1er Juillet 1999.
« T'es sûre que tu ne veux pas venir ? »
Hermione offrit à Ginny un sourire en demi-ton avant de secouer la tête.
« Non, tu sais, j'ai besoin de... de prendre l'air. Je viendrai vous voir en Août. »
Ginny acquiesça et adressa un sourire encourageant à Hermione malgré sa déception.
« D'accord. Tu fais attention à toi en France, hein ? Et tu nous reviens pas avec un de ces accents horribles à la Fleurk. »
La jeune fille laissa échapper un petit rire avant de prendre son amie dans les bras.
« Ne t'inquiète pas, je serai avec mes parents. Et pour l'accent, je ne peux rien promettre. Mais toi, surveille bien les garçons, d'accord ? »
« T'as oublié que c'était moi, la terreur de la famille ? », répondit-elle avec un clin d'œil.
A l'autre bout du quai, Molly appela Ginny, agitant la main pour attirer son attention.
« Allez, vas-y. T'as beau être une terreur, tu résisteras pas longtemps à la colère de Molly Weasley. »
La rouquine lui adressa un sourire espiègle avant de rejoindre sa mère à grands pas. Hermione regarda la famille Weasley s'embrasser, au loin, et elle sentit son cœur peser dans sa poitrine. Elle sentit le bref nuage d'insouciance se dissiper à mesure que ses amis s'éloignaient, et elle carra la mâchoire pour retenir ses larmes.
Dehors, il faisait une chaleur écrasante. Le ciel orageux lui paraissait lourd, si lourd au dessus de sa tête, et l'été avait perdu de sa saveur. Elle jeta un dernier coup d'oeil au rutilant Poudlard Express, et quitta le quai 9 ¾, avec la vague impression que la tonne de plomb qui écrasait son cœur ne s'allégerait jamais.
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12 Août 1999.
Le soleil étirait ses rayons brûlants entre les ramures des arbres du jardin des Weasley. Sous un chêne centenaire, une longue table de bois avait été installée, accueillant la famille Weasley au grand complet. Dans une robe vichy, Fleur écoutait George expliquer sa nouvelle invention servie en détails ubuesques. De l'autre côté de la table, Harry jouait aux cartes en compagnie de Ginny et Bill, tandis qu'à l'écart, confortablement installé dans un vieux fauteuil, Arthur sollicitait l'aide de Percy pour terminer ses mots croisés magiques avant que la grille ne change de forme.
Derrière eux, à l'ombre des feuilles du chêne, Ron exécutait de lents allers-retours, berçant la petite Victoire qui babillait joyeusement contre son épaule. Il fut le premier à apercevoir Hermione, et, après une hésitation, tendit sa nièce à Fleur qui la pris dans ses bras après lui avoir adressé un sourire de remerciement.
« Hermione est arrivée. »
Ils relevèrent tous la tête et avisèrent Hermione qui émergeait d'entre les arbres bordant le petit chemin de terre. Harry se leva d'un bond pour aller la retrouver mais Ron l'arrêta d'un geste de la main.
« Tu me laisses lui parler cinq minutes ? »
Harry hocha la tête et se rassit lentement, laissant Ron s'éloigner à la rencontre de la Gryffondor, quelques mètres plus loin. D'un geste maladroit, le cadet Weasley s'avança pour saisir la valise de la jeune fille mais celle-ci se recula instinctivement, les sourcils froncés. Il sentit son cœur dégringoler jusque dans son estomac.
« Hey », murmura-t-il, les yeux rivés sur ses chaussures. « Salut. »
« Salut. »
Elle n'avança pas, ne fit pas d'effort particulier pour paraître avenante, les doigts crispés autour de la hanse de sa valise. Ron sentit son visage virer au rouge, et il se gratta l'arrière du crâne, mal à l'aise.
« Je voulais te dire... »
L'ancienne Préfète le dévisagea, sans pour autant l'encourager à poursuivre et il se trouva plus penaud que jamais.
« Je suis désolé, Hermione. J'ai merdé. Je me suis planté sur toute la ligne. J'ai vraiment agi comme un con. Et j'espère... je sais que c'est beaucoup te demander, mais j'espère que tu me pardonneras. »
Elle posa sa valise au sol et croisa les bras, le regard toujours sévèrement rivé sur le visage pivoine de son ancien compagnon. Ce dernier continua de danser d'un pied sur l'autre avant de plonger son visage entre ses mains, dans un long soupir.
« Je pensais pas un mot de ce que je t'ai dit. J'ai... J'ai pété les plombs. Parce que tu ne voulais plus de moi, et que j'avais le sentiment d'être inutile, tu vois ? De pas avoir su te retenir, de pas avoir pu protéger... vous protéger. De servir à rien. Et... j'ai vraiment été le pire des connards avec vous. J'ai pas d'excuses mais j'espère que tu voudras bien... qu'un jour... on reprenne là où on s'en était arrêté... »
Les sourcils de la jeune fille s'arquèrent et Ron, rouge de honte, agita ses mains, l'air navré.
« Non, non... C'est pas ce que je voulais dire... Je voulais dire... redevenir amis et... »
Il prit une longue inspiration et lâcha :
« ... désolé. Pour tout. Vraiment. Pardon. »
La Gryffondor leva les yeux au ciel en poussant un soupir exagéré.
« T'es un idiot, tu sais ça ? »
Il plissa le nez dans une grimace si enfantine que la jeune fille ne put s'empêcher de rire malgré elle.
« Un idiot qui a le droit de t'escorter jusqu'à la maison ? »
« Un idiot qui a même le droit de porter ma valise. »
Il lui adressa un sourire sincère, un de ceux qu'elle n'avait pas vu depuis près d'un an, et attrapa sa malle avant de la mener vers le petit groupe qui l'accueillit à grand renfort d'étreintes et d'acclamations joyeuses.
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21 Août 1999.
Calypso se tenait droite, le dos raide, la mâchoire crispée. A côté d'elle, sa mère tentait tant bien que mal de contenir ses tremblements. Elle jeta un regard de biais à sa fille, et se redressa légèrement. Elle ne savait pas vraiment quand Calypso était devenue si courageuse, mais en la voyant là, le menton rejeté en arrière comme si rien ne lui faisait peur, elle réalisa soudain à quel point sa fille avait grandi.
« Prête ? », demanda Calypso.
Isis regarda la maison, puis sa fille de nouveau, et une boule douloureuse se forma dans le fond de sa gorge.
« Je ne sais pas. »
Calypso abaissa sa baguette, et offrit un sourire rassurant à sa mère.
« Maman. Il n'en reste plus que des mauvais souvenirs. C'est le moment de repartir à zéro. »
Sa mère soupira, hocha lentement la tête tout en rajustant le châle qui enveloppait ses épaules. De sa poche, elle tira sa baguette et la tendit.
« Prête. »
D'une même voix, elles prononcèrent :
« Lacarnum Inflamare. »
Des flammes jaillirent de leurs baguettes et vinrent s'écraser contre les charpentes en bois de leur manoir. Le feu crépita un instant, presque réticent, avant de gronder pour s'élever en un bûcher rougeoyant qui avala la maison toute entière. A travers les flammes, les contours noircis de la maison semblaient se débattre pour échapper à leur sort mais continuaient de se faire impitoyablement dévorer.
