Bonjour ! ^^
Voilà la suite !
Encore une fois, un gros merci à Alienor la Fantasque, Manon, Eileen1976, Mileminia, Wessem Assbai, Rinku13, Zeugma412, Skinfaxi, Acharn, Eladora, Newyll, drarryy et Noumea. Vos reviews sont toujours aussi nombreuses ! Je suis à chaque fois très touchée par vos compliments. :)
(L'univers et la plupart des personnages appartiennent à JK Rowling. La structure de l'intrigue appartient au film "The Proposal".)
Bonne lecture !
Chapitre 4 ― Tension croissante
Dans un tourbillon de vent, ils entrèrent à l'intérieur. Rogue, surchargé de valises, manqua de trébucher contre Hermione qui le repoussa avec irritation.
― Regardez où vous mettez les pieds, enfin ! chuchota-t-elle.
― Mais ôtez-vous du chemin, vous ne voyez pas que je croule sous vos innombrables bouquins ? répliqua Rogue d'une voix étouffée.
Avec une série de bruits mats, les valises tombèrent sur le tapis d'entrée. Hermione finit d'enlever ses bottines et tituba dans le vestibule. Elle enleva son bonnet, ses gants et son écharpe, puis regarda autour.
Une ambiance chaleureuse régnait dans le chalet. D'un côté trônait la table, dressée pour le dîner, décorée de bougies et de couverts scintillants, et de l'autre, un feu crépitait dans un foyer en pierre grise. Plusieurs fauteuils moelleux se rassemblaient autour.
Hermione accrocha son manteau sur la patère, près de l'endroit où étaient rangés les skis contre le mur, et s'avança dans le salon. Le grand-père, qui n'avait pas encore enlevé ses cache-oreilles, libérait de sa cage Pattenrond, qui courut se cacher sous l'un des fauteuils.
― Mais non, ne t'en va pas, je vais te donner du lait...
― Installez-vous, faites comme chez vous, dit la mère en replaçant rapidement ses cheveux sur ses épaules. Je reviens tout de suite avec la surprise.
Souriante, elle s'éclipsa à la cuisine. Tandis que le grand-père, à présent à genoux sur le tapis, appelait son petit trésor orangé, Rogue rejoignit Hermione en tirant sur son jeans, le visage grimaçant.
― J'ai toujours haï les vêtements de Moldus, marmonna-t-il. Quand ils ne sont pas trop grands, ils sont trop étroits. Comment voulez-vous que mon intimité respire là-dedans ?
― Ne me dites pas que vous êtes encore en train de ronchonner, soupira Hermione.
― Je ronchonnerai autant que ça me plaira !
― Hors de question, c'était dans les conditions ! Pas de ronchonnement ! Je vous préviens, à la prochaine plainte...
― D'accord, d'accord ! grogna Rogue, le teint rougi d'exaspération sous ses cheveux soyeux. Je tenterai de me contrôler, c'est bon ! Maintenant, on est censé jouer les amoureux fous !
― Eh bien, allez-y, je ne vous retiens pas ! Ce n'est pas comme si... Ne mettez pas votre main là !
Rogue tressaillit et éloigna ses doigts de son dos. Au même moment, la mère revint au salon, en compagnie d'un jeune homme mince, doté d'un nez arrondi et d'épais sourcils noirs.
― Oh mon dieu, Viktor ! s'exclama Hermione, frappée de stupeur.
Viktor Krum la salua en inclinant la tête.
― Mais qu'est-ce que tu fais là ? Je veux dire...
Elle se racla la gorge et s'efforça d'adopter un ton plus aimable, le sourire forcé.
― Quelle grande surprise !
― Il souhaitait te revoir, expliqua la mère, rayonnante. Et comme tu venais passer le week-end au chalet, j'ai pensé que son invitation te ferait plaisir.
― Tu m'as beaucoup manqué, Herrrmion, dit Krum de son accent bulgare.
La démarche en canard, il s'avança vers elle et lui prit la main, qu'elle lui retira avec malaise.
― Heu... C'est Her-mio-ne...
― Herrrr-mion-neû.
― C'est ça, heu... Viktor, je te présente Severus Rogue...
