Dernier chapitre du premier Arc de la saga du Tigre-Dragon... Et ça ne fait pourtant que commencer! Ici, beaucoup de questions voient le jour, des personnages font leur apparition (C'est l'un des derniers qui sera important pour l'histoire, je vous assure...) et d'autres partent... Une révélation un peu choc, un premier pan du passé de Daren révélé et une vision du passé! J'ai hâte que vous lisez tout ça pour ensuite commenter, j'ai tellement hâte!
Adlyne, merci de ton commentaire. Tu as été ma lectrice la plus fidèle et j'en suis très heureuse. As-tu apprécier ce premier arc? Des points négatifs, positifs à me communiquer pour le deuxième Arc? Des attentes, des déceptions? J'attends ton commentaire! Le facteur Lucia est un facteur très important pour le développement de nos trois zozo, Nachael principalement, mais également Daren et Freyja. Quand au backround de l'univers, il est très important pour moi. L'histoire se porte sur le développement de Nachael Draconis, en tant que Dovahkiin, mais aussi en tant qu'étranger sur une terre qu'il ne connait pas. Et accessoirement accompagné d'une mage venue du passée et d'une mystérieuse elfe noire. Merci de ta review encore, bisou et à la prochaine!
Alors sinon... Comme annoncer au dernier chapitre, celui-ci est le dernier. Suivra le deuxième chapitre Bonus, qui se passera alors que Nachael est âgé de deux ans puis... L'attente. Promis, je vais me dépêcher d'écrire le deuxième Arc, et de commencer à vous publiez tout cela... Mais rappelez-vous que j'ai de l'école et un travail, pas toujours facile de concilier tout ça avec l'écriture d'une Fanfiction, même si celle-ci me tiens énormément à coeur!
Je vous donc bonne journée à tous, en espérant que vous appréciez d'avoir ce nouveau chapitre le Lundi au lieu du Mardi (J'ai fait l'erreur d'annoncer la suite pour le 22 alors que c'était un lundi, mais je tient néanmoins mes promesses!) et vous retrouve la semaine prochaine pour le deuxième bonus de la Saga du Tigre-Dragon!
Bisou à tous et bonne lecture!
P.S.: J'ai écrit ce dernier chapitre (Et préparer) En écoutant le deuxième opening de Nanatsu no Taizai, Man With a Mission. Excellente ambiance pour lire également x) On pourrait voir cet opening comme la "preview" du second Arc? ... Naaaa. Bref!
Saga du Tigre-Dragon
Premier Arc: Préambule
-Chapitre 20-
-Et voilà. Concluais-je.
La pièce était silencieuse. Freyja réfléchissait, assise sur une chaise, tandis que Lucia était assise contre moi, sur le lit. Daren était debout appuyée dos au mur plus loin. Aucune des trois ne disait une seule chose sur ce que je venais de décider. En un sens, seul Lucia pouvait vraiment protester ma décision, étant ma fille, mais Freyja avait également son mot à dire. Quant à Daren, c'est tout simplement impossible de lui cacher quoi que ce soit en fait...
-Donc tu vas rentrer chez les Compagnons pour l'argent que tu peux aller y faire...? Fit Daren en haussant un sourcil. Et naturellement parce que tu brûles d'envie d'y entrer, pas vrai?
-Vrai. Souriais-je. Mais c'est aussi parce que je veux que Lucia connaisse le bonheur d'avoir un véritable foyer, et pas qu'une chambre à l'auberge.
-Un endroit rempli de guerriers sans cervelle, ce serait un bon foyer pour une petite fille, crétin? Demanda soudainement Freyja.
Arg. Elle peut être bien cruelle quand elle veut. Je grimaçai légèrement mais répondis néanmoins:
-Pas vraiment, mais c'est mieux qu'une auberge où la moitié des clients me détestent, p'tite peste.
-Cervelle ramolli.
-Ogre qui s'ignore.
-STOP! S'écria immédiatement Daren en nous voyant faire. Ne commencez pas, vous deux!
