Chapitre 4
Le Major Carter resta une semaine à l'infirmerie. Elle n'avait pas le droit de poser le pied à terre ou d'exercer une pression sur sa jambe droite. Les tissus cicatrisaient bien et le Docteur Fraiser sur couvait peut-être un peu trop sa patiente. Elle trouvait le temps bien long alors Janet demanda une dérogation pour que Cassandra lui tienne compagnie quelques après-midis. Sam était ravie, elle pourrait continuer d'apprendre à la jeune fille de bientôt 10ans, à jouer aux échecs.
La semaine passa. Cassandra était une bonne élève et une agréable compagnie. Même Daniel était sorti de ses bouquins pour jouer une partie avec elles. Daniel et Cassandra, ensemble contre Carter. Je vous laisse deviner qui à gagner ? Samantha comme toujours.
Le vendredi soir arrive, et Janet allait partir du complexe top secret sous la montagne avec sa fille Cassie. La mine de celle-ci en disant au revoir au Major, toujours dans son lit d'hôpital, lui fendit le cœur. Une idée lui traversa l'esprit mais était-ce une bonne idée ?
JANET : Major, je pense que vous pourriez passer le week-end, ailleurs qu'à l'infirmerie.
SAM : Oh je peux regagner mes quartiers et mon labo ?
JANET : non je pensais à autre chose Major. Vous avez encore besoin de repos, hors de question de mettre un pied dans votre labo.
SAM : Alors quoi ? chez moi ? Je vais difficilement m'en sortir seul avec ma jambe.
JANET : Je sais, c'est pourquoi j'avais pensé que peut-être, vous pourriez (elle y met toutes les formes possibles pour ne pas la brusquer) venir passer le week-end avec Cassie et moi ?
Cassandra hurle et saute de joie en priant Sam pour qu'elle accepte. Sam déglutit difficilement. Après le baisé échangé au nouvel an, et le silence radio depuis, elle ne savait ni comment accepter ni comment refuser cette proposition.
Elle finit par acquiescer de la tête. Janet sourit discrètement et part prévenir le Général qu'elle autorise le Major Carter à sortir sous sa propre surveillance. Il accepte naturellement. Pendant ce temps, Cassie du haut de ces neuf ans, prépare le sac de Sam pour son départ comme une adorable petite infirmière. Elle récupère même des bandages et des compresses pour quand il faudra refaire le pansement. Sam sourit tendrement, elle aime cette petite fille plus que tout au monde, depuis qu'elle l'avait trouvé sur une planète abandonnée.
La petite troupe quitta l'infirmerie une heure plus tard. Cassie poussant le fauteuil roulant de Sam et Janet portant des bagages. Elles quittèrent Cheyenne Mountain pour la maison de famille de Janet dans le centre le ville voisine.
Une fois à la maison, Cassandra courait dans tous les sens pour installer confortablement Sam dans le canapé du salon, suivit de très près par Tika, sa chienne qui lui faisait la fête depuis qu'elles avaient passé le pas de la porte. Elle lui apporte des oreillers, une couverture, du thé et des biscuits, puis elle fait des allers retours à sa chambre pour lui apporter et lui faire voir ses dessins. La soirée fut paisible, Cassie ne cessait de sourire et de parler. Elle était tellement contente d'avoir Sam chez elle pour quelques jours. Elles commandent une pizza et passent la soirée devant un film pour enfant, toutes les trois, aussi simplement que ça, avec l'animal à leur pied.
Lorsque les parts de pizza furent finies et le film terminé, Janet pria Cassie de se brosser les dents, d'enfiler son pyjama et de se mettre au lit.
CASSIE : Bonne nuit maman, Bonne nuit Sam.
Elle leur fait un baisé sur la joue et part vite à l'étage avec Tika. Cassandra avait persuadé Janet de garder l'adorable chiot que le Colonel O'neill lui avait offert. C'était une femelle Atika Inu, sociable, joueuse, câline et obéissante elle avait une épaisse fourrure douce blanche et orange, ce fut un compagnon protecteur pour Cassandra, ce fut le premier ami qu'elle eut hormis Sam, Jack et Daniel.
