Hermione se faufila dans le sillage de Drago, les yeux résolument fixés sur le sol. La ruelle semblait détrempée par son propre orage, une pluie violente s'abattait sur eux en torrents ininterrompus, ruisselant entre les pavés noirs de l'Allée des Embrumes, piquetant ses mains nues de gouttelettes glacées tandis que de fugaces éclairs de lumière venaient strier le ciel au-dessus de leur tête, éclairant subitement la ruelle pour dévoiler des visages déments et des sourires avides. Son souffle s'envolait en volutes irrégulières emportées par le froid de la nuit, et des effluves âpres de pourriture et d'alcool rance s'infiltraient jusqu'à ses narines, lui portant le cœur au bord des lèvres. L'allée était un capharnaüm morbide et lugubre. Des rires et des insultes fusaient à leur passage. Elle sentait qu'on la frôlait, qu'on l'interpelait, qu'on la regardait avec insistance, mais Drago ne s'arrêta pas, se faufilant entre des sorciers à l'air sinistre qui le regardait d'un œil mauvais. Il jouait des coudes, la main serrée sur sa baguette, le visage fermé, évitant les mains qui se tendaient pour tenter de l'arrêter, ignorant les objets étranges qu'on essayait de lui vendre, des pendentifs ensorcelés ou des yeux de corbeaux.

Un hurlement déchira la nuit, un hurlement désespéré et inhumain qui la cloua sur place. Elle voulut se retourner, voir d'où venait ce cri inquiétant mais elle vit que Drago n'avait pas ralenti l'allure - sans l'accélérer pour autant - et elle s'empressa de continuer sa route, ignorant la petite voix qui lui disait que quelque part, dans cette rue, quelqu'un était sûrement en train de se faire tuer et qu'elle, elle passait son chemin. Elle accéléra le pas. Des doigts glacés frôlaient parfois sa nuque, ou un souffle fétide effleurait sa peau dénudée, alors que des rires macabres faisaient écho à chacun de ses pas. Elle eut envie de hurler, de fuir en courant, sans se retourner, de planter Malefoy là et de partir se réfugier dans la chaleur rassurante de ses draps rouge et or. Mais elle continua à calquer l'allure de Drago sans broncher, tremblant d'horreur et de dégoût sous ses habits qui lui paraissaient soudain bien légers, bien peu capables de la protéger de toutes ces mains et de tous ces regards.

Marcher, marcher, marcher, garder les yeux fixés sur ses propres chaussures, ne pas répondre, ne penser à rien, oublier tout, juste marcher et...

Elle se sentit brusquement tirée en arrière par le bras alors que Drago continuait son chemin et fut engouffrée de force dans une petite impasse lugubre où claquait une lanterne contre le mur, balancée par un vent furieux. Elle sentit son cœur s'affoler, voulut s'enfuir mais de longs ongles noir et fissurés se refermèrent autour de son bras. Une vieille sorcière l'observait avec un sourire dément ; la peau de son visage était brûlée par endroit, s'étiolant en lambeaux noirâtre, laissant apparaître une chair à vif et gorgée de sang. De son oreille droite, il ne restait plus qu'un petit monticule de peau rapiécée et un trou béant, duquel sortait une tige métallique, comme si elle avait été enfoncé là de force et qu'on l'y avait oublié. D'une de ses mains squelettiques, elle saisit une mèche de cheveux d'Hermione, la caressant de ses longs doigts exsangues. A la vision, de ses membres blême et décharnés, de sa peau mutilée s'agrippant à ses cheveux, un violent haut le cœur secoua la Gryffondor, la pliant en deux, la main sur la bouche. La vieille empoigna ses cheveux un peu plus férocement.

« Tu sais ce que je pourrais faire avec des cheveux pareils ? », souffla la vieille d'une voix rauque et désarticulée.

Tétanisée, Hermione se contenta de se plaquer un peu plus contre le mur, cherchant des yeux une échappatoire, une façon de se tirer de là, n'importe quoi, n'importe quoi tant qu'elle pouvait prendre ses jambes à son cou.

« Je pourrais les revendre cher, tes cheveux de feu », susurra-t-elle.

Elle sourit de ses dents gâtées, caressant toujours la chevelure rousse de la jeune fille. Dans un accès de courage, Hermione dégagea la main de la vieille qui se mit à rire de plus belle.

« Tu veux jouer les farouches ? J'ai peut-être quelque chose qui peut t'intéresser... »

Elle chercha quelques secondes dans les replis de sa robe miteuse, dévoilant çà et là une peau tuméfiée, comme rongée par l'acide. Dans ses mains sinueuses, un petit flacon luisait à la lueur de la lanterne. A l'intérieur, un liquide aussi noir que la nuit chaloupait doucement.