Il faut dire que j'ai humilié pas mal de ces "guerriers invincibles" aux cours de quelques batailles à mains nues après une soirée de beuverie générale. Je m'y suis fait quelques amis, mais aussi beaucoup d'ennemis, puisqu'il était rare que j'en sorte perdant. Que voulez-vous, je suis trop fort!
-Dans ce cas, pourquoi ne pas attendre d'avoir un peu plus d'économie pour ensuite acheter Douce Brise? Proposa Freyja.
À croire qu'elle ne veut vraiment pas que je me retrouve chez les Compagnons... Quoi que... Elle n'est pas trop à l'aise avec tout ce qui est combat, même si elle se défend très bien... Il est vrai que si je vais chez les Compagnons, elle n'aura pratiquement pas d'autre choix que de me suivre là-bas.
-Tu crois sincèrement qu'on pourra ramasser suffisamment d'argent pour se payer cette maison en plus des meubles, de la nourriture et de la décoration d'intérieur? Lui demandais-je finalement.
Freyja baissa les yeux sans rien dire. Lucia leva son visage vers moi et sourit :
-Papa est le meilleur, alors tu trouveras une solution pour la maison, c'est certain!
-À vrai dire, je commençais à songer à la construire moi-même, cette maison... Un jour. Fis-je avec un demi sourire.
-Une maison dans les bois, génial! Sourit Lucia, excitée à l'idée.
-Sauf qu'il faut les matériaux et l'accord du Jarl de la châtellerie pour le faire. Fit remarquer Daren.
L'excitation de Lucia retomba un peu. Je la câlinai doucement et elle retrouva vite le sourire. Je suis vraiment heureux que l'on soit devenu aussi complice si vite... Contrairement à ce que je croyais les filles au début, c'est plutôt facile d'élever une petite fille, en fait...
-Alors on fait les sacs? Demanda finalement Daren.
-Dès que je règle la note avec Hulda. Souriais-je. Petite princesse, tu veux bien donner un coup de main à Freyja et Daren pour les sacs?
-Okay... Marmonna Lucia, en perdant un peu son sourire.
Elle me sert très fort pendant de longues secondes avant de finalement accepter de me relâcher. Elle se dirigea ensuite à petits pas vers Freyja, qui visiblement n'était pas contente de la décision finale. Elle n'avait pas l'air en colère non plus, mais disons... Agacée. Je m'excuserais plus tard...
Je descendis jusqu'au comptoir et salua Hulda.
-L'heure du repas du midi est déjà passé depuis un moment, alors qu'est-ce que tu veux? Me demanda-t-elle.
-La note. Nous partons pour Jorrvaskr. Dis-je.
-La petite et les filles aussi...? Demanda Hulda, visiblement surprise.
-Lucia me suit. Avouais-je. Pour les filles... J'ai comme l'impression qu'il y aura un problème, pas vrai?
-Jorrvaskr n'a pas les installations nécessaires pour accueillir toute votre petite troupe, Nachael... Je vous conseillerai de conserver la chambre, ou alors d'en prendre une plus petite?
-Ce ne sera pas nécessaire. Dit soudainement Freyja derrière moi.
Je me tournai et Lucia me sauta presque dessus. Je lui rendis son câlin en riant et lui ébouriffai les cheveux. Elle resta ensuite cramponnée à mon pantalon, écoutant silencieusement notre conversation.
-Pourquoi ça, Freyja? Demandais-je.
-En fait... Arcadia me propose depuis quelques jours de venir dormir chez elle, puisque la plupart des potions que l'on doit s'occuper sont très complexes et demandent des jours de préparation et de surveillance constante... Elle me propose un lit et les repas. M'expliqua-t-elle. J'hésitais depuis tout ce temps mais... Excuse-moi Nachael. Je ne veux pas aller vivre à Jorrvaskr. Je n'osais te le dire parce que je sais que toi tu rêves d'y aller et...
Je souris et stoppa son flot de parole en posant ma main sur sa tête.