Janet débarrasse sommairement la table basse du salon et propose à Sam un autre verre de vin qu'elle accepte. Quand elle revient de la cuisine, l'absence de Cassie, se fait sentir. La gêne revient entre elles, mais l'ambiance de la soirée ne serait en être entaché. Elles bavardent pendant des heures devant la télé muette.
Janet avait préparé la chambre d'ami, elle aide Sam à monter à l'étage et la laisse dans sa chambre. En partant leurs mains se frôlent, leurs regards se croisent. Il y a bien quelque chose d'étrange et d'excitant qui s'insinue entre elles. Toutes deux vont se coucher, un peu chamboulé de la présence de l'autre juste derrière la cloison.
A l'aube Samantha se réveille, pendant quelques secondes, elle ne sait plus où elle est puis elle réalise. Elle ouvre la porte de sa chambre, il n'y a aucun bruit dans la maison, il est encore trop tôt alors elle se rallonge. Mais elle ne tient pas longtemps en place alors elle décide de faire quelques tractions. Elle pense à sa blessure alors elle met la jambe sur une chaise et la laisse morte, pour pouvoir travailler les autres muscles de son corps. Une fois la petite séance finie, elle passe à la salle de bain pour se rafraichir, refaire son bandage puis s'habiller : boots, jean, t-shirt blanc et chemise à carreaux.
Une heure plus tard, elle sent l'odeur du café qui se propage dans la maison, elle descend et rejoint Janet, en peignoir devant sa tasse fumante. Elle en sert à Sam et s'étonne de la voir déjà debout et habillé.
Cassie descend l'escalier avec un vacarme impressionnant pour une petite fille de son âge. Elle porte en bandoulière un énorme sac de sport, elle porte sur le dos, une tenue short et maillot de couleur assorti, elle attrape un toast, elle boit du jus de fruit frais, elle embrasse sa mère et Sam et file par la porte du jardin. Elle referme derrière elle avant que Tika puisse la suivre. Janet explique : entrainement de soccer avec ses petites camarades au stade.
Alors Sam se retrouve seul avec Janet, un samedi matin plutôt ensoleillé par ce joli début de printemps.
JANET : ça vous dit une balade dans le parc, tout doucement avec votre blessure, on ne fera pas de grandes distances. On pourrait allez voir Cassie, le terrain est au bout du parc, juste derrière.
SAM : Avec plaisir.
JANET : Finissez votre petit déjeuné, je vais me préparer.
En milieu de matinée, Janet, Sam et Tika avaient traversé le parc qui s'éveillait de mille couleurs à l'aube du printemps alors que le vent frais giflait leur visage. Même emmitouflées dans de gros manteaux, elles marchaient l'une contre l'autre. Les passants auraient pensé qu'elles luttaient contre le froid, elles seules savaient que le froid n'était pas si rude que cela. Juste une complicité qui grandit pour l'instant. Juste un sentiment qui s'invite discrètement.
Ensemble elle regarde Cassandra, dans sa tenue assortie à celles de ces copines, jouer le match de fin d'entrainement. Janet avait été obligé de rattacher Tika à sa laisse, voir le ballon et les enfants courir, la rendait folle d'envie de se joindre à eux. La jeune Cassie sur le terrain est vive et alerte. Elle a de bons reflexe pour son âge et semble s'amuser énormément. Cela plait beaucoup à Sam. A l'époque elle aurait bien aimé adopter la jeune enfant mais son activité de militaire était trop dangereuse et trop contraignante pour qu'elle prenne soin d'elle comme il le fallait elle avait été heureuse de voir Janet Fraiser, le médecin chef du complexe, jouer les mères de substitution et prendre son rôle très à cœur. Aujourd'hui elle était sa mère aux yeux de tous, et Samantha Carter sa marraine, en quelque sorte. Et aujourd'hui elles étaient toutes les deux, là, accoudées aux barrières autour du terrain et Cassie était comblée de joie. Un élan gonfla son cœur à la vue des deux femmes lui souriant.
Après le match, Cassie rentra à la maison entourée de Sam et Janet, et Tika qui gambade quelques mètres en avant. Au milieu des arbres et les fleurs qui renaissent après l'hiver, l'on aurait pu faire un superbe cliché, un portrait de famille qui se balade tranquillement, sous les rayons fragiles du mois de Mars.
