« Daphné,
Astoria m'a parlé de l'incident de la Nuit d'Albâtre. Je t'avais pourtant formellement déconseillé d'y aller, mais comme d'habitude, tu n'en as fait qu'à ta tête.
Ta sœur m'a dit que tu garderais les cicatrices de ta bêtise. J'espère que tu as honte de toi, Daphné. Comme tu peux t'en douter, les Higgs ont annulé notre accord de mariage. As-tu seulement idée de combien il sera dur de te trouver un mari avec de telles blessures ? Nous avons œuvré toute notre vie pour vous assurer un futur confortable, mais il a fallu que tu me désobéisses, comme d'habitude, et voilà que tu en payes le prix. Bien que je sois ravie que tu reçoives enfin la juste punition de ton insolence, je suis aussi extrêmement déçue par ton comportement. Que va-t-on faire d'une fille infirme ? Ne t'ai-je jamais dit que l'apparence est une clé qui ouvre toutes les portes ? Peut-être ai-je oublié de mentionner qu'elle peut en fermer tout autant ?
J'espère que tu mets en place le nécessaire pour dissimuler tes difformités. Mieux vaut opter pour la discrétion le temps que toutes ces histoires se tassent.
Nous discuterons des solutions envisageables aux vacances de Noël, d'ici là, contente-toi de te faire sagement oublier,
Danaé Greengrass. »
Une colère sourde s'empara de Daphné alors qu'elle parcourait des yeux les derniers mots de la missive. Son regard s'arrêta un instant sur la signature, la mâchoire contractée de haine. Pas de 'maman', bien sûr. Juste 'Danaé Greengrass', ce patronyme neutre et vide de sentiments. Rien que ces deux petits mots, apposés froidement de son écriture sophistiquée, en bas de son abject message. Oh, elle imaginait sans mal sa mère, assise dans son bureau, éclairée par la lumière vacillante des bougies, rédigeant ce mot à contre- cœur, partagée entre le déplaisir de voir sa fille la décevoir une nouvelle fois, et la honte que lui procurait un tel incident.
D'une main furieuse, elle froissa la lettre entre ses mains et l'envoya valser tout au fond du dortoir. Elle venait tout juste de retourner à Poudlard que la rentrée s'annonçait déjà éprouvante. De honte, elle s'était cachée au fin fond de son dortoir, évitant autant que possible de croiser qui que ce soit. Instinctivement, ses yeux dérivèrent jusqu'à son poignet.
Un trait de chair tuméfié tirant sur le rouge lézardait là, sillonnant son bras de zébrures violacées, jusqu'à son coude. Longtemps, elle resta assise à contempler la peau de son bras droit qui avait un jour été aussi laiteuse et aussi intacte que du nacre mais qui n'était désormais plus que croutes et crevasses. Longtemps, des larmes désordonnées et incontrôlables dévalèrent ses joues rougies par le chagrin. Longtemps, elle repensa à cet instant, ce court instant qui avait altéré à jamais ce qu'elle était. Mue par une rage dévastatrice, elle griffa son bras droit, le labourant de ses ongles longs, écorchant sa peau déjà marquée, jusqu'à ce qu'elle se mette à saigner de nouveau. Enfin, devant ce spectacle pathétique, elle fondit de nouveau en larmes. Tout au fond d'elle-même, elle savait ce que cela signifiait : jamais plus elle ne pourrait plaire à Drago. Jamais. Elle était un monstre difforme et bouffi, sa mère avait entièrement raison. Elle était répugnante. Sa cicatrice sanguinolente le lui rappellerait à jamais. Elle était une traitre indigne d'être aimée.
« Daphné ? », l'interpela une voix derrière la porte du dortoir. « On doit être en cours de Potions d'ici dix minutes... Tu es prête ? »
D'un geste rapide, Daphné rabaissa la manche de sa chemise, recouvrant ainsi sa cicatrice qui constella sa blouse noire de taches plus foncées, petit halos pourpre. Sans cérémonie, elle sécha ses larmes, jeta un coup d'oeil dans le miroir pour vérifier qu'elle était présentable, et enfin, se décida à répondre.
« Oui, oui, je suis prête », déclara-t-elle d'une voix qu'elle tenta rendre neutre.
« Je peux entrer ? »
« Si tu veux », souffla la blonde d'une petite voix.
La porte s'entrebâilla lentement, puis s'ouvrit complètement pour laisser place à Calypso qui offrit à Daphné un sourire timide. Elle hésita quelques secondes, puis referma la porte derrière elle et s'assit sur le lit, à côté de Daphné. Un silence étrange plana un instant, puis Calypso pencha son visage en faisant cascader ses boucles brunes.
« Est-ce que ça va, Daphné ? », s'enquit-elle d'une voix douce.
« Ça va », répondit laconiquement la blonde, espérant ainsi faire cesser cet excès de complaisance.