― N'était-il pas prrrofesseurrr à Poudlarrrd ?
― En effet, dit Rogue, intimidant. Et vous ? N'étiez-vous pas l'un des champions du Tournoi des Trois Sorciers ?
― Viktor était mon... hum... petit ami, à l'époque, précisa Hermione, gênée. Mais nous avons dû rompre pendant l'ascension de Vol... Vous-Savez-Qui. Par précaution...
― Et à prrrésent, puisque ce Mage Noirrr n'est plus de ce monde..., commença Krum.
― Je prendrais bien un verre d'eau ! déclara Hermione, l'interrompant. Vous... heu, tu en prendrais également un, professeur Ro... Severus... ?
Et sans attendre sa réponse, sous l'air surpris de sa mère, elle contourna Krum et s'engouffra dans la cuisine. Une fois à l'abri des regards, elle s'appuya contre l'évier et se concentra à retrouver sa contenance.
― Il serait peut-être temps de leur annoncer nos fiançailles, vous ne pensez pas ?
Hermione sursauta. Rogue s'était avancé dans son dos d'un pas silencieux.
― J'espère au moins que vous n'aviez pas l'intention de reprendre avec ce jeune homme...
― Non, pas du tout, répondit Hermione dans un murmure. En réalité, j'étais heureuse d'avoir une bonne raison de rompre avec lui. Vous comprenez, entendre parler de Quidditch tout le temps... À la longue, c'est étouffant...
― Bon, dans ce cas, qu'est-ce qui vous retient de leur annoncer la nouvelle ?
― J'attends le bon moment !
Des bruits de pas attirèrent leur attention. Dans l'encadrement de la porte, un homme à l'air sérieux, les cheveux ondulés, se croisait les bras.
― Papa..., couina Hermione.
― Content de te voir enfin avec nous pour le week-end, ma chérie, dit-il avec un sourire un peu affecté. Ça faisait longtemps... Qui est-ce ?
― C'est... Severus Rogue...
― Enchanté, dit le père en toisant Rogue sans toutefois paraître ravi.
Il se décroisa les bras et s'avança vers lui pour lui serrer la main d'une poigne ferme.
― Je suis Wendell Granger, le père d'Hermione. Vous pourriez nous laisser seuls un moment, s'il vous plaît ?
Rogue échangea un regard avec Hermione, puis quitta la cuisine sans dire un mot. Dès que le père fut seul avec sa fille, il explosa soudain d'une voix étouffée, en s'efforçant de ne pas être entendu au salon :
― Hermione, pour l'amour du ciel, qu'est-ce que tu fais avec ce vieux ringard ?
― J-je...
― Tu as toujours détesté cet homme ! Pourquoi, soudainement, tu le traînes avec toi ? Amener tes devoirs jusque dans ton lit n'était pas suffisant, il faut maintenant que tu y amènes aussi tes professeurs ?
― Papa ! s'insurgea Hermione, les joues en feu. Il n'est pas ici pour les devoirs ni pour... pour...
― Pour quoi ? Allez, explique-toi, parle ! Je ne demande qu'à entendre tes explications, ma fille ! Qu'est-ce que tu fais avec cette horrible chauve-souris graisseuse, comme tes amis l'ont toujours appelée ?
― Ce n'est pas une chauve-souris graisseuse, c'est mon fiancé ! hurla-t-elle alors, d'un cri qui se répercuta entre les armoires en bois de la cuisine.
La mâchoire du père se décrocha. Le cœur battant, Hermione le fusilla du regard, puis se rua au salon d'un pas colérique, où tout le monde, en entendant ses paroles, s'était figé de la même manière : bouche bée, yeux agrandis d'incrédulité. Elle se planta devant eux, sans regarder personne en face, puis lança d'une voix tremblante :
― Roguinouchet ? Viens là, mon amour...
Rogue n'aurait pas affiché une expression différente s'il avait reçu une gifle en pleine figure. D'un pas raide, il s'approcha d'elle et Hermione lui prit sa main qu'elle serra en réprimant son dégoût.
― Maman, papa, grand-papa et Viktor, je vous annonce officiellement que Severus et moi allons nous marier.
