Chapitre 7
Samantha Carter est assise au bord de son canapé, elle se tient la tête, elle est prête à s'arracher les cheveux. Sur la table basse, face à elle, un pc portable 17 pouces avec une tête d'Alien aux yeux bleu sur le capot, relié sans fil à un clavier ergonomique, une tablette graphique et une souris de gamer. Les trois quarts de sa table basse sont recouverts, seuls un coin est libre, si ce n'est les quelques bouteilles de bières et des plats chinois vides qui trainent là. Elle tape frénétiquement sur son clavier mais son air ne s'apaise pas. Elle s'énerve, son programme échoue.
A côté du canapé, un long bureau prolongé d'une planche et de tréteaux traverse la pièce, quatre ou cinq écrans d'ordinateur de différentes tailles, différents programmes en route, des claviers, des tablettes tactiles, deux énormes enceintes et deux énormes tours reliés de milles câbles de couleurs. Des formulaires, des notes, des manuels informatiques éparpillés un peu partout. Un écran de télé géant accroché au mur, noir, éteint. Les basses des enceintes tremblent, un piano résonne. Passages of Live. Steven Buckner. Du classique mais moderne.
L'appartement du Major a tout d'un repère de nerd, de geek, voire même d'hacker. Personne n'en aurait été très étonné, car son laboratoire à la Base était en tout point semblable, excepté les nombreuses machines de haute technologie. Elle s'écroule dans son canapé, elle lâche l'affaire pour l'instant. Elle allait quand même se lever pour faire des ajustements sur un autre terminal quand elle fut stoppée dans son élan par le bruit de la sonnette.
Etonné, elle rejoint l'entrée, elle n'attend personne, elle se pose des questions. Elle jette un coup d'œil au judas. C'est Janet sur le pas de sa porte.
Janet. Son rythme cardiaque s'affole. Sa respiration se bloque. Elle regarde autour d'elle, son appartement à l'air d'un repaire de cyber criminel qui aurait subi un mini typhon. Tempi. Elle se regarde elle, jean troué et vieux t-shirt blanc – tâche de sauce soja – elle grimace. Tempi aussi. Elle a hésité quelques secondes mais elle ouvre la porte avec l'air étonné mais ravie et les yeux pleins de questions.
SAM : Janet, qu'est-ce que vous faites là ? un problème avec Cassie ?
JANET : Bonsoir Sam…
SAM : Bonsoir.
JANET : Non aucun problème, elle est … au cinéma avec des copines et leurs mamans.
SAM : Oh ! Entre vite.
Le tu remplaces le vous, timidement et pas tout le temps. Sam ouvre un peu plus la porte et laisse entrer Janet. Quand elle referme la porte, les lumières du couloir de l'immeuble disparaissent et la pénombre bleutée régnant dans l'appartement les submerges. Sam l'invite à se mettre à l'aise, elle en profite pour se débarrasser des restes qui trainent sur la table mais n'allume pas les lampes et propose une bière à son invité qui accepte.
SAM : Cassie au cinéma avec des copines ? wow, étape grande fille.
JANET : Oui ! c'est dingue. Dix ans demain.
SAM : elle va être ravie de cette fête non ?
JANET : c'est certain !
SAM : d'ailleurs je ne vous ai pas encore demandé la permission et je dois le faire. J'ai acheté son cadeau il y a plusieurs mois déjà ... Je reviens.
