20 Avril 1999.

Lorsqu'elle entendit frapper à la porte de leur vieux cottage, Narcissa repoussa avec lenteur sa tasse de thé, réajusta les lilas dans leur pot, vérifia son teint dans le miroir de son poudrier et attendit, patiemment, les mains croisées sur ses genoux.

Un nouveau coup sec contre le battant de bois, et enfin, l'aristocrate se leva de sa chaise pour se diriger vers la porte. Elle attendit cependant un troisième coup pour daigner ouvrir.

Emmitouflée dans un manteau de fourrure, Daphné se tenait droite dans l'embrasure, le visage dissimulée derrière un voile en dentelle. Malgré l'expression impassible de l'aristocrate, Daphné sut sans l'ombre d'un doute qu'elle était la dernière personne que Narcissa s'attendait à trouver sur le pas de sa porte. Ça n'avait duré qu'une seconde, mais ses yeux s'étaient écarquillés, ses sourcils s'étaient brièvement arqués avant de retrouver leur position habituelle.

« Daphné », la salua-t-elle froidement. « Que me vaut ce plaisir ? »

La jeune fille retint de justesse un sourire narquois ; elle sentait bien que si Narcissa l'accueillait avec courtoisie, elle était loin d'être enchantée par sa petite visite surprise. Du plus loin qu'elle s'en souvienne, Narcissa et elle n'avaient jamais été liées que par une tolérance polie teintée de dédain.

« Ne tournons pas autour du pot. J'ai une proposition à vous faire. »

Cette fois, Narcissa ne prit pas la peine de masquer son étonnement. Elle leva haut son sourcil droit et croisa les bras sur sa poitrine.

« Voyez-vous ça. »

Ses paroles furent accueillies par un bref silence que Narcissa finit par briser d'un soupir élégant, ouvrant la porte en guise d'invitation.

« Tu prendras bien un thé ? »

« Avec plaisir. »

L'hôte mena la jeune fille au petit salon, et se retira aussitôt. Le temps que Daphné défasse son manteau et s'installe, Narcissa revenait de la cuisine les mains serrés sur les hanses d'un plateau surmonté d'une théière fumante et de deux tasses de faïence. Un liquide ambré s'enroula dans celle de Daphné, et une fumée tiède sépara un instant les deux femmes.

« J'ai appris pour Lucius. »

Daphné prit soin de composer une mine navrée qui n'abusa pas Narcissa un instant.

« Le contraire aurait été étonnant. »

« Je peux lui éviter le baiser du Détraqueur. Je peux même le faire libérer. »

Une étincelle d'intérêt alluma le regard de Narcissa, aussitôt balayée par un éclat de méfiance. Elle prit le temps de siroter une longue gorgée, laissa courir ses doigts entre les fleurs de lilas avant de se tourner de nouveau vers Daphné.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

« Je veux épouser Drago. »

Un rire incrédule échappa à Narcissa, et elle posa un regard particulièrement condescendant sur la jeune fille qui se tenait devant elle, droite et résolue, et qui lui annonçait qu'elle voulait épouser son fils comme elle aurait demandé un peu plus de thé. Elle porta sa tasse à ses lèvres et en but une nouvelle gorgée.

« Je ne suis pas sûre de comprendre. »

« Vous savez que Drago fréquente Hermione Granger ? »

Cette fois Narcissa reposa la tasse un peu trop brusquement, laissant échapper quelques gouttes de thé qui finirent leur course sur la nappe.

« Je ne vois pas bien ce que cela vient faire ici. »

« Vous le saviez, donc ? »

« Oui. »

« Je ne vous apprends pas que c'est une Sang-de-bourbe, et qu'elle... »

« Viens-en au fait, je te prie », la coupa impatiemment Narcissa.

« Soit », grinça Daphné. « Je vous propose de faire d'une pierre deux coups. Je connais très bien Tiberius Ogden, le président du Magenmagot. Je peux acheter la liberté de Lucius mais en échange, je veux que Drago m'épouse. Je vous assure une lignée de Sang-Pur à la blondeur Malfoyenne. »

L'expression condescendante de l'aristocrate se changea en dégoût : ses lèvres se retroussèrent en un rictus pincé, son sourcil se haussa - et à cet instant, la ressemblance avec Drago était plus frappante que jamais.

« Bien sûr, j'ai besoin d'une assurance », poursuivit la jeune fille. « Je veux que vous fassiez le Serment. »

Narcissa se pencha légèrement en avant, juste assez pour que quelques notes de son parfum parviennent jusqu'à Daphné, avant de croiser les mains sur la petite table qui les séparait.