Calypso ne bougea pourtant pas d'un iota, son visage délicat toujours penché vers Daphné, ses yeux noirs l'observant avec cette gentillesse écœurante qui semblait inhérente à sa personnalité. Pendant un instant, Daphné se demanda vaguement ce que Rosier pouvait bien faire à Serpentard. Elle n'était que douceur et mièvrerie, rien à voir avec la dureté complexe et facettée des vert et argent. Alors que chacun se créait une armure solide, un masque inébranlable derrière lequel dissimuler faiblesses et incertitudes, elle se montrait telle quelle, pleine de failles et de doutes... presque trop fragile. Comment avait-elle survécu si longtemps dans cette maison, sans se faire écraser par les autres ?
Daphné haussa imperceptiblement les épaules, comme pour dire 'après tout, je m'en fiche royalement' et elle tourna son visage vers Calypso pour enfin lui faire face.
« Je vais bien. »
« Je t'ai entendue pleurer », lâcha brusquement la brune.
Le visage de Daphné pâlit brutalement, confessant son mensonge. Instinctivement, elle porta sa main à son bras blessé, puis la retira aussi vite, regrettant déjà son geste... mais les prunelles noires de Calypso avait scrupuleusement suivi le mouvement et se focalisèrent de nouveau sur le visage de la blonde.
« Pourquoi tu ne veux pas en parler ? », demanda-t-elle d'une voix aimable.
« Parce qu'il n'y a rien à dire à ce propos. Je pleurais parce que ça me faisait mal, c'est tout. Et de toute façon, si je devais un jour en parler à quelqu'un, tu serais la dernière personne vers qui je me tournerai, mets-toi bien ça dans le crâne. »
Les yeux de la brune s'écarquillèrent devant la violence du rejet, mais elle ne se formalisa pas plus de la brusquerie de sa camarade et poursuivit : « Donc il y'a bien quelque chose à dire à ce propos. »
Daphné roula lentement des yeux, exaspérée. Cette conversation allait-elle s'arrêter un jour ou était-elle condamnée à discuter avec cette niaise de Calypso jusqu'à la fin des temps ? Elle ne comprenait pas par quel malheur Calypso s'intéressait tant à son cas mais ça avait le don de gentiment lui taper sur les nerfs. Dans une tentative pour couper court à la conversation, la blonde finit par avouer :
« Oui, il y'a bien des choses à dire. Mais pas à toi. »
« Pourquoi ? », insista la brune.
« Parce que tu ne comprendrais pas. »
« Ah bon ? Pourtant, je pense que je suis bien la mieux placée pour comprendre ce que tu traverses. »
D'un geste lent que Daphné ne comprit pas tout de suite, Calypso fit glisser le bas de laine de sa jambe gauche à son pied, puis, avec cette même application, elle releva lentement sa robe, sous les yeux effarés de la blonde. A son grand soulagement, Calypso s'arrêta à mi-cuisse et pointa du doigt sa peau hâlée. Une contusion violacée tirant sur le noir striait sa chair. Un large cercle foncé et gonflé étendait ses rayons bruns sur la cuisse de la brune, à l'instar d'un petit soleil tuméfié. Certaines des zébrures faisaient plus de dix centimètres de long, gondolant légèrement la chair de la brune.
« Qu... Qu'est-ce que c'est ? », bredouilla Daphné, en relevant les yeux sur le petit sourire triste de sa camarade.
« Souvenir de la Valse Vipérine. Le serpent de Théo est une espèce rare de Naja : lorsqu'il mord ses victimes, son poison se répand dans le sang en gonflant et colorant les veines. Je garderai cette cicatrice à vie, moi aussi. »
Elle posa une main réconfortante sur l'épaule de Daphné qui n'esquissa pas le moindre mouvement pour se dégager et ajouta à voix basse : « Alors crois-moi, je comprends très bien ce que tu vis. »
Daphné ouvrit la bouche, puis la referma et secoua la tête avant d'adresser un sourire sincèrement navré à Calypso.
« Je suis désolée. Je ne savais pas », se justifia-t-elle piteusement.
Elle fut elle-même troublée par la sincérité de son ton. Oui, elle était vraiment désolée, et c'était bien une des premières fois de sa vie qu'elle ressentait de la compassion pour quelqu'un. Après tout, peut-être que Calypso avait sa place à Serpentard. Peut-être qu'elle était la seule capable de tempérer la violence des orages qui secouaient les vert et argent, peut-être qu'elle était en réalité vitale : empêchant aux Serpentard de s'entretuer. Daphné inclina légèrement la tête, observant toujours le sourire sincère de la brune. Le regard qu'elle lui portait changea brusquement, et pour la première fois depuis qu'elle la connaissait, elle vit Calypso telle qu'elle était. Douce. Gentille. Aimante. Instantanément, elle comprit ce que Zabini lui trouvait : elle était comme un diamant, brut et pur, de ces matériaux qu'on pense fragile et délicat mais qui se révèle être aussi dur que du granit.
