Il pouvait le faire.
Il pouvait le faire.
Naruto regarda par la vitre de la voiture et vit l'immeuble en face du sien approcher. Il déglutit.
Non, il pouvait pas.
Naruto secoua la tête. Bien sûr que si, qu'il le pouvait. Il n'était pas seul. Il y avait tout un tas de gens pour le couvrir. Le pire qu'il pourrait arriver serait…
Les yeux de Naruto s'écarquillèrent. Il y avait pleins de trucs pires qui pourraient arriver. Il enroula un de ses bras autour sa taille pour se calmer, mais cela ne fonctionna pas.
Putain, pensa-t-il. Comment est-ce qu'il allait se démerder? Et pourquoi avait-il le pressentiment que… Que toutes les personnes réunies pour capturer Gaara allaient toutes échouer misérablement?
Naruto se reprit, avant d'expirer péniblement. Putain de merde, mais qu'est-ce qui tournait pas rond chez lui? C'était pas comme s'ils allaient l'obliger à s'approcher de la porte par ses propres moyens. C'était pas comme si Gaara, si c'était vraiment lui qui vivait là-haut, aurait une quelconque opportunité de lui faire du mal — pas avec autant de policiers pour l'arrêter.
Naruto jeta encore un œil en arrière, et oui, d'ici il pouvait voir au moins trois autres voitures de police en train de suivre la sienne. Il savait que Seichi se trouvait dans la dernière — une voiture qui ne ressemblait même pas à un véhicule officiel, puisqu'elle était noire et aux vitres teintées. Cette voiture avait comme seule et unique mission de protéger le petit garçon, alors aucun des hommes à l'intérieur ne devait en sortir, alors que les autres officiers seraient en train de mettre l'immeuble sens-dessus-dessous. Naruto était soulagé de savoir qu'au moins Seichi serait en sécurité.
Devant la voiture de Naruto se trouvait une grosse camionnette noire. On aurait dit une ambulance peinte en noir avec des vitres teintées. Peut-être que c'était un fourgon du S.W.A.T., pensa Naruto avec un rire nerveux.
« Dis-moi, Naruto. »
Naruto sursauta. C'était Masashi Hatake. Il était assis dans le siège avant passager. Quelqu'un d'autre que Naruto ne connaissait pas conduisait la voiture.
« Après tout ce temps… Pourquoi tu ne nous l'as dit que maintenant? »
Naruto lança un regard coupable par la vitre. « J'étais… pas sûr, » avoua-t-il d'un souffle. « Ça avait l'air tellement irréel et improbable que… J'ai juste rien dit à personne, » finit-il dans un haussement d'épaule.
« Ce que tu nous as dit à propos de cet homme nous laisse penser que ça doit être Sabaku, » dit l'homme d'un ton grave. « C'est complètement son style d'être aussi mystérieux — apparaître à des endroits où il n'est pas censé être, entre autres. Mais le coup de la tourte, et de « l'huile » sur les fenêtres — je dois admettre que ça ne lui ressemble pas. On croirait presque qu'il voudrait que tu saches qu'il est là. » Naruto pouvait le voir secouer la tête. « Gaara n'a jamais perpetré ses crimes dans le plus grand secret… Mais il ne s'est jamais exposé à ce point… »
Naruto déglutit. « Je… Ouais, » termina-t-il faiblement. Il ne savait pas vraiment à quoi il acquiesçait, cependant.
Le chef lui renvoya son signe de tête, satisfait, et se retourna pour se remettre à regarder droit devant lui. « Tu n'as plus à avoir peur. A partir d'aujourd'hui, tu n'auras plus jamais à t'inquiéter de Gaara— »
« Attendez, » l'interrompit Naruto en secouant la tête. « Il y a toujours une possibilité que ce ne soit pas lui, vous vous souvenez? C'est complètement possible que la disparition de Sasuke et le reste m'aient rendu parano — vous savez? »
« C'est pas important. Nous allons traiter cette situation comme hautement dangereuse, et si nous nous sommes trompés, on verra plus tard pour les conséquences. »
Naruto plissa le nez. Il n'aimait décidément pas comment fonctionnait la police.
« De toute façon, » continua l'homme, « Gaara ou pas, la personne qui vit dans cet appartement ne mijote manifestement rien de bon. On trouvera bien quelque chose pour l'arrêter. »
Naruto secoua la tête et regarda par la fenêtre. Cette logique ne lui semblait pas morale, mais il ne pouvait pas vraiment discuter. Pas alors qu'ils n'étaient plus qu'à trois pâtés de maison de l'immeuble 1313, ce qui représentait un trajet en voiture de moins de trente secondes.
Il y eut un bruit de saturation, semblable à une transmission radio, avant qu'on entende la voix lointaine de Shikamaru à l'autre bout du fil. « Est-ce qu'on devrait se garer dans la rue d'avant, monsieur? »
Il y eut un bip avant qu'Hatake réponde. « Oui, garez-vous une rue avant. Il faudrait pas qu'il nous repère en regardant par la fenêtre et qu'il se mette en tête de s'échapper. »
Hmm, pensa Naruto. Maintenant qu'il y repensait, c'était une mission d'infiltration, n'est-ce pas? Aucune des sirènes n'était branchée et les voitures n'allaient pas particulièrement vite. Ils abordaient la situation avec énormément de précaution. Naruto pensa que c'était une bonne chose.
Puis le véhicule dans lequel il se trouvait commença son créneau, et Naruto cessa de penser que tout était pour le mieux.
« OK, » fit doucement Hatake. « On y va. »
Naruto déglutit et mit la main sur la poignée de la portière.
Hatake se tourna vers lui en fronçant les sourcils. « Qu'est-ce que tu fais? »
Naruto cilla. « J'ouvre la portière? »
Hatake fronça encore plus les sourcils. « Tu ne pensais quand même pas qu'on allait te laisser entrer là-dedans avec nous, rassure-moi? »
Les yeux de Naruto s'écarquillèrent. « Quoi? Ah bon? Pourquoi vous m'avez emmené avec vous alors? » Naruto ne savait pas si le sentiment qui s'épanouissait dans sa poitrine était du soulagement ou quelque chose de plus proche de la colère.
Hatake plissa les yeux. « Naruto, jamais de la vie on n'emmènerait un civil innocent dans l'antre d'un criminel — encore moins quand on pense être sur le point de capturer l'un des hommes les plus dangereux du pays. »
Naruto ouvrit la bouche, mais hésita. Il ne pouvait pas dire grand-chose. Il savait que s'il venait, il se chierait dessus tout le long du trajet en ascenceur, ou tout le long des escaliers si les policiers décidaient de rester fidèles aux films. Et même sans ça, il devrait rester en arrière au moment de toquer à la porte de chez Gaara — si c'était Gaara — et de le capturer. A vrai dire, Naruto ne comprenait pas vraiment comment tout ça pouvait fonctionner. Comment allaient-ils déterminer si cette personne devait être arrêtée? Allaient-ils se contenter de le regarder pour voir s'il ressemblait au roux, ou allaient-ils l'interroger, voire fouiller son appartement, avant de décider de l'emmener?
Naruto secoua la tête. Maintenant qu'il y repensait, c'était une bonne chose qu'il ne monte pas là-haut. Il ne voulait pas être impliqué dans le drame qui allait éclater selon toute vraisemblance. En fait, si c'était vraiment Gaara là-haut, alors il n'allait sûrement pas se laisser faire sans opposer de résistance, non? Il ferait en sorte de blesser ceux venus pour le capturer avant de se laisser emmener.
Il y eut un toquement à la vitre de Naruto. Lorsqu'il leva les yeux, il vit Hatake de l'autre côté en train de le fixer d'un air déterminé. « On reviendra, » affirma-t-il avec un signe de tête décidé, avant de s'éloigner. Un groupe d'hommes armés tout accoûtrés de noir le suivirent le long de l'immeuble.
Il y avait d'autres officiers qui étaient en train d'établir une sorte de blocus entre les civils et le bâtiment. Des curieux étaient en train d'observer la scène, et Naruto vit des gens se pencher à leur fenêtres à la vue l'animation.
Naruto se demanda s'il devait sortir de la voiture pour mieux voir. Il serait toujours en sécurité, pensa-t-il, tant qu'il se trouvait loin de l'immeuble. Lorsqu'il actionna la poignée de la portière, le chauffeur s'éclaircit la gorge ostensiblement. Naruto tourna les yeux vers lui en haussant les sourcils. « Oui? »
« Où vous allez comme ça? » demanda l'homme d'une voix traînante.
« Hm, je sors juste un peu dehors, » répondit le blond. « Euh, j-j'ai besoin d'un peu d'air frais, je crois. »
L'homme lui jeta un coup œil à travers le rétroviseur arrière avec un regard sombre avant d'hausser les épaules. « Contente-toi de respecter les règles. T'es toujours suspect, je crois… » fit-il d'un ton interrogateur, avant d'hausser les épaules une nouvelle fois.
Naruto fronça les sourcils. Il pensait savoir pourquoi ce type n'était qu'un chauffeur et pas en train de foncer dans l'immeuble avec les autres à cet instant.
« Ouais, je serai juste à côté, » répondit-il en ouvrant la portière.
Une fois à l'extérieur, il referma doucement la portière et inspira profondément. Il dut cependant s'arrêter, car l'air était trop froid.
C'était un jour tellement lugubre, surtout vu qu'il s'était mis à pleuvoir moins d'une heure avant.
Des gens étaient dehors pourtant, entourant le blocus que les policiers tentaient de maintenir sans grande conviction. Il y avait un ruban jaune d'avertissement qui s'étirait d'une voiture de police à l'autre devant l'entrée du bâtiment, et trois hommes armés se tenaient de chaque côté, prêts à dégainer, semblait-il.
Naruto ne pensait pas que tout ceci était inutile. En fait, il n'était même pas sûr qu'ils prennaient assez de mesures. Il ne savait pas pourquoi, ni ce que c'était, mais il avait le pressentiment que quelque chose d'absolument horrible était sur le point de se produire. Le pressentiment était encore pire que ce qu'il avait ressenti en allant chez Gaara, pensa-t-il, car la dernière fois il avait fuit face à quelque chose qu'il pouvait mettre sur le dos de la paranoïa. Cette fois-ci, savoir de quoi Gaara était capable — si c'était bien Gaara là-haut — le pétrifiait sur place. Même s'il n'y était pas monté lui-même, Naruto avait l'impression qu'il pouvait quand même se faire blesser.
Il y eut un mouvement précipité à sa gauche, et il vit un autre homme en noir le dépasser en courant et en parlant fébrilement dans ce qui ressemblait à un téléphone massif.
« Je vous entends pas, » prononça-t-il avec fureur. « Putain de bordel de merde, mais qu'est-ce qui est en train de se passer là-haut? » Il s'arrêta pile devant l'entrée principale et pointa deux doigts vers la porte. Deux des officiers qui se trouvaient devant se ruèrent à l'intérieur.
Naruto haussa un sourcil. Qu'est-ce qui était en train de se passer?
Il re-vit l'homme crier dans son récepteur avec colère, mais Naruto ne pouvait pas entendre ce qu'il disait à cette distance. Il fit deux pas en avant en tendant l'oreille, mais le vent était en train de se lever. Naruto soupira. Il voulait savoir ce qu'il se passait, mais la voiture était garée un immeuble plus loin.
Il jeta un coup d'œil rapide au chauffeur, et vit qu'il était assis avec les bras croisés et les yeux dans le vague. Le remarquerait-il si Naruto avançait jusqu'au bout de l'immeuble pour s'approcher de la scène? Il voulait être là où étaient les autres civils, juste derrière le ruban jaune tendu entre le fourgon du S.W.A.T. et l'autre voiture de police, juste en face de l'entrée. Il jeta un dernier œil à son chauffeur, avant de se faufiler hors de la place de parking et d'essayer d'arriver jusqu'à la foule. C'était difficile, étant donné qu'il y avait énormément de gens, alors à la place il se retrouva sur le trottoir, à quelques mètres de l'entrée de l'immeuble 1313. Les policiers n'occupaient pas vraiment cette zone-là, et ne lui prêtaient pas tellement attention.
L'homme qu'il avait vu en train de pester dans le téléphone préhistorique était en train de faire les cent pas devant l'entrée à présent, pendant qu'au moins cinq autres officiers l'entouraient, se disputant et faisant de grands gestes colèriques. L'homme en noir s'arrêta brusquement et dit quelque chose à un autre avec un air grave. L'autre acquiesça avec un rictus mauvais, avant de se retourner et de faire face à la foule qui se pressait derrière le ruban jaune.
« J'exige que tous ceux présents ici reculent de plusieurs mètres! » s'écria-t-il avec colère. « Ceci est une scène de crime! »
Naruto écarquilla les yeux. Une scène de crime? Qu'est-ce que ça voulait dire? Est-ce qu'ils étaient en communication avec les types d'en haut? Est-ce qu'ils avaient trouvé quelque chose là-dedans?
Il restait planté là, figé sur place, avant que—
« Naruto! »
Le blond leva les yeux en sursautant.
Il fut surpris de voir Iruka en première ligne derrière le ruban jaune — comment avait-il pu ne pas l'avoir remarqué avant? — et Kakashi, qui se tenait juste derrière lui, observant l'immeuble en plissant les yeux. Il ne semblait pas avoir vu le blond.
« Iruka! » cria Naruto avant de pouvoir s'en empêcher.
« Qu'est-ce qu'il se passe? » cria son proprio.
« Je sais p— »
« Hé! T'as pas le droit d'être ici! » cria un officier en fixant Naruto avec des yeux bouillonants de rage — c'était le mec qui avait ordonné à la foule de se reculer.
Naruto se figea sur place, intimidé par l'agent devant lui. « J'suis désolé— »
« Comment t'as fait pour venir jusque là? » lui grogna l'homme au visage.
Le blond déglutit et détourna le regard. Evidemment, pas tout le monde n'était au courant de son rôle dans toute cette histoire. « J'étais— » commença-t-il nerveusement—
Mais il n'eut jamais la chance de terminer.
Lorsque Naruto repenserait à ce qu'il s'était produit à cet instant, il se souviendrait d'abord de son incroyable rapidité.
