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Tiens ? Ne serait-ce pas le chapitre final ? Merci d'avoir lu cette fanfiction jusqu'au bout ! J'ai bien conscience que certains éprouveront de la frustration quant à la longueur de cette histoire mais j'ai une très bonne excuse pour cela : Cette fic devait à l'origine être un ONE-SHOT que j'ai au final partagé en chapitres par caprice (ça faisait bien longtemps que je n'avais pas écrit de nouveau long-shot alors j'ai voulu casser ma routine haha). J'espère vous retrouver prochainement, c'était un réel plaisir de vivre cette aventure avec vous (lecteurs fantômes ou non) !

Bonne lecture à vous !

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Jeu de regard - chap 5


-Laissez passer !

Un éclair en uniforme de baseball de Seido slalomait entre des groupes d'élèves qui jonchaient le couloir de l'établissement scolaire. Averti trop tard, un jeune garçon se fit bousculer et fit volte-face. Malheureusement pour le fuyard, il s'agissait du président du conseil des élèves...

-Hé ! On ne court pas dans les couloirs ! SAWAMURAAA !

-PARDON MAIS CA UUURGE !

Insensible à l'autorité du président qui s'époumonait pour lui inculquer les bonnes manières, Eijun freina brusquement en arrivant à destination. Essoufflé, il récupéra en scénarisant dans sa tête son entrée.

"Bon. Je demande de ses nouvelles, je le remercie et je repars. Ca devrait pas être compliqué. Je dois juste... garder mon calme."

Tremblant malgré tout, il approcha sa main de la poignée et la serra. Il déglutit et finit par la baisser avant d'ouvrir doucement la porte. Il passa d'abord la tête dans l'ouverture avant de faire un premier pas dans la pièce.

-Je me permets...

Il examina la pièce et remarqua l'absence de l'infirmière. Cependant, il ne manqua pas de distinguer la silhouette allongée sur le lit près de la fenêtre, malgré le rideau blanc fermé qui baignait dans la lumière. Un peu plus audacieux que précédemment, il n'hésita pas à s'approcher pour jeter un oeil au lit occupé : Il tira le tissu de sa main gauche et pencha la tête. Il détailla de bas en haut le corps athlétique immobile qui se trouvait bel et bien être le receveur qu'il était venu voir. Il ne pût retenir un soupir de soulagement lorsqu'il remarqua que son partenaire était endormi. Malgré tout, il était inquiet lorsqu'il posa les yeux sur le bandage qui enserrait la tête du receveur et la poche de glace qui s'étalait sur son front. Incapable de feindre l'indifférence, il passa derrière le rideau et s'avança vers la tête de lit. Il détailla le visage de Miyuki : Sa mâchoire marquée, ses pommettes légèrement rouge, ses lèvres entrouvertes et ses paupières closes dont on devinait les yeux remuer au-dessous. Pris d'un soudain malaise en envisageant les pires scénarios, Eijun posa sa main droite sur sa poitrine et serra ses doigts sur sa veste de baseball tout en laissant transparaître sur son visage une terrible expression. De la haine ? De la frustration ? De la souffrance ? De l'inquiétude ? En cet instant, son esprit était consumé par les remords autant que la peur de l'inconnu. Comment de simples baisers avaient pu le troubler au point d'en négliger son camarade qui essayait par tous les moyens - même les plus surprenant - de se faire pardonner en lui venant en aide ? Comment pouvait-il encore tout rejeter sur son nouveau capitaine qui portait déjà le fardeau d'une équipe aussi grande que celle de Seido ?

-Tout est de ta faute, Miyuki-sempai... Regarde dans quel état tu t'es mis... "à cause de moi" ? Ça n'a pas de sens... Je ne te comprends pas... Personne ici te comprend... Je ne mérite pas que tu mettes ton avenir de joueur en danger... Pourtant...

Un sourire crispé et des yeux larmoyant, Sawamura leva le nez vers son interlocuteur et continua sa tirade.

-Pourtant, je me sens flatté. Malgré ce que tu as fait cette nuit-là, je n'arrive pas à t'en vouloir assez pour ignorer tes bonnes intentions à mon égard. Je tourne pas rond, hein ? Tout ça m'obsède. Je fais pourtant tout pour te fuir mais quelque chose d'incontrôlable m'attire à toi.

