Hello! Et oui, me revoilà :)
Il était temps que je publie un chapitre de cette fic, j'essaie de mettre à jour toutes mes fic, il ne m'en reste donc plus que deux à travailler, avec de retourner au début de la liste, c'est à dire au Chirurgien Perdu ^^
Merci de vos reviews, j'y réponds de suite!
nikkouyoku:
Merci! Contente que ça t'intrigue et te fasse plaisir! Voilà la suite!
Traffy-D-Lamy:
Merci, merci, merci ^^Ahah, j'aime bien quand tu émets des hypothèses, je ris derrière mon écran à l'idée que tu sois proche ou non, que tu trouves partie de la vérité tout en te trompant de l'autre côté x)
Ah, sadique va! (bon, ok, j'adore mettre notre ténébreux capitaine dans ses situations catastrophiques, je l'avoue xD)
Merci encore ^^
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Disclaimer: One Piece appartient à Oda! Blue et l'idée de cette fic sont en revanche miennes, merci de respecter cela :)
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Chapitre 3 : Retour à la réalité…
Dans la salle commune du sous-marin des Heart Pirates, le silence régnait, l'air était lourd, tendu. Nul n'osait s'exprimer, pourtant, tous partageait le même fil de pensée, les même craintes et les même interrogations. Cependant, ils attendaient, Bepo ne semblant pas décider à leur expliquer pourquoi ou comment le navire s'était retrouvé sur le point de couler, chamboulé par les turbulences incroyables, rapidement arrêtées, puis avait percé la surface, une brèche effroyable dans sa coque renforcée, aux origines encore inconnues.
De même, les questions concernant la mystérieuse jeune femme leur brulaient la langue, et son absence ainsi que celle de leur capitaine soulevait malgré tout encore plus d'idées et d'inquiétudes. Certains avaient même entendu les hurlements plus qu'audible du brun dans l'infirmerie. Sachant que celui-ci y était blessé, et s'étaient ainsi imaginer sans doute les pires scénarios possibles depuis, les menant à penser que le second du navire était pieds et poings liés par une situation critique, comme si, par exemple, la belle étrangère détenait Law, son pronostic vital possiblement engagé, et que Bepo devait se plier à ses ordres pour sauver la vie de son ami.
Pourtant… L'air calme et apaisé du blanc les faisait douter : Le Mink était le premier à afficher son inquiétude lorsqu'il s'agissait de la sécurité de l'équipage ou de son supérieur. Alors pourquoi Trafalgar et la miss n'étaient-ils pas disponibles, ici, présents avec eux ?
« Où sont-ils ? Finit par demander un des matelots.
_ Penguin et Sachi sont en train de réparer la brèche de sorte à ce que nous parvenions le plus rapidement à l'île, à quelques heures d'ici, de sorte à opérer de meilleures consolidations très vite.
_ Pourquoi ou comment avons-nous reçu cette brèche, et où sont le capitaine et la fille ? Continua l'homme, ne perdant pas de vue son intérêt premier.
_ Nous n'avons pas encore trouvé de cause à cet incident, le capitaine et la demoiselle sont indisponibles, ils ont besoin de repos.
_ De repos ? Pour le premier, je comprends, mais la seconde… ? Les radars n'ont rien perçus lors de la secousse ?
_ Le capitaine était blessé, le choc et les turbulences l'ont épuisé, et les deux nous ont aidés à faire tenir les machines jusqu'à ce qu'on touche la surface. Laissez-les un peu, et pour l'instant, outre vos occupations habituelles, vous avez quartier libre, dirigea Bepo avec autorité.
_ Oui Bepo, répondit à l'unisson le reste de l'équipage, comprenant à son ton que l'ours polaire n'en dirait pas plus, et qu'il n'en savait sans doute pas beaucoup plus. »
Non loin de là, dans sa chambre, un brun ténébreux somnolait, encore très endormi et trouvant son confort trop bon pour se réveiller totalement. La chaleur de sa couette et de la peau de Blue lui était si agréable, tout comme la douceur des deux éléments. Recherchant davantage de douceur, il aventura sa main dans la chevelure asphalte qui caressait son épaule, et rapprocha son corps de celui de la miss, frissonnant au contact de la peau de son invitée à bord. Plus que satisfait de cette nouvelle situation, il sombra à nouveau, comme happé par un sommeil tentateur.
Bepo… La seringue… Non…
Bepo, ça fait mal, aide… Moi… S'il te plait…
Bepo, cette force qui s'insinue dans mes veines, j'en ressens la source…
Elle utilise un pouvoir, elle souffre, elle se cache… Pourquoi suis-je capable de sentir tout cela ?
Je ne comprends pas, je n'aime pas ne pas comprendre…
Bepo, pas la deuxième seringue, pitié…
Je ne veux plus la sentir, cette détresse… La sienne… Elle a si mal, ce n'est pas moi qui souffre, je ressens juste une infime partie de ce qu'elle endure. Je ne sais pas pourquoi je le pense, comment puis-je en être si sûr ? Je ne comprends pas… Encore… Je vais le comprendre, elle va me le dire.
Oui. Elle va me le révéler, de gré ou de force.
Ah… La deuxième aiguille transperce mes chaires… La douleur va-t-elle augmenter ?
Ah ! Oui ! Elle s'est décuplée ! J'ai si mal !
Non, ce n'est pas moi qui ai mal, c'est elle… C'est elle !
Pourquoi souffre-t-elle ?! Comment résiste-t-elle ?! COMMENT ?!
« COMMENT ?! »
_ Capitaine ? Fit une voix à ses côtés.
_ Bepo ? S'étonna-t-il, réalisant qu'il avait ouvert les yeux, et donc qu'il s'était réveillé de ce cauchemar empli de souvenir de la veille.