On entendit d'abord un « clac! » bruyant, comme la détonation d'un feu d'artifice — puis un million de clacs résonnèrent dans l'air, au moins trente à la seconde : « c-c-c-c-lac, c-c-c-c-c-clac!»
Des mitraillettes.
C'était exactement ça. Ce qui éclatait juste au-dessus de lui. Pile au-dessus de lui. Au cinquième étage. Appartement 5F.
La foule se mit à hurler, et il entendit l'homme qui lui avait gueulé dessus hurler à tout le monde de se jeter à terre, mais Naruto resta planté là, pétrifié par le choc. Les yeux fixés sur la fenêtre de l'appartement. De la lumière, telle des éclairs, clignotait constamment au rythme des bruits de tirs. Les yeux de Naruto clignaient avec chaque son, et il était tout tremblant. Qui frappaient ces tirs de mitraillette?
Naruto fut secoué par un frisson, des sueurs froides dégoûlinant le long de son visage.
Il ne pouvait pas bouger.
Puis vint l'explosion. Tel un craquement de tonnerre, accompagné par les éclairs des tirs en rafale, résonna un énorme boum, et deux fenêtres au moins volèrent en éclats. Toutes appartenaient à l'appartement 5F.
Naruto se jeta à terre.
Les gens criaient encore plus fort maintenant. C'est une attaque terroriste, hurlaient-ils, à terre, pleuraient-ils. Mais Naruto ne pouvaient plus les voir. De la poussière. Des débris. Il y en avait partout. Envahissant son champ de vision, altérant sa vue.
Et puis il y en eut une autre.
Boum.
Celle-ci vola ses oreilles à Naruto. Il ne pouvait plus entendre les cris — seulement un énorme grincement étouffé qui ressemblait à du métal plat et souple claquant au gré du vent.
Naruto porta ses mains à ses oreilles. Il était toujours au sol. Pantelant, réalisa-t-il. Respirant de la poussière.
Puis des mains apparurent sur ses épaules, le relevant brusquement. Il sentit des lèvres se coller contre son oreille, lui hurlant quelque chose d'étouffé et inaudible — Naruto pouvait entendre quelque chose d'autre. Comme—
Comme des hommes qui criaient—
Depuis le ciel.
Il—
Smwaarrrkkk—
Naruto fixa avec des yeux exorbités l'homme qui venait juste de passer par la fenêtre. Écrasé la tête la première sur le trottoir, avec les doigts qui tressaillaient encore, et une jambe saisie de spasmes bizarroïdes contre le sol. L'autre était cassée.
L'ouïe de Naruto était de retour.
Et il entendait des sons. Tout autour de lui. Détresse. Choc.
C'est alors qu'un autre homme chuta. Avant de s'écraser au sol à son tour.
Smraakkk
Une moitié de jambe reposait sur le type précédent. La nuque tordue à un angle étrange — brisée.
Encore un troisième homme tomba de la fenêtre.
Encore en vie. Mais immédiatement écrasé par un quatrième homme.
Qui lui fut écrasé par un cinquième.
Lui-même écrasé par encore un—
« Sortez-le de là! »
Et puis Naruto fut poussé sur le côté et empoigné par quelqu'un d'autre, qui à son tour le poussa/le força à marcher pour ce qui lui parut être des kilomètres, avant de le pousser dans une foule.
Des gens s'emparèrent de lui, et l'aggripèrent en lui hurlant des choses dans les oreilles.
Naruto s'en foutait.
Son cœur s'était barré.
Il le savait à cause de la manière dont il se déversait sur ses mains, de sa bouche, dégouttant de sang et de chair pendante — tout comme le cinquième homme qui était tombé.
Naruto eut un spasme.
Il se demanda si un septième était tombé maintenant.
Il avait presque envie de se libérer et de regarder — sauf qu'alors son cœur se détacherait pour de bon, lui qui battait désespérément dans ses mains, essayant de remonter dans son corps à l'aide de tentacules.
Naruto n'avait pas cœur à avoir un cœur, là tout de suite. Alors il ne se força pas.
Ça aurait pas changé grand-chose de toute façon.
Comme lui même n'avait pas changé grand-chose pour les hommes qui étaient tombé du ciel.
Un par un.
Mortellement.
Juste devant lui.
Un autre tressaillement. Pas le sein. Pas aussi violent que celui qui avait secoué les doigts du premier homme. Ou la jambe du troisième.
Il y avait une autre paire de mains qui le secouait et l'entraînait loin des bruits incessants de gravats, et il se laissa entraîner, se foutant de qui c'était ou de ce qu'on lui voulait.
Il fut traîné jusque dans un coin, et le temps d'un court instant il crut qu'il allait se faire planter et être laissé pour mort. Mais c'était comme toutes ses autres pensées, fugace, et Naruto redevint gourd.
Jusqu'à ce que quelqu'un le gifle.
Il sembla se réveiller de sa transe en sursaut, et se débattit violemment contre la poigne qui le maintenait.
« Naruto, attends — c'est moi! »
Naruto arrêta de lutter, et se tourna vers la personne. Il fut abasourdi de voir Iruka qui le fixait avec de grands yeux écarquillés et inquiets.
« Naruto, qu'est-ce qui t'as pris— rester en plein milieu comme ça! C'était dangereux! »
Naruto cligna plusieurs fois des yeux, mais ne dit toujours rien.
« Naruto… » fit l'homme avec appréhension. « Est-ce que t'es en état de choc? Est-ce que tu as… pris un coup sur la tête? »
Une main vint se poser sur la tempe de Naruto, juste au-dessus de son oreille.
« Naruto… Est-ce que tu m'entends? »
Naruto l'entendait.
Il ne pouvait juste pas parler.
Il ne savait pas s'il retrouverait un jour l'usage de la parole, après ce à quoi il venait d'assister.
Il y eut une autre main dans ses cheveux, et il entendit une autre voix familière. « Laisse-le tranquille pour l'instant, Iruka. Il a besoin d'un petit peu de temps. On en a tous besoin. »
C'était la voix de Kakashi, anormalement calme étant donné la situation. Lorsque Naruto leva les yeux, il se rendit compte qu'ils étaient dans une ruelle, entourés par des dizaines d'autres personnes accroupies contre le mur avec la tête dans leurs mains, ou en train d'hurler dans leur portable, ou serrant leurs enfants contre eux. Il y avait deux officiers au bout de l'allée, visiblement en train de monter la garde, qui ordonnaient régulièrement aux gens de reculer. En dépit du brouhaha, Naruto réalisa que les explosions avaient cessé. Tout ce qu'on pouvait entendre étaient le hurlement de sirènes, les cris des passants anonymes et des policiers, et peut-être des ambulanciers du SAMU en train de se hurler des trucs.
Naruto cilla. Combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait regardé ces hommes tomber?
Lorsqu'il releva les yeux il vit Iruka parler à Kakashi avec de la colère et de la peur dans ses yeux, pendant que Kakashi se tenait là solennellement, les yeux dans le vague.
Naruto frissona.
Qu'allait-il se passer maintenant?
La police n'autorisa pas les gens rassemblés dans l'allée à partir avant que deux heures se soient écoulées. Il y avait eu de l'agitation à ce propos, lorsqu'un homme un peu plus grand que les autres en eut ras le bol d'attendre dans un trou à rats alors que sa famille et ses amis se demandaient probablement où il était, mais les agents s'étaient contentés de lui répondre qu'ils avaient l'ordre strict de garder les civils loin du désastre de l'autre côté de la rue.
Lorsque Naruto fut sorti de l'allée, il se rendit compte qu'il n'était plus vraiment à proximité de la catastrophe. On l'avait traîné quelques rues plus loin, près de la voiture où dans laquelle il avait été. Il s'était inquiété pour Seichi pendant un moment, avant que des agents lui disent que les seuls décès concernaient ceux qui étaient entrés dans le bâtiment, et que tout ceux qui avaient été touché par des gravats n 'étaient pas dans un état critique.
Les habitants des immeubles 1313, 1312, et des logements alentours ne furent pas autorisés à revenir chez eux avant dix heures du soir. Des policiers passaient toutes les zones autour de chaque immeuble au peigne fin à la recherche d'engins similaires à ceux qui avaient été utilisés pour faire exploser l'appartement 5F. Tous les magasins des environs étaient fermés, et tous les trajets de bus avaient été déviés pour contourner la ville de Naruto. Les propriétaires de véhicules reçurent l'ordre de déplacer leurs voitures loin de la scène de crime, sous peine de voir leur voiture confisquée, alors il y avait eu un mouvement précipité de gens qui entraient dans leur voiture et essayaient de trouver de la place autre part.
Kakashi et Iruka en faisaient partie, avec Iruka grommelant qu'il n'avait pas envie de se faire emmener la voiture encore une fois, et ils entraînèrent Naruto avec eux, lui ouvrant la portière et le soutenant pour l'aider à monter à l'intérieur, tel un enfant ou une personne âgée. Naruto était encore trop choqué pour discuter ou se demander où ils l'emmenaient lorsque la voiture se mit enfin à bouger, quittant cette partie de la ville. Iruka parlait sans cesse, spéculant sur « ce qu'il s'est passé putain de merde » et sur à quel point « ce monde part vraiment en sucette, » mais Kakashi ne disait rien. Il restait silencieux, comme Naruto.
Ils avaient roulé jusqu'à un bar propret que Naruto ne connaissait pas. Il savait que c'était loin de là où il habitait, parce que ça ressemblait plus à un quartier de banlieue.
Ils se rendirent à l'intérieur et furent dirigés vers une table, et Naruto fut surpris de voir la boutique pratiquement vide. Il pensait qu'avec tout le monde qui se ruait hors de la ville, des endroits pareils auraient été pris d'assaut.
Ils étaient donc assis à leur table, dans un petit bar propret. On leur avait demandé s'il voulait commander quoi que ce soit, et Iruka avait répondu qu'ils avaient besoin d'un peu plus de temps.
Ce fut également Iruka qui fit dire ses premiers mots à Naruto, après ce qui avait probablement été plus de trois heures.
« Ça va, » marmonna-t-il, après que l'homme lui ait demandé pour la énième fois s'il allait bien.
Iruka lui fit un petit sourire et serra ses mains entre les siennes. « Ça me rassure. J'ai cru qu'on allait devoir d'emmener à l'hôpital. »
Naruto grommela quelque chose en réponse, mais il ne savait pas trop quoi.
Le serveur revint avec un carnet. « Vous êtes prêt à commander? » demanda-t-il?
Iruka lui sourit. « Pas encore, Keil. On a eu une soirée assez rude ; il se pourrait qu'on ne commande rien du tout. »
Keil acquiesça et mit une main sur sa hanche. « Hé, Iruka, t'habiterais pas dans cette ville-là? Celle où il y a eu un bombardement terroriste? »
Iruka acquiesça. « C'est bien ça alors? Un attaque terroriste? »
« C'est ce que tout le monde dit. Mais j'ai l'impression qu'ils n'en ont aucune idée. »
« C'est qui, 'ils'? » demanda Iruka.
« Les médias. Ils spéculent comme tout le monde. La police ne lâche aucune information ou rien de ce genre. Mais si tu veux mon avis, je pense pas que ce soit juste pour nous. On a le droit de savoir qui est en train d'essayer de nous tuer. »
« Est-ce qu'on est encore en guerre? » demanda Iruka. « Il me semblait que— »
« On est toujours en guerre dans ce pays. Je suis étonné que quelqu'un aie perpétré une attaque terroriste dans une ville aussi petite que ça, pourtant. Y'a rien de vraiment important ou de politique ici. »
« Ben, peut-être que les terroristes utilisent une nouvelle stratégie— »
« C'est pas des terroristes. »
Naruto était tout aussi surpris que les autres lorsqu'il s'entendit parler. Sa voix était rauque, mais assez forte pour que tout le monde puisse l'entendre.
« De quoi, Naruto? »
Le blond secoua la tête. « C'est pas des terroristes. »
Iruka cilla. « Comment tu peux en être aussi sûr? »
Naruto plissa la bouche pendant un moment, avant de soupirer et de reprendre la parole. « Ce qui est arrivé… c'était quelque chose qui aurait pu être empêché… quelque chose qui ne se serait jamais produit si j'avais parlé plus tôt— » Il s'interrompit et baissa la tête.
« Naruto… » fit Iruka en tendant une main. « Qu'est-ce que tu essayes de dire? »
Le blond secoua la tête et ne répondit rien. Il avait envie de se terrer quelque part et de ne plus avoir affaire à personne. Il commençait tout juste à réaliser certaines choses. L'ampleur et la gravité de la catastrophe qu'il aurait pu empêcher le frappait peu à peu, se manifestait de plus en plus devant lui.
« Naruto… Peut-être qu'on devrait— »
« Je suis désolé, » interrompit Naruto en relevant la tête et en se levant de la table. « Merci de… de vous être occupés de moi, mais je dois y aller maintenant. Je dois— » Naruto s'arrêta, ne sachant pas vraiment quoi dire. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il devait de tirer d'ici, peu importe où se situait « ici » et trouver des réponses et se reprendre.
« Attends, Naruto. T'as sûrement aucune idée d'où on est, et— »
« Alors dîtes-moi, » répondit Naruto en coupant Iruka, « comment est-ce que je peux me rendre à la station de police Hatake d'ici? »
Iruka cilla et se tourna vers Kakashi. L'homme aux cheveux gris se contenta de secouer la tête, et de pousser un long soupir. « Pourquoi est-ce que tu voudrais aller là-haut? Après ce qu'il s'est passé ce soir, ils ne seront pas au commissariat ; ils doivent tous être à l'hôpital en train de s'occuper des blessés et des morts. L'étape d'après, ce sont les quelques potentielles autopsies, et enfin les funérailles de masse. » Kakashi mis la main dans sa poche et farfouilla quelques secondes. Il en sortit une cigarette.
« Kakashi, » siffla Iruka.
« Juste cette fois-ci, » répondit doucement l'autre. « Jusqu'à ce que je me remette du fait que mon père est sûrement mort. »
Tout le monde l'écoutait avec des yeux ronds.