Et si comme moi, vous n'avez pas de préjugés, vous voyez où cette histoire va les mener. Si comme moi, les histoires atypiques, les couples hors normes vous paraissent plus intéressants que les autres, vous allez peut-être aimer la suite.
L'après-midi passa tranquillement. Après le déjeuner, elles avaient été à la pépinière du coin pour préparer le jardin à l'arrivée du printemps. Janet et Cassie faisait leur choix de fleurs et Sam les suivait tranquillement à l'aide d'une canne. De retour à la maison, Sam préparé un thé et un gouter, le temps que Janet et sa fille installe leurs achats dans le jardin et le garage. Le reste de la journée passa, Janet lisait dans la véranda avec Tika lové contre elle pendant que Sam et Cassie entamèrent une partie d'échec.
La soirée continua dans la même ambiance, sereine, paisible et agréable. Janet avait mis un poulet au four et finissait de faire rissoler quelques pommes de terre. Elle appela les filles qui quittèrent leur plateau d'échec et passèrent à table sans cesser de parler de tactique de jeux.
La nuit tombe et le repas se finit. Cassie, qui n'a pas touché ses devoirs de la journée, est sommé d'aller se coucher tôt et de faire ses devoirs demain matin, ainsi elle pourra profiter du dimanche après-midi qui s'annonce radieux.
Sam, malgré l'interdiction de Janet, l'aide à débarrasser et faire la vaisselle, puis elles passent au salon avec une tasse de thé. Les lumières tamisent le décor de bois, la vieille cheminée en pierre, les tableaux aux murs et les livres de la bibliothèque. Elle enclenche la sono, elle n'a pas envie d'allumer la télé, elle trouve ça fatiguant et Sam a besoin de repos. D'ailleurs elle remarque qu'elle s'agite un peu dans le canapé et tient sa jambe quand elle la bouge.
JANET : Est-ce que c'est douloureux ?
SAM : Un peu.
JANET : un antidouleur ?
SAM : déjà pris il y a moins de 3heures.
JANET : Comment est la plaie ? Vous avez fait vos soins aujourd'hui ?
SAM : Ce matin.
JANET : On a beaucoup marché aujourd'hui, venez avec moi je veux voir comment ça cicatrise.
Elle ne lui laisse pas le choix, elle la sort du canapé et l'entraine doucement vers le fond du couloir du ré de chaussé. Lumières brillantes, jeux de miroirs, senteur de lilas et de jasmin, Sam pénètre dans la petite salle d'eau et s'assoie sur une chaise en rotin posé entre le lavabo et la douche vitré à l'italienne.
Un peu gêné, elle comprend, par le regard insistant du docteur, qu'elle va devoir ôter son jean. Elle rougit un instant, loin de l'ambiance austère de l'infirmerie de la Base militaire, cela lui parait autrement plus gênant de se découvrir. Pendant que Janet fouille dans l'armoire à pharmacie et en sort le nécessaire, Sam ôte le bouton, descend la fermeture éclair et descend son pantalon jusqu'aux genoux pour laisser le bandage apparent. Il est rougi de sang.
Janet s'agenouille à ses pieds, Sam déglutit bruyamment malgré elle. La tension monte d'un cran sans que rien ne puisse l'en empêcher. Janet découpe le bandage et découvre la plaie. Un filet de sang coule sur la peau, elle le rattrape avec une compresse. Janet observe avec attention la cuisse dénudée : les points non pas sautés, la plaie est propre, pas d'infection apparente.
JANET : C'est plutôt propre, ça ne devrait pas laisser une grosse cicatrise, j'ai fait de mon mieux, je ne suis pas chirurgien esthétique, désolé…
SAM : Ça sera très bien, ne t'en fais pas.
Samantha avait soudainement tutoyé Janet et elle l'avait remarqué. Elle n'avait rien dit, elle avait juste souri.
JANET : Je vais nettoyer les contours et refaire un pansement stérile. On a peut-être un peu trop marché, les tissus sont encore fragiles.
SAM : Ce n'est rien, j'ai passé une excellente journée.
JANET : Vraiment ?
SAM : Oui bien évidement !