La main de Calypso glissa dans celle de sa mère. Ensemble, elle regardèrent l'incendie gagner en hauteur en crachant des lucioles incandescentes dans le jardin. Isis sentit la fièvre l'étourdir un instant, et des larmes tièdes détremper son visage. A la lueur des flammes se reflétant dans ses yeux inondés, elle réalisa qu'elle était en train de tourner une page.
« Demain. Demain, tout commence. Sous le soleil de l'Italie », murmura sa fille, le visage toujours tourné vers le brasier.
Isis sourit.
« Oui, demain tout commence. »
Elle serra fort la main de sa fille, se rappelant qu'il y a dix-neuf ans, jour pour jour, elle fuyait une maison en feu, sa toute petite fille au creux des bras. Aujourd'hui, elle avait cessé de courir, et les flammes qui dévoraient sa maison ne signait pas une fin, mais un début. Et d'une étrange façon, la boucle était enfin bouclée.
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22 Janvier 2000.
Des flashs crépitèrent et Astoria porta sa main devant son visage pour se dérober aux photos des paparazzis, tituba un instant, légèrement éblouie. La main de Drago saisit la sienne, la guidant au milieu de la foule.
« Ne fais pas attention », lui glissa-t-il à l'oreille. « Ils se désintéresseront dans quelques jours. »
Astoria hocha la tête, et de sa main libre, agrippa un pan de sa robe pour ne pas la piétiner. Ils s'arrêtèrent devant les portes de l'office de mariages sorciers de Londres et avant d'entrer, Drago murmura d'un ton pressant :
« Je récapitule une dernière fois. Si on te demande, on a commencé à sortir ensemble pendant notre dernière année à Poudlard, sans que personne ne sache. On est tombé amoureux et on a décidé de se marier dans la foulée. »
« Je sais, Drago, je sais. »
« Ne fais pas de déclaration à la presse, s'il te plaît. Je ne veux pas que... »
« ... qu'elle l'apprenne. Je sais. », elle lui sourit, inclina son visage. « Tu sais, j'ai plus de mémoire qu'un petit oiseau. »
« Alors souviens-toi de sourire comme si c'était le plus beau jour de ta vie », ajouta-t-il. « Allez, on y va. »
Ils poussèrent la porte et s'engouffrèrent dans le bâtiment. Ils s'échangèrent un regard, s'adressèrent un dernier sourire sincère avant de débuter la mascarade de leur mariage arrangé.
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23 Janvier 2000.
Assise contre le mur, une édition de la Gazette froissée entre les mains, Hermione se mit à pleurer. De longs sanglots secouèrent son corps, des larmes désordonnées roulèrent sur le papier, diluant l'encre, mêlant les mots les uns aux autres, dévorant la photo de Drago et Astoria, main dans la main, qui tentaient vainement d'échapper aux flashs carnassiers des paparazzis. Et le regard du Serpentard croisait un instant le sien, à travers l'objectif, lui déchirait le cœur en mille morceaux, avant de se détourner, encore et toujours.
Elle resta là longtemps, jusqu'à ce que ses paupières, empêtrées de larmes, n'aient plus la force de s'ouvrir. Recroquevillée au sol, le journal entre les mains, elle pensa qu'elle ne s'en sortirait jamais, de ce chagrin qui s'accrochait à elle, qui s'enroulait à son ombre comme un petit monstre de malheur.
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28 Février 2000.
« Votre nom ? », demanda l'employé au service des Portauloin.
« Reverson. Dahlia Reverson. »
D'une main tremblante, Pansy tendit ses faux papiers. L'employé les parcourut rapidement des yeux, puis détailla la jeune fille du regard ; ses cheveux blonds, coupés très courts, les grosses lunettes noires qui masquaient ses yeux, et les replis de son foulard tout froissé entre ses doigts. Le regard du vieil homme fit un nouvel aller-retour, et il demanda :
« Vous prenez le Portauloin pour Boston ? »
La gorge trop nouée pour parler, elle se contenta de hocher la tête.
« Ouvrez votre valise, s'il vous plaît. »
L'espace d'une seconde, elle hésita, envisagea même de tourner les talons, mais se résigna finalement à défaire les loquets de ses bagages, révélant une pile de vêtements proprement pliés et une coupure de journal chiffonné. L'employé fronça les sourcils, attrapa l'article avant que Pansy ne puisse l'en empêcher, et en lut la première phrase : Mort de l'ancien Président du Magenmagot, Septimus Parkinson, lors d'un affrontement dans les quartiers de la Brigade Magique. Pansy pria intérieurement pour qu'il arrête sa lecture avant de comprendre la supercherie. Le vieil homme fronça légèrement les sourcils.
« Vous êtes une drôle de gamine, vous », ricana-t-il. « Vous collectionnez les pages Nécrologie de la Gazette, c'est ça ? J'en ai vu qui faisais des collections de papillons séchés, d'autres qui préféraient les babioles qu'ils vendent dans les marchés sorciers. Mais alors ça... c'est une première. »
« Je suis désolée, mais le départ du Portoloin est programmé à 10h30. Et il est 10h13. Ce serait possible... d'aller un peu plus vite ? »
L'employé la toisa avec un regard mauvais avant de rendre l'article de journal à l'ancienne Serpentard qui le saisit avec tant d'impatience qu'elle manqua de le déchirer.
« Ça va, ça va, faut pas vous vexer pour si peu, mademoiselle », bougonna-t-il en lui tendant ses papiers. « Vous pouvez y aller. »
Pansy agrippa la poignée de sa valise et dépassa le service de sécurité.
« Et bon voyage, hein ! », s'écria le vieil homme.
Elle ne prit pas la peine de lui répondre et s'engouffra dans le couloir menant à la station de Portauloin. Cette fois, elle prit soin de plier bien nettement la coupure avant de la caler dans une poche intérieure.
« Là », murmura-t-elle pour elle-même. « Là, personne ne te trouvera. »
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13 Mars 2000.
Hermione ouvrit la porte de son appartement, laissant échapper un filet de lumière dans le couloir. Le visage de Ron lui apparut aussitôt, bardé d'un sourire amusé.
« Qu'est-ce que tu fais là ? », demanda-t-elle abruptement.
« Eh ben, ça c'est de l'accueil ! », ironisa le jeune homme en contournant Hermione pour rentrer.
Seule la lumière du bureau - calée au fond de la pièce, en face de son lit - était allumée, éclairant le studio d'une lumière diffuse. Croulant sous une montagne de dossiers parfaitement organisés, le bureau de la Gryffondor semblait sur le point de s'écrouler sous son propre poids. Ron se pencha par dessus la lampe, feuilleta un dossier au hasard avant de se tourner vers Hermione pour la dévisager avec un air sévère emprunté à Molly.
« T'es encore en train de travailler ? Depuis combien de temps t'as pas fait de pause ? Est-ce que t'as mangé, au moins ? »
« Tu sais que tu ressembles de plus en plus à ta mère, toi ? »
« Hermione Granger, je te prie de bien vouloir surveiller ton langage », la sermonna-t-il, le doigt tendu, dans une imitation de Molly très ressemblante.