Le lanceur ferma les yeux et baissa de nouveau la tête. Un froissement de tissu se fit entendre mais il n'y prêta pas attention, bien trop concentré dans son monologue et tenter de freiner ses larmes qui se multipliaient.

-Je veux continuer de lancer dans ton gant... mais j'en suis incapable. Pourquoi je n'arrive pas à oublier ? Si seulement tu ne m'avais pas embrassé... Pourquoi t'as fait ça..? Imbécile...

-Je ne sais pas.

Eijun hoqueta en ouvrant les yeux. Il croisa automatiquement le regard brumeux de son camarade, ce qui le troubla au point de reculer. A son grand dam, Miyuki agrippa son poignet et l'empêcha de faire un pas de plus. La voix enrayée par sa sieste, il articula.

-Ne fuis pas. Maintenant que j'ai tout entendu, une discussion s'impose.

-Tu... Tu étais réveillé..?

Des yeux malicieux et un sourire mesquin lui répondirent. Il posa sa main droite sur la main qui le tenait fermement prisonnier en râlant.

-Lâche-moi !

-Impossible. J'ai aussi mon mot à dire. Quel genre de capitaine je serais si je laissais un kohai me déclarer sa flamme et l'ignorer ensuite ?

-Dé-Déclarer quoi ?!

-Je plaisante, Bakamura ! Je plaisante !

-C'EST PAS LE MOMENT DE PLAISANTER !

-Tu as remarqué ?

Le plus jeune cessa de s'agiter et fit la moue.

-Remarqué quoi ?

-Tu ne m'as pas quitté des yeux une seule fois.

Sawamura dévisagea son aîné, les yeux grands ouverts et vacillant. Dans sa poitrine, les battements de son coeur devenaient si forts qu'ils résonnèrent dans ses tympans. Le souffle coupé un bref moment, il détourna les yeux en grimaçant.

-Dis pas de conneries, j'ai été surpris, c'est tou-

-Tes yeux m'avaient tellement manqué que lorsque je les ai croisé au bullpen, j'ai perdu toute notion. Puis le trou noir. A mon réveil, je les rencontre à nouveau. Je ne sais même pas pourquoi ça me rend aussi heureux.

Au fur et à mesure de sa tirade, Eijun avait finalement daigné regarder son capitaine. Lâchant prise sur Sawamura, Miyuki posa le revers de sa main libre sur l'arête de son nez en veillant à cacher ses yeux et ses joues rougissante de son partenaire. Un rire lui échappa. Un rire gêné.

-"On a conscience de l'importance de quelque chose lorsqu'on l'a perdu", c'est donc vrai ? Hahaha...

-Miyuki-sempai... Ah ! Au fait, j'ai récupéré tes lunettes. Elles étaient restées par terre dans l'enclos.

Titillant la curiosité de Miyuki, celui-ci souleva sa main cachant son visage et la posa sur son oreiller en devinant son cadet fouiller dans ses poches avant de distinguer la silhouette floue d'Eijun se pencher vers lui en tentant de glisser minutieusement les lunettes derrière les oreilles de son sempai avec une immense concentration qui le faisait grimacer. A peine avait-il terminé et amorcé un mouvement de recul, il tressauta quand ses deux poignets furent capturer par les mains fortes du capitaine. Leurs yeux se rencontrèrent de nouveau tandis que Sawamura peinait à cacher sa respiration qui s'accélérait. La voix grave de Kazuya résonna alors.

-Je ne m'excuserai pas de t'avoir embrassé. Je ne te dirai pas non plus d'oublier.

Sa prise s'intensifia avant de continuer son discours ; ses yeux perçant plongés dans les billes de son camarade.

-Parce que j'ai l'envie irrésistible de recommencer...

Le visage de Sawamura se figea un bref instant avant de devenir entièrement rouge. Honteux et embarrassé, il agita la tête de gauche à droite en émettant des sons indescriptibles avant de finalement se reprendre un minimum.

-Comment tu peux dire une chose pareille ?! T'es complètement cinglé ! C'est le choc à la tête qui te fait dire ça ?! Ah..! Ta blessure ! Comment elle va ?

