« Retrouve-moi dans la serre. Vingt-deux heures. »

Drago contempla de nouveau le petit origami qu'il tenait dans ses mains, jeta un œil à droite, puis à gauche, et s'engouffra discrètement dans la serre. Une puissante odeur de miel et d'acacia flottait dans l'air, et le rideau épais de plante grimpante qui recouvrait le mur plongeait la pièce dans une étrange obscurité d'émeraude. Il cligna les yeux quelques seconde, pour habituer ses yeux à la pénombre, et parvint enfin à discerner la silhouette d'Hermione, assise en tailleur sur une des trois tables de bois qui occupait la moitié de la pièce. Elle souriait, un sourcil haussé et le sourire en coin. Il sourit malgré lui. C'est qu'il commençait à apprécier ce demi-sourire un brin taquin. Lentement, il s'avança, pas après pas, sentant monter en lui le désir de se rapprocher, encore et encore, de s'enivrer de son parfum entêtant, et de sentir ses boucles désordonnées lui chatouiller le cou...

Il s'installa sur la table d'en face, observant avec amusement la déception sur le visage de la Gryffondor qui aurait aimé qu'il s'approche un peu plus. Ils se contemplèrent un instant sans rien dire, se souriant malicieusement, se défiant du regard, sachant tous deux que leurs yeux en disaient infiniment plus que n'importe lequel de leurs mots.

« Je croyais qu'il ne fallait pas que ça devienne une mauvaise habitude ? », murmura-t-il en haussant un sourcil.

« Tu sais ce qu'on dit, les mauvaises habitudes ont la vie dure », répondit-elle sans se départir de son sourire en coin.

« C'est juste un problème d'appellation. Moi, j'appellerais plutôt ça une très bonne habitude. Une habitude charismatique et tout à fait charmante, même. »

Elle fit une petite moue pincée, comme si elle essayait de retenir son sourire, mais finit par abandonner et lui offrit un sourire timide, les yeux rivés sur les siens.

« C'est affreux, mais je crois que je t'aime bien. »

« Tu as l'art et la manière de présenter les choses, toi. »

« T'es extrêmement énervant. Et exaspérant. Et idiot, avec ça. Tu as un orgueil surdimensionné, une morale douteuse et toujours cet air goguenard insupportable », souffla-t-elle d'une traite.

« Et toi, tu es beaucoup de choses, Hermione Granger, mais tu n'es définitivement pas diplomate. »

Elle lui sourit, un sourire différent, cette fois-ci. Un sourire faussement ingénu qui disait beaucoup en taisant tout. Il se leva de la table. C'était un jeu risqué, Drago le savait. Il approchait dangereusement ses mains du feu, il marchait pieds nu sur des braises. L'avertissement de Pansy n'avait cessé de tourner dans son esprit, de lui nouer l'estomac. Peut-être aurait-il dû se tenir loin de Granger, l'éviter ou la repousser pour de bon, mais pour une raison inexplicable, il se retrouvait là, devant elle, à chaque fois qu'il essayait de s'enfuir le plus loin possible. Comme si ses fuites effrénées se finissaient toujours en boucle, le ramenant inévitablement devant elle. C'était égoïste et lâche, il le savait pertinemment, mais il n'avait jamais prétendu être courageux. Et encore moins altruiste.

Il se leva, et elle l'imita à son tour. Il fit un pas, elle en fit un de plus. Il avait l'impression que l'air entre eux était brûlant, presque irrespirable. Il sentait tout son corps s'échauffer et palpiter. Il observa ses lèvres brillantes et roses, ses yeux bruns vissés sur lui, ses cheveux qui auréolaient son visage d'un fouillis de boucles brunes et ses joues rosies par l'écrasante chaleur qui se profilait entre eux. Le sourire de Malefoy s'allongea, un sourire confiant et provocateur qui la fit frissonner. Il haussa à son tour un sourcil, comme une invitation à s'avancer ou à fuir pour de bon. Il avait l'air d'un loup sur le point de dévorer sa proie, tous les muscles de son corps tendus, et les canines scintillantes à la lueur des pâles rais de lumière qui traversaient le rideau de plantes grimpantes. Un pas de plus. Leurs corps s'effleurèrent, il sentait la fièvre de sa peau à quelques centimètres de lui, et l'ardeur de ses yeux bruns qui se mêlaient aux siens. Il entendait son souffle saccadé, tout près de son oreille. Il se fit violence pour ne pas bouger, pour se retenir de fondre sur elle. Elle se posta sur la pointe des pieds, se penchant un peu plus vers lui, et son souffle chatouillant son oreille enflamma ses sens.

« On dirait bien que je vais perdre à ce petit jeu-là », susurra-t-elle.

