Morne. C'était le mot qui convenait à cette journée. Pas de distractions, pas d'évènements notables, rien à se mettre sous la dent. Savoir qu'il allait pouvoir faire sortir Granger de ses gonds était la seule chose qui venait concurrencer l'ennui mortel de ces dernières heures, et cette idée agaçait profondément Drago. D'autant que la Gryffondor allait sûrement l'ignorer royalement étant donné que ses derniers mots à son égard avait été 'Sang-de-Bourbe'.
Pour sa défense, il n'avait pas franchement eu le choix. C'était elle ou Daphné. Et au vu de la situation actuelle - sans oublier son autorité sans cesse remise en question par ses camarades - défendre Granger reviendrait à creuser sa propre tombe. Et pour l'instant, il préférait éviter.
A l'heure où l'après-midi déclinait, effilant ses derniers rayons de soleil qui se battaient tant bien que mal contre les épais nuages pluvieux du ciel d'Écosse, la Salle Commune était aussi morne que sa journée l'avait été. Pourtant, la situation semblait s'empirer : à la place de petits groupes d'élèves complotant les uns contre les autres, on trouvait maintenant des Serpentard isolés, seul sur une chaise ou dans un coin de la pièce, s'emmurant dans un silence méfiant. Oui, l'ambiance avait changé. Un peu plus et on se serait cru au beau milieu de l'Allée de Embrumes, où chaque passant représente une menace potentielle, où l'on est accablé par le sentiment pressant que quelque chose va mal tourner.
Est-ce que Drago s'était déjà senti bien chez Salazar ? Difficile à dire. Mais d'une certaine manière, il était tenté de dire oui. Il avait été le Prince, il avait fait régner l'ordre et le désordre, il avait fait trembler des générations de vert et argent. Que restait-il de ces années ? Malheureusement, plus grand chose. Il devait se battre pour défendre sa place. Une place précaire, il le savait. Et il était bien incapable de savoir s'il tiendrait ce siège jusqu'à la fin de l'année où s'il abdiquerait avant.
C'était si facile pour les Gryffondor et les Poufsouffle. Tout n'était que fraternité, amusement et solidarité. Parfois, Drago se surprenait à ressentir quelque chose proche de l'envie en pensant à eux, mais très vite sa raison le rattrapait : les lions et les blaireaux n'étaient pas préparés à se confronter au monde extérieur. Ils baignaient dans leur propre naïveté, se roulaient dans leur témérité, et tôt ou tard, ils en paieraient le prix. La vie chez Salazar était dure, mais au moins, elle ne leur mentait pas : la réalité était angoissante, terrifiante, pleine de déconvenues et de mauvaises surprises. Et pour s'en sortir, il fallait louvoyer, escroquer, mentir et écraser. Tuer ou être tué, telle était la triste vérité. Serdaigle était la seule maison pour qui Drago avait un peu de considération. Derrière leur soif de savoir se cachait inévitablement une envie de pouvoir - même minime, même non-avouée, même bien dissimulée. Derrière leurs gros bouquins dormaient une compétition féroce. Il y'avait là une ambition aussi grande que celle des Serpentard, seulement ces derniers avaient au moins la décence de le reconnaître.
Plus le temps passait, plus Drago le réalisait : la vie ne lui ferait pas de cadeau.
Un déplacement d'air à sa gauche ; quelqu'un approchait. Il fit mine d'être absorbé dans la lecture de son journal, espérant secrètement que ça suffirait à éloigner l'indésirable qui était sur le point de l'aborder. Certaines fois, ça marchait. Mais cette fois-ci fit exception, car il sentit la présence en question s'asseoir près de lui. Pourtant, il n'osa pas relever les yeux.
Par pitié, faites que ce ne soit pas Daphné. Ni Parkinson. Ni Nott. Ni...
« Alors vieux, comme ça McGonagall t'a puni ? », ricana Zabini en assénant une tape amicale à l'épaule de Malefoy.
Malefoy soupira. Zabini était bien le seul qu'il se sentait capable de supporter, là, tout de suite. Mais s'il continuait à se moquer de la sorte, avec son air arrogant et son sourire jusqu'aux oreilles, il allait passer aussi sec dans la liste noire des persona non grata.
« Ouais », lâcha-t-il avec mauvaise humeur afin de couper court au sujet.
« Allez, fais pas cette tête d'enterrement ! Tu pourras toujours noyer Granger si vraiment tu la supportes plus »
« C'est pas vraiment Granger qui m'ennuie dans cette histoire. C'est plutôt l'eau glacée, si tu vois ce que je veux dire »
« Ah bon ? J'aurais quand même dit que Granger était pire qu'une petite douche froide »
Malefoy abaissa son journal, le replia soigneusement et le posa sur le sofa, à côté de lui. Le regard ailleurs, un petit sourire s'installa sur son visage sans que Zabini n'en connaisse la raison. Lentement, il s'extirpa de ses pensées et haussa les épaules.
« Tu vas trouver ça bizarre, mais Granger, elle est aussi cinglée que toi et moi. Elle joue les Miss Parfaite, mais elle est paumée. Et crois-moi, ça peut se révéler intéressant... »
Les yeux ronds comme des billes, Zabini fit mine de poser sa main sur le front de Malefoy puis haussa les épaules, l'air perplexe.
« Tu n'as même pas de fièvre. C'est louche, très louche tout ça »
Drago leva les yeux au ciel, même s'il ne put retenir un sourire amusé devant le cinéma de son ami. « Bref. Assez parlé de ça. Parlons de Rosier. Comment ça avance avec elle ? »
« Je trouve l'enchaînement douteux, mais passons. Rien de nouveau de ce côté-là, j'en ai bien peur... », se confia-t-il.
Et depuis qu'il le connaissait, c'était bien l'une des rares fois qu'ils parlaient sérieusement, sans blagues, sans moqueries, sans insultes. Décidément, les choses étaient vraiment en train de changer pour de bon. Pour le meilleur ou pour le pire ? Drago avait bien peur de connaître la réponse à cette question, et malheureusement, elle était loin d'être plaisante.
« Comment ça, 'rien de nouveau' ? Tu sais, si tu ne tentes rien, les choses ne vont pas avancer toutes seules comme par miracle ! », railla le blond. « J'ai jamais vu un tel incapable dès qu'il s'agit de filles. On dirait Goyle », soupira-t-il, en assénant à son tour une petite claque de compassion désespérée sur l'épaule de Blaise.
« Ah oui, pardon, j'oubliais que t'étais une source sûre en ce qui concerne les relations saines »
« Relations ? »
« Oui, tu sais, c'est quand deux personnes veulent un peu plus qu'une partie de jambes en l'air. Pas étonnant que tu connaisses pas le mot »
« Ah oui, là je peux plus rien pour toi, mon grand. T'es irrécupérable »
« Et toi, t'es vraiment le meilleur pote dont on puisse rêver », ironisa Zabini en secouant la tête de droite à gauche, étouffant un petit rire. « Au fait, tu comptes faire un bain de minuit avec Granger, ou t'as prévu une tenue adéquate ? »
Malefoy esquissa une moue dégoûtée en imaginant un instant Granger nue, mais il secoua vite la tête pour empêcher son esprit de divaguer.