« Si je comprends bien, tu veux que je vende mon fils pour acheter la liberté de mon mari ? »

« Formulez-le comme vous voulez, mais il me semble, oui, que vous avez saisi l'idée. »

« Laisse-moi clarifier deux choses, Daphné. Premièrement, j'aime Drago. De tout mon cœur. Sa vie importe plus à mes yeux que celles de tous les êtres vivants de cette terre réunis. Je veux, pour lui, ce qu'il y a de mieux. Et il n'y a strictement rien de mieux que de se marier par amour. S'il se trouvait, par le plus grand des hasards, que Drago devait épouser Hermione Granger, et bien soit. S'il est heureux, je ne vois pas de quel droit je pourrais me permettre d'émettre la moindre réserve. Je crois que nous avons assez saccagé sa vie comme ça », elle laissa passer un bref silence, ses doigts lissèrent un pli qui froissait la nappe, avant de reprendre : « Et pour ce qui est de la deuxième chose... »

Elle se leva lentement et dévisagea la jeune fille de toute sa froide hauteur. Sa main se porta instinctivement à son poignet.

« Je préfèrerais mourir, oui, je préfèrerais mourir qu'obliger mon fils à t'épouser. Toi, entre toutes, Daphné. »

La mâchoire de la jeune fille se crispa violemment, et ses doigts se resserrèrent sur la petite cuillère d'argent qu'elle tenait dans la main. Elle envisagea un instant d'arracher les yeux de Narcissa avec, mais quelque chose au fond d'elle l'en empêcha.

« Bien », lâcha-t-elle sèchement. « Il me semble que nous avons fait le tour de la question. Je vais vous laisser. »

Narcissa hocha la tête.

« Je pense que c'est plus raisonnable, en effet. »

La jeune fille se leva, hésita, et demanda finalement :

« Avant de partir, permettez-moi de me rafraîchir, Narcissa. »

« Mais certainement », répondit l'hôte en indiquant d'un geste élégant la porte de la salle-de-bains.

Avant de quitter le salon, Daphné se retourna une dernière fois pour observer la silhouette élancée de Narcissa penchée par dessus la table, épongeant le thé qui avait coulé de sa tasse, ses longs cheveux blonds coulant sur ses épaules comme des rivières d'or. Ses paroles flottèrent un instant dans le crâne de la jeune fille :

Je préfèrerais mourir, oui, je préfèrerais mourir qu'obliger mon fils à t'épouser.

D'un geste brusque, Daphné ouvrit les placards de la salle-de-bains, fouillant avec frénésie chaque tiroir, chaque coffret de maquillage bien ordonné.

Je préfèrerais mourir, je préfèrerais mourir...

Sa main se referma autour du flacon de parfum hors-de-prix de Narcissa.

Oh, ne t'en fais pas, Cissy, c'est exactement le sort que je te réserve.

Elle dévissa le bouchon, tira de sa poche sa fiasque d'essence de Belladone et la versa dans le liquide aux effluves sucrées. La Belladone se fondit dans le parfum sans laisser aucune trace. Daphné reposa le flacon à l'endroit précis où elle l'avait trouvé, et quitta la pièce en prenant bien soin de masquer le sourire qui lui démangeait le visage.

« Bien. Je crois qu'il est temps pour moi de tirer ma révérence. »

Sans un mot, Narcissa la raccompagna à la porte.

« Au revoir, Daphné. »

« Au revoir, Narcissa. Prenez soin de vous. »