_ Vous sembliez en proie à une espèce de douleur, je suis entré pour voir si tout allait bien…
_ Je vais bien… Soupira le brun.
_ Je l'avais compris, Law… Ce n'est pas une douleur mais une question qui vous ronge, n'est-ce pas ?
_ Tu as raison, mais… La seule qui puisse me répondre est inconsciente pour le moment, souffla-t-il en caressant la joue offerte de la belle endormie.
_ Avez-vous faim ? S'enquit alors le blanc.
_ Un peu, prends la avec nous, je ne veux pas la quitter un seul instant.
_ Oui capitaine ! S'exécuta l'ours polaire. Au fait, l'équipage s'inquiétait…
_ Je ne sais même pas ce qu'il s'est passé, je suis aussi inquiet qu'eux.
_ Il s'inquiétait pour vous, le sous-marin aussi, mais surtout pour vous.
_ Oh… Je vois. Je vais leur montrer que je vais bien. »
Sans tarder, le Chirurgien de la Mort se dirigea vers la salle commune, juxtaposée à la cuisine. Sur son passage, les têtes tournèrent, les murmures s'élevèrent, les hommes s'approchèrent, un sourire rassuré aux lèvres. Le duo de mécanicien arriva au même moment, se précipitant vers lui pour l'informer que le sous-marin était prêt à repartir vers l'île, et lui dire au combien il semblait en forme. Sachi se dirigea ensuite vers Bepo et écarta les cheveux qui cachaient le visage de la miss, avant de commenter :
« Elle a l'air d'aller pas trop mal, c'est bien…
_ Elle récupère lentement, elle a vraiment puisé dans ses forces pour tous nous sauver, acquiesça-t-il en laissant un regard reconnaissant trainer vers elle.
_ Elle nous aide, je ne comprends pas, réfléchit Penguin.
_ Je vais lui demander, quand elle se réveillera je lui en parlerai, leur promit le brun. »
Retournant dans ses quartiers après avoir copieusement mangé, malgré son léger appétit, et congédié ses amis, Trafalgar déposa la miss sur son lit et s'installa avec elle, un livre plutôt épais dans les mains. Il ne fallut pas longtemps avant que la demoiselle ne se rapproche de la source de chaleur qu'il était. Agacé par les chatouillements délicieux et répétés, tentateurs, dus à l'effleurement des cheveux neiges contre ses cuisses, le brun prit Blue contre lui et assura une position à la fois confortable et non gênante à la jeune femme : Allongée contre lui, le bassin entre les jambes étendues du capitaine, la tête posée sur le torse dénudé de ce dernier.
Une bonne centaine de pages lues plus tard, Law sentit les muscles de la demoiselle contre lui se tendre violement et se détendre rapidement. D'une main, il déposa le marque-page là où il était rendu et renvoya grâce à son pouvoir l'ouvrage dans sa bibliothèque personnelle, à quelques mètres de là. Puis, avec douceur, il passa les bras autour de la taille de la blanche, sentant une nouvelle fois ses muscles se tendre légèrement. Amusé, il serra la demoiselle contre lui et posa son menton contre le haut du crâne blanc, remontant d'un geste lent la couverture sur le corps de la jeune Marine.
« Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas l'intention d'avoir de rapports sexuels avec vous, fit-il en sentant le dos encore contracté contre lui.
_ Votre attitude corporelle m'indique le contraire, rétorqua avec un peu de méfiance la miss.
_ Je ne suis pas ce genre de personne, contra le brun. Je n'approuve pas les viols, et je doute que vous soyez consentante. De plus, je n'ai pas pour habitude de prendre mon pied au lit avec une ennemie, ou du moins une personne qui en porte la marque dans le dos.
_ Je suis donc différente d'une ennemie à vos yeux ? Je m'en approche sans l'être ? S'étonna Blue.
_ Laissez-moi réfléchir… Vous n'avez pas essayé de me tuer, vous m'avez même soigné, m'avez même accordé un traitement extrêmement efficace, puis vous avez aidé mon équipage à faire remonter le sous-marin à cause d'une sévère avarie, et ce, en usant de vos force au point de vous en évanouir, acceptant ainsi d'être à ma merci. Ce tatouage n'est pas en accord avec vos actes, vous ne semblez pas hostile à ma personne ou mon équipage.
_ J'ai failli vous tuer, vous, et votre équipage, souffla avec culpabilité la demoiselle, essayant de se dégager des bras de son interlocuteur.
_ Comment ça ? Quand ? Ne comprit pas le brun.
_ L'avarie, c'est… C'était un accident, mais c'était ma faute, expliqua avec une douleur mal dissimulée la demoiselle.
_ Pendant que j'étais inconscient vous avez…
_ Non, pendant que nous parlions. Je suis encore faible, moins que lorsque vous m'avez trouvée dans l'eau, mais faible tout de même. Ma faiblesse fait que je perds parfois le contrôle de mon pouvoir, que vu avez pu observer plus tôt.
_ Quel lien avec la brèche ?
_ Vous… Je me suis énervée, je crois. J'ai sans doute créé par inadvertance un courant ou une lame d'eau, ce qui a abimé votre navire.
Immédiatement, le souvenir de leur conversation revint au pirate. Il avait dû dire quelque chose de blessant pour la miss… Il ne tarda pas à trouver :
_ C'est parce que j'ai accusé les Marines d'être corrompus, n'est-ce pas ?
Un hochement de tête un peu tremblant lui répondit.
_ Et malgré ça, vous nous avez sauvé… Pourquoi ?
_ Je vous dois la vie, Trafalgar, et que vous le vouliez ou non, c'est important pour moi, murmura-t-elle.
