Cinquième chapitre et nous sommes toujours dans la pause, mais elle prendra vite fin dans le prochain chapitre. Dans celui-ci, on prend un peu plus connaissance du début maladroit d'une relation quelconque entre Freyja et Nachael. Entre une femme magicienne du passé et un homme guerrier du présent, c'est pas toujours facile, mais ces deux-là essaient de passer outre leurs différence pour ce concentrer sur leur survie. D'où l'insistance de Nachael pour acheter des effets à Freyja et tout le reste dans le chapitre. C'était ma petite explication de début, bisou! Et encore une fois, merci Adlyne pour ton commentaire! Je tenterais de suivre ton conseil pour la partie, "Ce que Nachael ignore", mais il s'agit bien de passages différent du récit raconter par le personnage principal... Bref. De plus, je crois que je l'ai mal amené, mais Freyja voit Nachael comme un gamin, certes, mais l'explication viendra plus tard. Mais elle le voit réellement comme un gamin, pas un enfant, mais un jeune sans expérience... Voili voilou. Bon chapitre!
Saga du Tigre-Dragon
Premier Arc: Préambule
-Chapitre 5-
Le lendemain matin, je fus réveillé par une main qui me secoua l'épaule.
-Hey, dormeur, debout, fit une voix totalement dénuée d'accent à mon oreille.
J'ouvris péniblement les yeux et tombai dans un regard vert hypnotisant. Le regard s'éloigna et finalement je reconnus Freyja, qui me faisait un grand sourire lumineux.
-Hey... Dis-moi que tu ne manges pas autant à tous les repas, demandais-je piteusement en pensant à tous mes sous disparus.
Freyja se contenta de ricaner et je me levais difficilement. Aie, mon dos... Je m'étirais et fit craquer mes articulations, avec un sentiment d'avoir été piétiné par des ours en colère. Oui, des ours. J'ai de bons souvenirs d'ours...
-Je voudrais me changer et me toiletter un peu, tu peux me demander une bassine d'eau et une serviette s'il te plait? Fit Freyja.
-... Si ça me coute encore des sous, je te le ferais regretter. Fis-je le plus menaçant possible, mais elle se contenta de sourire.
Je prit mon sabre, que je glissais à ma ceinture et sortit dehors. J'avisai Delphine qui passait le balais et m'approcha d'elle.
-... Pour une bassine d'eau et une serviette, c'est où...? Demandais-je.
Delphine me fixa froidement, mais me répondit tout de même :
-Demandez à Orgnar.
Orgnar...? Ah, le barman! Je le cherchai du regard et le trouvai en train de nettoyer les tables. Je m'approchai de lui et lui exposais la demande de Freyja. Il me répondit simplement :
-L'eau et la serviette, c'est gratuit. Le savon par contre, c'est deux septimes.
Que les huit soient loués, on a du savon. Je lui précisai ce fait et il hocha la tête, allant à l'arrière boutique. Il revenu, deux minutes plus tard, avec le nécessaire. Je le remerciai et allait frapper à la porte de la chambre. Celle-ci s'ouvrit à moitié et lui tendit la bassine et la serviette sans un mot.
-Merci, Nachael! Fit Freyja avant de fermer la porte.
Bon... J'ai comme expérience que les femmes sont toujours lentes à se préparer le matin, je sortis donc dehors pour aller retrouver ma chère jument. Après avoir un peu fouillé autour de la minuscule écurie, je trouvais une brosse en assez bon état. Je flattais son cou massif et commençais à la bichonner elle aussi.
J'adore mon cheval. Sans elle, je n'irai pas loin et je le sais. Elle se laissa faire et je pris le temps de vérifier les fers de ses pattes. Ils étaient tous encore en place, mais j'allais devoir bientôt les changer, ils ont souffert depuis le temps. Je remarquai une petite égratignure sur sa patte arrière droite, mais elle ne semblait pas infecté. Je pris quand même le temps de la laver avec une crème que je portais toujours sur moi.
Elle a du se faire ça hier quand... Quand j'ai exigé d'elle plus que la limite de ses forces. Je lui donne ensuite une carotte et elle semble heureuse.