« Non, je suis allé récupérer une combinaison tout à l'heure. J'espère que ce sera vite plié, cette histoire », ajouta-t-il la mine renfrognée, consultant sa montre avec lassitude. « C'est l'heure. Je te laisse. Profites-en pour aller emprunter 'Moi, Sorcier et Amoureux' à la bibliothèque. Ça parle d'amour, de romantisme et d'abrutis comme toi... Enfin, tous les trucs que t'aimes, quoi », se moqua Drago avant de se diriger vers sa chambre, sans laisser à Blaise le temps de répliquer.
Il enfila sa combinaison sous ses propres vêtements et se dépêcha de sortir du château. L'air frais du Parc le revigora et il se félicita intérieurement d'avoir pensé à aller chercher la tenue appropriée à une petite virée aquatique. Le Lac s'étendait jusqu'aux confins du Parc. Sa surface semblait plus noire et plus froide encore quand il savait qu'il devait y plonger et il ne put contenir un frisson. La lune éclairait d'une lumière pâle et diffuse les arbres qui se prélassaient au vent, silhouettes fantomatiques levant des bras dénués de feuilles vers le ciel d'encre, comme une prière. Les herbes hautes bercées par la brise nocturne chantaient une mélodie de bruissements et de murmures, accompagnant les arbres d'une chorale végétale. Un décor beau et dérangeant à la fois.
Il s'avança jusqu'à la rive et aperçut enfin Granger, droite comme un i, regardant Le Lac de ses grands yeux bruns, absorbée - de peur ou d'admiration, il n'aurait su le dire - dans la contemplation de cette étendue liquide, sombre et frémissante. A bien observer l'eau - animée de remous ou de bulles, ondoyant sous le vent, et laissant entendre à l'oreille attentive quelques bruits aquatique - on aurait presque pu croire qu'elle était vivante. Cet inquiétant spectacle était d'une beauté terrifiante, et à cet instant, Drago comprenait sans mal les marins qui sacrifiaient sans hésiter femme, enfants et terre ferme pour s'abandonner aux vague de la Belle Aquatique.
Malefoy se détourna de ce tableau merveilleux et s'avança vers la Gryffondor qui ne semblait toujours pas avoir remarqué sa présence, ce qui l'agaça plus que de raison.
« Bon, on s'y met ? », lâcha-t-il sans aménité.
Elle sursauta et leva vers lui des yeux déboussolés. Au bout de quelques secondes, elle finit par reprendre ses esprits, les sourcils froncés en une expression sévère. Typique.
« Oui, on s'y met. Retourne-toi », ordonna-t-elle.
« Et en quel honneur ? »
« J'aimerais enlever ma robe », commença-t-elle, puis se rendant compte de son erreur, elle ajouta, très vite : « Enfin... j'ai ma combinaison en dessous, je veux juste... »
« ça va, ça va, j'ai compris. Mais je vois pas pourquoi tu veux que je me retourne »
« Par Merlin, tu ne vas pas commencer ! Si je te demande de te retourner, tu te retournes et c'est tout », s'énerva-t-elle, agacée.
« Tu fais vraiment des histoires pour rien. Regarde... »
Avec un sourire moqueur, il commença à déboutonner sa chemise. Elle s'empressa de détourner le regard, le rouge aux joues. Le sourire plus large encore, il jeta sa chemise sur le sol et bien qu'elle fasse mine de regarder ailleurs, il surprit une œillade en coin, curieuse.
« C'est bon, Granger, je t'ai vu regarder »
« Par pitié, qu'on en finisse », le supplia-t-elle, irritée par la tournure des évènements. « Dépêche-toi de te déshabiller »
Il ne put retenir un petit ricanement. « C'est ce qu'elles disent toutes »
N'y tenant plus, elle se retourna et d'un geste agile, elle retira sa robe. Il observa ses cheveux retomber en cascade sur ses épaules, puis ses yeux gris descendirent lentement sur le reste de son corps, appréciant la courbure de ses épaules, la cambrure de son dos et l'arrondi de ses hanches. La combinaison épousait parfaitement ses formes, dévoilant tout juste ce qu'il fallait. Et dire qu'il ne s'était jamais rendu compte de son potentiel. Elle lui fit de nouveau face, et il dut interrompre ses observations car elle le dévisageait durement, les bras croisés.
Il finit de s'extirper de son pantalon qu'il envoya valser au même endroit que sa chemise. Granger le détailla de la tête aux pieds avec curiosité, et il prit un malin plaisir à toussoter afin de lui rappeler sa présence. Elle sursauta une nouvelle fois et joua l'innocente. Mais trop tard. Il avait vu son regard. Et ça, il ne lui laisserait jamais l'oublier.
« Tu sais faire le sortilège de Têtenbulle, j'imagine ? », demanda-t-elle pour cacher son trouble.
« Ebublio ! », prononça-t-il pour toute réponse tout en pointant sa baguette sur son visage.
Il sentit une bise d'air caresser ses joues et soudain, une bulle d'oxygène se forma autour de sa bouche et de son nez. Il lança à Granger un sourire entendu auquel elle répondit par un roulement d'yeux, puis elle s'empressa de l'imiter, créant une bulle similaire autour de ses voies respiratoires. Il la vit articuler quelque chose mais le son s'étouffa dans sa bulle et il n'en comprit pas un mot. Le blond secoua les épaules. Elle prononça de nouveau quelque chose en pointant sa bulle de sa baguette et un fil translucide se détacha de sa bulle pour rejoindre celle du Serpentard.
« Tu m'entends maintenant ? », demanda-t-elle, en haussant le ton.
« Oui, pas besoin de crier »
« Pardon. Je disais donc qu'il faut faire attention, c'est la saison des amours pour les Strangulots et par conséquent, ils peuvent se montrer agressifs. D'autant que les mâles se servent du Plumbago pour attirer la femelle et je ne pense pas qu'ils apprécient qu'on vienne piller leurs réserves »
Bon sang, cette fille connaissait vraiment tout sur tout.
« C'est noté. On y va ? »
Elle acquiesça, légèrement stressée, et sans cérémonie, il plongea tête la première dans le lac. Les premières secondes lui firent l'effet d'un choc électrique. L'eau était gelée et il pouvait sentir ses muscles se raidir malgré la combinaison. Le froid était si intense qu'il craignait que son corps se paralyse et sombre inéluctablement dans les profondeurs obscures. Il se ressaisit et prit aussitôt ses marques, brassant l'eau de ses mains pour s'enfoncer plus profondément vers le fond du Lac. L'eau était d'un noir impénétrable, et il avait même du mal à distinguer ses propres mains. Granger devait être dans le coin car il avait entendu un bruit d'éclaboussures et avait senti des ondulations sous-marine.
Il se tourna, tentant de scruter la pénombre pour apercevoir la Gryffondor mais l'obscurité était trop dense pour qu'il puisse distinguer quoi que ce soit. Il fronça les sourcils.
« Granger ? »
Un bruit indistinct, un gazouillement, puis la voix de Granger s'éleva clairement dans sa bulle.