_ Et cela ne vous fait rien ? Je veux dire, être redevable à un pirate est…
_ Je suis redevable envers un humain, le corrigea la miss, tentant toujours de se dégager de l'emprise du capitaine.
_ Suis-je humain, moi ? S'amusa Law en affermissant sa prise sur sa cible, s'attirant une plainte gênée.
_ Je le crois, répondit avec sincérité Blue en envoyant un coup de coude dans les côtes de son vis-à-vis, lui arrachant un hoquet de surprise et de douleur, pourtant, il ne la lâcha pas.
_ C'est flatteur, je suis un criminel pourtant, miss, mais c'est vrai, on oublie souvent qu'on est aussi de chair et de sang.
_ Du côté des Marines aussi, cette nature mortelle nous est souvent ôtée. Je vous comprends tristement.
_ Depuis combien de temps êtes-vous dans ce système ? Demanda l'homme, sentant une longue douleur quant à cette humanité qu'on ne leur accordait plus, ni à l'un, ni à l'autre.
_ Longtemps.
_ Depuis quand ? Insista-t-il.
_ Cela ne vous regarde pas, répondit sèchement et sur la défensive la jeune femme.
_ Je crains que si. Quel est votre nom complet et votre grade ?
_ Trafalgar, vous devoir la vie ne signifie pas que je vous dois la moindre information à mon sujet, le fait que vous soyez un témoin vivant de mon pouvoir va déjà au-delà de ce que j'étais prête à révéler à mon sujet.
_ Oh, mais j'en sais déjà un peu sur vous, Blue, cependant vous avez vilainement attisé ma curiosité, il va falloir rassasier mon appétit gargantuesque d'informations…
_ Je ne cèderai pas, le prévint la demoiselle qui se demandait ce qu'il savait sur elle.
_ C'est ce qu'ils disent tous, mais… Un peu d'alcool, ou de peur, ou encore un passage bien calculé d'un scalpel… Je délie les langues, miss.
_ Je tiens terriblement bien l'alcool, et les tortures ne me font rien, bonne chance, Law. Des questions ?
_ J'ai juste une question, pour le moment… Qui vous a agressé sexuellement par le passé ? »
A ces mots, la blanche se figea, le moindre de ses muscles contractés à l'extrême. Un léger tremblement s'empara peu à peu d'elle, grandissant, devenant plus marqué et violent. Le brun savait qu'il avait vu juste, les gestuelles défensives de la miss lorsqu'elle avait été inconsciente en sa présence le lui avaient hurlé. Cependant, il ne prenait aucun plaisir à utiliser cette information, ou même à savoir qu'une aussi jeune femme avait subi cela, et surtout au vue de l'ampleur du traumatisme. Comprenant que la panique avait presque remplacé le sang dans les veines de Blue, le pirate su qu'il devait la calmer, et de toute urgence, la panique pouvant parfois laisser des séquelles non négligeables sur les gens. Une violente secousse frappant le submersible lui confirma qu'il avait vraiment intérêt à apaiser la miss, néanmoins, nulle alarme ne vint résonner dans les couloirs du navire, rassurant un peu l'homme. Malgré tout, les turbulences irrégulières qui agitaient son navire lui montrait que tout n'était pas terminé.
Doucement, il desserra sa prise sur elle, puis il remplaça son propre corps par des coussins de sorte à libérer la miss de sa présence sans qu'elle ne perde son assise. Ensuite, il prit place devant elle et l'appela gentiment pour ne pas la brusquer.
« Miss ? Blue ? Hey… Quoi qu'il se soit passé, c'est révolu, terminé. Concentrez-vous sur l'instant présent, pourquoi pas sur ma voix, hein ?
Les tremblements de la jeune femme diminuèrent, ainsi que les turbulences, sans pour autant s'arrêter. Pour le brun, cela signifiait qu'il était sur la bonne voie.
_ Essayer de respirer un peu, songez au calme, à une mer apaisée, personne ne vous touche, il n'y a que moi près de vous, et je ne vous veux vraiment aucun mal, tout va bien, d'accord.
La demoiselle sembla reprendre conscience de ce qui l'entourait, ses yeux se dirigèrent, hagards, vers les orbes argentées du chirurgien. Elle s'y accrocha, à ce métal précieux qui lui paraissait si calme, si doux, tout en étant féroce et impitoyable. Cette impression, cette importance qu'elle lui accordait, elle ne la lâchait plus, lui permettant de reprendre peu à peu pieds dans la réalité. Un à un, les muscles contractés se détendirent, se débarrassant des tremblements qui les habitaient encore. Le navire reprit une course tranquille, dans les hauts parleurs, Bepo annonça que le débarquement sur l'île était prévu dans une heure et s'excusa des turbulences, bien que Law se doutât qu'il ignorait tout de leur provenance.
_ Uh… ? Fit la miss, peu sûre d'elle.
_ Restez concentrée sur ma voix, ou sur moi, tout va bien, d'accord ? Continua gentiment Trafalgar en voyant ses efforts payer, ramenant la blanche à un état collecté et normal. Je suis là Blue, vous ne risquez rien, vous n'entendez ?
_ … Tra…falgar ? S'assura-t-elle qu'elle ne délirait pas. Law ?
_ C'est moi, calmez-vous maintenant, vous n'avez pas besoin de vous inquiéter Blue, poursuivit l'homme.
_ Plus…. Jamais. Plus jamais. Plus jamais ! Je ne veux plus- S'énerva tout à coup la miss, surprenant le pirate.
_ Shhh, Blue, c'est fini, ça n'arrivera plus, calmez-vous, je ne vous poserais plus cette question, lui promit-il.
_ Pas vous, lui ! Je ne veux plus…-avec lui ! J- j'ai peur, ça me… il me hante ! Qui sait quand sera la prochaine fois ?!