Le lanceur turbulent releva son buste et s'approcha du crâne du receveur dont la poche de glace avait glissé sur le matelas. Examinant attentivement la zone, il marmonna sans faire attention à Miyuki qui devenait cramoisi en avisant le corps de son cadet qui s'appuyait de plus en plus contre lui.

-Je vois aucune bosse, ça a dû dégonfler...

-Sawamura...

L'interpellé baissa la tête et eût un soubresaut quand son nez effleura celui de son camarade. Il se figea quasi instantanément à ce contact mais ne pût quitter son sempai des yeux comme s'ils s'exprimaient en silence à la place de leurs propriétaires.

-Miyuki-kun ? Tu es réveillé ?

Pris de panique, Sawamura manqua de pousser un cri de surprise. Mais avant même que ce cri puisse se déployer dans la salle, il fût étouffé par le binoclard qui avait recommencé : L'embrassant à pleine bouche en veillant à maintenir la tête de son partenaire contre lui d'une main pendant que la deuxième plaquait le dos du plus jeune pour le garder allongé sur lui. N'obtenant aucune réponse mais en devinant la silhouette étendue sur le lit à travers le rideau, elle n'insista pas et repartit en fermant la porte. Un moment passa et bien qu'il soit court, il sembla une éternité pour Sawamura qui tremblait comme une feuille en gémissant. L'aîné lâcha prise, reprenant son souffle comme le joueur qui le chevauchait, maintenant redressé sur ses genoux qui évitait de nouveau son regard. Retour à la case départ... à moins que...

-Sawamura. Regarde-moi.

-Non...

-Tu as eu peur..?

-... Non...

Miyuki cligna des yeux.

-Pourquoi tu m'évites alors ?

Il attendit sagement une réponse un long moment et s'apprêta à changer de sujet quand un marmonnement lui parvint enfin.

-Je... ne sais pas.

-Moi, je crois savoir.

-Je suis bizarre, c'est ça ?

-Quoi ? N-Nan..!

-Alors quoi ? Tu veux me faire croire que c'est normal ? Je devrais trouver ça dégoûtant et je suis là à-

-Te trouver des excuses.

-Ouais ! Nan, attends, qu'est-ce tu racontes ?! Je ne cherche pas d'excu-hé !

Pris par surprise, il se fit de nouveau tirer par son sempai qui le força à se pencher vers son visage. Kazuya dévisagea Sawamura dont les paupières étaient closes mais ce ne fût pas l'élément qui le marqua le plus en cet instant. Un sourire se dessina alors sur ses lèvres.

-Tu en as envie.

Doucement, les paupières s'ouvrirent pour contempler la seule chose que les yeux noisette du lanceur virent : Les lèvres du capitaine de Seido qui concluait sa phrase.

-Tu m'as tendu les lèvres à l'instant.

Troublé autant parce qu'il voyait que parce qu'il entendait, il se contenta de boire les paroles s'échappant de ces lèvres qui se mouvaient sous son nez.

-Ce n'est pas moi qui te faisait peur depuis le début : C'est ton manque de réaction ce jour-là qui t'a poussé à t'infliger tout ça. Tu évitais mon regard parce que tu avais peur que je devine ce secret. Parce que tes yeux parlent pour toi. Maintenant, regarde-moi.

Comme hypnotisé, Eijun obéit immédiatement et noya son regard dans celui de son camarade derrière les verres de ses lunettes. L'emprise du sempai sur lui cessa pour finalement sentir l'une de ces mains s'abattre sur sa tête pour frotter la chevelure déjà en bataille du plus jeune.

-Tu n'es pas bizarre. Tu m'admires juste plus que tu le croyais jusqu'à maintenant haha !

Le visage d'Eijun devient rouge en assimilant le sens de cette réplique franche de son receveur qui souriait mesquinement.

-C'est... C'est un mensonge !

La main de Miyuki agrippa les cheveux du cadet et l'attira à lui, se retrouvant à quelques centimètres des lèvres du lanceur subjugué.

-Tu ne me tromperas pas avec ce regard-là.

-Miyuki-sempai.

-Ouais ?

-Tu me fais peur.

Le capitaine ricana.

-C'est quoi, ça ?

-Un mensonge.