Le soleil était plus haut dans le ciel lorsque j'entendis un mouvement derrière moi. Un bref regard, et je reconnus Freyja dans sa robe verte, son collier en or brillant doucement à son cou.
-Tu as une idée de ce qu'on va faire, maintenant? Me demanda-t-elle doucement en s'approchant.
Je m'arrêtais un instant et me tournais entièrement vers elle.
-Tu veux dire, maintenant que mes parents sont peut-être morts, que nous sommes à Bordeciel avec presque rien, toi qui viens du passé et moi qui est un fils de marchands qui n'est venu que deux fois dans ce pays, quand j'étais gamin...?
Elle reste un moment silencieuse. Son regard s'enflamme alors d'une détermination dont je ne comprends pas la cause et elle sourit un peu. On dirait presque que tout va bien quand elle agit ainsi...
-Dis comme ça, nous sommes perdus en effet. Mais on ne peut pas non plus rien faire! Alors...?
C'est qu'elle insiste! Mais bon. Elle a raison sur ce point, on ne peut pas rien faire. Mère et père... Ils sont... Ils sont morts et je me dois de vivre pour eux. J'ai eu la faiblesse d'espérer être mort avec eux hier, mais ça n'arrivera plus.
Alors je réfléchis longtemps sur ce qu'il faudrait faire. Puis je commence par les priorités du moment :
-... Je pense commencer par te trouver un peu plus que juste une robe et des sacoches contenant je ne sais quoi. J'ai vu un magasin général pas loin, on ira voir. Il faut aussi vendre les bijoux, j'ai presque plus rien.
Freyja eut la bonté de rougir quand je la fixais en insistant sur le fait que je n'avais presque plus rien. Je continuai après.
-Après ça... Je ne sais pas. Je ne connais vraiment pas ce pays, tu sais... Mon père... Avait du sang de Nordique, mais il n'est jamais venu voir sa famille ici, je pense bien. Et puis, ce n'est pas le meilleur pays du monde en ce moment, la guerre civile est partout. Mais en même temps... Tu veux peut-être voir ce qu'est devenu ton ancien chez toi?
Freyja sembla songeuse un moment, puis secoua doucement la tête.
-Non... Je sais que je ne verrai que les vestiges presque disparus de ce que j'ai connu autrefois. Je dois te sembler bizarre, mais j'ai juste envie de te suivre. D'être ton amie.
-Un peu comme un poussin qui suit partout la première personne qu'il voit au monde...? Demandais-je.
Freyja eut un petit sourire et hocha la tête. Je ne dis rien de plus. Finalement, je finis de brosser ma jument, redéposait la brosse où je l'avais prise et tapotait ma ceinture. J'avais glissé la petite bourse qui contenait mes dernières économies, ainsi que quelques bijoux, des bagues surtout. Néanmoins, je n'aime pas l'idée de laisser nos possessions derrière nous.
-J'ai fermé la chambre à clé derrière moi, précisa Freyja, sentant sans doute mon hésitation.
J'hésitai encore quelques secondes, avant d'abdiquer.
-Bon... Allons à ce marché alors.
-Hum... Il faudra, en retournant à l'auberge, que tu te laves un peu. Je suis désolée si je suis vexante, mais tu empestes!
-C'est l'odeur de ma jument, ce n'est pas de ma faute! Protestais-je.
Je me soigne toujours! Mais Freyja secoua sa tête et commença à partir. Je la suivis et nous discutâmes un peu sur la route, alors que le village semblait lui aussi se réveiller. Le marché était ouvert et j'y entrais le premier.
Le marchand, un impérial, nous salua immédiatement.
-Bienvenu au marché de Rivebois! Regarder tant que vous voulez, si vous cherchez quelque chose. Sinon, demandez-moi, je l'aurai peut-être en réserve.
Sympa... Je laissais Freyja se diriger vers les vêtements plus loin, alors qu'une femme Impériale un peu plus jeune que le marchand, portant une robe jaune et avec des cheveux noirs coiffés à la mode impériale la suivait. Quand à moi, je m'approchai du comptoir.