L'air paniqué de la jeune femme et ses paroles ne faiblissaient pas. Le brun avait l'impression d'avoir déclenché quelque chose de terrible ou d'avoir mis le doigt sur une partie de la vie de la miss dont peu de gens étaient au courant… Soudain, le sous-marin se retourna, à la surprise générale. Law déploya sa « room » pour éviter une mauvaise chute à la marine et son mobilier, qu'il étendit au navire complet pour tout maintenir en place le temps de remettre l'embarcation dans le bon sens.
_ Blue, reprenez-vous s'il vous plait, appela-t-il la demoiselle, espérant qu'elle réagisse vite, les capacités de maintien du pirate étant quelque peu limitées. Miss ?
_ I- Il va recommencer, je le sais, j- je ne veux pas ! Il va me faire mal ! Je- La- lave ! J'aime pas ça !
La terreur privait la demoiselle de sa réserve, inquiétant malgré lui le brun, qui crut comprendre, peu sur de lui. Rapidement, il choisit d'agir, priant pour que la marine ne lui en veuille pas.
La gifle partit sans tarder, claquant dans l'air avec violence, interrompant net la jeune femme. Un air choqué s'installa sur son visage, jusqu'alors tordu par la peur. Ses yeux d'azur se braquèrent sur l'homme, furieux. Puis, la réalisation de son environnement, du fait qu'elle lévitait grâce au capitaine devant elle. Elle comprit.
_ Uh. Je…
_ Avant de dire quoi que ce soit, remettez dans le bon sens mon navire.
_ Oh, pardon ! S'exclama-t-elle en usant de son pouvoir pour remettre dans son état normal le sous-marin.
Soulagé, Law se leva pour replacer les objets et relâcha son pouvoir. Puis, il se retourna vers la blanche, vérifiant qu'elle avait bel et bien repris ses esprits. Il s'approcha d'elle et tendit doucement la main vers elle, main qu'elle observa, perplexe, ne sachant quoi en faire ou en penser. Néanmoins, elle n'afficha pas la moindre hostilité face à celle-ci. Le pirate s'avança un peu, jusqu'à ce que sa main touchât la joue de la demoiselle. A ce contact, elle frémit, se tendit, mais ne résista pas. Trafalgar empauma alors la joue, avant de faire glisser ses doigts jusque dans la nuque de la miss. Ses traits se détendirent rapidement, son magnifique visage retrouva bien vite son harmonie et son charme naturel, rassurant encore davantage le brun. Voyant qu'elle se laissait toujours faire, étonnée, il exerça une pression, la rapprochant de lui alors qu'il posait un genou sur le lit où elle était assise. Lentement, comme au ralenti, il l'amena contre lui, avec une douceur qu'il ne se connaissait pas. Le nez contre sa clavicule, la blanche ne comprenait pas, et cherchait encore à quel point elle avait perdu le contrôle d'elle-même, ce qu'elle avait fait, ce qu'elle avait dit. Cette question qui avait détruit des années de construction d'une forteresse mentale résonnait encore, chaque mot, chaque son, tout était pour elle comme une torture. Elle avait mis tant de temps à s'endurcir, à se créer cette force intérieure qui la protégeait des déceptions et de ses démons… Et voilà que cet homme, censé être son ennemi, qui l'avait sauvée des eaux, détruisait en une simple question tout ce qu'elle avait bâti depuis son entrée dans la marine. Pourquoi, comment ? Elle l'ignorait. Tout ce qui comptait à présent, c'était ce cœur dont les pulsations lui parvenaient, lentes, calmes, apaisantes, ainsi que cette main sur ses vertèbres, froide mais chaleureuse.
Une seconde main vint s'aventurer dans la chevelure d'asphalte, descendant dans sa nuque, caressant ses omoplates, pour s'arrêter finalement au milieu de son dos, presque au niveau des côtes flottantes. Une poussée de ce membre releva la jeune femme, qui se perdit dans cette étreinte, cette embrassade que sa mémoire lui hurlait ne jamais avoir connu, cette douceur qui jamais ne lui avait été accordée, cette humanité qui toute sa vie lui avait manquée…
C'était son ennemi, ce capitaine, ce fier et ténébreux pirate qui la lui accordait, en cet instant perdu, caché aux yeux du monde, dans cette chambre de ce sous-marin dissimulé sous les eaux infinies.
Les bras frêles et pâles vinrent tâter la peau hâlée du brun, glissant dans son dos, lui rendant peu à peu son étreinte, s'accrochant de plus en plus à lui, presque désespérément.
L'échange demeura ainsi, silencieux, tranquille. Nul ne bougea davantage, ils n'avaient pas besoin de mots pour l'instant, cette douceur qui les entourait leur suffisait à tout dire, à se rassurer, à s'abandonner. Les minutes passèrent, le bruit tranquille des balancements du navire les accompagnant dans cet instant hors du temps. Pourtant, il fallait bien que quelque chose y mette fin, mais aucun des deux ne parvenait à s'y résoudre. Ce fut Bepo qui leur amena la solution, voulant s'assurer que son capitaine et son invitée n'avait rien après avoir vérifié auprès du duo de mécaniciens que le sous-marin n'avait pas reçu plus de dommage venant des secousses et du retournement, dont l'origine leur était toujours inconnue.
« Toc-Toc-Toc Capitaine ?
Comme brulée, Blue tenta de s'écarter, inquiète.
_ Shh, Blue-ya, du calme, c'est Bepo… Fit le brun en la retenant.
_ Bepo ou non, c'est-
_ Rien. Tout. Va. Bien. Il ne va rien vous arriver, pas tant que vous serez sur mon navire, d'accord ? La rassura-t-il.
_ Mais-
_ D'accord ? Recommença-t-il, plus doux encore.