-Alors c'était ça, cette impression que j'avais que tu étais mal à l'aise... Tu aurais pu me le dire plus tôt, je ne t'en aurai pas voulu, Freyja. Si tu préfères aller chez Arcadia, grand bien te fasse! Je serais stupide de te forcer à aller là où tu ne veux pas!
Freyja rougis et hocha la tête. Daren apparut derrière et posa une bourse sur le comptoir.
-Y doit avoir le compte. Dit-elle simplement avant de se diriger vers la sortie.
-Merci pour tout, Hulda.
-À la prochaine, les jeunes! Nous saluâmes la patronne alors que nous sortîmes de son auberge.
Daren nous attendait en bas des marches. La neige était plutôt épaisse et j'eus un énorme frisson. Putain, il fait trop froid dans ce pays, pourtant il est passé midi! Je sortis mon écharpe de mon sac et l'enroula autour de mon cou. Lucia fit quelques pas dans la neige devant moi en tourbillonnant, elle était trop adorable... Elle portait une robe épaisse carmine aujourd'hui, en plus de nouvelles bottines en fourrure pour l'hiver.
Tiens? Daren semble pensive...
-... Nachael, je peux te parler une minute? Me demande-t-elle soudainement.
-Heu... Oui bien sur... Je reviens tout de suite Lucia. Dis-je à ma fille avant de suivre Daren, qui allait dans le petit quartier résidentiel pauvre de la ville.
Ce fut lorsque nous fûmes arrivés et cachés aux yeux du reste de la population de Blancherive entre un haut mur et la façade arrière d'une maison qu'elle s'arrêta et soupira. Elle semble hésiter sur quoi dire. Je lui laissais le temps de choisir soigneusement ses mots et elle ne me déçu pas.
-... Je vais partir. Dit-elle après quelques minutes.
-... Quoi?
-T'as compris, crétin. Je... Je vais partir. J'ai envie moi aussi d'essayer d'entrer dans une faction. Un peu comme celle des Compagnons mais... Différente. M'expliqua-t-elle.
Dire que je suis surpris de son annonce est un euphémisme. Je m'attendais au contraire à ce qu'elle entre chez les Compagnons avec moi! Ou que si en effet elle décide de partir, qu'elle le fasse sans prévenir personne! Partir comme elle est venue en fait, en nous prenant tous par surprise.
-Tu sembles surpris de mon choix. Marmonna Daren en me regardant distraitement.
-Il faut dire que... Enfin, j'avoue que je ne m'attendais pas à ce que tu me le dises comme ça... Je veux dire... Que tu me préviennes... Je pensais que tu étais un électron libre.
Daren me sourit. C'est la première fois que je la vois avec un tel sourire... Un véritable sourire sincère. Et amusé. Un amusement tout aussi sincère.
-Tu te souviens, il y a quelques mois, quand j'ai évoqué l'idée que nous ayons notre propre groupe de mercenaires indépendants? Demanda-t-elle.
-Oui... Tu vas donc aller dans une autre faction avec cette idée en tête? Devinais-je.
-C'est une des raisons principales de ma décision. Mais il y a autre chose. Et je ne peux en parler qu'avec toi. Sois sincère Nachael, est-ce que depuis ton évanouissement à Rivebois, Fus a-t-il été de nouveau violent? A-t-il tenté de s'échapper depuis? Et ta douleur fantôme, est-elle toujours présente?
Alors qu'elle me posa cette question, j'en restais figé de stupeur. Je ne l'avais pas remarqué... Mais en effet... Fus ne se débat plus, en moi... Mais il semble toujours sauvage. Je ne l'ai pas maîtriser. On dirait plus qu'il est comme... Endormi? Quant à la douleur fantôme...
-Elle a disparu... Et je ne l'ai même pas remarqué...! Fis-je avec stupeur.