-J'ai quelques bijoux à vendre, ça vous intéresse? Demandais-je.
-Faites voir, nous discuterons après du prix.
Je sortis deux bagues en argent, décorées de grenat, une bague également en argent mais sans décoration et un collier en argent de ma bourse. Il les observa tous les quatre, alors que les deux femmes derrières moi discutaient tissu.
-C'est très intéressant... L'une des bagues est enchantée, un très bel enchantement d'ailleurs. Un charme de protection, contre la foudre me semble-t-il, commenta l'Impérial.
Ce genre de choses ne m'intéressait pas, et j'imagine que Freyja peut très bien se défendre de la magie elle-même. Il examina le collier, mais il ne suscita pas beaucoup d'intérêt. Je remarquais du coin de l'oeil une impressionnante décoration en or, en forme de griffe de dragon. Mais le retour de Freyja me détourna de la contemplation de l'objet.
-Monsieur, la tenue de mage est combien? Demanda-t-elle en déposant une sorte de robe courte grise et violette avec un pantalon assortis, tous deux semblant chargé en magie.
-1345 septimes, aucune négociation, répondit l'homme en levant la tête.
Je n'aurai jamais assez pour ce vêtement. Freyja sembla le comprendre et fit la moue. Mais elle redonna le vêtement à la femme Impériale, qui semblait un peu désoler.
-Vous avez des cristaux d'enchantement?
-Le moins cher est de 600 septimes, madame.
Cette fois, Freyja grogna. Elle retourna vers les vêtements, fouilla un peu et revenu avec deux robes, une pourpre et l'autre de couleur crème. Les deux avaient la même coupe, sans vraiment de fantaisie et j'en remerciai les divins.
Le nombre de fois que j'ai connu des femmes qui adoraient les robes avec de la dentelle, du velours et ce genre de chose si cher que s'en était un crime...
Elle déposa les deux robes sur le comptoir, et se tourna ensuite vers le rayon des potions, avec un air vraiment pas très amicale. Elle prit un flacon, ouvrit le bouchon et sentit. Elle fronça des sourcils et le reposa à sa place. Freyja fit ce manège de nombreuses fois, avant de soupirer et de revenir au comptoir.
-Avez-vous des livres? Demanda-t-elle, visiblement en désespoir de cause.
-Dans la section au fond. Camilla vous y conduira, répondit l'Impérial.
Les deux femmes s'éloignèrent à nouveau, et je réfléchis un instant.
-... Vous acceptez le crédit pour vos articles? Demandais-je.
-Avant si, mais je ne fais plus confiance aux clients désormais. Vous allongez la monnaie ou vous n'auriez rien.
Je vois. Un marchand difficile. Je demandais alors :
-Combien pour tous les bijoux?
-En tout? Vous aurez pour 525 septimes.
Plus les cinquante que j'ai déjà... 575. Jamais il n'acceptera de vendre la robe de mage à un prix aussi bas... Mais une gemme par contre...
-Est-ce possible de parvenir à un accord raisonnable pour une de vos gemmes d'enchantements? En plus des deux robes et des livres?
Le marchant arrêta son travail et me fixa. Longtemps.
-... Une gemme, une robe mais pas de livres. Répondit-il finalement.
Dur. Il est vraiment avare sur ses articles lui. Par chance, père l'était tout autant de son temps de marchand, alors j'ai eu un excellent professeur.
-La gemme, une robe et deux livres. Répliquais-je.
-Hors de question. Refusa-t-il aussitôt. Les livres en Bordeciel n'ont pas de prix.
-Et si je rajoute à tout cela cinquante pièces de septimes?
Le marchant réfléchit.
-Alors on rajoute une robe ou un livre. Mais pas les deux.
Nous nous fixâmes tous les deux. Je baissai le regard vers la masse de fer à sa taille. Il sembla prendre un peu plus d'assurance, quand je posais doucement ma main sur la garde de mon sabre. Et siffla.
La petite mélodie que je fis dut lui faire rappeler une vieille peur du monde entier. Une mélodie chanté par les assassins Rougegarde, les Alik'r, il y a quelques siècles. Impossible à éviter. Dès que l'on entendait les premières notes, c'était trop tard. Cela signifiait que notre mort approchait, sans la moindre chance de fuite.