_ … D'accord. Je vous crois.
_ Bien. Nous discuterons plus tard de ce qu'il vient de se passer, voulez-vous ?
_ Je… Je crois, accepta-t-elle.
_ Entre Bepo, appela l'homme en relâchant enfin la miss, moins mal à l'aise.
_ Capitaine, vous allez bien ? S'enquit dès son entrée le Mink. Désolé ! Oh, Blue-chan, vous êtes réveillée, c'est rassurant, vous nous avez fait peur ! S'exclama-t-il en s'approchant vivement de la Marine, se retenant se justesse de la prendre dans ses puissantes pattes.
_ Je vais bien Bepo, que voulais-tu ? Demanda Law.
_ Le bateau s'est retourné, j'ai cru reconnaître votre pouvoir mais m'inquiétais pour vous capitaine ! Et puis pour Blue-chan aussi !
_ C'était bien moi, on s'est fait surprendre mais c'est bon, on a réagi temps.
_ Comment le bateau s'est-il retourné, d'ailleurs ? Interrogea l'ours polaire, espérant que son capitaine aurait une explication à cette menace fantôme, invisible et inexplicable.
_ Et bien… Chercha le brun, ne voulant pas mentir à son second, et encore moins rendre son équipage hostile à la jeune femme.
_ C'est mon pouvoir, intervint alors Blue, je contrôle l'eau comme tu as pu le voir, le fait est que si je perds le contrôle de moi-même je peux faire des dommages autour de moi, étant donné que cet élément se trouve à peu près partout. La brèche est de mon fait, les turbulences aussi. Désolée, ce n'était absolument pas intentionnel, s'excusa-t-elle, s'inclinant respectueusement.
_ Oh. Mais, tu…
_ Je n'utilise pas cette faculté en temps normal donc son contrôle m'échappe aisément, répondit la miss, devant la question informulée du Mink.
_ Mince, moi qui pensait que tu serais, au contraire, une experte dans le maniement… Songea tout haut le second des Heart Pirates. Mais c'est pas grave, je veux dire, on a pas eu de blessés, et puis ce n'était pas vraiment ta faute, ce n'est pas comme si tu avais voulu tous nous noyer, ria l'animal parlant.
_ Bepo ! S'écria Law, ne voulant pas gêner plus qu'elle l'était déjà la jeune femme.
_ Ce n'est rien, c'est vrai qu'on peut s'attendre à ce que je sois plutôt entraînée à manipuler l'eau, pourtant… Enfin bref, c'est juste dommage je suppose, soupira la demoiselle.
_ Je pensais que la Marine avait plutôt tendance à s'assurer que leurs recrues devenaient des armes humaines avec leur fruit du démon… Continua Bepo, toujours dans ses songes.
_ Bepo… Le prévint le brun alors que la blanche reculait d'un pas, pâle.
_ Mais c'est vrai, il n'y a qu'à voir les amiraux, j'ai entendu des rumeurs sur Aokiji et Akainu, il parait qu'ils ne cils même plus lorsqu'ils tuent ! C'est vrai Blue ? Ah ! Pardon, tu ne dois pas les connaitre, tu es sans doute trop jeune… Au fait, quel âge as-tu ? Demanda avec toute l'innocence du monde le pirate, ne se rendant pas compte de la pâleur de son interlocutrice, ni de l'inquiétude croissante de son capitaine.
_ … C'est… C'est- U- Je- Tenta de dire la miss, alors que les larmes apparaissaient sur les traits tirés de son doux visage.
_ Blue-ya, stop, l'arrêta Law en la prenant précipitamment dans ses bras. Bepo, tu as eu les réponses à tes questions initiales, laisse-la ! Ordonna avec anxiété le capitaine.
_ Oui captain' ! S'exécuta l'ours sans comprendre, sortant à la hâte de la chambre de son supérieur.
_ Je- Je-
_ Là, shhh, je suis là, murmura gentiment l'homme en caressant la longue chevelure brillante de la demoiselle, qui bien vite passa ses bras dans le dos de son vis-à-vis, à la recherche d'un repère pour ne pas à nouveau perdre pieds.
_ L-Law… Law… L-L-Law ! Se mit-elle à haleter.
_ Calmez-vous, ce n'est rien, rien ne va arriver, d'accord ? Blue-ya, reste concentrée sur moi, juste moi, ok ?
La miss hocha la tête, ne lâchant plus des yeux les orbes argentées qui la fixaient avec intensité.
_ Bien, on va s'asseoir, et tu vas respirer en même temps que moi, suis-je clair ?
_ Très, répondit-elle en calant laborieusement sa respiration sur la sienne.
Une dizaine de minutes s'écoula, pendant lesquelles la blanche reprit le contrôle d'elle-même. Enfin, elle se décolla du torse toujours nu de son vis-à-vis, et parla.
_ Désolée, je dois être encore un peu fatiguée pour être aussi susceptible.
_ Ce n'est rien, par contre j'avoue que la question de l'âge me titille, avoua le brun.
_ J'ai 22 ans, l'informa-t-elle, un demi-sourire sur les lèvres.
_ J'ai droit à d'autres questions ? Tenta le brun.
_ Ça dépend, je suis obligée ? S'enquit la miss.
_ Pas vraiment, mais si j'en pose qui t'aide à te détendre, c'est pas méchant, si ?
_ Non, en effet. Je suppose que tu… Oh. Le tutoiement…
_ Le tutoiement me convient parfaitement, lui dit Trafalgar, un sourire exagérément charmeur sur le visage arrachant un rire cristallin et sincère à la demoiselle qui le fit fondre intérieurement.
_ Je pense que je peux m'en accommoder également, il est rare qu'on soit familier avec moi, confia-t-elle, un sourire triste naissant sur son visage.
