DISCLAIMER : Mme Rowling, je vous informe que je suis ici pour réclamer la possession de vos p... hum, des personnages de Harry Potter. Veuillez me les céder. Non. Bon. Au revoir Mme Rowling.

Bon bon bon ! Un chapitre qui a mis un peu de temps à sortir, mais la maladie est imprévisible et dans mon cas, elle cloue au lit, un poil trop loin de mon ordi. Mais je compense un peu l'attente par un chapitre -un peu- plus long que les précédents :)


Harry ouvrit doucement les yeux. Le dortoir était calme, il était le premier réveillé. Chaussant ses lunettes sans un bruit, il repoussa silencieusement les rideaux. Ainsi, il se rendit compte que l'aube était à peine passée. Pas étonnant qu'ils dorment tous si paisiblement. Il se rapprocha de la fenêtre et observa le paysage qui s'étendait derrière la vitre.

Il aimait ce moment de la journée, où ce n'était ni totalement la nuit, ni totalement le jour. Le soleil dépassait à peine l'horizon, et quelques reflets d'or accrochaient toujours aux vaguelettes du lac. L'astre solaire n'était pas encore complètement purgé de sa sanglante teinte matinale, n'exhibant sa beauté qu'aux élus qui ne dormaient déjà plus. Les rayons du soleil levant faisaient flamboyer les arbres de la Forêt Interdite, qui semblait bien moins menaçante que d'habitude.

Une dizaine de minutes s'écoulèrent ainsi dans un silence seulement troublé par les respirations assoupies de ses camarades. Harry s'éloigna de la fenêtre et détermina qu'il ne pourrait plus se rendormir, alors il entreprit de se préparer.

Quand il descendit dans la salle commune, il y avait déjà quelques élèves qui discutaient à voix basse. Harry ne marqua donc qu'un bref arrêt en arrivant et continua son chemin. Il avait eu l'espoir d'être le seul réveillé et d'être à l'abri des regards pour un temps, mais apparemment il n'aurait pas cette chance. Jetant un coup d'oeil à sa montre, il constata qu'il n'était que six heures. Le petit déjeuner n'était même pas encore servi.

Il erra pendant un certain temps dans les couloirs, son esprit voguant à travers les souvenirs de la Dernière Bataille. Il voyait encore les sorts siffler autour de lui, les murs trembler, les éclairs de couleurs variées s'entrechoquer, les ombres s'étirer et se rétracter à la lueur des maléfices.

Si seulement il s'était directement rendu à Voldemort... Parce qu'après tout, ça n'aurait pas changé : l'horcruxe aurait été détruit de la même manière, mais il y aurait eu beaucoup moins de morts...

- Harry Potter ?

Il se retourna pour faire face à une adolescente de Serpentard, vu la couleur de sa cravate. Elle devait avoir quatorze ans, donc être en troisième année.

- Oui ? se forca-t-il à répondre.

Il n'aimait pas trop ça. Il devinait aisément ce que la jeune fille voulait, à la façon dont elle triturait son col, car ça avait été comme ça tout l'été. Il réfléchissait déjà à un moyen de refuser sa demande sans la blesser.

- C'est vraiment toi ? s'enthousiasma-t-elle.

- Ben, ça fait plusieurs années que je suis à Pouldard et que je fais la une, je pense qu'on me reconnaît facilement maintenant.

- Hum, oui, excuse-moi. Je peux avoir un autographe ?

On y était. Il repassa rapidement ses options en tête.

Un, "j'ai pas d'encre/plume/parchemin". Ridicule, il portait son sac.

Deux, "je ne sais pas écrire". Tentant, mais assez peu crédible.

Trois, "je suis pressé, plus tard peut-être". Classique, mais totalement innapplicable à à peine six heures trente du matin dans un couloir du troisième étage.

Quatre, "J'ai le poignet cassé". Idéal, si seulement il avait eu l'accessoire avec.

Bon. Tant pis pour le tact.

- Désolé, je ne signe pas d'autographe.

Il ne put s'empêcher d'ajouter, devant la mine déconfite de l'adolescente :

- Mais si tu demandes à Ron, je suis sûr qu'il te fera un autographe ; et même qu'il essaiera d'imiter ma signature, si tu veux. Et si tu demandes gentiment, il te les fera certainement sur nos cartes chocogrenouille.