« Ça, ma jolie, c'est rare, très rare. C'est de l'essence de Belladonne noire. Douze gouttes dans ton verre et ta beauté ne souffrira plus d'aucune concurrence. Quatorze gouttes dans le verre de tes ennemis et ils croupiront six pieds sous terre », expliqua-t-elle d'une voix guttural. « Mais ce jeu-là est un jeu très risqué. Treize gouttes... Treize gouttes, et c'est un sort pire que la mort... »

Hermione déglutit difficilement, la sorcière était si près d'elle qu'elle pouvait observer chaque recoin de sa peau meurtrie et craquelée. Elle voulut se dégager, fuir le plus vite possible, échapper à la poigne aiguisée de la sorcière, mais elle était acculée contre le mur.

« Lâ... Lâchez-moi... », balbutia-t-elle faiblement.

Le sourire de la sorcière s'évanouit brusquement, aussi brutalement qui si elle avait été frappée par la foudre, ses griffes s'enfoncèrent dans la peau de la jeune fille, lui arrachant un cri de terreur.

« On n'a jamais appris aux jolies filles dans ton genre à être polies ? »

La Gryffondor ne put retenir un tremblement de dégoût, tous ses réflexes sorciers s'étaient volatilisés, elle ne pensa même pas à se saisir de sa baguette. Elle se sentit faiblir, sentit son instinct de survie pulser sous sa peau, lui hurler de décamper le plus loin possible, ses muscles se tendirent, prêts à bondir.

« Lâchez-moi », répéta-t-elle, les mâchoire contractées.

D'un geste vif, la vieille saisit le visage d'Hermione entre ses doigts crochus, enfonçant ses ongles dans la peau délicate de ses joues. Et soudain, son visage changea. Ses yeux se voilèrent, d'un voile opaque et son regard se fit lointain, céleste, sa voix s'éleva alors, grave et rocailleuse ; grondement sinistre venu d'outre-tombe, et la sentence tomba, comme une prophétie :

« Viendra le jour où tu regretteras, Hermione. Treize gouttes, treize petites gouttes qui changeront ta vie en cauchemar. »

Avant même qu'Hermione ne puisse réagir, la vieille fut brusquement tirée en arrière et la main de Drago se referma sur le poignet de la Gryffondor, la tirant brutalement hors de l'impasse. Elle le regarda bouche-bée, les tempes vrombissantes, sans savoir que faire ni que dire. Et soudain, elle eut envie de pleurer, de se blottir contre lui, alors que la phrase de la vieille se rejouait en boucle dans sa tête, la faisant frissonner jusqu'à l'os.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? », demanda-t-il d'une voix dure. « Est-ce qu'elle t'a fait quelque chose ? »

« Je... Je ne crois pas... », balbutia-t-elle faiblement, alors que son cœur affolé martelait sa poitrine.

Délicatement, il saisit son poignet entre son pouce et son index, cherchant son pouls, et sans qu'elle ne sache pourquoi, ça la rassura. Il avait les choses en main, et pour la première fois, elle ne cilla pas un instant à l'idée de s'en remettre entièrement à lui. Avec fermeté, il saisit son visage entre ses mains, observant soucieusement ses pupilles dilatées. Il soupira de soulagement et lâcha son visage. Son cœur s'affola de nouveau, ceint par la peur. Elle aurait voulu le sentir contre elle, que le contact se prolonge, elle n'avait pas envie d'être seule, toute seule dans cette allée, toute seule dans ces vêtements détrempés par la pluie et la peur.

« Je me suis inquiété », la sermonna-t-il durement. « Je t'avais dit de ne croiser le regard de personne. »

« Mais, je... », commença-t-elle mais la fin de sa phrase mourut dans sa gorge serrée.

Elle ne savait pas d'où venait cette subite anxiété, mais elle sentait que quelque chose n'allait pas. Quelque chose n'était pas normal. La sorcière l'avait appelée 'Hermione', malgré le Polynectar. Mais il y'avait quelque chose de plus... Cette voix, cette voix grave et caverneuse, elle la connaissait. Une terreur sourde naquit en elle, formant une boule douloureuse dans le fond de son ventre. Elle fit un pas vers lui, voulut se blottir dans ses bras, le sentir contre elle, juste comme ça, juste pour se rassurer, mais, comprenant ce qu'elle s'apprêtait à faire, il l'arrêta, la repoussant d'une main ferme.

« Non, pas ici. Pas de geste d'affection. »

Il dut voir son visage se décomposer car il murmura, plus doucement :

« Ça attirerait l'attention. Viens, suis-moi. »

Il lui saisit le bras, un peu abruptement, et l'entraîna à sa suite. Elle marchait sans réfléchir, les pensées toujours focalisées sur la phrase de la vieille dame. Treize gouttes, treize petites gouttes qui changeront ta vie en cauchemar. Elle se pressa un peu plus contre Drago et constata avec soulagement qu'il ne la repoussa pas, exerçant même une petite pression rassurante sur son bras. Ils tournèrent dans une impasse plongée dans un noir total et terminé par un mur de pierre sombre, mais Drago ne s'arrêta pas pour autant, tâtonnant le mur avec précision, et poussa une porte en trompe-l'œil qui s'ouvrit sur une petite pièce obscure et enfumée. Un grand panneau indiquait en écriture calligraphiée 'Les détours de Travers'. Malgré les crânes aux yeux béants qui semblaient les fixer, malgré les animaux empaillés qui se fendaient parfois de complaintes douloureuses, malgré la collection de flacons et de bocaux bouillonnant et fumant qui prenaient la poussière sur des étagères vacillantes, elle se sentit rassurée. Tout valait mieux, tout plutôt que l'Allée des Embrumes, plutôt que cette foule grouillante et repoussante. Tout valait mieux, même cette boutique aux allures de Salle-sur-demande macabre.