Elle se lève du canapé, elle commence à retrouver son agilité et toute sa force dans sa jambe. La blessure est totalement refermée, les points de suture ont été enlevés et elle a déjà fait un bon nombre de séances de kiné -avec le chef kinésithérapeute de la Base, un tortionnaire. Pendant qu'elle court chercher le cadeau d'anniversaire planqué dans sa chambre, Janet observe les lieux. Elle n'était jamais venue, mais elle avait vue juste : quand Sam sortait de la Base et rentrait chez elle, s'était encore pour se planter devant des ordis avec des programmes, des analyses et même des jeux, conclut-elle en voyant des manettes en charges sur une étagère, entre des gros manuels et des caisses de matériel de connectique qui débordent. Elle n'a pas le temps de décrypter l'un des écrans au loin, qui l'intrigue pourtant avec ce gros logo « TOP SECRET » suivit de « code invalide » qui clignote. Carter serrait-elle un hacker ? Non, Janet s'enlève ça de la tête immédiatement. Carter est militaire et fille de militaire. Elle est la meilleure spécialiste dans sa branche et domaine d'expertise, très controversé, que sont les technologies extra-terrestres. Elle ne ferait jamais rien d'illégal, du moins sans autorisation.
Sam revient avec un gros carton plat dans les mains. Janet reconnait le logo. C'est un ordinateur portable dernier cri.
JANET : Non Sam, c'est beaucoup trop !
SAM : Il n'y a rien de trop pour Cassie et elle a l'âge d'apprendre à manipuler des données informatiques, c'est l'avenir, vous le savez.
JANET : c'est extrêmement gentil de ta part.
SAM : Ça me fait plaisir. Elle va aimer tu crois ?
JANET : J'en suis persuader, je le lui ai refusé pour Noël mais tu peux lui offrir, je ne suis pas contre… Mais sérieux, je ne veux pas que sa chambre, dans quelques années, ressemble à ton appart !
Sam s'offusque faussement, elle regarde autour d'elle et fait mine de ne pas voir ce qui cloche dans son appart. Janet rit puis soudain devient plus sérieuse. L'ambiance tourne en une fraction de seconde. Il n'y a que les lumières des écrans dans le noir, ça rend l'atmosphère plus intime, ça ne lui déplait finalement pas. Janet se rapproche. Il n'y a plus de peur, il n'y a plus de doute dans son regard. Elle lui murmure à l'oreille « je dois récupérer Cassie dans trois heures » avant de l'embrasser.
A présent, il n'y a plus aucune fausse excuse pour les empêcher de donner libre court à leur désir. Hors de la Base, Cassie occupé, Janet à un peu de temps et les programmes informatiques de Sam peuvent attendre. Sam surprise par l'élan soudain de Janet, se laisse entrainer dans ce baiser. Ce baisé qui s'enflamme de seconde en seconde. Ce baisé qui s'appondit et qui décuple l'envie brulant au creux de leurs reins.
Samantha, sans plus aucune réticence enlace Janet et la bascule avec elle sur le canapé. Pour la première fois, le poids de son corps s'appuie totalement sur celui de Janet et son souffle devient court, sans pour autant cesser de l'embrasser, elle la serre contre elle, elle veut se rapprocher encore plus. Janet semble animé de la même pulsion. Elles n'ont aucune intention de cesser de s'embrasser. Elles n'en auraient pas été capable à ce moment-là précis de toute façon. Impossible à présent de faire machine arrière, enfin libre de se laisser emporter par ce désir charnel qu'elles repoussent difficilement depuis des semaines.
Les mains cherchent le contact de la peau nue. Les baisés débordent des lèvres pour recouvrir le cou et le buste. Les mains s'agrippent aux hanches lorsque par hasard la cuisse de Sam se glisse entre les jambes de Janet. Elle fait attention à ne pas se servir de sa jambe fraichement remise de blessure, elle prend son temps, elle accentue le mouvement. Elle déboutonne le chemisier blanc de la jolie jeune femme rousse en dessous d'elle, elle effleure de ses lèvres le soutien-gorge en dentelle qui apparait. Janet se cambre, elle se laisse emporter, elle ne résiste pas. Elle ôte le t-shirt de Sam d'un seul mouvement. Les premiers vêtements s'envolent et tombent au sol. Elles restent à égalité.