« Oui, je suis sous l'eau. Malefoy, il faut qu'on reste ensemble. C'est trop dangereux, si on se sépare »
« Je sais, mais je ne te vois pas »
« Allume ta baguette, mais fais vite. Vaut mieux éviter d'attirer l'attention »
Il s'exécuta et le bout de sa baguette s'illumina, projetant une lumière diffuse qui éclairait à peine à un mètre. Il sentit des mouvement dans l'eau et le visage de la Gryffondor apparut dans son champ de vision. La lumière se reflétait sur son visage, accentuant la pâleur de ses traits. Ses cheveux flottaient autour de sa figure comme un halo céleste. Malgré le froid, elle lui sourit, rassurée de le retrouver. Elle hésita, se mordit la lèvre inférieure, puis se décida et tendit la main pour s'accrocher à son bras. Tout ce cinéma pour ça : du Granger tout craché. Malgré la combinaison, il sentit la maigre chaleur de sa peau, et ce contact le fit frissonner.
« On continue ? », demanda-t-elle en restant agrippée à son bras.
Il acquiesça et ils s'enfoncèrent tous les deux dans les méandres du Lac. Il nageait tant bien que mal, tentant de ne pas défaire la prise de la jeune fille. Sa respiration était saccadée, difficile. Il détestait les profondeurs et savoir que sa vie ne tenait qu'à une bulle envoyait des décharges de peur dans tout son corps. Dans ses oreilles, il entendait la respiration irrégulière de la Gryffondor et se doutait qu'elle n'était pas plus à l'aise que lui. Ironiquement, la savoir à ses côtés calmait quelque peu son angoisse. Ils nagèrent longtemps, du moins lui sembla-t-il, mais le temps passait d'une manière différente sous l'eau, d'autant qu'il n'avait plus aucun repère auquel se fier. Peut-être avaient-ils nagé à peine quinze minutes, pourtant, il avait l'impression d'être sous l'eau depuis des heures. Cette sensation dérangeante s'accentua quand il remarqua que de là où il était, il ne distinguait même plus les reflets de la lune.
Heureusement, ils aperçurent bientôt des lueurs spectrales danser sous leurs pieds. Des algues phosphorescentes se balançaient au rythme des ondulations de l'eau, dans un ballet aquatique lumineux. L'eau n'était plus noire mais d'un vert bleuté, irréel, dévoilant des habitations de coquillages qui se dressait fièrement hors du sol, renvoyant mille reflets de nacre sur les rochers alentours, dans un chatoiement de couleurs allant du rose au doré. Les poissons scintillants furetaient sous leur yeux, ondulant entre les herbes lumineuses, jouant à cache-cache entre ombres et lumières. Leurs mouvements réguliers faisaient valser une infinité d'éclats argentés qui courraient sur le sol et sur leur peau. Des algues d'un vert opaline, translucide, s'élevaient bien au dessus du village, chaloupant au gré des remous du Lac, comme pour souhaiter la bienvenue aux deux étrangers. Le monde semblait désormais se mouvoir au ralenti, même le temps semblait s'égrener plus lentement encore. Lentement, lentement, lentement... Si lentement... Un calme intense se saisit de lui. Il n'avait plus peur, il ne ressentait plus rien d'autre que ce bien-être soudain.
Jamais il n'avait vu pareille beauté sur terre. Le paysage entier dansait, guidé par les courants aquatiques qui venaient caresser la peau du jeune homme par intermittence. Une mélodie merveilleuse parvint à leurs oreilles dans un fredonnement délicieux d'où s'échappaient quelques notes claires et envoûtantes. C'était si beau qu'il en oubliait presque de respirer. Il voulut s'avancer, découvrir d'où venait cette mélopée féerique mais Granger le retint d'un geste ferme.
« Non, Malefoy ! Il faut trouver les fleurs. »
Il se détourna à regret du village des Êtres de l'eau alors que Granger se dirigeait déjà vers sa gauche. Pourquoi partir si vite ? Il pourrait faire un petit tour, juste un petit tour de rien du tout pour trouver l'origine de cette symphonie. Il n'était quand même pas à cinq minutes près, si ?
Voyant qu'il ne bougeait toujours pas, elle s'énerva :
« Malefoy, qu'est-ce que tu fais ? Viens ! »
En quelques brasses il la rattrapa. Maintenant qu'il la voyait à la lumière, il observait son corps onduler gracieusement, ses cheveux virevoltant dans l'eau éclairés de reflets merveilleux. On aurait dit un petit soleil : elle se détachait du fond marin avec aisance et prestance, comme si elle avait toujours appartenu à cet étrange décor.
D'un geste vif, elle pointa un récif rocailleux bien plus loin à leur gauche. La crevasse sous-marine était plongé dans la pénombre, comme si elle absorbait toute la lumière dans un noir impénétrable. Il n'avait pas envie d'aller là-bas. Lui, il voulait retourner au village, découvrir d'où venait cet étrange musique, mais elle ne semblait pas du même avis.
« Les fleurs poussent entre ces rochers. Suis-moi », murmura-t-elle, et sa voix douce le tira de sa torpeur.
« Vas-y »
Ils nagèrent côte à côte et atteignirent après de longues minutes les tréfonds du Lac. Elle louvoya entre les algues et s'accrocha à un morceau de roc sombre sur lequel s'illuminaient quelques coquillages luisants, pigmentant la peau de la jeune fille de mille constellations étincelantes. Elle ressemblait à une créature de conte, ses cheveux auréolant son visage et sa peau parsemé de lumière. Décidément, l'eau lui allait bien au teint.
« Accroche-toi sinon tu vas être emporté vers la surface », le prévint-elle.
Il soupira - assez fort pour qu'elle l'entende, et cela eut l'effet escompté car elle fronça les sourcils - mais finit par appliquer le conseil car il sentait effectivement qu'il était attiré vers le haut. Les deux récifs étaient si près l'un de l'autre que seul une mince fente noire les séparait, et au milieu : le vide, abyssal, plongeant vertigineusement vers les profondeurs. Un courant d'air froid s'échappait de cet espace, les frigorifiant jusqu'à l'os. D'un même geste, ils se penchèrent au-dessus du vide, surplombant l'immensité impénétrable qu'ils apercevaient entre les deux masses de rochers.
D'un geste agile, Hermione se déplaça un peu sur sa droite et tapa dans ses mains comme une enfant.
« Là, regarde ! Il y'a une fleur ! », s'exclama-t-elle en pointant du doigt quelque chose que Malefoy n'apercevait pas.
Il se décala vers elle et aperçut effectivement un halo bleu qui tranchait violemment avec le noir ambiant. Mais le halo semblait bien loin d'eux. Trop loin.
« Je plonge pas là-dedans, moi », l'avertit-il.
« Mais non... », répondit-elle en soupirant, les yeux au ciel. Elle pointa sa baguette vers la fleur. « Accio Plumbago »
La fleur frémit et tira sur sa tige pour s'en décrocher, se tortillant pour échapper à sa prise, mais la tige tint bon et la fleur resta fixé à son socle végétal. La Gryffondor réessaya trois fois mais le résultat fut le même.
« Et mince ! », jura-t-elle. Son visage se tendit et elle se tourna vers Malefoy. « On n'a pas le choix, va falloir qu'on y aille... »
« On ? Je n'irai même pas au fond de ce gouffre pour tous les gallions du monde. Si tu veux récupérer ta fleur, t'y vas toute seule »
« T'es vraiment un lâche, Malefoy ! », grogna-t-elle entre ses dents.