« Kakashi… » s'exclama Iruka, en posant une main sur son bras. « Qu'est-ce que— »
« Je l'ai vu entrer dans cet immeuble. Et quand la bombe a explosé… » Kakashi, pour une raison inconnue, afficha un sourire fatigué. « …Je pense qu'il est parti. »
« Oh mon Dieu… Kakashi, je suis tellement désolé. Comment — tu m'as laissé parler encore et encore pendant tout ce temps alors que tu avais ça dans la tête— »
Kakashi secoua la tête, interrompant le flot de paroles anxieux d'Iruka. « C'est pas grave. »
Naruto ferma les yeux et les couvrit de ses mains. Ce qu'il ressentait… C'était en train de ronger de l'intérieur. C'était comme du chagrin et de la terreur fois mille — quelque chose comme ça. Masashi Hatake, chef du département de police, était mort. Avait-il été l'un des officiers qui s'étaient écrasés sur le sol en ciment? Naruto frissonna. Il ne saurait probablement jamais.
« Gamin, » dit Kakashi en tirant le blond de ses pensées. « Rentre chez toi. Tout ce qui s'est passé… C'est quelque chose dont tu devrais t'éloigner. Le plus possible. »
Naruto cilla lentement. Kakashi avait raison. Toute cette… folie, ne le concernait pas. Il était juste un homme innocent, entraîné dans… quoi que ce bordel puisse être, et s'il ne s'en retirait pas immédiatement, alors… Les images des hommes qui s'écrasaient revinrent en flash devant ses yeux, et Naruto frissonna. Il devait s'enfuir. Il devait s'échapper de tout ça — il s'en battait les couilles de vivre avec sa grand-mère pendant un moment, ou même avec Kiba. Tout ce dont il se souciait, c'était de s'enfuir et de ne plus jamais avoir affaire à tout ça—
Mais Seichi? Naruto sentit ses yeux le piquer fortement. Il ne pouvait pas laisser le gamin en arrière, surtout maintenant que le département de police allait devenir un foutoir pas possible. Il devait trouver le garçon de quelque manière que ce soit, et l'emmener quelque part où il serait en sécurité. Il ne manquerait plus que Gaara soit après lui, que Dieu l'en préserve…
Naruto laissa sa tête basculer en avant et il croisa les bras sur la table. « Merci de vous être occupés de moi, » dit-il faiblement aux deux hommes. « Mais je ne peux pas rester ici. Je dois aller retrouver Seichi et je dois trouver des réponses. »
« Qu'est-ce que tu comptes faire une fois que t'auras récupéré le gamin? Et qu'est-ce qui te fait croire qu'on t'en confiera la charge après ce qu'il vient de se passer? » demanda Kakashi en croisant les bras.
Naruto secoua la tête. « Je sais pas, » répliqua-t-il avec colère. « Tout ce que je sais, c'est que je vais le faire, et que je ne laisserai personne m'en empêcher. »
« Pas même les autorités qui ont plus de droits sur cet enfant que toi? Comme les collègues de Sasuke? »
Naruto fronça les sourcils. « Tout ce que je sais, c'est qu'il faut que je l'emmène dans un endroit sûr. Quelque part où personne ne le trouvera— »
« Tu ne t'es pas trop renseigné, hein? » le coupa Kakashi d'un ton presque moqueur. « Si tu connais quoi que ce soit sur le tueur, » il faisait attention à ne pas prononcer le nom de Gaara, « alors tu saurais qu'il connait déjà tout de toi — peut-être même des choses que tu ne connais pas sur toi-même. »
Naruto ferma les yeux. Il se souvenait que quelqu'un lui avait dit exactement ces mêmes mots avant. Était-ce Shikamaru? Masashi?
« De quoi vous parlez vous deux? Qui c'est? »
Kakashi ne répondit pas ; il continuait juste de fixer Naruto, attendant qu'il réponde.
Le blond émit un autre petit grognement dans sa barbe et se leva de la table. « Alors qu'est-ce que je suis censé faire? » cria-t-il à moitié. « Il doit y avoir quelque chose que je puisse faire. Tout ça est tellement tordu, et je sais que quelque part dans l'enchaînement de tous ces évènements j'aurais pu faire quelque chose pour empêcher tout ça— »
« Arrête, Naruto. » La voix de Kakashi restait calme, malgré le blond qui avait haussé le ton. « Tout de suite maintenant, tout ce que tu peux faire, c'est de la recherche. Découvre à qui tu as affaire, et comprend-le, parce que tu m'as l'air bien plus impliqué que ce je pensais. Et laisse moi m'occuper de Seichi, si quelqu'un doit absolument le prendre en charge. Ses deux parents ont disparu, alors le commissariat le confiera à un foyer pour enfants — je m'interposerai dans le transfert. »
« Merci— »
« Et si tu veux vraiment agir activement, et peut-être rassembler plus d'informations sur ce qui s'est passé dans ce putain d'appartement, je te conseille de te rendre dans le plus gros hôpital de proximité de la ville. Les blessés y seront transférés, et les morts seront stockés là-bas en attendant d'être identifiés par des amis et des membres de leur famille. »
Naruto hésita. « Et où est-ce que ça serait? »
« L'Hôpital Mushroom City. »
Les yeux de Naruto s'écarquillèrent. Il savait où c'était. Il avait été envoyé là-bas une paire de fois suite à des bagarres, mais ce rendait cet endroit d'autant plus spécial à ses yeux, c'était que c'était l'hôpital où avait travaillé sa grand-mère. Ou du moins, c'était l'endroit le plus spécial à ses yeux jusqu'à ce qu'il apprenne ce qu'il s'était passé à Mushroom City — le massacre à l'école.
« Naruto, si t'as l'impression que c'est trop pour toi— »
« Non, c'est bon, » le coupa Naruto d'une voix blanche. « Comment est-ce que je me rends à l'hôpital d'ici? »
Kakashi fixa le blond pendant un moment, avant de soupirer. « Tu n'as pas à y aller tout seul. Je t'y emmènerai. »
« Kakashi— »
« Tout va bien, Iruka, » rassura l'homme aux cheveux gris. « Si tu veux rester ici, ça me va. Je reviendrai te— »
« T'as perdu la tête si tu penses que je vais te laisser aller là-bas tout seul, » siffla Iruka, visiblement offensé.
Kakashi lui décocha un clin d'œil ainsi qu'un sourire en coin. « D'accord. Désolé. »
Naruto serra les poings, se sentant légèrement gêné par l'évidente affection entre les deux hommes.
« On devrait peut-être y aller. »
Kakashi acquiesça et se leva. « T'as raison. Allons-y. »
Le serveur qui était resté planté là tout le long en observant la scène avec de grands yeux ronds sembla se réveiller lorsque tout le monde se leva. « Euh, passez une bonne journée, revenez-nous voir! » leur lança-t-il alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie.
Iruka se retourna et s'inclina rapidement devant l'homme, avant de suivre Naruto et Kakashi à l'extérieur.
Le trajet jusqu'à l'hôpital prit plus longtemps que ce qu'avait anticipé Naruto — au moins une demi-heure. Lorsqu'ils arrivèrent, ils trouvèrent une scène similaire à celle qu'il avait imaginée, mais qu'il était tout de même surpris de voir. Il y avait des ambulances dans tous les sens, certaines munies de gyrophares aveuglants. Elles ne hurlaient pas comme Naruto s'y attendait. En fait, il semblait que le vacarme, s'il y en avait eu avant, était en train de s'apaiser. Il voyait pas mal de reporters à l'extérieur de l'hôpital, mais ils étaient tous en train de discuter entre eux et de ranger leurs affaires.
Naruto se demanda à quoi ressemblait l'immeuble de Gaara. Il y avait-il des reporters postés à l'extérieur, en train d'essayer d'arracher des réponses aux autorités?
A présent, lui, Kakashi et Iruka se dirigeaient à grands pas vers l'entrée de l'hôpital. Ils avaient dû se garer un pâté de maisons avant, vu que le parking de l'hôpital était soit complet ou fermé. Tout ce que savait Naruto, c'était qu'on les avait empêché d'y entrer.
Les reporters les remarquèrent immédiatement alors qu'ils marchaient non loin, les jaugeant afin d'évaluer s'ils étaient interviewables ou pas. Après quelques secondes, ils secouèrent tous la tête et revinrent à ce qu'ils faisaient.
Une fois dans l'hôpital, Naruto eut la preuve du bordel incroyable qui y avait sévit quelques heures avant. Il y avait des gens qui couraient dans tous les sens, et il y avait au moins dix personnes au bureau d'accueil en train d'essayer de parler à l'une des quatre infirmières. Le blond entendit Kakashi soupirer à côté de lui.
« Attends-moi là, » dit-il en s'avançant. Il dépassa le bureau d'accueil et était pratiquement arrivé dans l'entrée du couloir principal, lorsqu'une femme l'appela. « Excusez-moi monsieur! Vous n'avez pas le droit d'aller là tant que vous ne vous êtes pas enregistré et— »
La femme arrêta son speech lorsque l'homme aux cheveux gris tendit ce qui paraissait être un badge. Naruto cilla ; quand est-ce que Kakashi avait sorti ça?
« Je fais partie du département de police Hatake, » annonça solennellement Kakashi. « Maintenant, si vous vouliez bien m'indiquer où se trouvent les officiers blessés… »
La femme hésita un court instant, avant de secouer la tête et de quitter le point d'accueil, au grand dam des gens qui attendaient derrière.
« Viens, Naruto, » dit Iruka en se plaçant derrière Kakashi.
« Qui sont-ils? » demanda l'infirmière en jaugeant Naruto et Iruka du regard.
Kakashi fit un signe de tête rassurant. « Ils sont avec moi. »
La femme plissa les yeux avant de les fermer de lassitude. « Laissez-moi vous dire que vous êtes un peu en retard, en tout cas. On s'est déjà occupés des blessés, et les morts sont au sous-sol avec Kurenai. C'est la femme qui— »
« Je connais Kurenai, » l'interrompit Kakashi. « Donnez-moi les statistiques. Combien sont décédés? »
« Je ne peux pas vous dire les chiffres exacts. Par contre, je peux vous dire que les pertes ne sont pas extraordinairement élevées, étant donné l'ampleur des dégâts à l'intérieur du bâtiment, » dit l'infirmière en secouant la tête. « Une quinzaine de morts, et environ vingt personnes entre la vie et la mort à l'heure actuelle. »
Naruto écarquilla les yeux. Cette femme affirmait que les dégâts n'étaient pas gravissimes. Quinze morts et vingt personnes à l'agonie? Ça lui paraissait énorme.
« De ceux qui sont toujours en vie, pouvez-vous me dire si l'un d'entre eux était à l'intérieur de l'immeuble? » demanda lentement Kakashi.
L'infirmière haussa les épaules. « Je ne peux pas vous donner d'informations aussi détaillées. Je ne peux vous faire qu'un résumé global de ce qu'il se passe dans l'enceinte de l'hôpital. »
« Hmm. » Kakashi hocha la tête. « Mes amis et moi allons nous rendre dans le service des Urgences maintenant. Est-ce que j'aurai besoin d'un pass? »
« C'est pour vous en donner un que je suis venue vous voir, » répondit la femme en lui tendant une carte bizarre. « Vous devrez me la rendre avant de quitter l'hôpital. Est-ce que vous avez besoin que je vous guide? »
« Pas si tout se trouve au même endroit, » répondit Kakashi alors qu'il était déjà en train de s'engager dans le couloir.
Naruto et Iruka se pressèrent à sa suite.
« Le service des urgences? » s'enquit Iruka d'un air inquiet.
« Quand il y a un afflux de patients qui débarquent, gravement blessés, et survivants de la même attaques, ils sont tous envoyés aux urgences. »
Iruka hocha la tête.
Les urgences n'étaient en réalité qu'une immense pièce remplie de civils blessés et de policiers sur des brancards, accrochés à des tubes. La salle était un chœur de gémissements et de de médecins et d'infirmières qui couraient dans tous les sens en se criant des trucs. Il y avait quelques personnes, visiblement non impliquées dans l'explosion, se tenant au chevet des patients en difficulté et leur tenant la main — probablement des membres de leur famille.
« On en a perdu un autre! » appela une femme depuis l'aile gauche de la salle. Tel des automates, deux hommes appuyés contre un mur se ruèrent vers le patient décédé. L'un débrancha brutalement les machines reliées à l'homme et poussa le brancard hors du rang, pendant que l'autre poussait un nouveau brancard dans l'emplacement vide avec un autre patient dessus. Puis, les deux hommes poussèrent le brancard du mort le long de l'allée centrale et disparurent par deux portes battantes.
Naruto déglutit. C'était comme regarder un film de guerre.
« Pardon monsieur! » Appela un homme en se dirigeant vers Kakashi. « Est-ce que vous avez la permission d'être ici? C'est mieux que vous ne bloquiez pas l'allée— »
« Je fais partie de la police, » affirma Kakashi. « Je veux voir Kurenai. »
L'homme acquiesça. « Vous passez par ces portes battantes et vous la trouverez dans la dernière salle sur la droite. D'autres officiers sont déjà là-bas— »
« Oh mon Dieu, Kakashi— »
Kakashi se retourna vers son compagnon sans réfléchir ni le laisser terminer sa phrase. « Quoi? » demanda-t-il fébrilement en saisissant l'épaule d'Iruka.
Iruka ne le regardait pas ; il montrait du doigt une silhouette trois brancards plus loin, de l'autre côté de la pièce.
Naruto ouvrit grand les yeux. Masashi Hatake était allongé là, un bras brûlé reposant sur ses yeux, respirant profondément. La machine à laquelle il était branché avait l'air de lui donner du sang et de surveiller son rythme cardiaque.
Kakashi se rua immédiatement au chevet de son père sans attendre Naruto et Iruka. L'homme à qui ils parlaient essaya de les rappeler, mais abandonna rapidement.
« Papa, » chuchota Kakashi, en tendant une main vers le bras de l'homme.
Masashi bougea son bras et se tourna vers les trois autres. Il écarquilla les yeux. « Mon fils, » lui répondit-il d'une voix faible, prenant la main de Kakashi dans la sienne.
Naruto pensa voir des larmes naître dans les yeux du policier. Maintenant que Naruto y repensait, Masashi devait être vieux, n'est-ce pas? Il était le père d'un homme d'au moins une trentaine d'années. Quand le commissaire l'avait interrogé il n'avait pas eu l'air si vieux que ça, mais maintenant, avec les yeux vitreux et allongé sur un brancard, il paraissait trés âgé.