Les baisers s'enflamment, la température monte, les sens sont avides d'en découvrir plus. Ni l'une ni l'autre n'avaient jamais expérimentées cela mais les gestes deviennent naturels et instinctifs. Le désir est naturel. Donner du plaisir est universel. Sam et Janet écoutent leurs corps et tout devient magique.
A la clarté des écrans de veille qui s'activent les uns après les autres, les yeux bleus magnétiques de Sam étincellent, son envie se lit et Janet est charmé. Ses doigts s'égarent jusqu'au bouton de pantalon de tailleur et le défait. Ceux de Janet courent dans le dos de Sam et dégrafe les attaches.
Sam se stop et se relève, elle entraine Janet avec elle, entre deux baisers plaqués contre le mur du couloir, elles atteignent la chambre et le rebord du lit. Seul la Lune les éclaire faiblement par la fenêtre. Sam fait assoir Janet sur le rebord de la couette. Debout elle se colle à elle et l'embrasse, Janet finit de lui ôter son sous-vêtement. Sam glisse ses mains sur ses hanches et finit de lui ôter son pantalon de tailleur bleu marine.
Janet s'étend, en sous vêtement en dentelle bleu profond sur le lit. Leur timidité s'évade, le désir est plus fort. Heureusement sinon la gêne aurait été totale. Sam la regarde depuis le bord du lit, elle ne porte plus que son jean clair déchiré. Elle est magnifique, cheveux blond court et ébouriffé, les yeux bleus, d'une pureté parfaite, silhouette musclée, abdominaux légèrement dessinés et poitrine généreuse. Elle se débarrasse de son jean avec un malin sourire, mais dans la précipitation, elle agrandit le trou de tissu au niveau du genou, elle rit mais très vite, reprend son sérieux et rejoint Janet sur la couche, en envoyant valdinguer son vieux jean.
Toutes deux enlacées, elles s'embrassent, elles se caressent sans plus aucune retenue. Elles s'aiment simplement, elles s'aiment sans plus penser à qui elles sont. Il y a juste l'instant présent qui compte, juste l'instant qu'il faut vivre et retenir le plus possible. Juste l'instinct de se faire du bien et d'échanger un sentiment naissant et grandissant de plus en plus chaque seconde.
Ensemble, tout leur parait normal, tout leur parait évident.
Soudain, c'est comme si elles se voyait pour la première fois, comme si elles se découvraient toutes deux sous un autre jour. Franchir les limites de l'intimité est un grand pas surtout lorsque l'on est collègues et amies de longues date mais, paradoxalement, elles avaient pris assez de temps pour se décider, pour que cette nuit se passe sans ambigüité, en toute sincérité et en tout consentement mutuel. En tout consentement charnel ai-je envie de dire. Sam aurait aimé y mettre les formes comme un diner et des chandelles mais les événements étaient tels que Janet avait débarqué à l'improviste avec une idée bien précise derrière la tête. Leurs corps sans complexe se cherchent et se trouvent en un parfait accord. Une union enivrante, émouvante car presque inespéré. Une étreinte qui anima en elles un sentiment d'épanouissement qu'elles n'avaient jamais connu, ni l'une ni l'autre, auparavant.
Après avoir connu l'extase -et plusieurs fois, oserais-je ajouter-, Janet regarde l'heure qui a tournée, et à contre cœur, elle se rhabille (en allant récupérer son chemisier et ses bottes dans le salon). Elle ne fuit pas, elle doit récupérer sa fille mais lui jure qu'elle aimerait de tout son cœur rester avec elle jusqu'au petit matin. Elle embrasse Sam, encore nue, sous les draps. Sam sourit. Elle s'endors presque à vrai dire. Elle veut se lever pour raccompagner Janet à la porte mais cette dernière se rallonge sur elle, Sam se retourne sous les draps, elles s'embrassent.
JANET : Ne te lève pas, je trouverais le chemin.
SAM : Claques la porte derrière toi s'il te plait... Hm… j'ai beaucoup de mal à ne pas t'avouer que j'aimerais que tu restes.