Du pied, elle se donna une impulsion et plongea dans le récif. Il put la suivre des yeux quelques secondes puis il perdit sa trace dans l'obscurité. Le silence se fit. Il n'entendait même plus sa respiration. Juste ce noir profond et menaçant. Ce noir étouffant. Qui pouvait savoir ce qui se cachait derrière l'obscurité ? Qui pouvait savoir quelles bêtes grouillaient tout autour de lui, tapies dans l'ombre, prêtes à le dévorer ? Il sentait parfois des mouvement sous ses pieds mais n'osait pas regarder, se contentant de s'agripper au rocher comme si sa vie en dépendait. Il sentait une fièvre angoissante parcourir ses veines. Le village lui paraissait loin maintenant. Si ça ne tenait qu'à lui, il filerait droit vers la mélodie merveilleuse qu'il avait entendu là-bas. Mais bien sûr, il fallait attendre Granger. Il soupira. Et s'il retournait là-bas ? Après tout, qu'est ce que ça changerait ? Granger avait l'air de se débrouiller toute seule comme une grande. Et puis, il l'imaginait déjà en train de se vanter de ses exploit auprès de McGonagall qui exulterait de voir sa petite préférée s'en tirer une fois de plus avec tous les honneurs.
De ses pieds, il repoussa le rocher et commença à rebrousser chemin. Le silence était toujours aussi oppressant. Pas un seul bruit. Juste le frémissement de l'eau entre ses mains. Rien que ce noir à perte de vue. Il n'apercevait même plus le village. Il était perdu. Perdu au milieu de ces fonds marins remplis de créatures sauvages et dangereuses, il sentit la pression monter d'un coup. Il fallait qu'il remonte, il n'avait pas d'autres solutions. Il fallait qu'il sente l'air caresser son visage. Ici, il allait mourir, il le sentait. Et tant pis pour Granger. Elle s'était fourrée là-dedans toute seule, après tout.
Il battit des pieds, prenant de la vitesse pour ressortir, soulagé de fuir cet environnement effrayant.
Soudain il entendit un bruit indistinct dans sa bulle. Granger devait essayer de lui parler mais il était déjà trop loin. Il entendit une nouvelle fois le bruit. Un petit bruit aigu. Il jeta un coup d'oeil vers la surface : loin, très loin, il avait l'impression de voir la lumière pâle de la lune se frayer un chemin entre les vagues, lui intimant de remonter pour se mettre en sécurité. Encore le bruit strident. Peut-être que Granger était en danger ? Quand bien même ce serait le cas, c'était bien fait pour elle. Oui, mais si elle se noyait ? S'il remontait sans elle et qu'elle, elle ne remontait jamais ? Tout le monde le prendrait pour un lâche, ou pire, l'accuserait de l'avoir tuée, sans compter qu'il serait sans aucun doute exclu de Poudlard.
Il soupira longuement et redoubla de battements de pieds et de brasses pour rejoindre la Gryffondor. Plus il se rapprochait, plus le bruit devenait net : une succession de hurlements déchirants à glacer le sang. Il accéléra de plus belle et se retrouva en train de flotter au-dessus des deux grands récifs. De là où il était, il ne voyait pas Granger mais il l'entendait respirer de manière saccadée, et cela ne fit qu'augmenter son mauvais pressentiment. Il jeta de nouveau un regard sur l'immensité obscure qu'il surplombait et dans laquelle il allait devoir plonger. Tout à coup, il n'était plus si sûr que ce soit une bonne idée. Quoi qu'Hermione soit en train de vivre, elle était sûrement plus apte à l'affronter toute seule.
Un nouveau cri retentit dans sa bulle d'oxygène, résonnant contre les parois de sa tête. Il hésitait de plus en plus.
« MALEFOY ! MALEFOY ! Bon sang, qu'est-ce que tu... », hurla Granger mais elle s'interrompit pour pousser un nouveau glapissement désespéré.
Il prit une profonde inspiration, lâcha un juron et plongea dans la mince fente qui séparait les deux blocs de rochers, regrettant déjà sa décision. Il ne voyait rien. Absolument rien. Il tâtonna la pierre, essayant de se glisser entre les récifs tranchants sans se blesser. A ce niveau, l'espace était trop exigu pour pouvoir nager, il s'orienta donc vers le fond du gouffre en escaladant les rochers à l'envers, tête vers le bas. Se frayant un chemin tant bien que mal vers le fond en s'agrippant à la roche pour se hisser centimètre par centimètre dans le précipice. Il finit par déboucher dans un espace plus large mais aucune trace de la brune. Seuls ses cris stridents résonnaient dans ses oreilles à intervalles régulières.
« Granger, t'es où ? », la pressa Drago dont l'inquiétude s'intensifiait à chaque seconde. « Fais-moi signe ! »
« Lumos ! »
Il décela un point lumineux au fond du gouffre, et sans perdre de temps, il accéléra la cadence dans cette direction. Un grognement s'éleva, des bruits de combats et aussitôt la lumière s'éteignit.
« Granger, qu'est-ce que tu fous ? Rallume ! »
« Malefoy, ils ont ma baguette ! Ils ont ma baguette ! Je ne vois plus rien ! Viens, je t'en supplie ! Malef... »
Un hurlement, plus déchirant que tous ceux qu'il avait entendus auparavant. Un accès de panique le prit à la gorge mais il n'hésita pas une seconde et il nagea comme si sa vie en dépendait.
« Granger ? Granger ? Réponds ! »
Un silence terrifiant. Non, en tendant bien l'oreille il percevait quelque chose. D'horribles borborygmes qui ressemblaient étrangement à des ricanements sinistres. Son cœur s'emballa, palpitant à un rythme frénétique, le suppliant de remonter à la surface.
« Granger ? Réponds ! ». De nouveau, silence radio. « Putain ! »
Il moulina, moulina, si fort que ses bras le lançaient douloureusement. Tout son corps souffrait, le conjurant de faire demi-tour. C'est fou ce que son corps était lâche. Tel corps tel maître, comme on dit. Mais non, Drago n'était pas lâche. Et c'était le moment ou jamais de le prouver. En deux brasses, il se retrouva à l'endroit où il croyait avoir vu le point lumineux. Son sang battait si violemment dans ses tempes qu'il n'entendait rien d'autre. Il prit une inspiration, forçant son corps à se calmer et à reprendre son rythme normal. Ca y'est. Les gloussements démoniaques l'entouraient. Partout autour de lui. Chaque centimètre d'obscurité s'emplissait de ces bruits venus tout droit de l'enfer. Il ne voyait pas d'où ça provenait. Mais allumer sa baguette était trop risqué. Ou alors quelques secondes ? Trente secondes, juste trente secondes. Le situation pouvait difficilement empirer de toute façon.
« Lumos ! », articula-t-il clairement.
A l'instant où sa baguette s'illumina, la vision d'horreur qu'il entrevit lui coupa le souffle. Une vingtaine de Strangulots l'entouraient ricanant de toutes leurs dents acérées. En contrebas, il vit Granger batailler avec trois Strangulots qui la tiraient par les cheveux et les bras... Et elle n'avait plus de bulle d'oxygène ! Sans réfléchir, il pointa sa baguette vers elle et hurla :
« Ebublio ! »
Le sort fusa comme l'éclair mais la manqua de quelques centimètres. A la place, il vint s'écraser sur le Strangulot qui tirait Hermione par les cheveux et il se retrouva affublé d'une bulle d'oxygène. Le Strangulot paniqua, essayant de se débattre, se griffant le visage pour tenter d'enlever cet attribut inopportun, et dans un accès de peur, il finit par décamper en geignant comme un animal blessé. Hermione leva des yeux suppliants vers le Serpentard. Il voulut s'avancer mais le groupe de Strangulots en avait décidé autrement. Ils réduisirent le cercle autour de Malefoy, se rapprochant dangereusement de lui. Les sorts du Serpentard les avaient énervé et ils se mirent à pousser des cris à l'unisson, créant un vrai vacarme de stridulations et de gémissements. Une seconde de silence. Et ils se jetèrent sur lui, griffes en avant pour tenter de lacérer son visage et sa bulle d'eau.
