Cette fois-ci, tous les Serpentard les regardaient, certains étaient juste curieux mais la plupart semblaient partager l'opinion d'Hestia, hochant discrètement la tête, une étincelle d'avidité dans les yeux.

« Ne parle pas de mon père. »

« Je vais me gêner. Ton père est un sale tr... »

D'un geste vif, Drago saisit le poignet de la brune et le serra violemment, lui arrachant un petit gémissement de douleur. D'une pression du pouce, il tordit son bras, l'obligeant à tomber à genoux sur le sol de pierre. Elle leva vers lui des yeux suppliants tandis qu'une longue lamentation s'échappait de sa bouche entrouverte par la douleur.

« Drago, arrête, arrête... Pardon... », supplia-t-elle.

D'un geste violent, il la repoussa et elle s'effondra sur le sol, pleurnichant comme une enfant en serrant son poignet endolori contre son ventre. Puis, sans lui accorder plus d'attention, il se tourna pour faire face à ses camarades.

« Alors ? Quelqu'un a un problème avec moi ? Je vous vois me jeter des regards en coin et murmurer sur mon passage. Allons-y, parlons-en. T'as quelque chose à me reprocher Higgs ? »

Le garçon en question ouvrit la bouche puis la referma aussitôt et se tassa dans son fauteuil, comme pour disparaître. Malefoy se détourna de lui et fixa Dolohov.

« Et toi, Dolohov ? T'as une réflexion à me faire à propos de mon père ? »

L'intéressé hocha vivement la tête de gauche à droite et baissa les yeux, poussant Malefoy à changer de cible. Tous les Serpentard se taisaient, à présent, trop effrayés d'être les prochains sur la liste des réclamations.

« Ah, Farley. Farley la bavarde, Farley la petite fouine qui vient fourrer son nez partout. Farley qui sourit comme une bienheureuse mais qui s'empresse de cracher son venin dès qu'on a le dos tourné. Alors, Opale, vas-y, dis-moi ce que t'as à me dire. »

Opale avait blêmi, le visage à présent aussi blanc qu'un linge alors que du regard, elle cherchait vainement du soutien.

« Oh, tu peux toujours chercher Farley, mais tous tes camarades sont aussi lâches que toi. Personne n'osera te défendre, pauvre petite Opale. Oui, vous êtes tous lâches et méprisables. Salazar aurait honte de voir les incapables qui peuplent son honorable maison. Des peureux, des idiots et des faibles, voilà ce que vous êtes ! »

Il vit Nott ricaner dans un coin de la pièce, heureux de constater que la chance tournait. Sa prédiction s'était avérée juste : oui, les fils de Mangemorts allaient tomber un par un. Quelle pitoyable déchéance les attendait. Il ne s'attarda même pas sur son cas et dévisagea de nouveau ses camarades tour à tour.

Alors qu'aucun élève n'avait esquissé le moindre mouvement, retenant leur souffle, il se dirigea vers le bureau et griffonna en vitesse un message sur un parchemin vieilli qui prit la forme d'un oiseau avant de décoller et de quitter la Salle Commune. Puis, il se tourna de nouveau vers eux et les dévisagea sans aménité.

« Serpentard était la maison de l'ambition de la grandeur, et regardez à quoi vous l'avez réduite. A un tas de cendres fumantes, où chacun tente de grappiller un peu de pouvoir. La seule ambition qu'il vous reste, c'est de réussir à poignarder votre voisin pour lui soutirer le peu qu'il a à offrir. Les autres maisons doivent bien s'amuser sur nos décombres. Mais moi, j'ai honte pour vous. »

La salle était désormais silencieuse et la plupart des élèves avait la tête baissée, osant à peine respirer. Ils avaient peur, peur de Malefoy. Il semblait toujours animé d'une violente folie, prête à ressortir et à attaquer, tel un animal blessé. Et personne n'avait envie de subir cette mortelle offensive.

Sans leur accorder un dernier regard, Malefoy se dirigea vers le tableau menant à la sortie des cachots. Daphné s'élança à sa suite, et se plaça à côté de lui afin de lui souffler discrètement :

« Qu'est-ce que tu fais, Drago ? Viens avec moi, il faut qu'on parle de tout ça. »

Il la dévisagea comme si elle était folle avant de se fendre d'un rire méchant.