Puis elle leva le menton d'un air le plus digne possible dans le lourd silence d'embarras qui se poursuivit.
― C'était ça, le bon moment ? grinça Rogue entre ses dents.
La mère fut la première à refermer la bouche. Jetant autour des regards mal à l'aise, elle déglutit difficilement, puis se força à sourire de façon joviale.
― Mais c'est merveilleux, ma chérie ! s'exclama-t-elle en applaudissant. Félicitations à vous deux, c'est vraiment... merveilleux ! Je suis heureuse pour vous !
― C'est une blague ? dit le grand-père dont le teint avait blêmi entre ses cache-oreilles.
― Pas du tout, nous sommes follement amoureux l'un de l'autre, n'est-ce pas Roguinouchet ?
Hermione feignit un air attendri en regardant Rogue qui semblait bouillir de l'intérieur sous l'effet du surnom.
― Absolument, répondit-il froidement, la main tremblotant dans la sienne. Nous nous aimons passionnément.
― Vous êtes amourrreux, je n'y crrrois pas ! se plaignit Krum. Je veux des prrreuves ! Embrrrassez-vous, vite ! Sinon, autrrrement...
― Oh oui, un baiser ! approuva aussitôt la mère, les doigts entrelacés sous son menton. Nous voulons voir un baiser !
― Non, ce ne sera pas nécessaire, dit précipitamment Rogue.
Mais à la grande horreur d'Hermione, ils insistèrent :
― Oh, allez !
― Rrrien qu'un tout petit baiser, juste pour voirrr !
― J'enfile même mes lunettes pour ne rien louper de vos émotions !
― D'accord ! céda Rogue, agacé. Je vais l'embrasser, ça va !
Il plaqua alors la main derrière le dos d'Hermione prise de panique et se pencha vers son visage. Heureusement, ses lèvres n'atteignirent pas les siennes. Il ne fit que l'embrasser sur la joue, en y laissant toutefois une sensation brûlante à l'endroit où il la toucha.
― Oh, mais c'est quoi ça ? dit la mère, déçue.
― Il faut le vrrrai baiser de l'amourrr ! clama Krum.
― Comme dans le bon vieux temps !
Et parmi les huées, Hermione et Rogue se fixèrent dans un affolement palpable.
Enfin, d'un geste hésitant, Rogue la rapprocha lentement de lui, la main lui exerçant une pression dans le dos, mais elle se raidit en lui plaquant les paumes sur le torse.
― N-non..., bredouilla-t-elle dans un souffle à peine perceptible.
― Si ! encouragea Rogue, les yeux étincelants. Faisons-le vite fait... on n'a pas le choix...
Un fourmillement ardent se jeta dans tout le corps d'Hermione. Elle n'allait pas embrasser Rogue. Ce serait le comble de l'horreur. Elle n'y survirait pas, d'autant plus que ce baiser n'avait jamais fait partie des conditions !
Mais l'assemblée continuait d'insister et il était vrai qu'aucune autre solution ne s'offrait à eux. Ils étaient pris au piège.
Rogue lui lança un regard d'impuissance, puis approcha sa bouche de la sienne. Aussitôt, Hermione ferma étroitement les paupières, serra les dents et attendit le supplice.
Cependant, Rogue la toucha avec une telle douceur inattendue qu'un coup de foudre la traversa de la poitrine au bas-ventre. D'abord réticents, ils s'embrassèrent du bout des lèvres, puis y ajoutèrent graduellement de l'assurance, se rapprochant l'un de l'autre. Le baiser s'approfondit rapidement, leurs langues se frôlèrent et bientôt ils s'étreignirent sans plus de réserve.
― C'est bon, on vous croit ! claqua soudain la voix écœurée du père et tous deux s'éloignèrent dans un sursaut.
Hermione et Rogue s'observèrent un instant, troublés, puis se détournèrent en lissant nerveusement leurs vêtements.
Ce moment perturbant ne devait plus jamais se reproduire, pensa-t-elle, toute tremblante. Plus jamais...
.