Et elle tendit la main pour la poser sur le cou dégagé de Malefoy, peau brûlante contre peau brûlante. Son corps s'embrasa brusquement à son contact, combustion spontanée, et il posa une main sur le bas de son dos pour l'attirer contre lui, et lui murmurer :

« A ce jeu-là, il n'y a que des gagnants. »

Leurs souffles se mêlèrent, puis leurs lèvres et enfin ce fut leurs langues alors que leurs mains se cherchaient, se caressaient, s'effleuraient, s'agrippaient. De sa main droite, il sinua sous ses habits et s'ancra fermement à son dos, de l'autre, il se plongea dans la jungle de ses cheveux, les emmêlant entre ses doigts, s'y accrochant délicatement. Elle se harponna solidement à ses épaules en rejetant la tête en arrière alors qu'il déposait sur la ligne de son cou, une myriade de baisers. Fermement, il la saisit par les hanches et l'assit sur la table alors qu'elle enroulait ses jambes autour de lui. Avec un empressement fébrile, elle lui enleva sa chemise, caressant son torse brûlant, sentant son cœur tambouriner sous ses doigts. Il prit ça pour un signal et sans attendre une seconde de plus, il se débarrassa de la robe de la Gryffondor, et détacha ses cheveux. Les boucles brunes cascadèrent sur les épaules de la jeune fille, jouant à cache-cache avec sa peau nue, dévoilant entre leur mèches une peau constellée de grains de beauté. Il l'embrassa tendrement au creux du décolleté, et alors qu'elle lâchait un soupir d'extase, il fit voler ses derniers habits.

~~~~o~~~~

Il regagna son dortoir tard dans la nuit, comme à son habitude, traversa la salle commune à pas de loup, et se laissa tomber dans son lit pour s'endormir aussitôt, un sourire béat vissé aux lèvres.

Un contact froid contre sa peau. Il se réveilla en sursaut, fiévreux et haletant, et avant même d'ouvrir les yeux, porta ses mains à son cou par réflexe. Il sentit quelque chose de glacé et mouvant, enroulé tout autour de sa gorge et voulut se débattre mais l'étau se resserra, lui coupant presque totalement le souffle. D'un geste paniqué, il voulut atteindre sa baguette sur sa table de nuit mais l'envoya valser au sol en même temps que sa lanterne qui se fracassa contre la pierre dans un violent bruit de verre brisé. Affolé, il passa deux mains autour de l'étrange anneau vivant qui se resserrait autour de sa gorge et tira d'un coup sec ce qui eut pour seul effet de le faire suffoquer un peu plus. Un mouvement rapide à son cou et il sentit quatre pointes contre sa main gauche toujours agrippée à son collier mortel. Avec horreur, il réalisa que ce qui languissait dangereusement près de sa pomme d'Adam n'était autre qu'un serpent. Il lâcha un juron mais s'immobilisa, les yeux écarquillés de terreur. Il allait crever, tué par un serpent. Quelle ironie. De toutes les morts qu'il avait imaginées, c'était de loin la plus ironique. Il allait finir étouffé par un serpent. Fallait quand même avouer qu'il y'avait de quoi rire. C'était presque comme si le destin lui-même se foutait royalement de sa gueule.

Il y'eut un sifflement, il entendit le reptile coulisser autour de son cou, sentit sa langue frôler la lisière de son menton et quatre crocs se posèrent délicatement contre son cou, tendant sa peau, menaçant de la transpercer au moindre mouvement. Il leva la tête, sans oser bouger, respirant à peine, sentant tout le poids de l'énorme serpent contre sa gorge et ses crochets venimeux prêts à perforer sa peau.

« Lumos. »

Une baguette s'illumina en projetant une lumière blafarde dans la pièce. Agrippée à la baguette, se tenait Pansy, affublée de son même sourire malade, balançant distraitement ses jambes du haut du lit superposé sur lequel elle s'était installée.

« Salut, Drago. J'espère que tu es installé confortablement. »

La tête toujours basculée en arrière, il ne la voyait que du coin de l'œil, mais c'était déjà bien trop à son goût.

« C'est gentil de te soucier de mon bien-être, Pansy », ironisa-t-il. « J'ai connu meilleures positions, mais je préfère de loin être étranglé par un serpent que d'être près de toi. »

Elle rejeta la tête en arrière et éructa d'un rire rauque, avant de plaquer à nouveau son regard sombre sur lui.

« C'est drôle, j'aurais cru qu'avec autant d'ennemis, tu apprendrais à tenir ta langue quand il le faut. Mais il faut croire que l'instinct de survie, c'est pas ton fort. »

« Si j'avais eu un quelconque instinct de survie, je t'aurais butée il y'a bien longtemps. Donc non, effectivement, faut croire que c'est pas mon truc. »

Le serpent appuya un peu plus ses dents luisantes contre le cou de Drago qui déglutit avec difficulté, sentant la pression contre sa peau augmenter. Un millimètre de plus, et ses crocs d'ivoire la transperceraient pour de bon.

« Du calme, Yama, du calme. »