JANET : Alors la balade dans le parc, Cassie qui joue au foot, la pépinière, ce n'est pas trop barbant, j'avais peur.
SAM : Bien sûr que non !
JANET : Alors il y a des choses aussi agréables que des lignes de codes à déchiffrer et les systèmes informatiques à créer ?
SAM : Hm… touché ! oui il y a des choses…plus agréable même, je l'avoue.
JANET : Alors vous me ferrez le plaisir dans l'avenir, et c'est une prescription du médecin qui vous parle, de sortir un peu plus souvent de la Montagne et de vos laboratoires.
SAM : Ok, docteur, je promets.
JANET : Et de passer plus souvent nous voir, Cassie et moi.
A cet instant, Sam ne sut comment interpréter ses mots. Après le médecin, c'était l'amie qui avait parlé. Et l'amie qu'elle était fut tout aussi troublé de la répercussion de ses paroles. Elle reconnut cette lueur dans ses yeux magnifiques yeux bleus. Cette lueur né un soir de nouvel an, sous une voute d'étoiles scintillante, pendant un nuit d'hiver profonde au fin fond du Minnesota.
Janet hésita, elle sentait le regard de Sam sur elle, elle finit ses soins, elle finit méticuleusement de nettoyer la peau rougit de sang, elle finit de désinfecter les bords de la plaie, elle finit le bandage. Elle prend son temps mais sent toujours ce regard sur elle. Pire pendant que ses mains font le tour de sa cuisse pour passer les bandes de tissus blancs, elle sent son propre rythme cardiaque augmenter et sa peau frissonner.
Elle a fini, elle relève la tête et plonge dans le regard de Sam, elle relève un genou et se retrouve à sa hauteur. Sam se penche vers elle, elles sont proche, tellement proche, que leur souffle déjà se mêlent. Il n'a y plus que quelques centimètres entre elles, Janet à une main sur la cuisse dénudé mais pas blessée de Sam. Sam tend sa main vers son visage, elle caresse la joue et passe dans le cou, vers la nuque. Elle l'attire à elle, lentement, doucement, comme pour lui laisser encore le temps de faire machine arrière. Mais Janet n'en fit rien, elle se laisse guider et vint un baiser.
Tendre et timide, presque ému, les deux jeunes femmes s'enlacent. Sam en oublie sa position de faiblesse, le jean sur les genoux, la blessure tout juste soignée et elle s'abandonne dans cette étreinte Janet semble faire de même. C'est la pression de sa main sur sa cuisse qui transforma le baiser doux en baiser plus passionné. A tel point, que les lèvres bataillèrent ensemble en un jeu sensuel à un rythme effréné et les mains s'égarèrent dans les cheveux ou sous les vêtements.
A bout de souffle, elles se séparent, un peu timide mais encore tremblante d'envie. Un regard suffit, aucun remords apparent et des étincelles encore en vie. Janet se relève et Sam fait de même, doucement, elle remet son jean avec un sourire complice.
Ensemble elles rejoignent le salon, leurs mains se frôlent presque. Ensemble elles s'installent dans le grand sofa et tout naturellement, elles s'enlacent. Janet laisse la place à Sam d'allonger sa jambe et se place derrière elle, Sam se love dans ses bras qui l'accueille. Les notes de musique Jazz résonne encore en sourdine. Elles passent quelques heures, là, simplement à flirter, à jouer avec leurs mains, à discuter et échanger quelques tendres baisers. A minuit, elles rejoignent l'étage.
Sans vouloir tout précipiter, sans vouloir se brusquer, elles se séparent dans le couloir et entrent chacune dans leur chambre - avec beaucoup de difficulté néanmoins, et après plusieurs baisers enflammés dont leurs lèvres gardent encore une trace.
Sam s'allonge sur le dos, elle a le sourire aux lèvres et n'arrive pas s'en défaire Janet passe dans sa salle de bain, elle s'observe longuement dans le miroir, elle ne sait pas trop ce qu'elle fait mais ce qui se passe entre elles commence à l'intriguer, voire plus, commence à l'attirer. Elle sent qu'elle perd le contrôle mais cela ne la dérange plus. Elle part se coucher avec ses seuls baisers en pensées.