Dans un sourire convenu, Narcissa referma la porte. Des éclats de rire rauques se bousculèrent dans la gorge de Daphné et elle dut s'appuyer contre un muret, quelques mètres plus loin, pour reprendre son souffle. D'instinct, sa main fila jusque dans sa poche et elle en tira un autre petit flacon dans lequel brillait un liquide doré. Sa dernière fiole d'Elixir d'Euphorie, confectionnée avec les ingrédients volés à la réserve de Slughorn. Mais avec un peu de chance, bientôt, elle n'en aurait plus besoin.

~~~~o~~~~

2 Mai 1999.

« Ron ! Dépêche-toi, on va rater l'heure de visite ! »

La tête rivée vers le sol, Ron se contenta de lâcher un grognement indistinct, enfonçant plus profondément ses mains dans les poches de sa veste. Molly pila, fit volte-face, agrippa sans douceur le bras de son fils et le força à accélérer l'allure sous les yeux effarés des passants. Ils tournèrent à l'intersection, et s'arrêtèrent, tout haletants, devant un grand bâtiment en briques dont la devanture rouillée indiquait en lettres capitales Purge & Pionce Ltd.

Mrs Weasley prit soin de remettre en ordre ses cheveux ébouriffés et de rajuster son chapeau en feutre réservé aux grandes occasions, avant de s'approcher d'un mannequin en plastique planté derrière la vitrine.

« Bonjour, nous aimerions nous rendre à Sainte-Mangouste. »

Le mannequin resta stoïque deux petites secondes avant que ses lèvres ne s'animent.

« Motif de la visite ? »

« Ma belle-fille vient d'accoucher. »

Sans s'émouvoir, le mannequin demanda, de sa voix mécanique :

« Nom de la patiente ? »

« Fleur Delacour-Weasley. »

La vitrine émit un craquement et Molly passa au travers à petits pas pressés. Suivie de Ron, ils montèrent deux étages et se ruèrent vers la chambre 807. Quand ils ouvrirent la porte, quatre têtes rousses se retournèrent d'instinct. Dans un nuage de petits pas impatients et de respirations saccadées, Molly se précipita vers eux.

« Oh, Merlin ! J'ai cru qu'on n'y arriverait pas ! Quelle idée de nous prévenir quelques minutes avant la fin des heures de visite ! Et ce mannequin... non mais vraiment ? Est-il seulement possible d'être plus lent ? Arthur, oh, Arthur, tu as réussi à te libérer à temps ! C'est merveilleux ! »

« Maman, maman, calme-toi », intervint Bill en posant ses deux imposantes mains sur les épaules de la toute petite Molly. « Fleur est épuisée, elle a besoin de calme. »

Ginny et George s'écartèrent, laissant entrevoir Fleur, les traits tirés, ses longs cheveux blonds s'éparpillant en bataille autour de son visage rayonnant.

« Ne t'en fais pas, mon amour, j'aurai tout le temps de me reposer ce soir », murmura-t-elle à l'attention de son mari. « Molly, vous voulez la prendre dans vos bras ? »

Lorsque Fleur se pencha, une toute petite figure émergea au milieu des langes bleues, une toute petite figure surmontée d'une mèche de cheveux roux.

« C'est bien une Weasley », s'amusa la française, avec un sourire fier.

Et pour la première fois de sa vie, Molly se retrouva muette. Elle demeura plantée au milieu de la pièce, la bouche entrouverte, les yeux grands écarquillés, devant les regards mi-amusés, mi-émus des autres membres de sa famille.

« Je... Je peux vraiment ? », bredouilla Mrs Weasley, en s'avançant d'un pas prudent.

« Je vous en prie, profitez-en tant qu'elle n'est pas trop de mauvaise humeur. C'est une vraie chanteuse d'opéra. »

Le bébé changea de bras, passant lentement de ceux de sa mère à ceux de sa grand-mère.

« Oh », murmura Molly alors que sa toute petite-fille remuait au creux de ses bras. « Oh... »

Elle leur tourna le dos, tentant vainement de masquer ses larmes, mais ils purent distinguer les petits tressautements de ses épaules secouées de sanglots.

« Bienvenue dans la famille... », murmura-t-elle du bout des lèvres.

« Victoire », compléta Fleur.

« Victor ? », tenta George. « Je croyais que c'était une fille. »

« Non, Vic-toire », articula Bill en levant les yeux au plafond.

« Vecteur ? », essaya Ginny, les sourcils froncés.

« Victoire. Victory, en anglais », expliqua Percy d'un ton docte qui lui valut une œillade méprisante de la part de ses frères et sœurs.

« On va s'en tenir à Vicky, je crois », annonça George, en haussant les épaules.

« Non. C'est Victoire. Vous apprendrez. »

Fleur leur offrit un sourire sans appel et ils hochèrent la tête en silence, peu désireux de se mettre la française à dos. Tapotant ses yeux avec un petit mouchoir en tissu pour sécher ses larmes, Mrs Weasley se tourna vers son cadet.

« Ron, tu veux la prendre dans tes bras ? »

L'intéressé, qui était resté appuyé contre l'encadrement de la porte, les mains toujours fourrées dans ses poches, releva la tête de mauvaise grâce. Il s'apprêtait à décliner l'offre quand il intercepta le regard noir de Ginny. Il retint de justesse un soupir et s'avança en traînant des pieds, tendit les bras presque à contrecœur. Il sentit un méli-mélo de couvertures et de langes peser dans ses mains, et lorsqu'il baissa le regard, la petite Victoire ouvrit paresseusement un œil d'un bleu cristallin avant de le refermer avec lenteur.

Là, au fond de lui, quelque chose se brisa avec douceur. Et il réalisa que cette toute petite chose, entre ses bras, qui respirait déjà comme une grande et gigotait avec la vigueur d'un beau diable, cette toute petite chose venait compléter le tableau bancal de leur arbre généalogique. Que cette petite fille était sa nièce, et qu'elle n'avait connu ni la guerre, ni la souffrance, ni le deuil. Il réalisa que, d'une drôle de manière, il l'aimait déjà. Et qu'il aurait aimé la protéger de tous les inévitables chagrins de la vie.

Il caressa d'une main tremblante la mèche rousse qui s'enroulait sur son front, et enfin, il comprit :

On ne se bat pas pour les morts, on se bat pour les vivants, pensa-t-il. Pour qu'ils puissent vivre tant de jolies choses.