Le serpent se recula de quelques millimètres, et Drago put respirer de nouveau, sentant sa peau se détendre légèrement.

« Je te conseille de te taire. Dans notre intérêt à tous les deux. Pour t'éviter de finir empalé par un Serpent, et pour m'épargner tes excès d'arrogance. »

Drago pinça les lèvres mais se tut, fermant les paupières de toutes ses forces, imaginant, avec une joie dissimulée, étrangler Pansy de ses propres mains. Voir ses yeux se révulser et entendre son cœur s'arrêter pour de bon.

« Tu crois peut-être que je suis idiote ? »

Je le crois pas, je le sais, pensa-t-il mais il se contenta de prendre un air faussement choqué.

« Mais non, voyons, qu'est-ce qui te fait dire ça ? », susurra-t-il d'une voix doucereuse.

« Tu crois que j'ai pas remarqué que tu continuais de voir l'autre connasse ? »

Drago ne put s'empêcher de serrer les dents, les sourcils nerveusement froncés.

« C'est parce que j'ai dit 'connasse', que tu réagis comme ça ? », se moqua méchamment Pansy. « Ma parole, mais on dirait bien que le petit Drago est amoureux... »

« Viens-en au fait », l'interrompit-il brusquement.

« Si tu insistes », répondit-elle en haussant les épaules. « Je crois que tu n'as pas pris mon avertissement de la dernière fois au sérieux. Je sais que toi et ta Sang-de-Bourbe, vous complotez dans mon dos. Je sais que vous essayez de me faire couler, comme la plupart des élèves de ce château. Vous voulez tous me voir morte. Vous voulez ma peau et mon trône, mais je vous laisserai aucun des deux. J'ai attendu ce moment trop longtemps pour vous laisser me l'arracher. Je suis partout, Drago, j'ai des oreilles et des yeux à chaque recoin. Rien ne m'échappe et sûrement pas votre petite mutinerie d'amateurs », grinça-t-elle.

Sa bouche se tordit dans un rictus effrayant, laissant entrevoir ses dents et créant des ridules disgracieuses à la commissure de ses lèvres.

« C'est mon dernier avertissement, Drago. Si tu l'approches encore, je considèrerai ça comme un acte de haute trahison. Et tu sais le sort que je réserve au traitre... », siffla-t-elle d'une voix vipérine. « Au mieux, je les tue. »

Drago baissa enfin le visage pour pouvoir soutenir le regard de Pansy, et sentit instantanément les quatre petites pointes acérées s'enfoncer encore un peu plus contre sa peau. Il dévisagea Parkinson d'un air méprisant.

« Mais qu'est-ce que tu crois, Pansy ? On est dans une école, chaque centimètre carré est surveillé, il y'a des témoins au détour de chaque couloir, et toi tu crois que tu peux tuer quelqu'un et t'en sortir indemne ? Tu peux bien t'ériger en reine entre les quatre murs de la salle commune, mais au-delà des cachots, t'es rien... »

Le visage de Pansy se contracta de colère, alors que son serpent sifflait dangereusement en signe d'avertissement, mais Drago ne s'arrêta pas pour autant.

« ... et en plus, tu veux t'en prendre à une héroïne de Guerre ? Tu crois peut-être que McGo va rien dire ? Sans parler de Potter et Weasley ! », se moqua-t-il, avec dédain. « Mais surtout, surtout... Ce que t'as l'air d'oublier, c'est que Granger pourrait te rayer de la surface de la terre en un claquement de doigt, si elle le voulait. En plus d'être incroyablement présomptueuse, t'es vraiment idiote, Pansy. »

A son grand étonnement, Pansy n'avait pas bronché, les yeux toujours rivé sur ceux de Drago. D'un geste souple, elle sauta des hauteurs du lit et atterrit sur le sol avec dextérité, avant d'arranger les plis de sa jupe. Puis, elle marcha lentement jusqu'à lui, et attrapa son visage entre ses doigts, enfonçant ses ongles dans sa peau.

« Je crois que tu me sous-estimes, Drago. J'ai pas l'intention de me battre avec Miss Je-Sais-Tout en duel régulier, tu sais. Ou peut-être que tu surestimes, Granger, finalement. Ce n'est qu'un être humain, après tout. Et un accident est si vite arrivé... », susurra-t-elle avec un sourire. « On peut si facilement se retrouver étendu en bas des escaliers... la nuque brisée. »

« T'es une malade ! »

« C'est quand même ironique de la part du mec qui a passé la moitié de sa vie à tenter de buter tous les Sang-de-Bourbe qui traînaient. »

Il y'eut un silence glacial, puis elle claqua des doigts et le serpent se détendit, pour enfin se dérouler totalement. Il ondula sur le corps de Drago pour finalement se poster aux pieds de Pansy.

« Réfléchis bien, Drago. C'est la dernière fois qu'on a cette conversation, toi et moi. La prochaine fois, le problème sera réglé, d'une manière ou d'une autre... »

La main sur la poignée de sa chambre, elle lui lança un sourire faussement compatissant.

« Peut-être que je bluffe, qui sait ?», lâcha-t-elle d'un ton innocent en haussant les épaules. « Mais franchement, est-ce que t'as envie de prendre le risque ? »

Elle lui fit un petit signe de la main et disparut à l'encadrement de la porte, suivie de près par Yama.