La jeune fille éclata de rire en calant une mèche de cheveux derrière son oreille. Ron reposa le dossier sur la table.
« Les Centaures peuvent bien attendre demain, Madame la Ministre. Ce qui a trop attendu, en revanche... », commença-t-il en s'installant dans un fauteuil douillet, en face de la fenêtre. « ... c'est le repas d'anniversaire que tu m'avais promis il y a... », il regarda sa montre-calendrier. « ... déjà douze jours. »
Le visage de la Gryffondor se décomposa et elle lui adressa une moue contrite.
« Je suis désolée, Ron. J'ai été débordée et Shackelbolt m'a demandé de prendre en main le renouvellement des traités de protection des Êtres de l'eau, et...»
« Hermione, Hermione, Hermione », l'interrompit Ron en ouvrant son sac à dos. « Ce soir on ne parle pas de travail. »
Il s'assit en tailleur à même le sol et sortit de son sac une poche en papier kraft qu'il posa à côté de lui.
« Je me doutais bien que t'aurais pas le temps de me faire à manger, alors je nous ai préparé un petit quelque chose. »
Intriguée, Hermione le rejoignit, s'asseyant en face de lui, le sourire aux lèvres.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Euuuh... », répondit-il en jetant un coup d'œil à l'intérieur du sachet. « Surprise ? »
« C'est Molly qui a cuisiné, avoue. »
Il haussa les épaules, un air faussement innocent au visage.
« C'était ça ou une intoxication alimentaire. J'ai préféré privilégier ta santé, tu comprends ? »
« C'est ça, ouais », le taquina-t-elle en lui donnant un coup d'épaule. « Allez, ouvre-moi ça, je meurs de faim ! »
Il ne se le fit pas dire une deuxième fois, et ils entamèrent leur repas, assis sur le sol du minuscule studio d'Hermione.
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12 Juillet 2000.
« Merci de faire ça. Je crois que c'est important. »
Astoria hocha la tête, les lèvres pincées nerveusement. Lorsque le portail s'ouvrit, elle peina à reconnaître le Manoir des Malefoy. Les ronces avaient repris leur droit, grignotaient la façade de la maison, si haut qu'on n'en voyait plus que les dernières fenêtres. Pour un peu, on l'aurait cru plonger dans un sommeil de cent ans, comme dans le conte qu'Astoria aimait tant quand elle était petite. A cet instant, pourtant, cette idée lui tira un frisson qu'elle tenta tant bien que mal de camoufler. Drago dut s'en rendre compte car il tenta piteusement de se justifier :
« Je sais... C'est comme ça depuis que ma mère... depuis son accident. Mais mon père refuse de partir. »
La jeune fille se contenta de hocher la tête, et agrippa le bras de Drago.
« Allons-y. »
Ils entrèrent dans le Manoir, leur pas sonnant en échos infinis dans les couloirs vides. Ils passèrent devant Lucius, assis dans son bureau, qui les fixa sans les voir, avant de se tourner de nouveau vers la fenêtre, le regard vide. Enfin, Drago hésita devant la porte de la chambre, jeta un dernier regard à Astoria qui hocha son assentiment, et pénétra dans la pièce.
Une odeur insoutenable les fit suffoquer alors qu'ils s'approchaient du lit. Le visage creusé de sa mère se tourna vers eux, ses yeux s'écarquillèrent et des sons rauques se bousculèrent dans sa bouche. Ses poignets avaient été protégés par des bandages qu'elle avait en partie arrachés. Drago s'agenouilla à son chevet, une main sur le front de sa mère, l'autre serrée autour de celle d'Astoria.
« Maman », murmura-t-elle avec douceur, alors que sa mère commençait à s'agiter. « Maman, c'est Astoria. Ma femme. »
Les paupières de sa mère papillonnèrent un instant, les borborygmes de sa gorge moururent et une étrange expression voila un instant son visage. Comme un sourire abîmé. Dans un long soupir, ses yeux se fermèrent. Et Drago sut que c'était la dernière fois. Une boule douloureuse se nicha dans sa gorge alors qu'Astoria pressait délicatement son épaule. A son oreille, elle murmura :
« Je t'attends dehors, Drago. »
Il hocha la tête et lorsque la porte se fut refermée dans son dos, les vannes cédèrent brusquement et il pleura, une main serrée autour de celle de sa mère et le visage enfoui dans le froufrou des couvertures.
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19 Septembre 2000.
« T'as reçu un truc. »
Hermione leva le nez du dossier dans lequel elle était plongée depuis plus d'une heure et lança une œillade curieuse au colis que lui tendait Harry.
« Qu'est-ce que c'est ? », demanda la jeune fille, intriguée.
« Je ne sais pas, ils me l'ont donné à l'accueil », répondit son ami dans un haussement d'épaules. « Tu sais que je suis en train d'élaborer un nouveau projet de loi à proposer à Shackelbolt ? »
« Ah oui ? Et qu'est-ce que c'est ? », demanda-t-elle distraitement en analysant le colis sous toutes ses coutures, sans parvenir à en déterminer la provenance.
« L'interdiction formelle de travailler le jour de son anniversaire. »
Hermione releva subitement le visage, un grand sourire aux lèvres.
« Allez, je t'invite à déjeuner », déclara-t-il en passant le bras autour des épaules de la jeune fille.
« T'es un amour, Harry, mais je ne peux pas, il faut que je finisse impérativement mon dossier sur les espaces protégés avant Lundi. »
Harry leva les yeux au plafond et balaya les excuses d'Hermione d'un geste de la main.
« Tu ne vas quand même pas me dire que j'ai séché l'Académie des Aurors pour rien ? »
Les yeux de la Gryffondor s'arrondirent brusquement.
« Quoi ? », s'offusqua-t-elle. « T'es pas sérieux, Harry ? T'as pas manqué des cours ? Tu sais que tu risques la suspension avec ce genre d'idioties ! »
« Relax, Hermione, je plaisante. On est samedi et je te rappelle que je ne travaille pas le week-end, moi », argua le brun en lançant un regard appuyé à Hermione. « Allez, j'ai réservé au restaurant pour quatorze heures. Tu vas quand même pas me laisser manger tout seul ? »
Hermione soupira, jeta un œil au dossier qui semblait la supplier de revenir, ses feuilles toujours éparpillées sur son bureau, puis au grand sourire exagéré de Harry.
« Si c'est pour t'épargner un long repas de solitude, c'est d'accord », céda la jeune fille.
« Quelle bonté ! », s'exclama-t-il en l'entraînant hors de la pièce. « Et joyeux anniversaire ! »
Il déposa un baiser sur sa joue et ils quittèrent le Ministère de la Magie en se racontant leur semaine respective. Après le déjeuner, Hermione retourna à son bureau et se replongea dans ses dossiers. Lorsque sa petite horloge sonna vingt-deux heures, elle se leva, s'étira et quitta la pièce après avoir éteint la lumière. Elle fit deux pas, s'arrêta net et fit demi-tour. La lumière de son bureau se ralluma, elle saisit le colis qu'elle avait abandonné dans un coin de la pièce et quitta le Ministère une bonne fois pour toute.