~~~~o~~~~

« Miss Granger, je vous dérange ? Vous voudriez peut-être que nous quittions tous discrètement la salle de classe afin que vous puissiez vous adonner à vos rêveries en toute tranquillité ? »

Tous les regards convergèrent immédiatement vers Hermione qui s'empourpra et baissa la tête en articulant un inaudible : « Désolée, Professeur. »

Elphias Doge hocha la tête d'un air entendu avant de reprendre le fil de la leçon, suivi de près par le grattement des plumes contre le parchemin. La Gryffondor ne se le fit pas dire deux fois, et reprit aussitôt sa prise de note, le cœur lourd. Elle sentit la pression de la main de Harry autour de son bras et elle lui adressa un sourire de gratitude. Une dizaine de minutes plus tard, le cours prit fin et la longue liste de devoirs déclamée par Doge fut noyée dans le vacarme des chaises grinçant contre le sol et des livres claqués sèchement.

Hermione se faufila parmi la foule des élèves et quitta la classe d'un pas pressé avant d'être rattrapée par Harry.

« On mange ensemble ? », lui demanda-t-il avec un sourire encourageant.

« Oui... »

Le silence retomba aussitôt. Harry tenta un nouveau sourire mais Hermione gardait les yeux rivés sur le sol, ses livres serrés contre sa poitrine comme s'ils risquaient de s'échapper à tout moment.

« Hermione... S'il était arrivé quoi que ce soit à Drago, on en aurait entendu parler, crois-moi. »

La Préfète acquiesça imperceptiblement la tête, le regard toujours rivé au sol, et Harry sentit qu'elle n'était pas le moins du monde convaincue.

« Hé, Hermione, c'est quoi le comble pour un Elfe de maison victime d'un complot ? »

Enfin, la Gryffondor releva le nez, dévisageant Harry comme s'il était tombé sur la tête. Elle fronça les sourcils avant de demander, très lentement, l'air de se questionner sur ses capacités mentales :

« Harry... T'es pas en train d'essayer de me faire une blague, là ? »

Penaud, il se passa la main dans les cheveux et lui adressa un sourire navré.

« Désolé... »

Il s'apprêtait à dire quelque chose d'autre, mais Ginny déboula à toute allure et colla un baiser bruyant sur la joue de son petit-ami avant de passer le bras autour des épaules de la Préfète.

« Alors, de quoi vous parliez ? », lança-t-elle sans préambule.

« Harry essayait de me raconter une blague... »

Ginny écarquilla de grands yeux et se tourna vers Harry qui leva immédiatement les mains au ciel pour clamer son innocence.

« C'est la blague de Ginny ! »

« T'avais juré de pas la raconter à Hermione ! »

La Gryffondor ne put retenir un rire, et alors qu'elle pénétrait dans la Grande Salle, elle sentit son cœur s'alléger un petit peu.

Un brouhaha confus attira son attention et sonna une tirette d'alarme dans sa tête. Du coin de l'œil, elle vit Ginny et Harry s'échanger un regard. Soudain gagnée par une fièvre qui embrasa ses tempes et ses joues, elle s'avança à pas désordonnés, bouscula la foule attroupée qui bruissait de chuchotis, et se retrouva au devant du cercle d'élèves, formé autour d'une élève qui tenait son bras tendu, une bague brillant à son annulaire gauche. Ses boucles brunes cachaient une partie de son visage mais son sourire paraissait familier.

Une violente nausée lui noua la gorge et quelque chose au fond d'elle lui hurla de s'enfuir, tout de suite, de ne surtout pas se retourner. Ignorant les revendications qui grondaient au fond de son crâne, elle pivota sur ses talons et aperçut Drago, debout de l'autre côté de la salle. Plus pâle que dans son souvenir, le regard plus dur, aussi, brûlant d'une colère nouvelle. Quelque chose d'effrayant. Elle voulut s'avancer mais sa tentative s'emmêla dans le fil noueux de ses pensées. Il tourna la tête, la trouva là, les doigts entrelacés comme pour une prière, les yeux grand écarquillés. Leurs regards se croisèrent, un bref instant, et le monde se tassa subitement, les contours de la scène s'effacèrent pour se résumer à ses yeux chargés d'orages, qui s'arrêtèrent quelques secondes sur elle avant de se détourner définitivement.

Sonnée, elle regarda Drago s'avancer vers la jeune fille à la bague. Effleurer son bras de la main. Enlacer ses doigts aux siens.

L'air lui manqua, elle hoqueta, ses poumons se vidèrent aussi brusquement que si on lui avait balancé un uppercut en pleine poitrine et elle sentit se fissurer puis imploser dans une détonation qui l'ébranla des pieds à la tête. Dans un geste mécanique, elle plaqua sa main contre sa poitrine, pour vérifier qu'elle était toujours en vie. Oui, son cœur battait toujours, là, quelque part sous sa peau. C'en était presque risible d'incohérence.

Son regard scanna la foule au ralenti : tout semblait flou comme sous l'emprise d'un mauvais alcool ; des couleurs, des visages indistincts. Elle voulut s'avancer, toucher Drago, sentir sa peau sous ses doigts, se rappeler aux vieux souvenir presque déjà emportés. Elle tangua, se rattrapa de justesse à une table. Elle retrouva son équilibre, voulut faire un pas mais deux mains fermes la saisirent aux épaules, la tirèrent en arrière, et dans la confusion, elle sentit la main de Harry dans la sienne.