-Visiblement, ton évanouissement n'était pas dû au fait que tu étais fatigué. Quelque chose t'a forcé à t'endormir et dans ton sommeil, à calmer Fus et effacer ta douleur. Freyja et moi avions senti qu'une étrange énergie s'agitait en toi, maintenant je sais quel en a été le résultat, conclue Daren en m'observant. J'ai lu quelques textes de Farengar, ce crétin de sorcier, et j'ai découvert quelque chose... Nachael, ce que nous avons tous les deux découverts au fond du Tertre, ce n'était pas qu'un simple... Mot. Ce mot... A réveillé quelque chose à l'intérieur de nous. Et ce quelque chose... Nous sommes les seuls à le posséder. Et ce ne serait pas qu'une nouvelle connaissance d'une langue inconnue.
-Alors qu'est-ce que ce serait? Demandais-je, légèrement tendu face au discours très... Troublant que me servait Daren.
-Je me sens d'ailleurs assez stupide de l'avoir oublié, surtout que tu l'as utilisé dans le Tertre mais... C'est le Thu'um, Nachael. Nous possédons le Thu'um. Cette magie aujourd'hui presque... Oubliée. L'art de la Voix. Et pour le maîtriser aussi bien, aussi vite...
Tout le reste s'effaça dans mon esprit. Le Thu'um. La langue des Dragons, l'art de la magie la plus ancienne qui puisse exister, même les elfes de l'ancien continent ne connaissaient pas cet art avant de tomber devant un dragon!
Et moi et Daren posséderions...?
-Attends, quoi? L'interrompais-je. Mais nous ne maîtrisons pas le Thu'um!
C'est impossible! Mais Daren me regarda très sérieusement.
-Nachael, rappelle-toi... Au Tertre, dans la chambre funéraire, contre le grand Draugr... Après que Faendal fut blessé presque mortellement... Me dit doucement Daren.
Oui. Je... J'ai utilisé Fus à ce moment-là... Si rapidement... Je savais ce qu'il allait faire en sortant d'en moi. Mais à ce point...? D'après ce que je sais... Le Thu'um met des dizaines d'années à s'apprendre!
-Qu'est-ce que ça signifierait? Demandais-je.
-J'ai cherché pour comprendre, mais Farengar me surveillait de près. Grogna Daren. Je n'ai pu trouver qu'un seul mot, saisit au vent alors que je rangeais des livres après les avoir "malencontreusement" fait tomber.
Je sentis l'accent sur le malencontreusement... Elle est maligne cette fille, très maligne. Elle ferait presque peur. Je la pressai de me dire le mot qu'elle avait trouvé. Et lorsqu'elle me le dit, un large frisson parcourra mon corps. Un étrange sentiment m'envahit :
-Dovahkiin.
Mon regard se voila un peu alors que mon visage se tourna vers le ciel. Si bleu, couvert de quelques nuages, si loin et pourtant à portée d'aile...
D'aile?
-Je vois qu'à toi aussi, ce mot te fait un certain effet. Fit Daren.
-... Dovahkiin... Enfant de Dragon... Dis-je à mi-voix.
Daren fronça des sourcils.
-Quoi...? Attend... Tu viens juste de traduire ce mot, là...?
-Hein? Mais... C'est ce que tu as dit, non? Dovahkiin, Enfant de Dragon... Non?
-Nachael, je n'ai rien dit à propos d'un Enfant de Dragon. Fit-elle lentement. Tu as traduit le mot tout seul... Ce qui n'est pas forcément bon signe. Écoute-moi bien maintenant, j'ai comme l'impression que c'est un truc qui pour le moment nous dépasse complètement. Découvrir comme ça qu'on sait utiliser le Thu'um et que tu peux le traduire si facilement, simplement en l'entendant? C'est trop gros pour être un simple effet de hasard. Et ça ne peut pas être un sort de traduction sur toi, puisque tu es immunisé à la magie.
Puis je réalisais quelque chose.
-Attend un peu, je ne peux pas utiliser le Thu'um! Je suis un immunisé! Je dois faire tous les efforts du monde pour simplement produire un peu de feu magiquement, alors un cri surnaturel...?!