Arrivée dans son studio, elle accrocha sa veste au porte-manteau et s'assit sur le lit, la mystérieuse boîte en carton sur les genoux.
« Qu'est-ce que tu caches, toi ? », chuchota-t-elle distraitement en ouvrant le colis.
Dans l'obscurité de son appartement, un halo bleu, irréel, s'étira dans la pièce, baignant son visage de lumière. Avec lenteur, elle saisit la cloche de verre qui reposait au fond du colis en envoyant des éclats dans tout son studio et la porta à ses yeux. Dans le bocal rempli d'eau, une fleur se balançait lentement. Une fleur bleue, lumineuse.
« Un Plumbago Luceat », murmura-t-elle, alors qu'au fond d'elle, une vieille blessure venait de se rouvrir.
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18 Décembre 2002.
Les mains profondément enfoncées dans les poches de son caban, le nez dans l'épaisse écharpe en laine qui courait autour de son cou, Drago attendait, planté devant le Ministère. Enfin, la porte s'ouvrit et Hermione sortit du bâtiment. Il ne put retenir un sourire. Elle n'avait pas vraiment changé : les cheveux en pagaille, les sourcils froncés, elle tentait de maintenir une pile bancale de dossiers et de livres qui dansaient entre ses bras. Il s'avança à l'instant où Ron sortit à son tour du Ministère, la délesta de la moitié de ses dossiers avant de passer une main autour de ses épaules. Dans un silence lancinant, le cœur de Drago se brisa.
Il hésita, à se jeter sur Ron, lui arracher le bras qu'il avait posé sur les épaules d'Hermione avec nonchalance, à tout avouer, et puis tant pis s'il en mourrait. Il hésita vraiment. Et cette fois, ce n'est par lâcheté qu'il renonça, mais parce que d'une étrange manière, il aimait tant Hermione qu'il n'eut pas le cœur à aller foutre sa vie en l'air une deuxième fois.
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Un tambourinement sourd accompagné de grognements réveilla Astoria en sursaut. Elle alluma sa lampe de chevet, se pencha pour attraper sa montre. Quatre heures du matin. La jeune fille glissa hors de son lit, enfila un kimono en soie et ouvrit la porte. Drago se tenait dans l'embrasure, titubant, les cheveux décoiffés, sa chemise partiellement déchirée.
« Drago ? », s'étonna-t-elle en se reculant pour le laisser entrer. « Qu'est-ce que tu fais là ? »
Il ouvrit la bouche, la referma, chancela un instant avant de se laisser tomber sur le lit, enfouissant son visage dans ses mains. Patiemment, Astoria le rejoignit, s'assit près de lui, l'enveloppant de ses bras.
« Drago, ça peut plus durer. C'est la troisième fois, cette semaine. »
« Je suis... Je suis désolé... »
« Va la voir. »
Il éructa d'un rire sans joie, releva son visage vers celui de la cadette Greengrass.
« Lui dire quoi ? Que je suis qu'un pauvre con ? Je crois qu'elle le sait déjà, ça. »
Astoria se pencha, ses cheveux chatouillèrent les mains du Serpentard.
« Je ne connais pas personnellement Hermione, mais je suis sûre qu'elle comprendra ta situation. Sans même que tu lui expliques quoi que ce soit. »
« Ça fait trois ans, Astoria, trois ans. C'est trop tard, tu comprends pas ? Trop tard. Elle est avec cet enfoiré de Weasley. Et qu'est-ce que je peux faire à ça, hein ? Qu'est-ce que je peux y faire ? »
La jeune fille déposa un baiser sur la tempe de Drago avant de tirer les couvertures pour toute invitation.
« Allez, viens te coucher. Et si tu me laisses dormir tranquillement, j'irai te chercher une tarte à la myrtille pour ton petit-déjeuner. »
A travers les volutes floues de son ivresse, Drago observa un instant le visage dansant d'Astoria et lui offrit un sourire bancal.
« T'es gentille, Astoria. Tu le sais, ça ? »
Elle sourit, sans répondre, et éteignit la lumière.
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5 Mai 2003.
« Tu m'as lâchement abandonné ! », accusa Blaise en passant la baie vitrée pour se retrouver sur le balcon.
Au loin, le soleil se couchait sur Amantea, et un rouge éclatant couvait la ville, finissait sa course dans les vagues en contrebas. La nuée de maisons colorées perchées sur la falaise étincelaient comme une constellation dans la lumière du crépuscule. Calypso se retourna, ses boucles d'oreilles d'or accrocha des éclats de soleil. Elle leva son verre de vin, un sourire espiègle aux lèvres.
« Sans aucun remord ! », annonça-t-elle en trinquant contre le verre de Blaise. « Elles sont encore en train de se disputer ? »
« Non, ma mère est en train raconter à la tienne l'intégrale de ses histoires d'amour. En douze volumes, au cas où tu te poserais la question », répondit le jeune homme avec un rictus écœuré. « Je crois que mon âme a vomi une bonne dizaine de fois. »
Accoudée à la rambarde du balcon, Calypso se contenta de sourire avant de fixer de nouveau le lumineux décor de leur nouvelle vie. Zabini la rejoignit, l'entourant de ses bras, la menton sur son épaule.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Je vois bien que quelque chose te tracasse, aujourd'hui. Si c'est par rapport au fait que ma mère veuille adopter un tigre, je t'assure qu'elle a ce genre de tocade environ toutes les deux semaines, mais merci Merlin, ça finit toujours par passer. »
Calypso déposa son verre de vin à côté d'elle dans un long soupir.
« Non, c'est pas ça. C'est l'anniversaire de Daphné, aujourd'hui. Et je m'inquiète pour elle. »
Blaise la contourna, s'appuya à son tour à la rambarde, inclinant son visage pour croiser le regard de sa compagne.
« Chérie, écoute-moi. Daphné a un problème. Un sérieux problème. Et je sais, je sais que tu aimerais pouvoir changer ça, mais c'est tout simplement impossible, Calypso. Tu sais, Daphné je la connais depuis plus de dix ans. Je l'ai vue perdre pieds et il n'y a rien, il n'y a rien sur terre que tu aurais pu faire. Crois-moi. »
Calypso baissa le visage, un peu sonnée.
« Et maintenant, elle est à Sainte-Mangouste, avec des professionnels qui s'occupent mieux d'elle qu'aucun de nous n'aurait jamais pu le faire. Elle est au meilleur endroit possible. »
La jeune fille hocha lentement la tête, ragaillardie. Il se pencha, déposa un tendre baiser sur ses lèvres et lui murmura à l'oreille :
« Bon, maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? On s'enfuit par le balcon avant qu'elles ne viennent nous chercher ? »
Calypso se fendit d'un rire enfantin avant de hocher vigoureusement la tête.
« Va me chercher mon balai. »
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20 Décembre 2003.