« Lashlabask ! Lashlabask ! Lashlabask ! », hurla-t-il sans même prendre la peine de viser.
Deux Strangulots poussèrent des grognements et s'enfuirent dans l'obscurité, mais il était toujours entouré par plus de quinze bêtes et Granger risquait à tout moment de manquer d'air. C'était sa priorité. D'un coup de poing, il envoya valser un Strangulot qui s'accrochait à son bras. Un autre coup de poing, dans le ventre d'une des créatures, cette fois. Les monstres eurent l'air d'hésiter, il en profita et plongea d'un geste vif, passant sous eux, et nagea de toutes ses forces pour rejoindre Granger. Elle avait réussi à se débarrasser d'un des deux Strangulots et tentait de remonter vers la surface malgré la créature qui lui tirait les cheveux pour l'attirer vers le fond.
« Ebublio ! Ebublio ! »
Il fut violemment tiré par les deux jambes, déviant au passage la trajectoire de son sort qui vint s'écraser contre la masse rocheuse sans toucher Hermione. Cinq Strangulots s'accrochaient à ses jambes, entaillant sa chair avec des rires sinistres.
« Lashlabask ! Stupéfix ! », s'énerva-t-il.
Deux Strangulots furent propulsés en arrière. D'un coup sec de la jambe, il en rejeta un troisième et redoubla de brasses pour se rapprocher d'Hermione. Avec horreur, il la vit mettre ses mains autour de sa gorge, se débattant contre quelque chose d'invisible dans une danse mortelle, sa tête tirée en arrière par le Strangulot restant. Soudain, il comprit. Elle était en train de se noyer. Au même moment, Granger se tournait vers lui, la bouche et les yeux grands ouverts. Un éclair de terreur passa sur son visage. Elle allait mourir.
« Lashlabask ! Stupéfix ! Petrificus Totalus ! », s'écria-t-il en pointant au hasard derrière son épaule.
Il donna de furieux coups de pieds et de poings pour se débarrasser de ses assaillants et nagea vers Granger. Un Strangulot s'agrippa à son bras et d'un coup de griffe, lui arracha sa manche. Le froid s'infiltra dans tout le corps de Drago, le revigorant et le brûlant en même temps. Il pointa la créature de sa baguette, animé d'une rage folle. Granger était en train de se noyer. Elle allait mourir, à cause de lui.
« Sectum Sempra ! »
L'eau se colora de rouge alors que de profondes entailles apparaissaient sur le corps du petit Strangulot. La bête poussa un couinement effrayé, ses yeux roulèrent dans leur orbite, et il tomba, inerte, au fond du précipice. Cela eut l'effet escompté : tous les Strangulots marquèrent un temps d'arrêt, apeurés. Il ne demanda pas son reste.
Une, deux brasses, il était presque arrivé Granger dont les yeux luisaient de douleur. Son visage était désormais si pâle qu'il eut peur un instant qu'elle ne soit déjà morte. Elle avait cessé de se débattre, maintenant. Elle flottait dans la pénombre, se laissant porter par les remous de l'eau. Il ne l'avait jamais vue comme ça : un visage dénué de vie, dénué de son air sévère et de son obstination agaçante. Ce n'était plus la Granger qu'il avait connu et il aurait tout fait pour revoir l'énervante Miss Je-Sais-Tout.
Trois, quatre, cinq brasses. Enfin. Il saisit sa main et l'attira contre lui. Elle ne bougea pas, n'esquissa pas le moindre geste, entre deux eaux, conscience et inconscience.
« Ebublio Maxima ! »
Plop ! Une bulle se forma autour de son visage pâle, et elle s'y s'agrippa de ses mains faibles mais ses yeux semblaient toujours vides. Pas de respiration. Elle ne réussissait pas à reprendre son souffle.
« Putain, Granger ! Magne-toi de respirer ! », lui cria-t-il, sentant la panique le gagner. « Anapneo ! »
Le corps de la jeune fille se mit à tressauter, parcouru de spasmes violents, recrachant l'eau qui s'était infiltrée insidieusement dans ses poumons. Soudain elle s'arrêta et prit une longue inspiration, les larmes au bord des yeux. Elle sentit la vie regagner son corps lentement alors qu'elle pleurait à gros sanglots, blottie contre Drago. Les Strangulots avaient profité de cet interlude pour se diriger de nouveau vers eux, alors Malefoy se mit à battre des pieds pour sortir du gouffre, battant, battant, battant furieusement, gravissant la crevasse centimètres par centimètres, luttant contre le poids d'Hermione qui n'avait même pas la force de bouger mais qui les tirait inévitablement vers le bas.
« Stupéfix ! Stupéfix ! Stupéfix ! »
Il tirait par dessus son épaule, sans prendre la peine de viser, entendant parfois un glapissement qui signifiait qu'il avait touché sa cible. Son bras le faisait atrocement souffrir, répandant une trainée rouge de sang à chacune de ses brasses. Il avait peur de lâcher Granger et de la voir sombrer tout au fond de l'abîme, alors il la serrait fort contre son torse, priant pour qu'elle reprenne ses esprits et qu'elle l'aide. C'est qu'elle était lourde, mine de rien. De son autre bras, il continuait de mitrailler ses assaillants. Il avait mal, de plus en plus mal. Sa mâchoire était si contractée qu'elle risquait de se briser à tout moment. Quelques mètres, quelques mètres à peine et il déboucherait hors des récifs. Juste quelques mètres... Soudain, Granger lâcha un petit glapissement et ils furent tirés vers le bas d'un coup sec. Une de ces horribles créatures s'était pendue à son pied, ricanant de ses dents jaunes et pointues, l'entraînant vers le fond de l'eau. Non. Non, il fallait qu'ils sortent. Mais le rire de la créature s'insinuait dans sa tête, ricochant contre les parfois de son crâne et il sentait les forces le quitter. Il se tortilla sur lui-même pour viser correctement, fou de rage, et pointa la créature à bout portant.
« Avada... », il s'interrompit en interceptant le regard alarmé de Granger et réalisa ce qu'il était en train de faire. « Impedimenta ! »
Le petit démon arrêta soudain de gigoter, le corps paralysé, et il tomba en arrière, s'enfonçant dans les profondeurs. Une dizaine de Strangulots les suivaient toujours, ricanant, hurlant, tendant leur doigts crochus vers les deux élèves. Le souffle de Malefoy s'accéléra. Il fallait qu'il fasse quelque chose. Tout de suite. Ou ils mourraient tous les deux. De toutes les morts que Drago s'était imaginé - et dieu sait s'il avait eu l'occasion d'être créatif à ce sujet - cette mort là était de loin la plus pathétique et la plus intolérable de toutes. Il n'avait pas envie de crever au fond du Lac et surtout pas à cause de Granger. Cette dernière devait aussi sentir que la situation était critique car elle s'agrippa au cou de Drago et enfouit sa tête au creux de son épaule, son souffle chatouillant le cou du Serpentard. C'était bien le moment de le déconcentrer. Mais... Non... Elle essayait de lui dire quelque chose. Elle murmurait des syllabes incompréhensibles à son oreille mais il n'arrivait pas à en saisir le sens. Battant l'eau de ses membres endoloris, il fit un effort intense pour se concentrer sur les élucubrations de la Gryffondor.