~~~~o~~~~

Le bruit de la plume grattant le papier cessa soudain. Zabini suspendit son geste quelques secondes, déposa sa plume en parfait alignement avec son parchemin et dévisagea Malefoy, l'air pensif. Concentré sur son devoir d'Astronomie, Drago s'appliqua soigneusement à l'ignorer, priant intérieurement pour qu'il cesse au plus vite de le scruter aussi intensément. Quelques secondes passèrent, puis le blond abdiqua, relevant les yeux de son manuel pour dévisager Zabini avec agacement.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

« Quoi ? J'ai pas le droit de te regarder ? »

« Avec cet air de psychopathe ? Non, je préfèrerais que t'évites. »

« C'est juste, je me demande... Tu regrettes, parfois ? »

« Regretter quoi ? », demanda le blond en fronçant les sourcils.

« Toutes ces conneries de Mangemorts. »

Estomaqué, Drago lâcha sa plume à son tour, pour poser un regard ébahi sur son ami. Depuis qu'ils se connaissaient, Zabini et Drago avait toujours pris soin de ne jamais parler de ça, de ces 'conneries de Mangemorts' comme les appelait Blaise. Zabini venait d'un autre monde, d'un monde protégé, d'un petit cocon confortable et calfeutré loin des méandres de la Magie noire, et bien que sa mère ait fréquemment été aperçue dans l'Allée des Embrumes - pour trouver de quoi se débarrasser de ses maris un peu trop encombrants, disait-on - elle avait toujours réussi à refuser avec habileté les approches insistantes des Mangemorts. Lorsque la Guerre avait éclatée, Zabini avait pris soin de dire ce qu'il fallait quand il le fallait, crachant allègrement sur les Sang-de-Bourbe pour s'assurer d'être toujours en vie le lendemain. Toujours en vie et entier. Mais au fond de ses prunelles noires, Drago voyait le mépris qu'il ressentait face à ces 'conneries de Mangemorts' alors comme liés par un accord tacite, ils n'en avaient jamais parlé, taisant tous les vilains secrets de ce passé encombrant, fermant les yeux sur les tortures, les cris, les supplications, tassant tout ça dans un coffre fermé à double tour qu'ils s'étaient jurés silencieusement de ne jamais ouvrir entre eux.

« Parfois, ouais », répondit Malefoy dans un accès de sincérité. « Mais la plupart du temps, je fais semblant d'avoir oublié. »

« Ouais, mais c'est quand même là. Je veux dire, tout ça, tu peux pas oublier. »

« Merci, c'est gentil de me le rappeler... Au cas où j'aurais pas remarqué. »

« Non, mais je tenais à le souligner. Surtout maintenant que tu te tapes l'ennemi. »

« Je me tape rien du tout », maugréa Drago en poussant un soupir d'exaspération. « T'aurais pu te retrouver à ma place, je te ferais remarquer. »

« Coucher avec Granger, tu veux dire ? », commença-t-il avec un sourire suggestif. « Non merci, un peu trop Gryffondor pour moi. »

« Je te parlais pas de Granger », répondit-il en lui jetant un regard noir. « Je te parlais des Mangemorts. »

« Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? »

Drago ne répondit pas, se replongeant vivement dans ses devoirs. Le livre d'Astronomie s'ouvrit de nouveau et la plume recommença à gratter le papier dans une litanie monotone, mais Zabini l'interrompit presque aussitôt, refermant le manuel de Drago d'un geste sec.

« Je trouve que tu prends beaucoup de libertés, en ce moment », souffla le blond, la voix un brin menaçante.

« Et moi je trouve que tu fais beaucoup de mystère, en ce moment. De quoi tu parles ? »

« De rien. »

« Tu te fous de moi, là ? Vas-y, explique. »

Exaspéré, Drago referma son livre dans un claquement sonore et accrocha ses prunelles grises à celles de Zabini, l'air blasé.

« C'est trop facile pour toi, Zabini, c'est tout ce que je dis. Ne prends pas ton innocence pour acquise, parce qu'elle a coûté son pesant de gallions. »

« Tu pourrais arrêter de parler en devinettes, s'il te plaît, on dirait Dumbledore. Sérieusement, arrête de fréquenter Granger, tu deviens aussi tordu qu'elle. »

« Hilarant », répondit sèchement Drago en lui jetant un regard glacial.

« Bon, Drago, crache le morceau. »

Drago expira un long soupir agacé, croisa les bras, leva les yeux au ciel avant de soupirer de nouveau.

« Ok, tu veux vraiment savoir ? »

« De plus en plus, je dirais. »

« La planque, c'était censé être chez toi. »

« La... quoi ? »

« La planque. Tu crois qu'ils cachaient où tous les putain de bouquins interdits ? Et ces foutues reliques de magie noire ? Tu crois qu'ils faisaient comment pour contourner les perquisitions ? Ils trouvaient un pigeon, quelqu'un qui ne trempait pas dans la petite bande du Seigneur des Ténèbres mais qui était assez louche pour que ce soit convaincant. Ils foutaient leur pigeon sous Impero grâce à un intermédiaire, histoire que même s'il parle, il ne puisse balancer aucun nom. Et ils déchargeaient leurs vilains petits secrets dans la jolie petite maison qu'ils avaient sélectionnée. T'aurais pu être là, avec moi, à t'en prendre plein la gueule. Mais par chance, t'y es pas, alors évite de me faire la morale, s'il te plaît. »

« Quoi ? Mais... comment... qu'est-ce qui s'est passé ? », balbutia Blaise, les yeux si écarquillés qu'ils ressemblaient à deux billes blanches surmontées d'un minuscule point noir.