La soirée se déroula dans une atmosphère passablement embarrassante. Durant tout le dîner, sous les regards courroucés du père, la mère ne cessa de les questionner sur la façon dont ils avaient découvert leur amour l'un pour l'autre, de même que Krum, qui semblait chercher à comprendre ce que le professeur possédait de plus que lui. Pour couronner le tout, le grand-père lança plusieurs piques à Rogue, qui finit par devenir très désagréable, et la mère s'empressa alors d'annoncer la fin de la soirée, au grand soulagement d'Hermione.
― Et voici votre chambre ! déclara la mère en ouvrant une porte au fond du salon. J'avais préparé l'autre chambre également pour ton ami, Hermione, mais comme vous êtes fiancés, vous partagerez bien le même lit, non ?
Dans son dos, Hermione et Rogue, les bras encombrés de bagages, échangèrent un regard anxieux.
― À gauche, c'est votre salle de bain privée. Quelques draps de surplus sont dans l'armoire, juste là. C'est ta chaîne stéréo qui est sur la commode, Hermione. Tu te rappelles ? J'ai même gardé ton grand miroir tapissé d'autocollants de chapeaux pointus. Tu en collais partout le jour où tu avais reçu ta lettre de Poudlard. Tu étais si excitée. Enfin, faites comme chez vous. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, ne vous gênez pas.
― Merci, souffla Hermione en allant déposer ses valises au pied du grand lit recouvert d'une courtepointe en patchwork.
Rogue se débarrassa également des bagages, puis grimaça en apercevant le coussin orangé sur le coin du matelas.
― Oh ! fit aussitôt le grand-père en se ruant dans la chambre. Mais il est là, mon petit trésor ! Je me demandais bien où tu étais passé.
Il caressa affectueusement le crâne de Pattenrond, qui retourna les oreilles d'un air blasé, puis le grand-père se tourna vers Hermione, la mine soudain grave.
― Tu sais que cette année, une meute de loups a fait son territoire dans la forêt derrière ? Ne laisse pas sortir ton petit trésor dehors, veux-tu. Je ne voudrais pas qu'il serve de collation à ces sales bêtes.
― Pas de problème, c'est noté, acquiesça Hermione.
― Oh, Hermione, je suis si heureuse que tu sois avec nous ce week-end ! s'exprima la mère en enlaçant une nouvelle fois sa fille. J'espère que tu t'amuseras. Demain, on a organisé une merveilleuse journée de ski.
― Je vais m'amuser, bien sûr, répondit Hermione, étouffée dans ses bras. Et Severus aussi. Il a très hâte.
― Eh oui, comme vous voyez, je meurs d'impatience, ironisa Rogue d'une voix dépourvue du moindre enthousiasme.
La mère s'écarta, caressa la joue de sa fille avec un sourire attendri, puis elle recula vers la porte.
― Passez une bonne nuit, les amoureux !
Le grand-père la rejoignit et tous deux sortirent en refermant la porte.
Dès qu'ils furent seuls, Rogue empoigna son unique valise noire, la balança sur le lit, à côté de Pattenrond qui cracha d'indignation, et l'ouvrit d'un seul geste.
― Ne vous attendez pas trop à me voir hurler de plaisir demain, Miss Granger.
― Vous avez le droit de ne pas aimer le ski, répliqua Hermione qui alla elle aussi retrouver sa valise de vêtements parmi toutes les autres emplies de livres. Mais pas de ronchonner. Et surtout, ne vous changez pas en pyjama devant moi ! Je ne tiens pas à faire des cauchemars cette nuit.
― Aucune chance ! Je n'ai pas de pyjama.
― Vous voulez dire que vous dormirez tout nu ? s'horrifia Hermione.
― Mais enfin, pour qui me prenez-vous ? s'agaça Rogue en levant les yeux au plafond. Je garderai mes vêtements, tout simplement ! C'est parce que j'ai voulu voyager léger, sans m'encombrer de trop de choses inutiles comme vous l'avez fait.
― Voyez-vous ça ! Je parie que la vraie raison est que vous ne possédiez que ces vêtements propres dans votre garde-robe et que tous vos pyjamas sont en fait entièrement jaunis et crasseux ― hé, qu'est-ce que vous faites avec ça ?
Rogue venait de se redresser en la pointant de sa baguette magique, l'air menaçant.