« Parler ? Je ne te fréquente pas pour parler, figure-toi. »

Son visage se rembrunit et elle déglutit lentement, mais elle vint tout de même se placer devant lui pour l'arrêter et enchaîna :

« Parler ou faire autre chose si tu veux. J'ai pas envie que tu restes seul. »

« J'avais pas l'intention de rester seul et t'es vraiment la dernière compagnie que je viendrai chercher en cas de besoin. »

Il l'écarta de son chemin sans ménagement et franchit le tableau, ignorant son regard blessé et sa bouche tremblante, choquée par la violence de sa réponse. Quand il sortit enfin des cachots, il était vingt-trois heures. Il traversa le château, furieux, jusqu'à se trouver devant la petite porte menant à la salle miteuse dans laquelle Granger l'avait emmenée quelques jours plus tôt. Elle l'attendait là, les bras croisés, le visage renfrogné. Ses cheveux étaient plus en bataille que jamais et elle portait une robe de nuit en laine fine qui, sans qu'il ne comprenne comment, flattait ses courbes féminines. Cette réflexion eut le don d'évincer temporairement sa colère. A bien y regarder, il remarqua qu'elle était plutôt jolie, tout compte fait. Quand elle n'ouvrait pas la bouche pour réciter un des trente-six-mille livres qu'elle avait appris par coeur pour le plaisir. Voyant qu'il la détaillait avec un petit sourire suggestif, elle croisa vivement les bras et le darda d'un regard noir.

« Bon, Malefoy, tu comptes me dire pourquoi tu m'as envoyé ce message ou c'était juste pour le plaisir de me réveiller en pleine nuit ? », demanda-t-elle en brandissant le parchemin qu'elle venait de recevoir.

« Non, c'était vraiment une urgence, mais je prends note. Ça pourrait être un spectacle très amusant à voir. »

« Hilarant, même. », ironisa-t-elle sans l'ombre d'un sourire.

Hermione poussa la porte et pénétra dans la petite salle aux allures de placard à balais, encore plus lugubre de nuit que de jour. Il lui emboîta le pas en souriant. Le simple fait de la voir fulminer l'emplissait d'une joie sans borne qui éclipsait le reste de ses mauvais sentiments. Qui aurait pu croire que Granger lui serait, un jour, d'une quelconque utilité ? Elle tira une chaise et s'assit en face de lui, pianotant sur la table en attendant ses explications.

« Il y'a eu un autre message. », annonça-t-il brusquement.

Il la vit blêmir légèrement mais elle ne répondit rien et l'encouragea à continuer d'un geste de la tête.

« Un message à l'encontre des 'traitres à leur sang', cette fois. C'est Parkinson qui l'a trouvé dans sa chambre. »

« C'est horrible. », répondit-elle simplement, mais son froncement de sourcils trahissait son anxiété.

« C'est pas tout », commença-t-il, tandis que Granger rivait toute son attention sur lui. « En guise d'avertissement, on a trouvé un Serpent empalé à un couteau. »

Elle lâcha un petit cri de stupeur et, à son grand étonnement, tapa du poing sur la table.

« C'est vraiment cruel », gronda-t-elle, les yeux brillants d'indignation. « S'en prendre aux animaux. Je ne sais pas qui est le malade qui s'est lancé dans une telle folie mais il faut l'arrêter. Avant qu'il ne soit trop tard... »

Il sourit en réalisant qu'elle était parvenue au même raisonnement que lui : avant qu'il ne soit trop tard. Car oui, il sentait que les menaces risquaient de dégénérer, et il connaissait trop bien ce château pour ignorer quel genre d'évènements dramatiques pouvaient en découler.

La jeune fille se leva, ouvrit une des armoires campées dans le fond de la pièce et en tira un parchemin, une plume et de l'encre. Elle encra sa plume et la plaça au dessus de son papier mais n'écrivit rien, levant les yeux vers Malefoy.

« Bon. Qu'est-ce qu'on sait jusque là ? L'auteur de ces messages s'en prend aux Nés-Moldus et aux Sang-Purs qui n'ont pas rejoint les rangs de Voldemort. Et visiblement, l'instigateur de ces menaces a accès à la salle commune des Serpentard. C'est très certainement un Serpentard, donc. Et sûrement un fils ou une fille de Mangemort voire un ancien Mangemort. »

Elle réfléchit quelques secondes, une moue pensive au visage.

« Ca nous fait donc : Théodore Nott, Hestia et Flora Carrow, Anisim Dolohov, Maximus Rockwood, Selena McNair et Lysandra Yaxley sur la liste des potentiels suspects. », énonça-t-elle machinalement. « C'est tous les Mangemorts dont je me souviens. Enfin, avec... ».

