Bonjour ! ^^

Voilà le troisième chapitre, avec un peu d'humour en prime. J'espère que vous aimerez.

Je remercie d'abord, pour leurs reviews : Noumea, Alienor la Fantasque, Rinku13, liysz, Zeugma412, Eileen1976, Manon, Acharn, Eladora et Mileminia. Vous êtes toujours aussi nombreux. Ça fait très plaisir. :)

(L'univers et les personnages (en grande partie) appartiennent à JK Rowling. La structure de l'intrigue appartient au film "The Proposal".)

Bonne lecture !


Chapitre 3 ― Les conditions exigées

Après avoir acheté rapidement une bague à la Boutique de Brocante, Hermione et Rogue rentrèrent au château.

― Comment je vais faire pour annoncer ça à mes parents ? se plaignit Hermione tandis qu'ils fendaient une foule d'élèves dans le hall. Ils vont être anéantis !

― Suivez-moi, dit Rogue en l'entraînant dans l'escalier qui menait aux cachots.

Ils parcoururent les couloirs humides et se rendirent dans le bureau du professeur. Une fois la porte refermée et un sort d'impassibilité jeté, Rogue se tourna vers Hermione, l'air déterminé.

― Écoutez, gardons ça simple : rendons-nous là-bas, feignons d'être amoureux fous l'un de l'autre, annonçons nos fiançailles, prétendons une migraine pour éviter le ski et revenons ensuite ici sans autre cérémonie.

― Vous avez conscience que vous me faites risquer deux ans d'emprisonnement à Azkaban ? s'exclama Hermione qui l'écoutait à peine, son bonnet tortillé entre ses mains gantées. Et mes parents ? Comment croyez-vous qu'ils réagiront à la nouvelle ? Vous n'avez pas l'air de vous en soucier !

Elle entreprit les cent pas dans le bureau, anxieuse.

― Marier un vieux hargneux... Ils n'en reviendront pas... Ils ne le croiront pas...

― Pardon ? s'indigna Rogue, insulté.

― Un vieux hargneux ! répéta fermement Hermione en s'arrêtant devant lui, en colère. Vous savez quoi ? Je pense que je préfère encore l'expulsion !

― Vous dites ça sans réfléchir ! répliqua aussitôt Rogue. Vous ne pouvez pas accepter l'expulsion, vous avez travaillé trop fort dans vos études pour ça !

― Qu'importe ! Je ne veux pas mentir à mes parents !

― Et la peine d'emprisonnement à Azkaban ?

― J'expliquerai à la banque que vous m'y avez forcée et ils comprendront !

Des taches rouges marbrèrent le teint de Rogue. Il sembla s'affoler de l'intérieur.

― Vous ne pouvez pas reculer, vous vous êtes déjà engagée.

― Je ne me suis engagée à rien ! Je retourne à Gringotts pour tout avouer !

D'un pas résolu, elle s'avança vers la porte, mais d'un bond rapide, Rogue s'interposa entre elle et la sortie, les bras écartés.

― Si vous faites ça, non seulement vous serez expulsée, mais vos projets de carrière s'écrouleront en plus ! menaça-t-il d'une voix légèrement tremblante. Pensez-y ! C'est ça que vous voulez ?

Hermione émit un rire incrédule.

― Mes projets de carrière ne s'écrouleront pas, pour la simple raison que vous serez remplacé par un autre professeur de défense contre les forces du Mal ! Vous, vous serez à Azkaban ! Ôtez-vous de mon chemin que je me rende à Gringotts !

Elle essaya de le contourner, mais il l'empêcha de passer en faisant un pas de côté.

― D'accord ! lâcha-t-il alors, résigné. Qu'est-ce que vous voulez ? Je suis prêt à payer le prix qu'il faudra en échange de votre aide.

― Rien à ficher !

― Miss Granger, je vous en prie, acceptez de m'épouser !

Hermione le regarda avec des yeux ronds. Pour la première fois de sa vie, Severus Rogue la suppliait.

― Vous êtes sérieux ? demanda-t-elle sans parvenir à le croire. Vous m'offrez vraiment de faire n'importe quoi en échange de ma main ?

― J'ai besoin de vous ! dit-il entre ses dents, le regard affligé, comme si la situation lui était pénible à supporter. Vous voudriez bien m'aider ?

Hermione se détourna, les entrailles bouillonnantes. Après tout ce qui lui avait fait endurer au fil des années, son sale caractère, ses nombreuses injustices, ses moqueries devant la classe, il osait lui demander son aide ?