JANET : Je sais, j'aimerai aussi mais je ne peux pas. On se voit demain. (Elle dépose ses lèvres sur les siennes.)
SAM : Oui à demain.
Janet se relève, leurs mains mettent du temps à se séparer. Sam se cache sous les tissus lorsque Janet sort de son appartement.
Chapitre 8
Le lendemain matin, Cassie, comme tous les samedis, part pour l'entrainement en avalant un semblant de petit déjeuné. Mais aujourd'hui sa mère la retient un peu plus longtemps dans ses bras, l'embrasse fort et lui souhaite un bon anniversaire. Elle lui rappelle de ne pas trainer après son match et de rentrer vite se préparer. En passant par la véranda pour rejoindre le parc par le portail du jardin, Cassie aperçoit, la table disposé déferrement de d'habitude, les chaises poussées, une nappe en papier mauve, des ballons de toutes les couleurs et des tas de sachets non déballé genre gobelets, assiettes et cuillères en plastiques. Janet est en plein préparatif depuis le petit matin. La jeune fille sourit de toute ses dents et part en courant pour aller faire son sport.
En début d'après-midi, les premiers copains-copines de Cassie arrivent avec leurs parents et la fête peut débuter. Le temps est clément et les enfants jouent dans le jardin, les baies vitrées de la véranda sont ouvertes et les parents discutent avec un premier verre à la main. Peu après Sam sonne à la porte. Janet court lui ouvrir. Elle attendait beaucoup de monde mais espérait à chaque coup de sonnette que ce soit elle. Son sourire irradie dès lors qu'elle la voit. Sam aurait aimé arriver plus tôt pour Cassandra mais elle redoutait de voir Janet autant qu'elle le désirait. Le rose aux joues, elle se font la bise mais la main de Janet dans son dos qui prolonge l'étreinte, la rassure. Janet jette un coup d'œil par-dessus son épaule, personne à l'horizon dans le couloir de l'entrée alors Janet fait le premier pas et dépose un léger baisé sur ses lèvres. Le cœur de Sam s'en trouve tragiquement bouleversé, elle n'a pas rêvée la visite de Janet hier soir.
Sam dépose son cadeau avec les autres dans le salon et Janet l'entraine ensuite dans le jardin et la présente aux autres invités. Cassandra, en plein jeu, entend la voix de Sam et se retourne immédiatement. Avec Tika sur les talons, elle se précipite dans ses bras. Sam la soulève de terre et la fait tourner dans les airs, elle la repose vite car Cassie n'est plus une toute jeune enfant.
SAM : Bon anniversaire mon cœur.
CASSIE : Merci Sam, je suis heureuse que tu sois là !
SAM : Moi aussi, je n'aurai loupé ton anniversaire pour rien au monde.
CASSIE : Est-ce que Jack, Teal'c et Daniel vont venir aussi ?
JANET : O'neill et Daniel ne devraient pas tarder ma puce.
CASSIE : super !
Quelques parents s'étonnent de la complicité entre la militaire - présenté comme tel mais en civil aujourd'hui bien sûr, boots noirs, jean, chemise noire et veste en cuir marron- et la jeune fille. Cassie s'en rend compte et réplique malicieusement avant de repartir jouer avec ses amis.
CASSIE : Sam, elle m'a sauvée la vie. Elle a risquée la sienne et a failli mourir avec moi ! c'est un héros vous savez !
Cassie s'enfuit en courant dans le jardin et Sam cache le rouge de ses joues en tentant de répondre vaguement aux interrogations suscitées. On sonne à la porte, Janet part puis reviens avec Daniel Jackson et Jack O'neill, les bras remplis de cadeaux. Cassandra revient en hurlant et Jack a à peine le temps de poser ses paquets à terre que la jeune fille lui saute au cou.