Elle lui adressa un nouveau sourire, un sourire de gratitude, un sourire d'excuses, un sourire qui disait à demi-mots : 'je me suis trompée sur toi, pardon'.
« Merci, Calypso. »
« C'est normal. Tu sais, je vous vois vous déchirer entre vous, je vous vois comploter, vous poignarder dans le dos, vous excuser platement, et recommencer. C'est pas parce que je suis différente que je ne vois pas tout ça. Mais je ne suis pas comme ça. Je ne serai jamais comme ça. Ce que tu vois en face de toi, c'est ce que je suis. Pas de faux-semblant, pas de mensonges, pas de manigances. Alors si je te dis que tu peux venir me voir quand ça ne va pas, peu importe quand, je le pense. C'est pas une stratégie, un piège ou un mauvais tour. C'est une offre sincère. »
Daphné ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, ne trouvant pas de mots assez fort pour expliquer ce qu'elle ressentait. Un sentiment de réconfort réchauffa son corps, alors qu'elle souriait piteusement, abandonnant enfin son masque. A cet instant précis, une émotion puissante naquit en elle, une émotion qu'elle ressentait seulement pour la deuxième fois en dix-huit ans d'existence : elle n'était plus seule. Il y avait sur terre quelqu'un qui se souciait d'elle, et cela lui fit l'effet d'un coup de tonnerre en plein visage. Elle sentit sa gorge se nouer, et sans qu'elle puisse s'en empêcher, elle éclata en sanglots, ressemblant à s'y méprendre à la petite fille qu'elle avait un jour été. Elle plaqua ses deux mains sur son visage, et pleura de plus belle. Mais aussitôt, deux bras l'encerclèrent, et elle se blottit contre Calypso, inondant son épaule de larmes confuses et saccadées.
Après quelques minutes qui lui parurent durer une éternité, elle se recula légèrement et pour tout remerciement, offrit un pauvre sourire à Calypso, ne trouvant pas la force d'aligner plus de trois mots cohérents. Enfin, elle se pencha pour attraper son sac, et hocha imperceptiblement la tête à l'attention de la brune qui comprit qu'il était temps d'aller en cours.
« On y va ensemble ? », demanda gentiment Calypso.
Daphné hocha la tête un peu plus vigoureusement, et après s'être adressé un dernier regard pour se donner du courage, elles quittèrent le confort des dortoirs pour se mêler à la foule cruelle des Serpentard.
~~~~o~~~~
« Vous êtes en retard, Mesdemoiselles », informa la voix traînante du professeur Slughorn depuis l'autre bout de la pièce.
Une trentaine de regard se braquèrent sur les deux jeunes filles qui venaient de pousser la porte des cachots. Calypso afficha un sourire navré tout en dégageant d'un geste élégant une boucle brune qui lui cachait les yeux.
« Veuillez nous excuser, Monsieur Slughorn. J'ai dû passer à l'infirmerie pour une urgence et Daphné a tenu à m'accompagner pour s'assurer que tout allait bien. »
Le professeur passa une main sur son ventre rebondi tout en plissant les yeux avec suspicion, mais au bout de quelques secondes d'un silence interminable, il afficha un petit sourire complaisant et leur désigna une paillasse vide d'un geste de la main.
« Allez donc vous asseoir, mes chères. Comme je le disais à vos camarades de Serpentard et de Serdaigle, nous allons étudier l'Elixir d'Euphorie. »
Les deux jeunes filles s'installèrent silencieusement à la table désignée par Slughorn et tirèrent leur livre de leurs sacs respectifs.
« Ouvrez vos manuels page trois-cent quatre et... non, non, Monsieur Goyle, ceci n'est pas votre manuel de potions mais... oh, comme c'est étrange ! »
Slughorn s'avança en se dandinant, une main toujours posée sur son ventre grassouillet, et se planta devant la paillasse de Goyle dont l'air renfrogné trahissait le profond désintérêt. Le professeur attrapa le livre, et du bout des doigts, le souleva à hauteur d'yeux de la classe. Un silence gêné s'abattit sur la pièce, mais Goyle ne sembla pas en comprendre la raison puisqu'il continuait de se s'agiter nerveusement sur sa chaise en dévisageant ses camarades d'un œil bovin. Slughorn mit fin à ses questionnements en plaquant le titre du manuel sous les yeux de Gregory.
« Je ne savais pas que vous aviez choisi Études des Moldus en option, Monsieur Goyle. C'est très... intéressant. »
Enfin, l'information percuta le cerveau défectueux de Goyle : sa bouche se tordit en un rictus de rage alors que son visage virait au rouge, une veine bleuté battant dangereusement sur sa tempe. D'un geste brusque, il saisit le livre et se tourna vers le reste de la classe qui n'avait toujours pas osé décrocher un mot tant la tension était devenue pesante.
« QUI A FAIT CA ? », hurla-t-il d'une voix rauque, écumant de rage.