-Alors le Thu'um n'est pas une magie ordinaire. Conclu Daren. C'est aussi pour ça que je pars. La fraction que je vais tenter de rejoindre peut m'être utile pour rassembler des informations à propos de Dovahkiin, ou Enfant de Dragon comme tu dis... À propos du Thu'um, de ce que nous pouvons être... Toi aussi essaie de faire de même de ton côté.
Je compris alors la véritable raison qui poussait Daren à ainsi partir. Putain, l'idée de posséder une magie inconnue en moi, quasiment vivante et ne rien savoir sur elle... Juste ce simple mot, Dovahkiin, ainsi que sa traduction, Enfant de Dragon... Ça fait vraiment peur. J'ai l'impression que quelque chose s'enroule autour de moi, prêt à lentement m'étrangler et que je ne peux rien faire pour l'en empêcher... Daren doit être dans le même état... Tiens, peut-être que ça l'aiderait de savoir que...
-Fus signifie Force. Je l'ai su à l'instant même où je l'ai lu sur le mur de pierre dans le Tertre. Lui révélais-je.
Daren hocha la tête.
-Il faut que nous nous écrivons souvent, je te ferai part de mes découvertes et tu en feras de même. Freyja m'a révélée qu'elle vient du passé, elle pourra peut-être nous aider dans nos recherches, alors fait-lui lire mes lettres lorsque tu les recevras.
-... Quoi, elle te l'as dite...?!
-C'est tout ce que tu as retenu, crétin?! Grogna Daren en me donnant un coup de poing violent dans le ventre, ce qui me fit légèrement plié en deux.
-Ça va! J'suis pas un idiot non plus! Protestais-je.
-J'espère, je ne veux pas que ta fille devienne aussi débile que toi! Un seul sur cette terre suffit!
-C'est mesquin de s'attaquer à Lucia, marmonnais-je en me redressant.
-À la guerre, tous les coups sont permis. Répliqua Daren.
-Nous ne sommes pas en guerre... Lui fis-je remarquer.
-Et j'espère que j'ai tord, quand je pressens que toute cette histoire de Dovahkiin tend vers ça... Me répondit doucement Daren.
-... Daren? Demandais-je, soudainement inquiet.
Elle se mordit la lèvre, visiblement troublé et hésitante. Et cela me fit réellement peur. C'est bien la toute première fois que je vois l'inébranlable Daren être aussi déstabilisé! Je m'approcha et posa une main douce sur son épaule, lui montrer que je suis là, que je vais rester auprès d'elle, qu'elle peut parler. Elle me regarda avec un air un peu reconnaissant, hésita encore un instant puis dit à voix basse :
-J'ai... Un certain don. Me révéla-t-elle. Je peux "deviner" certaines choses... Comme le fait que Freyja vienne du passé, ou que j'allais vous rencontrer ce jour-là quand je fuyais les Impériaux... Je peux pressentir certaines choses, pas tout le temps et ce n'est jamais précis, mais je fais suffisamment travailler mon cerveau pour compenser le manque d'information par le savoir. Je peux ainsi... Deviner les vérités. Littéralement.
Incroyable... Elle se base sur une simple intuition que son esprit lui donne, si j'ai bien compris, pour ensuite trouver des informations avec son savoir et finalement trouver la vérité... Tout simplement incroyable. C'est beaucoup plus impressionnant que ces histoires légendaires de "don de voyance"! Mais alors... C'est pour ça qu'elle dévore autant de livre! C'est pour s'aider à deviner les vérités!
-Et donc tu as deviné quelque chose à propos de... ce qu'était Dovahkiin?
-Pas encore. Fit Daren. Mais je sais que ce n'est pas un hasard, que nous soyons descendu dans ce Tertre. Encore moins que nous ayons découvert ce mur. Quelque chose est en marche et nous en sommes les premiers rouages. La roue tourne... Et elle tourne vers nous, Nachael. Comme si... Elle allait nous écraser.