La petite fête continue, dans une très bonne ambiance. Cassandra découvre ses cadeaux avec milles paillettes dans les yeux. Elle remercie tout le monde une demi-douzaine de fois. Puis elle part tester son tout nouveau ballon de foot avec Jack, ses amis et son chien. Mais avant ça, elle monte dans sa chambre avec le carton de pc offert par Sam et le livre « Le Magicien d'oz » en édition rare offert par Daniel – c'était la première histoire que le professeur en archéologie avait raconté à la jeune fille après son arrivée sur terre. Elle les pose sur son bureau comme des objets précieux. Les autres jouets, vêtements et autres présents restent dans le salon. Elle passe la journée à jouer, rire et manger de grosse part de gâteau à la crème.
La journée est impeccable. Les enfants sont heureux, surtout Cassie et pour Janet c'est tout ce qui compte. Pour Sam aussi. Dans leurs yeux le même sentiment se lit et si quelqu'un avait été un peu plus attentionné, il l'aurait surement remarqué. La complicité passe naturellement, pourtant elles savent qu'il y a bien plus entre elles à pressent.
Etre discret n'est pas facile quand toutes les fibres de son corps sont attirées par l'autre en permanence. Alors quand la fin de la fête approche, que les premiers enfants-parents sont rentrés chez eux, Sam entraine Janet dans le garage sous prétexte de ranger déjà quelques chaises. Jack se porte aussi volontaire pour aider à ranger, il sort les sacs poubelle rempli de serviettes en papier, assiettes en carton et emballages de cadeaux déchirés. A quelques centimètres près, à quelques degrés d'angle de vu près, Jack aurait pu apercevoir, par une porte entre-ouverte, Sam et Janet enlacées et s'embrassant contre un placard du garage. Mais heureusement il n'en fut rien. Et le secret resta secret.
Le jour décline, le froid revient, alors ils entrent tous. Les parents viennent chercher les derniers enfants présents. Janet et Cassie disent au revoir, Daniel et Sam range un peu la pagaille, Jack joue avec Tika. Puis tous se rejoignent dans le salon, Cassie monte sur les genoux de Jack. Daniel s'installe dans un fauteuil club - en se disant que les enfants c'est épuisant ! et Janet leur propose des bières.
Jack raconte à Cassie ses dernières aventures en n'en rajoutant des tonnes. Daniel le reprend à chaque fois et tout le monde rit. Sam et Janet sont affalées dans le grand canapé à cause de cette éprouvante journée. Personne ne remarque leur proximité, ni leur complicité qui à infiniment changée. C'était bien trop inimaginable pour que le colonel ou l'archéologue y songent. La soirée passe dans une très bonne ambiance, la soirée passe entre rire et souvenirs. La petite fille adore être en compagnie de cette équipe, c'est comme une deuxième famille pour elle, il manque Teal'c mais elle comprend pourquoi il est absent - elle mieux que quiconque peut comprendre le besoin de renouer avec sa planète, quand on en a encore une, ce qui n'est plus son cas - Elle se sent en sécurité en leur présence, elle se sent aimé alors qu'elle était orpheline il y a quelques années. Elle écoute le son de leurs voix, le court de leurs histoires, en songeant à cette belle journée.
Un peu plus tard, Cassie s'est endormie dans le canapé. Les deux hommes prennent congé, Sam prétexte qu'il reste plein de chose à ranger et qu'elle va rester un peu. Janet refuse faussement son aide mais finit bien sûr par accepter.
La porte se referme sur les deux hommes qui partent chacun de leur côté sans plus discuter. La porte se referme sur Janet et Sam qui s'embrassent longuement, intensément.
Puis Sam monte Cassandra dans sa chambre. Janet range la cuisine. Sam la rejoint, elles terminent leur tâche, la maison reprend une apparence normale puis elles s'effondrent dans le canapé. Elles s'endorment là, lové l'une contre l'autre dans le large canapé épais et confortable.