Les élèves s'échangèrent des regards soupçonneux, tentant vainement de démasquer le coupable mais finirent inévitablement par se tourner de nouveau vers le visage grossier du Serpentard. Voyant que le silence se prolongeait, Goyle bondit de sa chaise, agitant brutalement le livre comme si ce dernier était le fautif, puis, de son pas lourd et gauche, il avança vers le milieu de la pièce, dévisageant les élèves un par un, la mâchoire si contracté qu'il semblait sur le point d'imploser.
« J'AI DIT : QUI A FAIT CA ? C'EST QUI L'ENFOIRÉ QUI A FOUTU CETTE MERDE DANS MON SAC ? », brailla-t-il, envoyant une bordée de postillon s'écraser sur le sol.
« Mmh. Eh bien, mon jeune ami, veuillez vous reprendre et arrêter de perturber ce cours, je vous prie, ou vous me verrez dans l'obligation de vous congédier », somma calmement le professeur.
Dans un accès de rage, le Serpentard jeta le livre qui vint s'écraser contre le mur, à quelque centimètre d'une Serdaigle qui avait eu le réflexe de s'écarter vivement. Une écume de bave se forma à la commissure des lèvres du garçon, lui donnant l'air d'un pitbull sur le point de passer à l'attaque. Les yeux si exorbités qu'ils semblaient sur le point de sortir de ses orbites, Goyle se rua sur la première personne en face de lui et agrippa sa chemise. Avec un petit cri effrayé, Calypso essaya de se dégager de cet étau brutal mais ne parvint qu'à échauffer un peu plus le Serpentard qui la placarda violemment contre sa paillasse.
« C'EST TOI QUI AS FAIT CA, CONNASSE ? », beugla-t-il d'une voix caverneuse. « METTRE CE PUTAIN DE LIVRE DE SANG-DE-BOURBE DANS MON PUTAIN DE SAC ! »
« Lâche-la ! Lâche-la, espèce de taré ! Vire tes sales mains de là ! », s'écria Daphné en tirant sa baguette pour la pointer sur le visage rougeaud de Gregory, l'air menaçant.
Avant qu'elle ait pu faire quoi que ce soit, Goyle roulait sur le sol, brutalement tiré en arrière par Zabini qui le retenait fermement par la gorge. Grégory se débattit un instant, assénant des coups au hasard, se dandinant maladroitement alors que la prise se resserrait autour de sa gorge et qu'il crachait, suffoquait, les yeux agités de tressautements tandis qu'il s'agrippait au bras de Zabini pour tenter de s'extirper de son étreinte mortelle.
« Plus jamais... », grinça dangereusement Zabini. « Plus jamais tu t'approches d'elle. T'as compris, connard ? »
Encore ce silence dans la salle. On entendait tout juste les grognements désespérés de Goyle, retenu au sol, le bras de Zabini cadenassé autour de sa gorge. Puis, d'un même mouvement, les élèves sortirent de leur torpeur, réalisant ce qui se déroulait sous leur yeux : Zabini était train d'étrangler Goyle qui n'expirait plus que de longs râles, de plus en plus faibles, la poitrine agitée de convulsions saccadées.
D'un bond, renversant son tabouret au passage, Drago se précipita vers Blaise et le tira en arrière, l'obligeant à lâcher prise, ignorant ses protestations alors que Goyle portait ses mains à sa gorge, se recroquevillant pour retrouver son souffle, éclatant en toussotements haletants et désespérés. Une masse d'élèves l'entoura bientôt, badauds curieux ou oiseaux moqueurs, dans un tumulte de murmures désordonnés.
La silhouette replète de Slughorn se fraya un chemin entre les élèves, jouant des coudes pour arriver devant l'élève toujours en nage, pantelant, affalé sur le sol de pierre des cachots. Le professeur de potions darda un regard désapprobateur sur le fautif et d'une voix sévère, quoi que légèrement moqueuse, il annonça :
« Bravo, mon cher, vous venez de vous offrir un billet pour un voyage exclusif à destination du bureau de la directrice... en passant par l'infirmerie, bien sûr. Il serait bien dommage que notre école perde un élément aussi remarquable que vous », finit-il sur un ton sarcastique qui n'aurait pas manqué d'amuser Daphné si elle n'était pas aussi secouée par les évènements.
Puis, d'un ton plus doux, malgré ses sourcils broussailleux froncés, il se tourna vers Zabini :
« Blaise Zabini, je suis profondément déçu par votre comportement. Vous viendrez me voir à la fin du cours. Je me vois dans l'obligation de retirer dix points à Serpentard en raison de vos agissements de sagouins. Monsieur Malefoy, accompagnez-donc Monsieur Goyle à l'infirmerie, puis chez la directrice. Maintenant, reprenons notre cours, je vous prie. »
Ses yeux plissés réduits à de petits points noirs au milieu de son visage rustres luisaient de malveillance et ses dents grinçaient tandis qu'il soufflait grossièrement par le nez comme un buffle, trop heureux de pouvoir respirer de nouveau.
