Chapitre 2

Allongée dans le sofa, je regardais le vide, je tentais de supporter le silence de la pièce. Cela faisait plusieurs semaines que nous étions rentré à Forks. Plusieurs semaines durant lesquels mon état se détériorait lentement. Ma peau blanchatre devenait grise, et mes cernes devenaient de plus en plus imposantes. Mes joues se creusaient. Au fur et à mesure que mon ventre s'arrondissait, mon corps devenait de plus en plus faible, de plus en plus maigre. Etonnement, Rosalie était l'un de mes plus grand soutient. Elle m'aidait a supporter cette grossesse et cette solitude qui s'installait. Edward, lui, refusait d'accepter la situation. Il ne voulait pas de la chose, ou encore, du fétus. Il ne parlait pas de bébé, ni d'enfant. Cette vie à l'intérieur de moi, n'était qu'une chose. Il ne ressentait rien. Aucune attache. Aucun amour. Edward haissait la chose. Il haissait notre enfant.

- Pourquoi me fais tu ça ? Tu as pris la décision, sans même pensé à moi. Cette chose est en train de te tué. Nous devions passé l'éternité ensemble. S'énerva Edward.

J'étais allongée dans le lit, tentant de garder un maximum de force pour la suite de ma grossesse. La croissance du bébé était sans précédant. Je n'étais enceinte que de quelques semaines, pourtant, la croissance du bébé semblait indiquer plusieurs mois.

- Rien ne dit que je ne survivrai pas... Soufflais je. Et, tu ne sera pas seul. Tu aura le bébé.

Edward me lança un regard plein de colère.

- Me crois tu réellement capable de te regarder mourir ? Me crois tu réellement capable de garder cette chose auprès de moi, après qu'il t'aura tué ? Cria t-il.

Edward quitta la pièce, sans même se retourner.

Je pris la couverture, et ferma les yeux. A nouveau, j'étais seule.

Rosalie m'accompagna dans la salle de bain. Il m'était impossible de me laver sans aide. Et il était hors de question de demandé à Edward de m'aider. Il ne m'avait plus vu nue depuis la lune de miel. Mon corps était différent. Il n'y avait plus rien de beau a regardé. Je n'étais presque plus qu'un squelette. Mes os apparaissaient. J'avais l'apparence d'une femme affamée, en malnutrition. Mes jambes ne supporteraient bientôt plus le poids de mon bébé. Mes os se cassaient les uns après les autres. Edward apparu derrière moi, au loin, regardant les dommages causés à mon corps. Il semblait lui aussi ne pas reconnaitre la femme devant lui. Je n'étais plus son épouse. Je n'étais qu'une femme enceinte, une femme portant une chose. Une chose dont il ne voulait entendre parler, dont il ne voulait accepter l'existance et la présence. Rosalie ferma la porte, tandis que je cachais mon corps.

Les jours suivants se ressemblèrent. J'étais prise de douleurs intenses soudaines, parfois de vomissements. Mon corps s'affaiblissait de jour en jour, et l'accouchement approchait dangereusement. Les risques de cet accouchement nous effrayaient. Et si j'avais espoir concernant ma transformation durant l'accouchement, Edward ne semblait n'en avoir aucun.

Cette grossesse ne pouvait être vu par mes amis ou encore la famille. Personne ne devait savoir ou découvrir que les Cullen n'étaient pas humain. Pas même Charlie. Alors, pour pouvoir le lui caché, Carlisle décida de lui faire croire que j'étais malade. Ainsi, pour des raisons de santé, nous ne pouvions nous voir, mais avions des communications par téléphone. Cela me donnait plus de temps avec mon père, et cela nous donnerait une explication à mon décès lorsque je serais moi aussi transformée. Cependant, parler avec Charlie au téléphone brisait mon coeur. Savoir que bientôt, il me pensera morte était bien plus compliqué a gérer que ce que je ne pensais. Mais il fallait le faire. Alors presque chaque jour il appelait pour prendre de mes nouvelles. Et parfois, je ressentais une sorte de nostalgie. Quelques regrets. Avais je pris la bonne décision ? Epouser Edward était le plus beau jour de ma vie, mais les répercusions n'étaient pas ce que je m'imaginais. Ce n'était pas aussi simple. Parfois je regrettais d'être partie, je regrettas ne pas pouvoir partager du temps avec lui. Parfois, je réalisais que j'avais idéalisé notre union, et Edward lui même. Vivre la douleur de la grossesse, la destruction de mon corps seule, m'avait faire ouvrir les yeux. Peut être que j'avais décidé trop vite. Au téléphone avec Charlie, je devais lui dire que je partais à l'hôpital. Il me pensait en Europe, où je serais tombée malade. Partir à l'hôpital était l'une des dernières étapes, avant de lui annoncer mon décès, à la naissance du bébé. Les larmes avaient beau couler, je tentais d'être rassurante. Inutile de le paniquer. Il aurait débarquer en Europe si il soupçonnait quoi que ce soit de plus grave. Ma mort allait être brutale. Mais nécessaire. Il ne devait pas savoir avant. Après avoir raccroché, je vis Edward entrer dans la pièce. Il avait entendu ma conversation avec Charlie, et probablement, que je n'étais plus aussi heureuse qu'avant. Il arriva près de moi, le visage triste.

- Je ne t'ai pas soutenue... Je te demande pardon.

Je savais alors qu'il avait entendu.

- Je suis désolé de m'être énerver tout à l'heure.

- Ce n'est rien.

Edward regarda autour de lui.

- Qu'est ce que c'était ?

- Quoi ?

- Je croyais avoir entendu...

Il posa sa main sur mon ventre.

- Dit quelque chose.

- Comme quoi ?

Il me sourit alors.

- Il aime entendre ta voix.

- Tu peux entendre le bébé ? Demandais-je, choquée.

Il hocha la tête.

- Il aime aussi ma voix, dit il, ému. Il n'est pas comme moi. Il n'est pas mauvais. Il est bon. Et pure.

Edward semblait alors enfin accepté le bébé. Ce n'était plus une chose, un fétus. C'était notre bébé. Edward m'embrassa alors. Il s'installa auprès de moi, et pour la première fois j'imaginais notre famille, unie.