Bonjour ! ^^

Comme prévu, je vous envoie la suite de cette histoire.

Mais tout d'abord, je tiens à remercier, pour leurs reviews : Rinku13, IsabellaBlackPotter, mel27270, Wessem Assbai, Zeugma412, Alienor la Fantasque, Mileminia, Malh, AlwaySpero, keloush, Eladora, lounoire, Eileen1976, liysz et Noumea. Vous avez été nombreux ! O_O Je suis encore émue devant tant d'attention pour un premier chapitre. J'espère que la suite vous plaira et que je recevrai encore autant de compliments de votre part. Vous êtes importants pour moi. Vous êtes toute mon inspiration ! :)

(L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling. La structure de l'intrigue appartient au film "The Proposal".)

Bonne lecture !


Chapitre 2 ― La fraude grossière

Hermione fut si choquée qu'elle ne parvint pas à prononcer le moindre mot. D'abord, elle crut avoir mal compris. Rogue ne pouvait pas l'avoir appelée sa fiancée. C'était trop absurde. Ou alors, c'était une blague. Mais lorsqu'il passa un bras autour de ses épaules pour la rapprocher de lui, elle dut s'admettre, horrifiée, qu'il ne plaisantait pas.

― Eh oui, dit-il d'un ton affreusement convaincant, tandis que l'homme moustachu devant eux affichait presque autant d'incrédulité qu'Hermione. Si j'hésitais à vous en parler, c'est parce que notre relation est un peu compliquée. Étant donné qu'elle est encore mon élève, je préférais garder cette affaire sous silence, vous comprenez. Mais puisque je dois en parler... Nous avons connecté en début d'année ― laissez-moi préciser, aussi, qu'elle est parfaitement majeure. Le tout a commencé par quelques regards durant les cours, puis nous sommes tombés amoureux, malgré nos différences. Bien sûr, avant d'en arriver là, nous avons beaucoup lutté contre nos sentiments, mais comment vaincre un tel amour ? C'est plus fort que nous, n'est-ce pas... Hermione ?

Coincée sous le bras de Rogue dont elle humait à plein nez l'odeur concentrée de moisi qui émanait de sa robe, Hermione déglutit et implora Mr Engleford de ses yeux écarquillés dans l'espoir qu'il l'aide. Mais ce dernier hocha la tête, l'expression amusée.

― C'est fantastique, commenta-t-il. Cette jeune fille arrive dans votre vie juste au bon moment, on dirait. Hum... Seulement... pour obtenir la fortune, il vous faudra officialiser le mariage...

― Tout à fait, dit Rogue, les doigts tressaillant sur l'épaule d'Hermione. Je n'y manquerai pas.

Mr Engleford s'inclina alors avec un sourire et s'en retourna dans le couloir sans rien ajouter. Dès que la porte se referma, Hermione et Rogue se dégagèrent simultanément de leur étreinte d'un air dégoûté, puis Hermione, la voix recouvrée, explosa :

Vous êtes tombé sur la tête ?

Rogue haussa un sourcil.

― Quoi ? dit-il, sarcastique. Ne me dites pas que vous attendiez le grand amour ?

Vous allez m'expliquer tout de suite ce qui se passe !

― J'ai besoin de cette fortune, expliqua froidement Rogue, ne serait-ce que pour démissionner de ce travail fastidieux d'enseignement ! Vous ne vous imaginez pas à quel point il est exténuant d'endurer quotidiennement les singeries de mes élèves, sans parler de ceux qui se croient surdoués alors que dans le fond ils ne connaissent rien ! Et comme mon idiot de père a institué la condition du mariage sans quoi il m'interdit sa fortune...

― Mais c'est ridicule ! s'écria Hermione, dépassée. Non seulement c'est illégal, mais jamais je ne me marierai avec vous !

― Je ne vous demande pas votre avis, trancha Rogue.

Sa cape ondulant derrière lui, il s'approcha d'elle et plongea un regard redoutable dans le sien.

― Nous nous marierons, que ça vous plaise ou non, articula-t-il en détachant bien ses mots. Après la période requise, nous n'aurons qu'à divorcer, sans plus ni moins. Mais en attendant, j'exige que vous jouiez le jeu avec moi, sinon, si vous refusez, je m'arrangerai pour vous faire expulser de l'école, tout simplement. Et croyez-moi, j'ai suffisamment d'expérience en occlumancie pour convaincre n'importe qui de ce que je veux. Alors ?