« Je me suis arrangé pour connaître la date où ils comptaient débarquer chez toi. Deux jours avant, j'ai envoyé un hibou à ta mère, lui disant que sa propre mère était morte. Je savais que c'était ta dernière famille, que vous partiriez aussitôt sans traîner et surtout, je savais que ta grand-mère habitait dans le Sud de l'Italie. Ça suffisait pour vous éloigner le temps qu'il fallait. Ça a marché, quand les Mangemorts sont arrivés, la maison était déserte. Ils ont voulu attendre. Attendre que ta mère revienne. J'ai suggéré à mon père une autre planque, et faut croire qu'il s'est laissé convaincre. »

Abasourdi, Zabini se laissa aller dans le dossier, la bouche entrouverte de stupeur. Pendant quelques secondes, il essaya de parler, ouvrant et fermant la bouche comme un poisson hors de l'eau. Il finit par secouer la tête et demanda :

« Mais pourquoi... Pourquoi tu me l'as jamais dit ? »

Drago leva les yeux au ciel, las de la conversation.

« Tu voulais que je t'envoie une jolie carte postale ? 'Salut, je t'ai sauvé d'Azkaban. Du coup, tu me payes un verre ?' »

« T'aurais pu... Je sais pas... Non, t'aurais dû me le dire. »

« Bah voilà, tu sais. Alors, ça te fait quel effet d'avoir failli finir comme moi ? Tu te sens mieux ? »

« Non, ça me donne envie de gerber. »

« Ça fait cet effet-là, au début, et puis ça passe. Jusqu'à ce qu'un connard te demande si tu regrettes », finit-il en fusillant Blaise du regard.

Ils restèrent silencieux un moment. Drago se replongea dans la lecture d'un paragraphe alambiqué sur les constellations tandis que Blaise regardait d'un air absent par la fenêtre de la bibliothèque. Il digérait l'information, qui semblait jouer aux montagnes russes entre son cerveau et son estomac, lui provoquant l'envie de régurgiter tout son petit déjeuner. Drago savait très bien ce qu'il ressentait, il le ressentait chaque seconde de chaque minute depuis que la Guerre s'était terminée. Ce violent retour de flammes, celui qui te rappelle que t'es pas mieux que les tous ceux qui croupissent à Azkaban... juste un peu plus chanceux. Au bout d'un long moment - si long que Malefoy était arrivé à la conclusion de son devoir d'Astronomie - Blaise rompit le silence.

« Merci, Drago. Je m'étais jamais rendu compte de ce que t'avais fait pour moi. »

Drago leva un sourcil moqueur et lui adressa un sourire en coin. Tout en ajoutant le point final à sa dissertation, il lança :

« Ça va. Si t'avais fini à Azkaban, j'aurais loupé le spectacle de te voir galérer avec Rosier. Rien que pour ça, ça valait le coup. »

Zabini se pencha pour poser une main amicale sur le bras de Drago, l'air plus sérieux que jamais. Sa voix grave empreinte de solennité poussa le blond à relever le visage de son livre alors que le métisse ajoutait :

« Sérieusement, Drago. Merci. Je l'oublierai pas. »

Drago lui offrit un sourire sincère roula son parchemin avant de refermer son livre.

« On y va ? », proposa-t-il.

Zabini acquiesça et rangea prestement ses affaires avant de sortir de la bibliothèque. A peine eurent-ils fait un pas dans le couloir que Calypso les rattrapa, son livre d'Astronomie sous le bras et l'air abattu.

« Salut, les gars », elle avisa du coin de l'œil le parchemin que Drago tenait dans la main. « C'est la dissertation d'Astronomie ? »

Il acquiesça en brandissant son devoir avec fierté.

« J'ai même pas commencé, je suis vraiment foutue », souffla-t-elle d'une voix dépitée. « Et avec l'exam de demain, je sais pas comment je vais m'en sortir. On est obligés de tout apprendre par cœur ? », demanda Calypso en jetant un regard désespéré à son épais manuel d'Astronomie.

« Pas par cœur, mais il faut que tu sois capable de replacer chaque constellation et d'expliquer pourquoi elle porte ce nom », répondit Zabini avec douceur en lui adressant un sourire réconfortant.

La brune lâcha un soupir élégant en nouant ses cheveux en une queue-de-cheval désordonnée dont quelques mèches rebelles s'échappaient pour vagabonder sur son visage.

« J'y arriverai jamais ! », se plaignit-elle en secouant la tête.