Chapitre 9
Au petit matin, aux premiers rayons de soleil, Cassie descendit les escaliers. Elle ordonna à sa chienne de rester en haut – ce que Tika fit sans pourvoir cesser de remuer du train arrière tant il était difficile pour elle de ne pas suivre sa maitresse- et entre à pas de loup dans le salon. Elle veut récupérer certains cadeaux qui sont restés en bas. Janet les a regroupés près de la cheminé. Elle traverse le salon et récupère la mallette à dessin que lui a offert Julia et sa mère Carrie. En se retournant, elle se fige sur place. Elle ne dit pas un mot, elle tourne la tête et observe sa mère profondément endormie, enlacé dans les bras de Samantha. Elles sont si paisibles que Cassie remonte discrètement dans sa chambre, dessinant silencieusement en attendant l'heure du petit déjeuné.
Quand Sam ouvre les yeux, le soleil est assez haut et Janet s'agite contre elle. Elle la réveille tout doucement. Janet ouvre les yeux. Elle sourit. Elle jette un coup d'œil aux alentours puis embrasse Sam sur les lèvres.
Elles se lèvent et préparent du café et un petit déjeuné royale pour la jeune fille. Jeune fille qui fait mine de se réveiller, en baillant bruyamment dans l'escalier.
Elles passèrent la journée à la maison, découvrant et faisant l'inventaire des nombreux jeux et autres cadeaux comme les vêtements, le matériel de sport ou de dessin, livres et bandes dessinées, que Cassie avait eu pour son anniversaire. Elle passa particulièrement de temps sur le pc portable que Sam avait offert. Cette dernière organisa le bureau de la jeune fille pour y accueillir la machine, la souris et son tapis. Elle fit les branchements et alluma la bécane. L'Alien aux yeux verts s'illumina. L'écran d'accueil s'afficha.
Sam avait préprogrammé la machine. Elle avait installée un logiciel simple pour l'apprentissage et des contrôles parentaux infranchissables, mais elle avait rajoutée des mises à jour automatique qui augmenterons les capacités du logiciel en même temps que Cassandra évoluera et apprendra. Elle avait installé des jeux interactif et éducatif et d'autres un peu plus loisir. Elle avait installé son interface d'échec préféré et avait déjà créée un profil pour Cassie et s'était rajoutée en contact. Elle lui explique qu'elle pourra s'entrainer puis jouer en ligne avec elle quand elle-même serait coincé à la Base. La jeune fille est ravie, elle observe la configuration, elle devine comment on accède au manuel et y jette un coup d'œil. Sam avait aussi pris soin de mettre une photo inédite en fond d'écran, une photo qu'elle fit jurer à la jeune fille de ne jamais transférer à quiconque. Une photo de la Porte des Etoiles, ouverte et scintillant de son vortex bleu miroitant, avec l'équipe SG1 au complet et en tenue, postée sur la passerelle d'embarquement.
« C'est pour que jamais tu n'oublies que tu es spéciale, Cassandra. Tu es une petite fille unique au monde. » avait rajouté Sam en l'embrassant sur le front.
Janet avait observé toute la scène depuis la porte de la chambre et elle s'avouait maintenant que Sam serait parfaite dans ce rôle. Dans ce rôle de parent, dans ce rôle de compagne. Elle songe quelques secondes à cette possibilité, à cette composition de famille qu'elle n'aurait pas imaginé il y a quelques dizaines d'années. Une enfant adoptée, une enfant extra-terrestre, et peut-être une femme, une femme militaire, pourquoi pas ? Après tout, elle voyait plus bizarre grâce à la porte des étoiles – et aux infos à la télé, il faut bien l'avouer, les temps changeaient.
L'amour pour elle n'a plus ce genre de frontière. Il n'y a que la paix qui compte pour elle quand elle voit les guerres qui font rages au fin fond de l'univers. Alors elle sourit et elle se dit que ce qui nait tout juste entre elle et Samantha ne peut pas être mal. Elle se dit que l'amour ressemble surement à ça.