Vous comprenez maintenant comment Le Major Carter se ranima à la vie, elle échappa ce soir-là, sans le savoir, à une névrose qui la poursuivait depuis des années et était sur le point de la rattraper. Non ce soir-là, elle écouta son cœur plutôt que sa raison – du moins en s'endormant.
Chapitre 5
Un beau dimanche les attend, Cassie se lève, Janet et Sam sont déjà dans la cuisine devant une tasse de café et des toasts. Elle se joint à elles avec le sourire d'une gamine de neuf ans heureuse. Son sourire disparait quelque peu quand Janet lui rappelle qu'il faut en passer par la case « devoirs » à tout prix. Sam se dévoue, elle lui propose son aide, le visage de Cassie s'éclaire de nouveau et elle emmène Sam dans sa chambre, pendant que Tika quémande un petit bout de petit déjeuné à sa grande maitresse Janet.
Ce que Cassie ne sait pas, c'est qu'à l'aube Janet avait surpris Sam, sac sur le dos, canne à la main, en train de déguerpir par la porte de derrière. « Qu'est-ce que tu fais ? » Avait dit Janet en la surprenant. « Je n'en sais rien du tout. » Avait-elle répondu, le regard dans le vague entre l'extérieur et l'intérieur de la maison. Janet s'était approché d'elle, avec une extrême lenteur, comme on approche un animal blessé. Sam ne bouge pas, elle se laisse faire. Janet dépose un léger baiser sur ses lèvres et la retient à l'intérieur, la porte se referme empêchant le vent froid du matin d'entrée plus amplement dans la maison. « Sam, je ne sais pas non plus ce qui se passe entre nous, mais de toute évidence il se passe quelque chose », avait dit Janet. « De toute évidence » Avait répondu Samantha. « Prenons le temps de savoir ce que c'est, avant de s'enfuir en courant et en cachette ? » Avait continué Janet. « Désolé, j'ai paniqué, alors que c'est moi, qui ce soir-là... » S'était excusé Sam sans pouvoir finir sa phrase. « Ça ne vous ressemble pas de paniquer. » Avait renchéri Janet mais elle ne put plaisanter plus longtemps car Sam avait retrouvé son courage et l'avait plaqué au cadre de la porte et pris d'assaut ses lèvres sans plus de manière ni de retenu.
Et la journée passa, dans le jardin, profitant des premiers rayons de l'année. Il faisait encore froid, mais le soleil irradiait et le ciel était grand et bleu. Sam comprit à quel point ce qu'elle n'avait pas et n'avait jamais eu, lui manquait. Elle vivait dans un petit appartement en centre-ville, simple et dépouillé, un salon avec des bureaux, des ordinateurs, des murs avec ces dizaines d'étagères remplis de livres et de manuels, canapé, table basse et écran géant. Une chambre, un lit, une armoire blindée, une salle d'eau et une petite cuisine, et rien dans les placards. Un balcon avec vue sur la ville. Elle n'y mettait pas souvent les pieds de toute façon, ces dernières années, elle restait à la Base le plus souvent. Mais cette après-midi-là, dans le joli jardin, allongé sur une chaise longue en bois, entouré d'une amie, d'une enfant et d'un chien joyeux, elle se sent plus légère, elle se sent plus sereine, presque heureuse.
Cassandra joue au ballon avec Tika et montre ses techniques à Sam, celle-ci a très envie de jouer avec elle mais avec sa blessure, elle se retient. Janet s'installe avec Sam sur la chaise, les recouvrant d'une vieille couverture. Cassie ne réagit pas, elle est simplement heureuse de voir sa marraine ce week-end, elle est encore trop jeune pour se poser des questions ou remarquer les petits gestes d'attention, tout nouveau, entre elles.
Au dîner, Cassandra est toujours en pleine forme, malgré l'après-midi à s'agiter dans le jardin et ce cesse de raconter ses histoires d'école, de copines et de maitresse à Sam. La vie terrienne, elle trouve ça très enrichissant, même si ses souvenirs d'au-delà de la porte des étoiles s'estompent jours après jours. La vie avec Janet et son chien était parfait pour la petite fille qui avait tout perdu sur sa planète d'origine.