― Rangez ça tout de suite, vous n'allez quand même pas me jeter un sort !
― Taisez-vous ! éructa-t-il. Premièrement, vos parents pourraient nous entendre. Deuxièmement, bien que j'en brûle d'envie, je ne vais pas vous foudroyer d'un sort. Je veux seulement faire apparaître un autre lit au pied du vôtre.
― Pas question !
Rogue s'étouffa d'un ricanement incrédule.
― Vous ne vous attendiez quand même pas que je dorme avec vous ?
― La magie est interdite ici et vous le savez ! Je vous rappelle que mon grand-père ignore notre monde de sorcellerie, alors jouez-la prudemment et faites-vous un lit avec les draps de l'armoire !
― Est-ce que vous voyez votre grand-père quelque part dans cette chambre, hum ? Non ? Alors, laissez-moi tranquille, il ne se rendra compte de rien !
Et d'un vif coup de baguette, il fit apparaître sur le sol un matelas drapé de couvertures noires.
― Voilà ! lança-t-il sèchement, avant de se laisser tomber dans son lit improvisé, satisfait. Bonne nuit, maintenant ! Et que ce chat ne m'approche pas pendant mon sommeil !
Hermione lui jeta un regard noir, puis se dirigea vers la salle de main avec son pyjama sous le bras.
.
Le lendemain, Hermione se réveilla à la clarté du soleil. Les rayons éclaboussaient la fenêtre et projetaient des carrés illuminés sur le couvre-lit en patchwork. Elle se redressa en se frottant les yeux.
― Bien dormi ? demanda une voix sarcastique.
Rogue était déjà debout, au pied du lit, vêtu du même pull noir que la veille, des mèches brillantes lui tombant devant le visage. Sa baguette tournait entre ses doigts.
― Qu'est-ce que vous faites encore avec ça ? demanda Hermione avec appréhension.
― Ne vous affolez pas. Je faisais disparaître mon lit avant que votre grand-père, par un quelconque hasard, ne vienne à entrer ici sans frapper. En passant, joli décolleté...
Aussitôt, Hermione plaqua la main sur les premiers boutons de son pyjama, qui s'étaient détachés durant la nuit. Rougissant d'embarras, elle s'empressa de rattacher le tout, puis retrouva vite sa contenance.
― Bon, maintenant, plus de magie ! Rangez votre baguette dans votre valise.
― Ça vous tuerait de changer un peu votre ton quand vous vous adressez à moi ? Je suis votre fiancé, je vous rappelle !
― D'accord ! Roguinouchet, range ta baguette, veux-tu !
Rogue claqua la langue avec agacement. D'un geste brusque, il fourra sa baguette dans sa valise ouverte sur la commode et se tourna vers la porte.
― Je vais prendre de l'air ! jeta-t-il avec humeur.
― Faites donc ! répliqua Hermione. Profitez-en aussi pour changer le vôtre ! Roguinouchet !
Rogue serra les poings comme s'il se retenait d'aller l'étouffer, puis au moment où il tendait la main vers la poignée, il trébucha.
― Sale bête stupide de malheur ! s'écria-t-il tandis que Pattenrond courrait se cacher sous le lit. Pourquoi les chats marchent-ils toujours devant nos pieds !
― C'est parce qu'il veut sortir !
― Rien à foutre !
Il se redressa en s'efforçant de retrouver une dignité, puis sortit dans un coup de vent sans refermer la porte.
Hermione poussa une profonde expiration. Le week-end s'annonçait plus pénible qu'elle l'avait pensé. Repoussant les couvertures, elle se leva, alla refermer la porte en laissant d'abord sortir Pattenrond dans le salon, puis entreprit de s'habiller. Une fois vêtue d'un pull de laine, elle se plaça devant la fenêtre et se brossa les cheveux en regardant dehors.
Rogue, dans son manteau de cuir, marchait entre les arbres en écartant la neige devant lui à grands coups de pieds. Hermione sourit avec malice. Si déjà il en avait assez de cette comédie, le meilleur était à venir sur les pentes de ski. Il aurait dû y penser deux fois avant de s'engager dans ce jeu de mariage bidon.