_ C'est dommage, non ?
_ Un peu, mais ce n'est pas plus mal, chez nous les… liens… comptent peu, enfin, de ce que j'ai pu voir.
_ Vraiment ? Même entre proches ?
_ Il est d'usage de séparer vie privée et vie professionnelle, c'est tout, clarifia la miss, à tel point que parfois, un père et sa fille n'ont plus le moindre lien… Murmura-t-elle avec amertume.
_ C'est ton cas ? S'intéressa le brun, triste pour elle.
_ C'est mon père adoptif, et il ne sait pas que je suis au courant, mais oui, c'est mon cas, soupira Blue.
_ Je pensais que vous pouviez avoir des horaires aménagés pour la famille, je ne comprends pas.
_ Tout dépend du grade, et ça se fait pour les familles non-engagées, je suis une marine, lui aussi, nous sommes trop sollicités pour pouvoir avoir le moindre aménagement.
_ Toi ? Sollicitée ? Mais, depuis combien de temps sers-tu ? S'étonna le brun, oubliant le besoin de discrétion de la demoiselle.
_ Tu sais que je ne peux te le dire… Juste… Longtemps.
_ Oh, c'est vague, mais j'en m'en contenterai, laissa tomber Law en sachant qu'il allait déjà trop loin.
_ Merci, lui fut reconnaissante la jeune femme.
_ Au fait, cette imposante ombre que tu as fait apparaître lorsque nous avons dû remettre en état un des moteurs du navire, c'était… Un humain, n'est-ce pas ?
_ Son âme, il est mort il y a de cela des années, je faisais partie de l'équipe qui a retrouvé et identifié son cadavre… Expliqua Blue.
_ Tu le connaissais personnellement ? S'étonna-t-il.
_ Oui, c'était un commandant de la Marine, un homme avec un cœur en or, il avait pris sous son aile un garçon un peu plus âgé que moi à l'époque, il voulait le soigné, je n'en sais pas plus, mais, en tout cas, il était allé contre les ordres et est mort pour cet enfant. Mon seul regret est de ne pas avoir pu trouver l'enfant en question, je ne sais pas si ce qu'il a fait était vain… Ou si le garçon a survécu.
_ Tu étais sur l'île de Minion, il y a onze ans ?! S'exclama-t-il. Tu étais une marine à onze ans ?
_ Tu… Comment es-tu au courant de la date de la mort de cet homme ?!
_ Je suis le gamin qu'il trimbalait d'hôpital en hôpital, il voulait me sauver du saturnisme.
_ Oh… Alors c'est une franche réussite, non ?
_ Il m'a fait avalé l'Ope Ope no Mi pour me soigner, et en est mort, un sbire de Doflamingo l'a battu et son propre frère l'a achevé, cracha l'homme. C'est une réussite, mais il méritait tellement plus que moi de rester en vie…
_ Rossinante ne pensait pas ainsi, s'il décide de prendre soin de quelqu'un, c'est qu'il en vaut la peine, tu devais en valoir la peine.
_ Je n'y crois pas… Et toi… Onze ans et tu étais déjà en mission ?!
_ Law…
_ Oui, pardon, c'est vrai, pas de question sur ta carrière militaire. Merci tout de même, son âme t'accompagne alors ?
_ Je m'évanouis à chaque fois qu'il repart, mais oui, il est prêt de moi, comme si la raison de sa présence en ce monde n'était pas achevée.
_ Ou qu'il ne voulait pas laisser ceux qu'il aime seuls en ce monde.
_ Sans doute, oui.
Un silence s'installa, silence que Law se dut de briser, un sujet tout aussi important que le précédent le taraudant :
_ Juste, Blue-ya, au sujet de… ce qui te panique… Commença le capitaine, son sérieux de retour.
Tout de suite, il vit la blanche se tendre légèrement, l'inquiétude s'installant dans son regard.
_ Ne laisse plus cette enflure te retoucher, il a beau être puissant, il n'est pas immunisé face à la loi. Parle-en à ton père s'il le faut. Et l'eau est le talon d'Achille des utilisateurs de fruit du démon, alors amiral ou non, ne lui laisse pas te dicter ta vie et tes peurs.
_ Law… Comment- ? Fit la miss, à nouveau plus pâle qu'une morte.
_ Des indices dans tes inquiétudes et ta panique. Bepo a mis les pieds dans le plat, aussi, désolé pour ça.
_ Je ne peux en parler à mon père, et dès qu'il est là je perds mes moyens et… La Marine ignore ma capacité, je ne compte pas engager un combat contre lui et risquer une défaite ainsi que le fait de montrer mon pouvoir.
_ Ils… Ils ne savent rien de… ça ?
_ Rien, j'ai refusé plusieurs fruits du démon, et jamais je n'ai révélé cette force, je suis déjà assez efficace pour eux, sans qu'ils sachent, ils n'ont donc pas besoin de savoir.
_ Tu te rends compte de l'information que tu me fournis là ?! S'exclama l'homme.
_ Et je te fais confiance pour que cela ne sorte pas de cette pièce, acquiesça la demoiselle.
_ Je suis un pirate, il ne faut pas me faire confiance, rétorqua le chirurgien.
_ Law… Gronda la blanche.
_ Je sais, évidemment je ne dirais rien de cela ! S'amusa le brun en lui montrant qu'il n'était pas sérieux.
_ Je ne rigole pas avec ça, se plaignit-t-elle en frappant gentiment sur le torse de son vis-à-vis.
_ Désolé, je voulais que tu comprennes que tu peux te détendre ici, la rassura le pirate.