Sam alla border Cassie, assez tôt car il y avait école demain et Tika se roula en boule sur la couverture au pied du lit de l'enfant. Sam lui conta une histoire extraordinaire - une histoire adaptée d'une mission réelle qu'elle avait vécu avec SG1 quelques mois auparavant – une histoire dans laquelle on y rencontre des petites fées magiques. Des petits êtres vivants en communauté, pouvant voler et scintiller de milles couleurs dans la nuit noire. Des petits êtres qui vivent en harmonie dans une forêt gigantesque aux arbres bleu et violet, orange et rose, où l'on distingue au travers des hauts feuillages un immense ciel jaune ou orange selon l'heure de la journée. Leur forêt-ville est traversé par une rivière au reflet d'argent et milles et unes fleurs colorées envahissent les rives et les alentours pendant que les deux petits soleils leurs apportent leurs bienfaits.
Cassie et Tika s'endorment. Sam descend lentement les escaliers, cette blessure est décidément plus vilaine qu'elle veut bien l'affirmer. Pendant quelques secondes, elle s'en contrarie mais sans cette blessure elle ne serait pas là ce week-end et son cœur s'emballe alors qu'elle rejoint Janet dans le salon.
Elle écoute les informations sur la chaine nationale en sourdine, presque dans le noir. La nuit tombe et elle n'allume pas les lampes. Sam la rejoint sur le canapé.
Un drame s'est produit en Orient, Sam passe un bras autour des épaules de Janet. Janet se cale un peu plus contre elle, prenant soin d'éviter la cuisse blessée.
SAM : Et dire qu'ils se font encore la guerre alors que nous on les sauve de dangers encore plus grands.
JANET : Je sais, un jour le monde saura ce que SG1 a fait pour lui.
Elles se serraient l'une contre l'autre. Les infos se terminent, un film quelconque va commencer. Elles restent silencieuses, enlacées, même leurs doigts se sont trouvées et jouent ensemble.
« Il n'y a rien de mal à ça » se dit une petite voix dans la tête de Janet.
« Ce qui est agréable ne peut pas être mal » semble répondre une autre petite voix dans la tête de Sam.
Janet relève la tête et trouve le regard bleu, sensible et soudain fragile de Sam. La seule lueur des néons du téléviseur les éclaire et lentement, elles succombent, elles s'embrassent. Depuis cette soirée de Nouvel An, Sam n'avait pensé qu'à ça, même si elle se l'était caché en se plongeant dans le travail et les analyses, ressortant même des vieux dossiers archivés mais pas résolut. Tout ce qui visait à détournée cette pensée de son esprit, était le bienvenu. Mais elle n'avait plus d'échappatoire avec cette blessure et cette invitation. Ses pensées ne se détournaient plus de cette femme, cette collègue, cette amie sincère pour qui s'éveillait une attirance inédite et excitante.
Les lèvres soudées et la respiration haletante, elles s'abandonnent dans ce baiser, elles s'abandonnent dans le large canapé, petit à petit le flirt devient avances équivoques. Les corps se chevauchent, les mains se pressent sur le corps du l'autre.
Elles n'auraient pas su dire combien de temps s'était écoulé. Elles n'avaient franchi aucune frontière trop intime, leurs baisers pourtant étaient enflammés, leurs mains avides de curiosité mais leur désir n'ira pas plus loin ce soir. Non pas par manque d'envie, bien au contraire, c'est la grimace que Sam fit malgré elle, en sentant la douleur dans sa cuisse. Janet ne stoppa net et se releva. Elle tendit la main à Sam, qui ses releva difficilement. Elle maudissait cette maudite blessure et l'instant d'après elle regrettait, sans elle, elle ne serait pas là, se souvient-elle. Le rose aux joues et sans un mot, elles montent à l'étage. Janet l'entraine dans sa chambre, elles s'allongent ensemble dans le grand lit à tête de bois sculpté et s'installe l'une contre l'autre.
En un regard, elles se mettent d'accord. Ce n'est pas l'envie qui manque, mais elles prendront leur temps avant d'en arriver là, avant de succomber au désir primitif et charnel qui coule pourtant dans leurs veines. En partie à cause de la blessure de Sam, il faut bien l'avouer.