Le regard de la serpentarde s'illumina et elle fit demi-tour sans plus attendre. Ai-je oublié de préciser que Ron ne se lèvera pas avant un petit bout de temps ?

Néanmoins, ce petit intermède avait eu l'avantage de passer le temps jusqu'à l'heure du petit déjeuner. Harry se dirigea donc à pas mesurés vers la Grande Salle, se félicitant de s'être réveillé aussi tôt. Il s'ennuyait, mais au moins il n'y aurait pas une foule qui le fixerait quand il rentrerait dans la Grande Salle.

Néanmoins, les quelques élèves matinaux déjà présents ne manquèrent pas de le suivre des yeux quand il alla s'asseoir à la table des Gryffondors. Tandis qu'il prenait son petit déjeuner, il observa distraitement la Grande Salle.

La plupart des élèves déjà debout étaient des Serdaigles, majoritairement des première année (les vrais, ceux qui avaient onze ans) et des septième année. Ils devaient être une quinzaine en tout.

Il laissa son regard dériver vers la table des professeurs. Mais en voyant le professeur McGonagall à la place qu'avait occupée le professeur Dumbledore, quelque chose se tordit dans son ventre et il se reconcentra sur son assiette, soudainement moins attirante. Il se rendit compte que c'était le premier repas qu'il prenait dans cette salle depuis la mort du vieux directeur.

D'un coup, tout appétit fut coupé et il se leva pour sortir. Il leva les yeux au ciel quand les murmures s'interrompirent à son geste. Il remarqua d'ailleurs au passage les cieux vides de tout nuage. Instantanément, il sut comment occuper l'heure et demie qu'il restait avant le début des cours.

En sortant, il récupéra son emploi du temps dans les bacs où ils étaient entreposés et constata qu'il avait en réalité deux heures et demie devant lui avant de devoir aller en cours de sortilèges. Bien.


Le vent s'engouffrait dans ses cheveux, les faisant fouetter son visage. La vitesse croissante de son balai le faisait se sentir plus vivant qu'il ne l'avait été depuis... depuis trop longtemps.

Il jeta un coup d'oeil derrière lui. Le stade de Quidditch semblait minuscule. Il sourit. Ça allait décoiffer.

Alors qu'il montait encore, il partit en arrière et débuta un piqué qui libéra son esprit de toute pensée parasitaire.

- Wahouuu !

Il effleura le sol avec la paume de sa main et seulement commença à ralentir. Sans pouvoir se contrôler, il éclata de rire. Ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas volé sur son Éclair de Feu ! La sérénité qu'il éprouvait dans les airs lui aurait été bien utile des fois...

- Harry ! Harry !

Il regarda au sol. Dans les gradins, Hermione faisait de grands signes avec ses bras. Il lui sourit et descendit lentement à sa hauteur.

- On était inquiets ! le gronda-t-elle.

- Bonjour à toi aussi, Hermione. Je vais bien, merci, et toi ?

- Bien, mer... n'essaie pas de changer de sujet !

Il ricana.

- Tout va bien, Hermione. Je me suis réveillé tôt ce matin, et en voyant le soleil briller dans le ciel, je n'ai pas pu m'empêcher de venir ici. Tu vas pas m'en vouloir, quand même ? fit-il avec de grands yeux.

Elle pinça les lèvres et souffla.

- Non, non, bien sûr... Mais la prochaine fois, préviens.

- Promis. Mais tu sais, on ne craint plus rien maintenant. On n'est plus en fuite, on est à Poudlard.

- Tu as des ennemis aussi à Poudlard, grinça-t-elle.

Il tiqua légèrement. Elle faisait référence aux Serpentards, et plus particulièrement à Malfoy. Étant donné les événements de la veille, il allait falloir qu'il remédie à ça, et discrètement si possible. Il allait devoir la jouer aussi fine que ses rivaux. Le Choixpeau lui avait diagnostiqué une fibre de Serpentard, il devait bien pouvoir l'exploiter, non ?

- Aucun d'eux n'essaie de me tuer depuis que j'ai un an, fit-il remarquer. Et, entre nous, ce sont plus des rivaux que des ennemis. Comme s'ils étaient assez menaçants pour être des ennemis ! fit-il mine de se moquer.