Daphné ouvrit les yeux, les referma, une douleur suffocante vrillant son crâne de son cuir chevelu jusqu'à son cerveau. Et il y avait ce blanc qui noyait tout. Elle tâtonna autour d'elle, sonnée, et reconnu la douceur légèrement rêche de ses draps d'hôpital. Dans un effort monumental, elle s'assit sur le lit, repoussa les couvertures. Les jointures entres les carreaux blancs formaient des quadrillages complexes, qui se mêlaient, se tordaient, ondulaient sous ses yeux.
Il faut que je parte d'ici, pensa-t-elle, et la voix dans sa tête sembla estompée et distendue.
Ses pieds rencontrèrent le carrelage froid, elle sentit une porte s'ouvrir. Elle baissa le regard. C'était sa main, autour de la poignée. Elle franchit le couloir, et la lumière trop crue des lanternes l'obligea à s'appuyer contre le mur. Elle fit encore quelque pas, et puis, sans savoir comment, se retrouva au sol.
Il faut que je parte d'ici, se rappela-t-elle. Il faut que je parte d'ici.
Elle pouvait sentir le plafond se rapprocher, se rapprocher, elle le sentait au-dessus de sa tête, qui pesait comme le ciel sur ses épaules. Elle tomba de nouveau, serra ses côtes entre ses bras, se mordit la lèvre pour s'empêcher de hurler. Une douleur atroce lui déchira le flanc. Elle sentit une moiteur tiède couvrir ses mains, et un petit rond rouge s'imprima sur sa blouse d'hôpital, grossit en dévorant le tissu.
Il faut que je parte d'ici, se répéta-t-elle.
Elle avança dans le couloir, eut l'impression absurde d'être revenue au point de départ. De rage, elle tapa contre les murs, hurla, martela le sol de ses pieds.
« Mademoiselle Greengrass ? »
Une femme s'approcha d'elle, un sourire courant sur son visage comme une fissure dans un mur. Elle avait une voix douce, trop douce, comme un bonbon trop sucré, une voix qui écœura Daphné, lui donna envie de vomir.
« Je vais vous raccompagner jusqu'à votre chambre. »
Il faut que je parte d'ici, hurla une voix dans la tête de Daphné.
« Ne m'approchez pas. Ne m'approchez pas », grogna la jeune fille en brandissant. « Ne m'approchez pas. »
Un cri retentit, court et sec. Il y eut des bruits de pas.
« Appelez les unités de sécurité », pressa l'infirmière à voix basse, comme si Daphné ne pouvait pas l'entendre.
« Ne m'approchez pas », répéta-t-elle.
L'infirmière fit un pas dans sa direction, les mains tendues en signe d'apaisement.
« Ne m'approchez pas ou je vous tue. »
Il faut que je parte d'ici, il faut que je parte d'ici.
Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir, rebondirent dans la tête de Daphné. Des gens l'encerclèrent, à sa droite, à sa gauche. Partout.
« Ne m'approchez pas ! », s'énerva-t-elle.
Elle voulut lancer un sort, les mots interdits tourbillonnèrent dans le silence mais rien ne se passa. Les agents de sécurité se rapprochèrent, elle tendit de nouveau sa baguette mais une nouvelle fois, un silence terrifiant engloutit ses mots. Elle baissa les yeux et réalisa que ce qu'elle tenait dans ses mains, ce n'était pas sa baguette, mais sa broche en argent, dont la pointe acérée luisait sous les lanternes.
« Mademoiselle Greengrass, nous allons vous raccompagner à votre chambre. »
« Mademoiselle Greengrass, posez cette broche sur le sol. »
« Mademoiselle Greengrass, nous ne vous ferons aucun mal. »
« Mademoiselle Greengrass, nous sommes là pour vous aider. »
Il faut que je parte d'ici... ou je vais devenir folle.
Il y eut un unique flash lumineux, la percutant en pleine poitrine, et elle s'évanouit.
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11 Juin 2003.
La porte de la maison claqua et elle entendit les pas précipités de Harry dans le couloir. Attablée dans le salon de leur vieux moulin, Ginny attendit, son pied battant le sol à un rythme frénétique, que la figure de son compagnon apparaisse par l'entrebâillement de la porte.
« Ginny ? Qu'est-ce qui se passe ? J'ai reçu ton hibou, j'ai fait aussi vite que j'ai pu. »
Ses cheveux étaient plus ébouriffés encore qu'à l'ordinaire, ses lunettes légèrement de travers et son manteau avait glissé, découvrant une de ses épaules.
« J'étais tellement inquiet que j'ai pas réussi à transplaner à la maison, je me suis retrouvé à l'autre bout du village. J'ai fait le reste du chemin en courant », expliqua-t-il en lâchant son sac sur le sol pour s'approcher d'elle.
Il posa sa main sur celle de la jeune fille, qui battait la mesure contre la table, et son regard inquiet sonda celui de sa femme.
« Ginny, est-ce que tout va bien ? »
Pour toute réponse, elle se contenta d'ouvrir grand la bouche. Harry fronça les sourcils en apercevant la langue d'un violet à la limite du fluorescent que lui tirait sa compagne.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? T'as mangé un truc bizarre ? Oh, Ginny, me dis pas que c'est encore un de ces stupides concours avec George... Je t'avais dit qu'un jour ou l'autre, ça tournerait m... »
« Harry », l'interrompit Ginny. « C'est de l'essence d'hamamélis. »
Voyant qu'il la dévisageait toujours sans comprendre, elle ajouta :
« Je suis enceinte. C'est violet. Je suis enceinte. »
Il resta deux longues minutes sans rien dire, la fixant, hébété, comme si elle venait de lui apprendre qu'elle était Ministre de la Magie. Alors qu'elle commençait sérieusement à se demander si elle ne lui avait pas jeté un sort d'immobilisation par mégarde, il la prit brusquement dans ses bras, dans une étreinte un peu maladroite, et fondit en larmes contre son épaule en balbutiant : « Oh, Ginny... Ginny... Il n'y a rien, rien sur terre qui pourrait me rendre plus heureux... »
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4 Février 2004.
« Astoria ? »
Drago passa la tête par dessus le muret menant au petit jardin. Personne. Il fronça les sourcils, sauta par dessus le mur et atterrit dans la cour de l'appartement de la cadette Greengrass. Il actionna la poignée de la porte de derrière qui s'ouvrit sans résistance, et se planta derrière la porte de la chambre.
« Astoria ? », répéta-t-il.
La porte s'ouvrit brusquement et le visage affolé d'Astoria apparut.
« Oh, Merlin ! Tu m'as fait peur ! »
Le jeune homme s'appuya contre l'encadrement de la porte, un sourire en coin.
« Ma petite Astoria, tu sais que c'est pas prudent de ne pas fermer la porte de ton appartement ? N'importe quel fou furieux pourrait entrer. »
« J'ai remarqué », répondit-elle en lui lançant un regard appuyé. « Drago, tu pourrais arrêter de rentrer chez moi par effraction, s'il te plaît ? »
Il haussa les épaules.
« Et comment je ferais pour venir te féliciter pour ton premier jour de boulot, sinon ? »
Elle l'attrapa par le bras, le mena jusqu'à l'entrée et pointa la porte.