Hermione eut envie de fondre en sanglots. Elle devait être en train de rêver.

― Maintenant, fichez le camp et revenez me voir demain matin, à huit heures, devant le portail. Vous m'accompagnerez jusqu'à Gringotts.

.

Le regard perdu dans le vague, Hermione s'avançait dans le couloir d'un pas digne d'un spectre. Elle se sentait morte, vidée de toute substance. Comment un tel cauchemar pouvait-il tomber sur elle ? En une seule journée, Rogue avait atteint le comble du monstre impitoyable.

― Mot de passe ? demanda la grosse dame du portrait.

― Phacochère, répondit Hermione sans même la regarder.

Le portrait pivota et elle pénétra dans la salle commune.

Quelques élèves se rassemblaient aux tables et conversaient joyeusement au sujet de leurs projets de vacances. Dans l'atmosphère de rires et de plaisanteries, Hermione se déplaça machinalement vers le feu de la cheminée et se laissa tomber sur un divan, les yeux rivés sur les flammes dansantes. Un instant plus tard, Pattenrond sauta sur ses genoux et elle lui caressa sa fourrure foisonnante d'un geste absent.

― Ça ne s'est pas bien passé ? interrogea alors une voix.

Hermione n'avait pas remarqué la présence de Neville, qui était assis à côté d'elle, sur le même divan. Elle tourna lentement la tête et le regarda sans vraiment le voir.

― Non, répondit-elle dans un souffle. Absolument pas...

Neville parut inquiet.

― Il a fait pire que refuser de noter ton devoir, c'est ça ?

Hermione fit signe que oui, la gorge nouée.

― Qu'est-ce qu'il a fait ? demanda-t-il.

― Il... il a fait quelque chose... d'horrible...

― Il ne t'a quand même pas expulsée !

― Non, mais il menace de le faire... si je refuse de... de...

Elle réprima un sanglot, les doigts crispés dans la fourrure de Pattenrond qui émit un faible miaulement. Neville allongea la main et lui tapota le dos.

― Hé, Hermione..., dit-il avec douceur. Ça va, ne pleure pas... Si je comprends bien, cette fois, Rogue est allé trop loin ? On ira voir McGonagall demain, d'accord ? Elle arrangera ça.

― Non..., renifla Hermione en secouant la tête. Il n'y a rien à faire. McGonagall ne me croira jamais et Rogue sait parfaitement mentir dans son intérêt. Il m'a... il m'a mise au pied du mur, Neville.

― Qu'est-ce que tu veux dire ?

Hermione leva les yeux vers lui tandis qu'une larme glissait le long de sa joue.

― Il me demande d'être sa femme, murmura-t-elle. Il me demande... en mariage...

Neville resta un moment sans réaction, comme s'il dut analyser ses paroles trois fois avant d'en comprendre le sens.

― Il te demande d'être... quoi ? s'exclama-t-il, incrédule.

― Tu vois, même toi, tu n'y crois pas !

― Mais Hermione, te rends-tu compte de ce que tu viens de dire ? Rogue ? Demander ta main ? C'est une blague !

― Chut ! souffla-t-elle en jetant des regards affolés aux élèves autour. Écoute, c'est plus compliqué que ça. J'ai surpris une conversation entre lui et un homme de Gringotts à son bureau. Le père de Rogue a une fortune de cinq millions de Gallions, tu vois, qu'il a léguée à son fils sous condition. Et cette condition, même si ça peut paraître ridicule, c'est le mariage. Rogue doit se marier pour obtenir la fortune.

― Cinq millions de Gallions..., répéta Neville, stupéfait.

― C'est ça ! Il a dû gagner à la loto, je ne sais pas. Enfin, bref, pour les obtenir, il doit faire vite, parce que la chambre forte doit fermer avant lundi. En attendant, Rogue m'oblige à faire semblant d'être sa fiancée, de le marier pour rendre tout ça officiel et de le divorcer ensuite. Un vrai cauchemar !

Neville se laissa retomber contre le dossier, clignant plusieurs fois des yeux.

― Je suis perdue, Neville, gémit Hermione, tandis que Pattenrond ronronnait paisiblement sur ses genoux. Je ne comprends pas ce qui m'arrive. J'aurais dû suivre ton conseil et aller directement voir McGonagall plutôt que d'aller me risquer chez Rogue. Maintenant, je n'ose plus rien dire à personne par crainte d'aggraver les ennuis. Qu'est-ce que je fais ?