« Je savais que… c'était ton immeuble, » continua Masashi. « J'avais peur que tu sois dedans ou quoi, et que t'aies été blessé. »
Kakashi secoua la tête. « J'étais dans la rue en train de regarder tout ce qu'il se passait. Je t'ai vu entrer à l'intérieur. J'ai cru que je t'avais perdu pour toujours… »
Masashi secoua la tête, tout en fixant le plafond d'un air étonné. « Moi aussi j'ai cru que j'étais perdu, » répondit-il doucement.
Il y eut un silence pesant, avant qu'Iruka s'avance et prenne la parole. « Monsieur, que s'est-il passé là-dedans exactement? »
Masashi ouvrit les yeux soudainement. Lorsqu'il remarqua Iruka, son regard devint mauvais. « Kakashi, t'aurais pas pu laisser ta petite copine à la maison? » ricana-t-il avec mépris.
Kakashi soupira d'exaspération avant de détourner le regard. « On aurait pu croire qu'après avoir regardé la mort en face, t'aurais laissé de côté les rancunes minables— »
« J'ai regardé la mort en face des tas de fois, » l'interrompit son père en balayant ses paroles d'un revers de sa main saine. « Tu le sais parfaitement plus que n'importe qui. C'est pas quelques flirts avec la grande faucheuse qui vont me faire changer d'avis à propos de c'te sale— »
« Arrête, » dit Kakashi — ou plutôt chuchota-t-il d'un ton autoritaire qui fit taire son père.
Naruto regarda tour à tour les trois autres avec de grands yeux ronds. Iruka croisait les bras et regardait ailleurs avec une expression de tristesse, alors que le père et le fils se fusillaient mutuellement du regard. Naruto n'avait vu qu'un échantillon de la haine que Masashi ressentait contre le partenaire de son fils, semblait-il. Le blond n'était pas au courant des tenants et des aboutissants de l'histoire entre ces trois-là, mais ça avait l'air compliqué.
« Monsieur, » fit Naruto, afin de briser le silence. « Qu'est-ce qu'il s'est passé là-haut exactement? E-Et où est Seichi? »
Masashi sembla se réveiller de l'état dans lequel il se trouvait, et tourna la tête vers Naruto. « Morveux… » fit-il en le fixant avec des yeux ronds, comme s'il n'avait pas remarqué la présence du blond auparavant.
Avant que Naruto aie pu répondre quoi que ce soit, Masashi secoua la tête et continua en fixant le plafond. « Seichi? Ce gamin devrait être chez les parents de Sakura à l'heure qu'il est. » Il marqua une longue pause avant de passer une main bandée dans ses cheveux. « Concernant ce qu'il s'est passé… Il savait qu'on viendrait. Je sais pas comment, mais il nous attendait. Il y avait — un piège. Ou quelque chose du genre, je me souviens plus. Les mecs en première ligne ont été projetés en arrière, quand le premier tir a— »
« Attends une minute, » l'interrompit Kakashi. « Tu vas trop vite. Qu'est-ce qui les a projetés en arrière? Où est-ce qu'ils— »
« La première vague d'assaut a monté les escaliers en courant, en nous laissant derrière, » expliqua-t-il d'un geste colérique. « Et quand je suis arrivé en haut, je crois que j'ai vu un flash lumineux — si puissant que c'en était aveuglant — et puis mes gars ont commencé à crier. Et puis ils se sont mis à tirer — ils avaient paniqué à cause de quelque chose qu'ils avaient vu. Mais alors quelque chose s'est mis à nous tirer dessus — comme plusieurs mitraillettes à la fois — mais comment une seule personne aurait-elle pu être capable de ça? » souffla-t-il en les regardant d'un air abasourdi, comme s'il essayait toujours de trouver la réponse. « Je-Je pensais qu'il n'y avait qu'un seul type — alors je leur ai donné l'ordre de charger. J'ai attaqué avec eux, mais il y a eu un autre flash blanc, mais ça ressemblait plus à une bombe. Ça a explosé et ça m'a touché au bras. » Il souleva faiblement le bras incriminé, lequel était douloureusement rouge. « Et puis j'ai… perdu connaissance — un truc comme ça. Je sais pas comment. » Il détourna le regard, honteux. « Tout ce que je sais, c'est que je me suis réveillé ici, tout perclus de douleur, avant d'apprendre que mes gars se sont suicidés en se jetant un à un par la fenêtre de ce putain de monstre— »
Il arrêta de parler et porta une main à sa figure.
« Ils se sont suicidés… » murmura Naruto, les images de tous ces hommes s'écrasant sur le sol repassant en boucle devant ses yeux.
« C'est ce que tout le monde dit. »
« Alors vous en êtes pas sûr? » demanda Naruto, interdit.
Masashi secoua la tête. « Les seuls témoignages nous viennent de ceux qui étaient restés trop en arrière pour avoir reçu plus de quelques brûlures et de quelques balles perdues. Tout ceux qui ont véritablement pénétré dans l'appartement, à part moi, sont morts. »
La respiration de Naruto en fut coupée. « Alors… Personne ne peut dire ce qu'il s'est exactement passé… » conclut-il en secouant la tête. Naruto sentit sa gorge se serrer. Ce Gaara, qui qu'il puisse être, était… Il était malin. Et le mal incarné. Le blond eut un rire amer. Comment se faisait-il que toutes les preuves contre lui avaient été réduites à néant, alors qu'il était censé se faire capturer et emmener en prison aujourd'hui. Il avait du être au courant de ce qu'il allait se passer. Quelque chose — ou quelqu'un, avait du lui vendre la mèche.
« On nous a dit que les morts se trouvent dans la pièce derrière les portes battantes, » dit doucement Kakashi. « On va leur rendre visite. »
Masashi fronça les sourcils. « Ça devrait être moi qui devrais aller les voir. Je devrais pas être ici, branché à ces putains de machines. »
Kakashi secoua la tête. « Tu as besoin de repos. »
« Non. Je veux voir le cadavre de cet enculé de meurtrier moi-même. C'est la seule façon de me remettre mentalement de tout ça. »
Les trois autres le fixèrent avec des yeux écarquillés.
« Quoi? » demanda Naruto sourdement après quelques instants de silence pesant.
Masashi lui lança un regard noir. « Quoi, 'quoi'? Je veux le voir de mes propres yeux. »
« Qu'est-ce tu veux dire? » demanda lentement Kakashi. « Est-ce que tu parles de Kaze? »
Masashi les gratifia tous trois d'un regard exaspéré. « Sabaku, » commença-t-il lentement. » Est. Mort. J'ai dis que de tout ceux qui se trouvaient dans l'appartement, j'étais le seul à avoir survécu. Ça veut dire que ce bâtard est mort. On nous l'a confirmé. »
Naruto ne put que le fixer d'un air médusé.
Quoi?
Qu'est-ce qu'il racontait? Évidemment, il entendait bien qu'il aurait été quasiment impossible que Gaara réchappe à ces explosions, quoi qu'elles aient pu être, mais que Masashi affirme qu'il avait été tué—
Ça ne collait pas.
« Qu'est-ce que vous voulez dire, on vous l'a confirmé? » demanda Naruto en s'approchant de l'homme. « Comment? Vous avez dit que tout le monde avait été tué, alors— »
« Ça s'appelle l'identification des corps, » l'interrompit Hatake, comme s'il s'adressait à un enfant lent à la détente. « On sait ce à quoi ressemblaient nos hommes, ce qu'ils portaient avant l'explosion. Et on a énormément de données sur ce à quoi Sabaku ressemblerait, par conséquent, en procédant par élimination et étant donné qu'il n'y avait aucun autre civil présent dans l'appartement à part nous et le coupable, nous en avons déduit que le petit corps rabougri, désarmé et tout cramé, tel que me l'on décrit mes collègues avec force détails, est effectivement Gaara Sabaku Kaze. »
Naruto fit un pas en arrière, ne comprenant pas bien tout ce qu'avait dit l'homme. « Mais comment vous pouvez être sûrs? Comment vous savez qu'il n'y avait personne d'autre dans l'appartement? Avez-vous déjà vu Gaara en personne? »
« On a des photos, » répliqua Masashi en fixant Naruto d'un air abasourdi. « Pourquoi est-ce que tu rechignes tellement à croire qu'on l'a eu? Son cadavre se trouve en salle de pré-autopsie au bout du couloir. Va voir par toi-même. » Il se redressa. « Je viens avec toi. »
« Non, » fit Kakashi en mettant la main sur la poitrine de son père. « Tu dois te reposer. »
Masashi fusilla son fils du regard. « Ça fait trois heures que je me repose. Je vais pas laisser quelqu'un qui n'est même pas médecin me dire de rester en place— »
« Alors laisse ton fils te le dire, » ordonna Kakashi. « S'ils te gardent ici, c'est qu'ils ont une bonne raison. T'as traversé une rude épreuve. J'en ai rien à foutre du nombre de fois que t'as failli mourir. Le plus important, c'est que ça s'est reproduit, et tu dois prendre les précautions nécessaires avant de bouger. »
Masashi fusilla son fils du regard. « Qu'est-ce que vous allez faire vous trois qui n'avez rien à à voir avec tout ça, quand verrez les corps? Vous êtes comme des civils fouineurs. »
L'homme aux cheveux gris soupira et posa des yeux solennels sur son père. « Je croyais que tu étais l'un des cadavres que j'irais voir, mort sur un plateau en métal. En ce qui me concerne, je suis rassuré. »
Masashi fixa son fils le temps de quelques secondes, clignant des yeux, avant de les ouvrir grands. « Et ces deux-là alors? » dit-il finalement en montrant Naruto et Iruka.
« Iruka m'accompagne pour me soutenir. Et Naruto a ses propres devoirs en tant que citoyen de cette ville. »
Masashi leva un sourcil, avant de grogner. « Bien sûr. Un soutien moral, et un spectateur. » Il avait l'air d'être sur le point de cracher, mais il se contenta de secouer la tête. « Allez-y, alors. Allez regarder des corps qui ne signifient rien pour vous. »
Iruka acquiesça lentement, en bon soldat qui ne bronche pas devant toute cette folie, et Naruto émit un petit son de confirmation.
Ils quittèrent le père de Kakashi ensemble et marchèrent le long de l'allée en direction des portes battantes. Lorsqu'ils les eurent passées, ils virent un rang d'officier, blessés comme valides, appuyés contre le mur. Certains d'entre eux se couvraient le visage des mains, frappés par le chagrin, alors que d'autres avaient les yeux dans le vague. Certains les suivirent du regard lorsqu'ils empruntèrent le couloir, et d'autres les ignorèrent.
Une fois arrivés devant la dernière porte, derrière laquelle l'infirmière avait dit qu'ils trouveraient Kurenai, Naruto sentit une petite partie de son cœur se soulever jusque dans sa gorge. Il déglutit pour la remettre à sa place.
Est-ce que Masashi disait vraiment la vérité? Gaara était-il vraiment mort? Attaché sur un brancard quelque part, réduit en cendres?
Naruto secoua la tête. Pourquoi n'arrivait-il pas à y croire?
Kakashi ouvrit la porte.
Lorsque les trois hommes entrèrent à l'intérieur, Naruto fut à moitié surpris de voir une longue rangée de brancards démunis de tubes ou de machines, alignés jusqu'au bout de la salle, sur lesquels reposaient visiblement des corps, recouverts par des draps tachés de sang.
Il y avait une femme au centre de la pièce en train d'observer un cadavre découvert et d'écrire sur un calepin.
« Kurenai. »
La femme leva les yeux. « Kakashi. »
Naruto leva un sourcil en appercevant la couleur de ses yeux.
« T'as amené des amis? » demanda-t-elle en fixant Naruto et Iruka avec une expression tiède, mais tout de même acceuillante. « Où sont-ils ici pour identifier… » finit-elle avec une voix douce, un prérequis pour d'hypothétiques futures condoléances.
Kakashi secoua la tête. « Mon compagnon, » dit-il en portant brièvement sa main sur le bras d'Iruka. « Et un témoin, » acheva-t-il en montrant Naruto d'un signe de tête.
« Bien sûr, » fit la femme aux yeux rouges sans s'attarder plus longtemps sur les informations qu'on venait de lui donner. « Alors, y a-t-il quelqu'un en particulier que vous aimeriez voir? Ou préfèreriez-vous tenter votre chance avec les non-identifiables? »
« Pourquoi ils sont non-identifiables? » demanda Iruka d'une voie hésitante. « On nous a dit qu'un criminel très important avait été identifié ici, alors comment vous pouvez être sûre que c'est lui quand il y a des personnes non-identifiées? »
« Une bonne partie des victimes ont été brûlées, mais certaines ont été plus touchées que d'autres, » répondit simplement Kurenai. « Il est certes véridique que lorsqu'il s'agit de brûlures, on doit prendre en compte de possibles défigurations et ambigüités faciales, mais c'est une toute autre histoire lorsque la personne est carbonisée. »
Naruto cilla. « Carbonisée? »
« C'est le stade le plus grave d'une blessure par brûlure, juste avant la désintégration pure et simple, » expliqua Kakashi avec un hochement de tête.
« Exactement. » Kurenai croisa les bras et les regarda avec un petit sourire. « Quand un corps brûle à cause d'un feu ou d'une extrême chaleur, il commence à se calciner ; c'est un noircissement de la peau, qui finit par la transformer en une sorte de carapace friable. La chaleur et les flammes soulèvent la peau du reste du corps et transforment cette peau en matière plus fragile qu'une feuille morte. En dessous de la peau, se trouve la fine membrane qui recouvre tes organes. Une fois que ceci est calciné, les flammes se mettent à ronger les organes internes du corps humain, noircissant ainsi la— »
« Je crois que je vais vomir, » chuchota Naruto en portant une main à sa bouche. Kurenai s'interrompit et tourna vers lui un regard perplexe.
« Je m'excuse si les détails sont dérangeants, » fit-elle doucement. « Je veux juste que vous compreniez ce que vous voyez. Une fois que vous aurez compris ça, vous serez capable d'en faire abstraction et de vous concentrer sur les choses les plus importantes. »
Naruto cilla, avant de retirer sa main de son visage. « Très bien, » répondit-il faiblement en baissant la tête.
Kurenai acquiesça brièvement avant de faire un geste vers le rang de corps cachés sous des draps et posés sur des tables en métal. « Qu'est-ce que ça sera? » demanda-t-elle.