« On peut réviser ensemble ce soir, si tu veux ? »

Le visage de la jeune fille s'éclaira d'un sourire radieux et il lui sourit en retour en déposant une main tendre sur son bras, arrachant une moue de dégoût à Drago qui se demanda avec horreur s'ils n'avaient pas oublié sa présence. Depuis leur faux mariage, ils se tournaient autour avec encore moins de subtilité sans toutefois se résoudre à se déclarer pour de bon. C'était un spectacle extrêmement écœurant et malheureusement, Drago devait y assister au quotidien. Il avait franchement l'impression de subir un retour forcé en deuxième année où ce genre de jeux de séduction timides et maladroits étaient légion. Ce dont ils avaient vraiment besoin, c'était de passer la nuit ensemble, histoire de mettre fin une bonne fois pour toute à leurs ronds de jambe ridicules.

« Merci, Blaise. Ça ne te dérange pas, au moins ? »

« Non, c'est un plaisir. »

Drago pria intérieurement pour que quelque chose ou quelqu'un mette fin à ses jours... ou au moins, fin à cet échange mielleux parce qu'il allait atteindre les limites de sa tolérance. Sa prière s'exauça sous la forme d'un petit oiseau de papier qui piailla avant de se déposer dans sa main. Intrigués, Calypso et Zabini cessèrent aussitôt leur dialogue et se penchèrent par dessus l'épaule du blond pour observer le petit rossignol d'origami qui s'installa dans la paume de Drago en chantant.

« C'est quoi ? », demanda Calypso, les yeux ronds d'émerveillement.

Drago savait très bien ce que c'était. Les petits oiseaux de papier étaient irrémédiablement signés Granger. Mais le visage de Parkinson s'imposa dans son esprit, avec ses yeux noirs luisant de folie et son sourire dément, et sa menace résonna à ses oreilles comme un glas funèbre. Si je te revois encore une fois avec ta catin de Sang-de-Bourbe, je la tue. La phrase fit le tour de son cerveau, sinuant entre ses synapses, triturant ses nerfs. Peut-être que je bluffe, qui sait ? Mais franchement, est-ce que t'as envie de prendre le risque ? Non. Il n'avait pas envie de prendre ce risque. Ce n'était plus un jeu, ça faisait bien longtemps qu'ils avaient arrêté de jouer, et il savait de quoi elle était capable. De tuer Granger, aussi nettement qu'on sectionne un fil. Un frisson lui parcourut l'échine alors qu'il imaginait retrouver le corps sans vie de la Gryffondor, ses cheveux en bataille auréolant son regard vide, et sa peau laiteuse aussi froide que la mort.

« Rien », trancha froidement Drago. « Lacarnum Inflamare. »

Le petit rossignol piailla une dernière fois avant d'être englouti dans des flammes d'un vert émeraude, arrachant un cri d'horreur à Calypso. Il ne resta, dans la main ouverte de Drago qu'un petit amas de cendre fumante qu'il dispersa d'un souffle, les mâchoires serrées.

~~~~o~~~~

« Bon sang ! », bougonna-t-il intérieurement en voyant la foule d'élèves qui s'agglutinait devant les portes de la Grande Salle pour aller manger.

Il détestait ce moment de la journée. Pour quelques plats disposés sur les grandes tables, les élèves devenaient fous, se poussaient, jouaient des coudes, se marchaient sur les pieds pour rentrer les premiers dans la Grande Salle. Ça en disait long sur l'humanité ; s'ils étaient capables de faire ça pour un peu de nourriture, qui sait ce qu'ils auraient fait pour des promesses de fortune et de gloire ? Il soupira et s'engagea malgré lui dans la foule. En général, il s'arrangeait pour arriver trente minutes en retard au repas. Certes, il avait moins de temps pour manger, mais il s'épargnait la corvée de devoir faire la queue avec tous les affamés du château. Mais aujourd'hui, la faim lui tordait l'estomac. Il l'entendit d'ailleurs grogner et lâcha un nouveau soupir en levant les yeux au ciel avant de mêler un peu plus à la foule. Il sentit soudain une légère pression sur son bras, il se retourna pour voir Granger, l'air préoccupé, qui s'approcha de lui pour lui glisser à demi-voix :

« Drago, il faut absolument que je te parle de quelque chose. T'as cinq minutes ? »

De surprise, il resta muet quelques secondes et eut la violente envie de se gifler mentalement.

Un élève le bouscula pour passer devant lui, le tirant de ses rêveries funèbres. A contrecœur, il toisa Hermione avec mépris, et lâcha un bref :

« Non. »

D'un geste, il agrippa le bas de la veste de Granger et l'écarta de son chemin. Puis, devant son regard choqué, il tourna les talons, s'éloignant de la Grande Salle. Son ventre gronda de protestation, mais ce n'était rien, rien, comparé à l'infernal tumulte de sa conscience.

~~~~o~~~~

Balai sous le bras, il passa par la lourde porte en bois et dévala les marches d'un pas lourd. Il avait besoin de se changer les idées, de se défouler et la solution idéale, dans ce genre de situation, c'était un tour de balai. Ça ou un massacre de Cobras. Et il avait raisonnablement conclu que le balai, c'était quand même moins risqué.