« Non, Harry, non. »

Son murmure se perdit dans la Grande Salle. Elle sentit qu'on l'éloignait, elle vit le cercle des élèves se refermer devant elle, lui masquant Drago, et son visage impassible, la jolie brune et sa bague, et tout le reste, même si ça n'avait plus beaucoup d'importance. A reculons, on l'éloigna de la Grande Salle, de ce cauchemar éveillé, on lui fit grimper des marches, en descendre d'autres. Elle se retrouva, égarée, au beau milieu de la Salle Commune.

« Je ne comprends pas, je ne comprends pas, c'est impossible... »

Elle répétait ça en boucle, comme si ça allait changer quelque chose, comme si soudain, tout allait s'éclairer et que l'équation allait se résoudre d'elle-même. C'était stupide, c'était naïf, ça lui donnait envie de hurler, de brûler tous les livres dans lesquels elle avait cru trouver toutes les réponses du monde. Elle se trouvait pathétique, tout à coup. Pathétique à en pleurer.

« Hermione, ça va aller... Tout ira bien... », lui promit-on.

C'était idiot, et ça lui donna envie de rire. De s'étrangler dans ses éclats de rire. Au milieu de la douleur terrifiante qui menaçait de la submerger, elle ne reconnut pas la voix qui lui jurait que tout irait bien, mais elle sut, elle sut que ça n'avait pas de sens. Que c'était ridicule. Que tout n'irait pas mieux. Elle eut l'impression fugace de voguer dans un état de semi-conscience dans lequel les visages de Ginny et Harry se confondaient avec les flammes de la salle commune, où des souvenirs flous s'entremêlaient à des paroles lointaines. Agrippée au rebord de la fenêtre, le nez dans le vent, elle inspira l'air du soir qui s'engouffrait dans la tour à en faire claquer les rideaux. Elle sentit ses yeux s'embuer, et une main invisible broyer son cœur.

Ça ne se finira pas comme ça, se promit-elle. Ça ne se finira pas comme ça.