― Eh bien, pour commencer, dit Neville d'un air grave, sache que je ne laisserai pas Rogue s'amuser à tes dépens.

― Mais qu'est-ce que tu peux y faire ?

― Contacter Gringotts et les avertir que Rogue essaie de commettre une fraude.

Le cœur d'Hermione bondit d'effroi dans sa poitrine.

― Absolument pas ! Après ça, Rogue sera dans une de ces fureurs dangereuses !

― Tu ne vas quand même pas te plier à ses exigences ? s'indigna Neville.

― Non ! Je pense juste qu'il faut faire attention ! On parle de l'homme qui a su tromper Voldemort lui-même pendant des années sans que ce dernier n'en sache jamais rien. Pour ce qu'il en est, il pourrait très bien faire de même avec McGonagall et lui faire croire par exemple que c'est moi la criminelle.

― McGonagall est de notre côté, objecta Neville.

― McGonagall est à cheval sur les règlements ! Et puis zut !

Les mains dans les cheveux, Hermione enfouit son nez dans la fourrure de Pattenrond et étouffa un grognement de désespoir. Elle se redressa ensuite, respirant profondément, tandis que Pattenrond écartait les oreilles d'un air perplexe, puis déclara enfin :

― Je vais me coucher, voilà. La nuit porte conseil. Je trouverai sûrement une idée demain pour me sauver de ce guêpier.

― D'accord, approuva Neville, tout aussi désemparé. Je vais faire de même...

.

Le lendemain matin, Hermione souhaita avoir rêvé et que rien de tout ça ne fut réel. Hélas, lorsqu'elle descendit à la salle commune et qu'elle croisa le regard grave de Neville, tandis qu'il s'occupait à la rédaction d'une lettre, elle fut forcée d'admettre que les circonstances étaient telles qu'elle les craignait. Elle lui adressa un sourire crispé, puis remonta à son dortoir afin d'enfiler son manteau, son bonnet et ses gants.

Dehors, une fine neige tournoyait dans la brise glacée. Hermione réajusta son écharpe autour de son cou, descendit les marches de pierre et s'avança sur le vaste tapis blanc qui crissa sous ses bottines.

Comme prévu, Rogue l'attendait près du grand portail en fer forgé, sa lourde cape noire claquant à ses chevilles. Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, il ne lui adressa aucun signe de bonjour. Il la toisa d'un air impassible, les cheveux dans le vent, puis lui attrapa le bras et transplana avec elle dans un tourbillon de couleurs froides.

― Vous savez ce que vous avez à faire, Miss Granger, dit Rogue tandis qu'Hermione retrouvait son équilibre sur un nouveau sol enneigé. Jouez bien le jeu, sinon je m'arrange pour vous expulser de l'école. C'est clair ?

Hermione lui jeta un regard noir en guise de réponse.

Ils se trouvaient à présent sur le Chemin de Traverse. De tous côtés, les boutiques croulaient sous d'épaisses couvertures de neige. Les gens, emmitouflés dans de grands manteaux, marchaient en arborant des joues rougies et des yeux plissés dans le vent. La banque Gringotts se dressait à quelques mètres au loin, sa façade immaculée à peine discernable à travers les tourbillons de flocons.

― Ne tardez pas, dit Rogue qui entraîna Hermione à sa suite.

― Je peux très bien me déplacer toute seule, merci ! protesta-t-elle en se dégageant. Je n'arrive toujours pas à croire que vous me forcez vraiment à me marier avec vous.

― J'ai besoin de cette fortune.

― Vous avez lu l'insigne à l'entrée de la banque ? Les voleurs trouveront le juste châtiment de leur folle hardiesse.

― Je ne vole pas.

― Frauder reste du pareil au même !

― Silence ! assena Rogue en faisant claquer sa cape.

Le gobelin posté dans le portail en bronze les scruta d'un œil perçant. Hermione se tut pendant qu'ils pénétrèrent à l'intérieur, puis une fois dans le vaste hall en marbre, Rogue lui chuchota à l'oreille :

― Un mot de plus sur cette affaire et je vous fais avaler vos gants. Laissez-moi parler et taisez-vous.