Ses paroles avaient des allures de prophétie... Et aussi bizarre que ça puisse être, je la cru. Sincèrement. Je hochai donc la tête et Daren sembla se détendre un peu. Nous discutâmes encore quelques minutes, puis avec la promesse de m'écrire dès qu'elle serait arrivée dans sa nouvelle faction, Daren partit en direction de la porte de Blancherive avec son sac. La voir partir à cause de cette étrange roue du destin qui semble nous avoir attrapés, elle et moi, fit monter en moi un sentiment inconnu, ressemblant à s'y méprendre à une énorme terreur. Parce que ce truc doit être vraiment dangereux et effrayant, pour que Daren se dévoile autant à moi, et ensuite fuit sans donner d'informations sur l'endroit où elle allait.
Foutu destin qui semble avoir un malin plaisir à faire souffrir les mortels.
Passé ce moment, je retournai auprès de Freyja et Lucia, qui m'attendaient. Freyja haussa un sourcil en me voyant revenir seul et je lui dis en reprenant mon sac et celui de Lucia :
-Daren a décidé de partir. Elle pense avoir une chance dans une autre faction et... Je te dirai le reste plus tard.
-D'accord... J'espère qu'elle sait ce qu'elle fait, cette elfe noire. Fit Freyja, le regard un peu inquiet allant vers la direction des grandes portes de la ville.
-Elle est sans doute la plus à même de survivre que nous dans ce pays de fous. Dis-je simplement avant de me diriger vers les escalier et Jorrvaskr, Lucia sur mes talons.
Daren sella son cheval et prit la route de l'est sans attendre. Son intuition lui hurlait depuis quelques temps qu'elle et Nachael étaient en danger, ou quelque chose du genre et elle voudrait bien savoir pourquoi.
Elle avait entendu les premières rumeurs à l'Auberge du Géant endormi, mais elle avait confirmé ses informations avec Hulda, de la Jument Pavoisée. Des caravanes de gens, des chariot transportant des touristes, des troupes de l'armée impériale, tous mystérieusement disparu et les rares survivants parlant de créature gigantesque et pourvu d'aile, crachant le feu. Baragouinage de fou, disait-on.
Mais si Daren songeait à Helgen, à ce qu'elle avait vu là-bas, elle ne pouvait que les croire, ces soi-disant fous.
Puis hier matin, Hulda lui avait apprit une chose qu'elle n'aurait jamais cru avoir à apprendre avant ce jour. À Vendaume, la ville où elle vivait avant sa rencontre avec Nachael et la petite Nordique, un jeune garçon tentait de communiquer avec la pire guilde qui puisse exister. Aventus Aretino, dont les parents étaient mort l'hiver dernier. Elle connaissait la famille Aretino. Des gens charmants, de bonne noblesse qui pourtant acceptaient de vivre à l'entrée du quartier gris. Sans doute l'une des rares famille de Vendaume à accepter les elfes noirs et à ne pas systématiquement les accuser de tous les malheurs du pays. Leur mort avait été tragique et leur fils... Ce gamin n'avait que douze ans à peine.
Mais visiblement, il comptait venger ses parents ou quelque chose du genre. Et s'il réussissait à les contacter... Non, Daren ne voulait même pas y songer. Faire tuer une personne, que ce soit par vengeance, pour se protéger ou même pour défendre d'autres gens, c'était toujours une mort malgré tout. Et un enfant de douze ans n'était pas prêt à assumer de telles conséquences. En fait, connaissant Aventus, jamais il ne serait prêt.
Et Daren n'allait certainement pas le laisser faire une telle idiotie. Le premier meurtre n'était bien trop souvent que le premier d'une longue, très longue série.
Elle s'était jurée de ne plus jamais revenir sur son passé, pas après le désastre qui avait suivit, ni le chemin écarlate de sang qu'elle avait du emprunté juste après. Mais maintenant, alors que quelque chose semblait vouloir la pousser dans une voie, alors qu'elle apprenait qu'un enfant qu'elle avait connu et chéri comme un petit frère allait faire la même erreur qu'elle, des dizaines d'années plus tôt... Elle céda.
Un instant, elle regarda la paume de sa main, s'attendant à la voir maculée de sang, mais n'y vis que le cuir noir de son ancienne armure d'assassin. Et elle sourit, un sourire cassé, mi-triste mi-résigné.