Vacillante, elle quitta son perchoir et descendit les escaliers en trombe.

~~~~o~~~~

Drago serrait la main de la jolie brune, un faux sourire accroché aux lèvres. Il avait vu Hermione se faire escorter vers la sortie par Potter et Ginny, et il avait eu envie de la rattraper, de tout lui expliquer. Mais il s'était contenté de sourire à la foule d'élèves qui se pressait devant lui, le félicitant chaleureusement. La gorge nouée, il se contenta de sourire, ignorant l'impression douloureuse que quelque chose se déchirait au fond de lui, quelque chose d'irréparable.

Les murmures s'accentuèrent autour de lui et Daphné entra dans la salle, toujours masquée par son voile en dentelle. Il savait, bien sûr, il savait qu'elle revenait aujourd'hui. Il avait fait exprès, avait orchestré sa petite comédie à la seconde près. Avec toute la force qu'il lui restait, il se composa un masque de froideur, serra dans sa main les doigts d'Astoria, comme pour se rassurer ou peut-être s'empêcher de fuir. La blonde s'avança. L'aperçut. Et l'acte final pouvait commencer, lever de rideau, tomber de couperet.

Elle s'arrêta. Son regard glissa lentement de Drago, à la jolie brune, puis, jusqu'à leur deux mains entrelacées. Il devinait, derrière la voilette, ses yeux s'écarquiller, sa bouche s'ouvrir pour pousser un long cri silencieux. Elle courut vers eux, écartant brutalement tous ceux qui s'interposaient. Avant même qu'elle n'arrive à leur niveau, Drago leva la main d'Astoria, afin de mettre en évidence l'étincelante bague qui ornait son annulaire gauche.

« Non ! », hurla la blonde. « Non, non, non ! »

Les murmures s'éteignirent brusquement et les cris de Daphné vrillèrent le silence, coulèrent entre les dalles. Les élèves s'écartèrent lentement, encerclant Drago et les deux sœurs Greengrass.

« Qu'est-ce que tu fais ? », feula-t-elle d'une voix rauque, brisée. « Tu ne peux pas ! »

Drago lui jeta un regard méprisant avant de hausser les épaules.

« A force de vouloir faire du ménage dans ton arbre généalogique, tu as oublié que tu n'es pas la seule héritière Greengrass », lâcha-t-il, avant d'ajouter, plus bas : « Tu aurais dû te méfier, Daphné, tu aurais dû te méfier de ton propre orgueil. »

D'un geste rageur, le blonde arracha son chapeau à voilette, et ses cheveux s'éparpillèrent autour de son visage fissuré. Sa bouche se tordit en une moue furieuse qui vint plisser son visage. Elle se tourna vers sa sœur, et cracha :

« Tu ne peux pas ! Tu ne peux pas me faire ça ! Pas toi ! », s'étrangla-t-elle.

« J'ai essayé, Daphné. J'ai essayé de te sauver. Mais c'est trop tard. »

« Je vais te tuer... Je vais te tuer, Astoria, je vais te tuer. »

Elle s'avança, les mains tendues, prête à sauter sur sa sœur, à la déchirer d'un bout à l'autre comme une poupée de papier. D'un geste vif, Drago saisit le bras d'Astoria et la tira derrière lui pour s'interposer. Daphné tira sa baguette, son visage se tordit en une expression monstrueuse et elle haleta :

« Je vais vous tuer. Je vais vous tuer tous les deux. Et ce sera moi, moi qui te tuerai Drago et ce sera beau, ce sera beau parce que je t'aime. Et que tu ne me quitteras plus. Tu ne me quitteras plus jamais. »

Elle leva la baguette, l'Impardonnable courant sur ses lèvres, mêlé au rauque de son rire dément, mais avant qu'elle n'ait pu prononcer la première syllabe, elle fut violemment projetée au sol par Calypso. Sa baguette roula par terre et son menton heurta durement la pierre. Sans prendre le temps d'essuyer le sang qui ruisselait le long de son visage, elle tendit la main pour récupérer sa baguette mais son bras fut brusquement cloué au sol.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? T'es folle, t'es complètement folle ! », s'écria Calypso, la tenaillant par le bras.

« Lâche-moi, lâche-moi, lâche-moi ! Je vais les tuer ! »

La foule s'écarta brusquement et un cortège de professeurs débarqua. Avant même que Daphné ne puisse prononcer le moindre mot, Doge lança un sort de mutisme et la saisit par le col pour la relever. Elle voulut se débattre, s'arracher à la poigne de son professeur mais le sort d'immobilisation la frappa en pleine poitrine, et elle s'affaissa durement contre le mur froid de la Grande Salle. D'un geste sévère, McGonagall dispersa les élèves encore sous le choc et se pencha sur la jeune fille, la toisant sévèrement derrière ses lunettes carrées.

« Mademoiselle Greengrass, Monsieur Doge va vous escorter à Sainte-Mangouste. Vous partez immédiatement. »

Elle pinça les lèvres, et ajouta :

« J'ai bien peur que certaines... certaines situations me dépassent et nécessitent l'aide de professionnels. »

Elle fit un signe de tête à Doge qui annula le sortilège d'immobilisation et Daphné se releva, titubante, se plaqua brusquement contre le mur en secouant la tête, ses cheveux emmêlés retombant en nœuds désordonnés autour de son visage.

« Je partirai pas d'ici. J'irai pas chez les fous », cracha-t-elle.

« Mademoiselle Greengrass, pour votre santé et votre sécurité, je vous conseille vivement de coopérer. »

« Vous ne réussirez jamais à m'enfermer ! Je reviendrai, je reviendrai et je brûlerai cette école, et j'arracherai chaque pierre de mes mains s'il le faut, et je reviendrai, je reviendrai. »

Ses cris se noyèrent dans un déluge de hoquets et de larmes. Les lèvres de McGonagall se pincèrent tant qu'elles ne formaient plus qu'une ligne, barrant le visage de la directrice d'un rictus douloureux.

« Mademoiselle Greengrass, vous avez menacé de mort votre propre sœur, et si Mademoiselle Rosier n'était pas intervenue, qui sait ce qui aurait pu arriver ? Si vous refusez l'aide de Sainte-Mangouste, c'est Azkaban qui vous tend les bras, j'en ai bien peur », elle hocha la tête, l'air sincèrement navrée. « Elphias, emmenez-la, s'il vous plaît. »

Daphné se débattit tant que Doge dut l'immobiliser de nouveau. Tout en la tirant vers la sortie, il adressa un dernier signe de tête à McGonagall et elle comprit entre les lignes : tu as pris la bonne décision, Minerva.

Lorsque un silence glacé retomba de nouveau sur la Grande Salle et que la directrice se retrouva enfin seule, elle se laissa tomber sur un des bancs du réfectoire, en poussant un long soupir.

Elle l'avait promis à Dumbledore, elle se l'était juré à elle-même, elle protégerait Poudlard et ses élèves, même si - et elle le réalisait seulement maintenant - cela signifiait parfois de devoir les protéger les uns des autres.

~~~~o~~~~

L'héritier Malefoy regarda sa montre. Vingt-trois heures. Il leva de nouveau les yeux sur Astoria, concentrée sur son parchemin.

« Je dois y aller. »

La brune releva les yeux pour dévisager Drago avant de hocher la tête.

« Une seconde, s'il te plaît. »

Elle inscrivit deux phrases de plus sur sa feuille, et d'un geste de la main, la retourna et la fit glisser vers le blond.

« Signe ici, s'il te plaît. »

Le Serpentard ne prit même pas la peine de lire et apposa sa signature au bas du contrat avant de hocher la tête.

« C'est fait. Merci, Astoria. »

La jeune fille haussa les épaules.