« Putain de Sang-de-Bourbe », siffla-t-il, menaçant, alors qu'il se dirigeait vers la sortie d'un pas chancelant. « C'est la faute de ces putains de Sang-de-Bourbe... »
« Oui, oui, évidemment. Merci de nous avoir fait partager votre avis si... éloquent. Vous pouvez maintenant disposer », conclut Slughorn en accompagnant ses paroles d'un geste de la main invitant clairement Goyle à prendre la porte.
La porte se referma dans un claquement sonore, jetant un silence froid sur la pièce.
« Tout va bien ? », murmura Daphné à l'attention de Calypso, qui semblait toujours sonnée par l'incident.
Elle cligna lentement des yeux, puis se tourna vers la blonde, l'air légèrement perdu.
« Euh... Oui, oui, ça va... Je suis juste un peu secouée mais ça va aller... »
Daphné lui adressa un sourire compréhensif, et se focalisa de nouveau sur Slughorn qui venait de récupérer son propre manuel avant de claironner d'une voix étrangement indifférente :
« Bien, bien, reprenons. Page trois-cent quatre, les enfants. L'Elixir d'Euphorie. Qui peut me dire quel ingrédient peut s'avérer très dangereux s'il est mal dosé ? »
Une main se leva aussitôt, et Daphné la reconnut instantanément. Elle ne put s'empêcher de lever les yeux au plafond avec agacement. Cette posture trop droite pour être naturelle, cette queue-de-cheval impeccablement attachée, sans un cheveux de travers, ce petit sourire complaisant, cette arrogance innocente, c'était la marque de fabrique d'Astoria Greengrass. Non, non, à bien y réfléchir, tout ça, c'était la signature de sa mère qui avait façonné en Astoria sa réplique parfaite. Même cheveux d'un brun cuivré, même yeux d'un bleu glacial, même vanité écœurante à l'image de leur futilité abyssale.
Elle se rappelait comme si c'était hier du jour où Astoria était arrivée à Poudlard. Elle s'était avancée, tremblante, jusqu'à l'estrade, adressant au passage un bref signe de la main à Daphné qui l'avait royalement ignorée, tout comme elle avait feint de ne pas voir ses yeux embués de larmes. Le chapeau avait hésité quelques secondes, rien d'exceptionnel, puis il avait tonné : Serdaigle ! sous une pluie d'applaudissements encourageants. Et ainsi, Astoria avait trouvé de nouveaux frères, mais surtout, de nouvelles sœurs, pour remplacer celle qui avait passé sa vie à la désavouer de tout son être. Dès lors, Daphné s'était appliquée l'éviter, maudissant ce nom qui les liait malgré elle. Mais bien sûr, il avait fallu qu'elle soit obligée de repasser ses ASPIC, se retrouvant au même niveau qu'Astoria avec qui, à son grand dam, elle devait désormais partager ses cours de potions.
« Oui, Miss Greengrass, je vous écoute. »
« Il s'agit de l'Achillée, professeur. Utilisée en trop grande quantité, elle peut faire perdre la raison », répondit Astoria d'une voix assurée.
« Excellent ! Et qui peut me dire dans quelle autre breuvage est utilisée l'Achillée ? »
Une nuée de main se dressa vers le plafond, arrachant un soupir agacé aux Serpentard. C'était ça, les cours avec les Serdaigle. Toujours à redoubler d'efforts pour pouvoir répondre à leurs chers professeurs. C'était inquiétant de voir à quel point ça en devenait obsessionnel et compulsif. Question, hop, main levée, bonne réponse. Toujours le même cirque qui avait le don de lui taper sur les nerfs.
« Bien, bien. Continuons sur cette bonne lancée Miss Greengrass, et impressionnez-moi par vos connaissances. »
La Serdaigle gloussa niaisement puis déclama d'une voix fière : « Elle est également utilisée dans les philtres de Confusion et d'Embrouille. »
« C'est tout à fait exact, Miss Greengrass ! Cela mérite bien cinq points pour Serdaigle ! »
Les Serdaigle s'ébrouèrent en applaudissements contenus, typiques de leur maison. Tout en retenue, pas d'effusion, conserver coûte que coûte ce masque de placidité. A part cette petite pleurnicharde de Chang, qui chouinait à tout va.
« Maintenant, à vos chaudrons ! Concoctez-moi ces fameux élixirs. Celui ou celle qui me présentera l'élixir le plus concluant recevra dix points de plus. »
« Quel suspense... », siffla Daphné entre ses dents. « On se demande bien quelle maison a le plus de chance de l'emporter. »
Calypso éclata d'un rire cristallin. « Hé, dis pas ça ! Ils ont peut être lu tous les bouquins du monde, mais nous, on a Blaise », argua-t-elle avec douceur.
Daphné la dévisagea quelques secondes avec aménité, se demandant un instant quelle était la nature de ses sentiments pour Zabini, puis elle décréta que ça ne l'intéressait pas plus que ça mais adressa tout de même un sourire poli à la brune avant de se plonger dans la préparation de sa potion, sans grande conviction.