Naruto voulut répondre qu'il voulait voir Gaara, mais Kakashi fut plus rapide que lui.
« Les non-identifiables, » répondit fermement Kakashi.
« Je ne pense pas que ça soit bon pour toi, Kakashi. Surtout que ça fait des années que t'es plus dans la police. »
Naruto sursauta quand Masashi débarqua de derrière lui, boitant dans la pièce avec un regard sévère.
« P-Papa, » fit Kakashi d'une voix hésitante, avant de plisser les yeux. « Tu devrais te reposer. »
« Je me suis assez reposé comme ça, » répliqua-t-il en les dépassant, tout en s'assurant de bousculer Iruka au passage. « Je veux voir mes camarades décédés. Ça signifiera bien plus pour moi que pour vous trois réunis, » ajouta-t-il par dessus son épaule.
Kakashi grommela dans sa barbe, mais ne rajouta rien.
« Kurenai, » dit Masashi en hochant la tête. « Montre-les moi. »
La femme le fixa d'un regard égal avant de se diriger vers l'un des tables en métal. « Je vais commencer par vous montrer les non-identifiables, comme ça tout le monde sera content, » déclara-t-elle doucement. « Il y en a quatre sur la quinzaine de morts. » Elle leva le drap du premier.
Naruto crut qu'il allait vomir. « Oh mon Dieu— »
C'était comme la femme l'avait décrit. L'homme — ou la femme, comment pouvait-on même être sûr? — était couvert d'une carapace noire, fine et fragile, carbonisé comme une saucisse qu'on aurait oubliée sur le grill—
« Les autres officiers sont toujours en train de débattre pour savoir si c'est une homme nommé Koda, ou un autre nommé Hoda. Des jumeaux, qu'ils ont dit. On sait que les deux frères sont morts, mais on ne sait pas qui est qui. » Elle révéla ensuite le corps d'à côté, et ce corps-là avait l'air encore pire que le premier. C'était comme si l'homme avait été poussé dans un feu de joie ; des taches rouge-sang recouvraient son visage noirci, et sa bouche était grande ouverte dans un cri de terreur, et on aurait dit que les os de sa mâchoire avaient fondu et tordu sa bouche dans une forme inhumaine.
« Nom de… Dieu, » jura Masashi entre ses dents.
Depuis là où il était, Naruto pensait que l'homme était en train de lutter pour ne pas fondre en larmes.
« Ces deux-là étaient des nouveaux, » chuchota-t-il. « A peine sortis du programme d'entraînement. Ils faisaient partie des premiers à avoir ouvert la porte. Et puis il y a eu l'explosion et… » Il ne finit pas sa phrase.
« Une explosion, monsieur? » demanda Kurenai. « Est-ce qu'il y a eu un feu juste après? »
Masashi secoua la tête. « Non. C'était juste une seule explosion. Ça ne ressemblait à rien que j'avais pu voir auparavant. C'était comme si une lumière blanche avait explosé devant nos yeux, et qu'elle les avait brûlés vifs en les touchant. »
Kurenai garda le silence pendant un instant. « Je n'ai jamais entendu parler de quelque chose comme ça avant. Ou du moins, pas sur une si petite échelle, » conclut-elle. « Ces hommes sont calcinés, et c'est un état qui résulte d'une exposition totale et constante à des flammes jusqu'à ce que la peau se détache. Ça prend plusieurs minutes. Par contre, une explosion qui ne génère aucune flamme, comme vous l'avez décrit, laisse penser que ces dégâts ont été infligés en moins de quelques secondes. »
« Ça voudrait dire que l'explosion a été assez puissante pour faire autant de dégâts en une seconde que plusieurs minutes d'exposition constante aux flammes. »
« Précisément, » acquiesça doucement Kurenai. Elle passa le doigt le long de la mâchoire du deuxième homme. « Je suppose que ce n'est pas si incroyable que ça étant donné la puissance de l'explosion, mais parvenir à créer de toutes pièces une telle chose, avec des agents chimiques capables d'engendrer de tels effets en une seule explosion… Cela m'inquiète. Ce genre de composés chimiques est destiné à enlever la vie aux gens qui entreraient en contact avec. C'est pourquoi je crains que ceux qui ont survécu à l'explosion, » elle se tourna pour regarder Masashi droit dans les yeux, « ne seront pas épargnés par ses effets secondaires. »
« Qu'est-ce que tu racontes… » demanda Masashi d'un ton grave.
« Je dis qu'une explosion pareille, provoquant ce genre de dégâts, » elle fit un signe de la main vers le corps calciné, « a de très fortes chances d'être en réalité une explosion nucléaire. Engendrant des effets secondaires tels le cancer. »
Naruto entendit le souffle de Kakashi se couper, et Iruka lui attrapa le bras. « Kakashi… » fit-il doucement.
« Papa, » commença Kakashi en se dirigeant vers son père.
Masashi se déroba délibérément. « Rien du tout. On n'est encore sûrs de rien — n'est-ce pas? » fit-il en regardant Kurenai.
« Bien sûr, » confirma-t-elle légèrement. « Tout cela n'est que pure… spéculation, après tout. Mais très honnêtement, la plupart des accidents dus à ce genre de composés nucléaires ont vraiment tendance à favoriser le développement des cellules cancéreuses. Alors votre coupable était peut-être un petit génie. »
Les trois hommes restaient silencieux.
Kurenai cilla avec calme. « Ou pas. »
Masashi secoua la tête. « Je crois que tu sais qui j'ai le plus envie de voir, Kurenai, » enchaîna doucement le commissaire.
Kurenai acquiesça et se dirigea vers le tout dernier corps du fonds de la salle. Les quatre hommes la suivirent.
Naruto déglutit. Le drap qui recouvrait l'homme était considérablement plus taché de sang que les autres, comme si les autres officiers lui avaient tiré dessus sans relâche jusqu'à le réduire en une bouillie sanglante.
« Cet homme-là ne s'est pas fait carboniser, » commenta doucement Kurenai en posant une main sur le bord du drap, se préparant à le retirer. « Cependant, si l'on exclut la large évidence des preuves qui confirment son identité, je dirais qu'il est encore plus méconnaissable que les autres. »
Ceci étant dit, elle retira d'un coup le drap de la table couverte de sang, afin de révéler le corps.
Et Naruto crut qu'il ne pourrait plus contenir la nourriture qu'il avait mangée plus tôt.
Le corps sur la table n'avait même pas de visage.
Sauf si, évidemment, on considérait qu'une bouille éventrée de chair et de sang pouvait être assimilée à un visage.
On aurait dit que quelqu'un s'était acharné sur l'homme à coups de poings américains ou de boule de bowling. D'uniques cheveux d'un roux terne pointaient sur le haut du crâne, alors que de la chair rosâtre que Naruto hésita à reconnaître comme de la cervelle s'étalait sur le reste.
« Comme vous pouvez le constater, » commenta calmement la femme aux yeux rouges, « cet homme a reçu approximativement une centaine de balles dans le torse, ainsi que des balles tirées par une arme d'un plus gros calibre au visage. Cependant il y a— »
« Attendez, » l'interrompit Masashi, refusant visiblement de quitter le corps mutilé des yeux. « Une arme d'un plus gros calibre, vous dîtes? Qu'est-ce que ça veut dire? »
« Pardonnez-moi si mon vocabulaire concernant l'artillerie réglementaire de la police est un peu vieillot. Tout ce que je sais, c'est que l'arme à feu utilisée pour viser sa tête n'était pas la même que celles qui ont causé ses blessures au tronc. » Elle pointa du doigt les trous bien visibles dans la poitrine du petit corps.
Naruto plissa le nez à cette pensée. Maintenant qu'il y repensait, le cadavre qu'ils regardaient était assez menu. Comme le corps d'un adolescent. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait l'impression que Gaara aurait été plus grand, et mieux bâti.
Masashi émit un léger grognement. « Ça… n'a aucun sens. Mes gars ne portaient qu'un seul type de flingue quand ils sont montés là-haut. Des mitraillettes d'assaut M9. Aucune de nos armes n'est capable de faire autant de dégâts au visage de quelqu'un — pas d'une seule balle en tout cas. Peut-être après des tirs répétés à la figure— »
« Non, » le coupa Kurenai en secouant la tête. « Vous ignorez beaucoup de choses sur votre victime, » affirma-t-elle tranquillement. « Les balles qui ont frappé son torse ont laissé ces traces d'impact-là, » expliqua-t-elle en montrant les trous. « De plus, beaucoup de ces balles ne l'ont pas traversé et sont restées à l'intérieur, » ajouta-t-elle en tripotant l'une des blessures avec son doigt.
Naruto sentit un frisson lui remonter la colonne vertébrale lorsqu'elle se mit à l'enfoncer profondément dans l'un des trous.
« Celle-là, par exemple, » dit-elle en forçant un peu plus alors qu'elle creusait plus profondément encore dans le trou. Elle dut utiliser son autre main pour maintenir le tronc du cadavre alors qu'elle s'enfonçait de plus en plus dans la blessure. « …s'est logée assez profondément dans son torse pour qu'on puisse la sentir en partie quand on tâte la blessure. » Elle s'arrêta, et la seconde d'après tira une chose sombre et luisante du trou.
Naruto avala sa salive. C'était une très petite balle.
« Ce genre de balle-là, » reprit Kurenai, « Peu importe le nombre de fois qu'on tire avec à un seul endroit, ne peut pas causer ce type de dégâts. »
Masashi sursauta. « Alors… Alors ça veut dire— »
« Exactement, » confirma Kurenai.
Naruto ne comprenait pas. Quoi, exactement? De quoi ils parlaient, putain de merde? Lorsqu'il leva les yeux sur Iruka et Kakashi, ils semblaient comprendre eux aussi. « Euh… Que… Qu'est-ce qu'il y a? » dut-il demander. « Qu'est-ce que ça veut dire? »
Kurenai cilla ; elle avait l'air d'avoir oublié que le blond se trouvait dans la pièce. Elle hocha la tête. « Admettons que tu pensais que les dégâts portés à la tête de cet homme ont été causés par de multiples tirs de fusil d'assaut M9. Tu devrais te demander, qu'est-ce qui me le prouve? »
Naruto cligna bêtement des yeux. Pourquoi cette femme parlait-elle comme si elle était en train d'assurer un cours de sciences?
« Regarde la taille de cette balle, » continua-t-elle en la lui montrant bien. « Si tu penses toujours qu'elle est capable de faire autant de dommages après l'avoir regardée, tu dois enquêter plus en profondeur. Masashi, » interpella-t-elle en se tournant vers le vieux. « Est-ce que tu dirais que cette balle-là est assez résistante pour pénétrer un mur en ciment? Un mur de briques? »
L'homme acquiesça. « Ces balles sont faites pour tuer, alors oui. »
Elle hocha, puis, sans prévenir, elle souleva la tête du cadavre, afin que ce qui aurait dû être le menton soit pressé contre la poitrine. Naruto faillit se pisser dessus en entendant le son des os esquintés en train de plier, de casser et de râcler contre de la bouille de cerveau. « Comme tu peux le constater, » continua-t-elle en tirant les cheveux roux d'une poigne solide, « il n'y a pas de blessure de l'autre côté. Les balles n'ont pas traversé. »
Naruto cilla. « Elles n'ont pas traversé? » Alors…
« Ça veut dire que Kaze s'est suicidé, » termina doucement Kakashi, « Ça veut dire qu'il a construit un piège pour tuer tous ces hommes, et qu'il a retourné sa propre arme de gros calibre contre lui-même afin de se tirer dans le visage, pour qu'on ne le reconnaisse pas. »
Naruto cilla. Ça… Ça ne collait pas. « Attendez, » fit-il d'un air médusé. « Alors vous êtes en train de dire que tout ça est terminé? Gaara s'en va dans un gros boum, en tuant tout ces gens et finit par se suicider? » Il pointa le cadavre du doigt avec un doigt tremblant. « Pourquoi il s'est senti obligé de se tirer dans le visage pour se rendre aussi méconnaissable? Comment ça se fait que tous ces gens soient morts dans cet appartement, alors qu'ils n'avaient qu'un seul homme en face d'eux? »
« Qu'est-ce t'essayes de dire, Naruto? »
« Ce que je veux dire, » explicita Naruto d'un ton exaspéré, « c'est que ce type-là n'est pas lui. Gaara est toujours vivant. »
Son affirmation vu suivie sans surprise d'incrédulité.
Iruka laissa échapper un rire nerveux. « Qu'est-ce que tu racontes, Naruto? On en a la preuve juste ici. Kaze est mort— »
« Non, » affirma Naruto en secouant la tête. « C'est pas possible. C'est juste pas possible. Gaara, il… Il en avait pas encore terminé. » C'était la seule façon dont il parvint à le formuler. « Je sais pas qui est ce type, mais c'est pas Gaara. Ça doit être une sorte de… de mise en scène, un truc du genre, je sais pas— »
« T'as aucune putain d'idée de ce tu déblatères, » l'interrompit Masashi avec colère. « Ça ne peut être que lui. Il n'y avait personne d'autre dans la pièce quand on est arrivés— »
« Mais comment vous savez ça? » répliqua vivement Naruto. « Vous pigez pas? Ça colle tout simplement pas. On arrête pas de répéter que c'est un génie criminel, qu'il a anticipé l'attaque, mais vous pensez vraiment qu'il se serait suicidé alors qu'il a opposé autant de résistance? On arrête pas de dire que Gaara est super doué et super intelligent, mais si c'est vraiment lui qui se trouve sur cette table, alors on a eu tort pendant tout ce temps— »
« D'accord, si tu veux. Sabaku n'était pas aussi malin qu'on le pensait, et maintenant il est mort. Ce que tu dis n'a aucun sens, » grogna Masashi. « On a notre homme— »
« Non, on avait pas tort, » répliqua Naruto avec colère. « Gaara était intelligent, et il n'est pas mort. Comment est-ce que vous pouvez même être sûr que c'est lui? On est que quelques heures après les faits. On doit faire encore plus de tests, non? » demanda Naruto en tournant le regard vers Kurenai.