En fin de journée, Cassie et Sam partent promener Tika avant que la nuit tombe. Janet prépare un petit repas et le reste de gâteau d'anniversaire en dessert. Elles dînent toute les trois devant la télé. Elles se disputent le dernier morceau de gâteau mais bien sûr c'est Cassie qui le gagne et le dévore mais elle pense à le partager avec sa chienne - qui l'observe depuis de longues minutes, la langue pendante - et sa mère gronde.
Cassie part se couché, Sam vient la border, Janet fait rapidement la vaisselle. Elles se retrouvent dans le salon avec les lumières tamisées. Comme une impression de déjà vue. Non les sentiments ont déjà évolués, désormais tout ce qui compte c'est de se retrouver le plus souvent possible ensemble. Sans plus attendre, elles se précipitent presque l'une sur l'autre et s'embrassent passionnément. Les mains vont et viennes de la chevelure aux fesses puis elles se calment.
Elles montent à l'étage, le plus discrètement possible. Elles s'éloignent de la chambre de Cassie et s'enferment dans celle de Janet. Sam est un peu gênée elle reste dos à la porte. Janet s'approche, enclenche l'interrupteur qui allume des petites lampes de chevet à l'autre bout de la pièce et verrouille la porte à clef. Comme par précautions, par attention, comme pour dénouer un peu les nerfs de Samantha.
Janet plaisante tout en effleurant de ses lèvres le cou de sa compagne : « Il faudra juste faire moins de bruit que la nuit dernière chez toi… »
Sam rougit et pose enfin ses mains sur le corps de Janet pour la plaquer contre elle et lui laisser le loisir de la dévorer de baisers. Janet fit glisser la chemise noire de Sam hors de son jean et commence à la déboutonner lentement. Sam relève la tunique de Janet et trouve les cordons de son pantalon en lin. Elle dénoue le nœud d'une facilité déconcertante et laisse glisser le vêtement le long de ses jambes jusqu'à terre. Pendant ce temps, la chemise s'est ouverte et Janet prolonge ses baisers vers la poitrine de Sam.
Leur respiration est saccadée, leurs cœurs agités, légers et en même temps bouleversés, comme emporter par une vague de sensations toutes différentes mais toutes extrêmement plaisantes. Comme lorsque l'on ressent les virages et les loopings d'un manège à sensations fortes, comme lorsqu'on se laisse porter par le vent sur la proue d'un bateau.
Si nous leur demandions, à cet instant précis, comment décrire ces sensations, elles n'auraient probablement pas de mot. Là où tous les arguments sociaux-médicaux sur les relations humaines utilisent de grands mots et de grands mécanismes pour les expliquer, elles, elles ne mettraient aucun mot dessus. Elles vous direz juste d'essayer, un jour, de totalement vous laisser aller au côté d'un autre être vivant. En oubliant tous les préjugés et le conditionnement socioreligieux dont vous êtes peut-être victime. Elles vous direz de juste suivre votre instinct. Mais nous ne leur demanderons pas.
Sam reprend le dessus, elle renverse Janet contre la porte et lui ôte sa tunique. Elle presse son corps contre le sien et entre deux baisers, elle se débarrasse de sa chemise. Janet s'attaque au bouton de jean qui très vite fini à terre avec le reste de leurs vêtements. A moitié nue, dans la pénombre, Sam mué d'un élan d'adrénaline, soulève Janet de terre et l'emporte jusqu'à son lit. Elles s'écroulent ensemble, elles rient presque mais se taisent vite, emportées par d'autres baisers. Leurs mains font glisser les derniers sous-vêtements sur la peau maintenant nue. Elles s'enlacent encore plus, elles se lient l'une à l'autre et ne se quittent pas un seul instant des yeux.