Il y'eut un petit bruit de cloche, puis un homme coiffé d'un chapeau haut-de-forme sortit de derrière un paravent d'os et de rubis, et leur adressa une petite courbette élégante, tout en les saluant de son chapeau.

« Monsieur Travers est toujours ravi d'accueillir de nouveaux clients dans son humble boutique », susurra-t-il en leur adressant un sourire charmeur. « Que lui vaut donc l'honneur de votre visite ? »

« Simple curiosité », tenta Malefoy d'une voix assurée.

« Mais nul ne vient chez Travers par hasard », répondit l'homme avec un sourire amical.

Malefoy s'avança d'un pas, lâchant par la même occasion le bras d'Hermione qui sentit son cœur tomber lourdement dans sa poitrine.

« Je recherche un cadeau pour ma fiancée. Un cadeau très spécial. »

Un sourire enjôleur étira les lèvres de Travers, qui se faufila entre les allées de sa boutique d'un pas leste, leur intimant des le suivre d'un geste de la tête.

« Spécial comme cette bague ? », commença-t-il en leur tendant une bague surmonté d'un diamant luisant de mille feux. « Elle dévoile sa mort à qui la porte. Un gain de temps pour les anxieux. »

Comme un aimant, la bague saisit le regard d'Hermione, la pierre brillait, étincelait dans son écrin doré, comme si elle suppliait Hermione de la porter. Les facettes du diamant s'énorgueillaient sous la lumière du lustre suspendu au-dessus de leur tête, diaprant la peau de la jeune fille de mille couleurs chatoyantes. Elle tendit le bras pour s'en saisir, mais Malefoy fut plus rapide et lui attrapa la main d'un geste vif, la serrant doucement dans la sienne.

« Non, quelque chose d'autre », répliqua-t-il d'une voix ferme.

Travers leur adressa un nouveau sourire amusé, ayant intercepté le regard avide d'Hermione, et rangea la bague au grand regret de la Gryffondor, qui la suivit du regard jusqu'à ce qu'il referme la petite boîte dorée.

« Peut-être serez-vous tenté par ce carnet d'Hélios ? Il saura contenir vos plus noires confidences à l'abri des regards indiscrets. Il est dit qu'il brûle l'âme des imprudents qui tentent d'en dérober les secrets. »

« Non, j'aimerais quelque chose de plus spécial encore. »

Travers réajusta patiemment son haut-de-forme avant de se retourner pour dévisager Drago avec attention.

« Auriez-vous, par hasard, une idée très précise de ce que vous désirez ? »

Malefoy marqua une brève hésitation, avant de lâcher, d'une voix aussi faible qu'un murmure :

« Je recherche un Fiducia. »

Il y'eut un bref silence, qui s'installa entre eux comme une menace, puis un bruit dans le fond de la boutique vint briser le silence. Mais Travers n'y prêta pas attention, fit deux pas dans leur direction, s'arrêta brusquement, tira de sa poche un monocle facetté qu'il chaussa sur son œil et les observa minutieusement de la tête aux pieds. Hermione crut le voir froncer imperceptiblement les sourcils. Puis son visage s'éclaira de compréhension, il sourit dangereusement, et d'une voix plus basse, il ajouta :

« Monsieur Malefoy, c'est un plaisir de vous recevoir. Et en charmante compagnie, qui plus est. C'est un honneur de vous rencontrer, Miss Granger. »

Il tendit élégamment sa main et Hermione la serra avant de jeter à Drago un regard inquiet que Travers ne manqua pas d'intercepter.

« Ne vous inquiétez pas, Miss Granger. Personne ne saura rien de votre venue ici. Quand on tient une boutique Allées des Embrumes, il faut savoir garder des secrets », expliqua-t-il avec un sourire en coin. « Et si je ne m'abuse, c'est précisément ce que vous êtes venus chercher ici ; un secret. »

« Précisément », confirma Drago, d'une voix égale.

« Si Monsieur Travers révélait ses secrets aussi facilement, il ne serait déjà plus de ce monde, mon cher ami. »

« Et que faut-il pour faire parler Monsieur Travers ? », demanda-t-il d'une voix d'où perçait une pointe d'agacement.

« A vrai dire, dans votre cas, pas grand chose. Je vous dirai bien volontiers ce que vous voulez savoir. Disons que c'est ma façon de remercier Miss Granger de nous avoir débarrassé de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. »

Devant le regard perplexe d'Hermione, il s'empressa d'ajouter :

« Oui, Miss Granger, tous ceux qui courtisent la magie noire ne sont pas pour autant à la solde du Seigneur des Ténèbres. A la différence de son père et de son frère, Monsieur Travers n'a aucune aversion pour les Nés-Moldus, tant qu'ils font fleurir son commerce. »

« Vous savez ce que nous sommes venus chercher, alors venons-en au fait », l'interrompit abruptement Drago.