Finalement, Alissanne avait eu raison. On ne pouvait renier notre famille, aussi tordu soit-elle que la Confrérie Noire.
Alors qu'elle s'engageait sur le pont traversant la rivière Blanche, elle sursauta et arrêta son cheval, le faisant ruer un instant. Mais déjà, elle avait la tête tournée vers le lieu qu'elle venait de quitter. Qui... Qui était-ce?
Ces incroyables volumes de magie emmagasiné tel une bombe magique qui faisaient presque vibrer l'air... Cela ne dura que quelques secondes, mais ce fut suffisant pour qu'un filet de sueur froide ne coule dans son dos.
Pour la deuxième fois en moins de vingt minutes, Daren fut simplement terrifiée. Puis se rappela que Nachael et la petite Lucia étaient accompagnée d'une Psijique. S'il y avait bien quelqu'un qui pourrait combattre ce truc, quel qu'il soit, c'était bien la Nordique!
Légèrement rassurée, elle tourna des talons et continua sa route, le plus rapidement possible. Elle se sentait un peu mal de les laisser avec ce problème derrière, mais elle avait quelque chose de plus urgent à faire, qu'elle était la seule à pouvoir faire.
[Note pour les lecteurs : Le visuel de l'armure de Daren est en fait l'armure d'assassin d'Élite qu'on peut avoir en Mods dans Oblivion. Google Image sera votre meilleur ami et la première image est la bonne! (Normalement)]
L'intérieur de Jorrvaskr était grand, chaleureux et accueillant. De longues tables entouraient un énorme feu, où cuisait de la viande de bœuf et du porc, je sentais également du ragoût en train de cuire et quelques légumes, sans doute baignant dans du beurre frétillant à la casserole.
Il y avait de la bière, de la bouffe, un bon feu et une bagarre éclata trois secondes après mon entrée. Je n'essayais même pas de masquer mon sourire de gamin à cette constatation.
Jorrvaskr me plait déjà.
Je laissai les sacs à Freyja, qui grimaçait et lui fis un petit sourire d'excuse, avant de m'approcher du combat. Un guerrier elfe noir (Complètement différent de Daren cependant...) se bagarrait avec une femme Nordique. Il y avait des cris d'encouragement des deux côtés, et je me mêlai avec joie aux réjouissances, sans que personne ne se pose de questions. Lucia trottina jusqu'à moi et je la soulevai.
-Ça fait un peu peur... Me dit-elle comme si elle me révélait un grand secret.
-Tu dis ça parce que tu es une toute petite souris, encore. Lui souriais-je. Mais quand tu seras une petite guerrière, tu n'auras plus peur des gens qui se battent ensembles.
Lucia me sourit timidement et je lui ébouriffai les cheveux tendrement. Puis après quelques minutes, le combat se termina sur la victoire de la dame. Pas mal du tout... Un homme s'approcha alors de moi, un vieil homme aveugle d'un oeil et avec le crâne rasé.
-Vous ne m'êtes pas familier? Que faites-vous ici?
-J'aimerais rejoindre les Compagnons. Dis-je simplement.
L'homme jeta un oeil sur Freyja, toujours à l'entrée et à Lucia, qui était dans mes bras. Mais avant qu'il ne dise quoi que ce soit, je lui dis :
-Mon amie ne vivra pas ici, il n'y aura que ma fille et moi-même.
-Nous n'aimons pas beaucoup les mages, ici. Kodlak est en bas. Me dit-il alors avant de partir.
Un groupe de guerrier mercenaire qui n'aiment pas la magie, pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas...? Personnellement, ça ne me dérange pas, et Freyja reste mon amie malgré tout. Tant qu'ils ne me demandent pas d'arrêter de la voir... Je retournai auprès de Freyja :
-Leur chef est en bas. Tu m'accompagnes ou tu préfères sortir d'ici?
Il n'y avait aucune ironie dans ma demande, je suis sincèrement inquiet pour elle. Freyja est pâle et semble sur le point de tourner de l'oeil. Elle doit vraiment détester cet endroit... Je ne peux pas la forcée à rester.