Son pied se posa dans l'herbe humide et s'enfonça dans la terre gorgée d'eau, maculant ses chaussures de boue. Les yeux fermés, il prit une profonde inspiration, remplissant ses poumons d'un air si frais qu'il sentit sa cage thoracique le brûler, envoyant des décharges dans tout son corps. Contre toute attente, il savoura cette brève déflagration, laissant au vent le soin de défaire ses cheveux, de s'y emmêler effrontément, de cingler son visage d'une caresse glaciale. Il avança dans le Parc, ignorant le bruit caoutchouteux de ses semelles qui s'enlisaient dans la terre spongieuse et avisa du coin de l'œil le terrain de Quidditch. Un éclair rouge et or traversa son champ de vision à toute vitesse : les Gryffondor s'entrainaient, et la dernière chose dont il avait envie c'était de voir leur tête d'abrutis. Il bifurqua donc au dernier moment et s'éloigna du stade de Quidditch pour s'enfoncer dans le parc, caché entre deux arbres. Là, il emplit de nouveau ses poumons d'air avant d'enjamber son balai. Il ressentit une drôle de sensation au niveau de ses pieds qu'il décida d'ignorer avant de donner une impulsion pour décoller... mais il ne bougea pas d'un pouce. Il fronça les sourcils, réitéra sa manœuvre, mais resta irrémédiablement vissé au sol. Il lâcha un juron et essaya de nouveau, sans grand succès.

« Te donne pas tout ce mal, tu décolleras pas », se moqua Granger en contournant un arbre.

Il fronça les sourcils et lui jeta un regard mauvais.

« Qu'est-ce que t'as fait ? »

« J'ai collé tes chaussures au sol. »

« Très drôle », lâcha-t-il avec mauvaise humeur. « On a bien rigolé, tu peux arrêter maintenant ? »

« J'hésite », se moqua-t-elle en faisant tourner sa baguette entre ses doigts. « T'as tendance à jouer les fugitifs, ces derniers temps. »

D'un geste las, il lâcha son balai dans l'herbe et leva les mains en signe de capitulation, l'air passablement agacé.

« C'est bon, c'est bon », souffla-t-il du bout des lèvres. « Mais si j'avais su que t'étais du genre à traquer les mecs avec qui tu passes une nuit, je me serais méfié un peu plus. »

« Très amusant, Malefoy », grinça-t-elle. « Finite. »

Ses jambes retrouvèrent leur mobilité et il étouffa un soupir de soulagement. C'était très dérangeant de se retrouver pieds et jambes bloqués, et l'ombre d'un instant, il avait craint qu'elle ne le laisse comme ça, les semelles soudées au sol, au beau milieu d'un coin désert du Parc. En deux enjambées, elle s'approcha de lui.

« Bon, tu vas m'expliquer pourquoi tu m'évites depuis trois jours ? »

« Je ne t'évite pas », répondit-il simplement, avec le ton le moins convainquant de la planète.

Elle plissa suspicieusement les yeux, tordant légèrement son nez par la même occasion, et pour une raison inexplicable, ça le fit sourire. Il l'avait vu faire cette tête des milliers de fois, et pourtant, il ne se rendait compte que maintenant à quel point cette grimace instinctive était devenue désarmante.

« Pourquoi tu souris ? », enchérit-elle en croisant les bras, l'air sévère.

Il s'efforça de faire aussitôt disparaitre son sourire.

« Comme ça. »

« Bon sang, Drago, qu'est-ce qui se passe ? », s'étrangla-t-elle, la voix brouillée par un mauvais pressentiment.

Il la regarda un instant, soutenant son regard. Ses grands yeux bruns écarquillés, ses mains posées sur ses hanches avec contrariété, le pli d'anxiété qui zébrait son front. Toutes ces petites choses qu'il se prenait à trouver amusantes. Il inspira profondément pour se donner du courage. Il savait ce qu'il lui restait à faire, mais bizarrement, il avait un peu de mal à s'y résoudre. Après le procès de son père, les choses changeraient. En mieux ou en pire, il n'en avait aucune idée, mais à partir de là, il retrouverait une certaine liberté. En attendant, c'était trop risqué, beaucoup trop risqué. Il fallait qu'il la repousse, et loin, cette fois-ci. C'était un peu pour elle, mais surtout pour lui. Ou peut-être l'inverse, finalement.

« Il se passe rien, Granger. Merci de m'avoir aidé pour Hermès, c'était sympa. Et merci pour les parties de jambes en l'air, c'était encore plus sympa. Maintenant, si tu pouvais arrêter de me suivre partout, j'apprécierais vraiment. »

Les mains d'Hermione glissèrent lentement le long de ses hanches avant de s'affaisser mollement contre ses jambes, sa bouche s'entrouvrit de stupeur et ses yeux s'écarquillèrent d'incrédulité.

« T'es pas sérieux, là ? »

« Franchement, si c'était une blague, ce serait une blague de très mauvais goût. »

Elle eut un mouvement de recul, les sourcils froncés, comme pour juger du sérieux de Drago, avant de balbutier maladroitement :

« Je... Je comprends pas... »

« Y'a rien à comprendre, Granger », commença-t-il, avant de la fixer avec sérieux. « Enfin, t'as quand même pas cru que... toi et moi ? »

« Non, je... Non ! », cracha-t-elle en lui lançant un regard noir.