« C'est le marché », répondit-elle d'une petite voix, tentant visiblement de récuser ses larmes. « T'as signé sans lire, alors je récapitule, qu'on soit bien d'accord. Je t'épouse, sans poser de question, et tu me fournis l'argent nécessaire pour sauver ma mère de la liquidation judiciaire et de la saisie immobilière. C'est bon ? »

« Oui. »

« Parfait. »

Elle roula le parchemin et le rangea dans son sac avant de jeter un coup d'oeil à sa montre.

« Je dois retourner dans mon dortoir. On se verra une fois les ASPIC passés pour planifier le mariage. D'ici là, fais attention à toi. »

« A bientôt, Astoria. »

Drago quitta la pièce et traversa les couloirs éclairés par la lueur de la lune. Il avait négocié son départ immédiat, prétextant vouloir retourner au chevet de son père. C'était vrai. En partie. Il savait aussi qu'il ne supporterait pas de rester à Poudlard, de croiser Hermione au détour des couloirs, de devoir l'éviter par peur de tout lui avouer. Il n'avait plus le courage de jouer au parfait connard. Il n'en avait plus l'envie, non plus.

Dans la Grande Salle, les vitraux filtraient la lumière argentée des étoiles, se brisant en morceaux rouges, verts et bleus sur le sol de pierre. C'était étrange, de voir le réfectoire désert et silencieux. Deux points jaunes brillèrent dans l'obscurité suivi d'un feulement aigu, et Miss Teigne sauta du banc sur lequel elle était lovée pour aller à la rencontre de Drago. Il sourit lorsqu'elle se planta à ses pieds, les poils hérissés et la gueule ouverte dans un grognement peu engageant.

« T'as toujours eu de l'instinct, petite teigne. C'est que tu me manqueras presque. »

Le pas claudiquant de Rusard résonna dans le réfectoire, et sa silhouette voûtée découpa l'obscurité. Dans sa main gauche se balançait une lourde valise qu'il lâcha au sol dans un bruit sourd. Sans s'épancher en remerciements, Drago le rejoignit, saisit sa malle et s'apprêtait à emprunter le chemin de la sortie quand la voix du concierge grinça dans son dos :

« Monsieur Malefoy, j'ai reçu l'ordre de vous accompagner jusqu'à Pré-au-Lard. »

« Ne vous en faites pas, je connais le chemin. »

Les sourcils broussailleux du concierge se froncèrent et il passa la langue sur ses lèvres sèches.

« C'est un ordre de la directrice. »

Malefoy soupira, se retourna pour toiser Rusard.

« Officiellement, je ne suis plus un élève. Ce qui signifie que je ne dépends plus ni de Poudlard ni des ordres de la directrice. J'ai pas besoin d'escorte », voyant que le vieil homme ne semblait toujours pas convaincu, Drago ajouta : « Et si vous tentez de m'accompagner, je vous stupéfie et je vous laisse crever dans un fourré. »

Miss Teigne fit dos rond en soufflant sur Drago, arrachant un rictus mécontent à son propriétaire.

« Bien. Bien, bien, bien. En espérant que rien de fâcheux ne vous arrive », siffla-t-il, mais ses yeux plissés certifiaient pourtant que c'était, à cet instant, son vœu le plus cher.

Drago ne prit pas la peine de répondre et quitta la Grande Salle. Avant de descendre les escaliers qui menaient aux jardins du château, il enfila son manteau et contempla un instant le lac dont il apercevait les pourtours étoilés.

« Tu comptais partir en douce, en plus de ça ? »

Il sursauta et lâcha sa valise qui dévala les marches de l'escalier sans qu'il n'y prête la moindre attention. Les yeux rivés sur Hermione, qui l'attendait là, les bras croisés sur sa veste en laine, il eut un mouvement de recul. Au prix d'un effort monstrueux, il réussit à reprendre contenance.

« J'ai plus rien à faire ici », articula-t-il de la voix la plus impassible possible.

Elle fronça les sourcils et il eut la désagréable impression qu'elle pouvait percer à jour sa petite comédie, passer outre son masque d'artificielle indifférence. Il eut envie de décamper, d'éviter l'affrontement, comme il avait toujours fait. Mais ses pieds restèrent plantés au sol. Avant qu'il n'ait pu se reprendre, elle fit un pas dans sa direction.

« Drago... Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Sa voix n'était pas plus forte qu'un murmure, mais Drago sentit tous ses remparts se fissurer. Il haussa les épaules.

« Je suis passé à autre chose, c'est tout. »

« Tu me prends pour une idiote ? Il s'est passé quelque chose, je le sais. On ne change pas de vie, comme ça, par l'opération du Saint-Esprit. Je sais qu'il s'est passé quelque chose. Ce que je comprends pas, c'est pourquoi tu me le caches. »

Elle le regardait avec l'espoir insensé qu'il lui avoue tout, s'excuse platement, et revienne à sa petite vie d'étudiant comme si de rien n'était... et ça lui brisa le cœur, qu'elle puisse imaginer un instant que les choses rentreraient dans l'ordre. Il réalisa soudain qu'elle était à des années lumière de ce qu'il était en train de vivre, lui. Des décisions qu'il avait dû prendre. Des choses auxquelles il avait dû renoncer. Il pressa ses paumes sur ses paupières, de fatigue et de colère.