« Le Fiducia en question vient bien de cette boutique, si c'est votre question. Un objet de grande valeur historique, un des rares à être toujours en circulation. On n'oublie jamais un Fiducia quand on en a eu un entre les mains tant il exhale de magie noire et de cruauté. Quant au nom de celui qui en a fait l'acquisition récemment, vous risquez d'être déçu, car ce n'est autre qu'Hermès. »

« J'aurais dû m'en douter », gronda Malefoy, les points serrés.

« Quoi ? C'est qui, Hermès ? », questionna Hermione, passant du visage amène de Monsieur Travers, qui affichait toujours un sourire poli, à celui, grimaçant de colère, de Malefoy.

« Le Messager de l'Allée des Embrumes. Hermès s'occupe de tous les trafics de magie noire qui se trame ici. Un intermédiaire, si tu préfères. Réputé pour être incorruptible, on ne sait jamais qui sont ses clients et quelles sont leurs petites affaires. Mais comme tout le monde passe par son biais, Hermès finit par avoir des informations sur tout le monde. Mieux vaut être dans ses petits papiers, quoi. »

« Et comment on le retrouve ? »

« A ce sujet là, Monsieur Travers peut vous être utile. Hermès attend toujours ses clients à la Veuve Noire, le bar en bas de l'Allée des Embrumes. »

Ils s'échangèrent un regard hésitant, se questionnant silencieusement sur la démarche à suivre. Avant même qu'elle ait le temps d'ouvrir la bouche, il y'eut un bruit de verre brisé, et une silhouette drapée de noire apparut d'un recoin du magasin. Ses cheveux étaient cachés par un élégant chapeau noir, qui couvrait son visage d'un voile de dentelle sombre. Elle se faufila entre les étagères désordonnées, et d'un pas gracile, elle disparut dans un claquement de porte. A peine la silhouette avait-elle disparu qu'Hermione sentit la main de Drago saisir la sienne et l'entraîner hors de la boutique. Elle eut tout juste le temps de bafouiller des remerciements à Travers, qu'elle se retrouvait de nouveau dans l'Allée des Embrumes.

« Quelqu'un en a un peu trop entendu, visiblement. C'est pas le moment de s'attarder dans le coin. On se rend au bar, on intercepte Hermès et on rentre à Poudlard. »

Elle n'eut pas le temps d'acquiescer que déjà, il lui attrapait la main et plongeait à grands pas dans le dédale de la foule. Elle marchait à toute allure, toujours accrochée à sa main, et ce contact la rassurait, lui donnait l'impression d'être protégée. Du coin de l'œil, elle voyait passer toutes sortes de visages cireux et blêmes, entendait des bribes de conversations dans des langues qu'elle ne connaissait pas, apercevait des objets changer de main, des lumières s'allumer pour baigner la rue de lueurs ocres et azur, des capes noires claquer au vent de l'Allée interdite. Elle atteignit enfin le bas de la rue et se retrouva plantée devant un bar à six étages, empilés précairement les uns sur les autres comme s'ils avaient été jetés là au hasard. L'édifice semblait sur le point de basculer en avant, oscillant dangereusement sur lui même. Plusieurs cheminées crachaient des fumées aux couleurs différentes qui s'évadaient dans le ciel en arabesques capricieuses. Une enseigne battue par le vent affichait une araignée noire aux pattes longilignes qui tissait lentement sa toile, avant que celle-ci ne soit emportée par le vent, et qu'elle ne se voie contrainte de la recommencer, encore et encore, inlassablement. Du premier au dernier étage, quelques fenêtres éclairaient la rue d'un halo terne, découpé parfois par l'ombre d'un passant.

« Bienvenue à la Veuve Noire. T'es prête ? », lui glissa Malefoy à l'oreille.

Elle lui lança un regard sceptique mais le suivit à l'intérieur. La pièce, aux contours irréguliers, se perdait en recoins sombres, tout juste éclairés par la lueur des lustres qui se balançaient au plafond. Cinq cheminées venaient concurrencer l'éclat des chandelles, projetant au sol un décor en ombres chinoises. Le flonflon des conversations ondulait des discrets chuchotis, aux grands éclats de voix. L'ambiance tranchait brutalement avec celle de l'Allée des Embrumes, aussi différente que l'étaient les clients les uns des autres. Du gobelin accoudé au bar, aux trois femmes vêtues de longues robes rouges brodés d'or qui buvaient un thé, en passant par l'enfant au visage masqué, accroupi près de la cheminée, la clientèle se démarquait tant elle était désassortie.

« Bon, et maintenant, on fait quoi ? », demanda-t-elle discrètement, en jetant un œil méfiant à un vieillard en costume trois pièces qui l'observait avec insistance.