Elle hocha la tête. « Bien sûr qu'il y en aura. Et je dois dire que je suis assez d'accord avec toi, » lui confia-t-elle. « Les policiers qui sont venus ici avant ont basé leurs conclusions sur le simple fait qu'il n'y aurait pu y avoir personne d'autre dans la pièce. Mais ils n'ont pas envisagé la possibilité— »
« …Qu'il y aurait pu y avoir quelqu'un d'autre sur les lieux, armé d'un flingue différent, » acheva Naruto pour elle en fixant Masashi droit dans les yeux. « Et je pense que si Gaara est aussi intelligent et retors qu'on ne le dit, alors il était aussi dans la pièce, et il a utilisé ce mec, » fit-il tout en montrant du doigt le corps sur la table, « comme un leurre. »
Masashi renâcla. « Est-ce que t'as la moindre petite idée de ce que tu racontes, gamin? On dirait que tu crois connaître Sabaku personnellement, ou je sais pas quoi. Qu'est-ce qui te rends si sûr que le mec sur cette table n'est pas lui? »
« J'en suis pas sûr de chez sûr, » souligna Naruto. « C'est juste que… Ça colle pas. Vous comprenez pas? Gaara était plus intelligent que ça. Il sait ce qu'il fait, et on sautera à pieds joints dans son piège si on décide de croire que cet homme est bien lui. »
Les gens présents dans la pièce le fixèrent en silence.
« Tu fais des affirmations assez osées, Naruto, » dit enfin Kakashi. « Mais je suppose que tout est possible pour l'instant. Tout ce qu'on a à faire c'est d'attendre le rapport d'autopsie. Kurenai? » demanda-t-il à la femme aux yeux rouges.
Elle acquiesça. « Ça peut prendre jusqu'à plusieurs semaines, ça dépend, » répondit-elle. « Je suppose qu'on commencera par chercher la blessure exacte qui a causé sa mort, et ainsi de suite. »
Masashi soupira et détourna le regard. « Qu'est-ce qu'on est censés dire à la presse jusque là, nous autres? »
« Laissez-les spéculer jusqu'à ce qu'on soit enfin en mesure de leur donner des faits, » dit Kakashi.
« Ou bien, » renchérit Iruka d'un air incrédule, « vous dîtes aux gens ce qu'il s'est passé, et vous leur conseillez de faire attention à ce Gaara — si vous réalisez que c'est pas lui qui est sur cette table— »
« Dire aux gens à quel genre de monstre on a affaire? » répéta Masashi d'un ton tout aussi incrédule. « Est-ce que t'as la moindre idée de la panique que ça provoquerait si on— »
« Ça sera toujours moins grave que les émeutes qui s'ensuivront si vous ne leur dîtes pas ce qu'il s'est passé dans ce putain d'immeuble— »
« On trouvera bien quelque chose à dire, » répondit Masashi en haussant le ton. « On avait prévu d'annoncer que cet homme, » fit-il en point la table du doigt, « est Sabaku, et qu'on avait enfin réussi à capturer ce meurtrier au prix de la vie de plusieurs hommes courageux, mais maintenant ce petit morveux, a remis en doute son identité, on va devoir reporter— »
« Oh, fais pas genre que c'est uniquement de la faute de Naruto. Vous auriez pas été capables de confirmer quoi que ce soit à la presse avant le rapport final de l'autopsie, de toute façon. »
Masashi fusilla son fils du regard. « Et qu'est-ce que t'en sais, hein? Ça fait des années que t'as pas travaillé avec nous— »
« Ça veut pas dire que j'ai oublié tout ce que j'ai appris. Ça veut dire que je ne me tiens pas au courant de ce qu'il se passe, » répliqua Kakashi avec exaspération. « J'ai toujours des amis en interne. Je sais ce qu'il se passe au commissariat, quelles affaires ont été abandonnées, combien d'hommes sont encore portés disparus, et combien de criminels ont été capturés. »
Masashi renâcla avant de détourner le regard. « Peu importe. Tour ça ne te regarde plus— »
« Il y a eu une attaque dans mon immeuble, » coupa Kakashi d'un ton incrédule. « Certaines personnes seront sans appartement le temps de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines, avant que tout ne soit réparé. Et tu sais vers qui ils vont se tourner pour obtenir des réponses à leurs questions? Leur proprio. Même si je n'avais rien à voir avec les forces de polices, tu devrais quand même m'inclure dans l'équation, » acheva-t-il en serrant les poings.
Masashi ne répondit rien pendant un moment, avant de secouer la tête avec colère et se retourner pour quitter la pièce. « Contacte-moi dés que tu auras reçu le rapport d'autopsie, » lança-t-il par-dessus son épaule avant de sortir.
Kakashi poussa un profond soupir lorsque son père fut enfin sorti, et s'éclaircit la gorge. « Je suppose que nous devrions partir nous aussi, » demanda-t-il tout en hochant la tête vers Kurenai.
La femme acquiesça, avant de se tourner vers Naruto. « Quelque chose me dit que la police ne te laisse pas t'impliquer autant que tu devrais l'être dans cette affaire. »
Naruto leva un sourcil. « Quoi? »
« Je veux dire, » explicita-t-elle avec un petit sourire, « qu'Hatake et ses hommes feront sûrement tout leur possible pour t'empêcher d'accéder à plus d'informations concernant l'affaire. Alors… Si tu que je t'appelle quand j'aurai les rapports d'autopsie, peut-être que ça serait mieux que tu me laisses tes coordonnées. Autrement Hatake et sa clique ne te contacteront jamais. »
Naruto écarquilla les yeux lorsqu'il comprit. Elle avait raison. Maintenant qu'il n'avait plus la responsabilité de Seichi et qu'il n'avait plus aucun contact ni avec Sakura ni avec Sasuke, il n'avait tout simplement plus d'intérêt pour la police. Kakashi avait l'air d'être majoritairement de son côté, mais même lui semblait y être persona non grata.
« M-Mes coordonnées? Ça m'a l'air d'être une bonne idée… Mais… Pourquoi vous vous souciez de moi? Je suis juste un civil quelconque… »
Kurenai lui sourit. « Toi comme moi savons très bien que non. Je sais pas pourquoi ni comment, mais j'ai le sentiment que tu seras un élément-clé dans la résolution de… ce mystère, je suppose. »
Naruto haussa les sourcils. « Euh… »
« T'inquiète pas, » le rassura-t-elle en levant une main. « J'ai un sixième sens pour ce genre de choses. En plus, tu enquêtes bien plus que ce qu'Hatake a l'air d'avoir envie de faire. Je suppose que ça fierté, couplée au fait qu'il a perdu beaucoup d'hommes de valeur le rendent incapable de croire que cet homme ne soit pas M. Kaze. Ça signifierait que tout ça n'aura servi à rien. »
Naruto acquiesça à contre-cœur. Il parvenait à le concevoir.
« Je peux aussi t'envoyer des infos, » dit Kurenai en hochant la tête vers Kakashi. « On dirait que la police ne t'aime pas beaucoup toi non plus. »
Kakashi lui fit un léger sourire. « Merci. Même si pour être honnête, toi et moi on sait parfaitement que je me serai procuré l'information par mes propres moyens. »
Kurenai lui rendit son sourire avant de sortir son calepin et de secouer son stylo. « Pourquoi on ne commencerait pas par toi, Naruto? Nom de famille et coordonnées, s'il te plaît. »
Naruto s'éclaircit la gorge avant de lui répondre, et attendit que Kakashi lui réponde à son tour.
Les trois hommes finirent enfin par faire leurs adieux, et se mirent en route vers la sortie de l'hôpital. Ils firent un détour par les urgences, afin que Kakashi puisse dire au revoir à son père.
Lorsqu'ils furent de retour dans la voiture, Kakashi soupira le front contre le volant. « Il nous reste encore tellement de travail. Mes locataires n'ont plus de quoi se loger, et je vais devoir taper dans mes économies persos pour les réparations… »
« On pourrait utiliser les miennes aussi… » proposa doucement Iruka en caressant l'épaule de son compagnon.
Kakashi secoua la tête. « Non, ça ira. On a déjà de la chance qu'il ne s'agisse que d'un seul étage d'un seul immeuble. Au moins, le tien est toujours en un seul morceau. »
« Est-ce que tu crois qu'ils laisseront les gens revenir dans le quartier? » demanda Naruto depuis la banquette arrière.
Kakashi hocha la tête. « Ils nous laisseront entrer dans l'immeuble d'Iruka. Pas dans le mien. Mais t'habites dans celui d'Iruka, pas vrai? »
Naruto acquiesça avant de se redresser sur son siège. « Hé, Kakashi, » appela posément Naruto. « Est-ce que tu crois que… je pourrais vous rendre visite de temps en temps? J'ai pas tellement d'amis dans le quartier. J'en ai aucun en fait… Et je pensais que comme on est tous les deux au courant de… ben… de ce qui est en train de se passer… Peut-être qu'on pourrait— »
« Tu es le bienvenu chez nous n'importe quand, Naruto, » le coupa Iruka. « Tu le sais bien. »
Naruto lui rendit un petit sourire. « Merci beaucoup, » lui répondit-il avec gratitude. « Merci énormément. »
Iruka et Kakashi lui firent un signe de tête, l'homme aux cheveux gris en le regardant dans le rétroviseur arrière et Iruka en se retournant pour lui faire face.
« Très bien dans ce cas, » fit Kakashi en démarrant la voiture. « Rentrons à la maison. »
L'appel vint trois jours plus tard.
Naruto était assis dans sa kitchenette trop petite pour véritablement la distinguer de son salon, lorsque son portable se mit à sonner. Il était quatre heures de l'après-midi, alors il pensa qu'il s'agissait de sa grand-mère. Il ignora les premières sonneries avant de céder, en se rappelant ce qui l'attendait s'il ne répondait pas. Il fut surpris de voir un numéro inconnu s'afficher sur son écran.
« Allô? » fit-il d'un ton méfiant lorsqu'il décrocha.
« Bonjour Naruto. C'est Kurenai. »
Naruto écarquilla les yeux et trébucha en se levant soudainement. « K-Kurenai? Qu'est-ce qui ne va pas? »
« Calme-toi, » l'entendit-il rire à l'autre bout du fil. « Tout va bien. C'est juste que j'ai terminé le rapport d'autopsie et que les résultats sont… intéressants. »
« A-Ah oui? » déglutit Naruto.
« Oui. J'ai déjà contacté Kakashi, et il va bientôt arriver chez toi. J'espère que je ne te dérange pas… »
« Euh, non-non, pas du tout, je— »
« D'ailleurs, Hatake et le reste de son équipe sont aussi en route vers chez toi. Ils seront là dans une demi-heure, alors dit à Kakashi de se dépêcher. »
« T-Trés bien, » répondit rapidement le blond. « Mais est-ce que je peux te poser une question? »
« Fais donc. »
« Est-ce que c'était bien le corps de Gaara? »
Il y eut une courte pause, avant qu'on entende un léger rire. « Pas du tout, » répondit-elle d'une voix tranquille. « A bientôt! » Elle raccrocha.
Naruto fixa longtemps son téléphone portable d'un air incrédule, avant de soupirer et de secouer la tête. OK. Il avait eu raison. C'était pas Gaara. Mais qui c'était alors? Il pensait qu'il en aurait eu le cœur net aujourd'hui.
« Et voici nos hommes, » annonça Kurenai d'une voix rieuse lorsque Kakashi et Naruto pénètrent l'aile des salles d'autopsie en traversant l'ancienne salle d'urgences. Elle était revenue à son état normal. Les rangées de blessés avaient disparu. C'était à présent une grande salle blanche pourvue d'énormes fenêtres. La salle d'autopsie de Kurenai était elle aussi trés différente. Il n'y avait plus qu'une seule table, et plus qu'un seul corps.
Naruto fit la grimace à sa vue. Il avait été visiblement mis au congélateur, afin qu'il ne pourrisse pas. La chair autrefois rouge-sang avait pris une coloration rosâtre passée, et la peau noircie par les brûlures était devenue étrangement grise. Le peu de chair qui était resté intact était quasiment bleu. On aurait dit qu'on avait ouvert le ventre de l'homme. Il y avait une fissure trés nette au niveau de son torse, ainsi que d'autres entailles sur sa tête—
« Me dis pas que c'est à cause d'eux que tu nous a fait attendre trente minutes? » s'exclama Masashi avec colère en s'écartant du mur pour fusiller les deux nouveaux arrivants du regard. « Qu'est-ce qu'ils foutent ici?! »
« Bien, nous pouvons commencer, » déclara Kurenai en ignorant totalement sa question. « Si vous voulez bien vous déplacer par ici… merci, » faisant un geste de la main vers un des côtés de la table d'opération, pile en face de Masashi et des autres.
Lorsque Naruto s'avança plus profondément dans la pièce, il se rendit compte que Shikamaru, Chôji et Neji étaient là, ainsi que d'autres officiers qu'il ne connaissait pas.
« Commençons par la thèse, » déclara Kurenai en se faufilant entre deux agents afin d'atteindre le cadavre sur la table. « Cet homme n'est pas Gaara Sabaku Kaze. »
On entendit un sifflement de rage, et Naruto était prêt à parier qu'il s'agissait de Masashi.
« M. Kaze mesure 1 mètre 85, alors que cet homme, si l'on en croit la reconstruction virtuelle de ses jambes et en se basant sur la taille de son crâne, n'aurait pas pu mesurer plus d'1 mètre 70. » Elle leva les yeux et regarda tour à tour tout ceux qui se trouvaient dans la pièce dans les yeux, comme pour voir si quelqu'un avait des questions. « De plus, » continua-t-elle, « si j'en crois les informations qui m'ont été transmises, M. Kaze est brun. » Elle tira une fine mèche de cheveux du cadavre. « Cet homme est naturellement roux, » constata-t-elle avant de reposer les cheveux sur la table. « Et d'un teinte de roux assez inhabituelle, en plus. J'oserais même dire l'une des couleurs naturelles les plus rares que j'ai jamais vues. » Elle se redressa et se rapprocha du corps. « Ce sont les seules informations de base que j'ai pu rassembler sur cette personne, » déclara-t-elle d'un ton solennel, avant de poser une main sur le tronc du cadavre, et de repousser les deux côtés de la cage thoracique.
Naruto tressaillit ; ça lui faisait mal d'entendre les bruits des chairs en train de se faire écarter comme ça. Il avait eu raison quand il avait cru voir une énorme entaille le long du torse du faux Gaara. Kurenai avait du inciser du haut du plexus solaire jusqu'à son aine.