A son grand étonnement, Sawamura fût le premier à sauter le pas et à l'embrasser bien que timidement. Le plus jeune se détacha en observant l'aîné soulever ses lunettes pour les poser sur le matelas avant d'enserrer le visage du lanceur téméraire entre ses doigts pour venir répondre au baiser de celui-ci avec un peu plus d'assurance.

...

-Monsieur Kataoka. Il semblerait qu'Eijun se soit sorti de cette spirale infernale. C'est une bonne nouvelle pour l'équipe. Il aurait été difficile de tenter le Koshien sans notre lanceur gaucher.

Le coach aquiesça tout en gardant les yeux posés sur ses joueurs en plein match d'entraînement. En particulier la battery.

-En effet. De plus, l'osmose entre ceux deux-là semble à leur paroxisme plus que jamais. C'est également un bon point pour l'équipe. Ils sont des piliers importants du club, solides comme le roc.

-Monsieur Kataoka...

Les bras croisés, il sourit.

-Ils ont un avenir brillant qui les attend.
-BAKAMURAAA ! VAS-YYY !

-EIJUN-KUUUN ! TWO OUUUT !

Tandis qu'en première base et en seconde Kuramochi et Haruichi encourageaient leur équipier, la poussière se souleva sur le monticule. Amorçant son élan - la jambe haute et les crampons en évidence -, Sawamura serra fermement sa prise sur la balle dure entre ses doigts en dialoguant muettement avec le receveur à travers ses verres teintés. Miyuki tendait son gant en posant un genou à terre ; attendant de pied ferme le lancer qu'il lui réclamait.

"Si tu réussis ce lancer, on termine le match plus tôt que prévu. Je t'attendrai aux distributeurs."

"Comme si j'allais me louper !"

"Ouah vraiment ? Je suis impatient alors !"

"TU M'ÉNERVES !"

Eijun amorça son mouvement et fit glisser la balle à toute vitesse qui fût réceptionner par... le grillage.

-BALL !

Le lanceur se crispa en grimaçant.

-AH ! J'AI LOUPÉ !

-Bakamura ! T'es qu'un naze !

Ledit Bakamura tourna la tête vers son aîné aux allures de yankie.

-Mochi-sempai !

-C'est pas le moment de rêvasser, Eijun-kun...

-Harucchi..! C'est pas ma faute, c'est celle de Miyuki Kazuya !

Se sentant insulté, le capitaine se leva après avoir demandé un temps mort et s'avança vers le monticule en soulevant sa grille de protection.

-Heeeh ? Je n'y suis pour rien.

Vexé, le lanceur gaucher jeta son gant à terre en insistant pendant que les deux autres s'étaient approchés eux aussi.

-Tu m'as déconcentré avec tes conneries !

-Eijun-kun. Comment il aurait pû te parler à plusieurs mètres de distance au beau milieu d'un lancer..?

Sûr de lui, Sawamura fit face à son ami aux cheveux roses et son colocataire qui le regardèrent avec attention. Il posa ses indexes sous ses paupières inférieures et tira dessus en déclarant le plus simplement du monde.

-Son jeu de regard.

Un silence suivit avant que ses trois partenaires n'éclatent de rire, le faisant rougir et s'offusquer.

-C'EST LA VÉRITÉ, ARRÊTEZ DE VOUS MARRER !

-T'es complètement stupide HYAHAHA !

-D'où tu peux bien sortir des sottises pareilles ?

Miyuki se contenta de pleurer de rire en passant un bras autour des épaules du lanceur qui pestait contre ses camarades. Ce jour-là, personne ne sût si Sawamura se faisait des films ou si leur relation avait évolué plus qu'on ne pouvait l'imaginer. Le soir-même, Miyuki se contenta malgré tout de s'adosser sous un lampadaire près du gymnase, deux canettes à la main.

FIN

Xx Katsunarusasu xX

J'ai du mal à réaliser que c'est terminé mais toutes les bonnes choses ont un fin ! Merci d'avoir suivi jusqu'au bout les péripéties de notre battery déjantée, je me suis vraiment impliquée dans cette histoire, ça faisait du bien un peu de bromance innocente, de temps en temps haha ! Sur ce, le devoir m'appelle sur une fic Sarumi (K Project). A bientôt, peut-être ! :)