Un long comptoir s'alignait contre le mur, derrière lequel travaillaient une centaine de gobelins. Hermione les observa tandis qu'ils écrivaient dans des registres, soupesaient des pierres précieuses et comptaient des piles de monnaies. Rogue s'approcha d'un gobelin, dont le long nez était pincé sous de lourdes lunettes, et lui présenta une enveloppe jaunie sortie de sa poche.

― C'est pour une réclamation d'héritage, dit-il, laconique.

Le gobelin découvrit ses dents pointues dans un rictus, comme s'il détestait qu'on le dérange dans son travail. Mais il déposa sa plume et referma son livre de compte sans protester. Il se saisit ensuite de l'enveloppe dont il lut attentivement la lettre, avant de déclarer d'une voix grinçante :

― Suivez-moi.

Il sauta du haut de son tabouret et leur fit signe de le rejoindre derrière le comptoir. Il les conduisit à un petit bureau aux murs de pierre, dans lequel il les fit entrer, puis les invita à s'asseoir dans les fauteuils en cuir luxueux.

― Ça ne sera pas bien long, Boulebin sera à vous.

Le gobelin s'inclina et sortit en refermant la porte.

― C'est drôle, mais je pressens le pire..., dit Hermione en s'adossant, les yeux au plafond.

― Tout va bien se passer, rassura Rogue qui étendait tranquillement sa cape à côté de lui sur l'accoudoir de son fauteuil. Soyez crédible, approuvez ce que je dis et n'affichez pas cet air accablé.

― Et si je n'y arrive pas ?

― Vous n'aurez qu'à dire adieu à vos ambitions, menaça Rogue.

Hermione soupira, puis enleva ses gants et son bonnet.

― C'est vraiment odieux ce que vous faites, marmonna-t-elle.

Un instant plus tard, un petit gobelin doté d'une barbe en pointe, l'air malin, le crâne chauve et les oreilles pointues, entra dans la pièce. D'un pas léger, il contourna le bureau pour s'y asseoir derrière, au sommet d'une haute chaise, puis étira les lèvres en un sourire de convenance.

― Bonjour, salua-t-il d'une voix tout aussi grinçante que le premier. Je m'appelle Boulebin.

― Severus Rogue, se présenta ce dernier en inclinant la tête. Et voici ma fiancée, Hermione Granger.

― Enchantée, dit-elle d'une petite voix.

Boulebin les dévisagea tour à tour, les sourcils froncés, les mains croisées devant lui. Hermione échangea un regard avec Rogue, puis changea de position dans son fauteuil, mal à l'aise. Les gobelins étaient difficiles à berner. Sans doute que Boulebin s'apercevait déjà de leur supercherie.

― Quelque chose ne va pas ? demanda Rogue, l'expression impénétrable.

― Oh, non, rien, répondit Boulebin, perfide. Tout va bien. J'ai simplement... des soupçons concernant votre relation...

― Pardon ? s'étonna Rogue, tandis qu'Hermione se cacha derrière une main, plus embarrassée que jamais.

― Exactement, des soupçons, reprit Boulebin. Si ça se trouve, vous êtes en train de commettre une fraude, un arrangement de dernière minute, pour mettre la main illégalement sur la fortune de votre père.

― Mais où est-ce que vous avez entendu parler de ça ? s'exclama Rogue qui se leva d'un bond, choqué.

Boulebin sortit de son veston une lettre qu'il posa devant lui.

― Je viens tout juste de recevoir ce mot par hibou express, expliqua-t-il calmement. Un certain Neville Londubat.

Les yeux écarquillés, Rogue jeta un effroyable regard de reproche à Hermione, qui se ratatina sur elle-même.

Neville avait agi. Elle n'en revenait pas. Comment avait-il pu oser ? Maintenant, le gobelin ne tarderait pas à leur faire subir les conséquences de leur tentative de fraude.

― Alors ? insista Boulebin. Des explications ?

― C'est un fabulateur, s'empressa d'inventer Rogue, la respiration légèrement accélérée. Je le connais, c'est l'un de mes élèves. Comme je dois le coller souvent en retenue à cause de la suprême insolence qu'il se permet en classe, il a développé une aversion contre moi.

― Donc vous affirmez que cette lettre n'est qu'une plaisanterie ?

― Exactement ! Ce gamin fait toujours tout pour essayer de me nuire.

Boulebin regarda alors Hermione, son long doigt tapotant la lettre de façon menaçante.