« Là, ça, tu vois ? C'est une porte. Il te suffit de frapper, et normalement, je viendrai t'ouvrir. C'est incroyable comme système, non ? »
« Incroyable », railla le blond en observant le battant de bois comme s'il le voyait pour la première fois. « T'as trouvé ça où ? »
Astoria soupira en secouant la tête avant de retourner dans sa chambre, Drago sur les talons. Elle enfila une veste et se tourna vers lui, l'air anxieux.
« Ça va, comme ça ? Ça fait assez sérieux, tu trouves ? »
Il l'observa sous toutes ses coutures avant de hocher la tête.
« Ça devrait faire l'affaire. »
La jeune fille inspira, expira, inspira une nouvelle fois avant de lisser nerveusement les plis de sa robe.
« Astoria, arrête de te prendre la tête. Tu travailles à Sainte-Mangouste depuis plus de deux ans. C'est juste une titularisation officielle, rien de plus. »
« Je sais, je sais... »
Elle se pencha, saisit le cadre qui reposait sur sa table de nuit et l'embrassa. Drago fronça les sourcils et l'attrapa à son tour pour en détailler la photo. Sur un décor aux couleurs d'Automne, Aramis Greengrass saluait l'objectif avec bonhomie tandis qu'à sa droite, une petite Astoria troquait une mine timide contre un sourire radieux. Il ne put retenir une moue amusée lorsqu'il tendit de nouveau le cliché à la jeune fille qui se contenta de hausser tristement les épaules.
« J'aurais aimé qu'il soit là. Il aurait adoré me savoir botaniste-chimiste pour Sainte-Mangouste », elle marqua une pause, le temps de reposer la photo sur sa table de nuit. « J'aurais aimé que Daphné soit là, aussi. »
Elle releva la tête pour le regarder dans les yeux et il ne trouva rien à dire, rien d'autre à faire que de soutenir son regard avec toute la tendresse silencieuse dont il était capable. Et ils se reconnurent, dans ce regard voilé. Le regard de ceux qui ne sont plus tout à fait complets.
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6 Mai 2004.
Kingsley monta sur l'estrade, amplifia sa voix grâce à un Sonorus et fit tinter son verre. Les conversations s'éteignirent et la centaine d'invités, dans leur robes longues ou leur costumes trois-pièce, se tournèrent comme un seul homme vers le Ministre de la Magie.
« Merci à tous d'être présents ce soir. Nous sommes ici pour célébrer la nomination de Mademoiselle Hermione Granger au poste de Ministre au service de Contrôle et Régulations des Créatures Magiques. Un long titre pour une lourde responsabilité. Je vous invite à lever votre verre pour vous joindre à mon toast. En l'honneur d'Hermione Granger, qui contribue chaque jour à rendre ce monde un peu plus sûr et un peu plus juste. »
Une vague d'applaudissements emplit la pièce, et Hermione piqua un fard, le nez baissé sur sa coupe de champagne. Des dizaines de visages se succédèrent, la félicitèrent, la couvrirent de louanges. Les membres de la délégation française lui claquèrent même des baisers bruyants sur chaque joue. Le reste de la soirée fila dans un brouillard étoffé par l'alcool. Après avoir remercié tout le monde, elle enfila son manteau et regagna son petit appartement dans le cœur de Londres. Elle était sur le point de se coucher lorsqu'on frappa à sa porte. Surprise, elle ouvrit machinalement la porte pour tomber sur Ron, les joues rougies par le champagne.
« Hey. Salut. »
Hermione lui sourit, légèrement décontenancée.
« Je sais qu'on s'est vu y a quelques minutes à peine mais je voulais... te féliciter personnellement. »
« Ah. Merci », répondit-elle, en sentant le feu lui monter aux joues. « Tu veux... rentrer ? »
Il hocha la tête et s'assit sur un des canapés du salon. Du sac qu'il tenait dans la main, il sortit une bouteille de champagne et une petite boîte. Alors que la jeune fille allait chercher deux coupes dans la cuisine, il ouvrit la bouteille. Dans un ploc, le bouchon sauta et un alcool doré emplit leur deux verres.
« Qu'est-ce que c'est ? », demanda Hermione en indiquant de la tête la petite boîte posée sur la table basse.
Ron rougit jusqu'aux oreilles avant de se gratter l'arrière du crâne.
« Un souvenir... un cadeau. »
La jeune fille saisit le petit coffret avec délicatesse, en ôta le couvercle pour y trouver une petite fleur de papier froissé.
« J'ai jamais su faire le sort de Pliage. Alors ça ressemble pas vraiment à une fleur mais... c'est ce que je pouvais faire de mieux. Ouvre. »
Hermione s'exécuta, déplia la petite fleur et trouva une vieille copie de révision. Des notes d'Histoire de la Magie datant de leur deuxième année couvraient le papier en dates et en évènements. Une date avait été raturée, suivie de la mention : « Ron ! La Révolte Gobeline a eu lieu en 1612, pas 1912 ! Tu devrais commencer à suivre un peu les cours ! », ce à quoi l'intéressé avait répondu, d'une écriture en pattes de mouches : « Pardon Madame la Ministre ! Je m'incline devant votre intelligence supérieure ! ».
Ron sourit maladroitement, se passa machinalement une main dans les cheveux.
« J'ai retrouvé ça, dans de vieux cartons. C'était juste pour te dire que... j'ai toujours su que tu deviendrais Ministre, un jour ou l'autre... T'étais un peu destinée à ça. »
Un sourire ému éclaira le visage de la Gryffondor et elle passa ses deux mains autour du cou de Ron pour l'enlacer.
« T'es vraiment un idiot », souffla-t-elle dans un éclat de rire.
Elle se recula lentement, son visage tout près du sien, et sourit de nouveau. Une chaleur douce, familière, gagna son corps. Il se pencha et ses lèvres se posèrent sur celles de la jeune fille. Au fond d'elle, un fourmillement agréable s'anima. Il se recula soudain, les yeux grands écarquillés :
« Tu veux vraiment ? Parce que t'as beaucoup bu et je voudrais pas que... enfin... »
Elle leva les yeux au ciel.
« Oh Ron, tais-toi ! »
Et avec un sourire, elle l'entraîna vers le lit.
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19 Novembre 2004.
« Surprise ! »
Parvati avisa le visage ravi de Marla, puis ses deux bras grands ouverts, puis, de nouveau, son visage.
« Surprise, quoi ? »
« Bah, ça. »
Elle pointa l'immeuble sur leur gauche, le sourire jusqu'aux oreilles. Parvati haussa un seul sourcil avant de croiser les bras.
« Marla, qu'est-ce que tu racontes ? Est-ce que tu as... », elle se pencha, baissa la voix. « ... pris quelque chose ? »
« Quoi ? Non ! », s'offusqua la jeune fille. « Là, tu vois le quatrième étage ? »
« Oui ? »
« C'est à nous ! Je viens d'acheter l'appartement du quatrième étage ! C'est à nous ! C'est notre appartement ! A nous, rien qu'à nous ! »
Les bras toujours ouverts, elle sautillait sur place, toute excitée, brandissant ses clés devant les yeux incrédules de Parvati.
« Tu as... quoi ? », réussit-elle à balbutier finalement.