Toute la nuit, dans les bras l'une de l'autre, trouvant le sommeil petit à petit. Un sommeil bienfaiteur pour Sam, qui depuis bien longtemps n'avait pas profité de la chaleur et du réconfort du corps d'un autre être vivant contre elle.
Il n'y a pas plus simple moment de bonheur que celui que l'on passe dans les bras d'un être cher. Il n'y a pas chaleur plus forte que celle d'un cœur qui bat contre le sien et qui chasse la lentement la solitude.
Chapitre 6
Le lundi matin, tout va très vite, Cassie part en bus, Tika l'accompagne jusqu'au trottoir puis revient. Sam et Janet, quelques minutes plus tard, partent ensemble dans la berline noir, direction Cheyenne Mountain.
Le cœur un peu gros, Sam avait longuement embrassé Cassie et lui avait promis de revenir vite pour entamer une nouvelle partie d'échec et lui apprendre de nouvelles phases de jeux.
Le cœur carrément serré, Sam regarde la montagne apparaitre au loin. Plus elles approchent, plus elles se serrent la main. Elles savent toutes deux, que le retour à la réalité va être dur et que faire comment si de rien n'était allé être compliqué. Même si toutes deux sont militaires, médecin et scientifique, surentrainées et tenues au secret, elles savent que ce secret-là, sera plus compliqué à garder.
Une fois les portes de l'ascenseur ouvertes sur l'étage principal, elles se séparent et prennent des couloirs différents un dernier regard, un dernier sourire et le court des choses normal reprend.
Le court des choses normales… pas tout à fait. Après ce week-end en compagnie de Janet, Sam n'évitait plus l'infirmerie après chaque mission à travers la Porte, et trouvait souvent une bonne excuse pour la voir, faire soigner sa blessure -qui cicatrisait très bien-, manger à la même heure au Mess ou encore la croiser par pure hasard dans le gigantesque complexe sous-terrain. Quelques fois, elles s'étaient retrouvées dans des recoins désert de la Base, et à chaque fois l'envie grandissait et les gestes s'emportaient, à tel point que le flirt entre elles devint préliminaires endiablés et cachés.
Toutefois la vie dans le complexe, les soldats, scientifiques, ingénieurs, informaticiens et tout le personnel grouillaient tellement à bord que plusieurs fois elle se firent peur. Elles décidèrent d'être plus prudente dans l'avenir. Facile à dire mais pas à faire. Sam avait pris conscience que ce n'était pas une lubie, une attirance éphémère qui se serait échappé a peine l'aurait-on effleuré. Janet, depuis longtemps désabusé des hommes, commençait à penser que cette relation était évidente, comme si cette révélation était là depuis toujours, attendant seulement le bon moment et la bonne personne.
Un midi alors qu'ils étaient tous attablé au Mess, Sam, Daniel, Teal'c, Jack et Walter Janet leur annonça la surprise. Sam eu le cœur au bord de la crise mais très vite elle comprit. Janet parlait de l'anniversaire de Cassandra, prévu samedi en quinze où tout le monde été invité. Elle les prévient tout de suite que ce sera un après-midi jeu, buffet de gâteaux et friandises, dizaines d'enfants avec leurs parents, distributions de cadeaux. Bref un anniversaire de petite fille de 10ans dans les règles. Le colonel O'neill tique un peu mais rajoute un truc du genre « tant qu'il y a du gâteau à la crème… ». Teal'c décline, il a déjà prévu d'aller sur Chulak pendant cette permission, Walter fait de même, il sera de garde. Daniel et Sam ne peuvent qu'accepter, bien évidement.
La discussion dérive sur les présents à offrir à la petite Cassandra. Jack opte pour un ballon de foot tout neuf et quelques accessoires, car Sam a laissé échapper que le sien était tout abimé à force de jouer avec Tika. Daniel opte pour un livre, il ne sait pas encore lequel mais il y réfléchira. Sam ne dit rien, elle a déjà quelque chose de bien emballé dans un placard en vue de cette occasion. Janet hésite entre un ensemble jean-sweat que la jeune fille à repérer ou bien la boite de jeux chimiste à partir de 12ans que la jeune fille aimerait beaucoup avoir malgré l'âge requis qu'elle n'a pas. Après réflexion, elle se dit qu'elle prendra surement les deux et même peut-être plus.