_ Je garderais ça en tête, sourit Blue. »
Un gargouillement sonore retentit alors, coupant court à cette conversation. D'un geste de la main, Trafalgar désigna la porte, invitant à venir manger la jeune femme. D'un œil critique, elle évalua sa tenue et supplia du regard son interlocuteur de lui prêter quelque chose pour couvrir ses jambes. Ce dernier s'exécuta, sortant de son armoire une combinaison noire avec le Jolly Roger en forme de virus, caractéristique de son équipage, ainsi qu'un short délavé, usé, rétréci par les lavages répétés.
Sans hésiter, la blanche choisi le second vêtement. Celui-ci lui tombait sur les hanches, mais lui allait, descendant jusqu'à ses genoux et couvrant suffisamment ses jambes à son gout. Oh, ce n'était pas qu'avoir les jambes à nue la dérangeait plus que cela, mais une marine à demi nue entourée d'un équipage de pirate, cela n'était pas très convenable dans son esprit.
Lorsque le duo arriva dans la salle commune, ils furent accueillis par Sachi et Penguin, en pleine fringale non-autorisée, ainsi que par Bepo, qui justement reprenait les mécaniciens sous les yeux de quelques matelots se reposant avant de débarquer, l'île étant à portée de nage.
« Sachi, Penguin, on ne mange pas entre les repas, intervint Trafalgar, son rôle de médecin l'y obligeant.
_ Mais captain'… Couina le duo, avant de se jeter sur la demoiselle, rassurés de la voir debout et en forme. Blue-chan ! On s'est inquiété, fichue Marine !
_ Je vais bien, calmez-vous, s'amusa la jeune femme. Je suis d'ailleurs d'accord avec Law, c'est mauvais pour la santé messieurs, continua-t-elle en désignant d'un geste ample le buffet de sucreries qui était sorti.
_ Mais on s'inquiétait pour toi Blue-chan, et quand on est anxieux on mange, nous ! Contesta Penguin, une moue adorable plaqua sur ses traits.
Un sentiment de contrariété s'empara du capitaine, qui se détourna pour aller trouver un encas moins calorique et plus sain pour son invitée, qui le suivit, interloquée par la froideur soudaine de l'homme.
_ Captain' ? Appela le Mink.
_ C'est capitaine, Bepo, capitaine, soupira le brun.
_ Désolé, s'excusa l'ours polaire, dites, on peut remonter à la surface ? On est à vingt minutes de l'île, et j'ai chauuuuud… Se plaignit-il.
_ Oui, et emmène les deux inséparables avec toi, je vais ranger les restes de repas, ordonna le médecin en sortant un reste de boules de riz avec de la viande.
_ Oui capitaine ! S'exécuta son second, trainant derrière lui les deux compères.
_ Que t'arrive-t-il ? A l'instant, tu étais… Sévère ?
_ Je les trouve juste trop proche de toi.
_ Pardon ? S'étonna la miss.
_ Ils s'inquiètent pour toi, étaient plus informés que moi jusqu'à il y a peu, ils sont proches de toi ! S'écria le survivant de Flévence, irrité.
_ Attends, tu es énervé à cause de leur… familiarité avec moi ?
_ Mais- Réalisa le brun, et alors ? Demanda-t-il en essayant de se donner contenance en se versant un café fumant.
_ Pour rappel, eux n'ont pas dormi avec moi, ne m'ont pas vu pleurer et ne m'ont pas pris dans leur bras comme tu l'as fait, et ils ne m'ont pas changée, alors que je me doute que tu as du me voir sous toutes mes coutures…
Prenant conscience de la gêne occasionnée pour la miss, et de sa stupide réaction, Trafalgar baissa la tête, honteux.
_ Pour ma défense, c'était à titre médical, et pour ton confort, aussi. Mais… Oui, c'est ridicule de ma part de m'énerver pour ça. »
Le silence prit place, apaisant, la tension dans l'air s'étant dissipée. Lorsqu'elle eut finit, la demoiselle lava ses couverts et suivit son hôte sur le pont, où se trouvait l'équipage. Tous attendaient d'être assez proches du port pour faire les manœuvres nécessaires au débarquement, et en attendant, ils admiraient l'île, ainsi que l'immense bâtisse la surplombant, à la vue de laquelle Blue blêmit, reculant contre Law pour se rassurer.
« Miss ?
_ Je ne pensais pas que nous étions dans cette zone de Grand Line, je nous pensais à des îles d'ici ! Combien de temps ai-je été inconsciente et quel jour sommes-nous ? S'inquiéta-t-elle.
_ Le 20 septembre, pourquoi ?
_ … J'ai passé les deux dernières semaines, inconsciente, dans Law et sous vos soins… Souffla, abasourdie, la jeune femme.
_ Quoi ?! S'écria le brun.
_ Je ne sais pas comment c'est possible, avoua-t-elle, aussi surprise que l'homme.
_ Et comment as-tu compris où nous étions ?
_ Ce bâtiment, c'est une place forte de la Marine, une des plus équipées sur le plan technologique. Les pirates ne s'aventurent jamais ici, les quelques fous qui ont essayés ce sont fait capturés, s'en sortir ici est quasiment impossible pour un pirate, d'autant plus que le log pose met 38 jours à se recharger et qu'il y a des surveillances sous-marines régulières… Et je ne tiens pas à être vue en la présence de pirates que je ne combats pas.
_ Es-tu certaine de ce que tu dis miss ? S'inquiéta le brun.
_ Crois-moi, vous avez tous intérêt à faire vraiment attention, surtout si vous avez besoin de réparations ou de vivres…
_ Merci Blue, murmura Law, en la prenant dans ses bras, angoissé par l'insécurité nouvelle de son équipage.
_ La prochaine île n'a pas de présence militaire et est à quelques jours de bateau, les révolutionnaires nous tiennent éloignés depuis plus de quinze ans, un équipage comme le tien ne devrait pas rencontrer de difficulté là-bas, lui dit-elle. Si tu trouves un Eternal Pose de Roar, pars immédiatement, lui conseilla-t-elle tandis qu'il resserrait son étreinte sur elle.