Lorsque Kurenai parvint à séparer complètement les deux moitiés, exposant ainsi les côtes sombres ainsi qu'une substance visqueuse extrêmement odorante, elle reprit la parole. « Un œil non-averti ne serait pas capable de le voir, mais— »
« C'est impossible… »
Tout le monde se tourna vers Shikamaru. « Ces incisions… Elles ne peuvent pas être aussi nettes que ça — en tout cas pas quand on a affaire à un corps humain. Sauf si évidemment tu as nettoyé la— »
« Non, je ne l'ai pas fait, » démenti Kurenai, visiblement contente que quelqu'un aie compris où elle voulait en venir avant même d'avoir commencé son explication. « Comme vous pouvez le constater, » dit-elle en passant le doigt sur les entailles qu'elle avait pratiquées, « C'est une coupure parfaitement propre, sans aucun morceau de peau ou de chair qui dépasse. La seule explication, c'est que cet homme, quel qu'il soit, a déjà reçu des incisions identiques au même endroit. Ce n'est pas vraiment un fait notable, étant donné que beaucoup de gens se font opérer, mais je me suis tout de même demandée quelle genre d'opération aurait pu nécessiter de pratiquer une incision aussi longue sur son torse. Naturellement, j'ai mené ma petite enquête, et j'ai trouvé quelque chose… d'alarmant. »
« Quoi? » demanda Masashi alors que Kurenai n'avait pas parlé depuis plusieurs secondes.
« Vous ne voyez rien? » tenta Kurenai en soulignant les bords de la chair. « La peau, ici? » Elle leva les yeux sur Shikamaru. Lorsque ce dernier haussa les épaules, elle fronça les sourcils, visiblement déçue. « La peau et les chairs qui se trouvent ici ne sont pas naturelles. Elles sont artificielles, si je puis dire. Ou peut-être même manufacturées… »
« Qu'est-ce que vous voulez dire? » demanda lentement Naruto.
« Exactement ce que je viens de dire. La peau tout autour de l'entaille est une peau artificielle. De même… » Elle montra ce qu'il restait du nez de l'homme. « Ça aussi c'est artificiel. La cloison nasale a été remodelée pour créer un nouveau nez. Cet homme portait aussi des lentilles. Elles avaient fondu dans ses yeux à cause de la chaleur extrême, mais j'ai pu les détacher. Je suis pratiquement sûre que cet homme avait les yeux marrons, alors que ceux de M. Kaze sont verts. »
« De quelle couleur étaient les lentilles? »
Kurenai fit un petit sourire éloquent. « Vertes. »
Shikamaru siffla et détourna le regard.
Naruto cilla ; il avait l'impression de commencer à reconstituer le puzzle, mais il n'était pas sûr. « Alors… Cet homme, » dit-il en montrant le corps du doigt. « Vous pensez qu'il essayait d'imiter Gaara? »
« Plutôt sûre, » confirma-t-elle d'un hochement de tête. « Même si j'avoue que je ne comprends pas pourquoi il n'a pas teint ses cheveux, s'il voulait vraiment imiter Kaze— »
« Non, c'était pas la peine, » la coupa Shikamaru. « Il devait ressembler assez à Kaze pour pouvoir se faire passer pour lui une fois capturé, mais pas trop non plus pour ne pas se faire repérer dans la vie de tous les jours. »
Naruto plissa le nez. C'était logique. Est-ce que ça signifiait que toutes les fois où Naruto avait cru voir Gaara, c'était en fait cet homme? Il avait du mal à y croire, mais ça paraissait sensé…
« Mais quel aurait été son objectif dans tout ça? » demanda le blond. « Pourquoi aurait-il couvert Gaara comme ça? »
« Je ne crois pas que cet homme aie couvert qui que ce soit, » cracha Masashi. « C'est juste encore un autre des putain d'admirateurs de Sabaku, rôdant en ville et provoquant la panique au nom du plus célèbre meurtrier de Mushroom City. »
Naruto cilla. « Est-ce que ça veut dire que… »
« Le véritable Kaze n'a jamais été impliqué dans cette histoire. On avait encore affaire à un autre de ses putains d'imitateurs. On y a droit au moins une fois par an. Sauf que ce type a poussé les choses bien plus loin que tous les autres… »
Naruto secoua lentement la tête. « Attendez… Ça… » Il s'arrêta. Il n'avait pas vraiment de contre-argument à opposer à cette affirmation… Mais est-ce que tous ces évennements n'étaient véritablement dûs qu'à un wannabe? Plus il y réfléchissait, plus ça lui paraissait improbable.
« Je… Je crois pas du tout que ça s'arrête là, » avança-t-il avec précaution.
Les autres policiers le fixèrent en haussant les sourcils alors que Masashi le fusillait du regard.
« C'est juste que, » continua-t-il, « il y a beaucoup trop d'éléments pour que ce soit juste ce mec. Et Sasuke? Toujours porté disparu. Et Sakura— »
« De toute évidence, Sasuke a repéré cet homme et a cru que c'était Gaara, alors il est parti tout seul pour le capturer— »
« Et où est Sasuke maintenant? »
« On sait pas encore, » répondit Shikamaru. « Une fois qu'on aura révélé que cet homme n'était pas le vrai Kaze et qu'il est mort, si Sasuke est toujours en vie il reviendra de lui-même, et sinon, c'est que cet homme l'a déjà liquidé. »
Naruto fronça les sourcils devant la brutalité de ce qu'affirmait Shikamaru. « Et Sakura? »
Shikamaru haussa les épaules. « Elle est partie à la recherche de Sasuke. Il reste toujours la possibilité que cet homme aie tiré les ficelles pendant tout ce temps. »
« Et qu'est-ce que vous faites des balles que vos hommes n'ont pas utilisées pendant l'attaque? » dit Naruto en regardant Masashi. « Qu'est-ce que vous faites du fait que ce mec s'est fait buter par quelqu'un d'autre dans cette pièce, quelqu'un que vous n'avez même pas vu? »
« Par rapport à ça, » interrompit Kurenai en levant une main. « Je ne sais pas ce qui a fait ça à son visage, mais ce qui est certain, c'est que ça venait du sol, » fit-elle en montrant la face défigurée. « Voyez la manière dont la chair est poussée vers haut. Cette arme — bien que je pense que ça soit plus un genre de grenade, a été pointée vers le haut depuis quelque chose en contrebas, ce qui signifie qu'il a lui-même pointé l'arme sur son visage avant de tirer. »
« Mais est-ce que vous aviez pas commencé à lui tirer dessus avant? » s'interrogea Naruto. « Vous êtes en train de me dire que cet homme, en ayant reçu une centaine de balles dans la poitrine, avait encore assez de force et de courage pour se tirer dans le visage? »
« Maintenant qu'il le dit— »
« Je peux aussi l'expliquer, » dit Kurenai. Elle appuya sa main sur la poitrine du cadavre. « Tout comme son nez, sa cage thoracique a aussi été remodelée. Non seulement pour qu'ils ressemblent à ceux d'un homme mieux bâti, mais il les a aussi remplacé par des plaques métalliques au torse. De plus, » elle saisit l'un des bras, « après examination du reste de ses membres, je suis parvenue à la certitude qu'ils ont également été trafiqués. Contrairement à la cage thoracique, son bras entier a été remplacé par une sorte de matière molle. J'en ai testé la résistance à l'aide d'un marteau, mais la matière réagissait comme du bois caoutchouteux. Elle ne s'est pas brisée, mais elle s'est déformée. L'avantage, je suppose, c'est que du coup les nerfs n'arrivent plus jusqu'à— »
« Attends, attends, attends, » la coupa Masashi en levant une main. « Je te suis pas du tout, là. Ce type était fait… de bois? »
Kurenai sourit. « Je ne dirais pas ça comme ça. Je dirais qu'il a réussi à remplacer ses ligaments avec des matériaux naturels, comme du bois ou du métal. Je ne sais pas vraiment comment il a réussi son coup… Je dirais même que c'est plutôt fascinant — c'est la première fois que je vois une chose pareille— »
« Alors… ce mec… » hésita Naruto, « est-ce qu'il est… réel? »
« Figure-toi quelqu'un qui a perdu ses deux bras et ses deux jambes et qui les a remplacés par des prothèses. D'excellentes prothèses, » ajouta-t-elle en souriant en levant ce qu'il restait d'une jambe. « Chaque partie a été manufacturée à la perfection. Je pense qu'il était capable de marcher et de se mouvoir librement, comme n'importe quelle autre personne. Je le soupçonne aussi de s'être fait tout ça tout seul… »
« Ça… Je suis désolé, mais ça n'a aucun sens. »
Kurenai acquiesça vers le groupe d'homme en souriant légèrement. « Je comprends que ce soit difficile à croire, mais une fois qu'on est capable d'en faire abstration, ça apparaît trés simplement. Vous aviez affaire à quelqu'un d'intelligent. Imitateur ou non. »
« Je ne pense pas que se transformer en espèce de robot de bois prouve une quelconque intelligence, » objecta Neji en parlant pour la première fois.
Kurenai sourit. « Je ne fais aucun compliment à cet homme, si c'est ce que vous pensez. Pas quand on arrive à un tel manque de morale… Je dis juste qu'il a réalisé quelque chose… d'incroyable. Ceci résulte du travail d'un esprit brillant et instable. »
« Tout ceux qui veulent suivre les pas de Kaze sont fous à lier, » déclara brusquement Shikamaru.
« Comment est-ce qu'on peut même être sûr qu'il essayer d'imiter Gaara, alors? » demanda Chôji. « Et si c'était juste un meurtrier psychopate? »
« Ouais, j'y ai pensé moi aussi… » ajouta Kakashi d'une voix posée.
« Mais il faut bien garder en mémoire, » renchérit Shikamaru, « que le cas Kaze s'est ranimé parce qu'on avait cherché dans les dossiers de Sasuke et qu'on avait trouvé qu'il était parti à sa recherche, alors qu'on cherchait des indices sur les raisons de sa disparition— »
« Mais il a pu s'être trompé, » l'interrompit Masashi. « Il aurait pu tout aussi bien être tombé sur ce type et avoir cru que c'était Sabaku— »
« Ouais, mais comment serait-ce possible? » le coupa Naruto. « Je suis désolé, mais si je croisais cette personne dans la rue en sachant à quoi ressemble Gaara, je ne me dirais pas que c'est Gaara— »
« Et qu'est-ce que t'en sais, morveux? » ricana Masashi. « Le seule indice que tu as sur son apparence, c'est la bouillie qui lui sert de visage— »
« Je veux bien, mais les cheveux roux et la différence de taille. Sasuke n'a pas du voir se type avant de penser immédiatement, 'Oh, ça doit être Gaara.' Il doit y avoir autre chose. »
« Et qu'est-ce tu nous suggères? » demanda Shikamaru d'une voix tranquille.
Quand il devint clair que Naruto n'avait rien à lui répondre, l'homme soupira.
« Tu vois? Tout ce qu'on a ici ce sont des hypothèses et des suppositions, mais aucun fait. C'est comme un mystère sur un mystère sur un mystère. »
La pièce était silencieuse.
Naruto croisa les bras et ferma les yeux. Il y avait bien quelque chose qui ne collait pas. Il savait qu'il manquait une pièce au puzzle. Il oubliait quelque chose — mais quoi?
La personne sur la table était un imitateur de Gaara. Comment le savaient-ils? A cause des lentilles et de la façon dont le type assassinait? Ce n'était pas suffisant comme piste, étant donné qu'énormément de gens portent des lentilles de couleur de nos jours, et les assassinats ne suivaient pas totalement le modus operanti de Gaara…
Et puis il y avait cette lettre sur la scène du meurtre d'Ino…
Je serai l'imposteur d'un nouveau toi…
Est-ce que ça signifiait que cet homme était aussi l'assassin d'Ino? Naruto pouvait le concevoir… Mais dans ce cas ça voudrait dire que Gaara — ou du moins cet imitateur, était impliqué dans la disparition de Sasuke, n'est-ce pas? Ça voudrait dire que cette histoire comme quoi Sasuke aurait fait une erreur et en croyant que c'était le vrai Gaara est vraie, après tout. Mais alors… Comment est-ce que Sasuke aurait pu penser ça? Qu'est-ce qui lui aurait fait croire que cet homme était Gaara? Il a du se passer quelque chose…
Ça n'avait certainement rien à voir avec l'apparence de l'imposteur. Parce que Gaara était brun, et grand. Ça aurait dû être quelque chose que cet homme avait fait qui avait poussé Sasuke à lui courir après…
Et si… Et si Sasuke n'était même pas parti de lui-même? Et s'il s'était fait enlevé, et que ça avait été maquillé en course-poursuite?
Non, pensa Naruto en secouant la tête, ça n'avait pas grand sens non plus. Il se rappelait que Sasuke avait parlé d'une affaire particulière. Une affaire qui allait tout changer.
Naruto ferma les yeux et réfléchit intensément. Trés bien. Admettons que cet homme n'était en fait qu'un imposteur, et que Sasuke avait compris d'une manière ou d'une autre qu'il essayer d'imiter Gaara. Alors quoi?
Naruto savait qu'il était en train de rater quelque chose. Mais quoi? Ça concernait l'apparence du mec. Des cheveux roux… Des lentilles vertes sur des yeux marrons… Son corps trafiqué. C'était ce qui le frappait le plus, la manière dont il avait totalement remodelé un corps humain—
Naruto ouvrit brusquement les yeux.
Puis ça le frappa.
Ça le frappa comme un mur de briques.
« Oh mon Dieu. »
« Naruto? » demanda Kakashi d'une voix hésitante. « On dirait que t'as vu un fantôme… » continua-t-il avec beaucoup de sérieux et en fixant Naruto avec des yeux prudents.
Naruto hoqueta avant de pouvoir reprendre la parole. « J'ai vu un site internet, » commença-t-il faiblement. « Je-J'étais en train de chercher des informations sur le lycée de Gaara. Et il y avait cette… cette liste, de toutes les victimes — ceux qu'il avait tués. Et dedans il y avait ce type — major de promo, roux, avec des yeux marron clair, e-et, il y avait un genre de, de citation en dessous de sa photo. C'était genre, une citation de fin d'études, sur ce qu'il souhaitait pour l'avenir. Il y avait quelque chose comme… » Naruto concentra toutes les cellules de son cerveau. C'était quel mot? « Néo… néo… eli… emba… »
« Où est-ce que tu veux en venir, gamin? » demanda Masashi d'un ton impatient.