« Deuxième étage. C'est l'étage des rendez-vous. »

La main toujours serrée dans celle de Drago, elle monta les marches de l'escalier étriqué qui se dressait presque verticalement vers l'étage supérieur. Ils s'installèrent dans un recoin à l'écart, sur une petite estrade couverte de coussins aux couleurs dépareillées. Elle se sentait mal à l'aise, complètement en décalage avec ce décor de secrets et de mensonges. L'image de la vieille dame à la peau brulée lui vrillait l'esprit, tapie là où elle enfouissait ses mauvais pressentiments. Tout dans l'Allée des Embrumes la révulsait, la répugnait, éveillait en elle le désir implacable de s'enfuir en courant. Savoir que ce monde grouillait là, à deux pas d'elle, lui donnait la nausée.

« Il est là ? », demanda-t-elle pour couper court à ses angoisses.

« Non, pas encore. »

« Ah », déglutit-elle, la gorge serrée.

Elle sentit deux bras l'entourer et Drago l'attira à elle. Elle se laissa faire, se lovant contre lui, reposant sa tête contre son torse, bercée par sa respiration. Son anxiété s'apaisa comme si elle avait ouvert une vanne, elle se sentit respirer plus calmement, sentit ses muscles se détendre, son corps fébrile se réchauffer, et sans s'en rendre compte, elle sombra dans le sommeil.

~~~~o~~~~

« Hermès est là. »

La voix de Drago atteignit sa conscience comateuse, et l'extirpa doucement du sommeil. Elle cligna des yeux, avant de se redresser brusquement, jetant un regard affolé aux alentours. Pendant un instant, elle avait oublié où elle se trouvait.

« Calme-toi », lui intima-t-il à voix basse. « Tout va bien. »

« Il est où ? »

« A la table au coin. Sous la lanterne verte. »

Elle plissa les yeux, essayant de voir malgré la fumée des cigarettes qui obscurcissait la pièce. Enfin, elle aperçut la table au coin et... Hermès.

« Mais... C'est une fille ? », s'exclama-t-elle

Il haussa un sourcil, l'air de dire "ben oui, qu'est-ce que tu croyais ?". Puis se focalisa de nouveau sur Hermès. Penchée sur son verre de Whisky, elle faisait lentement tournoyer sa baguette entre ses doigts, comme un avertissement. Un carré de cheveux bruns encadrait son visage pâle et deux yeux d'un noir de jais surveillaient avec attention les alentours, scrutant chaque mouvement avec suspicion. Sans consulter Hermione, Drago se leva et se dirigea vers Hermès d'un pas décidé. Aussitôt, celle-ci vissa son regard sur le jeune homme, l'assassinant de regards méfiants. Il tira la chaise en face d'elle, fit un geste au serveur pour qu'il lui serve un Whisky et s'assit sans demander l'autorisation d'Hermès qui ne l'avait pas quitté du regard, la baguette désormais immobile, pointée vers lui.

« Bonjour, Hermès. »

Elle l'observa de la tête aux pieds sans répondre, le regard torve, la bouche plissée, avant d'aviser Hermione qui venait de prendre place à côté de Drago.

« Qu'est-ce que vous voulez ? », lâcha-t-elle finalement après avoir avalé son Whisky d'une traite.

« Des informations. »

« Tu dois être nouveau ici », répondit-elle avec une grimace moqueuse. « Je ne fais pas dans la discussion, je fais dans les affaires. Si tu as quelque chose à acheter, à livrer ou à retrouver, c'est moi. Pour le reste, trouve-toi un autre pigeon. »

La main de Drago blanchit en se resserrant sur son verre.

« C'est toi le pigeon que je cherche, alors je pense qu'il vaut mieux que tu coopères bien gentiment. »

Un rire guttural et mauvais s'échappa de sa gorge, faisant sursauter Hermione. On aurait dit un aboiement de chien. De nouveau, la Messagère jeta un regard méprisant au Serpentard.

« Et qu'est-ce que tu comptes faire si je refuse de coopérer ? Te rouler sur le sol et me faire un caprice, c'est ça ? »

« Tu n'imagines pas les choses que je suis en mesure de te faire. C'est pas les tarés qui manquent Allée des Embrumes, mais moi, en plus d'être cruel, je suis particulièrement imaginatif. »

« Et toi t'imagines pas le nombre de marmots dans ton genre qui viennent me taper la causette en essayant vaguement de m'intimider. Je vous conseille de vous tirer fissa avant que je m'énerve pour de bon. »

Drago leva la main, prêt à saisir sa baguette, mais Hermès fut plus rapide. Une lame étincela à la lumière de la lanterne et vint se ficher dans la manche du Serpentard, clouant son bras à la table. De l'autre main, elle saisit sa baguette et la pointa sur Drago, un sourire victorieux aux lèvres.

« Abruti, tu crois peut-être que j'ai pas appris à me défendre ? Quand on est Messager, on apprend à manier bien plus que sa baguette », se moqua-t-elle, avant de se tourner vers Hermione. « Toi, la potiche, tu bouges d'un poil et je bute l'autre idiot. Tu ne miserais pas sa vie sur tes réflexes, hein ? »

Hermione lâcha aussitôt la baguette qu'elle s'apprêtait à sortir, levant ses mains en signe d'apaisement.

« On ne s'est pas très bien compris, je crois », commença Hermione d'une voix qui se voulait tranquillisante. « On a besoin de vous, on n'a pas l'intention de se battre. Je vais commencer par nous chercher des verres, et on parlera de tout ça tranquillement. »

« Ouais, fais donc ça, va », répliqua Hermès d'une voix méprisante, sans toutefois ôter son couteau de la manche de Drago, ni ranger sa baguette.

Hermione se leva sans rien ajouter, les mains toujours levées docilement en signe de paix. Puis, elle se retourna lentement, sentant toujours le regard d'Hermès vissé sur sa nuque et carra les épaules pour se donner un peu de contenance avant de se diriger d'un pas qui se voulait assuré vers le bar.

« Trois Whisky pur feu, s'il vous plaît. »

Sans même lui adresser un regard, le serveur saisit trois chopes poussiéreuses dans lesquels il versa un fond de liquide ambré à l'apparence mielleuse.

« Trois gallions », lâcha le serveur d'une voix peu amène.