Elle ne termina pas sa phrase mais il devina très bien ce qu'elle avait failli dire. Piqué au vif, il croisa distraitement les bras et lâcha d'un air faussement innocent :

« Mmh. Toi aussi tu as accès à la Salle Commune des Serpentard, je te ferais remarquer. »

« T'es pas sérieux, là ? »

Il ricana devant son air offensé.

« On sait jamais. Quitte à soupçonner tout le monde... »

Il s'empara de la feuille qu'elle avait griffonné de noms, lui prit la plume des mains et inscrivit 'Granger' à la fin de la liste. La mâchoire de la jeune fille se crispa alors qu'elle tentait tant bien que mal de garder son sang-froid, mais elle finit par céder et lâcha brusquement :

« Ah oui ? Eh bien, je te rajoute aussi, quitte à soupçonner tout le monde, comme tu dis. »

Hermione récupéra parchemin et plume et ajouta le nom de Malfoy juste derrière le sien.

« Oui, mais moi je n'ai aucun intérêt à me faire de nouveaux ennemis. J'ai déjà ce qu'il me faut à ce niveau là... Alors que toi... Toi, tu as tout intérêt à me faire accuser. »

Il fit de nouveau glisser le parchemin jusqu'à lui, et bien qu'elle tentât de résister, il lui prit la plume des mains et inscrivit en lettres capitales, juste à côté du nom d'Hermione : SUSPECT TRES PROBABLE.

Elle fronça les sourcils et croisa les bras.

« Tu vois, tu écris en majuscules, comme les coupables. Et je jurerais que ton écriture ressemble étrangement à celle qui couvrait le mur. »

Elle lui arracha la feuille des mains et marqua, à la suite du nom de Malefoy : SUSPECT ENCORE PLUS PROBABLE. A SURVEILLER DE PRES.

Elle releva la tête, étonnée, lorsqu'elle l'entendit éclater de rire et elle ne put retenir un sourire amusé. Il ne savait pas franchement pourquoi il riait, mais ça lui faisait un bien fou. Il fallait bien avouer que la tension n'avait cessé de croitre ses derniers temps jusqu'à devenir si pesante qu'elle en était insupportable. Et ce petit échange l'avait aidé à se dérider. Il n'avait jamais vu Granger plaisanter et ça lui conférait un intérêt nouveau, quoi que passager, puisqu'elle toussota, barra leur deux noms, et reprit, d'un air on ne peut plus sérieux :

« Bon. Il va falloir être méthodique. »

« Comme si tu pouvais être autre chose que méthodique, Granger. Je suis même sur que c'est toi qui as inventé ce mot. »

« Je ne vois pas le mal à être méthodique », répondit-elle distraitement, trop occupée à gratter son parchemin de sa plume.

Il se fendit d'un ricanement moqueur et secoua lentement la tête. Il n'avait plus envie de penser à cette affaire de messages anonymes, pour l'instant. En fait, il avait envie de la voir s'énerver pour de bon, il avait envie de se défouler, de la voir rager et tenter tant bien que mal de contenir sa colère. Dans ces moments-là, il se sentait pleinement au pouvoir. Le reste du temps, il avait l'impression que les choses risquaient de lui échapper à tout moment, et cela faisait grandir un sentiment de terreur en lui. Qu'allait-il devenir, s'il perdait la maigre influence qu'il réussissait à garder sur les Serpentard ? C'était tout ce qui lui restait et pourtant, il voyait son autorité diminuer de jour en jour. Même la pathétique Carrow avait osé lui tenir tête et il avait dû user de violence. Il sentait que la roue allait tourner. Alors, Granger, c'était comme un refuge de sûreté. Une souffre-douleur à malmener, qui se prenait toujours docilement au jeu et qui répondait, comme si elle tendait le bâton pour se faire battre. Avec ses manières de vieille fille aigrie et ses airs de Miss Je-Sais-Tout, elle était exactement ce qu'il lui fallait. Oui, le jour où il perdrait Granger, il ne donnait pas cher de sa propre peau. En attendant, il fallait qu'il la blesse, il avait envie d'être mesquin et cruel, il avait envie de sentir la puissance courir dans ses veines, de voir ses yeux tenter en vain de retenir ses larmes. Oui, il avait envie de la faire souffrir.