_ Tuyau intéressant, admit le médecin, aller viens, je vais de donner une cape longue pour qu'on ne t'associe pas à nous, et considère que tu ne nous dois plus rien, tu nous sauves à tous la vie là !
Aussitôt dit, aussitôt fait, et voilà que la jeune femme se revêtit d'un long vêtement dissimulant.
_ Merci, adieu, bon voyage et bonne chance, lui souhaita la Marine en sortant de ses quartiers. »
Cependant, avant même qu'elle ne puisse faire un pas, le pirate la prit par la taille, la ramena violement contre lui, happant les lèvres de la miss pour l'embrasser, une passion démentielle lui serrant le cœur. De stupeur et de surprise, Blue ouvrit la bouche, et sentit presque immédiatement la langue de Law venir à la rencontre de la sienne. Submergée, la demoiselle ferma les yeux et répondit au baiser, ôtant à son vis-à-vis un soupir appréciateur.
Quelques instants plus tard, ils se séparent, ne se quittant pas des yeux. L'homme lut alors dans les prunelles de saphir une promesse, ce n'était pas là un adieu, mais un au revoir, une confiance, un lien indestructible qui venait de se former entre les deux personnes. Un sourire fut échangé, et ils s'éloignèrent l'un de l'autre. La Marine allait redevenir celle qu'elle devait être, se rendant à la base militaire de l'^le et informer son supérieur de son emplacement, recevant sans doute dans la foulée une mission, un navire à couler, un équipage à défaire, à détruire.
Trafalgar quant à lui allait faire profil bas, protégeant du mieux qu'il le pourrait ses hommes, les débriefant sur le danger omniprésent de cette île, jugeant l'importance des réparations avec ses mécaniciens, choisissant ce qui devait impérativement fait ici et ce qui pouvait attendre qu'ils atteignent Roar, la prochaine et proche île.
Bonus :
Mylana se déplaçait avec aisance entre des personnes présentes, trainant derrière elle le Chirurgien de la mort, quelque peu perdu, trébuchant et se rattrapant de justesse toute les dix secondes.
« Myla-ya, où allons-nous ?! Demanda-t-il avec une curiosité désespérée pour la centième fois de l'heure.
_ Tu vas voir, rigola d'un rire cristallin la miss en forçant à nouveau l'allure, pressée. »
Le brun n'en dit pas davantage, suivant tant bien que mal cette demoiselle au sourire si éclatant pendant encore quelques dizaines de minutes à travers la foule du Festival du Pain. Doucement mais surement, le duo s'éloigna du rassemblement, au grand soulagement du pirate.
Soudain, elle s'arrêta, l'homme l'imita une fois qu'il l'avait rejointe. Là, il le vit : Le plus grand aquarium du pays, et surtout le lieu de sauvegarde du plus grand nombre d'espèces au monde ! Les yeux écarquillés, Law adressa un regard surpris et émerveillé à sa bien-aimée.
« Comment ? S'étonna-t-il, un sourire digne de Luffy étirant ses lèvres.
_ Tu parles dans ton sommeil et tu n'efface jamais l'historique de navigation…
_ Mais, à cette heure, n'est-ce pas fermé ? Interrogea le chirurgien en se souvenant des horaires du site.
_ Oui, mais… J'ai un ami qui travaille ici, assez haut placé… Nous avons les lieux pour nous seuls, pour la soirée.
_ Myla ! Myla ! MYLA ! C'est génial ! S'écria alors le célèbre Chirurgien de la Mort, désormais comparable à un enfant le matin de Noël…
_ Allez viens, l'invita la miss en entrainant dans le gigantesque bâtiment son doux homme si enjoué. »
Plus tard dans la soirée, devant le bassin des immenses orques, prétextant qu'elle devait aller aux toilettes, la jeune femme laissa son ténébreux ami, qui terminait un succulent repas surpassant de loin ceux que son cuisinier lui préparait sur son navire.
Rapidement, il comprit que sa Belle mettait trop de temps à revenir, et se leva. C'est alors qu'un mouvement brusque agita les impressionnants poissons. Surpris, il tourna la tête vers eux et comprit : Elle était là, au milieu d'eux, le regardant avec intensité. Ses vêtements avaient disparu, il ne restait sur sa poitrine qu'un entrelacement de bandelettes et de perles, s'accordant à la perfection avec les écailles qui habillait cette queue, présente à la place des jambes de la miss.
Une sirène… Je n'avais encore jamais vu une de ces mythiques créatures…
Une danse emplie de grâce et de beauté commença alors, la jeune femme s'amusait avec les orques, joueuses. Subjugué, Law les regardaient, incapable de détourner son regard de l'élue de son cœur. Peu après, celle-ci lui fit signe de venir la rejoindre. Surpris, il s'approcha un peu plus de la vitre de l'aquarium géant, et comprit : Il y avait un rebord en hauteur. Déployant sa « Room », il s'y rendit, et découvrit la combinaison de plongée hermétique, l'enfila et sauta à l'eau, rapidement rattrapé par la magnifique sirène aux nageoires bleutées.
Lorsque, tard dans la nuit, ils arrivèrent chez eux, Mylana réveilla Trafalgar d'un léger baiser.
« Merci pour cette soirée inoubliable… Lui chuchota-t-il, encore dépassé par le bonheur qu'il ressentait.
_ Avec plaisir, et joyeux anniversaire Law… Lui répondit-elle. »
Non, ce bonus n'est pas un possible élément de la fiction d'origine, Mylana n'est pas capable de se transformer ainsi… Enfin je ne crois pas ^^