« Alors voilà, tout est bien qui finit bien. Maintenant, si tu pouvais me laisser m'entraîner tranquille, ce serait sympa. »

Elle secoua la tête, la bouche entrouverte, et ses boucles valsèrent autour de son visage. Ses yeux se mirent à briller dangereusement, et au prix de ce qui sembla être un effort surhumain, elle réussit à articuler :

« J'en reviens pas. T'es vraiment une enflure, Drago Malefoy. Ne t'avise plus de t'approcher de moi, parce que crois-moi : désormais, la plus dangereuse de tous tes ennemis, c'est moi. »

Elle tourna les talons, furieuse, le laissant pantelant et désabusé. D'un geste lent, il ramassa son balai, l'enfourcha et décolla pour de bon, fermant les yeux un bref instant pour savourer la morsure glacée du vent contre sa peau brûlante. Le plus loin de ce maudit château il irait, le mieux il se sentirait.

En contrebas, Pansy se fendit d'un sourire vertigineux en s'appuyant contre un arbre, les bras croisés. Avec satisfaction, elle lissa ses cheveux d'une main, épousseta sa robe, et retourna enfin vers le château.

Une bonne chose de faite, pensa-t-elle avec un soupir de contentement.

Détruire Drago allait sûrement prendre plus de temps que prévu, mais elle était prête à se montrer patiente. Il fallait du temps pour déconstruire quelqu'un, morceau par morceau. Mais après tout, elle n'était pas pressée.

~~~~o~~~~

« J'ai caché ça pour toi », expliqua Zabini en tendant une lettre cachetée à Drago. « Pansy-la-folle a instauré une vérification des courriers. »

Sans gêne, il s'allongea sur le lit, les mains croisées sous sa tête, un sourire moqueur au visage. Clairement, il ne prenait pas Pansy au sérieux. A vrai dire, ça avait plus l'air de l'amuser qu'autre chose et pendant un bref instant, Drago l'envia. Tout était toujours si simple pour lui, tout coulait de source. Il n'avait pas à faire de choix cornélien, pas de sacrifices, tout se présentait à lui avec une facilité écœurante. Drago secoua la tête pour se sortir de ses pensées. Après tout, ce n'était pas à Blaise qu'il en voulait, et il aurait franchement été regrettable de se mettre à dos son dernier allié du château.

Il posa son balai, ôta ses gants de Quidditch et attrapa la lettre qu'il retourna afin d'en examiner le sceau. Un M calligraphié ne laissait aucun doute quant à sa provenance. D'un geste fébrile, il défit la cire, et déplia la lettre.

« Cher Drago,

Nous avons trouvé une solution pour le procès. L'avocat nous a assuré que ton père avait de grandes chances de s'en sortir. Je ne peux évidemment pas t'en parler par courrier puisque c'est strictement confidentiel. Qui sait quelle pathétique petite arriviste pourrait mettre la main dessus ? »

Il ne put s'empêcher de sourire. Il ne savait pas par quel miracle sa mère avait deviné que Pansy réquisitionnait les lettres, mais rien que pour ça, il aurait aimé que ça tombe entre ses mains.

D'un rapide coup d'oeil, il parcourut le reste de la courte missive.

« Nous avons beaucoup hésité, avec ton père. Sache que cette décision a été difficile à prendre. Mais les situations désespérées nécessitent parfois des recours extrêmes.

Reste sur tes gardes, surtout.

Je t'aime tendrement,

Narcissa. »

Il replia la lettre et déglutit avec difficulté en se laissant tomber sur le lit. Il passa une main lassa dans ses cheveux ébouriffés sous le regard inquisiteur de Blaise.

« Alors, c'était quoi ? Papa et maman qui te demandent si t'as bien été sage ? », railla Blaise en se relevant légèrement.

« Pas vraiment, non... Plutôt papa et maman qui m'attirent des ennuis. »

Un long soupir épuisé s'échappa de ses lèvres. Il allait falloir se battre. Encore.


Aaaaaah, déjà le 26ème chapitre ! Incroyable comme ça passe vite ! Bien sûr, je ne vais pas vous dire si on approche de la fin ou pas, je préfère vous laisser la surprise (histoire de vous stresser un peu, aussi, ça peut se terminer à tout moment, hahaha)

Merci à tous ceux qui lisent, qui reviewent, qui mettent en favori, qui suivent, qui jettent un coup d'oeil de temps en temps, qui lisent tout d'une traite, qui reviennent lire par curiosité, MERCI A VOUS TOUS. Du fond du cœur. Et merci à mes chères et tendres fidèles revieweuses (raaah, je sais jamais écrire ce mot !)

On se retrouve très vite !

(P.S. : je sais pas ce qu'il se passe mais je ne vois pas vos reviews. Je crois que ffnet bug ! Dès que c'est réglé, je m'empresse de vous répondre !)