« A... scen... dio... Utilise... Ascendio... », balbutiait-elle en boucle, comme une litanie désespérée.
« Ascendio ! », rugit-il, réunissant ses dernières forces.
D'un coup, ils furent projetés vers le haut et gagnèrent quelques mètres de hauteur, débouchant enfin hors de ce gouffre mortel. Mais les Strangulots le talonnaient toujours, tentant à leur tour de s'extirper du ravin. Il pointa la roche la plus proche.
« Deprimo ! »
Dans un grondement terrifiant, un énorme morceau de roc se détacha de sa surface et s'effondra à l'intérieur du ravin, entraînant avec lui les démons qui hurlaient à la mort. L'onde de choc expulsa les deux élèves entrelacés à quelques mètres, essoufflés, le corps tailladé, mais en vie. Épuisé, Drago se laissa porter par les courants sous-marins quelques minutes. Il n'avait plus la force de nager, plus la force d'utiliser un sort, il se contentait de serrer contre lui Granger qui semblait prête à s'évanouir à tout moment. Les mains toujours passées autour du cou de Drago, elle se laissait bercer par la houle sous-marine. Il était fatigué, si fatigué... Il fallait qu'il ferme les yeux... Juste quelques secondes... Juste... se reposer... Quelques secondes... Il enveloppa Granger de ses bras et sombra.
Il devait avoir fermé les yeux quelques minutes, car lorsqu'il les rouvrit, ils étaient tous deux entortillés dans une longue algue verte, à l'orée du village des Êtres de l'eau. Comment avaient-ils pu atterrir là ? Le courant aurait du les ramener à la surface. D'ailleurs sa bulle commençait à manquer d'air. Il puisa dans ses dernières forces, et murmura, d'une voix cassée par l'épuisement : « Ebublio Maxima ». Sa bulle s'agrandit et il sentit de nouveau l'air circuler librement, mais le sortilège l'avait éreinté. Il ne savait même pas s'il était capable de nager. Granger semblait endormie. Peut-être était-elle évanouie ? Il soupira. C'était bien le moment de jouer la Belle aux bois dormants. Surtout que ses cheveux voletaient en tout sens, venant se fourrer dans le visage du Serpentard qui était loin d'apprécier l'attention.
Il essaya de se défaire de la plante mais celle-ci tint bon. Il eut envie de la déchiqueter de ses propres mains, et sûrement l'aurait-il fait s'il lui avait resté la moindre énergie. Le monde aquatique au grand complet semblait se liguer contre eux. Il se débattit de nouveau mais l'étau sembla se resserrer sur ses jambes. Si la méthode forte ne marchait pas autant opter pour la méthode douce. D'une main tremblante, il vint caresser la plante qui se tortilla sur elle-même en lâchant un son proche d'un ronronnement avant de défaire le nœud qui les retenait.
Enfin. Le mouvement sembla tirer Granger de son sommeil alors que Drago s'accrochait toujours à la plante pour ne pas dériver. D'une main douce, elle longea le bras de Drago dans quelque chose qui aurait pu s'apparenter à une sorte de caresse mais qui visait en vérité sa main. D'une pression des doigts, elle réclama sa baguette et Drago la lui laissa afin qu'elle puisse recréer un lien pour qu'il puisse parler librement.
« Va au village », murmura-t-elle faiblement. « Ils nous aideront »
Facile à dire. C'était pas elle qui devait nager ET la porter. Il lâcha la plante et lutta contre le courant pour gagner les habitations. La mélodie entêtante résonna de nouveau et lui donna des forces. S'il devait mourir, autant que ce soit sur cette musique. Et puis, il fallait qu'il trouve d'où elle provenait. Il ne pouvait pas remonter à la surface sans savoir. C'était impossible, inimaginable.
Des sirènes sortirent une à une des maisons de coquillages et s'acheminèrent lentement vers eux, les observant de loin d'abord, puis, voyant qu'ils étaient mal en point, elles se rapprochèrent et tendirent leur mains délicates vers Hermione pour s'en saisir. Drago secoua la tête de gauche à droite. Il ne s'était pas tué à la sauver pour que des créatures la capturent juste après. Il resserra sa prise sur elle mais la jeune fille posa une main rassurante sur son bras.
« C'est bon. T'en fais pas »
On voyait bien que c'était pas elle qui s'était tapé tout le sale boulot. A contre cœur il la lâcha, laissant les créatures mi-femme mi-poisson l'escorter quelque part. Sans rien lui expliquer, évidemment. Ah, parce qu'elles croyaient qu'il allait l'attendre bien gentiment les bras croisés, en plus ? Vraiment, ces créatures ne doutaient de rien. Il moulina pour les suivre, ignorant son corps qui criait au supplice. Les sirènes se dirigèrent vers un imposant dôme irisé de nervures nacrées, situé au fond du village, et y déposèrent Granger aussitôt suivie de Malefoy. Lorsqu'il déboucha à l'intérieur du dôme, la pression l'écrasa comme une massue et il retomba lourdement sur ses pieds, avant de s'effondrer au sol. C'était un dôme d'air pur, d'air frais, d'air libre, dont le sol était tapissé d'herbes d'un bleu surnaturel. Traînant son corps endolori, il s'approcha lentement de Granger qui était couchée au sol, la respiration saccadée et irrégulière. Son buste était animé de petits tressautements inquiétants, mais au moins elle respirait. Il s'allongea à côté d'elle, sur le point de fermer les yeux, lorsqu'une main palmé lui saisit le bras. Il se releva en sursaut et vit qu'une sirène lui tendait quelque chose qui ressemblait fort à une purée d'épinards.
La voix de la sirène lui parvint déformée, lente et traînante, comme venant de très loin.
« Algues Medeor. Sur ton bras. Sur sa jambe », expliqua simplement la sirène. Puis elle lui tendit une petite baie rouge, cette fois-ci. « Baie de Mérisier. Dans sa bouche »
Drago acquiesça afin de montrer qu'il avait bien compris les instructions. D'un geste fatigué, il se passa l'onguent sur le bras. Quelques picotements, une sensation de chaleur intense et ses blessures avaient disparues ainsi que la douleur. Il se pencha au dessus de Granger et lui étala le remède sur la jambe en pinçant les lèvres. Et bien sûr, Granger était dans le coaltar et elle ne se rendait pas compte des services qu'il lui rendait. Elle aurait quand même pu se donner un peu de mal pour se réveiller afin de se réaliser l'énorme dette qu'elle lui devait : à savoir, la vie.
Le sérum eut le même effet sur Granger. Plus de blessures, plus de griffures, plus de sang. Du pouce, il entrouvrit sa bouche.