― Vous êtes vraiment effronté ! dit-elle en lui jetant un regard noir. Vous ne méritez pas du tout qu'on vous aide !

― Mais nom de dieu, je viens de vous proposer de faire n'importe quoi ! s'emporta Rogue. Il me semble que ce serait idiot de refuser, non ? Pensez à tout ce que vous pourriez obtenir de moi ! De ma future fortune !

― Justement, vous ne me faites pas envie ! répliqua Hermione.

Rogue étouffa un juron en se croisant les bras.

― Je vous croyais moins stupide que ça..., murmura-t-il.

Hermione se croisa également les bras et le détailla de la tête aux pieds, de ses cheveux graisseux, passant par son nez crochu, jusqu'au bas de sa cape noire aux effluves de moisi. Il était vrai qu'elle pourrait profiter un peu de sa position avantageuse, d'autant plus que rien ne l'assurait d'éviter la prison une fois passée aux confessions à Gringotts. Les gobelins pourraient ne pas compatir à sa cause et lui infliger une peine égale à Rogue pour délit commis. Et puis un petit mariage, si on y réfléchissait un peu, ne tuait personne...

― D'accord, dit-elle enfin, hautaine. J'accepte.

Le soulagement apaisa instantanément le visage cireux de Rogue.

― Par Merlin, vous n'auriez pas pu faire mieux.

― Mais à certaines conditions.

― Allez-y.

― Tout d'abord, vous allez cesser d'être aussi désagréable et injuste envers vos élèves.

Rogue eut un petit ricanement.

― Ensuite, vous devrez vous comporter en parfait gentleman avec mes parents. Je ne veux pas voir cet accoutrement de chauve-souris au chalet, vous devrez vous laver les cheveux, sentir bon, changer cette mine d'enterrement...

― N'en profitez pas trop, tout de même !

― Je n'ai pas terminé ! interrompit-elle, implacable. Vous ferez du ski avec ma famille, avec interdiction de prétexter le moindre mal de tête ni de ronchonner, c'est moi qui choisirai le moment et comment annoncer nos fiançailles, et enfin, je veux une demande de mariage formulée avec courtoisie et savoir-vivre.

Rogue resta bouche bée, pétrifié sur place.

― Mais qu'est-ce qui vous prend ? demanda-t-il dans un souffle.

Je ne plaisante pas ! cria-t-elle, autoritaire. À genoux ! Sur le champ !

Elle pointa ses pieds comme on forçait un chien à obéir. Le teint rougi de chaleur, Rogue déglutit et porta la main à son collet dont il déboutonna fébrilement le premier bouton.

― Cent mille Gallions ne vous seraient pas préférables à toutes ces âneries... ?

― J'ai dit à genoux, professeur Rogue ! insista Hermione sans aucune pitié. Sinon je n'accepte pas de vous épouser !

― D'accord ! grinça Rogue, énervé. Je vais le faire !

Après avoir jeté des coups d'œil autour, comme s'il craignait d'être observé par quelqu'un caché dans son bureau, il repoussa sa cape d'un geste raide et s'agenouilla en serrant les mâchoires.

― Voilà ! lança-t-il d'un ton froid, les yeux levés. Comme ça, ça va ? Vous êtes contente ? Vous voulez bien être ma femme, maintenant ?

― Non, répondit-elle, tout aussi froidement, tandis qu'elle se délectait de le surplomber de toute sa taille. Mettez-y plus de passion.

Rogue la darda d'un regard assassin. Les poings crispés dans sa cape, il semblait être en proie à une grande humiliation. À nouveau, il regarda autour, la sueur ruisselant à son front, puis ferma les yeux et prit une profonde respiration. Enfin, au prix de ce qui ressemblait à un effort considérable, il la regarda, les narines dilatées, et déclara lentement, d'une voix tremblotante :

― Hermione... ma très chère Hermione... Voudriez-vous bien me faire la joie... et l'honneur... de m'épouser... ?

Et il sortit de sa poche la bague achetée à la boutique de Brocante, qu'il lui tendit en se composant un sourire plus carnassier que romantique. Hermione feignit de réfléchir un moment, les yeux au plafond, tapotant son bonnet entre ses mains gantées.

― Hum..., fit-elle. Voyons voir... heu... C'est bon, j'accepte.

Elle empoigna la bague et Rogue soupira de soulagement profond.

― ... même si j'aurais préféré un peu moins d'aigreur dans le ton de votre voix. On se revoit demain, au portail du château, poursuivit-elle en le contournant. Nous transplanerons à Londres et prendrons le bus.