Depuis, la mélodie n'a pas vraiment été entonnée pour les assassinats, mais il n'était pas rare qu'un Rougegarde se serve de ces quelques notes pour avoir ce qu'il veut. Ce ne doit être cependant utiliser qu'en dernier recours, évidement. Plus on utilise cette mélodie, moins ses effets fonctionneront.
Le marchand blêmit aussitôt. Je déteste avoir à utiliser un tel stratagème, mais je connais les prix des gemmes. Ce type les double sans aucuns scrupules. De plus, il veut vraiment me faire croire que ma fameuse bague si bien enchantée ne vaut que si peu...? Finalement il dit rapidement :
-La robe de mage, la gemme, les deux robes et trois livres contre les bijoux et les pièces d'or! Et vous nous laissez tranquilles, ma soeur et moi!
-J'aime quand vous êtes raisonnables, souriais-je en sortant ma bourse.
Lorsque Freyja revint un peu plus tard, avec dans ses bras avec justement trois livres, je lui souris. Elle ne sembla pas comprendre, jusqu'à ce qu'elle voit sur le comptoir le rajout que j'avais négocié. L'achat se fit dans le silence, et nous sortîmes sans rien dire. Dehors, Freyja me regarda avec insistance.
-... Tous ces articles au rabais... Tu l'as menacé de mort ou quoi?
Je voyais bien dans son regard qu'elle avait légèrement deviné. Alors je fus légèrement sincère :
-... Un peu?
Elle me regarda un long moment, mais finalement me sourit.
-Merci. On n'a jamais fait ça pour moi. Je veux dire... Négocier autant auprès d'un marchand.
-Au moins, tu auras une robe de magicienne durant notre séjour dans ce pays si... Hospitalier, j'ai besoin de ta magie, lui dis-je.
Elle rougit un peu et serra ses paquets contre elle. De retour à l'auberge, elle sautilla presque jusqu'à la chambre avec un grand sourire heureux et un des clients me lança :
-Tu lui as donné la lune ou quoi, à ta femme!
-Une robe, répondis-je sans émotions.
Les hommes ricanèrent un peu et je secouais la tête. Je devinais facilement leurs pensées... Freyja ressemblait à une enfant très jeune à qui on annonçait soudainement qu'il allait avoir sa fête d'anniversaire plus tôt cette année, et avec plus de gâteaux et de cadeaux qu'avant! Ou à une femme qui venait juste de se faire fiancer, au choix.
Mais franchement... C'est vraiment bizarre d'entendre dire que Freyja est ma femme. Vraiment trop étrange. Pourtant... Elle est vraiment belle, avec un caractère qui pourrait plaire à n'importe qui et il nous est facile d'être complice... Moi qui suis un homme à femme facilement en plus... Mais Freyja... Était différente.
Sans doute parce qu'elle m'avait dit plus tôt qu'elle voulait devenir mon amie? Rester avec moi? Peut-être... Je n'ai jamais eu d'amie, des amies féminines on s'entend. Je les séduis facilement, parfois cela va jusqu'à une relation poussée dans la romance, mais rarement jusqu'au lit. Et jamais cela reste sagement à l'amitié. Mais on dirait qu'avec Freyja, cela pourrait être possible d'être uniquement son ami. J'appréhende un peu, mais j'aime bien l'idée. Avoir une amie...
Cela voudrait dire alors que je ne serais plus tout seul. J'ai Freyja à mes côtés. Même si nous nous connaissions depuis à peine deux jours. J'aime l'idée qu'elle reste avec moi pour être mon amie.
Sans doute, j'ai cette réaction parce que je connais son secret. Je sais qu'elle vient du passé. Tout comme elle sait que je suis devenu un orphelin hier. Des trucs pareils, ça rapproche les gens on dirait bien...
Ce n'est pas si désagréable.
Merci de laisser un commentaire en sortant, ça fait vivre mes écrits!
Prochain chapitre : 9 Mai 2016