Elle fit glisser trois gallions sur le comptoir sale, attendit que le serveur se retourne et sortit discrètement une petite fiole de l'intérieur de sa cape. Un liquide aussi transparent que de l'eau se balançait tranquillement à l'intérieur. Du Veritaserum. Elle en avait récupéré dans la réserve de Slughorn avant de rejoindre Malefoy. Elle avait prédit que la situation risquait de s'envenimer et avait préféré jouer la carte de la sécurité. D'un geste mesuré, elle versa trois gouttes dans un des trois verres qu'elle prit bien soin de prendre dans sa main gauche, puis, elle saisit les deux autres, les faisant légèrement tanguer, et retourna vers la table. Elle tira sa chaise pour s'asseoir et prit grand soin de tendre le bon verre à Hermès.

Il y'eut un bref silence pendant lequel ils s'échangèrent tous les trois des regards méfiants, puis Hermès leva son verre.

« A la santé des abrutis prêts à me payer des verres pour des informations qu'ils n'auront pas. »

Hermione approcha le verre de sa bouche, mais le rire grave d'Hermès l'arrêta dans son élan. Elle la dévisageait avec un air mauvais qui la fit frissonner. Ses petits yeux noirs luisaient avec cruauté dans son visage pâle.

« Petite idiote, tu croyais vraiment m'avoir comme ça ? »

Hermione jeta un regard inquiet à Drago qui fronça les sourcils, perplexe.

« Quoi ? Je ne comprends pas... », essaya-t-elle de se défendre.

« Évidemment. J'imagine que ça ne te dérange pas qu'on échange de verre, dans ce cas ? »

« Pour... Pourquoi ? Non ! », balbutia-t-elle maladroitement.

« On s'est mal compris, je crois. C'était pas une proposition, c'était un ordre. »

Elle jeta de nouveau un regard à Drago qui venait enfin de comprendre de quoi il s'agissait. Il lui fit un discret 'non' de la tête à Hermione, ce qui ne manqua pas de tirer un nouveau rire méprisant à Hermès. La sorcière fit glisser son verre jusqu'à Hermione, la menaçant de sa baguette. Les yeux rivés sur le Whisky qui houlait paresseusement dans le verre, la Gryffondor déglutit lentement. Elle n'avait pas le choix. A contre-cœur, elle fit glisser son verre jusqu'à la Messagère, et saisit le sien d'une main tremblante, essayant de se redonner un peu de contenance.

L'ordre d'Hermès tomba comme un couperet, implacable : « Bois. »

Elle leva le verre à portée de vue, cherchant d'un regard paniqué une façon de s'échapper de là, mais Hermès la pointait toujours de sa baguette, un sourire victorieux au visage.

« Tu bois ou je le tue », menaça-t-elle en désignant Malefoy de la tête.

Hermione ferma les yeux, les plissant fort, puis porta le verre à ses lèvres, et avala une gorgée. Une déflagration dévala son œsophage, brûlant tout sur son passage pour enfin embraser sa poitrine.

« C'est le goût du Whisky qui te déplait, ou c'est le Veritaserum qui te fait pincer les lèvres ? », ricana la Messagère.

D'une voix froide et monocorde, Hermione répondit, d'une voix chargée de sincérité : « Je déteste le Whisky. »

« Alors, petite fouineuse, qu'est-ce que toi et ton copain êtes venus chercher ici ? »

« Des informations sur Pans... »

Avant qu'elle ait pu terminer sa phrase, Drago l'interrompit, se relevant d'un bond :

« Arrête ça tout de suite », gronda-t-il à l'attention d'Hermès, les mâchoires serrées.

Il leva sa baguette en signe d'avertissement, mais ça n'eut pas l'effet escompté car Hermès éclata d'un rire sinistre.

« Tu tentes quoi que ce soit, et je la bute. Alors si j'étais toi, je me rassiérais bien gentiment. »

Drago sembla hésiter, passant du regard brumeux d'Hermione au sourire jubilatoire d'Hermès, mais il finit par se rasseoir, le visage déformé par la colère et la haine, impuissant face à la cruelle Messagère qui se contenta de lever son verre :

« On va bien s'amuser ce soir, je sens. A ta santé, la potiche », finit-elle en tendant son verre vers Hermione - qui n'eut pas la moindre réaction - avant d'avaler son Whisky d'une traite.

Drago la regarda faire, désemparé, mais les lèvres d'Hermione s'étirèrent en un long sourire victorieux, dévoilant ses canines qui accrochèrent la lumière des lanternes, lui donnant un air carnassier que Malefoy ne lui avait jamais connu. Elle but une nouvelle gorgée de Whisky, avant de reprendre, d'une voix posée.

« Tu sais ce qu'elle te dit la potiche ? Tu ferais mieux de nous dire qui t'a commandé le Fiducia avant qu'on te balance vite fait bien fait dans les égouts de l'Allée des Embrumes. »

Drago se retourna vivement vers elle, l'air perdu, mais elle le rassura d'un geste de la main.

« A en juger par son caractère paranoïaque et méfiant, je savais qu'elle allait nous demander d'échanger de verre. Du coup, je me suis automatiquement servi celui avec du Veritaserum. », expliqua-t-elle en tapotant impatiemment la table de ses doigts, avant de reprendre : « Hermès, qui t'a commandé le Fiducia ? »

Le regard voilé et la voix monotone, la Messagère répondit : « L'héritière de la noble famille Parkinson. »

Un sourire enfantin s'installa sur le visage de Drago, le sourire de celui qui vient de gagner une longue et éreintante partie et qui s'accorde enfin un peu de repos. Il se laissa aller en arrière dans son fauteuil, et lâcha un soupir de soulagement.

« J'ai pas fini », trancha Hermione d'une voix ferme. « Je veux que tu me révèles toutes tes petites affaires en cours, toutes tes magouilles, tous les secrets de tes clients les plus puissants. »

Hermès se redressa dans sa chaise, claquant des dents comme un chien enragé. Au fond d'elle, elle devait lutter pour reprendre le contrôle sur son esprit. Mais le Veritaserum l'avait prise par surprise, et elle n'avait aucun moyen de s'en défaire. Sa tête trembla, comme prête à exploser et Hermione eut peur qu'elle s'évanouisse tant elle se battait pour se ressaisir, mais la Messagère finit par lâcher prise et commença à leur raconter. Leur raconter que Shackelbott donnait rendez-vous à des courtisanes de l'Allée des Embrumes, que Saul Funestar avait commandité plusieurs meurtres en embauchant des mercenaires, que Griselda Marchebank faisant chanter son ex-mari et que la famille Rookwood cachait une enfant cracmol qu'il payait grassement pour taire son existence. Quand Hermione eut réuni assez d'information, elle se leva sans un mot, aussitôt suivie par Malefoy, et après avoir replacé leur capuche sur leur tête, ils disparurent dans l'obscurité poisseuse de l'allée des Embrumes.