Leur amour est pure et sincère. Leurs gestes sont tendres et passionnés. Leurs cœurs à l'unisson bondissent dans leur poitrine lorsqu'aux creux de leurs reins, la chaleur et l'extase ne cesse de s'intensifier. Sous les draps qui se froissent, Sam s'aventure et Janet se cambre. Pour la première fois, la jeune et belle scientifique mis de côté la rationalité et privilégia son instinct pour diriger sa vie privée. Pour la première fois, elle fit totalement confiance en la personne avec elle et pour la première fois, elle sut comment se laisser aller. Ce n'était pas si compliqué en réalité.
Alors d'instinct elle trouva le chemin, d'instinct elle trouva la tactique à jouer, comme aux échecs. D'instinct elle avance ses pions et ses mains et d'instinct elle gagne la partie. Janet en a ravi. Janet renverse le jeu et inverse les rôles. Elle aussi s'aventure plus loin que la première nuit, elle aussi gagne la partie quand Sam étouffe un cri.
Dans la nuit, l'étreinte se finit entre deux baisers et quelques murmures :
« Je dois partir »
« Non, Reste ici cette nuit »
« Tu es sûr ? »
« Absolument »
« Alors avec plaisir ».
Sam resta jusqu'au lundi matin. Sam revint le week-end d'après. Sam passa quelques jours chez Janet lors de sa prochaine permission. Sam passa le début des vacances d'été là-bas aussi.
Cassie trop ravie de voir sa marraine plus souvent, accepta la chose sans même s'en rendre compte. Ce n'est que bien des années plus tard qu'elle comprit, quand sa mère et sa marraine s'était rapproché au point de vivre aujourd'hui ensemble, au point de formé un couple, au point de former une famille, avec elle.
A la Base militaire, personne n'en su jamais rien. Mais beaucoup remarquèrent que le Major n'était plus là à hanter les couloirs pendant les week-ends et les congés mais très vite ils se lassèrent de se poser des questions.
Samantha avait trouvé un équilibre. Elle avait trouvé son équilibre. Maintenant elle avait une raison de se battre et de revenir en vie sur terre à chaque fin de mission, elle avait une raison pour ne plus prendre de risque inconsidérés. Maintenant elle pensait à elles, Janet et Cassie. Elle se sentait plus accomplie, plus responsable, quand elle passait les grilles de Cheyenne Mountain et rejoignait en secret son amante – bientôt son épouse - et leur fille. Maintenant elle avait des raisons d'aimer la vie plus que jamais.
Si comme moi, vous vous dites, qu'effectivement, leur secret fut bien caché, si comme moi vous avez été étonné mais charmé de voir enfin le Major Carter heureuse – tant qu'on peut l'être avec le poids du sort de Monde sur les épaules - Alors je suis ravie de vous avoir conté cette histoire.
Parce qu'elles étaient professionnelles et que les missions SG étaient d'une importance capitale, elles n'ont jamais rien, ou presque, laissées paraitre de cette relation. Préférant garder leur jardin secret bien à l'abri des regards et des dangers extérieurs. Et personne ne fut jamais étonnée de voir Sam chez Janet, étant la marraine de Cassie et étant très proche d'elle, cela paraissait tout ce qu'il y a de plus naturel. Et la vie suivit son court avec un peu plus d'amour dans l'air.
Et pendant que la Lune, toujours, veille sur elles et que la Terre, encore, abrite un peu d'humanité, La Porte des Etoiles, elle, s'ouvre sur de nouvelles aventures à conter. Mais ce sera pour une prochaine fois, cette histoire-là se termine sur une note de charme que j'espère, vous aurez apprécié.
Voilà La vie secrète du Major Samantha Carter, voilà comment elle a survécue, comment elle a pue supporter le poids de son métier. Encore un secret me direz-vous peut-être, mais un secret qui lui sauva la vie. Cette histoire c'est celle que j'ai imaginé pour cette vieille héroïne, déjà un peu oubliée, mais cette histoire me permet d'atténuer une vielle peine, une peine un peu désuète mais qui hante chacun de nous, la solitude. Voilà la preuve qu'elle n'est pas toujours la seule solution.
FIN