« Le problème c'est que tu ne sais pas être autre chose que méthodique. Il faut absolument que tu aies toujours raison, que tu connaisses tout sur tout. Tes airs de Miss Je-Sais-Tout coincée, c'est aussi pathétique que détestable, Granger. »

Elle releva la tête bouche bée, surprise de cette soudaine attaque sortant de nulle part, et blessée par son analyse qui la dépeignait comme une affreuse harpie.

« C'est faux », se défendit-elle.

Il leva les yeux au ciel et un sourire sarcastique vint détendre ses traits.

« Ah oui ? Et l'autre jour quand tu as repris le prof pendant le cours sur les Agromentula ? »

« ACROmentula », corrigea-t-elle.

Il ricana avec un petit haussement de sourcils entendu tandis qu'elle s'assombrissait, vexée de s'être fait avoir aussi facilement. Elle fronça les sourcils et ses lèvres se pincèrent dans un rictus offensé, sans même s'apercevoir que cette grimace lui donnait l'air encore plus revêche.

« Je sais être spontanée aussi. », se justifia-t-elle piteusement.

« Ben voyons. Tu es aussi ennuyeuse que les livres dans lesquels tu passes ta vie. »

Avec lassitude, elle croisa les bras et leva les yeux au ciel, en émettant un petit claquement de langue désapprobateur.

« Bon, qu'est-ce qui se passe ? Les Serpentard ont pas été gentils avec le pauvre petit Malefoy, c'est ça ? », se moqua-t-elle. « Et du coup, tu te venges sur moi ? »

« Exactement. Tu fais un merveilleux défouloir, Granger, avec ton énervante envie de bien faire qui te donne des airs de vieille fille. »

« Et toi, alors ? Avec tes grands airs de petit garçon pourri gâté qui ne supporte pas qu'on lui refuse quelque chose ? Tu ne crois pas que ça fatigue tout le monde, tes caprices ? »

« Visiblement pas tout le monde. Pas les filles que j'arrive à mettre dans mon lit, par exemple. »

« On en revient toujours là. Si c'est ça ta seule fierté, excuse-moi de te dire que c'est franchement pathétique. »

« C'est marrant de te voir parler de choses que tu ne connais pas. »

Agacée, elle se remit à pianoter sur la table. Elle voulut se contenir, mais c'en était trop pour elle, et elle lâcha, furieuse :

« C'est toi qui parles de choses que tu ne connais pas. Tu serais gentil d'arrêter de spéculer sur ma vie amoureuse et sur ce que j'ai fait ou pas. Et maintenant, est-ce qu'on peut reparler du sujet qui nous amène ? Parce que ça ne m'intéresse pas vraiment les pauvres filles que tu arrives à convaincre - je ne sais comment - de coucher avec toi. »

Elle trempa sa plume dans l'encre et avant qu'il ne puisse renchérir, elle enchaîna :

« Bref. Il va falloir que tu surveilles tout ça, de ton côté. Moi je vais essayer de tendre l'oreille sur les rumeurs que j'entendrai passer, mais je pense que c'est toi qui vas tenir le rôle principal de cette enquête. Au fait, vous avez prévenu McGonagall ? »

« Non. C'est pas vraiment le genre des Serpentard, d'aller pleurnicher à la directrice. »

« Elle va finir par être au courant, de toute façon. Pour l'instant, elle m'a suggéré de ne rien faire. Elle estime que si l'on apporte trop d'importance à ces menaces, l'auteur risque de se sentir mis sur un piédestal et de récidiver. Donc il va falloir se renseigner discrètement. »

Il acquiesça vaguement, agacé par ses airs autoritaires et directeurs. Elle était assommante d'ennui. Toujours guindée, toujours propre sur elle. Elle avait forcément une faille, tout le monde avait des failles. Et il aurait payé cher pour découvrir la sienne. Une fille aussi tirée à quatre épingles, ça devait forcément cacher quelque chose d'énorme.

Hermione roula le parchemin puis le fourra dans la petite sacoche qui pendait à son épaule et se releva, prête à partir. Mais elle se planta devant lui sans bouger.