~~~~o~~~~

Deux heures du matins, indiquait la plus petite aiguille de sa montre éraillée. Ils arrivèrent devant le dortoir des vert et argent. Hermione était épuisée et lessivée, mais rien ne concurrençait le soulagement d'avoir mis une distance considérable entre elle et l'Allée des Embrume. Ils avaient enfin retrouvé leur apparence, et même si elle ne lui avouerait jamais, le sourire en coin de Malefoy lui avait manqué.

« Draco Dormiens. »

Le tableau des Serpentard pivota sur lui-même, s'ouvrant sur une salle Commune déserte dans laquelle luisait la lumière verte des lanternes. Drago fit un pas, hésita, s'arrêtant à l'encadrure du tableau et se retourna finalement.

« Tu viens ? », demanda-t-il finalement.

Hermione lui adressa un sourire et acquiesça lentement, s'engageant à sa suite. Elle sentit l'adrénaline lui brûler le bout des doigts et élancer agréablement son cœur. C'était la toute première fois qu'elle pénétrait chez les Serpentard, mais à sa grande surprise, la pièce était tapissée de pourpre et de noir. Elle emboîta le pas à Drago sans un bruit, se faufilant entre les fauteuils, et le suivit jusque dans sa chambre. Le dortoir était désert, pas un seul lit n'était défait, à l'exception de celui de Drago dont les couvertures gisaient sur le sol en pagaille. Elle sourit malgré elle. Qui eut cru que le noble Drago Malefoy puisse être si désordonné ?

Il se laissa tomber sur son lit et elle s'assit à côté de lui en observant d'un œil intrigué le décor de son refuge. Sa valise n'était pas défaite, à l'exception des habits qu'il avait envoyé valser un peu partout dans la chambre. Sur sa table de chevet, sous un livre, elle pouvait apercevoir le bord d'une photo qui semblaient le représenter lui et Narcissa. Sa cravate vert et argent avait été nonchalamment jetée sur un des lits vides, et quelques livres de cours s'empilaient sur un autre.