« Granger, je vais te donner un truc à manger. T'étouffes pas s'il te plaît, tu m'as déjà fait le coup aujourd'hui, ça risque de devenir lassant, à force »
Un sourire amusé flotta quelques instants sur les lèvres de la Gryffondor, qui se contenta de maintenir sa bouche ouverte afin que Malfoy puisse y glisser la baie. Lentement, elle mâcha, puis déglutit tant bien que mal et toussa bruyamment. C'est bon, c'était avalé. Il se laissa tomber en arrière à côté d'elle et ferma les yeux de nouveau, tentant de reprendre des forces. Le sommeil le submergea et il se laissa aller aux bras de Morphée. Enfin un peu de repos. Et il était bien mérité...
Il sentit qu'on le secouait et cligna lentement des yeux. C'était Granger.
« T'étais franchement moins chiante quand t'étais dans les vapes », grommela-t-il, en lui tournant le dos, toujours allongé sur le sol. « La prochaine fois, rappelle-moi de te laisser comme ça »
« Malefoy, il faut qu'on y aille. Tout de suite »
« Quoi ? Ça fait combien de temps qu'on dort ? »
« Un peu plus de trente minutes, je dirais. J'en sais rien, en fait. Tout ce que je sais, c'est qu'il faut qu'on parte »
« C'est bon, on est plus à cinq minutes près. Et je te rappelle que pendant que tu te tapais un petit somme tranquille, moi je me battais avec les Strangulots. J'ai bien mérité quelques minutes de sommeil en plus. »
Elle lui fila un petit coup de pied dans les jambes qui le fit grogner de plus belle.
« Par Merlin, mais t'es pire qu'avant ! », souffla-t-il. « Laisse-moi dormir tranquille. T'as qu'à partir sans moi. »
« Malefoy, bon sang, tu vois pas ce qui est en train de se passer ? Il ne faut surtout pas rester trop longtemps dans un village de Sirènes sinon, on finit par ne plus jamais vouloir en partir. Il faut qu'on y aille. Tout de suite. »
« Non »
« Comment ça, 'non' ? Je vais pas te laisser ici, donc tu viens avec moi. »
Les yeux de Malefoy s'était de nouveau fermé, si bien qu'il ne prit même pas la peine de lui répondre. Il était si fatigué. Il pouvait bien rester ici quelque minutes encore. Juste quelques minutes, ça ne ferait de mal à personne. Mais visiblement, Granger n'était pas de son avis car elle se remit à le secouer comme un prunier.
« Je suis aussi fatiguée que toi mais il faut qu'on parte », se justifia-t-elle d'une voix sévère.
« Mais je veux pas partir Granger. Je veux juste dormir ! », s'écria-t-il d'une voix lasse.
Elle le contourna et s'agenouilla à ses côtés, saisissant son visage entre ses mains pour l'obliger à la regarder dans les yeux.
« Malefoy ! Si on ne part pas maintenant, tu ne partiras plus jamais. Lève-toi. Je m'occupe du sortilège de Têtenbulle mais il faut que tu te mettes debout ! », s'énerva-t-elle.
A contre cœur, et poussé par la Gryffondor, il se remit tant bien que mal debout. Granger avait les cheveux trempés, ruisselant sur ses bras pâles. Son visage était cerné, d'un teint fantomatique, elle semblait à deux doigts de tomber dans les pommes. Il devait sûrement ressembler à ça, lui aussi. Quel beau duo ils devaient faire.
« Ça va, ça va, je te suis. Pas la peine de faire une crise », abdiqua-t-il.
Elle leva les yeux au ciel, agacée. Contre toute attente, c'était assez agréable de la retrouver, aussi énervante et antipathique qu'avant.
« Ebublio ! »
Une bulle d'oxygène entoura le visage du blond et à son grand regret, il retrouva la sensation désagréable que lui procurait le sortilège, lui donnant l'impression de respirer dans un bocal, comme si l'air avait du mal à se frayer un chemin jusqu'à ses poumons et qu'il pouvait s'étouffer à tout moment. Elle se para d'une bulle elle aussi, et dressa un lien quasi transparent entre eux.
« Tu m'entends ? », demanda-t-elle.
Il soupira. « Oui, malheureusement, oui, je t'entends »
« Très drôle. Bon, allons-y »
Il s'extirpa du dôme à sa suite et se sentit de nouveau léger, porté par l'eau. Il ne sentait même plus le froid.
Un groupe de sirène les entoura. Elles étaient belles, si différentes de leur cousines les Selkies. Leurs cheveux d'or ou d'argent flottaient autour de leur visage lumineux, et leurs sourires avaient quelque chose d'envoûtant. De nouveau, cette merveilleuse mélopée s'éleva tout autour d'eux, semblable à un orchestre de harpes et de violons. Une des Sirènes, à la queue mordorée, se mit à chanter avec grâce. Sa voix était si douce, si intense. Elle pénétra Drago jusqu'au cœur, le paralysant d'ébahissement. Son chant venait caresser chacun de ses muscles, l'apaisait, l'emplissait d'une joie indicible. C'était ça, le bonheur. Ça, et rien d'autre. Jamais il n'avait connu une telle joie, un tel sentiment de plénitude. La Sirène se rapprocha, tendant une main délicate vers Malefoy qui ne pouvait plus faire un geste, émerveillé par tant de volupté. Hypnotisé, il s'approcha lentement de la Sirène.
« Malefoy, non ! », hurla Hermione.
Mais sa voix parut loin, loin, loin. Perdue dans les tréfonds de son esprit. Il voulait prendre la main de la Sirène et plus rien d'autre n'avait d'importance. Il se fichait de tout. Il pouvait bien être renvoyé de Poudlard, il pouvait bien mourir, tant pis. Ce bonheur là était sans égal, et il voulait que ce soit la dernière chose qu'il connaisse sur terre. La voix de Granger résonna encore, pressante. Pourquoi était-elle inquiète ? Ne voyait-elle pas que le bonheur était à portée de main ? Juste là, devant eux. La complainte musicale de la Sirène redoubla d'intensité, et c'était comme si toute la mer s'était mise à chanter pour l'accompagner, fredonnant un hymne aquatique dans la clarté diffuse des algues phosphorescentes qui baignaient le décor d'une douce lumière vert-bleu. Le monde entier semblait vouloir se mêler à cette ballade sous-marine. Et lui, Drago Malefoy, il en faisait partie. Oui, il faisait partie de cette musique. Quelle incroyable chance. Plus que quelques centimètres, et il saisirait la main tendue de cette magnifique créature. Elle était si belle, ondulant au gré des courant, lumineuse et fière, psalmodiant un air ensorcelant.
« Arrête, Malefoy ! Reviens ! Il faut partir ! », insista Granger, la voix suppliante.
Partir, pourquoi partir ? Ici, il avait tout ce dont il avait besoin. Pourquoi vouloir aller ailleurs ? C'était insensé. Tout était si simple ici, si beau. Son regard croisa celui de la Sirène et tout son corps fut parcourut d'une onde électrique. Ses yeux était d'un bleu nuit, profond, abyssal. Un bleu dans lequel on se perdait. Un bleu dont on ne revenait pas. Mais après tout, pourquoi revenir ? Dans les yeux de la Sirène, il voyait de la joie, de la douceur, il voyait une sérénité souveraine qui soignerait toutes ses blessures. Il n'aurait plus jamais mal. Oui, dans les yeux de la Sirène, il voyait la mort. Mais il l'acceptait. Pour cette merveilleuse créature, il serait prêt à l'accepter. A quoi bon vivre si c'était pour ne jamais retrouver cette plénitude ? Ne jamais retrouver celle qui animait désormais son cœur d'une passion si délicieuse ?