― Le bus, c'est parfait...

― Bonne soirée !

Elle ouvrit la porte et sortit en la faisant claquer derrière elle, un petit sourire machiavélique aux coins des lèvres.

.

― Tu vas le faire quand même ? Malgré tous les risques que ça comporte ?

― Je vais faire ce que je veux, Neville, et je te demanderai à l'avenir de ne plus te mêler de ça ! Ta lettre a failli nous envoyer tous les deux à Azkaban !

― C'est parce que je cherchais à te tirer de là ! Sans parler que Rogue m'a royalement fait suer pendant sa retenue la veille...

Dans la salle commune, Hermione venait d'enfermer de peine et de misère Pattenrond dans sa cage de voyage et se rendait à présent vers le portrait de la grosse dame, encombrée de plusieurs valises remplies de livres et de devoirs. Quelques élèves curieux dans les fauteuils tournèrent la tête vers eux.

― Hermione, attends !

― Parle moins fort, Neville ! Je ne souhaite pas que tout le monde soit au courant de mes affaires.

Neville sortit avec elle dans le couloir, affolé et incrédule à la fois.

― Arrête, ne fais pas ça, ce n'est pas saint ! chuchota-t-il. Je ne comprends pas pourquoi tu acceptes de l'épouser. Tu ne vas quand même pas l'amener chez tes parents ! Tu sais, tu n'iras pas à Azkaban si tu dévoiles tout de suite la vérité à Gringotts.

― Ça, ce n'est pas sûr ! En fait, j'ai seulement d'autres plans en tête...

Hermione s'arrêta et le regarda d'un air complice, malicieuse.

― Rogue est désespéré, Neville. Je suis la seule à pouvoir l'aider et je viens de lui imposer mes conditions. Tu ne t'aperçois pas à quel point le jeu peut être amusant ?

.

Une demi-heure plus tard, Hermione et Rogue furent installés dans les sièges du bus voyageur de la ville. Assis contre la vitre, Rogue avait troqué, à la satisfaction d'Hermione, sa vieille robe moisie pour un pull et un jeans noir, sous un manteau de cuir, et ses cheveux n'avaient jamais autant brillé de propreté. Il les repoussait sans cesse en arrière, en pestant contre leur texture soyeuse qui ne tenait plus en place et contre les valises d'Hermione qui encombraient tout l'espace autour.

― Vous avez fini de vous plaindre ?

― Et votre chat ? s'énerva-t-il. Il a fini, lui aussi ?

Pattenrond, derrière son grillage, continuait d'émettre de longs miaulements de détresse, s'attirant sans cesse les regards des autres passagers.

― Ce n'est pas de sa faute, il n'aime pas être enfermé ! répliqua Hermione. N'est-ce pas, mon petit amour ?

Elle se pencha sur la cage sur ses genoux et glissa un doigt à travers le grillage pour le caresser un peu. Rogue roula les yeux d'agacement.

― Vous étiez vraiment obligée de l'amener avec nous ? Tout le contenu de votre bibliothèque n'était pas suffisant ?

― Écoutez, j'espère que vous n'allez pas ronchonner comme ça durant tout le week-end, parce que...

― Je ne ronchonne pas ! Je pense seulement qu'un chat n'a pas sa place sur les pentes de ski !

― Il restera au chalet !

― À y mettre des poils partout ? Je vous préviens, il ne dort pas dans mon lit !

Hermione poussa une exclamation irritée.

― Et si on changeait de sujet ? proposa-t-elle. Au lieu de se disputer, on pourrait peut-être parler de nous ? Je vous rappelle qu'un questionnaire nous attend à notre retour, alors il vaudrait mieux s'y mettre tout de suite. Parlez-moi de vous !

― J'ai horreur des chats.

― Non, vraiment ? Je ne l'aurais jamais deviné ! Mais encore ?

― Et vous ? relança Rogue, les yeux scintillants. De qui tenez-vous votre impertinence ? Vos parents sont aristocrates ?

― Non, ils sont dentistes !

Rogue étouffa un rire méprisant.

― Quoi ? s'indigna Hermione. Vous avez quelque chose contre les Moldus ?

― Déjà que je dois me taper ce transport miteux, faute de pouvoir transplaner en quartier Moldu... J'espère au moins pouvoir utiliser ma baguette pendant le week-end.

― Pas question, mon grand-père ne sait rien à propos de la magie ! Et puis, changez d'air tout de suite, on arrive !