Hermione fut sur le point de se détourner en vue d'aller lire un peu sur son lit, quand elle aperçut soudain, bondissant dans le sillon de Rogue, une boule orangée dotée d'une grosse queue touffue.
― Ce n'est pas vrai..., murmura-t-elle, le cœur battant.
Pattenrond était sorti derrière Rogue et s'écartait maintenant du chemin en partant à la chasse d'un écureuil roux, qui s'enfonçait entre les sapins.
Précipitamment, Hermione se jeta sur la valise de Rogue, s'empara de sa baguette et s'élança dans le salon, vers la porte d'entrée. Elle enfila la première paire de bottes qui lui tomba sous les pieds et sortit dans le froid de l'hiver.
― Rogue ! cria-t-elle en courant derrière lui, la neige crissant sous ses épaisses semelles. Espèce d'abruti, vous avez laissé sortir mon chat !
À cinq mètres de distance, Rogue se retourna, surpris.
― Mais je n'ai laissé sortir personne ! S'il est sorti, c'est qu'il a dû se faufiler entre mes jambes, une fois encore comme un imbécile ! Et retirez cette insulte envers ma personne, je ne suis aucunement un abruti !
― Taisez-vous, abruti, et aidez-moi à le retrouver !
Des traces de pattes se dirigeaient au loin. Hermione les suivit entre les arbres, s'enfonçant à chaque pas dans l'épaisse couche de neige encore vierge, étincelante de soleil aveuglant. Le vent froid lui flagellait les joues, mais elle n'y portait pas attention. Elle devait faire vite avant que les loups ne trouvent son chat avant elle.
― Ce n'est pas ma baguette, ça ? remarqua Rogue sur un ton de reproche, en se pressant à sa hauteur.
― Je n'avais pas le temps de retrouver la mienne, se justifia Hermione, les yeux fixés devant. Je ne me rappelais pas dans quelle valise je l'avais mise.
― Je vois, dit Rogue d'une voix moqueuse. Un souci de valises trop nombreuses ?
― Oh, la ferme !
― Et puis d'abord, ce n'est pas vous qui disiez s'abstenir de toute magie ?
― Taisez-vous, j'ai dit !
Soudain, un miaulement effrayé résonna en écho dans la forêt de sapins et Hermione accéléra sa course en faisant fondre la neige devant elle du bout de la baguette pour faciliter son déplacement.
Elle distingua alors, au loin, une meute de six loups blancs, disposés en cercle, en train de grogner agressivement.
― Rendez-moi ma baguette ! cria Rogue qui courait à côté d'elle, la main tendue. Rendez-la-moi, je vais m'occuper de ça !
― Poussez-vous, idiot, ne vous mettez pas en travers de mon chemin !
D'un coup de coude, elle le projeta dans la neige et s'arrêta devant les loups qui firent volte-face devant elle, les crocs découverts.
― Avis Oppugno !
Du bout de la baguette fusèrent alors de petits oiseaux gazouillant qui fondirent sur les loups. Ces derniers, surpris, gémirent sous les becs pointus et s'enfuirent aussitôt en courant. Pattenrond était recroquevillé dans la neige, la fourrure hérissée, les pupilles dilatées.
― Tout va bien, mon petit amour, je suis là, dit Hermione en se penchant au-dessus de lui. Tu es blessé ?
Heureusement, elle ne trouva aucune plaie dans ses poils. Il y avait eu plus de peur que de mal. Elle était arrivée juste à temps.
― Vous rendez-vous compte, Miss Granger, que vous m'avez jeté dans la neige ? s'indigna Rogue qui époussetait son manteau de cuir. Votre audace commence à dépasser les bornes !
― Et je n'ai pas fini, figurez-vous ! répliqua Hermione en ramassant son chat apeuré. Pour que mon audace égale un jour la vôtre avec votre demande odieuse en mariage, attendez-vous à une suite. Venez, on rentre. Il me tarde de vous voir en équilibre sur des skis.
Elle passa devant Rogue d'un air hautain, lui rendit sa baguette sans le regarder et s'engagea dans le sentier creusé, Pattenrond blotti dans ses bras.
Merci d'avoir lu ! La suite la semaine prochaine. :)