Il fronça les sourcils. « T'es pas en train de détailler ma chambre, rassure-moi ? »

« Si. C'est surprenant à quel point t'es désordonné. »

« T'as vraiment un problème, Granger », répondit-il avec un sourire en coin.

Le fameux sourire... Elle ne put s'empêcher de sourire à son tour.

« Je peux te poser une question ? », demanda-t-il après quelques secondes.

« Je t'écoute. »

« Pourquoi t'as demandé toutes ces informations à Hermès ? Tu prévois de faire tomber tout le Ministère ou quoi ? »

« Non, je m'assurais simplement d'avoir de quoi faire chanter Hermès à vie. Avec toutes ces informations, si elle veut acheter notre silence, ce sera en échange de son témoignage contre Parkinson. »

Il la regarda d'un drôle d'air, un mélange entre surprise et admiration. Enfin, il finit par secouer la tête, un sourire incrédule aux lèvres.

« T'avais raison. J'avais bien besoin de ton aide. »

Il tendit les deux bras et l'attira contre lui. Elle se laissa faire, se lovant dans le creux de ses bras, enfouissant sa tête dans son torse.

« T'es courageuse, petit génie. Merci de m'avoir suivi... Jusqu'au bout. »

Délicatement, il déposa un baiser sur son front. Puis, lentement, il se laissa tomber en arrière dans le lit, l'entraînant avec lui dans sa chute. Son cœur pulsa comme un dément sous sa peau. Elle se retrouva sur lui, plongeant son regard brun dans ses yeux gris. Là, au fond de ses prunelles brumeuses, il y'avait quelque chose de différent. Quelque chose de nouveau. Quelque chose de bien plus fort que du simple désir. De son index, il écarta une mèche de son visage, dessina le contour de sa pommette, effleura ses lèvres. Ils se regardèrent longtemps, sans rien dire, savourant ce sentiment nouveau qui les enserraient de la tête aux pieds. Plus de questions, pas même de réponse, juste une délicieuse ambiguïté. Elle se pencha lentement, effleura ses lèvres du bout des siennes, sentant sa peau brûlante contre la sienne. Avec douceur, elle l'embrassa à la commissure de ses lèvres, juste au coin de son demi-sourire. Son sourire se fit mutin, il roula, la serrant toujours contre lui, pour se retrouver au-dessus d'elle. Elle encadra son visage de ses mains, caressant de ses pouces ses joues barrées d'un sourire tendre. Elle n'avait qu'une envie : l'embrasser. Sentir son corps tout contre le sien, sentir ses mains sur sa peau, son cœur pulser au rythme du sien. Alors, enfin, il l'embrassa. Elle enroula sa main autour de sa nuque, l'attirant un peu plus contre lui. Elle sentit son corps se tendre, il passa une main dans ses cheveux, tandis que lentement, elle déboutonnait sa chemise. La barrière de tissu qui les séparait fila sur le sol, tandis que la main de Drago descendait des cheveux d'Hermione, à la naissance de son cou, et enfin à sa robe qu'il lui ôta lentement, caressant sa peau, centimètre par centimètre. Ils se pressèrent l'un contre l'autre, s'étreignant comme si leur vie en dépendait, ceint par la peur de se lâcher et de se perdre. D'une main, il saisit fermement son menton, approfondissant leur baiser. Il se recula quelques secondes, la contemplant d'un air effaré, ses yeux parcoururent son corps et il y'avait quelque chose au fond de son regard. Quelque chose qui disait 'ne pars pas, surtout, ne pars pas'. Pour toute réponse, elle l'attira à lui, couvrant son visage de baisers. Il se mit à rire, d'un rire qu'elle ne lui connaissait pas, un rire qui lui faisait plisser les yeux et dévoilait une petite cicatrice presque effacée par le temps, sur sa joue gauche.

Leurs derniers habits volèrent, et ils rabattirent la couverture au-dessus de leur tête.


Haha ! J'ai hâte d'avoir vos avis sur ce nouveau chapitre ! Merci, merci infiniment à tout le monde, lecteurs, reviewers, followers et ceux qui me mettent en favoris, vous n'imaginez pas la joie que ça procure !

Bientôt 100 REVIEWS, c'est fou ! J'ai du mal à y croire ! Je me suis dit que pour l'occasion, un petit cadeau de ma part ne serait pas de trop, donc... Celui ou celle qui me laissera la centième review pourra choisir un ou deux personnages sur qui j'écrirai un One-Shot ! N'importe qui ! J'ai vu d'autres auteurs le faire et j'ai toujours trouvé ça sympa donc j'espère que ça vous tente aussi !

J'ai toujours été nulle pour écrire des remerciements, mais j'espère que vous sentez quand même à quel point je vous suis reconnaissante ! Parce que c'est inimaginaaaaaable !

A bientôt, mis queridos amigos !