« Granger, bon sang. Arrête de croire que le monde tourne autour de toi. Il ne s'est rien passé. Rien, tu m'entends ? Juste... arrête de fourrer ton nez partout. Arrête. J'en peux plus. J'en peux plus de toi. »

Elle accusa le coup, ses yeux se bordèrent de larmes, sa bouche s'entrouvrit alors qu'elle reculait brusquement d'un pas.

« Je sais qu'il y a une explication. Sinon McGonagall ne te laisserait pas partir du château. Pas en pleine nuit, pas comme ça. »

Elle cherchait et elle chercherait toujours, il le savait. Elle continuerait de creuser, de dépoussiérer miette par miette ses vilains secrets. Il la sentait s'avancer lentement sur la ligne qui menait droit à sa confession. Parce qu'il le savait, il finirait par craquer tôt ou tard, tout lui avouer. Il ne tiendrait pas. Il vomirait toute l'affreuse vérité et il en crèverait. Un moment, l'alternative lui parut presque plausible : de tout avouer et de mourir, là, pour la fille qu'il aimait. Mais Drago n'était pas le genre à mourir en héros, non, lui il était taillé dans l'étoffe des lâches.

Le nœud qui tenaillait son estomac remonta jusque dans sa gorge et il sut que sa seule chance de s'en sortir, c'était d'achever Hermione, de lui donner le coup de grâce, de la repousser loin, bien loin, jusqu'à la perdre de vue.

Il releva le menton, carra les mâchoires.

« Arrête d'échafauder des théories. Tu veux la vérité, crue, nue, aussi déplaisante qu'elle soit ? »

« Oui. »

« J'ai eu un choix à faire, Hermione. J'ai eu un choix à faire et je ne t'ai pas choisie toi. »

Elle battit lentement des paupières, chassant des larmes qui filèrent le long de ses joues.

« C'est tout, Hermione. C'est la putain de stricte vérité. Je ne t'ai pas choisie toi. »

Il s'arrêta brusquement, sentit sa gorge se refermer sur elle-même. Un mot de plus, et il pleurait. D'une main, il enserra ses tempes pour enrayer la migraine qui menaçait d'investir son crâne.

« Putain. »

Quand il abaissa sa main, il vit qu'Hermione pleurait, ses longues boucles balayées par le vent dansaient autour de son visage blême, foudroyé de tristesse. Il hésita, s'avança, déposa un baiser sur sa tempe.

« Au revoir, Hermione. »

Il descendit les escaliers, attrapa sa valise et s'enfonça dans l'obscurité du Parc, sans un regard en arrière.


Hello my love,

S'il vous plaît, ne me détestez pas.

Alors, bon, reprenons dans l'ordre. Au cas où vous vous poseriez des questions par rapport au Serment Inviolable et comment Drago a pu le contourner, eh bien, je me suis toujours imaginé ça comme une sorte de contrat, avec des consignes, mais des consignes qui peuvent avoir plusieurs sens. D'autant que c'est bien Lucius qui a fait prononcer les phrases du Serment à son fils, même si c'est Daphné qui avait donné les instructions. Bref, j'ai l'impression que c'est encore moins clair, ce que je raconte, mais si ça vous paraît flou, n'hésitez pas à m'écrire !

Aussi, j'ai pris certaines libertés par rapport à la naissance de Victoire. A priori, même si on ne sait pas précisément, Victoire est censée être née l'année d'après, mais boooooooon, comme c'est pas dit à cent pour cent, vous me pardonnez, hein ?

Bref, si vous avez la moindre question, n'hésitez surtout surtout pas, je serais ravie (d'essayer) d'y répondre, même si parfois, vous me posez des colles, je dois bien l'avouer !

Je vous retrouve en note du dernier chapitre !


Virginie : Oooh, bon, je suis contente de voir que tu trouves un peu de bonheur dans ce malheur !

Elle persiste et signe, la petite Daphné. Je l'imagine comme un bulldog qui veut pas lâcher le jouet qu'il est en train de mordre... flatteur, hein ?
Je crois que c'est un mélange des deux : elle est égoïste, clairement, elle ne veut pas renoncer à la vie qu'elle rêvait d'avoir étant petite (se marier avec Drago, être la descendante Malefoy, habiter dans son grand manoir, etc.) et en même temps, elle a l'impression que Drago est juste "perdu" et qu'au fond, il l'aime, et qu'elle arrivera à lui faire retrouver la raison (enfin, après le dernier chapitre, elle commence à comprendre que... non)/

Merci pour ta review et j'espère que ce dernier chapitre ne te déplaira pas trop !