― Heu... oui, approuva-t-elle timidement. C'est ça... Neville n'aime pas beaucoup le professeur Rogue...

― Nous sommes réellement fiancés, certifia Rogue. Notre amour est plus que sincère.

Et pour prouver ses paroles, il posa sa lourde main sur l'épaule d'Hermione. Cependant, ses doigts frémirent, comme s'il répugnait à devoir accomplir ce geste. Hermione n'en fut pas plus à l'aise. Les mâchoires serrées, elle se concentra pour réprimer une envie féroce de le repousser.

Boulebin les considéra avec scepticisme, mais au bout d'un moment, il déclara enfin :

― Très bien. Enchaînons avec les procédures à suivre, dans ce cas.

Rogue parut soulagé. Aussitôt, il relâcha Hermione et se laissa retomber dans son fauteuil. Hermione épousseta son manteau à l'endroit où il l'avait touchée et pensa qu'ils l'avaient échappé belle. Par contre, la suite ne s'annonçait pas moins pénible.

― D'abord, dit Boulebin, pour obtenir l'héritage, vous devrez passer un questionnaire chacun de votre côté afin de confirmer la véracité de votre relation. Vous savez, des questions simples, que seuls les vrais couples peuvent répondre. Ensuite, j'interrogerai vos proches, votre entourage, j'enquêterai. Si par la suite, j'obtiens des informations différentes, vous subirez immédiatement, tous les deux, une peine de deux ans à Azkaban, pour délit commis.

Une bouffée de chaleur suffocante envahit Hermione. Soudain, elle n'arriva plus à respirer normalement.

― Je... heu..., balbutia-t-elle. Non... c'est parce que...

Mais Rogue l'interrompit d'un discret coup de pied et poursuivit à sa place, flegmatique :

― C'est parce que personne n'est au courant encore pour notre union.

― C'est ça ! approuva Hermione en hochant la tête, fébrile.

― Étant donné qu'elle est mon élève ― majeure, je précise ― et que je suis son professeur...

― On avait peur des jugements...

― On attendait le bon moment. Un amour comme le nôtre, c'est un peu délicat à divulguer, non ?

Boulebin caressa sa barbe en pointe et les examina, les yeux plissés, comme s'il réfléchissait.

― Vos parents sont au moins informés sur votre relation secrète, non ? demanda-t-il avec lenteur.

― Mes parents sont morts, rappela froidement Rogue, d'où l'héritage qu'ils m'ont laissé. Je n'ai pas de famille non plus. Je suis enfant unique.

― Et vous ? interrogea Boulebin en s'adressant cette fois à Hermione. Vos parents... ?

Hermione se grattait nerveusement les paumes. Elle n'aimait pas du tout la direction que prenait cette plaisanterie périlleuse.

― Eh bien..., dit-elle d'une voix étouffée, sous le regard appuyé de Rogue. J'avais justement l'intention de leur annoncer nos fiançailles... ce week-end...

― Ce week-end, oui, acquiesça Rogue. Ils nous invitent chez eux.

― Au chalet, précisa Hermione.

― Au chalet, répéta Rogue.

― En montagne...

― C'est ça.

― Faire du ski...

― Faire du... ski..., s'étrangla Rogue avant de river des yeux horrifiés dans ceux d'Hermione.

Boulebin remarqua son malaise.

― Ce n'est pas ce à quoi vous vous attendiez ?

― Mais si ! se reprit aussitôt Rogue en renfilant son masque d'impassibilité. Faire du ski, absolument. J'ai toujours aimé le ski.

Mais sa main crispée sur l'accoudoir trahissait sa répulsion. Hermione s'autorisa un léger sourire en coin. Enfin, il payait un peu pour l'avoir embarquée dans ses plans malsains.

― Merveilleux, dit Boulebin. Je vous souhaite donc un bon week-end... de ski. Vos parents sont des Moldus, je présume ?

― C'est ça, confirma Hermione.

Boulebin sauta du haut de sa chaise et marcha jusqu'à la porte qu'il leur ouvrit en leur souriant de toutes ses dents pointues.

― Je vous revois donc lundi, dit-il, légèrement narquois. Et les interrogations ont intérêt à correspondre en tout point. J'avoue que je suis plutôt impatient... ça risque d'être intéressant...


Merci d'avoir lu ! :)

La suite, la semaine prochaine, sans faute !