― Et votre air à vous ?

― Le mien ne fait pas partie des conditions !

.

Un modeste chalet en bois rond, garni de balcons, se dressait dans la neige à l'orée d'une vaste forêt de conifères. Hermione et Rogue s'avancèrent dans l'allée bordée de sapins. En les voyant arriver, une femme se rua dehors, emmitouflée d'un chaud manteau, et s'empressa d'aller les accueillir.

― Hermione ! s'exclama-t-elle en ouvrant les bras. Je suis si heureuse de te revoir. Tu m'as manqué, tu sais.

― Maman !

Hermione laissa tomber ses bagages sur le sol gelé et l'enlaça avec tendresse. Puis elle contempla le sourire resplendissant de sa mère, aux dents parfaites, ses joues roses et les jolies rides aux coins de ses yeux. Sa frange châtain foncé voltigeait dans le vent.

― Je suis contente de te voir aussi, dit Hermione.

― Et lui, c'est... ?

La mère se tourna vers Rogue et, soudain, son sourire se fana.

― C'est... heu... lui, l'ami dont tu m'as parlé dans ta lettre... ?

― Oui, c'est lui, répondit Hermione, un peu mal à l'aise, tandis que Rogue affichait un air blasé. C'est mon professeur de défense contre les forces du Mal. Il... hum... Je voulais vous le présenter parce que... parce qu'il est quelqu'un à connaître, tout simplement.

― Ah bon... ?

La mère renfila sa mine joviale, bien qu'elle restât un peu crispée, et tendit la main à Rogue.

― Bienvenue chez nous, professeur... ?

― Severus Rogue, dit-il d'une voix aussi froide que la brise. Et vous ?

― Monica Granger.

― Monica, je suis en extase...

Et pendant qu'ils se serraient la main, la mère sembla éprouver un frisson le long de son échine.

― Heu... Appelez-moi Mrs Granger...

― Bien. Mrs Granger.

― Mais c'est qui, ce vieux croquemort lugubre ? retentit soudain une voix chevrotante.

Tous sursautèrent et se retournèrent. Un vieillard voûté avec des cache-oreilles velus s'avançait vers eux, la démarche vacillante dans le vent.

― Grand-papa ! s'enthousiasma Hermione en se jetant dans ses bras.

― Ouille ! cria le grand-père. Attention à mes os antiques, ma chérie.

― Grand-papa, je te présente Severus Rogue, mon professeur de déf... heu, de cuisine.

― Pardon ? s'indigna Rogue.

― Ton professeur de cuisine ? répéta le grand-père de sa voix enrouée. Ah oui, je me rappelle ! Toi et tes amis m'en avez déjà parlé ! C'est lui, la chauve-souris graisseuse qui...

― Oui, c'est ça ! interrompit précipitamment Hermione sous les yeux écarquillés de Rogue. Mais on ne l'appelle plus comme ça. Appelle-le simplement professeur Rogue ou... Severus.

Un sourire édenté se forma sur les lèvres craquelées du grand-père. Perfide, il lui tendit la main à son tour.

― Enchanté, Severus, dit-il. Moi, c'est Lewis. Tu as toujours cet air d'avoir dormi dans un cercueil, dis-moi ?

― Et vous ? répliqua Rogue. C'est la vieillesse qui vous rend aussi chiant ou vous l'avez toujours été ?

― Et si on rentrait ? proposa nerveusement la mère en désignant le chalet de sa moufle. Une surprise t'attend à l'intérieur, ma chérie.

Aussitôt, Hermione ramassa la cage de Pattenrond qui se remit à miauler.

― Oh, tu as amené ton petit trésor orangé ! se réjouit le grand-père. Donne-le-moi, je vais lui donner du bon lait chaud. Le voyage a dû être éprouvant pour lui. En compagnie de cet homme disgracieux, en plus... Il fait peur, le vilain monsieur, n'est-ce pas ? Mais ne t'inquiète pas, je suis là...

Il s'en retourna avec la cage, talonné par la mère qui se frottait la tempe d'un air mal à l'aise, puis Rogue se pencha à l'oreille d'Hermione.

― Maintenant, je vois très bien d'où vous tenez votre sale caractère...

― Oh, ça suffit ! s'agaça Hermione. Au lieu de ronchonner encore, aidez-moi donc à transporter mes valises !


La suite, la semaine prochaine, comme toujours ! :)

Maintenant, j'attends vos commentaires avec impatience ! ^^