« Non ! Drago, non, ne fais pas ça ! »
Il attrapa la main de la Sirène. Enfin. Et soudain sa bulle éclata et l'air lui manqua, il voulut se débattre mais la Sirène tenait toujours fermement sa main. Il allait mourir. Il le savait. Il le sentait. Son cœur tambourinait contre sa poitrine, palpitant avec affolement, suppliant, lui hurlant de respirer à nouveau. Son cœur ne voulait pas mourir. Soudain, il sentit qu'on lui saisissait l'autre main, et il fut brusquement tiré en arrière.
« Ebublio ! »
Une bulle se forma de nouveau autour de sa tête douloureuse. Son crâne semblait sur le point d'imploser.
« Non, non. Laisse-moi ici... », supplia-t-il.
D'une main, elle lui arracha sa baguette, tenant toujours son autre main fermement serrée dans la sienne. Les traits des Sirènes commencèrent à se déformer sous la colère, et elle voulurent rattraper Malefoy mais Hermione fut plus rapide.
« Ascendio ! »
Ils firent un bond immense et cela eut le mérite de tirer Drago de sa torpeur. Il secoua la tête, déboussolé, sentant ses poumons endoloris et sa gorge rauque.
« Qu'est-ce que... »
« Tais-toi et nage ! », ordonna Hermione, en battant l'eau de ses pieds, la main toujours glissée dans celle de Drago.
Un cri perçant se fit entendre, déchirant le silence de leur fuite aquatique. Un cri à glacer le sang, un cri terrifiant. Il se mit en branle, tentant de puiser la force de nager dans ses maigres ressources. Mais ses muscles raides peinaient de plus en plus à répondre à son appel. Lentement, ils remontaient. La lune semblait se rapprocher, éparpillant ses éclats sur la surface frémissante de l'eau. Ils y étaient presque. Presque.
Un nouveau cri. Quelques mètres, encore quelques mètres. Plus que quatre, trois, deux, un...
De l'air ! Enfin ! Ils avaient débouché à l'air libre. Le vent frais sur son visage. Enfin... ! Ils respira à grandes bouffées, et ce geste si simple, si banal, lui sembla être le plus beau de tous. Quelques brasses, et ils se laissèrent tomber sur la rive, côte à côte, les mains toujours entrelacées. Leurs poumons s'emplirent, puis se vidèrent lentement pour s'emplir de nouveau. Quel merveilleux bonheur. Respirer. C'était si incroyable de tirer tant de plaisir d'une action si naturelle. Il n'osa pas bouger, de peur de briser ce moment d'extase. Il était en vie. Et ça, ça n'avait pas de prix. Au bout de longues minutes, il osa finalement demander :
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Granger roula sur le côté, furieuse, lâchant par la même occasion sa main qu'il retira précipitamment.
« Ce qu'il s'est passé ? C'est que tu ne m'as pas écouté, comme d'habitude ! Elles t'ont ensorcelé, et toi t'es tombé dans le panneau ! »
« Mais... Elles ont essayé de me tuer... »
« Bien sûr qu'elles ont essayé, ce sont des Sirènes, Malefoy ! Tu ne lis jamais tes livres de cours ou quoi ? »
« Pas vraiment, non », répondit-il, moqueur, retrouvant ses bonnes vieilles habitudes.
« Eh bien, tu devrais ! »
« Mais pourquoi ne pas nous avoir tué tout de suite, alors ? Pourquoi nous avoir soigné ? »
« Les Sirènes ont besoin d'hommes pour se reproduire », expliqua-t-elle avec son habituel ton professoral. « Mais ça ne marche que si l'homme s'offre à elles. D'où les chants. Et lorsqu'ils sont à leur merci, elles les privent d'air, leur laissant tout juste de quoi subsister, entre la vie et la mort. Quand elles ont fait le nécessaire et qu'elles sont sûres d'avoir assuré leur descendance, elles tuent l'homme »
« Charmant. C'est de pire en pire, les punitions dans cette école ! »
« A la base on était pas censé atterrir là, je te ferais remarquer », siffla-t-elle avec un ton lourd de sous-entendus.
Il haussa les sourcils : « A qui la faute ? C'est toi qui as joué la téméraire avec les Strangulots. Et pour rien du tout, au final. On n'a même pas récupéré les fleurs ! »
Un sourire fier se dessina sur les lèvres de la Gryffondor alors qu'elle plongeait sa main dans le décolleté de sa combinaison pour en ressortir quatre fleurs d'un bleu lumineux. « Je ne serais quand même pas partie sans accomplir la tâche que nous avait confiée McGonagall »
« T'as vraiment un problème, Granger. »
Elle haussa les épaules et commença à se relever. La lune la dardait de rayons nacrés. Vue sous cet angle, elle paraissait lumineuse. A l'instar des Sirènes du Lac. En moins dangereuse... Quoi que. Il se leva aussi, et ils restèrent silencieux quelques secondes, face à face.
« Bon... Je vais retourner dans la Salle Commune... Je crois qu'on a bien besoin de se reposer. J'apporterai les fleurs à McGonagall demain »
« N'oublie pas de mentionner mon intervention héroïque, hein »
Elle roula des yeux. « Bien sûr. Je lui laisserai un petit mot sur ta modestie, aussi. »
Il ricana, et la dévisagea quelques secondes sans rien dire, puis il se pencha vers elle et lui glissa à voix basse : « Quand tu veux, tu serais presque agréable, Granger. Surtout quand t'es à moitié évanouie, en fait. »
« Toi aussi, Malefoy, quand t'es plus occupé à baver sur une Sirène qu'à parler, tu serais presque fréquentable »
Il rit de bon cœur, et sans rien ajouter, il retourna vers sa Salle Commune et s'effondra sur son lit. Il s'endormit presque aussitôt, ceint d'une étrange légèreté.
Voilà un chapitre que j'ai beaucoup aimé écrire ! J'espère qu'il vous plaira tout autant qu'à moi ! En fait, je trouve qu'on découvre vraiment le 'vrai' Drago. Et moi, je l'aime bien ce petit...
Dites moi ce que vous en pensez dans une petite review !
Prune noire : Merci pour te review et ta fidélité ! Mais désolée, pas de torse nu pour cette fois ! J'espère que tu n'es pas trop déçue... Et que tu continueras à suivre !
Okami Shiroi : C'est vrai que c'est pas le genre de Ginny mais elle a ses raisons... Qu'on découvrira plus tard ! Ça expliquera pas mal cette réaction. Quant à McGonagall, la pauvre, elle croule sous le travail et puis le règlement c'est le règlement, pas d'exception même pour sa petite préférée... Merci pour tes nombreuses review en tout cas !
Rosa : Merci à toi pour tous ces compliments... Et cette review ! Ça fait vraiment chaud au cœur ! J'ai hâte de savoir ce que tu as pensé de ce chapitre...
MERCI à tous mes lecteurs et reviewers, vous êtes merveilleux. Continuez à revieweeeeer et à lire mes chers petits, et je serai comblée !