« On se voit la semaine prochaine pour faire le point. Vers vingt-deux heures, après la ronde nocturne, ici. D'accord ? »

« Mais ça sonnerait presque comme un rendez-vous, ça. »

« Non, les blondinets arrogants, c'est pas mon genre. »

« Dommage, parce que moi j'adore les intello coincées. Ça réserve toujours des surprises. »

Elle roula les yeux au plafond, puis d'un ton cassant, elle clôtura le sujet :

« Bref. La réunion est terminée. »

Les sourcils de la jeune fille se réunirent en un froncement sévère, mais elle n'ajouta rien de plus et le contourna pour sortir. Avant qu'elle n'ait atteint la porte, il l'attrapa par la manche, et la tira vers lui brutalement, l'obligeant à se baisser pour lui faire face. Elle était penchée au-dessus de lui, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre, si bien qu'il apercevait maintenant de discrètes tâches de rousseur autour de son nez, lui donnant un petit air malicieux et espiègle qu'il n'aurait jamais imaginé chez elle. Ils étaient si près... Il sentait même son parfum : quelque chose de doux... De la vanille peut-être ?

« Tu devrais te détendre un peu, Granger. Je suis sûr que t'es le genre de filles qui pourrait réserver de belles surprises. », se moqua-t-il avec un sourire suggestif.

Son regard lascif l'examinait en détail : du haut de ses boucles indomptables au bout de ses bottines en cuir. Cheveux en bataille qui lui donnent l'air d'une sauvageonne. Visage plutôt joli quand il n'est pas occupé à se donner de grands airs. Jolis seins, taille fine, hanches arrondies. Et jambes fuselées. Il eut un petit hochement de tête approbateur. Tout compte fait, elle n'était pas si mal, Granger.

Réalisant avec horreur ce qu'il était en train de faire, elle dégagea sa main d'un geste brusque, faisant craquer la laine de sa robe. Ses traits se peignirent de fureur, mais ça ne lui faisait plus aucun effet, maintenant. Il était habitué. Lui, il voulait plus. Il voulait qu'elle craque pour de bon.

« Tu es vraiment un idiot, Drago Malefoy ! Conduis-toi comme un Préfet, par Merlin ! Et arrête de penser que tout t'est dû, et que tout t'est permis ! »

Il sentait la rage infester chacun de ses mots. Ça y'est. Sa carapace se fissurait. Comme c'était bon de la voir dans cet état. Elle n'était pas infaillible, il suffisait de pousser un tout petit peu dans la bonne direction, et le tour était joué. Oh, il ne se lasserait jamais de ce petit jeu-là.

« Et arrête de me regarder comme ça ! Avec ce sourire stupide ! Tu m'énerves, Malefoy, tu m'énerves ! Même quand j'essaye de faire des efforts, tu restes le même insupportable abruti ! », tempêta-t-elle en haussant le ton.

Sans même lui adresser un dernier regard, elle se rua hors de la pièce avec fracas, renversant au passage une des chaises en bois disposées autour de la table alors qu'il lui lançait, d'un air provocateur : « à la semaine prochaine, Granger ! »

Quel délice de la voir écumer de rage de la sorte. Et dire qu'il allait devoir attendre une semaine pour pouvoir jouer de nouveau à son petit jeu préféré. C'était presque trop.

Il sortit à son tour de la pièce, lentement, savourant ce plaisir fugace, sifflotant discrètement. Les couloirs étaient plongés dans un noir impénétrable et seule la lumière de la lune venait parfois éclairer la pierre froide d'un rayon argenté. Il marchait à pas lent, profitant de la douceur de cette ambiance nocturne. Pas une personne à la ronde pour venir le seriner sur ses obligations ou sur ses erreurs passées. La solitude avait un goût formidable, un goût de liberté.

Pourtant, il savait que le calme ne serait que de courte durée et qu'au moment précis où il mettrait un pied dans la Salle Commune, les tourments reprendraient. Oui, il savait que l'illusion ne durerait pas.

Ce qu'il ne savait pas, en revanche, c'est que tapi dans l'ombre du couloir, quelqu'un l'observait depuis déjà un bon moment, animé par un virulent désir de vengeance.


Bon, c'est la fin de ce nouveau chapitre. Alors, qu'en pensez-vous ? Une petite review me comblerait de joie !

Okami : Merci mille fois de reviewer à chaque chapitre, c'est vraiment adorable de ta part. Eh oui, j'ai vraiment eu mal au cœur au moment d'écrire le passage avec le Serpent poignardé, mais il le fallait ! Je ne gâche pas le suspense, tu verras tout ça bien assez tôt héhéhé

Math' : Merci pour la review ! J'avoue que je suis comme toi, je supporte très très mal le suspense... Heureusement, je sais comment ça finit, moi ! niark niark niark.

En tout cas, un immense merci à tous les lecteurs et aux reviewers ! Et laissez-moi des petites reviews, ça me ferait très très plaisir !