~~~~o~~~~
« Bien. J'accorde donc dix point à la maison Serdaigle grâce à la potion parfaite de Miss Astoria Greengrass. Félicitations ! Vous pouvez quitter la classe... et dans le calme, je vous prie ! »
Sans surprise, Astoria avait encore réussi. Comme elle réussissait toujours tout. Daphné saisit le flacon d'élixir qu'elle fourra dans sa poche, attrapa son sac d'un geste sec et sortit de la salle à grands pas. Elle reconnut aussitôt les pas derrière les siens. Elle les connaissait bien, ces pas. C'est comme si elle les avait toujours entendu faire écho aux siens, essayant désespérément de se calquer sur son allure, tentant vainement de la rattraper, mais une fois de plus, elle ne lui en laissa pas l'occasion et accéléra.
« Daphné ! Attends ! S'il te plaît ! »
Elle leva les yeux au plafond et fit volte-face en poussant un long soupir pour signifier son agacement. Sa sœur la fixait de ses grands yeux bleu, dans lequel brillait quelque chose d'étrange que Daphné ne sut identifier... De la peur, peut-être ?
« Quoi ? », répondit-elle agressivement, espérant ainsi repousser Astoria le plus vite possible.
« Daphné, s'il te plaît... Arrête de me fuir, je t'en prie. Parle-moi », supplia-t-elle d'une petite voix.
« Bravo, Astoria ! Tu as encore ébloui tout le monde de ton intelligence hors du commun... C'est maman qui va être fière ! Tu l'embrasseras de ma part au passage, enfin, si elle se souvient de moi après avoir entendu la liste de tes exploits... »
« Mais enfin, qu'est-ce que tu voudrais ? Que je plante tous mes examens ? C'est ça, qui arrangerait la situation ? Parce que si c'est ce que tu veux, je le ferai, Daphné ! »
Daphné releva la tête en toisant sa sœur d'un œil méprisant. « Oh, regardez-la, la gentille petite Astoria qui serait prête à tout pour un peu d'amour. T'es pathétique. Tu veux savoir ce qui arrangerait la situation ? Arrête de fourrer ton nez dans mes affaires et dégage de ma vie ! Première résolution : arrête de cafarder mes faits et gestes à notre chère mère. »
« C'est ça qui t'énerve à ce point ? Je l'ai fait parce que je m'inquiétais, Daphné. C'est Opale qui a raconté ce qui s'était passé à Marietta qui s'est empressée de tout me dire. Et tu sais ce que je trouve le plus triste ? J'apprends que ma sœur a été blessé par des ragots de couloir et pas par ma sœur en question. Et ça... ça me brise le cœur, Daphné. »
La blonde éclata d'un rire mesquin. « Oh, pauvre chou... Tu as le cœur brisé ? Tu t'en remettras, va ! »
Après un dernier regard malveillant, elle tourna les talons, prête à retourner se terrer dans les dortoirs des vert et argent, mais Astoria lui agrippa le bras, la forçant à se retourner pour lui faire face. Les yeux de la blonde se posèrent un instant sur la main de sa sœur, toujours accrochée à sa manche, puis s'écarquillèrent, incrédules, pour remonter jusqu'au visage d'Astoria qui semblait elle-même décontenancée par la situation.
« Qu'est-ce que tu fais ? Lâche-moi ! », s'étrangla Daphné en tentant de se dégager.
La brune tint bon, resserrant sa prise sur le poignet de sa sœur.
« Non », déclara-t-elle d'une voix ferme. « Non, je ne te lâcherai pas. C'est ma dernière année à Poudlard, ma dernière chance d'avoir une sœur. Après, on partira, Merlin sait où et je veux pas prendre le risque de te perdre à jamais. Daphné, je t'en prie, je ferai tout ce que tu veux mais laisse-moi une chance. »
« Quand est-ce que tu comprendras que je ne veux pas te parler, pas te voir, que je ne veux pas de toi dans ma vie ? »
« Mais pourquoi ? », balbutia Astoria, la voix tremblante. « Pourquoi ? Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai bien pu te faire ? Depuis toujours... depuis toujours tu me repousses et... et je ne sais pas pourquoi. Tu te rappelles l'été où on avait ramassé les pommes dorées avec papa, juste tous les trois ? Et vous vous moquiez de moi avec papa... et vous disiez que j'étais haute comme trois pommes et moi... moi je comprenais pas pourquoi ça vous faisait tant rire... Tu vois, je savais pas que c'était une expression », se justifia-t-elle piteusement. « Tu sais, j'ai longtemps considéré ce souvenir comme le plus heureux de mon enfance. Et je ne comprends pas, je ne comprends ce que j'ai fait pour que tu me détestes autant... », elle s'interrompit, la voix brisée par le chagrin.