Il se sentait étrangement mal à l'aise maintenant. Merci Hermione.

- Bon, tu m'excuseras, mais il reste deux bonnes heures à tuer avant le premier cours.

Et il retourna dans les airs sans plus se préoccuper d'elle. Il espérait un peu qu'elle s'en aille, mais elle resta. Il s'en trouva bizarrement agacé. Avaient-ils besoin de le surveiller comme ça ? N'était-il pas un grand garçon ? N'avait-il pas mené à l'accomplissement d'une prophétie ?

Il secoua la tête pour chasser ses pensées moroses et se concentra pleinement sur la sensation du vent qui suivait la courbe de sa trajectoire. Il oublia complètement Hermione et ne remarqua que deux heures plus tard qu'elle était partie.

Évidemment, il faillit être en retard au cours de sortilèges. Quand il arriva en trombe, juste avant la sonnerie, les cheveux en bataille et les lunettes de travers, Hermione roula des yeux et Ron ricana.

- Entrez, Mr Potter, entrez.

Il hocha la tête pour son petit professeur et alla s'asseoir à côté des ses amis. Ron, directement à sa gauche, lui donna une bourrade.

- C'était tout juste, vieux.

- Non, tu crois ? grinça-t-il en redonnant un semblant d'ordre à son apparence.

Le professeur Flitwick attira l'attention sur lui et commença son premier cours de l'année. Après un rapide briefing sur les Aspics, il enchaîna sur quelques révisions de sixième année. Ce ne fut pas réellement difficile, mais nécessaire pour certains.

Mais durant toute l'heure du cours, Harry sentait son esprit décrocher. Il n'était plus habitué à tout ça. Il avait passé un an en fuite, à traquer et à détruire les Horcruxes, alors se retrouver soudainement assis dans une salle de classe, c'était perturbant. Durant de longues minutes, il laissa donc son regard dériver un peu partout dans la salle. Quand il aperçut une chevelure blonde moins gominée qu'à l'habitude, il plongea encore plus profondément dans ses réflexions.

Draco Malfoy.

Étrange personnage. Tous deux s'étaient livré une lutte constante depuis leur première année, s'étaient méprisés, s'étaient détestés, s'étaient haïs. Ils avaient grandi, muri et ils avaient commencé à prendre place dans la guerre. Leur statut d'ennemis s'était confirmé, et ils ne s'en étaient détestés que plus encore.

Puis était arrivée la sixième année. Harry pouvait clairement deviner que c'était à cette époque que Malfoy avait commencé à changer. Son père en prison, Voldemort lui avait confié la tâche de tuer Dumbledore. Il l'avat d'abord pris comme un honneur, puis lentement, sûrement, au fil de ses échecs, la peur avait remplacé la fierté. Harry avait commencé à comprendre cela quand il l'avait surpris en pleurs dans les toilettes de Mimi Geignarde. Et quand enfin, Malfoy s'était retrouvé la baguette levée devant Dumbledore, il n'avait pas pu agir, alors que quelques mois plus tôt il n'aurait pas hésité.

Encore plus tard était arrivé ce qui aurait dû être leur septième année. Bien sûr, il n'avait pas beaucoup vu l'héritier des Malfoy durant cette période, mais quand il avait atterri dans son manoir, Harry avait eu l'indiscible conviction que Malfoy les avait immédiatement reconnus. Alors pourquoi n'avait-il rien dit ? Car, en soi, il s'agissait déjà bel et bien d'une trahison de son Seigneur des Ténèbres.

Puis, lors de la Bataille de Poudlard, il lui avait sauvé la vie. Il frissonnait encore à cette pensée. Cependant, il ne pouvait nier le fait que Malfoy ait une dette de vie envers lui était une bonne chose. Juste après la chute de Voldemort, il avait pu voir les trois Malfoy ensemble, et ce n'était qu'alors qu'il avait compris que les Malfoy n'étaient en réalité soumis qu'à eux-mêmes.

Enfin, lorsqu'il l'avait interpelé la veille, Malfoy avait laissé tomber son masque et mis sa fierté de côté pour proposer une alliance et demander la paix. De tout cela, il retirait au final une certitude.

Jamais Draco Malfoy n'aurait pu être un mangemort.

Et alors que son regard repartait et tombait sur la fenêtre, un oiseau de feu émit une trille satisfaite.