Quinze jours plus tard, le Major Carter quitta la base en compagnie du Colonel et de Daniel. Chacun devait rentrer chez soi et se retrouver le lendemain après-midi pour l'anniversaire de Cassandra. Jack parti au quart de tour, il n'avait bien évidement pas acheter son cadeau pour la petite qu'il aimait beaucoup, alors il fila au centre commercial du centre-ville pour y trouver une tenue de soccer, des plots, un ballon, vrai en cuir et une mini cage de but. Il quitta le magasin à la fermeture, fier de lui et le sourire aux lèvres.
Daniel fila à la bibliothèque pour y passer la soirée à travailler.
Sam rentra chez elle, elle hésita longuement avant d'y rester car l'envie de rejoindre Janet chez elle était grandissante mais elle freina ses pulsions et s'installa dans son canapé, ordinateur sur les genoux et bière à la main.
Janet, quant à elle, avait quitter le complexe bien plus tôt dans la journée, pour acheter les dernières décorations et passer récupérer toutes ces commandes, du gros gâteau d'anniversaire en sucre glace, intérieur cake nature et crème pâtissière, aux multiples pâtisseries au chocolat ou aux fruits et autres sucreries qui composeront le buffet. Elle rentra chez, les bras chargés, elle avant le retour de Cassie et eu le temps de tout ranger dans les frigos et placard du garage.
Quand Cassie rentra de l'école, complétement surexcité, elle supplia sa mère de lui dévoiler les surprises qu'elle lui réservait pour demain mais Janet n'en dit pas un mot. Un peu plus tard le téléphone retentit, c'est la maman d'une camarade de classe de Cassie. Elle lui propose d'emmener les petites au cinéma, nouveau long métrage d'animation, séance de 19h au centre commercial. Il y aura deux mamans et cinq enfants avec Cassie, la seule contrainte est de la déposer et de venir la rechercher à 22h.
Cassandra la supplie du regard, elle a très envie d'aller au cinéma comme une grande avec ses copines - même avec deux mamans assissent juste derrière- et de manger une glace après. C'est son anniversaire et Cassandra n'utile pas son regard de chien battu pour tout et pour rien, c'est une petite enthousiaste mais raisonnable alors Janet accepte.
Elle prend ses clefs, son portable, son blouson long de cuir marron et emmène Cassie, bien protégée dans son manteau -les soirées sont encore fraiches – en voiture vers le centre, loin des quartiers résidentiels.
Sur le parking du complexe, elle retrouve son amie Carrie, la mère de Julia, meilleure copine de Cassie, avec Linda et Gracie qui les rejoignent. Janet laisse sa fille avec Carrie, après un très long câlin et pleins de bisous - A 22h, elles se retrouveraient toutes là.
Janet remonte en voiture et regarde sa fille s'éloigner en tenant ses copines par la main, riant et impatiente de voir leur film. Janet sourit, elle grandit vite, elle l'a longtemps sur couvé, vue la situation, mais elle très fière de la jeune fille qu'elle devient. Elle est intelligente, plus que la norme, elle est curieuse de tout, elle porte attention à tout ce qui vit et est doté d'une grande sensibilité et d'un farouche courage aussi.
Elle démarre, elle s'apprête à rentrer chez elle puis elle y pense, quelques secondes : elle a trois heures à tuer avant de venir la chercher, et Sam n'habite pas loin. Elle rejette l'idée, elle se dit qu'elle pourrait commencer quelques préparatifs pour gagner du temps demain matin. Elle prend la route, mais elle tourne au mauvais carrefour à cause d'un chauffard. Elle se rend compte qu'elle a très envie de l'appeler, mais se résigne encore une fois et poursuit sa route. Elle n'ose pas. Elle s'égare dans les rues.
Puis il y a un nouveau carrefour, droite, elle rentre chez elle, gauche, c'est la rue de résidence du Major Carter. Janet enrage, elle n'arrive pas à se décider, elle voit des phares au loin dans le rétroviseur, elle doit faire un choix et vite. Gauche.