Les traits de Daphné se durcirent. « Ne me fais pas passer pour un monstre. »
« Alors explique-moi ! », s'écria la brune, si fort que quelques élèves curieux se retournèrent pour les observer.
« Comment tu pourrais comprendre, pauvre petite Astoria ! L'enfant chérie ! Quand tu es née, tu m'as éclipsée du tableau. Papa et maman n'avait plus d'yeux que pour toi, la pauvre, la chétive petite Astoria. Pendant cinq ans, je me suis sentie comme une intruse dans ma propre maison ! C'était toujours à toi qu'on offrait les cadeaux, toujours toi qu'on cajolait, toujours toi qui avais le droit aux histoires avant d'aller dormir, moi j'étais juste... Juste une figurante de passage, tout juste bonne à errer en arrière-plan ! Et puis après, tu as disparu de la maison. 'Ta sœur est chez des amis', 'ta sœur est partie en voyage', me répétait constamment maman, comme si ça pouvait justifier ma solitude. Elle répétait ça en boucle, comme une prière, sans jamais me donner plus de détails. Voilà, comme ça, pouf ! Du jour au lendemain... Plus de trace de toi, mais pas plus d'attention pour moi. C'était fini, j'avais disparu à leurs yeux. »
Un petit sanglot s'échappa de la bouche d'Astoria, qui plaqua une main affectée sur sa poitrine. « C'est injuste, Daphné, injuste. Comment tu peux dire ça ? Tu sais très bien ce qu'il s'est passé. Tu sais très bien que je passais mes journées toute seule, à Sainte-Mangouste, tu sais très bien que tous les jours je priais pour recevoir des nouvelles de toi, ne serait-ce qu'un dessin, ou juste savoir que tu pensais à moi. Mais jamais, jamais, je n'ai eu ne serait-ce qu'un signe de ta part. En quand je rentrais entre deux examens, tu ne m'adressais plus la parole. Et moi je ne savais pas pourquoi. J'avais cinq ans, Daphné ! »
Daphné ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, peinant à trouver ses mots. Bien sûr, quand Astoria était née, elle avait compris qu'il se passait quelque chose d'anormal. Au fil des années, elle avait plus ou moins réussi à deviner que sa sœur était malade, mais elle avait toujours naïvement gobé les mensonges de sa mère, imaginant que pendant qu'elle, elle errait seule dans le Manoir désert, sa sœur visitait le monde en compagnie de tous ses amis qu'elle, elle n'avait jamais eu le droit de rencontrer. Soudain, elle se rendit compte de sa propre crédulité. Comment avait-elle pu croire un mensonge aussi grossier ? Avec du recul, ça paraissait évident : sa mère aurait préféré tout inventer plutôt que d'avouer que sa fille était gravement malade. Ça ferait désordre au sein de la bourgeoisie sorcière, compromettant les rêves de gloire et de grandeur de Danaé. Alors elle avait bien entendu préféré leur mentir, quitte à saboter leur relation. Mais maintenant, il était trop tard. Trop tard pour rattraper tout ça.
« Ça ne change rien, Astoria. »
Des larmes perlèrent au coin des yeux de sa sœur qui bafouilla, d'une toute petite voix : « Mais si, Daphné... Mais si... Ça change tout... »
« Non, ça ne change rien. Ça ne change pas ce que tu es, la parfaite petite copie de maman, prête à tout sacrifier pour rentrer dans ses ordres. »
« C'est faux ! », protesta la brune d'une voix étranglée. « C'est complètement faux ! Tu ne peux pas m'en vouloir de ressembler à maman ! Tu ne peux pas me reprocher ça, c'est injuste ! Si ça ne tient qu'à ça, je me teindrai en blonde, tant que ça peut faire cesser cette folie ! Daphné, je t'en supplie, ne me tourne pas le dos, pas une nouvelle fois... »
Dans un geste de désespoir, elle se jeta au cou de sa sœur, essayant de l'étreindre maladroitement, passant ses bras autour de ses épaules, comme autrefois, quand elles étaient petites filles. Mais ce temps-là était bien loin, et les souvenirs de leurs beaux jours, fanés. Daphné la repoussa violemment, puis recula de quelques pas, dévisageant sa sœur comme si elle était folle.
« Je t'ai dit de ne pas me toucher ! »
« Mais... »
« Non, arrête ! Peu importe ce qui nous a séparé toutes ces années, le mal est fait, Astoria. Je ne ressens rien, rien pour toi. Tu es comme cette inconnue que je croiserais dans les couloirs de Poudlard sans même la remarquer. Non, pire... je ne supporte pas de te croiser, Astoria, je ne supporte pas de te voir parce que tu sais très bien que c'est de ta faute. »
Le visage d'Astoria se décomposa en un masque d'horreur. Soudain, elle semblait avoir pris dix ans en pleine figure, la bouche tremblante, les yeux dévastés, le visage défait. Cette fois-ci, elle ne put retenir ses larmes qui ruisselèrent sur ses pommettes, filèrent le long de ses joues, s'agglutinèrent sur son menton pour enfin s'écraser violemment sur le sol noir du château. Tremblante, elle s'approcha d'un pas vers Daphné, pointant un doigt menaçant vers son visage pâle.