« J'ai acheté l'appartement. Le quatrième. »
Parvati la dévisagea, éberluée, avant de regarder le quatrième étage. Elle planta les mains sur ses hanches, l'air sévère.
« Marla... C'est encore une de tes blagues ? »
La Serpentard se retrouva penaude, ses bras retombant mollement contre ses hanches.
« Euh. Non. »
Un bref silence retomba et le visage de Parvati s'éclaira enfin.
« Mais... c'est... c'est merveilleux ! Quand je vais raconter ça à Lavande, elle va être verte de jalousie. Ah, je veux le voir, je veux le voir ! Raconte-moi ! Il est comment ? »
« Un grand salon, une cuisine séparée... enfin ça, tu t'en fiches, tu sais pas cuisiner... une salle de bain avec... un bain ! Ça va nous changer de ta douche qui déclenches l'eau froide une fois sur deux. Et deux chambres. Deux chambres ! Pour plus tard, on sait jamais. »
Les yeux de Parvati firent plusieurs fois le trajet entre les clés qui se balançaient dans la main de Marla, et le quatrième étage du petit immeuble en pierre qui les surplombait.
« Mais... comment ? »
« Oh, tu sais. Avec mon poste de poursuiveuse chez les Montrose Magpies, j'ai réussi à mettre de côté. Un petit peu. Assez pour ça », elle désigna le quatrième étage d'un vague geste de la main, avant de farfouiller dans son sac pour en tirer un autre trousseau de clé. « Et ça, c'est pour toi. Tes clés à toi pour que tu puisses... »
Elle n'eut pas le temps de terminer car la Gryffondor se jetait à son cou pour l'embrasser, soudain indifférente à l'idée qu'on les surprenne.
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2 Février 2005.
Le nez rouge, les yeux fiévreux, le visage emmitouflé dans une grosse écharpe en laine, Hermione jeta un regard noir à Ron qui l'ignora royalement, la tirant par le bras.
« Mais puisque je te dis que... », elle laissa passer un éternuement. « ... que je vais très bien. J'ai une tonne de travail à faire, Ron, je n'ai pas de temps à perdre à aller voir un docteur qui me confirmera, de toute façon, que tout va pour le mieux. »
Le rouquin s'arrêta, la dévisagea un instant, désespéré, avant de soupirer :
« J'ai toujours cru que tu était la plus maligne de nous trois, Hermione, mais laisse-moi te dire que ton instinct de survie laisse clairement à désirer. »
Elle leva les yeux au ciel. « Oh oui, Ron, heureusement que tu es là pour t'assurer que je reste en vie. »
Il s'amusa de sa mauvaise humeur et se contenta de hausser les épaules.
« De rien, ma chérie, je suis fait pour ça. »
Il l'entendit grommeler quelque chose qui se perdit dans les tourbillons de son écharpe. Le vent chahuta gentiment ses cheveux et elle se résolut à accélérer le pas. Ils s'engouffrèrent dans le cabinet de leur docteur, trop heureux d'échapper au froid hivernal. Une clochette annonça leur entrée à grand renfort de carillons.
« Ah, Mademoiselle Granger, Monsieur Weasley ! », la salua une vieille dame aux longs cheveux blancs. « Quel honneur ! Je me présente, Dana Crawley. Suivez-moi, suivez-moi, je vous prie. »
Après avoir jeté un regard meurtrier à Ron, Hermione suivit la vieille dame dans la pièce voisine.
« Vous avez l'air fatiguée, Mademoiselle Granger, comment vous sentez-vous ? », lança immédiatement Dana Crawley, à peine Hermione assise en face d'elle.
« J'ai dû la traîner ici de force, elle refusait catégoriquement de bouger de son bureau avec trente-neuf de fièvre, vous le croyez ça ? », répondit Ron à sa place.
« Je vais très bien ! », protesta la jeune fille en croisant les bras.
« Laissez-moi en juger par moi-même, s'il vous plaît. »
La vieille dame fit passer toute une batterie de tests à Hermione qui dut ouvrir la bouche, lever les bras, boire des décoctions immondes, courir sur place et pour une raison obscure, tourner sur elle-même en battant des mains - elle soupçonna un instant Dana Crawley de lui faire subir toutes ces tortures par pur sadisme, mais se résigna à obéir. Lorsqu'elle se rassit, essoufflée, sur le petit fauteuil du cabinet, la vieille dame lui tendit une feuille récapitulative.
« Vous avez attrapé une fièvre des vents... »
Ron lança à Hermione un regard appuyé qui claironnait 'j'avais raison' auquel elle répondit par un claquement de langue contre son palais.
« Très bien. Merci beaucoup... », commença la Gryffondor en se relevant.
« Et vous êtes enceinte. »
Hermione retomba immédiatement sur sa chaise, les yeux grands ouverts.
« Je suis... quoi ? »
« Enceinte. De moins d'un mois. »
Ron et Hermione s'échangèrent un regard, muet de stupeur, avant de se tourner vers la docteure d'un même geste.
« Comment ça ? »
« Vous êtes sûre ? »
« Et vos tests, ils sont fiables ? Genre vraiment vraiment fiables ? »
« Mais comment c'est possible ? »
« Vous ne savez pas encore si c'est une fille ou un garçon... si ? »
« Mon dieu, comment je vais faire ? Comment on va faire ? »
« A partir de quand on peut connaître le sexe du bébé ? »
« Vous auriez pas un livre sur la grossesse ? »
Dana Crawley leva ses deux mains pour faire taire l'avalanche de questions qui venait de déferler sur elle à la vitesse de l'éclair, et, une fois le silence retrouvé, elle adressa au jeune couple un sourire rassurant.
« Ne vous en faites pas, tout va très bien se passer. Si vous le désirez, je serai là pour vous accompagner pas à pas. Je vous conseille de rentrer tranquillement chez vous, histoire de digérer l'information, d'en parler tous les deux au calme et lorsque vous aurez réfléchi à tout ça, pris toutes les décisions qu'il faut prendre, nous en reparlerons tous ensemble, vous voulez bien ? »
Comme des robots, il hochèrent la tête, quittèrent le cabinet et regagnèrent leur maison. Assis tous les deux sur le canapé, dix longues minutes de silence s'installèrent inconfortablement avant que Ron ne se penche pour saisir maladroitement les mains de sa compagne.
« Tu... Tu en penses quoi ? Je veux dire, je ne veux pas que tu... enfin, c'est toi qui décides », balbutia-t-il.
Elle ouvrit la bouche, la referma, avant de se fendre d'un sourire radieux.
« Ron. On va être parents ! Enfin, si tu veux... Tu veux ? »
Pour toute réponse, il l'enlaça, la couvrant de baisers entre ses éclats de rire.
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17 Août 2005.
« Qu'est-ce que c'est ? », demanda Astoria en jetant un œil circonspect au petit sachet que lui tendait Drago.
« Le principe d'un cadeau, c'est que tu dois l'ouvrir pour savoir ce qu'il contient, Astoria. »
Il s'attendait à ce qu'elle s'énerve, ou qu'elle lui lance une pique, mais elle n'en fit rien, se contentant de lui offrir un sourire. Il ne s'était pas encore tout à fait habitué à sa douceur lisse, sans aspérités. Délicatement, elle déballa le cadeau, en tira une petite pépite dorée.