« Ça avait un rapport avec des gens morts, » expliqua fébrilement Naruto. « C-Comme ces types qui maquillent les cadavres pour qu'ils soient beaux pour leurs funérailles — mais c'était un truc différent, c'était un truc glauque et bizarre—»
« La neo-embalmination? » demanda soudainement Kurenai en ouvrant de grands yeux intéressés.
« Oui! » s'exclama Naruto. « Il parlait de ça, et quand j'ai cherché ce que c'était, je suis tombé sur des trucs vraiment trop— »
« Bizarres? » acheva Kurenai. Pour une raison inconnue, son visage exprimait bien trop d'amusement et d'intérêt d'après Naruto. « Oui, c'est une sorte de chose qui se pratique parfois dans certains cultes, je suppose. C'était pratiqué au tout début du vingtième siècle par des embaumeurs et des scientifiques fous, jusqu'à ce que ce soit officiellement interdit— »
« Vous m'excuserez, mais c'est quoi le rapport entre ce truc-là et le reste? » s'écria Masashi avec fureur.
Naruto cilla en fixant le chef avec des yeux ronds. « En fait… le nom de la personne sur la photo… l'aspirant néo-embaumeur ou je sais pas quoi… c'était Sasori Akasuna. »
Naruto regarda Kakashi droit dans les yeux en attendant qu'il fasse la connexion.
Kakashi tourna des yeux écarquillés vers le blond, lorsqu'il compris soudainement.
« Tu veux dire que… Oh mon Dieu, » murmura-t-il d'un ton grave.
« Mais putain de merde, vous allez nous dire ce qu'il se passe?! » cria Masashi en frappant le mur du poing.
Naruto se tourna vers lui. « Je soupçonnais que Gaara vivait dans l'appartement en face du mien depuis que je suis allé chez Sakura, et que vous les mecs, » il fit un geste de la main vers Neji et Chôji, « m'avez briefé sur lui… Ce jour-là Seichi, le fils de Sakura, m'a dit qu'il avait vu quelqu'un qui ressemblait à s'y méprendre à la photo de Gaara que vous m'aviez donnée, sauf que ce type était roux… » Naruto marqua une pause, parce qu'il avait oublié ce détail-là. « Mais peu après ce jour-là je suis monté chez Kakashi et Iruka pour demander le nom de la personne qui habitait dans l'appartement d'en face… Et Iruka m'a dit que c'était Sasori Akasuna… »
Les policiers fixèrent Naruto pendant un long moment avant que Chôji prenne la parole. « Attends… Le même type qui s'est fait tuer par Gaara lors de ces assassinats de masse au lycée était le même type qui vivait dans cet appartement? Ce type-là? » fit-il en pointant le cadavre du doigt.
« Non… » fit Shikamaru d'un ton grave. « Ça veut dire que… » Il s'arrêta et regarda droit devant lui en affichant une expression douloureuse. « Est-ce que Gaara aurait volé l'idendité de cet homme? » demanda-t-il en balayant la pièce du regard.
Naruto expira péniblement. « C'est ce que je pensais au début moi aussi. J-Je pensais que j'avais tout pigé et que Gaara se baladait en prétendant être un gars random qu'il avait assassiné… »
« Et tu n'en es plus aussi sûr… » acheva Kakashi d'une voix douce.
Naruto haussa faiblement les épaules. « J'en sais rien. Je peux juste pas croire qu'il soit mort. »
« Eh ben t'as qu'à le croire, » répondit Masashi avec un air presque satisfait. « Si ce que tu dis est vrai, alors ce cadavre est bien celui de Sabaku. Je comprends mieux maintenant. C'était pas un type obsédé par Sabaku qui essayait de devenir lui, c'était Sabaku qui essayait de masquer son identité en devenant quelqu'un d'autre— »
« Quelqu'un qui n'est plus en vie, alors aucun problème de double-identité ou quoi que ce soit— » réfléchit tout haut Shikamaru en regardant le chef avec un demi-sourire.
« Alors ça voudrait dire que ce type-là est Kaze, » fit Kakashi en baissant les yeux sur le corps congelé.
« Excepté une seule chose, » interrompit Kurenai en fixant les trois hommes avec malice. « Le groupe sanguin. »
Shikamaru haussa les sourcils. « Et donc, que disent les groupes sanguins? »
« Gaara est de type O moins. Le sang qui se trouve dans ce corps est AB plus. »
Shikamaru jura dans sa barbe. « Putain de merde. »
« Attendez une petite minute, » interrompit Masashi en levant une main. « Si ce type était capable de reconstruire ses membres, pourquoi il aurait pas… Je sais pas moi, changé son groupe sanguin? »
« Parce que c'est impossible, » répondit simplement Kurenai. « Même si on parvenait par miracle à transfuser du sang dans son système sanguin, ce qui est impossible parce que les types O moins ne peuvent recevoir du sang que d'autres types O moins, le nouveau sang ne ferait que se mélanger au reste, et le cœur continuerait de pomper le sang originel. On ne peut modifier ni son sang ni son groupe sanguin. Sans parler des yeux. La couleur naturelle des yeux de cette personne était marron. Celle de M. Kaze est verte. »
« Eh ben, c'est peut-être qu'il s'est greffé d'autres yeux, j'en sais rien! » cria Masashi d'un ton désespéré.
Kurenai afficha un sourire en coin. « Même si c'est déjà un peu plus possible que de changer de groupe sanguin, ça reste quand même extrêmement peu probable… »
Masashi passa une main dans ses cheveux. « Putain de merde, » lâcha-t-il avec colère. « Ça nous a menés à rien c't'histoire. On est de retour à la case départ. »
Kurenai acquiesça. « Je comprends votre frustration, même si je dois admettre que c'est extrêmement fascinant. Que cette personne s'avère être M. Kaze ou non, elle a visiblement fait tout ça bien consciemment — afin de vous embrouiller. Maintenant que j'ai reçu un peu plus d'informations sur une possible identité de cet homme — Sasori Akasuna, c'est ça? — je serai en mesure de rassembler encore plus d'informations sur lui et de les comparer avec ce corps. Si ces informations correspondent aux caractéristiques de ce cadavre, alors je suppose qu'on pourra considérer que c'est bien lui— »
« T'oublies un détail par contre, » lui rappela Kakashi. « Sasori était déjà mort. »
Kurenai lui sourit. « Je m'en souviens bien. Mais il est possible qu'il n'était pas du tout mort en réalité. Si j'en crois ce que m'a dit Naruto sur l'intérêt de M. Akasuna dans la neo-embalmination, alors l'hypothèse selon laquelle il était toujours en vie est bien plus plausible que vous ne le croyez. »
« Putain de merde, mais c'est quoi la neo-embalmination? » demanda furieusement Masashi.
« Comme j'ai dit, il s'agit d'une pratique trés ancienne. Interdite maintenant. Mais maintenant que je sais que de la neo-embalmination est impliquée, j'oserai dire que ce remodelage des membres m'apparaît beaucoup plus logique… » Elle laissa sa phrase en suspens et posa les yeux sur Naruto.
Ce dernier cligna des yeux avant de détourner le regard nerveusement.
« Alors on est encore coincés, » dit Neji. « On ne sait toujours pas qui est cette personne. On ne sait pas où pourraient être Sasuke ou Sakura. J'ai l'impression qu'on a fait que reculer. »
« Il n'y a que Gaara pour concevoir une chose pareille… » murmura doucement Shikamaru. « Ou au moins quelqu'un de son calibre… Il sait ce qui est, ce qui était, ce qui sera. Il sait ce qu'il doit se passer pour qu'il puisse arriver à ses fins… Et il sait comment provoquer ces événements… »
« A t'entendre, on dirait que c'est un dieu, » grogna Neji.
Shikamaru haussa les épaules.
« Est-ce que tu veux dire que Sabaku est impliqué dans tout ça, après tout? »
Le détective haussa les épaules de nouveau. « Quand Kaze était en cavale avant, il ne s'entourait jamais de mystère. Les indices qui menaient jusqu'à lui étaient toujours évidents. On aurait dit que se cacher ne l'intéressait pas. Mais on avait quand même énormément de mal à le retrouver. Pourquoi? Parce qu'il savait qu'on ignorerait les indices les plus simples. Il savait qu'on irait chercher des pistes compliquées. Il sait comment nous flouer. Et maintenant qu'on cherche les indices les plus évidents, il les recouvre de mystères et de casse-têtes impossibles. »
« T'as pas répondu à ma question… » lui rappela Masashi.
Shikamaru soupira. « Ouais. Je pense que Gaara a tout à voir avec cette histoire. »
« Et moi je pense qu'il est toujours en vie, » dit Naruto en décidant de prendre la parole. « J'ai aucune idée de qui est ce type, » déclara-t-il en pointant du doigt l'homme sur la table, « peut-être que c'est un leurre, un imitateur, ou quoi-qu'est-ce, mais il a forcément un lien avec Gaara. »
« Et qu'est-ce qui te fait croire que ton opinion a une quelconque valeur dans cette affaire? » demanda Neji en haussant un sourcil incrédule. « C'est illégal d'impliquer un civil dans une enquête criminelle de toute façon. »
Naruto hésita, mais Kakashi vint à son secours. « Naruto est autant impliqué dans cette affaire que tous ceux qui se trouvent dans cette pièce. Il n'a pas besoin de savoir chaque petit détail, mais le moins qu'on puisse faire est de le maintenir informé. Ses amis sont portés disparus, après tout. »
Naruto acquiesça avec reconnaissance et se tourna vers le reste du groupe. « Qu'est-ce qu'on fait maintenant? » demanda-t-il d'une voix posée.
Shikamaru passa une main lasse dans ses cheveux. « On s'occupe des médias, » lâcha-t-il en secouant la tête. « On doit trouver quelque chose pour couvrir l'intégralité de ce qu'il s'est passé dans l'immeuble, histoire que les spéculations cessent. La vérité est bien trop déroutante pour la présenter à l'opinion publique. Et on sait jamais, peut-être qu'on aura une espèce d'avantage si Gaara regarde les journaux télévisés et qu'il pense qu'on s'est complètement plantés ou quoi, » acheva-t-il d'une voix hésitante. Ça se voyait qu'il savait que c'était trés peu probable. Le détective quitta sa place au bout de la table d'opération. « Pour l'instant… On attend les résultats de… » Il tourna les yeux vers Kurenai.
« Des comparaisons entre les données de M. Akasuna et celles de ce corps, » acheva-t-elle pour lui.
Shikamaru acquiesça paresseusement et sortit de la salle. Chôji hésita avant de le suivre. Masashi poussa un soupir et fit signe à tout le monde qu'il était temps de partir. « A la prochaine fois, alors, » dit-il à Kurenai en hochant la tête.
Naruto tourna un regard solennel vers Kakashi, et Kakashi fit de même. Ils se dirigèrent alors à leur tour vers la sortie sans mot dire.
Flash Info de 20h sur la Chaîne Vingt-Sept :
Nous interrompons nos programmes pour vous informer que nous avons enfin reçu des informations sur le tragique événement qui s'est produit dans une petite ville à quelques kilomètres de Mushroom City. On vous rappelle qu'il y a près d'une semaine, l'immeuble 1313 a été, je cite, « attaqué par des terroristes, » fin de citation. Mais à présent, les autorités confirment qu'il s'agissait simplement de l'œuvre d'un individu psychotique, nommé Damien Voltaire*.
Des plaintes auraient été déposées à cause d'étranges odeurs chimiques qui s'échappaient de l'appartement de M. Voltaire, et les autorités ont considéré ces plaintes assez inquiétantes pour envoyer une équipe sur les lieux. Ce qu'ils ont trouvé dans cet appartement était bien cependant bien pire que ce qu'ils craignaient : M. Voltaire était en train de fabriquer des engins nucléaires artisanaux. Personne ne sait ce qu'il prévoyait d'en faire, mais gardons à l'esprit que cet homme était un étranger, alors on peut supposer qu'il avait des mobiles terroristes. Rassurez-vous cependant, cet homme est mort, abattu par les coups de feu de valeureux officiers, dont beaucoup ont péri durant l'intervention.
La cérémonie pour les officiers décédés aura lieu la semaine prochaine aux Jardins Botaniques au sud de—
Naruto éteignit la télévision d'Iruka.
Puis il soupira.
Une semaine.
Ou du moins, quasiment une semaine.
Le salon d'Iruka et Kakashi était plein à craquer de feuilles couvertes de recherches qu'il avait fait sur Gaara, grâce à l'ordinateur d'Iruka et à l'imprimante. Il n'avait jamais été aussi déterminé à résoudre un mystère de toute sa vie. Il se sentait comme Sasuke avait du se sentir lorsqu'il s'était enfui, et il ne reculerait devant rien pour le retrouver. Sauf que là, c'était différent. Il ne s'agissait pas juste de retrouver un ami ; il fallait arrêter un malade.
Les résultats des comparaisons de Kurenai n'étaient pas encore arrivées, mais il connaissait déjà la réponse. Ce n'était pas Gaara le mort de la table d'opération. Gaara était toujours en cavale quelque part. Et Naruto savait que pour le trouver, il devait en savoir plus sur lui.
Il tenait une feuille de papier dans ses mains. Il y avait marqué l'adresse de l'Institut d'Aides aux Malades Mentaux, ainsi que des informations sur Kabuto Yakushi, l'ancien psychiatre de Gaara, qui, selon les recherches de Naruto, travaillait toujours à l'hôpital.
Et le blond allait lui rendre une petite visite.
* MDR Damien Voltaire!
{Note de l'auteur :
OK les mecs, c'est un putain de long chapitre. J'espère que les spéculations sans fin des personnages ne vous ont pas dérangés, mais je voulais que vous soyiez bien immergés dans le mystère, je veux que vous essayiez de résoudre le mystère tout comme les personnages de l'histoire. J'espère que j'ai su vous intéresser du début à la fin, et j'espère que personne n'a trop oublié cette histoire! Il en reste encore tant!
Merci d'avoir lu, et n'hésitez pas à laisser vos impressions!}