« Ne dis pas ça... », souffla-t-elle entre deux respirations désordonnés. « Tu ne peux pas dire ça... Tu sais que c'est faux... »
Les sourcils de Daphné se froncèrent d'instinct alors qu'elle essayait de contenir les larmes qui menaçaient furieusement de s'échapper de la commissure de ses paupières. Elle se fit violence pour éteindre le tremblement de sa voix.
« Non, c'est vrai. »
« Tu ne peux pas m'accuser de la mort de papa. C'est... non... tu ne peux pas dire ça. Arrête, Daphné, tu... tu sais que c'est un mensonge... », bégaya-t-elle, anéantie.
« C'est de ta faute, Astoria. Entièrement de ta faute. Si tu n'avais pas eu besoin de faire ces examens d'urgence, maman aurait été à la maison avec papa, elle aurait pu le sauver, elle aurait pu faire quelque chose. »
La brune hochait vigoureusement la tête, refusant l'accusation, la rejetant de tout son être. Elle plongea sa tête dans ses mains, submergée par un flot confus de larmes et de gémissements alors qu'une pointe de culpabilité s'insinuait insidieusement en elle.
« ... et après sa mort... », reprit Daphné, la voix désormais aussi brisée que celle de sa sœur. « ... après sa mort, maman et toi, vous êtes partie toutes les deux. Vous m'avez laissée toute seule, toute seule avec ça... Toute seule avec ma tristesse... vous êtes parties sans vous retourner... Dis-moi, Astie, quelle genre de sœur fait ça, hein ? Quelle genre de sœur tue son père et abandonne sa sœur avec son deuil ? »
« Non ! Arrête de dire ça ! »
« Tout est de ta faute ! C'est toi qui as tué p... »
Elle ne finit jamais sa phrase car une gifle d'une violence inouïe s'abattit sur sa joue, la faisant vaciller sous le choc. Elle sentit son visage s'enflammer à cause de la douleur, et elle braqua deux yeux choqués sur Astoria qui serrait les poings, le regard noir de haine et de colère. Daphné ouvrit la bouche, prête à déverser un flot d'injures, mais sa sœur fut plus rapide :
« Non, tais-toi ! Tu me demandes quel genre de sœur abandonne sa sœur ? C'est toi ce genre de sœur Daphné ! Je sais que ça t'a fait de la peine qu'on parte avec maman, mais à cette époque, tu n'arrêtais pas de me répéter que c'était de ma faute si papa était mort ! Est-ce que tu te rends compte à quel point c'est horrible ? J'ai passé des semaines à pleurer, persuadée qu'il était mort par ma faute... Oui j'ai cru à tes mensonges perfides, j'ai bu tes paroles jusqu'à m'en rendre malade... J'étais tellement malheureuse que maman a décidé de m'emmener loin de toi... Oui, t'as bien entendu, loin de toi, Daphné ! Loin de tes délires, loin des mensonges dans lesquels tu tailles les frontières de ton monde imaginaire ! Parce que c'est pas moi qui aie un problème, Daphné, mais toi ! J'ai essayé... J'ai essayé de réparer ce que tu t'obstines à briser depuis notre enfance... mais tu es la personne la plus abjecte que j'ai rencontré de toute ma vie... », elle s'arrêta, pour respirer ou pour laisser passer un sanglot, Daphné ne le sut jamais car la phrase qui suivit résonna dans ses oreilles avec la violence d'un coup de tonnerre. « A partir d'aujourd'hui, je considère que je n'ai plus de sœur. »
Daphné releva son menton d'un geste dédaigneux. « Ça tombe bien, parce que moi, je n'en ai jamais eu »
Le temps sembla suspendu quelques instants, un courant d'air ébouriffa ses cheveux blonds. Puis, le cœur au bord des lèvres, elle se détourna de sa sœur, ignorant ses larmes, comme la toute première fois où elle l'avait vue s'avancer sur l'estrade de Poudlard.
La boucle était bouclée ; elle n'avait plus de famille.
Salut mes lecteurs chéris ! Merci pour toutes vos reviews et merci de continuer à suivre cette histoire !
Alors, alors, alors, dîtes-moi ce que vous avez pensé de ce chapitre ? J'ai hâte de savoir, parce que je l'ai écrit d'une traite, et même s'il me plaît, je le trouve infiniment triste !
Merci à vous tous ceux qui lisent, qui mettent mon histoire en favoris/follow, qui me laissent des reviews. Vous me donnez envie de continuer, et ça, c'est génial !
On se voit au prochain chapitre ! D'ailleurs, le prochain chapitre sera très particulier... Disons que vous verrez à travers les yeux d'un autre personnage... Une petite idée de qui ça peut bien être ?