-Je crois... Que je vais juste t'accompagner pour voir... Ce Kodlak, dit finalement Freyja avec un petit sourire.
Mais alors qu'elle dit cela, elle se figea sur place, blêmit et tourna la tête vers les portes de Jorrvaskr. Le regard couvert de terreur, elle recula jusqu'à ce que son dos se bute contre mon torse et elle chuchota presque :
-Un monstre... Qui... Posséderait un tel... Pouvoir?
-Halte-là! S'écria soudainement un garde en voyant une haute silhouette s'approcher. La ville est fermée à cause des dragons. Seules les affaires officiels sont autorisés.
-Je suis ici en invité. Grogna l'homme en tendant une enveloppe.
Le garde lut attentivement la lettre et fut choqué de son contenu. Ce type était réellement un...? Il fit de son mieux pour masquer son stress soudain, bénissant le port du casque obligatoire qui l'aidait en ce sens.
-Vos papiers sont en règles... Ils semblent authentiques également... Bon, si c'est officiel... Alors entrez. Dit-il finalement avec l'air le plus détaché qu'il pouvait prendre.
Les grandes portes de la ville s'ouvrirent, laissant entrer une silhouette presque géante, vêtue d'une impressionnante armure noire avec des veines rouges, très large et avec un bouclier presque aussi grand que l'homme. Rien ne laissait deviner la race ou l'âge de celui-ci, puisqu'il portait également un heaume impressionnant qui masquait complètement son visage. Pourtant, malgré toute cette protection impressionnante, aucune arme n'était à portée de main. L'homme se baladait sans arme.
Celui-ci fit quelques pas dans la ville, puis leva la tête, observant un impressionnant bâtiment au loin avec une coque de drakkar inversée en guise de toit.
Sa direction : Jorrvaskr. À la pensée d'être enfin, presque aux portes de ce qu'il avait chercher depuis des années, il libéra un instant le pouvoir contenu chez lui. Quelques secondes, avant de le reprendre et de le sceller plus solidement que jamais en lui. Hors de question de les laisser s'échapper ici, au beau milieu d'une ville. Il allait peut-être devoir faire un tour à la nécropole avant d'aller à Jorrvaskr, finalement...
Dire que j'étais stupéfait était... Faible. J'étais carrément sous le choc.
Je suis descendu avec Lucia et Freyja pour parler avec Kodlak, le chef des Compagnons, comme on me l'avait indiqué, une fois que mon amie blonde c'était calmée. D'après elle, une importante masse de magie c'était libérée pendant un instant puis avait à nouveau disparu. Freyja m'assurait que c'était sans doute son imagination et nous avons donc descendu. Kodlak Blancrin était au fond du couloir, dans une petite salle et accompagné d'un guerrier dans une armure typiquement nordique. Le fragment de leur conversation m'était ensuite parvenue aux oreilles :
-... mais j'entends toujours l'appel du sang...
-Comme nous tous. C'est notre fardeau. Mais nous pouvons nous en défaire.
Quelque chose du genre. J'avais alors compris que les Compagnons étaient peut-être plus que de simples guerriers, pour entendre ce fameux appel du sang... Et que cela soit considéré comme un fardeau... Ce n'était donc pas un appel ordinaire.
Puis j'ai tourné mon regard vers le fameux Kodlak, intrigué par ce que je voyais. Ce regard. Cette stature. Cette aura de sagesse et de force. Cette présence.
J'ai alors réalisé presque aussitôt et le choc de cette révélation me paralysa à un tel point... Que je n'ai toujours pas bouger depuis, même si ça ne fait qu'une minute ou deux. Cet homme... Kodlak Blancrin... Il... Me fait définitivement penser à mon défunt père, Lerexus Draconis.
À suivre dans le deuxième Arc que la Saga du Tigre-Dragon ; Folgesvenner.
Merci de laisser un commentaire en sortant, ça fait vivre mes écrits!
Prochain chapitre : 30 Août 2016