« Qu'est-ce que c'est ? », répéta-t-elle, de plus en plus intriguée.
« Une graine de pommier d'or. Fabrication Aramis Greengrass. »
« Mais... mon père a arrêté la production il y a des années », répondit-elle, confuse.
« J'ai trouvé un vieux fou, en Bulgarie, qui en avait gardé quelques unes de côté. Apparemment, ça a aussi des propriétés insoupçonnées en Alchimie. Je l'ai convaincu de m'en donner une. »
« Convaincu ? »
« Le reste de l'histoire n'appartient qu'à moi et à l'Alchimiste fou... mais compte tenu de l'endroit où il se trouve actuellement, il ne risque pas de dire grand chose. »
Les yeux de la cadette Greengrass s'arrondirent et elle ouvrit la bouche pour protester, mais Drago la contra aussitôt :
« Je plaisante, je plaisante, Astoria ! Il est toujours en vie, et il m'a donné la graine de son plein gré, ne t'inquiète pas », sourit-il, avant d'ajouter : « J'ai pensé que ça te ferait plaisir d'avoir un pommier d'or. Comme sur la photo. Joyeux anniversaire. »
La jeune fille suivit le regard de Drago, tomba sur la photo qui trônait sur sa table de nuit, sur son père qui lui souriait depuis son cadre doré, et ses yeux s'embuèrent brusquement.
« Merci, Drago. »
Elle s'approcha de lui, hésitante, tendit les mains, encadra son visage. S'approcha, prudemment, avant de l'embrasser. Il recula, titubant, les yeux écarquillés. Porta ses doigts à ses lèvres, et le souvenir d'Hermione refit surface, comme il l'avait laissée, sur le perron de Poudlard ; des larmes plein les yeux, et le cœur brisé.
« Astoria, qu'est-ce que tu fais ? »
La jeune fille se recula à son tour, horrifiée, une main devant la bouche.
« Je ne sais pas, je ne sais pas. J'ai cru que... Pardon, Drago. »
Devant son expression mortifiée, et ses yeux embués, le jeune homme se sentit soudain coupable. Il la prit dans ses bras, elle avait un drôle de parfum. Un parfum floral, discret. Il se demanda s'il l'aimait. Quelque chose comme ça, répondit une petit voix dans sa tête. Il se recula et leur visage se retrouvèrent tout près. Il pensa : Quelque chose comme ça, oui.
Il se pencha et avec douceur, l'embrassa. Ça ne déclencha pas de cataclysme, pas de foudre, mais le sentiment étrange de retrouver un confort familier. Ça lui sembla naturel et doux. Quelque chose comme ça.
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19 Septembre 2008.
« Tu peux m'expliquer pourquoi tu reçois ça chaque année ? », demanda Ron en jetant un regard suspicieux à la fleur bleue que la jeune fille venait d'installer près des sept autres.
« Ça n'a pas d'importance », répondit Hermione alors que son mari capitulait dans un haussement d'épaules.
Il quitta la pièce, laissant la Gryffondor seule avec ses fleurs. Elle les regarda tour à tour, ondulant dans leur cloches aquatiques, illuminant d'azur sa petite serre improvisée. Elle se demandait souvent si elle n'avait pas tout imaginé. Si son histoire avec Drago avait vraiment existé. Ça paraissait loin, maintenant, flou et brumeux. Ça avait presque arrêté de faire mal.
Oui, s'il n'y avait pas eu ces Plumbago Luceat pour le lui rappeler, elle aurait peut-être fini par refermer la parenthèse. Tout oublier.
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21 Juin 2014.
« Papa ! Maman ! On a une surprise pour vous ! »
Ron, Hermione, Harry et Ginny s'échangèrent un regard inquiet avant de se précipiter dans le salon. Albus, Rose, Lily et Hugo se tenaient dans le salon, les bras grands écartés avec fierté. Derrière eux, la pièce était entièrement peinturlurée de rouge, de rose, de bleu et de vert. Les parents observèrent les dégâts en silence, bouche-bée, alors que du sol au plafond, de grosses taches de couleur semblaient les narguer comme des lampions un soir de fête. Les enfants aussi étaient bardés de couleurs de la tête aux pieds, les mains pleines d'Impatiens Caméléon, qui continuaient d'exploser entre leurs doigts en ajoutant des éclats de teinture un peu partout. Ce fut Hermione qui retrouva ses esprits la première, elle se tourna vers Rose, les sourcils froncés :
« Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar ? Qu'est-ce qui vous est passé par la tête ? »
Sentant venir le Grand Sermon, Rose lâcha aussitôt les fleurs qu'elle tenait dans la main et pointa son cousin du doigt :
« C'est Albus qui a eu l'idée. »
« Ça m'étonne pas, ça ! Les Potter, on ne s'en méfie jamais assez ! », répondit son père qui tentait tant bien que mal de contenir son hilarité.
« Ron ! », s'offusqua Hermione en lui donnant un coup de coude. « Arrête de lui raconter n'importe quoi. »
« C'est pas moi ! », s'indigna Albus en battant du pied. « C'est Lily. »
La petite fille regarda son frère, puis sa cousine, puis ses parents, avant de leur tendre une fleur toute froissée dont la moitié des pétales avaient été arrachés.
« C'est pour toi, Maman. »
« Ne crois pas que tu vas t'en sortir comme ça, jeune fille », souffla Ginny, les sourcils froncés.
« Non mais regardez dans quel état vous avez mis le salon ! Déjà, la semaine dernière vous avez jeté tous les draps par la fenêtre... »
« Hugo nous avait dit que c'était des couvertures volantes ! », l'interrompit Albus.
« C'est pas vrai. J'ai juste dit que dans le conte que Maman nous avait lu, les gens volaient sur des couvertures magiques... »
« Donc c'est la faute de tatie... »
« Albus, tais-toi, s'il te plaît, tu aggraves ton cas. Non mais vraiment, ces gamins sont intenables », soupira Harry en se passant une main dans les cheveux.
Ginny partit en trombe dans la cuisine et revint quelques minutes plus tard, les mains chargées d'un seau d'eau chaude et de quatre torchons.
« Vous allez me nettoyer ça et en vitesse, les enfants. »
Les quatre petits ne songèrent même pas à protester et se mirent aussitôt à l'œuvre, armés de leur chiffons et de leur air boudeur. Les parents retournèrent dans la cuisine, las, et se resservirent un verre de vin. Au bout de quelques secondes, Harry finit par secouer la tête, et soupira :
« N'empêche que leur seul traits communs, à ces quatre-là, c'est les gènes Weasley. Ceci expliquant cela. »
Ginny le fusilla du regard, avant de glisser :
« Il n'y pas une personne sur terre qui sait aussi bien s'attirer des ennuis que toi, Harry, à l'exception de ton fils, visiblement. Ceci expliquant cela. »
Ils rirent tous les quatre, imaginant avec appréhension le moment où leurs petites terreurs se retrouveraient ensemble à Poudlard.
